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Full text of "Revue des bibliothèques"

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Revue des 

bibliothèques 



Association des 
bibliothécaires 
français 



Sarbarli Collège iibrarg 




CHARLES MINOT 

Class of 1828 




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REVUE 

DES 

BIBLIOTHÈQUES 



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REVUE 

DES 

BIBLIOTHÈQUES 

PUBLICATION MENSUELLE 



Directeurs : EMILE CHATELAIN et LÉON DOREZ 



SEIZIÈME ANNÉE - 1906 




PARIS (VI e ) 

LIBRAIRIE HONORÉ CHAMPION, ÉDITEUR 
5, quai Malaquais, 5 



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DES 

BIBLIOTHÈQUES 



Directeurs : ÉM1LË CHATELAIN et LÉON DOREZ 



SOMMAIRE 

Inventaire analytique et extraits des manuscrits du « Fondo Gesuitico » de 
la « Biblioteca nazionaJe Vittorio Emanuele » de Rome, concernant l'Histoire 
de France (xvi«-xix« siècles), par Georges Bourgin, p. 5. 

Bibliographie, p. 81. 

Chronique des Bibliothèques, p. 85. 



•4» 



PARIS (VI e ) 
LIBRALKJ E HONORÉ CHAMPION, ÉDITEUR 

5, QUAI M ALAQU AIS , 5 

1906 

Tous droits réservés. 



CONDITIONS D'ABONNEMENT 

Paris : 15 fr. — Départements et Union postale : 17 ir. 
mf » foute demande d'abonnement doit être accompagnée du montant en un mandat- poste 
ou chèque au nom de M. //OK0/?£ CHAMPION ^le 



IIONORE CHAMPION, LIBRAIRE-ÉDITEUR 



La bibliothèque du marquis de Santillane, p» r Mario 

^ m SCUIFF, 

archiviste- paléographe, I90o. Fort vol. in-8. — Prix 15 fr. 

La vie de D. Ifiigo Lopez «le Mendoza. — Le marquis de Santillane a-t-il su le latin ? — 
L'œuvre littéraire d'Ini«o Lopez de M-ndoza. — La bibliothèque de Guad»lajara — 
Honière. - Platon. — Thucydide. — - Aristote. — Polybe. — Eusèbe. — Sfint Jean Chry- 
sostome. — Histor a de Praeliis — Cieeron. — Jules César. — 5*alluste. — Ovide. — Virgile. 
-- Trogue Pompée. — Tite-Live — Senèque. — Valore Maxime. — Flavius Josèphe. — 
Lucaîn. — Fronlin. — Quinlilien. — Pdne (l' Ancier.). — Quinte-f.urce. — Suétone. — 
Palladiue. — Jean Cassien — Saint Ambr* i?e. — Saint Augustin. — Paul Or«»-e. — Boèce. 

— Justinien. — Saint Grégoire. — Papieis — Hislona Herosolymitana.— Pierre le Man- 
geur. — Innocent III. — Guibcrt de Tour ai. — Saint HayirwmJ de Pennafort. — Lanlraoc. 

— Gilles de Rome. — Bernard Gui. — Nicolas de Lire. — Banhole. — Bible. — Legenda 
aurea. — Hisloire de Troie. — Dante. — Pétrarque. — Boccace. — Armannico GiiKiiee. — 
Cecco d'Ascoli. — Matleo Palmien. - Leonat do Bruni. — Giannozzo Manetli. — La Map- 
pemonde. — Le Roman de la Hose — Alain Chai lier. — Honoré Bon.iel. — Roman de 
Lirsic et Cardenois. — Matfre Ermengaud. — Raymon I Luit . — Libro de Alexandre. — 
Libro de! Caballero de Dios. — Chioniques générales et particulières d'Espagne. — Alphonse 
le Savant. — Ordonnances. — GU «Je Zamora. — Fra .cesh Exisraents. — Juan de Fueut 
Sauco. — Malmonide.— Ymagende la Vida. — Appendice 1 : Nuûo «le Guzman Appendice If : 
Diego de Burgos; Préface du Triunfo del Marqués. Appendice III : Ifiigo Lopez de Mendoza, 
quatrième duc de l'Infaniado ; Préface du Mémorial de cosas notables. Appendice IV : Vers 
latin:} sur la mort du marquis de Santillane. 

Recueil d'actes notariés relatifs à l'histoire de Paris et 
oe ses environs au XIV e siècle, par Ernest gOYecque. 

— — — — — — — — — — I : 1498-1545, n-« 1-3088. 

ln-4°. xl-922 p., planches et plans Importai) te table des noms. — 
Prix s 20 fr. 

Cerlains de ces actes intéressent l'histoire littéraire, celle du Théâtre en paiticulier. Un 
bon nombre de testaments mentionnent des legs de livres et de ms. 

Manuel pour servir à l'étude de l'Antiquité Celtique, 

par Gbomgks DOTT1N. Iu-12, 407 p. — Prix 5 fr. 

Manuel de Bibliographie et d'iconographie des femmes 
Célèbres, P*r un VIEUX BIBLIOPHILE. 3 vol. in-8. — Prix. 80 fr. 

Congrès international pour l'extension et la culture de 
la langue française. 1M5. Fort vol. in-8°. - Prix 10 fr. 

Le français en Alsace-Lorraine, en Allemagne, en Belgiqu»;, en Suisse, au Canada, dans 
l'Amérque du Sud, dan 1 » le grand-duché du Luxembourg, etc.. — L'universalité de la 
langue française : accroissement, «lécr«>issance. — Le vers français. — Le style. — la ni- 
tiquc. — La question de l'enseignement du français en France et hors de France. — N'y a-t-il 
p;<s lieu de substituer dans l'enseignement <ie la langue française la kctuiv des prosateurs 
du xviu* siècle à celle des prosateurs du xvn«. — Patois, dialectes, vocabulaire : 2 000 mots 
inconnu» -à Cotgrave. .., etc. Quarante mémoires. 

Suppliques de Clément VI (1342-1352). Textes et analyses 

7 publ. par 1). Urs- 

mbr BERLIÈRE. Gr. in-8», xxxvm-953 p. — Prix 15 fr. 

Mélanges linguistiques. P ar G. paris. Fasc. I. Latin vulgaire 

et langues romanes. Iti-8°. — Prix. 6 fr. 

Les rapports de la France avec l'Italie <*" siècle « la fi n dlt 

— — — — — premier Empire, par EU- 
GÈNE >OL. In-8. — Prix 7 fr. 50 

Inventaire des papiers manuscrits du cabinet de 

Robert de Cotte, premier architecte du Roi (IG5G-1735) et de J. R . 
————— de Cotte conservé à la B N. par Pierre Marcel. 
In-8. — Prix 10 fr. 

Nouvelles notes pour servir à l'histoire de l'imprimerie 

à Niort el dans les Deux-àevres, par II. Clouzot. In-8. — Prix. 2 fr. 
— Ouvrage complet [Notes et Nouvelles noies). — Prix 5 fr. 

La papvroloaie arecaue. Bibliographie raisonné»*, par Nicolas 

HOI1LWEIN. In-8. - Prix 3 fr. 



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... APR 181906 , 

DES BIBLIOTHÈQUES 



INVENTAIRE ANALYTIQUE ET EXTRAITS DES MANUSCRITS 

DU 

FONDO GESUITICO 
DE LA «BIBLIOTECA NAZIONALE VITT0RI0 EMANUELE » 

DE ROME 
CONCERNANT L'HISTOIRE DE FRANCE 

(XVl # -XIX c SIÈCLES • 



Rome 1903-1904 

13. € Constitutions et règles de la congrégation des frères de 
Notre-Dame » (xix e siècle). — 93 p. 

Il s'agit vraisemblablement d'une congrégation issue de la 
compagnie de Jésus, car une note en tête du manuscrit dit qu'il 
fut « déposé chez le R. P. Pierling, assistaut de l'Allemagne, pour 
être approuvé par le Saint-Siège, si l'occasion s'en présente. » — 
L'auteur est le P. Frenhop, de la province néerlandaise, et l'œuvre 
est approuvée par Mgr Belgrado, internonce à la Haye. 

48. t Instruction pour le travail des verres de lunettes d'apro- 
ches pour monseigneur de Rome. » Petit ms. du xvm e siècle. — 
28 p. 

Règles d'optique et de technique verrière. 

57. « Histoire de la persécution et de l'émigration des religieuses 
de la Providence, (1789-1802). ». — xix c siècle. 



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6 



GEORGES BOURGIN. 



Ce ms., dont l'introduction dans le Fondo Gesuitico est mal 
explicable, a été publié par l'abbé Surrel de Saint-Julien, dans les 
Annales de Sainl-Louis-des-Français, 1899, t. VI. 

106. Miscellanea (xviu'-xix 0 siècle) : 

F. 176. Note sur la suppression des Carmélites de Termonde 
(1783) (français). 

F. 202. Relation du même événement (déc. 1783) (français). 

F. 209. Relations des missions orientales . Lettres reçues parles 
directeurs des séminaires de3 Missions étrangères (fin 1796) 
(traduction). 

F. 32t. Examen de la doctrine des deux amours exposée au 
synode de Pistoie, et sur la théorie de Quesnel (français). 



107. Miscellanea (xvm e -xix ê siècle) : 

F. 25. Annotations sur le * Giornale délia Legazione délia Cina 
scritto dal Prê Urani servita » (italien). 

F. 80. Traité de paix entre Louis XIV et l'empereur (1714). 
(Sommaire italien). 

F. 1S0. Mémoire sur la fièvre putride à Rome en 1801 (italien). 

F. 154. Lettre du roi d'Espagne à l'empereur de Russie, 9 sept. 
1779 (copie : français). 

F. 181-191. Oraison funèbre de Pie VI, célébrée à Guastalla le 
14 déc. 1799 par Mgr Francisco Scutellari, évêque de Joppe. Belle 
copie du temps avec corrections marginales. Je note les passages 
suivants qui concernent la France : 

Après une allusion à l'hérésie de Scipion de Ricci, il traite des 
affaires de France (f° 185) : 

a Quai maraviglia poi se con forte petto, ed imperte rrito fà 
argine al precipitoso torrente, con cui un Popolo numeroso, pos- 
posto ogni divino ed umano diritto nullameno erasi fitto neirani- 
mo che di cancellar di sopra la faccia délia terra non solo i giorni 
tutti consacrati al Signore, ma (se l'empietà tanto potesse) il santo 
nome stesso di Dio. Inganno, menzogna,violenza,spavento, orrore, 
confusione, disordine erano i mezzi usati per arrivare al consegui- 
mento del nefando disegno.— E Pio VI? Pio VI, custode d'israello, 
nel vedere entrate nel Santuario genti, aile quali il Signore con 
rigoroso divieto proibito avea Tingresso, tutto mette in opéra per 
arrestare il maie, e quanto possibile sia, ripararlo. Con sapienti- 




MSS. DU « FONDO GESU1TICO ». 



7 



tissime istruzioni, ammaestra gli uni coa fervorose esortazioni, 
incoraggisce gli altri, e a tutti raccomanda la cristiana morale e 
la purità délia fede. Neppur nascondonsi aile zelanti sue cure gli 
empi profaoatori ; anzi, volgendo ad essi Paspro ciglio, loro minac- 
cia i fuhnini tremendi del Vaticano, forieri dell* ira sterminatrice 
di un Dio vindice, qualora persistano nelle scellerate intraprese. . . > 

Il y a eu pis, et, le pape a eu l'occasion de montrer sa force 
d'âme quand la France s'établit à Rome. 

« Siamo a quell'epoca infaustissima, in cui avveratosi per nostro 
inexprimibil duolo il divin vaticinio per bocca di Geremia annun- 
ziatoci: t Venientet ponent solium suum in introitu postarum Jéru- 
salem, » straniere genti, e rimote verrannoad ergere il loro trono, 
il trono cioè dell' empiéta, e délia indipendenza sulle porte délia 
cittàsanta. Sovvengavi (se pur regge il vostro spirito a si luttuosa 
rimembranza), sovvengavi di quell' escrabie giorno, giorno che 
scancellar dovrebbessi dal numéro dei giorni, e non giammai 
annoverarsi fra i mesi del anno, quaudo la gran Gittà sacerdotale 
vide inalberare nelle sue piazze lo stendardo délia ribellione e 
dell'apostasia. All'abbominevol comparsa, quale da fulmine dis- 
truggitore percossa, ecco cadere infranta ed atterrarsi tutta la 
grandiosa pompa e maestà del solio Pontificio. Precipitato, ed 
involto nelle sue rovine, Pio VII altro non fà vedere al nudo occhio 
de' mortali, fra lamultitudine de' quali resta confuso, ed indisiuto, 
che un uomo sommamente infelice, umiliato, dispregiato. In vano 
cerchereste i Porporati consiglieri, i numerosi cortigiani, le militari 
scorie, vestigio in somma alcuno di quelia grandezza, che giusta- 
mente circondava la persona di Lui che alla Sovrauità temporale 
d'un cospicuo stato univa il divin carattere di Vicario del Re dei 
Régi. Tuttodisparve quale polve, che si dilegua in faccia al vento. 

« In tal orribile stato di abjezioue edesolazionePio VI conservô 

sempre uguale l'inalterabii tempra délia sua fortezza », mais 

ces jours en furent abrégés. Il fut obligé de quitter Rome, lais- 
sant navrés les habitants des États Pontificaux. . . c Tenerissimo 
spettacolo, veder prostese in terra smunte e squallide in viso, 
scarmigliato il crine, lacera e mal acconcia la bruna veste, tre- 
manti, sbigottite, assordando l'aria coi g<miiti, e Ravenna, ed Um- 
bria, et Perugia, e Urbino, e Sabina, e Orvieto con la Campagna, 
e il Patrimonio, inconsolabili tutte per la partenza di Pio VI, cui non 
erano per rivedere mai più. * 




8 



GEORGES BOURG1N. 



Récit de la tentative de l'évêque intrus à Grenoble lui demandant 
une lettre qui aurait été comme un pardon ; du passage de Pie VI 
dans le midi de la France. 

... « Intieri popoli avidi di vederi Tuniversal Padre de' Fedeli 
ingombrano le strade, che con lagrime miste di compassione e 
di giubilo copiosamente irrigano. Eserciti di più fanciulli impe- 
discono il corso a destrieri. Numerose schiere di tenere figliette 
vestile di bianco ammanto, indice del candor de* loro costumi e 
délia purità délia loro fede, inondano le vie, e a larga mano spar- 
gono il cocchio del Santo Padre di vaghi fiori odorosi. . . * — 11 les 
bénit. — Il meurt quand l'annonce de son retour est annoncée. 

F. 245 et v° : copie du temps, difficile à lire. 



PER MESSA NUOVA 



Voltaire, chiedo una grazia, 
E vuo 1 mi sia concessa, 
Venite in oggi, pregovi, 
La prima volta a messa. 

Quest 1 c un' usanza vecchia 
Che al pubblico si deve ; 
Venite pur che giurovi 
Farsi la messa brève. 



lo credo al suo evangelio. 
Nulla credete voi ; 
Vero o non ver che siasi, 
Che arrischia più di noi? 



Si con la penna pungere 
lo so talora il tristo, 
Per Dio che ho per giudizio, 
E lascio stare Cristo. 



Ecco Taltare e il tempio, 
Ed eccovi uno scanno, 
Sedetc, e con voi seggasi 
Il nonagesim 1 anno. 



Io pur sovente critico 
Le ree canzoni e jozze, 
Ma non postillo il cantico 
Fatlo da Dio per nozze. 



Si non giunti air evangelio, 
E il Prèle a voi si volta 
Di farvi oggi la predica, 
Quest' occasione ha colla. 



Deh, Monsieur, il vostro eretico 
Furore omai si calmi, 
Lasciate andar le antifone, 
Non inquietate i salmi, 

Poichè quai prode svizzero, 
In far la guardia dotto, 
In lor difesa veglia 
Il salmo cento ed otto. 

Io dico ben di Davide, 
Rispetto Solomone, 
E lascio in paceprendere 
Le volpi al buon Sansone. 



Io sono, ei dice, giovane, 
Ho idée vivaci e liele; 
Io amo genj e letterc, 
Pur mi son fatto Prête. 



Dunque non è materia 
ColP uomo letterato, 
Materia eterogenea 
Il santo celibato. 

Son Prête, e a somma gloria 
Son Prête, che so vivere, 
Son Prête, che so leggere, 
Sou Prête, che so scrivere. 



Amo pur io i miei simili, 
Di schietto amor sincero, 
Nè bado s'essi vestano 
Di bigio, ovver di nero. 




MSS. DU « FONDO GESU1TICO » 



9 



Anch'elle sagge femine 



Ho di trattare in uso, 
Ma i dogmi teologici 
Io non condanno al uso. 



Valenti cui non ultima 
Parte de' pregi suoi 
Fu l'alto nome ed inclito 
A ver corn un con voi. 



E Roma ed il suo principe 



Spesso per me si arma; 
A Roma scrivo lettere, 
Ma non già contro Roma. 
Una rea lingua ed empia, 
Ghe da Cicero (?) giunga 
In fin sul Campidoglio, 
È lingua troppo lunga. 



Con voi, signor magniflco, 
Che avete fatta lieta 
Di vostra aima presenzia 
La messa d'un poeta. 



lo temo ognora pavido 



I fulmini papali; 
La porpora non lacero 
Ai saggi Gardinali. 
E beu sul mar d'Ariinino 
Ebbi propizi i venti, 
Chè aile mie vele arridere 
lo vidi il buon Valenti. 



Con voi, che ai molti pregi 
Un nuovo (?) ora accrescete 
Che non più siete a un cherico, 
Ma Mecenate a un Prête. 

Con voi, del cui altissimo 
Favore assai contento. . . 
Ohimè! m'avveggo d'essere 
Uscito d'argomento. 



Signor, se i vosti meriti 
Ho in oggi apostrofati, 
Almen l'ho fatto meglio, 
Meglio di Don Fiorati. 



F. 247. Inscription sur Voltaire, 1770 (copie) : 
En tibi... (cf. 207). 

136. Miscellanea (xvm e siècle): 

F. 2. Copie de facturas touchant la Sorbonne, 1749 (latin). 

F. 70. Lettre de D. Thierry de Vianes, janséniste, Amsterdam, 
12 août 1722 (copie française). 

F. 198. Procès-verbaux ou relatiou des consistoires de 1561 à 
1761 (incomplet; copie xvn e siècle : latin). 

148. Miscellanea (xvui 0 siècle) : 

F. 75, 89, 117, 125. Lettres de Pabbé de Verneuil sur la doctrine 
de la pure foi (copie : frauçais). 

150. « Relationes variae et diarij Sixti pp quarti » (xvi e siècle), 
360 ff. avec table en tète. Copies à signaler : 

F. 199. Discorso che li rè di Francia e di Spagna si muovano 
guerra l'un l'allro. » 

F. 203. État de l'Extrême-Orient en 1583. 

151. « Sixti quarti Instrucliones » (xvi e siècle), 305 AT. (latin : 
copie à signaler). 




10 



GEORGES BOURGIN. 



F. 26. Instructions au nonce envoyé auprès du duc de Bourgo- 
gne, 25 février 1476. 

F. 68. Discours des ambassadeurs français à Sixte IV. 

F. 147 v° (Gomme ci-dessus). 

F. 171. Instructiones trium statuum Francie. 

F. 195. Instructions données à Jean-André Grimaldi, référen- 
daire de Sixte IV, envoyé en ambassade auprès de Louis XII. 

F. 211. Instructions d'Alexandre VI à l'archevêque de Raguse et 
à deux protonotaires envoyés auprès de Louis XII. 

F. 207 v°. Instructions de Jules 11 à Charles de Carcelo envoyé 
auprès du roi de France. 

152. Miscellanea comprenant 36 petits manuscrits reliés 
ensemble dont plusieurs intéressent l'histoire religieuse et écono- 
mique de la Hongrie (xvm e siècle) : 

N° 3. ff. 30-90. Lettres à M. Tirabosehi, bibliothécaire de Modène, 
pour répondre à la critique qu'il a faite des mémoires pour la vie 
de Pétrarque, par l'abbé de Sade (copie : italien). 

N° 8. ff. 168-287. Catalogo délie promozioni dei cardinali fatte a 
istanza de' Principi da Innocenzo X fine a Clémente XII per 
spiegazione délia tavola annessa, ricavata dai dispacci esistenti 
nell' Archivio segreto vaticano (italien). 

N° 12. ff. 275-282. Extrait des Registres du Conseil d'état sur la 
supplique présentée au Conseil du roi par l'évêque d'Orléans, au 
sujet de la bulle Unigenitus (trad. ital.; xvm e siècle). 

N° 13. ff. 285-290. Riflessione contra Pautore francese inco- 
gnito e condennato del Biglietto scritto in risposta délia memoria 
data a sua Santità da Mons. daThun, maestro délia regina di 
Uogaria (italien). 

Sans n°. ff. 415-420. Mesures prophylactiques prises par le 
gouvernement de Rome en 1720 pour éviter la contagion de la 
peste de Marseille (italien). 

155. Miscellanea (xvin e siècle) : 

F. 101. Extraits des registres du Parlement, sur la publication 
d'une bulle, 29 juillet 1665 (copie : français). 

F. 105. Édit de l'évêque d'Alet au sujet de la signature d'un 
formulaire, 1 er juillet 1665 (trad. ital.). 

F. 139. Relaccion verdadera de el ayuste de las paces que se 




MSS. DU « PONDO GESUITICO ». 



11 



han hecho eatre el Rey Christiauissimo de Francia y el Catolico 
Rey de Espana, 7 nov. 1659 (copie : espagnol). 

F. 147. « A quei monarchi dell' Europa che ne abbisognano, un 
amico délia Pubblica felicità. » Écrit d'un anonyme invitant les 
rois d'Europe, à l'imitation du roi de France, à être plus libéraux. 

F. 149. Mémoire de la Cour de Toscane en réponse au mémoire 
de lord Hervey, iniuistre de la Cour de Londres, touchant les 
affaires d'Italie, non daté [1793] (copie : italien). 

F. 151. Mémoire adressé au sénateur Serristori, secrétaire d'état 
pour les affaires étrangères en Toscane, par lord Hervey (19 août 
1793) (copie : italien). 

F. 153. Réponse à lord Fitz-Gerald, sur sa noie du 3 novembre 
1793, par les cantons suisses (copie : italien). 

F. 155. Manifeste de lord Drake, plénipotentiaire anglais près la 
République de Gênes, non daté (copie : italien). 

F. 159. Réflexions à la suite du manifeste de lord Drake (copie : 
italien). — Elles sont certainement l'œuvre d'un révolutionnaire. 

F. 171. Manifeste de la République de Gênes touchant les 
inquiétudes de son chargé d'affaires auprès de la République 
française, non daté (copie : italien). 

F. 174. Déclaration du ministre anglais à la cour de Toscane sur 
la guerre de France, 8 octobre 1793, et réponse de Serristori (copie: 
italien). 

F. 197. Mémoire adressé à la République de Gênes par les repré- 
sentants de la République française près l'armée d'Italie, 26 octo- 
bre 1793 (copie d'après l'imprimé). 

F. 199. Note de lord Drake, 21 octobre Î793 (copie : français). 

F. 203. Adresse de l'amiral et des commissaires anglais au peu- 
ple de Toulon, 28 novembre 1793 (copie : français). 

F. 204. Réponse des officiers espagnols à l'amiral et aux com- 
missaires anglais, 27 novembre 1793 (copie : français). — Voici 
cette réponse : 

€ C'est avec autant de plaisir que de satisfaction que j'ai vu par la 
lettre, que vous avés bienvoulu m'adresser, les loyaux sentiments 
que manifestent les Toulonnois dans leurs sections, de reconnoitre 
pour Régent du royaume de France M. le Comte de Provence, et 
de lui envoyer une députation pour le supplier de venir à la ville 
de Toulon. Non seulement cette invitation dounera une avanta- 
geuse idée de la façon de penser de ces habitans, mais je la crois 




12 



GEORGES BOURG1N. 



utile au prompt rétablissement du gouvernement monarchique, et 
favorable à la cause de Louis XVII, à laquele s'intéresse sincè- 
rement mon auguste monarque. Mais ayant déjà rendu compte à 
Sa M. des louables intentions de vos seigneuries, je crois que sur 
cet objet, il conviendroit savoir sa volonté Royale, sans que cela 
empêche que vos SS. envoyent la députation à Monsieur pour lui 
témoigner plutôt, et lui prouver le zèle de fidélité, et l'amour, dont 
sont animés tous les Toulonnois pour la personne aimée de leur 
légitime souverain, et leur entière subordination à ce Prince qui 
doit gouverner le Royaume pendant la minorité du Roi. 
Je suis bien sincèrement, Jean de Lagave 



Au bord du Vaisseau la Conception, 
en rade à Toulon, le 27 novembre 1793. 

P. 205. Note de lord Drake aux Gaulons Suisses, contre l'œuvre 
de la Convention, 30 novembre 1793 (copie : italien). 

F. 207. Lettre de M. Trevor au comte de Vintimille sur la créa- 
tion à Toulon d'un corps d'émigrés, 11 décembre 1793 (copie : 
français). — Voici cette lettre : 



« M. Trevor a l'honneur d'assurer M. le Comte de Vintimille de 
ses respects, et de lui faire part, qu'il vient d'apprendre par des 
Lettres de M. Le Chev r Eliiot, qu'on a pris la résolution de recevoir 
à Toulon M r8 Les Emigrés qui désirent de s'y rendre, et de servir 
d'après les principes de la deruière déclaration de Sa M. Britan- 
nique et sous les ordres d'un commandant anglais, comme à la 
solde de l'Angleterre. 

« On sent bien, qu'on ne pourra employer, surtout dans le 
commencement, et avant quecette force se développe en campagne, 
qu'un petit nombre en qualité d'officiers ; il faudra nécessairement 
qu'on forme un corps d'émigrés à peu près semblable à celui qui 
servit dans l'armée autrichienne. 

c M. Trevor aura le plaisir de donner des passeports à toutes les 
personnes qui désireront se rendre à Toulon sous ces conditions : 
il écrira, par ce courrier, en Toscane. M rs les Emigrés, qui 
s'y trouvent, pourroient s'embarquer à Livourne, où M. Trevor 
fera envoyer un bâtiment, quand il sera instruit du nombre à peu 



Huarde. » 



Turin, 11 décembre 1793. 




MSS. DU « FONDO GESUITICO ». 



13 



près qui pourrait se présenter. Ceux qui sont de ce coté-cy pour- 
raient se rendre à Oneille, où on les chargera pareillement. 

« M. Trevor sera redevable au comte de Vintimille pour toutes 
les informations, qu'il voudra bien lui donner relativement au 
rang, l'ancienneté, et qualités personnelles de M rs les officiers en 
question. » 

F. 209. Discours de l'amiral et des commissaires anglais aux 
sections de Toulon, 20 novembre 1793 (copie : français). 

F. 211. Lettre du comte de Provence à Pie VI sur la promotion 
au cardinalat de l'archevêque de Nicée ; bref de Pie VI du 26 fé- 
vrier 1794 (copie : français). 

156. Miscellanea. xvn e siècle, 235 ff. Copies de textes concer- 
nant surtout la guerre contre les Turcs et la guerre de Sienne 
(xvi° siècle) : 

F. 70. Discours sur les moyens d'amener l'empereur et le roi de 
France à entier dans la ligue contre les Turcs. 

157. Miscellanea (xix* siècle) : 

Ff. 177-180, Lettre du cardinal Gerdil à un évêque, sur un 
mémoire de l'évêque de Toulon concernant le sort de l'église, 
15 octobre 1793 (copie : français). Il est question dans ce mémoire 
de la réunion d'un concile universel, et de l'établissement d'un 
bref du pape contre les prévaricateurs, — non contre les intrus, 
pour lesquels la question est claire. 

Ff. 171-192. Instructions pastorales de l'évêque de Blois, 
15 février 1793 (copie : français). — Sur la mort de Louis XVI; 
jugement sur le roi et sur son règne. 

158. Miscellanea (xviu e siècle) : 

Ff. 68-109. « Vita dell' Eminentissimo Cardinale Mazzarino del 
di de.suoi natali sino al 1657. » 

161. « Varie scritture sopra affari di guerra . . . e più special- 
mente le cose délia Francia nella prima metà del sec. xvii 0 ». 
xvu« siècle, 200 ff. 

Voici la copie de l'index en tête : 



I. Avisi di Parnaso delli 20 dicembre con altri delli 15 gen° 
1634-1635. 




14 



GEORGES BOURG1N. 



2. Umiliss a , veriss a ed importaatissima rimostranza al Rè [di 
Francia]. Ff. 16-83. 

3. Carta a Luis XIII, di D. Francesco di Quevedo Villegar (copie 
d'un imprimé de 1636 contre l'action des huguenots de Châtillon 
àTillemon (?) en Flandre). 

4. Scrittura spagnuola del Conde délie Rocoa, 16 octobre 1631. 

5. Relazione fatta da S. R. 

6. Lettera del P. de Ghantelaure al Card e Richelieu. 

7. Risposta del cardinale al d t0 Padre. 

8. A quelli che vogliono conservare la Joro libertà overo acquis- 
tarla. 

9. Esame del Libro intitolalo : Difesa del Rè, di Francesco Fedele. 

10. Al Rè Ghristianissimo il gran Luigi (lettre de Placido Achilli. 
Parme, 2 mai 1629). 

11. Corne si siano incaminati li danni che patisce la Relig ne 
cattolica in Allemagna. 

12. Proposizioni fatte à sig ri Svizzeri nella dieta di Bada a nome 
del Rè di Svezia. 

13. Copia dè capitoli délia Lega fatta per anni 30 a Parigi a 
13 agosto 1624. 

14. Due scritture sopra negozii di guerra, una in forma di 
lettera, a. 6 dicembre 1625. 

15. Lettera di mon r di Servien al Sig. Baron Gallosso, s. d. 
(sur les affaires d'Italie). 

16. Riposta del medes 0 (Milan, 5 novembre 1631). 

17. Al Beatiss 0 Padre Urbano VIII, Lodovico Zambecari. 

195. Miscellanea (xix e siècle). Ce manuscrit a été employé par 
A. Dufourcq, Le régime jacobin en Italie, Paris, 1900, in-8, aux 
p. 13 et 568) : 

F. 113. Déclaration des membres de l'Assemblée nationale 
touchant la religion, 19 avril 1790 (copie : français). 

F. 116. Mémoire distribué à tous les ministres étrangers, le 
26 novembre 1791, sur l'occupation d'Avignon et du Comtat- 
Venaissin (copie : français). 

F. 124. Extrait d'une lettre deMaury, archevêque de Nicée, sur 
le second serment, à l'abbé Émery, Rome, 30 janvier 1793 
(français) . 

F. Lettre de l'ambassadeur de France, J. Bonaparte, sur les 




MSS. DU « FONDO GESUITICO ». 



15 



événements survenus à Rome, Florence, 11 nivôse VI (copie : 
français). 

F. 131. Lettre du cardinal secrétaire d'état au M if Massimi, à 
Paris, Rome, 28 décembre 1797 (traduction). 

F. 132. Lettre du chevalier d'Azara, ambassadeur d'Espagne 
à Rome, à J. Bonaparte (copie) : 



« L'ctat dans lequel vous m'avez laissé ce matin est plus facile de 
le sentir que de l'exprimer (sic). De toute la nuit je n'ai point dormi 
et avant le jour j'ai sçu votre départ. Votre homme d'affaires est 
venu me trouver et il m'a consigné votre billet, lequel au milieu du 
plaisir qui m'a causé, m'a en même temps bien affligé en songeant à la 
perte [que] je faisais d'un ami comme vous. Je n'avais pas besoin 
de ce souvenir, mais je le garderai comme un gage précieux de 
votre amitié. Le citoyen Tourette est venu chez moi pour m'ap- 
porter les effets du malheureux général qu'on a cacheté. J'en ai 
fait faire un petit inventaire, que je ferai garder jusqu'au terme 
que les héritiers puissent en disposer. J'ai dit à votre homme 
d'affaires, le directeur de la poste, que tous les Français qui 
viendront recourir à moi pourront avoir la même confiance qu'ils 
avaient en vous-même. Cependant il y a l'inconvénient de ne pas 
savoir jusqu'à quel point je puis être sûr de moi-même à Rome, 
puisque je vois le peuple qui n'est pas tranquille encore, et qu'il 
y a des mouvements en Transtevere. Dans le moment que j'écris, 
je viens de recevoir un message du Card. Secrétaire d'État au nom 
du Pape, qui me prie de me porter à Florence pour vous reconduire 
à Rome : quoique la proposition n'ait pas le sens commun, je me 
suis contenté de répondre qu'on m'avait défendu de me mêler dans 
les affaires de Rome. En attendant je suis V. 



F. 136. Plaintes du clergé de Dijon au pape contre l'évêque 
constitutionnel (s. d. : italien). 

F. 140. Conditions d'un armistice entre la France et le Pape, 
par l'intermédiaire de Bonaparte, des commissaires Garreau et 
Saliceti et d\\. Guidi, avec la médiation d'Azara, 5 messidor VI 
(copie : français). 

F. 142. Liste des statues et tableaux cédés par le pape aux 
Français (copie : français). 



Rome, le 29 décembre 1797. 



Signé : Azara. » 




16 



GEORGES BOURG1N. 



Ff. 144-155. Lettres diverses sur la paix entre le pape et la France. 

F. 157. Lettre de Bonaparte permettant au cardinal Mattei de 
retourner à Ferrare, 28 septembre an V (copie : italien). 

F. 158. Bref de Pie VI aux fidèles de France, 5 juillet 1796 (copie : 
italien). 

Ff. 160-161. Prétendu bref de Pie VI aux évêques émigrés en 
Angleterre, 1798 : 

« A tous les Fidèles Catholiques en J.-C. unis de Communion 
avec le Siège Apostolique demeurant en France, 



Nos chers Fils, Salut et Bénédiction. 

« La sollicitude pastorale, nos très chers Fils, qui a été confiée à 
notre indignité par N. -S. J.-C. par un effet de sa grande Miséri- 
corde, nous fait un devoir de secourir tous les Fidèles et princi- 
palement ceux qui sont exposés à de plus grands dangers, de peur 
qu'ils ne se laissent séduire par une sagesse charnelle. C'est à Nous 
comme au Prophète Isaïe qu'il a été dit : « Criés et ne cessés point, 
élevés votre voix comme le son d'une trompette, annoncés à mon 
Peuple ses crimes.» Nous manquerions donc à notre devoir, si nous 
ne saisissions pas avec empressement toutes les occasions qui se 
présentent de vous exhorter à la paix, et de vous empêcher la sou- 
mission due aux Puissances constituées. 

a Car comme c'est un Dogme Catholique, qu'il est de la divine 
Sagesse qu'il existe des Gouvernements, atiu que les choses ne se 
fassent pasauhasard et avec témérité parmi les Peuples agités dans 
tous les sens comme les flots de la mer. De là vient que Saint Paul 
parlant non de chaque Prince eu particulier, mais de l'autorité en 
elle-même, dit, qu'il n'y a point de puissancequine vienne de Dieu, 
et que celui qui y résiste, résiste à l'ordre de Dieu. Ne vous trom- 
pés pas, Nos très chers Fils, et sous un voile de pitié ne donnés 
pas aux auteurs des nouveautés occasion de mépriser la Religion 
Catholique, car vous vous chargeriésd'un grand crime, et qui non 
seulement seroit puni parla Puissance Séculière, mais, ce qui est 
encore plus terrible, recevroit de la part de Dieu de grands châti- 
ments : ceux en effet, qui résistent à la Puissance, s'attirent à eux- 
mêmes la Damnation. Nous vous exhortons donc, Nos très chers 
Fils, par N.-S. J.-C, d'obéir avec zèle, avec joye et avec pouctua- 



Pie VI Pape. 




MSS. DU a FONDO GESU1TICO ». 



17 



lité à ceux qui vous commandent. En leur obéissant vous obéirés à 
Dieu, et ceux-là comprenant toujours mieux que la Religion ortho- 
doxe n'a point été établie pour détruire les lois civiles, seront por- 
tés à la favoriser et à la soutenir par Paccomplissemeut des pré- 
ceptes divins, et l'observance de la Discipline Ecclésiastique. 
Enfin notre dessein est de vous avertir, que vous n'ajoutiés aucune 
foi à toute doctrine contraire que Ton pourrait répandre comme 
émanée de ce Siège ; et nous vous accordons avec prédilection 
Notre Bénédiction Apostolique et paternelle. 

Donné à Rome auprès de Sainte-Marie-Majeure sous l'anneau 
du Pécheur, le 5 juillet 1796, Tan xxn de notre pontificat. 

Le Cardinal Braschi Onesti. » 

[A la suite : ] 

« Observation des émigrés dans le Bref. 
On doute de la vérité du Bref. 

1° On n'y retrouve pas le stile et la forme des Brefs de la Cour 
de Rome. 

II 0 II n'est adressé qu'aux Fidèles de France; pourquoi ne 
l'est-il pas en même temps aux prêtres François, qui ont montré 
plus d'opposition aux nouveautés, et qui avoient pour le moins 
autant de besoin d'instruction que les autres? 

III 0 Le texte dlsaïe n'a aucun rapport avec ce qui est contenu 
dans ledit Bref, et si l'on veut y en trouver, il faudra que les Ca- 
tholiques François qui ont été Royalistes se soient rendus cou- 
pables de bien de crimes, ce qui est contre la vérité. 

IV 0 On donne à entendre que les textes de S. Paul qui regardent 
l'obéissance due aux Souverain n'ont pour objet que la Puissance 
Souveraine en elle-même et comme l'on dit dans l'Ecole in ab- 
stracto sans pouvoir être appliquée à ceux qui sont revenus de 
cette puissance : ce qui ne paroit pas exact. 

V° Il règne dans tout ce Bref un certain air d'embarras, un 
vague et une obscurité refléchie, qui n'est pas conforme à la 
pratique de la Cour de Rome, qui s'applique toujours avec clarté 
et précision sur ce qu'il faut croire et sur les devoirs de la 
morale. Rien n'y annonce la majesté du Siège apostolique. > 

Ff. 165-169. Bref de Pie VI « Constantiam vestram, » du 10 no- 
vembre 1798, adressé aux archevêques de Narbonne et d'Aix, et 

Revue des bibl., janvier-février 1906. xvi. — 2 



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18 



GEORGES BOURGIN. 



aux évêques d'Arras, Montpellier, Saint-Pol-de-Léon, Périgueux, 
Avranches, Uzès, Tréguier, Rodez, Nantes, Angoulême, Com- 
minges, Troyes (copie). 

F. 171. Pulle de Pie VI pour régulariser le conclave, 1797 
(copie : latin). 

F. 195. Discours de Portalis en faveur des prêtres émigrés. 
Extr. du Moniteur du 1 er septembre 1796 (copie : français). 

F. 105. Note sur la bataille d'Aboukir (italien). 

F. 207. Réponse du cardinal Mattei au commissaire du pouvoir 
exécutif à Ferrare, 19 janvier 1798 (copie : italien). 

F. 211. Mandement du gouvernement de la République cisalpine 
à l'archevêque de Ferrare, 29 nivôse VI (copie : italien). 

F. 213. Deux brefs de Pie VI à l'archevêque de Naziance sur le 
serment prêté par les professeurs du collège Romain, 16 et 
30 janvier 1799 (copie : italien). 

F. 216. Édit de François-Marie d'Esté sur le serment civil, 
16 mai 1799 (copie : italien). 

F. 217. Lettres du P. Contarini à Louis de Gonzague, évêque 
d'Albano, 1798-99 (originaux : italien). 

Ff. 223, 230, 234, 238, 241, 243. Notes sur la question du 
serment, s. d. 

F. 217. Note sur la question de savoir si le pape pourrait s'allier 
aux Français contre l'empereur, s. d. — Réponse négative 
(italien). 

F. 251. Note sur la question de savoir si le Sacré Collège doit 
suivre le pape, s. d. (italien). 

F. 263. Lettre de Paul l wr , empereur de Russie, aux cardi- 
naux Aibani, Caraffa et Doria, 21 décembre 1798 (copie : fran- 
çais). 

F. 265. Discours de Bonaparte à Milan, 17 prairial VIII (copie : 
italien). 

F. 267. Mémoire présenté par Tatischeff à Taileyrand, 1 er mai 
1801 (copie : français). 

Ff. 271-272. Lettre des évêques émigrés en Angleterre en réponse 
au bref du 15 août 1801 (copie : latin). 

Ff. 273-278. Réponse de quelques évêques français au bref du 
15 août 1801 (copie : français). 

F. 279. Lettre du cardinal Gonsalvi à Murât, 31 janvier 1801 
(copie). 




MSS. DU € FONDO OESUITICO ». 



19 



196. Miscellanea (xix e siècle) : 

Ff. 272-282. Notice sur les affaires entre Rome, la Toscane et la 
France, 20 avril 1793 (italien). — Œuvre d'un diplomate, intéres- 
sante, dont on trouve un autre exemplaire à la Vallicellane, cod. 
Falzacappa, Z 36 (cf. G. del Pinto, dans YArchivio delta Società 
romana di Storia patria, t. XVII, p. 262). 

F. 286. Plan d'articles concernant l'introduction du pape 
dans la ligue contre la France, pour y rétablir la religion (copie : 
italien). 

Ff. 290-299. Caractère des prélats et évôques de France dans la 
Révolution, 1793 (copie : italien). 

197. Miscellanea (xvni c siècle) : 

F. 34. Lettre du Conseil de Soleure à ramba83adeur de France 
sur une plainte contre le Secrétaire de l'ambassade, 22 janvier 
1766 (copie : français). 

F. 36. Réponse de l'ambassadeur, 4 février 1766 (copie : 
français). 

Ff. 40 et 44. Lettres de l'ambassadeur de France au Conseil de 
Zug, 18 janvier et 15 mars 1766 (copie : français). 

F. 50. Lettre de MM. de Zug à l'ambassadeur de France, 31 jan- 
vier 1766 (traduction). 

F. 90. Discours de l'ambassadeur de France aux 24 commis- 
saires, du 25 décembre 1766, à Genève (copie : français). 

F. 90 v°. Déclaration remise à M. le résident par les citoyens et 
bourgeois représentés, 30 janvier 1767 (copie : français). 

F. 141. L'enterrement de Paris, poésie satirique (copie : fran- 
çais). 

F. 143. Mémoire du Clergé de France sur l'impression des 
mauvais livres (trad. italienne). 

F. 159. Lettres du chevalier de Beauteville au canton de Fri- 
bourg, 1770 (copie : français). 

F. 175. Mémoire adressé au Régent au sujet des pairs (copie : 
français). 

F. 185. Lettre du nonce de Pologne, Mgr Durini, au cardinal de 
Bernis, 30 janvier 1775 (copie : français). — Autre copie, f. 187. 

F. 225. c Observations impartiales sur le bref de sécularisation 
de la Congrégation de Saint-Ruf » [bref du 1 er juillet 1771] (copie : 
français). 




20 



GEORGES BOURGIN. 



F. 235. Mémoire sur la question de Gex et son historique en 
France et en Savoie (copie : français). 

F. 306. Lettre de l'ambassadeur de France au Conseil helvé- 
tique, 10 avril 1768 (copie : français). 

F. 340. Lettre du chevalier de Beauteville en réponse à la lettre 
des députés de la diète de Travensfeld, 15 août 1767 (copie : 
français). 

F. 342. Discours d'un conseiller du Parlement de Toulouse sur 
l'expulsion des Jésuites d'Espagne, août 1767 (copie : français). 

198. Miscellanea (xix e siècle) : 

F. 59. a Mémoire sur les missions étrangères dont le séminaire 
étoit établi à Paris. » 

F. 65. Relation de l'évêque de Garadu, vicaire apostolique de la 
mission de Stitehen en Chine, aux directeurs du Séminaire des 
Missions étrangères à Paris, 14 octobre 1792 (copie : français). 

F. 76. Nouvelles des missions de Chine, Tonkin et Cochinchine, 
1796 (copie : français). 

199. Miscellanea (xvm 6 siècle), contenant un certain nombre 
de sonnets politiques pour le règne de Clément XIII : 

F. 9. Ode sur la prise de Berg-op-Zoom. 

202. Miscellanea (xvm e siècle): 

F. 378. Lettre originale (les deux dernières lignes seules auto- 
graphes) de l'archevêque d'Embrun à un cardinal romain : 



Monseigneur, 

Je suis en possession de déposer, dans le sein de votre Êminence, 
toutes les démarches que je crois être obligé de faire pour la dé- 
fense de la Religion et del'Épiscopat. J'ai l'honneur démettre sous 
ces (sic) yeux la lettre que j'ai eu celui d'écrire au Roi. Elle sera 
vrai-semblablemeut sans effet; je viens d'apprendre que l'affaire 
étoit finie, et d'une manière aussi fâcheuse pour l'Église, que peu 
digne du Gouvernement. Je n'en demeurerai cependant pas à ma 
lettre; je travaille sans relâche à une Censure en forme de la Con- 
sultation, que je publierai iucessemment. 



« A Embrun, le 18 décembre 1730. 




MSS. DU « FONDO QESUITICO ». 



21 



Je ne cesserai jamais d'être avec le plus profond respect et le 
plus inviolable attachement. 
Monseigneur, 

De Votre Érainence, 

Le très humble et très obéissant serviteur, 
« f P. arch. P. d'Embrun. » 

Ff. 379-380. Copie de la lettre de l'archevêque d'Embrun au roi 
de France, 20 novembre 1730, concernant la juridiction desévêques, 
attaquée par 40 avocats au Parlement de Paris, et critiquant l'in- 
terprétation canonique des Parlements. 

Ff. 380-420. Traduction italieune sur l'imprimé de l'arrêt du Par- 
lement, concernant la bulle pontificale qui traite des franchises de 
Rome (26 octobre 1687). 

204. Miscellanea (xvm e siècle). 

F. 15. Poèmede Voltaire sur la bataille de Fontenoy, 1745 (copie). 

F. 33. Mémoire de plusieurs clercs du diocèse d'Orléans sur l'appli- 
cation des arrêts du Parlement en matière d'appels comme d'abus 
contre l'évêque d'Orléans, 1730 (copie d'après l'imprimé). 

F. 49. Arrêt du Conseil d'État contre le précédent mémoire, 1730 
(copie d'après l'imprimé). 

F. 55. Arrêt du Conseil d'État au sujet d'une déclaration donnée 
par 40 avocats du Parlement de Paris, 25 novembre 1730 (copie 
d'après l'imprimé). 

F. 60. Mémoire au sujet des pairs, présenté au Régent, 1716 
(copie : français). 

F. 93. Lettre de Benoît XIV au roi de France au sujet de l'at- 
tentat de Damiens, 19 janvier 1753 (copie : italien). 

F. 94. Sentiment de la Sorbonne sur le silence imposé autour 
de la constitution Unigenitus (copie : latin). 

F. 96. Discours du Roi de France pour la réunion des membres 
du Parlement de Paris, 4 septembre 17. . (extraits). 

F. 99. Discours de Bernis au roi en recevant la barrette (copie 
du temps). 

F. 101. Lettre du clergé de France aux évêques, 1755 (copie : 
français). 

Ff. 103, 113, 114, 115. Lettre de l'évêque d'Amiens (copie : 
français). 




22 



GEORGES BOURGIN. 



Ff. 145 sq. Lettres d'envoyés du duc de Mantoue (principale- 
ment Giuseppe Trussi), concernant des affaires d'argent, 1708 
(Orig., en partie chiffré : italien). 

207. Miscellanea (xvm e siècle) : 
F. 72. Analyse de YAntifebronius. 

F. 116. Sonnet italien sur l'expulsion des Jésuites (copie) : 

/ Ire Monarchi délia Casa Borbone figurait in tre Venti, 
che agitano la Nave di S. Pietro. 

SONETTO 
Minaccioso, crudel, triplice è il Vento, 

Ch' urta fischiando il Navicel di Piero, 

Cb' ondeggia per l'instabil 'Elemento 

Lacero tutto e fuor d'ogni sentiero. 
Chi'l crederebbe? al periglioso evento, 

Aile querule voci del nocchiero, 

Il furibondo raddoppiar* io sento 

GP urti, le scosse, e il sibilar' altero. 
M' a suo talento pur sofl] il tiranno; 

Che mai sazio vedrà l'empio desio 

Di darle in alto Mar l'ultimo affanno. 
Anzir cos 1 avverrà, che mai s'udio : 

L'Oppresso ail' Oppressor farà più danno; 

Se un Vento è Poppressor, Poppresso è un Dio. 

F. 123 v°. Inscription satirique pour la statue de Voltaire : 

INSCRIZIONB PER LÀ STATUA DI VOLTAIRE BRBTTA 
NUOVAMBNTB IN PARIGI. 

En tibi dignum lapide Volterium 
Qui 

In Poesi magnus 
In Historia parvus 
In Pbilosophia minimus 
In Religione nihil, 

Gujus 
Ingenium acre 
ludicium praeceps 
Audacia praepotens 
Impie tas su m ma, 

Cui 



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MSS. DU « FONDO GESU1TICO ». 



23 



Arrisere muiierculae 
Plausere scituli 
Favere profani. 
Hune 

Irrisorem hominumque deumque 
Senatus, populusque physiotheus 
Aere collato 
Statua mactavit. 



F. 207. Lettre du duc de Choiseul au Corps helvétique, 17 mars 
1769 (copie : français). 

208. Miscellanea (xvm« siècle). — 236 ff. : 

N° 4. ff. 30-47. Description des fêtes célébrées à Rome en 
l'honneur du duc de Nivernais, ambassadeur du roi de France 
auprès de Benoît XIV, au sujet de la naissance du duc de Bour- 
gogne, 22-24 novembre 1751 (copie : italien). Joindre ff. 217-218, 
récit des fêtes au Collège romain. 

N° 12. ff. 180-195. Copie de divers textes de Voltaire (Idée... de 
la personne du roi de Prusse, 1752 [se retrouve ff. 172 et 179] ; 
déclaration de M. de Voltaire détenu à Francfort; lettres à 
M™ XXX, 9 juillet 1753). 

209. « Miscellanea ad cardinales spectantia » (xvn c -xviii° siècle). 
— Intéresse surtout le pontificat d'Innocent X et renferme des 
matières concernant le concile : 

F. 67. Lettre du roi de France au sujet de l'élection d'Inuocent X, 
Fontainebleau, 2 octobre 1644 (copie : italien). 

210. Miscellanea (xviu* siècle) : 

Ff. 34-35. Adresse aux cardinaux de Choiseul, de Rohan, de 
Bernis sur la suppression des Jésuites (copie du temps : latin). 

Ff. 70-73. Bref de Clément XIII aux évêques de France sur les 
Jésuites (copie : italien). 

F. 189. Sur les troubles amenés en France par le jansénisme 
(copie : italien). 

260. Miscellanea (d'époques diverses, principalement xviii 0 
siècle). — 227 ff. : 

F. 118. « Séries regum Francorum, » jusqu'à Louis XV. Notes 
d'histoire. 



1770. 




24 



GEORGES BOURGIN. 



261. Miscellanea (xvm e siècle) : 

P. 133. État religieux et politique de la France par l'abbé 
Cecchelti, de Venise, 1754 (copie : italien). 

269. Miscellanea (xvii e -xvin« siècle). - 308 ff. : 
Ff. 12-48. « Dialogue entre un Anglais et un Français sur les 
richesses, les forces et le gouvernement de la Grande-Bretagne » 
(copie du xvin c siècle : français). — De la même main. f° 69 sq., 
< protestation des seigneurs contre la convention » de l'Angleterre 
avec l'Espagne, 1739). 

Ff. 73-74. Lettre du P. Seedorft à un cardinal en lui offrant son 
ouvrage (original) : 

« Monseigneur, 

Le zèle de votre Éminencepour le bien de nôtre Sainte Religion 
et son attachement poyr la maison Palatine me font espérer qu'Elle 
ne désapprouvera pas la liberté que je prends de Lui présenter un 
petit ouvrage de ma façon qui n'a d'autre mérite que celui d'avoir 
contribué à la conversion de Monseigneur le duc Frédéric des 
Deux-Ponts. Ce Prince parlait éternellement des abus quelesPro- 
testans attribuent aux catholiques; il s'agissoit donc presque uni- 
quement de réfuter ces fausses imputations : pour le faire avec 
succès, j'ai pris pour base de mes lettres l'Exposition de la foi Ca- 
tholique par M. de Meaux, j'espere que je ne ipe serai pas égaré en 
suivant la méthode et les principes de ce grand homme; si néans- 
moins il m'éloit échappée quelque expression qui ne fut pas assez 
châtiée, je supplie votre Éminence de prendre l'auteur et le livre 
sous sa protection, et de m'indiquer les endroits qui auroient pû 
déplaire. Je les corrigerai avec toute la docilité possible. 

Vous jugés bien, Monseigneur, que je n'oserois pas m'approcher 
du throne de Sa Sainteté avec un si petit ouvrage : je prens seule- 
ment la liberté de lui baiser très respectueusement les pieds, et 
d'offrir à son digne Ministre, à Votre Eminence, ces deux exem- 
plaires, comme une marque de mon attachement inviolable pour 
le Saint-Siège, et du très profond respect avec lequel j'ai l'honneur 
d'être, 

Monseigneur, 

De Votre Éminence, 

Le très humble et très obéissant serviteur, 
François Seedorft. >> 

Manheim, ce 29 octob. 1747. 



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M88. DU « PONDO OBSUITICO ». 



25 



F. 75. Discours de La Molle, avocat général du Roi au Parlement 
de Provence, sur la réunion d'A.vignon et du Comtat-Venaissin à la 
couronne (copie : français). 

F. 79. « Les raisons pour et contre l'élection du cardinal-arche- 
vêque de Cologne. » Mémoire de 1688 (copie : français). 

F. 83. Lettre de Louis XIV au pape, 17 février 1689, touchant les 
affaires d'Angleterre (copie : français). 

F. 84. Actes de rassemblée du clergé de Paris, 5-7 octobre 1688 
(copie : français). 

F. 104. Décret d'Innocent XI, interdisant l'église Saint-Louis 
des Français de Rome et excommuniant le marquis de Lavardin 
(copie : français). 

F. 106. a Réfutation d'un libelle italien en forme de réponse à la 
protestation du marquis de Lavardin, » 1688 (copie : français). 

F. 138. Lettre du roi au cardinal d'Estrées sur cette affaire 
(imprimé). 

F. 146. Lettre de Lavardin aux princes d'Italie, accompagnant la 
lettre précédente, 6 sept. 1688 (copie : italien). 

277. Miscellanea (xvii e -xvm e siècle). —476 ff. : 

Ff. 248-268. Instructions àMgrGorsini, archevêque de Tarse, 
nonce en France, par Grégoire XV (1621) (copie : français). 

Ff. 259-273. Instructions à Mgr Spada, archevêque de Damietle, 
nonce en France sous Louis XIII (copie : français). 

F. 378. Instructions au cardinal Ginetti, 1636, légat a latere en- 
voyé à Cologne pour la paix. 

288. Miscellanea (xvm e siècle)/— Recueil d'écrits de formats 
divers, 359 ff., intéressant surtout les conclaves deGlément XIII et 
de Benoît XIV : 

F. 106 et v°. Lettre d'un certain Coullot (?) au prince de . . . 
(original) : 

« Monseigneur, 

o J'ay déjà eft l'honneur d'informer plusieurs fois V. A. S. du 
mauvais proceddé de M r le Go. de Foix contre mon frère et contre 
moy, et des discours indignes qu'il tient en public et eu parti- 
culier pour tâcher de nous deshonorer. Ils sont enfant (sic) venus 
à un point, et à un tel excès que ne pouvant plus les soutenir sans 




26 



GEORGES BOUBGIN. 



nous perdre d'honneur et de réputation, j'ay pris la resolution de 
partir incessamment comme en effet je parts pour m'aller jetter 
aux pieds de V. A. S. et luy en demander justice appres luy avoir 
fait connoitre la fausseté des accusations dud. s r Co. de Foix, 
notre innocence et qu'elle n'a point de serviteurs plus zelez et 
plus fidelles que nous. 

« Et comme je souhaitte de nous justifQer devant le tribunal de 
la justice de V. A. S. et qu'il me semble qu'il seroit bon que notre 
accusateur y fut présent, Elle me feroit une sensible grâce, et je 
l'en supplie très humblement, d'ordonner aud, s r Go. de Poix de 
s'y rendre aussy incessamment, et d'apporter avec luy touttes les 
pièces et papiers qu'il croira pouvoir avoir a produire contre 
nous, qui grâces au Seigneur ne craignons aucune de ses 
calomnies. 

« Je supplie très humblement V. A. S. de me permettre de luy 
souhaitter par avance ses bonnes festes. Je suis avec un très pror 
fond respect, 
Monseigneur, 

De Votre Altesse Serenissime, 

Le très humble très obéissant et très fidelle 
serviteur et sujet, 
De Paris, le 16* décembre 1707. 



F. 206. Inscription pour la statue de Voltaire (copie : latin). 
Cf. 207. 

F. 206 v°. Lettre de M. de Brancas, à son lit de mort, au Parle- 
ment d'Aix, sur les Jésuites (copie : français). 

Ff. 211-215. Vers français : « Epitre au Roy de la Chine sur son 
recueil de vers qu'il a fait imprimer » : 

Inc. Reçois mes complimens, charmant Roy de la Chine. 
Ton trône est donc placé sur la double colline. . . 
Expl. Et puisse en corrigeant trente ans d'extravagances, 
Monsieur l'abbé Terrai corriger nos Qnances ! 

Ff. 219-226. Testament de la duchesse de Noailles, 16 février 
1700 (original, sceau enlevé). 

Ff. 283-289. Remontrances du Parlement sur la bulle Unige- 
nitus, 17 avril 1752, et réponse du roi (copie ; français). 



Coullot. » 




MSS. DU « FONDO GKSUITICO » 



27 



289. Miscellanea (surtout copies de documents du xviu 6 siècle 
concernant la République de Venise, et de documents officiels 
émanés de Marie-Thérèse d'Autriche, et sur le conclave de 1769) . 

F. 444. Discours de Le Tonellier de Breteuil, ambassadeur extra- 
ordinaire au Conclave, 26 février 4769, et réponse du cardinal 
Serbelloni (copie : italien), 

290. Miscellanea (xvni # siècle). — Concernant principalement 
la suppression des Jésuites. 

F. 53. Lettre du roi de France au pape Clément XIII sur son 
bref concernant les Jésuites, s. d. (copie : italien). 

F. 89. Mémoire du Saint-Siège aux trois cours des Bourbons 
(copie : italien). 

F. 91. Bref du pape au roi de France sur l'occupation d'Avignon, 
23 juin 1768 (copie : italien). 

F. 140. Lettre du père^de Neuville, de la Compagnie de Jésus, 
à un autre Jésuite (copie) : 

« La Société n'est plus. La bulle [de] destruction a été pro- 
noncée. Permettez que sur cette tragique révolution qui fera 
l'étonnement de la postérité, je vous parle en père et en ami. 
Pas un mot, un air, un ton de plainte et de murmure. Respect 
incapable de se démentir à l'égard du siège apostolique, et du 
pontife qui l'occupe; soumission parfaite aux volontés rigou- 
reuses, mais toujours adorables de la Providence, et à l'autorité 
qu'elle emploie à l'exécution de ses desseins, dont il ne nous 
convient point de sonder les profondeurs. N'épanchons nos regrets, 
nos gémissements, nos larmes que devant le Seigneur et dans son 
sanctuaire; que notre juste douleur ne s'exprime devant les 
hommes que par un silence de paix, de modestie, d'obéissance. 
N'oublions ni ses instructions ni ses exemples de piété dont nous 
sommes redevables à la Société; montrons par notre conduite 
qu'elle étoit digne d'une autre destinée, que les discours et les 
procédés des enfans passent Papologie de la mère. Cette manière 
de la justifier sera la plus éloquente, la plus persuasive; elle est 
la seule convenable, la seule permise et légitime. Nous avons 
désiré de servir la religion par notre zèle et par nos talens, ta- 
chons de la servir par notre chute même et par nos malheurs. 
Vous ne doutez point, mon cher confrère, de la situation pénible 
de mon esprit et de mon cœur au spectacle de la destruction 




28 



GEORGES BOURGIN. 



humiliante de la Société, à laquelle je dois tout, vertus, talens, 
réputation. Je puis dire qu'à chaque instant je bois le calice 
d'amertume et d'opprobre, que je Pépuise jusqu'à la lie, mais 
en jettant un coup d'oeil sur Jésus-Christ crucifié, oseroit-on se 
plaindre! Le Dieu de miséricorde, qui n'afflige ici-bas que pour 
éprouver le juste, pour ramener le pécheur, pour purifier le péni- 
tent, ce Dieu de bonté m'afflige d'un autre chagrin personnel. J'ai 
perdu mon cher et respectable frère le P. de Frey. Une réflexion 
m'adoucit cette perte : il a rempli de vertus sa longue carrière, et 
le Seigneur lui a épargné le triste spectacle de la Société écrasée. 
Je le re[c]om[ma]nde à vos prières et à celles de nos Pères dis- 
persés. 
Je suis... » 

F. 148. Vers français. * Enterrement du Parlement » (copie) : 



On fait dire à toute personne 
Que demain douze du courant 
Dans l'Église de la Sorbonne 
L'on enterre le Parlement, 
Suivi des Plaideurs, des Plaideuses, 
Du grand Conseil, des Gens du Roi. 
Les Jésuites en pleureuses 
Accompagneront le Convoi. 
Beaumont fera les funérailles 
Malgré sa profonde douleur, 
Et la musique de Versailles 
Chantera la messe à grand chœur. 
Le dévôt Poncet, si célèbre 
Par son zèle pour le Sénat, 
Publiera l'éloge funèbre 
Avec l'air humble d'un Prélat; 
Colonne sonnera la cloche, 
Beaupeau sera le Fossoyeur, 
Lui, qui plus ferme qu'une roche, 
Pour mériter le doux honneur 
D'établir l'heureux despotisme, 
Enterreroit de tout son cœur 
Les lois et le patriotisme. 
Le pacifique^D 1 Aiguillon, 
Dont l'Ame est tout à fait bien née, 
Présentera le Goupillon 




MSS. DU « PONDO OBSDITICO » 



29 



A la vénérable Assemblée, 

Et le Clergé couvert de deuil 

Jettera des flots d'eau bénite 

Sur le trop funèbre cercueil. 

Après quoi sortant de leur gîte 

Avec un minois compassé, 

Billard et Grizet viendront dire 

Le Requiescat in pace. 

Et puis le duc qui feroit rire 

S'il n'etoit toujours escorté 

D'ordres émanés du tonnerre, 

Signifiera dans le Parquet 

Au Sénat , quoi qu'il soit en terre, 

Nouvelle lettre de cachet, 

Par laquelle on lui fait défense 

De paroitre chez les vivans, 

Meaupou craignant à toute outrance 

Le retour des honnêtes gens. 

En outre on fera le partage 

Des effets de nos magistrats, 

Offices, emplois, et leurs gages : 

Aux Jésuites, leurs Rabats, 

Aux Sorbonistes ieur Science, 

Aux traitans leur intégrité, 

Aux Êvôques leur éloquence, 

Aux Ministres, leur équité. 

Ainsi le Parlement de France 

Qu'on vient déjà d'ensevelir, 

N'a de son ancienne existence 

Que l'honneur, qui ne peut périr. 

Mais, Chrétiens, ce qui nous console, 

C'est que la Résurrection 

Est suivant la Foi du Simbole 

Un dogme de la Religion. 



F. 154. Lettre de l'évêque d'Apt au marquis de Braatès sur les 
sentiments de M. Riper de Monclar, procureur général au Parle- 
ment de Provence concernant la bulle Unigenitus (copie : italien). 

F. 170. Bref de Clément XII au roi de France contre la sécula- 
risation par le Parlement, 9 juin 1762 (copie : latin). 

F. 189. Sur une lettre de l'archevêque de Paris au pape, concer- 
nant la suppression des Jésuites, 14 septembre 1774 (copie : 
italien). 




30 



GEORGES BOURGIN. 



F. 198. Mémoire du clergé de France au roi sur les mauvais 
livres, s. d. (copie : italien). [En particulier contre le € Règne de 
la Nature ».] 

F. 200. Lettre de l'archevêque de Paris au pape sur la suppres- 
sion des Jésuites, s. d. (copie : italien). 

F. 202. Lettre de l'archevêque de Vienne au même (copie : 
italien). 

F. 203. Lettre de l'archevêque d'Arles au même (copie : italien). 

291. Miscellanea (xix e * siècle). — 364 ff. Surtout des vers latins, 
français et italiens, intéressant l'histoire de la satire politique. 
F. 27. « Epigramma in Gallos. » (copie : latin) : 



Impia, crudelis, Gallorum natio prava, 

Regem mactasti? Grimina pande sua? 
Perflda ! Borbonus preclaro sanguine natus 

Inclama t vindictam, horrida terra tremit, 
Jupiter omnipotens Reges Gentesque movebit 

Contra omnes Gallos. Gallia sola rides. 
Cernite miseram, nec pravus rector Averni 

Cumque suis stigibus dexter adesse potest. 
Per mare, per terras jurant, per barbara Averni 

Anglus et Hispanus tollere classe viros, 
Et Gallos curtos infensos orbique deoque 

Pudere fert animus, sic cupit ipse Deus, 
Sic Germanus orat, sic Prussia corde peroptat 

Et omnes gentes, sic Pius ipse Pater. 
Pone modum gestis, Christum, sanctosque precare 

Veris eu m lacrimis, pectore regnet amor, 
Maximus ipse deus tantarum pondère pressus 

Guiparum veniam forsitan ipse dabit. 



F. 78 et v° Canzone sur la dispersion de la flotte française, 1793 
(copie : italien) : 



Viva ognun Giorgio, e Carlotta, 
Viva ognun deir Angla Flotta, 
Viva dica l'alto onor. 

Vivan tutti i Régi uivitti, 
E Gocito oggi tragitli 
Ogni infâme traditor. 




MSS. DU « FONDO OESUITICO » 



Viva Pio grand' aima» e prode, 
Cuor sincero e senza frode, 
De perigli sprezzator, 

Sprezzator d'ogni minaccia 
In tempesta, ed in bonaccia 
A se stesso eguale ognor. 

Viva Cesare, et le schiere 

Sempro intrépide e guerrière, 
De Nemici altro terror ! 

Viva il prode, viva il forte 
Federico, eddi via sorte 
11 grand Bransuik vincitor! 

Viva il Sardo Re, il Sovrano 
Giusto, Pio, Saggio, ed umano, 
Pien di fede, eddi valor ! 

Viva il Veneto Senato, 

Ogni Regno, ed ogni stato 
Che i Ribelli ebbe in orror ! 



Ff. 79-80. Autre canzone sur le même sujet (copie : italien) 



Ah! del Mare o gran Figli sorgete, 
Il coraggio nelP aime accendete. 
Ah ! di nuovo l'antico Inimico 
Combattete, o gran Figli del Mar ! 

Ei già schiavo, or ri belle, e tiranno 
Odia il libero, il ûdo Britanno, 
Ei n'invidia il si florido Regno, 
Ei lo sdegno non terne irritar. 



Cuor di quercia hanno gli Angli Navigli, 
Cuor di quercia è dell' Anglia ne 1 Figli, 
Su la mano aile vele, ai timoni, 
Su garzoni, su pronti a salpar. 

Dice il cuore : valore in me provo, 
A conquis te si andremo di nuovo, 
L'Aima in petto nô dice, non temo, 
Si che andremo di nuovo a pugnar. 



Corodi Nocchieri. 




32 



GEORGES BOURG1N. 



La di Marte suir orrido piano 
Solo mirasi il forte Germano, 
Al periglio oode cinto si vede 
Pur non cède, pur l'osa affirontar. 

Ah! volate a soccorrelo, o prodi, 
Dividetene il merto, e le lodi 
Délia Francia Tinfame Colosso 
Dovrà scosso a quest' urto crollar. 



Dei Nemici che addosso si ô tratti, 
Son maggiori i suoi atroci misfatti, 
11 momento onde paghine il flo 
Col desio già vi veggo affrettar. 

lté par, la Vittoria vi attende, 

Tutta Europa le braccia a voi tende, 
Gerta al fin che il Brittanno coraggio 
Il suo oltraggio saprà vendicar. 



Quanto in noi vi è di Sacro si tutto 
Vorria il Franco disperso, distrutto, 
Usa ogn'arte, onde debba una volta 
Anche PAuglia scon volta restar. 

Alto ornai da Brittannici lidi 

Gontro i Pertidi ail* arme si gridi, 
Religion da chi estiuta la brama, 
Leggi, Fama sapremo salvar. 



Va si lunge delP Empia Torgoglio 

Che i Monarchi minaccia sul soglio, 
Mentre tn noi un Monarca diletto 
Sà il rispetto, e l'amore destar. 

Ch Y ella dunque scornata rimanga 
Rotta alûn le sue perdite pianga, 
Che sien lunghi, o grand Re, i giorni tuoi! 
Chi di noi puô più lieto cantar? 



P. 82. Sonnet italien sur Bolzeni et Spedalieri, disciples 
Rousseau (copie : italien) : 



Coro corne sopra. 



Coro corne sopra. 



Coro corne sopra. 




MSS. DU « FONDO GESUITICO ». 



Li Romani 



Al Sigaor Abfcate Bolzeni, il quale dopo aver riprovato come 
Aoticristiano, e contrario alla decisiva dottriQa de SS. Aposloli 
Pietro e Paolo il Contralto sociale di Rosseati nelle sua opéra 
Del Vescovado ai numeri 120-198, ha avuto il temerario e scanda - 
loso ardire di promoverlo ed addottarlo, approvando Topera deli* 
Ab. Spedalieri intitolata : / dirUti delV uomo. 



Dar cenomano suol scrittor bifronte 
Che su 'i Tebro scendesti a nri danni, 
Che il Contratto social, quel nero fonte 
Di sedizione, or lodi ed or condanni. 

Accoppiator di verita e d'inganni 
Soffri del tua rossor il peso e Tonte, 
Terni una volta che sciogtiendo i vanui 
L'ira del Cielo ti colplsca iu fronte. 

Tu atterri, è ver, rimaginario ed emplo 
Idolo di Rosseau ; ma il tuo consiglio 
Gli alza poi di nascosto al tare e teuapio. 

Impudente censor! Da la suprema 
Région dei astri minaccioso il ciglio 
Pietro, ti voige, impallidisci e tréma. 



F. 88. Bouts rimés, concernant les cardinaux romains sous 
Pie VI (copie : italien) : 



SONETTO 



Una volpe raminga e mal sicura 
Un asino di razza portentosa 
Un avoltojo ingordo per natura 
Un Aquila a gran voli ardimentosa. 
Un Scimiotto, che vive d'impqstura 
Un Deifin Sacro a Deità nascosta 
Un Léon ver di nome e di natura 
Un placido Coniglio, che riposa 
Un Sorcio Moscarolo che ancor tréma 
Un Pappagallo muto, che s' attrista 



Vincenti. 
Pignatclli. 

Bellitomi. 

Dugnani. 
Lancellotti. 



Rinuccini. 
De Pretis. 
Noverella. 



Maury. 



Ruffb. 



Ecco de Pio la promozion estreraa : 
Monsignori non più ; Tira caimate ; 
Si sà, già disse Monsignor Sagrista 
Ghe anche in Roma si fan le Bugiarate. 



revue des bibl . , janv ier-fcïrior 1C06. 



XV! 



- 3 



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34 



GEORGES BOURGIN. 



F. 106. Sonnet sur la mort de Hugon de Basseville, le janvier 1793 
(copie : italien) : 



Storia veridica delHnsurgenza del Popolo 
Romano contro Basville e délia morte 
Del medesimo preceduta dalla sua 
Declarazione. 



Volo quà un gallo, e fè chicchirichi 

Che di far pianger Pietro ei si pensô : 

Mà se Pietro in Giudea già barcolô 

Qui tenne soldo, e non se ne penti. 
E si forte tuonô = Voglio cosi = 

Che il papal'di Quirin fuori saltô 

E, addosso, addosso al Gallo ognun gridô : 

Che per spavento subito arrochi. 
Fuggiva lo sûatalo or su, e or giù, 

Mà in van ; che un buco al ventre ecco un gli fà. 

Mentre ei fioco dicea, nol farô più. .. 
Senza mission a cantar venni io quà... 

Son Gallo avveuturier. . . Sono un monsù... 

Son... voleva dir, ma al Mondo andô di là. 



F. 125. Sonnet sur la dispersion de la flotte française (copie : 



Sopra la prodigiosa dispersione dell'armata 
Navale Francese che veniva contro Pltalia, 
Accaduta per un turbine. 
« Est Deus iu Israël. » 



Ove son? Ove son gli empi ? gli alteri ? 
Che, mille ostili abêti a Italia volti, 
Venian poc'anzi minacciosi e fieri, 
Furor, terror spiranti il petto, i volti? 
Chi più non sono ! in van veder ne speri 
La spoglia pure : già dissipati e sciolti, 
Pasto giaccion de'mostri ingordi e feri 
Del war negli ampi gorghi, oimè, sepolti. 
Di tante prore appena or tu potrai 

Scerner l'avanzo in qualche rostro infranto, 
Che sul lito dal mar spinto appario. 



SONETTO 



italien) : 



SONETTO 




MSS. DU « FONDO GESUlTlCO ». 



35 



Oh ciel ! Ma quai guerrier ?. . . Quai forza mai ?. . . 
Uu sofflo, un sofflo sol potéo cotanto, 
Franchi, tremate = in Israël v'è Dio = 



F. 174. « Êpitaphe de M. de Mirabeau » (copie : français) : 



L'Éternel fatigué des crimes de ce monde, 
Et voulant les punir par un cruel fléau, 
Recueillit un moment sa sagesse profonde, 
Puis dit à Lucifer : engendre Mirabeau ! 

Le diable le lit à sou image, 
D'une peau dégoûtante enveloppa ses traits, 
Dans son esprit mit l'infernale rage, 
Et dans son cœur tous les forfaits ; 
Il lui donna l'éloquence en partage ; 
Mais par les charmes du langage, 
Sur les mortels il prit tant de pouvoir, 
Que le Démon, dont'il poussa l'espoir, 
Devint jaloux de son ouvrage; 
Il ne vit plus en lui qu'un rival odieux, 
Dont il crut devoir s'en défaire (sic). 
Il eut raison. Le monstre audacieux 
Auroit fini par détrôner son père, 
Envahir le sceptre des Dieux, 
Et placer l'Enfer sur la terre. 



F. 176. Épître en vers au Cardinal Fleury (copie : français) : 

Expl. : Grave et prudent prélat, achevé politique... 
Inc. : Nos neveux frémiront de voir qu'un tel rocher 



Ff. 178-179. «A la France» (copie : français). Je respecte 
fautes de prosodie et fautes d'orthographe : 

Peuple jadis si fier, aujourd'hui si servile, 
Des Princes malheureux vous n'êtes plus l'azyle. 
Vos ennemis vaincus aux champs de Fontenoy 
A leurs propres vainqueurs ont imposé la loy, 
Et cette indigne paix, qu'Arragon vous procure. 
Est pour eux un triomphe et pour vous une injure. 
Vils duppes ! vous avez donc couru tant de hazards, 
Pour mettre une femelle au throne des Césars ! 
G'étoit bien à sa place, puisque malgré ta gloire 



Ait caché sous ses plis un fourbe si parfait. » 




36 



GEORGES BOURG1N. 



A prendre ses villes tu luy cède la victoire 

Et cousens que l'Anglois, Dominateur de l'onde, 

Voyture dans ses ports tout l'or du nouveau monde, 

Et qu'au seul bruit des Russes traversant PAllemagne 

Tu sacrifie gayment ton unique amie, l'Espagne, 

Et abandonnes le Prince, par toy-même appellé, 

Aux frayeurs des Bruuswiks lâchement immolé ; 

Qu'importe que ses liens fussent des cordes de soye 

N'a-t-il pas tout perdu, et tout perdu pour toy ? 

Et toy, que tes Flatteurs ont paré d'un vain titre, 

De l'Europe en ce jour te dirais] -tu l'arbitre? 

Lorsque dans tes Etats tu ne peux conserver 

Un Héros, que le sort n'est pas las d'éprouver, 

Mais qui, dans les horreurs d'une vie agitée 

Au sein de l'Angleterre, à sa perte excitée, 

Abandonné des siens, fugitif, mis à prix, 

Se vit toujours plus sûr et plus libre qu'à Paris, 

Est-ce pour venger ton Roy jadis fait prisonnier 

Par un autre Edouard dans les vignes de Poitiers? 

O reste des Stuarts, héritiers de Guyenne ! 

Combien plus d'honneur eut Londre, que Vincennes? 

Prince ! des faveurs de Roys exemple mémorable ! 

Et de leurs intérêts Victime déplorable. 

Tu triomphes de ton sort au milieu de tes fers. 

Sur toy, dans ce moment, tous les yeux sont ouverts. 

Un peu généreux, et juge du mérite, 

Va révoquer l'arrêt de votre race proscrite. 

Tes malheurs ont changé les Esprits prévenus, 

Dans le cœur des Anglois les Droits sont reconnus ; 

Plus surs et plus flatteurs que ceux de la naissance, 

Ces Droits vont doublement affermir ta Puissance. 

Mais, sur le Throne assis, du Prince, souviens-toy, 

Que ce Peuple superbe et jaloux de sa Foy, 

N'a jamais honoré du titre de Grand Homme 

Un lâche complaisant de France et de Rome. 

[A la suite :] 

« My D l Friead et F»' 

€ It seems y u forget y 1 we have been friends but, no matter. I 
have not so bad a memory, therefore send y u the foilowing Gopy 
of verses I had in Print from France, because I know they'U 



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MSS. DU « FONDO GESUITICO ». 



37 



suit your Genius & y r way of thinking. I spent so much time in 
transcribeing am for y u & have so mauy Lellers to write by this 
post, y r I must bid y u adieu. Y r sincère friend & ser r . « 
• F. 180. Épitre en vers de Voltaire au président Hénault (copie : 
français) : 

Inc. Hainaut, fameux par vos soupers. 

F. 181. Réponse en vers du duc de Richelieu à Voltaire (copie : 
français) : 

Inc. Il est passé, cet heureux âge» 

F. 182. Vers français (copie : français) : 

Inc. Pourquoy de ma sage indolence... 

F. 200. Lettre de Pie VI au cardinal de Loménie sur les affaires 
de France, 23 février 1791 (copie : latin). 

F. 208. Lettre du cardinal de Loménie à Pie VI, 25 novembre 
4790 {copie : latin). 

F. 214. Lettre du même au même, 31 janvier 1791 (copie : latin). 

F. 220. Lettre de Pie VI à Louis XVI pour le réconforter, 
6 juillet 1791 (copie : latin). 

F. 224. Lettre du même au même, sur la constitution civile du 
clergé, 10 mars 1791 (copie : italien). 

F. 228. Discours de Castelan à la séance du 16 juin 1791 de l'As- 
semblée nationale (résumé français). 

F. 232. Observations sur la conduite des curés intrus et des 
curés légitimes et jureurs (copie : français). 

F. 234. Proclamation de Brunswick aux Français, 25 juillet 1792 
(copie : français). 

F. 240. Mémoire communiqué par la cour de Rome aux puis- 
sances sur la réunion du Comtat à la France (copie : italien). 

F. 242. Autre mémoire (copie : italien). - 

F. 254. Lettre de l'abbé Bettinelli, ex-jésuite, à l'abbé de Jansoù, 
touchant les œuvres de Berruyer, Mantoue, 20 janvier 1792 (copie : 
français). 

F. 256. Mémoire de i'évêque de Saintes touchant le sacre de 
révêque de Mirepoix, s. d. (copie : français). 

F. 276. Satire latine contre les Français (copie d'ap. le P. Michel 
Randau, Orator extemporanens, Venise, 1683, p. 460). 



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38 



GEORGES BOURG1N. 



F. 285. Lettre de Pie VI à l'impératrice de Russie sur l'occu- 
pation d'Avignon, 25 février 1792 (copie : latin). 

F. 289. Lettre de Pie VI à l'empereur Léopold sur le même fait, 
3 mars 1792 (copie : latin). 

F. 293. Lettre de l'impératrice de Russie au maréchal de Broglie, 
en réponse à l'adresse de la noblesse française du 20 septembre, 
20 octobre 1791 (copie : français). 

F. 327. Mémoire de l'évêque de Pistoie, Scipion de Ricci, sur la 
révolution française (copie: italien. — Suivi de la traduction d'un 
article de la Gazette de Paris du 18 juillet 1791 sur l'évêque de 
Pistoîe). 



292. Miscellanea (xvn°-xviii e siècles) : 

F. 17. « Réflections pour servir de réponse sur la lettre en 
forme de manifeste que M r le cardinal d'Estrées distribue », sur 
la question gallicane (co{>ie : traduction de l'italien). 

F. 115. Notice de l'état de la France en 1743 (copie : français). 
Relation de provenance assez difficile à déterminer. 

294. Miscellanea (1722-1760). — Copies et imprimés : 

F. 24. Gravure franco-italienne sur l'attentat de Damiens. 

Estampe tirée « A Paris chez le Jeune, rûe S 1 Jacques », reprér 
sentant Pierre Damiens un couteau à la main; sur le côté droit, 
réduite, la scène de son arrestation. 

Dans le haut : 



Pierre Robert François Damiens 
Darras âgé de 42 ans. 

Au bas : 

Assassin du meilleur des Rois 

Monstre plus redouté qu'un lion en 

[furie 

Jedevois voir lejourau sein delaLibye 
Et non au milieu de l'Artois. 



Pietro Roberto Francesco Damiano 
Darras di anni 42. 



Con empietade d'assassino indigno 

Toglier l'aorta al Rè sentai spie- 

[tato; 

Nella Libia era ben ch* io fusai nato 
Non délia Francia nel grazioso Regno. 



273. Impr. : Bref du 19 septembre 1759 de Clément XIII sur 
les affaires de Corse : « Sanctissimi Domini nostri papae XIII litterae 
in forma brevis quibus R. P. Caesar Crescentius de Angelis Episco- 
pus Signinus in visitatorcm apostolicum in quibusdam locis 



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MSS. DU « FONDO GESUIÏICO ». 



39 



Dioecesium Aleriensis, Marianensis, et Accensis atque Nebiensis 
in Insula Corsicae deputatus. Romae. MDCCLX. » 

P. 276. Impr. : Bref du 15 mai 1760 de Clément XIII sur les 
affaires de Corse. 

« ... Quibus abrogatus Edictum in Civitate Genuensi nomine 
dqcis, & Gubernatorum illius Reipublicae promulgatum contra R. 
P. Caesarem Crescentium de Angelis Episcopum Signinum Visi- 
tatorem Apostolicum in quibusdam Corsicae Dioecesibus a Sancti- 
tate Sua deputatum. Roma. MDCCLX. » 

F. 283. Documents divers sur la Corse au xviii 0 siècle. Copies 
de plusieurs pro memoria du gouvernement de Gênes au pape 
Clément XIII. 

295. Miscellanea (xviii 6 siècle). — Copies et imprimés : 

F. 153. Bref de Clément XIV au roi d'Espagne sur la restitution 
des États d'Avignon, Bénévent, etc., 30 décembre 1773 (copie : 
latin). 

F. 155. « 11 conclave del 1774. Dramma per musica da recitarsi 
nel teatro délie dame nel Carnevale del 1775... per il Chracas al 
insegna del silenzio (copie : italien). — Cf. f. 197, relation sur la 
mort de Clément XIV par son médecin Saliceti (id.), et f. 200, par 
les chirurgiens de l'ouverture de son corps (id.). 

F. 324. a Lettres écrites au cardinal de Tencin à l'occasion d'une 
lettre de cachet qu'il obtint le 9 mai 1742 contre M. l'abbé Booke, 
docteur de la maison et société de Sorbonne et professeur en 
théologie » (copie: français). 

296. Miscellanea (xviii 6 siècle). — Documents intéressant 
l'histoire du pape Urbain VIII (ff. 260-342 : c li sinceri racconti 
délia vita del Gran Pontifice Urbano VIII délia sua pueritia air 
assuntione al Pontificato »), des finances pontificales au xviii 6 
siècle et de l'Espagne (copies) : 

F. 369. « Piano per Mons r Nunzio in Francia nel trasmettergli 
copia délie clausole da inscrivirsi nella Bolla del Giubileo e de' 
motivi », copie du 19 septembre 1740. — Concerne la bulle 
Unigenitus. 

303. Miscellanea (xviii 6 siècle) : 
' F. 40. Lettre de l'évêque de Montpellier à l'occasion d'un écrit 




40 



GEORGES BOURG1N. 



retrouvé dans son diocèse, 24 sept. 1740, c nella quale si scuoprono 
le frodi e le maie arti de* Giansenisti... (trad. ital.). 

F. 48. « Segreto del Giansenismo, lettere circolari a signor 
discepoli di sant' Agostino per far loro conoscere l'ignoranza di 
coloro chi abbracciauo una dottrina diversa da quellache la Chiesa 
professa » (même main). 

Ff. 62-88. Relation des controverses entre le Parlement et le 
clergé sur la question janséniste (Italien). 

314. Miscellanea (xvii e -xvm e siècle) : 

Ff. 76-96. Relation du voyage du cardinal Henri Caetani, 
partant pour <?a légation de France, de Rome à Turin, adressée au 
duc de Sermonela. (minute orig. : italien). — Diaire intéressant. 

Ff. 1Q8-112. Discours du duc de Nevers sur les desseins de la 
maison de Guise (copie : italien). 

F. 338. Relation de l'entrevue entre le nonce pontifical, Mgr di 
Bagno, et le roi de France touchant le cardinal de Retz (copie : 
italien). 

F. 342. « Récit d'un profète pèlerin à Dijon en Bourgogne » (copie 
d'après l'imprimé, Paris, 1699). 

323. Miscellanea (xvn e siècle) (à noter ff. 1-43 une relation du 
conclave qui élut Alexandre VII) : 

Ff. 79-133. Relation au doge de Venise par un ambassadeur 
auprès du roi de France Louis XIV (copie : italien). 

F. 136. Instructions du Bailli de Valence à son successeur à 
l'ambassade de France à Rome (copie xvn e siècle : italien). — Cf. 
ff. 158-170 : Réponse d'un cardinal à la relation de l'ambassadeur 
de France (copie : français). 

327. « Compendio historico de la persécution... del Clero de 
Francia desde la revolucion. » T. II d'une « Historia del Clero 
de Francia, » dont le premier concernait l'église de France au 
xvm e siècle, car il y a à la fin du t. II des notes correspondantes à 
ce sujet. Non paginé. — A la fin, « lista de los ecclesiasticos 
muertos en al Carmen, en la Abadia, en el seminario de S. Fermin, 
y en la Fuorza del 2 al 4 de setiembre 1792 ». On trouve dans ce 
volume des détails intéressants sur l'émigration, particulièrement 
dans les États du pape (pag« 265-268) et en Espagne. — A ce sujet. 




MSS. DU « FONDO GESU1TICO ». 



41 



à noter tin petit imprimé de 8 p. contenu dans le feuillet de garde, 
intitulé : « Lettera di monsignor Pietro Qnevedo y Quinsano vcs-* 
covo di Orense in Spagna nella Gallizia in risposta a Cesare Soi-< 
pione di Villanova vicario générale, decano délia chiesa d'Angers 
nella Guienna, col altra lettera scrittadaun'ecclesiasticoFrancese 
alloggiato dal suddetto Monsign. vescovo, * montrant la charité 
de cet évêque à l'égard des émigrés. La l re est du 21 octobre 1792; 
la 2 6 , sans signature, du 23 novembre 1792. Je la reproduis : 

« Amico carissimo, 

Io già mi trovo presso Monsignor Vescovo di Orense. É egli sti- 
mato il più Santo, il più Dotto, ed il più Amabile di tutti i Prelati di 
Spagna; e tutto quanto si è mai detto del suo merito è infinita- 
mente inferiore a lui stesso. Presentemente siamo in cinquanta 
Ecclesiastici nel suo Palazzo. Tosto ch'Egli intese il nostro sbarco 
nella Corogna, scricse subito al Gapitau Générale délia Provincia, 
Résidente in quella Città, pregandolo a mandarci da Lui senza in- 
dugio, ed assicurandolo nel tempo stesso : Ghe in qualunque nu* 
mero noi fossimo, tutto erapreparato pel nostro recivimento. Ag- 
giungeva di più in quella sua Lettera : Che quando le sue Entrate 
non fossero sufficienti pel mantenimento di tutti (non ha egli dal 
suo Vescovato di più 30 m. Franchi di rendito), comincierebbe a 
vendere i suoi Mobili, e partirebbe con noi altri per fino all'ultimo 
boccone di pane, che gli fosse rimasto. Non a Egli perciô dimi- 
nuito punto le sue ordinarie Elemosine. Mantiene Egli solo più di 
2. mila Famiglie di questa Città Vescovile, che è la più povera 
dellaGallizia. Manda in oltre Elemosine in tutti i Luoghi délia Cam- 
pagna, in cui i Parochi non hanno abbastanza, onde sovvenire ai 
bisogni de'loro Poveri. Il suo Palazzo è continuamente pienod'in- 
felici, che da ogni parte concorrono ad implorare la sua assistenza: 
Tutti sono ricevuti con bontà, e neppur un solo è rimandato sen- 
za aver ottenuto la sua richiesta. Non sono limitati questi sussidj 
alla sola sua Diocesi: Da ogni parte se gli scrive, chiedendo Elemo- 
sina, ed Egli la fa sempre. Ultimamente un povero Prête occulto 
nella Diocesi di Bordeaux, scrisse a questo Prelato, dal fondo del 
suo ritiro, esponendogli i sui bisogni : Egli spedi subito allo stesso 
per l immediato Corriere 500 Franchi. 

Mai si è veduto un Prelato nè più zelante per la salute délie 
Anime, che sono afûdate alla sua cura, nè più penetrato dallo 




42 



GEORGES BOURGIN. 



spirito del suo Ministero. Fa Egli la Predica nella Cattedrale tutte 
le Feste, e Dominiche delP Anao, senza aver lasciato di ciô fare 
una sol volta, nel corso di 15. Anui, che è Vescovo di Orense ; con 
tutto che siasi trovato frequentemente incomodato, ed eziandio 
colla febbre. É egli soltanto costretto ad interrompere questo suo 
Apostolico Ministero in Città, allorche trovasi alla visita délia sua 
Diocesi : Tali visite le fa quasi sempre a piedi con in manotin 
bastone. Il suo treno tutto consiste in un Caretto tirato de due 
Bovi, sù cui v'è il suo materazzo, ed un picciolo bagaglio. Mangia 
al piede di un albero, e passa la notte nella prima Capanna che gli 
si présenta alla sera. Il Popolo 'sta sempre prostrato qualora lo 
vede, per la grande venerazione che gV ispira. Egli sà TEbreo, il 
Greco, il Latino, PItaliano, e Tlnglese. 

Dal momento del nostro arrivo in Ispagna, non abbianio trascu- 
ralo, di sempre recitare le Preci, che ci furono mandate" da Roma, 
ed aile quali Sua Santità si degnô di concedere moite Indulgenze. 
Noi le cantiamo ogni giorno nella Cappella di Monsignore sul ter-» 
minare délia solenne Messa, che noi celebriamo quotidianamenle 
aile 10. ore pei bisogni délia Francia ; e lo facciam pure alla sera, 
termiuato il Vespro, ed altri Esercizj di divozione, che da noi 
stessi ci siamo prescritti. I buoni Fedeli vengono tutti i giorni ad 
unirsi con noi nella detta Cappella, oppure le recitano nelle loro 
Case colle proprie Famiglie. » 

330. Miscellanea (xvn 0 -xviii° siècle) : 

Ff. 97-140. « Compendio di quanto è seguito nelf affare délia 
constituzione Unigenitus sino alla morte di LuigiXIV. * (Petit 
cahier au net : italien). 

F. 226. Lettre de Guillaume du Tilloy (?) (traduction en italien). 

371. Miscellanea (xvi e -xvin c siècle) : 

Ff. 11-16. Relation de l'arrivée à Rome du maréchal de Tessé, 
13 octobre 1708, et des événements consécutifs jusqu'au 20 février 
1709 (copie du temps : italien). 

Ff. 31. Relation de la rixe du 5 novembre 1700 (même main). 

Ff. 91-102. Relation curieuse de la guerre de Flandre par le 
capitaine Aiessandro Torelli de Fauo, 1586 (copie cursive du 
temps: italien). — Il y a jusqu'au f. 130 des documents intéressant 
celle campagne (f. 106, liste des troupes italiennes au service du 
roi d'Espagne). 




MSS. DU « FONDO GESUITICO ». 



43 



F. 138. Serment du roi François l« r au sultan Soliman, sous le 
titre de : << esecrando giuram 10 » (copie; italien). 

Ff. 180-193. Discours d'Esperit Sabatier sur la cité d'Avignon, 
le Comtat-Venaissin et la priûcipauté d'Orange (copie : italien). 

F. 194. Sommaire de la ligue entre la France, l'Angleterre, 
Venise et la Savoie (copie ; italien). 

Ff. 206-209. Relation des principaux faits de Tordre de Jérusalem 
sous le grand-maître de Wignaconrt (1601-1620) (copie : italien). 

381. T. II d'une copie d'un ouvrage, intitulée : c Rivoluzione 
religionaria e civile de' Francesi incominciata Tanno 1789, opéra 
del sig. Vanders Pahour, diretta al G. S. C. D. T. B. Volume II, In 
Foligno (barré) 1795, per Giovanni Tomassini stamp. vescovile con 
approvazioui. » — Ce sont les pièces justificatives du t. II, groupées 
sous diverses rubriques, surlout des jugements sur Choiseul, 
Burke, Spedalieri, la révolution, le quiétisme, le jansénisme, la 
maçonnerie. C'est la maçonnerie qui occupe la majeure partie du 
volume, analogue ainsi à l'ouvrage de l'abbé Barruel, — A noter à 
ce sujet : doc. XV = c unione de' filosofi e degli acatholici délia 
Francia co' francmasoni, ed il loro comune progetto »; XVII = 
état des loges en France en 1784; XVIII = livres et documents 
originaux publiés eu 1787 sur l'ordre de l'électeur de Bavière 
contre les Illuminés ; XIX = notice sur Balsamo et les loges de 
Naples. — Non paginé, dans une chemise qui renferme une lettre 
originale d'un prêtre émigré, Gênes, 11 mars 1797. et une lettre 
(copie) de M. Savreh d'Orndnap (double anagramme évident) à 
l'auteur de la Rivoluzione, sur la révolution, faite par les francs- 
maçons, avec certains détails concernant les loges napolitaines. 

388. « Traicté de l'authorité et indépendance des roys de 
France avec leurs prérogatives infiniment au-dessus de celles de 
tous les roys de l'Europe et la généalogie de la maison royale de 
Bourbon, des Princes du Sang et des ducs et pairs de France, 
1673 » (copie du xvn e siècle, de deux mains). 

391. a Historia délia Rivolutione di Francia e délie cose 
memorabili occorse ne' gli anui turbulenti del regno del Christia- 
nissimo Henrico III di Vallois Rè di Francia e di Polouia divisa in 
quattro libri etornata di varii discorsi politici, dedicato ail' IU m0 Sig r 




44 



GEORGES BOURGIN. 



Vuolfango Teodorico di Towno, barone del Sacro Romano Imperio, 
camariere hereditario de'vescovadi di Trento e Bressenone, sigbore 
di Castel Fondi e délia Rocca. » L'adresse est datée de Venise, 
1614, et dit que l'ouvrage est une traduction du français de Mattei 
(copie du xvn e siècle : italien). 

393-395. « Miscellanea di relazioni politiche Venete del secolo 
xvi » — (xvi° siècle). 

398. « Miscellanea di relazioni politiche del secolo xvi » — 
(xvi e siècle). 

399-403, 417, 418. « Miscellanea. . . venete e d'altri paesi del 
secolo xvi » — (xvi° siècle). 

420. Copies et minutes, presque illisibles, de documents con- 
cernant l'affaire du duc de Créquy et des Corses à Rome. Rela- 
tions et documents officiels, latins et italiens. — Proviennent peut- 
être des papiers du cardinal Rasponi. 

431. « Selva di D. Giov. Ventimîglia per la genealogia délia 
Famiglia ». 

432. Miscellanea — (xvi° siècle) : 

F. 1. Instructions à D. Antonio di Toledo, ambassadeur d'Es- 
pagne en France (copie : italien). 

F. 239. Instructions au cardinal Caraffa (d°). 

F. 374. Relazioni di Fraucia del Cardinal di Nicastro, 1540 (d°). 

F. 505, Lettre du Roi de France à Pierre Strozzi après sa défaite 
par le marquis de Marignan, 1551 (d°). 

F. 509. Instructions diverses de Jules III (d°). 

444. Chemise contenant des écrits originaux du P. A.-F.Zaccaria 
(italien). 

Fasc. I. Extraits tirés des Mémoires sur l'histoire des sciences 
de Trévoux. 
Fasc. II. Notes sur l'Université de Paris. 

447-448. Jean Krukowiecki. c Historia de origine, controversia 
et progressu jansenismi. » — xvni 0 siècle (copie). 




MSS. DU € FONDO GESUITICO ». 



45 



455. Petit ms. in-4 contenant la copie diaprés l'imprimé de la 
« Lettre pastorale de Mgr l'évêque de Sisteron au sujet de la 
contagion, » Rome, 1720, et de divers écrits philosophiques fran- 
çais, latins et italiens, en prose et en vers, sans intérêt. 

480. « Constitutions de l'abaye de la Trinité de Poityers », 
petit ms. relié en parchemin souple, non paginé, sans indication 
de provenance (xvn* siècle). 

481. € Dubbi proposti nella circostanza délia bolla di dichiara- 
zione di scommunica pubblicata il di 10 guigno 1809. » — Texte 
de la bulle en tète et à la fin (cf. aussi 540, f. 21), avec divers 
documents concernant les relations de l'Église et de Napoléon I*, 
la déclaration de 1682, et le décret imprimé de Napoléon 1 er sur 
cette déclaration (petit ms. non paginé : italien). 

486. c Status et constitutions de la Congrégation du Verbe 
Incarné approuvée par N. S. P. Urbain VIII Tan X de son ponti- 
ficat ». — Voici la table des matières, que je dresse, de ces statuts, 
dont le détail est fort curieux. 

€ Préface [sur Futilité de l'existence d'ordres variés]. 

Première Partie. Des statuts et constitutions de la congrégation 
du Verbe incarné, de la fin de cette Congrégation, des personnes 
qui y doivent estre reçues et de la manière de les recevoir et 
dresser iusques à la Profession. — Chap. I. Du nom et de la fin dè 
cette congrégation et de la Règle soubs laquelle elle milite. — 
Chap. II. Des personnes qui seront réunies en cette congrégation. 
— Chap. III. De la façon de recevoir, élever, instruire, exercer et 
disposer à la profession celles qui auront esté trouvées propres 
pour la Congrégation. = Seconde partie concernant ce que toutes 
doivent sçavoir et practiquer. — Chap. I. Des Exercices spirituels 
et de ce qui appartient au service de Dieu. — Chap. II . De ce qu'ap- 
partient aux vœux. — Chap. III. De la Charité, modestie et humi- 
lité. — Chap. IV. De la clôture et de la communication avec ceux 
du dehors. — Chap. V. De Tordre du jour. — Chap. VI. Du rang 
que les sœurs garderont et de la façon dont elles s'appelleront 
entre elles. — Chap. VII. Du uiure, du uestement et du logement 
des srs. — Chap. VIII. Du silence, du parler et des récréations. — 
Chap. IX. Des pénitences, mortifications et corrections. — Chap. X. 



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GEORGES BOURGIN. 



Des [infirmes et des malades. — Chap. XI. Des suffrages que les 
srs sont obligées de faire tant pour les uiuantz que les Trépassez. 
— Chap. XII. Des sœurs domestiques. — Chap. XIII. Des Pension- 
naires. — Chap. XIV. Du gouvernement tant extérieur qu'inté- 
rieur de la congrégation. — Chap. XV. De la lecture de la Règle. 
Çes constitutions & du coustumier. = Troisième Partie. Des offices 
en particulier. — Chap. I. De la mère ou supérieure. — Chap. II. 
De l'assistance. — Chap. III. De la maistresse des novices. — 
Chap. IV. De l'œconorae. — Chap. V. Des maistresses des pension- 
naires. » 

Le texte de ce dernier chapitre (p. 90-92) est le suivant : 
c 1. Les maistresses des pensionnaires considéreront souvent 
à part elles Testât que NT-e seigneur a faict de l'Instruction des 
enfans et combien en effet il importe qu'ils soient bien eslevés 
attendu que pour l'ordinaire de la bonne ou mauvaise éducation 
qu'on leur donne dépend le reste de leur vie, mais beaucoup plus 
que la noble occupation que c'est de préparer des Espouses au 
JSauueur en instruisant celles qui sont destinées à son service 
particulier. 

2. Elles se persuaderont qu'autant qu'elles auront de pension- 
naires, ce seront autant de sindics de leurs actions qui les publie- 
ront après qu'elles seront sorties de la maison. Soit qu'elles 
demeurent dans le monde soit qu'elles entrent Religieuses ailleurs, 
et que d'elles en bonne partie dépend la bonne ou mauvaise odeur 
du monastère. 

3. Le propre des enfans de bas aage estant de s'attacher faci- 
lement par imitation à tout ce qu'ils voyent, aux personnes qu'ils 
fréquentent ou qui les gouvernent, elles tacheront de compasser 
tellement leurs mouvements parolles & actions qu'elles leur puis- 
sent servir de modelle et de ne faire ou dire chose aucune dont 
elles puissent estre mal édifiées. 

4. Elles s'efforceront de les gagner par douceur & par amitié 
plus tost que les gouverner par rigueur; toutefois leur douceur 
devra estre grave et sérieuse sans aucune mignardise ou affectation. 

5. Elle s'abstiendra [sic) de toutes parolles d'injure, de mespris 
et de mocquerie et de tous propos qui ressentent la légèreté. 

6. Elles auront un grand soing de les faire tenir nettes et pro- 
pres et tousjours bien composées à l'extérieur, de leur apprendre 
la ciuilité et bien séance autant que leur aage et leur condition le 
permettront. 



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MSS. DU « PONDO OESUITICO ». 



47 



7. Elles auront pareillement soingdeles bien instruire en tout ce 
qui sera de leur devoir, de leur faire apprendre le Catéchisme, la 
façon de se bien confesser et cômuuier et généralement tout ce 
qu'appartient au devoir d'une fille chrétienne qui a esté enlevée 
dans une maison religieuse côme la nostre. 

8. Elles traicteront auec de temps çn temps des choses [de] déf 
votion surtout auec celles qui sont desjà destinées à la Religion, le 
goust de laquelle elles tacheront de leur entretenir par. discours, 
s'asseurant néanmoins que le bon exemple qu'elles leur donneront 
seruira dauantage à cet effect que toutes les paroles du monde. 

9. Elles leur f ai ront soigneusement observer Tordre qui leur 
aura esté prescrit par la Mere et n'introduiront aucune nouveauté 
sans son expresse permission. 

10. Elles ne descouuriront leurs imperfections aux autres si nop 
qu'elles fussent cômandées par la mere de dire ce qu'elles y auront 
remarquées lorsqu'il s'agiroit de les recevoir à la Religion. 

11. Elles ne leur parleront en aucune façon des choses particu- 
lières qui se font à la maison, et surtout, pour empescher diuers 
desordres, elles ne se rendront pas trop familières à aucune ny atti- 
reront l'affection particulière d'aucune, nommément de celles qui 
seront appellées à la Religion, mais elles ne se contenteront de le 
porter à honnorer la mere et les sœurs et de les nourrir à l'obéis- 
sance, à l'indifférence de tous changemens de maistresses et à 
toute sorte de vertu . 

12. S'il yen auoit quelqu'une principalement de celles qui sont 
destinées à la Religion qui fut desja capable de l'oraison mentale, 
elles tacheront de leur en donner quelque cômencement et de l'ins- 
truire peu à peu aux exercices spirituels, elles leur laisront totale- 
ment libre le choix de la Religion, quoy qu'en cela elles leur puis- 
sent donner des règles et advis pour faire un bon choix quand elles 
en seront requises. 

A joindre II 0 partie. Ghap. xm, p. 59 : 

1. Il leur sera loysiblede tenir des pensionaires qui demeureront 
dans la maison et n'en sortiront que fort rarement. On leur ensei- 
gnera tout ce qui est nécessaire pour uiure dans la crainte de Dieu. 
On leur apprendra à lire et à trauailler en diuers ouvrages sorta- 
bles à leur condition et aura bon soiog de les tenir nettes, et de 
les façonner à la bienséance et à la modestie chrestienne. 

2. Les filles ne seront reçues à la maison pour y estre pensio- 



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4» 



GEORGES BOCRGIN. 



naires qu'elles nesoyent pour le moins dans leur cinquiesme année, 
3. On pouruoyra qu'il y ait autant de srs qu'il en faudra pour 
l'instruction et service des Jeunes filles, et on aduiserade les chan- 
ger de temps en temps tant afin qu'elles soyent soulagées au corps 
et en l'esprit, qu'aûn que le trop d'occupation extérieure ne retarde 
leur avancement spirituel. » 

500-603. Recueils de critiques diverses contre des livres jan- 
sénistes parus surtout en Belgique {xvn 6 siècle). 

515. t Scritture diverse » — (xvin e siècle). Non folioté. — Con- 
tient surtout des traités politiques. 

En tête relation de la fuite des ducs de Lorraine du château de 
Nancy, 1634 (copie : italien). 

540. Miscellanea (xix° siècle). — Série de manuscrits d'histoire 
et de théologie sans pagination continue : 

« Relation de l'interrogatoire de M. l'abbé d'Asfeld devant 
M. Baudry, lieutenant-général de police, appelant au Conseil 
contre la déclaration royale du 4 avril 1720 » (copie de 6 ff. : 
français). 

« Notizie storiche appartenenti aile 4 proposizioni dell' Assem- 
blea del clero di Prancia 1682 » (2 petits mss. dont le second est 
incomplet). 

« Dubbi proposti e risoluzioni prese da una Congregazione 
particolare approvata da sua Stà nelle circostanza délia Bolla di 
scomunica pubblicata li 10 giugno 1809, » concernant les rapports 
avec les excommuniés. — Le seul serment licite est celui que le 
Pape a autorisé pour les Marches : 

« Prometto e giuro di non aver parte in qualsivoglia congiura, 
comblotto, o sedizione contro il governo atiuale, come pure 
d'essergli sottomesso ed obbediente in tutto cio che non sia 
contrario aile leggi di Dio e délia Chiesa. » 

Ce texte est repris une seconde fois, mais précédé d'une résolu- 
tion de Pie VII défendant aux curés de donner la liste de leurs 
paroissiens à l'effet d'être enregistrés comme volontaires actifs ou 
comme contribuant en argent, pour la constitution de la légion 
civique. — A la suite : « Dichiarazioni autentiche per ben inten- 
dere le istruzioni del Santo Padre e ben regorlarsi nelle circostanze. » 




MSS. DU « FONDO GESUITICO ». 



49 



626. Sept petits cahiers sous une bande. 

N° 2. t Lettera contro el cardinal de Brienne detto di Lomennie, 
tradotta dal francese da D n Fran 0 Ortiz da Ocampo sul fine del 
anno 1791 » (copie, 20 ff: espagnol). 

N° 3. « Oratio habita ab Henrico iij. Galliae et PoloniaeChristia- 
nissimo rege, inComitiis trium ordinuin Galliae, Blesii, die. xvj. 
octobris 1588. » (copie du xvn e siècle: lalin). 

630. Miscellanea (xvi° siècle). — Théologie : 
F. 132. Lainez, « de adoratione imaginum. » — Assemblée de 
Poissy (copie: latin). 

644. « Dei principi secolari et ecclesiastici di tutta la Europa. » 

— Ms. du xvn e siècle, reliure moderne, petit format, 88 ff. Sur le 
feuillet de garde : « Ludovici de Thouars et amicorum, anni 78. » 

— Notes informes sur l'histoire et l'état de la cour des maisons 
princières. Pour la France, ff [26-29. 

676-682. Documents sur le molinisme (copies) (xvn 8 siècle). 

691. Chemise contenant divers papiers de théologie (xvu°-xix e 
siècle). — A noter la copie d'un procès-verbal du miracle survenu 
le 8 septembre 1828, à Marseille, sur la personue d'Elisabeth 
Fluchacri, donneuse des chaises à l'église du Calvaire, guérie par 
une neuvaine à saint Alphonse de Liguori, 2 octobre 1828 ; 
adressé au pape, signé par l'évêque de Marseille. 

696. Documents sur le jansénisme (copies) (xviu° siècle). 

698. Miscellanea, contenant plusieurs cahiers, sans pagination 
continue, reliure moderne : 

N°2. « Gemitus Salamanticenses Innocentii XII pro lachrymali 
contemptu ecclesiç clavium, quibus animam suam intercludi non 
posse manifestum facere non erubuit Henricus Carolus Lavardi- 
nensis Marchio apud Curiain Romanam Galliç Christiauissimi 
vulgo nuncupati régis assertus legatus » (latin : 12 ff.). 

N° 4 « Responsa data a SS mo Dno nro PP. Pio VI Gallorum 
obside antistiti Regiensi in brevi mora facta in çdibus cannouicali- 
bus archipresbyteralis ecclesie Mutilene ad Hesperas Regii Lepidi 

revus des bibl., janvier-février 1906. xvi. — 4 




50 



GEORGES BOUROIN 



Kalendis aprilis anno V. 1799. » — Copie d'un imprimé touchant 
la validité des sacrements conférés par des assermentés. — A la 
suite : « Monumenta jussu R. D. archiepi. Mutilene locis citatis 
post parentalia rite persoluta. A. P. R. M. P, A. V. 1799. » 

N° 5. Décret d'interdit de Louis Gaston, évêque d'Orléans, tou- 
chant le prêtre Louis de Saussaye qui refusait de signer le formu- 
laire d Alexandre VII, 17 décembre 1707. — A la suite, sentence 
comme d'abus contre cette décision, 4 janvier 1708. 

N° 8. « Gatechismo francese ». Traduction ital. (12 ff.) d'un caté- 
chisme républicain : t Ghe siete voi ? — 1° Un uomo libero fran- 
cese, repubblicano per scielta... » 

708. P. Boni Pietro, cConfutazione di un libello francese che 
hà per titolo : du Pape et des Jésuites del sigr. Tabanet. » — 
xyiii* siècle (italien). 

713. Chemise contenant des papiers du xvm° siècle, dont plu- 
sieurs concernent Saint-Jean de Latran. — A noter : 

Réclamation de l'assemblée générale du clergé de France, 
12 juillet 1760 (copie du temps : français). 

'727. Chemise contenant des dôcuments provenant du cardinal 
Gaprara et des copies de bulles : 

1° Bulle d'excommunication contre les usurpateurs des Etats du 
Pape (copie sans date : latin. — 13 ff.) ; 

2° Allocution à la congrégation consistoriale par Pie VII, 16 mars 
1808 (d°. — 23 ff.). 

[731. « Regulae cancellariae. » — 263 ff., papier, xvn e siècle ; 
additions margiuales et dans le corps. — En tout 51 règles de la 
chancellerie.] 

749. « Constitutions et règles de la Congrégation des Sœurs de 
Notre-Dame ». — Coogrégation d'enseignement, approuvée par 
C. Belgrado, iuternonce, et vice-supérieur de la] mission de 
Hollaude, 20 seplembre 1850.— Petit ms. de 61 ff., dont les 49 
premiers seuls sont écrits. 

753. « Catéchisme à l'usage de toutes les églises de l'empire 
frauçais. >— C'est le"j catéchisme impérial de 1806, découpé de 




MSS. DU € FONDO GESUITICO ». 



51 



façon à insérer entre les pages des observations et corrections 
manuscrites en français, dans un esprit antinapoléonien assez vif. 
En particulier on attaque la traduction, très fautive, du décret du 
légat Gaprara, et on note les rapports de ce catéchisme impérial 
avec le catéchisme de Meaux, éd. 1764. — 144 ff. de tous formats, 
en deux mains. 

758. « Commentaires sur l'amour divin » (xvn* siècle). — 
(copie : français). 

[794. « Notabilia Gancellariae seuDatariœ. »— xvn e siècle, 386 ff. 
— Solution des principaux cas soumis à laDaterie. En tête, index 
alphabétique assez commode.] 

[805-826. Décisions du tribunal de la Rote, certaines avec les 
noms des compilateurs G.-B. Goccini, Marcomonzio, Lotta, 
S. Lancellotti, G. Cavalieri, Manzanedi, Ludovisi, Vesali.] 

900. t [Disjcorsi et minute diverse. » — Miscellanea contenant 
des documents et copies de diverses natures (surtout sur les Gon- 
zague et les affaires de Ferrare et de Venise), dont la moitié envi- 
ron est foliotée, l'autre moitié étant formée de notes informes 
d'histoire, de généalogie et théologie.(A noter, ff. 70 sq. une disser- 
tation : E più utile al Prencipe haver; sudditti ignoranti che litte- 
rati.) (xvn e siècle). — A noter quelques originaux espagnols: 

F. 115. Proclamation du marquis de Marignan aux soldats de 
Tinfanterie italienne qui ont servi l'empereur au siège de Metz, 
février 1553 (impr. : italien). 

F. 119. Discours sur la défaite de Pierre Strozzi parle maréchal 
de Marignan, 1554 (copie du temps : italien). — Cf. autre relation 
ff. 426-129, avec une lettre du marquis de Marignan à son frère le 
cardinal de Médicis. 

F. 130. Déclaration du pape sur la suspension d'armes entre les 
Impériaux et les Français dans l'État de Sienne, 1553 (copie : 
italien). 

F. 131 • Autre document sur Sienne (copie : italien). 

974. « Gazette 1715 *. — Petit ms. non folioté, contenant des 
copies du temps à'avvisi, de diverses mains et de divers formats, 
pour la fin du règne de Louis XIV (1704-1715). — Avis de Paris du 




52 



GEORGES BOURGIN. 



9 sept. 1705. 30 avril et 18 Aov. 1715. — Je donne un type italien 
et un type français de ces avvisi : 

« Parigi, 30 nov. [1715]. 

Vi sono avisi essere stato ritenuto il Pretendente sopra le coste 
di Francia da venti (3 mots illisibles) aile 187, essendo (mot illi- 
sible) aile vela, de modo che non siadubito che non sy arrivato in 
Scozia dove l'armata dei malcontenti si au(u)inentarà giornal- 
mente, già forse da 32 in 34 hôi tra quai, ce erano Truppe regolate 
benissimo armate et in stato dïntraprendere > etc. 

« Paris, le 21 avril 1716. 

M. Chevalier part pour porter au Pape le corps des doctrines des 
Évêquesopposans.M.lecardinaldeBissyledesauouë publiquement. 

M. Vitane escrivoit actuellement contre le Pape lorsqu'il est 
mort d'apoplexie, et tombant dans le feu, il le brûla toute la main 
droite qui ecrivoit de si belles choses. 

Il paroit un livre euidemment hérétique contre la Censure des 
Hexaples; il paroit plusieurs lettres d'un abbé à un Évôquequi con- 
tiennent plusieurs raisons pour interdire tous les Jésuites de 
France. 

Les Filles de la Congrégation des Accoules refusèrent le mardi de 
Pâques d'obéir à l'évêque de Marseille, leur prélat. Elles voulurent 
garder leur Directeur Janséniste nommé M. Surle et refusèrent les 
ornemeus à leur Évêque, ce scaudale se passa dans l'église à la 
vue de toute la ville. 

On fait courir le bruit qu'on donnera Tévêché de Rodez à M. de 
Tressan, l'évêché de Saint-Papoul au Père Massillon, oratorien, 
que le curé de Saint-Germaiu-l'Auxerrois sera confesseur du Roy, 
celuy de Saiut-Eustache confesseur du Prince de Charolois.et que 
le Père Robbe, oratorien, s'offre d'accompagner à Rome M. Che- 
valier pour apuyer les intérêts du cardinal de Noailles. » 

« De Paris, le 30 mars 1711 . 
L'évêque de Vannes est mort. 

Le corps de doctrine des évêques opposans est achevé. On a 
choisi M. Chevalier, grand-vicaire du cardinal de Bissi, pour le 
porter au Pape. Mais cet abbé refuse la Commission de peur de 
paraître reculer. 




MSS. DU « FONDO OBSUITICO ». 



53 



Le parti du jansénisme est fort allarmé dans la persuasion où 
Ton est que les prélats opposans se rendent. 

Le crédit du cardinal de Noailles diminue fort à la Cour, et celuy 
du cardinal de Rohan augmente 

On écrit d'Abbeville du 19 mars que la nuit du 11 e au 18° du 
courant il y avoit paru en Pair des bancs, des flèches, des drapeaux, 
des nuages et quantité de croix de feu, le prodige dura toute la 
nuit : il fut vu de la ville, et on écrit que ce même phénomène fut 
vu de Saint- Valéry encore plus lumineux qu'à Abbeville et qu'il 
paraissoit sur les côtes d'Angleterre. » 

A noter encore un sonnet d'argument historique se rapportant 
à la même période : 

t In occasion délia rotta data delf esercito Cesareo a gli undici 
di settembre del 1709 ail' esercito francese nella Fiandra dotto la 
gloriosa condotta del seren mo Principe Eugenio di Savoia : » 

SONETTO 

Vive Luigi 1 a cosi duro evento 
Anco hà L'alena nel sen, spirti ne core ! 
Rotto è' 1 più forte nerbo, e pur non muore ! 
Estinto è il suo uigore, e i non è spento l 

A cosi raro, innatural Portento 
Di ghiaccio ne divien fin lo stupore : 
La meraviglia ne concepe orrore, 
E la natura islessa alto spavento. 

Esser da mortal coipo il cor ferito, 
E di morte eccitar l'ultimo passo; 
Nè vide il Mondo mai, nè mai s'è udito. 

Quindi, mentr' ei non è di vita casso, 
Anzi via più la dura audace, e ardito: 
Se divin no' 1 direi, direi, ch'è un sasso 1 . 

Arcip t0 Ant° Cutrona, Cappellan d'onore délia S. Ces. R. M. 

1005. Miscellanea (xvn e siècle) : — ff. 415 ; presque d'une seule 
main. 

F. 260. Mon8 r de la Houssay, secrétaire d'ambassade de France 



.1. Var. : dirollo, un tasso. 



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54 



GEORGES BOURGIN. 



à Venise : « Del patriarcato ed patriarca di Venezia » (Notes èn 
français). 

F. 353. Notes biographiques sur Mabillon (français). 

1023. Dossier de papiers espagnols, appartenant à D. Lorenzo 
Huercar, au Gesù, sur la famille de Montemar : 

Proyecto hecho por ml para entrar las tropas dei Rey en Catha- 
luna el aîio 1713 (copie) ; lettres de Berwick, 1706, 1707, 17U 
(copies : espagnol) ; décret du roi d'Espagne concernant le O 
de Montemar ; lettres d'Emmanuel d'Ormea et de Villars, 1735 
(copies), etc.. 

1031. € Controversie nella bulla Unigenitus > — xvm e siècle. 
1046. ld. 

1053. Miscellanea — (xvin 6 siècle) : 

F. 110. a Meraoria sulla spedizione délie fasce fatta da Inno- 
cenzo XI al Duca di Borgogna. Da Clémente XI al Duca di Bre- 
tagna » (copie). — Autre copie f. 118. 

Ff. 149-150. Lettre originale, dont suit le texte : 

« Carissimo Sig r Padre. 

Lodato Iddio, alfine con mio sommo contento intendo dalla 
lettera di V. E. che è per ritornare da Venetia, doppo haver fatta 
là tanto dilata ambasciata, e corne mi è riferito con tutti li vantagi 
desiderati, benche quiai qualch 'ano de nemici délia ser"* Casa 
di Mantova, si sforzi dar ad intendere che TE. V. son sij stato trat- 
tato egualmente a quel di Savoia, apportando queste differenze : 
P° che il S. Amb r0 di Savoia fa incontralo da tollobili (sic) di pre- 
gado, ma che V. E. fù solamente incontralo da 40 di sotto pregadi. 
2° che quello subito che fù dismontato di gondola, sen 1 andô, senza 
aspettare chè la gondola del Savio partisse, che V. E. dimorô sula 
riva fin tanto chè si parti il sudetto nobile. 3° che V. E. fù visitata 
da alcuno de Ministri de Prencipi, a causa del tilolo d'Eccel" che 
non volevano darli ; il che non successe con il Savoiardo. 4° che 
essendo stati missi dagli Hebrei che pararono il palazzo, li gradini 
sotto II baldachino furono d'ordine del Senato levati ; il che non 
intervenue al sudetto. 5° Che il raarch 6 del Borgo fù allogiato dal 



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MSS. DU « FONDO GESUITICO ». 



55 



publico 6 giorni e mezo, che V. E. fù solamente trattato 3 e mezo. 
7* et ultimo, che quello in parlando al doge fùlli sempre dato del 
V. E., e che V. E. fù sempre dato del lei ; inoltre che il premiero, 
subito che entré nella sala si levô in piedi tutto il senato, e che a 
V. E. solamente quando fù presso cinque o sei passi al Doge. 
Quanto e quanto questi maligai sforzanosi di dare credenza, 
che gli Amb 11 de Mantova e Savoia sijno trattati disugualmente. 
In quanto al nostro S r Amb* fù l'altro hieri all'udienza del S r duca 
d'Anghien figlio del S r Prencipe di Gondé, che si ritrova a quest' 
hora in Borgogna, suo governo. Fummo ricevuti da suoi gentil- 
huomini del cortile; indi montati le scale, fùil S* Amb 1 * incontrato 
dal S r Duca, che li dette la man dritta, dandoli sempre deU'Ecc 2 *, e 
cosi osservô nel accompagnarlo, che fu fino alla carozza, nella 
quale subito che fù entrato il S r Amb re egli si parti. Questa mattina 
siamo etati all'udienza secretta, usando il Rè dalla sua solita 
benignità. Non m'occore altro di novo, onde stimo bene finire col 
supplicarla a soccorermi, colla sua solita liberalità, la quale mi 
darà a cognoscere, che V. E. mi ama. 
Parigi, 16 Aprile 1663. 

Obd mo figlio e Se r0 
Carlo Valenti Gonzaga. » 

F. 166. Lettres du cardinal de Teucin, à un cardinal et au roi de 
France, 11 déc. et 20 nov. 1730 (copie : français). 

F. 180. « Relazione délie cose d'Europa verso il 1735, in quanto 
esse interessano la Gorte di Roma, » adressée à un cardinal 
(copie : italien). 

F. 255. Lettre d'un Jésuite, sans date ni adresse, intéressant 
l'histoire du jansénisme (copie du xviu e 3.) : ? 

« L'on ne prend pas assez garde aux livres qu'on imprime à 
Rome, et qu'on y débite. L'on y a imprimé des ouvrages du P. 
Berelli, Augustin, dans lesquels il y a des choses très reprehen- 
sibles, et condamnées dans Bajus, Jansenius et Arnalud (sic). 
M. l'Archevêque de Paris m'en a parié cette semaine très amère- 
ment. Ge qui est vrai, ou jugé irrépréhensible à Rome, le doit 
estre partout. Ge qui est censurable ailleurs ne doit estre permis 
à Rome. Tant que l'inspection des livres sera confiée aux Pères 
Dominicains, ce sera toujours la mesme chose. On n'est pas assez 
au fait du Jansénisme, le manteau du Thomisme sert à lui donner 



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56 



GEORGES BOUBGIN. 



du cours dans la Capitale du Monde Chrétien, ce qui est très 
fâcheux. Je me crois obligé en conscience de vous en parler. Nos 
meilleurs Eveques se plaignent amèrement des Dominiquains, 
qui presque dans tous les diocèses de France enseignent Terreur. 
Aucun de ceux qui sont en licence ne s'explique nettement contre 
le Jansénisme; ils se disent soumis à la Constitution, et ils en- 
seignent la doctrine qu'elle condamne. Ils refusent hautement de 
parler contre le Jansénisme, et de l'attaquer. Quand on les presse 
de le faire, ils disent que le gênerai le leur défend. Il sera bon 
qu'on parle au gênerai ; si cela continue, nos bons Eveques se 
lèveront contre eux. 

Les Jansénistes qui avoient paru triompher de l'élection de 
toute la terre, commencent à parler differement. » 

Ff. 257-258. Comme plus haut : 

« Je vous ai parlé dans ma dernière lettre des Dominicains; je 
me trouve obligé de vous en parler aujourd'hui de nouveau. Le 
Promoteur de M. l'Eveque de Marseille vient de lui dénoncer les 
cahiers d'un Professeur Jacobin de Marseille, dans lesquels il y a 
des propositions très censurables. Le Prieur de ce Religieux l'a 
mis en pénitence, mais il ne veut pas desavouer, ou rétracter ses 
sentiments. En vérité, nos bons Eveques éclateront contre ces 
Religieux. Il est triste qu'un ordre qui a fait, et est en estât de 
faire tant de bien dans l'Eglise de Dieu, se livre à l'erreur aujour- 
d'huy. Le R. P. General n'y fait pas assez d'attention. Le Pere 
Bremont son assistant est très dangereux ; je vous le dis dans la 
plus exacte vérité. Il protège ceux qui pensent, et parlent mal; il 
est intimement lié icy avec le^Pere Massai son confrère, qui est 
très mauvais; il perd son Ordre, et Dieu veuille qu'il ne parvienne 
pas à une place, ou il lui pourroit faire encore plus de mal, et 
mesme à la Religion. 

Le livre du Pere Berelli, dont je vous ai parlé, fait icy du bruit 
de plus en plus. Si vous voyez quelquefois le Pere Barrin, de- 
mandez-lui en son sentiment. 

Nos bons catholiques sont très affligés en Bretagne du change- 
ment qu'on leur mande de toute part estre fait par rapport au con- 
cours. On m'en écrit : on appréhende que la Religion n'en reçoive 
un gran[dj préjudice. Vous avez encore parmy les Eveques de 
cette Province quelques-uns qui sont très mauvais. Si les eveques 




MSS. DU a FONDO GE8UITICO ». 



57 



nomment les Commissaires pour le concours, il est sûr que les 
Jansénistes seront placez preferablement aux autres. On ne doit 
pas croire qu'on sera toujours Maître à Rome de refuser les provi- 
sions. Ceux à qui on les refusera, et qui auront été admis par les 
Evesques appelleront comme d'abus au Parlement qui les main- 
tiendra dans les Cures. Mais quand tous les Eveques de Bretagne 
seroient bons, ils le seront pendant un tems; ils peuvent devenir 
mauvais, comme nous en avons vu plus de la moitié, alors il est 
évident que ceux qu'ils choisiront seront mauvais. Les Curez de 
cette Province qu'on nomme Romipetes ont contribué plus que 
les autres à conserver la pureté de la foy dans cettej grande Pro- 
vince. Si on se relâche à Rome sur le concours, sans doute on 
tiendra ferme pour les premières dignitez des Cathédrales, les 
Canonicats, les Prieurez, et les Chappellenies. 

On dit l'Eveque de Vannes malade. Si le Seigneur le retire, la 
perte ne sera pas grande. Il a eQ l'audace de dispenser au second 
degré de consanguinité inter nobiles in contrahendo. > 

Aux ff. 59-60, de la même écriture, trois lettres non datées, 
l'une à l'évêque de Boulogne, les 2 autres au C* de Glines, les 
remerciant de leurs félicitations à l'occasion d'une nomination à 
un emploi par le pape. 

1062. Gorio Urbano. « Ragguaglio di quanto fù trattato e 
scritto per impedire da prima e per componere di poi le difle- 
renze indotte frà le due corti di Roma e di Francia. Opéra di cui 
fù l'autore Mons. Urbano Gorio, divisa in tre tempî, délia venuta, 
délia dimora, délia partita del marchese di Lavardino, ne' quali 

• sono comprese ancora le cose succedute dianzi, dedicata alla San- 
tità di N. S. Papa Innocenzo undecimo e data in luce li 29 giugno 
1698. t — xvii 6 siècle. 

1063. Grand manuscrit non folioté contenant : 

1° Lettre escrite à Mons r le cardinal de Retz par un de ses 
confidens de Paris, dont la copie a esté envoyée de Rome (belle 
copie: français). 

2° Lettre || d'un bon || François || sur le sujet de celle du car- 
dinal || de Retz à leurs majestez || M.DC.LV. || Imp. s. I. 16 p. 
grand in-8. 




58 



GEORGES BOURGIN. 



3° Seconde lettre || d'un bon || François || où est examinée celle 
de M. le Cardinal || de Retz aux archevesques II et evesques de 
France || . M.DG.LVH . Impr. s. 1. 38 p. grand in-8. 

1073. « Progressi deir empia Filosofia moderna dair annol715 
ail* anno 1753. »— xvid 6 siècle; reliure moderne, avec de nom- 
breuses erreurs. 

Deux paragraphes : 

1. « Definizione e dottrina délia moderna setta filosoficae brève 
impugnazione del puro deismo » (athéisme et métempsy chose, 
matérialisme; coryphée de l'athéisme, Bayle). — Non folioté. 

2. (ff. 5, 8, 18-31). « In Francia il calvinismo e il giansenismo 
sono state le sette le quali hanno somministrata le principali 
massime délia filosofia deirempietà. » — Note après le P. Maudit 
[Traité de la religion contre les athées , déistes, etc.. p. le P... 
père de l'Oratoire. Paris, 1698, in-8], qu'il y a beaucoup d'athées qui 
continuent les manifestations actuelles du catholicisme; recherche 
les raisons du développement de l'athéisme au xvm e siècle, surtout 
parmi les lettrés et hommes de cour, les ministres mêmes : hérésies 
luthérienne et calviniste. Sur le développement de l'athéisme au 
début du xvii* siècle, renvois au capucin Z. Boverio (Demonstra- 
tiones... adpersus prœcipuos ac vigentes catholicç religionis 
hostes, atheistœjudeos... etc. Lyon, 1617,f°).Rôle énorme de Bayle. 
— Jansénisme (lacunes); maçonnerie (lacunes), d'origine celtique 
comme dénomination, fondée par Gromwell, en 1644 (d'après 
G. Leti), ou en rapport avec les manichéens et gnostiques 
(Caccagni, Dissertatione delV ab. C. nella qnale si prova che i 
liberi muratori sono una diramazione de' manichei. Roma, 
1791, in-8). Renvois à L'esprit de la franc-maçonnerie dévoilée 
(Rome, 1790, in-8), et à Mercier [Realtà del progetto (ilosofico dell* 
anarchia e deismo, Roma, 1791, 8°). — Au f° 207 et v°, biblio- 
graphie janséniste. — Au f° 131 (qui suit), sqq. 7 extraits du 
carteggio d'un catéchumène janséniste, Zamiani, vicaire général 
d'Arezzo, d'après le supplément du Giornale ecclesiastico di 
Roma, 1793. 

1085. « Raccolta di documenti relativi aile controversie sus- 
citate dalla pubblicazione délia Bolla Unigenitus. » — xvm* siècle. 




MSS. DU « FONDO OESUITICO ». 



59 



1080. Fragments français et flamands sur le jansénisme, pro- 
venant des PP. J. Pien et J. de La Fontaine. — xvin e siècle. 

1087. Écrits variés, de la même provenance, sur la bulle 
Unigenitus. — xvm e siècle. 

1088. Recueil et lettres épiscopales touchant la bulle Unige- 
nitus. — xvm e siècle. 

1089. Écrits sur le jansénisme, provenant du P. J. de La 
Fontaine; latin, français, flamand. — xvii e -xvm e siècles. 

1090. Censures théologiques sur les écrits et livres jansé- 
nistes. — xviii 6 siècle. 

1092. J. de La Fontaine et J. Pien, jésuites, t Bulla Unigenitus 
propugnata : » — recueil de fragments divers sur le jansénisme, 
avec notes'sur la vie du P. de La Fontaine. — xvn e -xvni e siècles. 

[1093-1095. Écrits sur le jansénisme en Belgique. — xvm e 
siècle. — Cf. 1330, 1343-1346, 1361] 

1096. Traité contre le Jansénisme (latin). Ff. 384. — xvm e 
siècle. 

[1103. c Brevis enarratio de statu Jansenismi in Hollandia ab 
anno 1684 ad aunum 1697, » avec des documents polémiques. — 
xvm e siècle. — Cf. 1091, 1104, 1110 j 

[1116. « Extrait de mémoires de la Chine » (fragments de 
lettres de missionnaires jésuites. — Français). — xvm e siècle.] 

1117. « Regulae Societatis Jesu. * MDLXXXII. — Petit ms. non 
folioté (copie : latin). 

1158. a Anecdote interessanti di storiae dicriticasulla memoria 
catolica > MDCCLXXXVll. — Ff. 427. Dédié à Pie VII. — Ce ms. 
a été possédé par M mo Adèle Terray. 

1166. Écrits divers concernant les affaires de la Corse et de la 
République de Gênes. — 1760 (copie : italien). 




60 



GEORGES BOURGIN. 



[1172. q° 2. Dossier : • Cataloghi diversi délie carte conservate 
negli archivi délia Compagnia di Gesù. » — xvin°-xix e siècles. — 
Notes intéressantes sur l'organisation et le contenu des archives 
des Jésuites.] 

1179. St. Branieri, « Storia del Giansenismo. » — xvm e siècle. 

1182. « Gonstitutio Unigenitus Historico-Theologica propu- 
gnata. Pars tertia. » — xvni e siècle. 

1184. « Memoriali del P. Provana e risposte del procuratore 
del Gard, di Tournon sulla questione di missionari nella China, » 
=1709. 

1186. Chemise contenant 13 dossiers : 

N° 5. Note du Cardinal Doria-Pamfili aux cardinaux devant 
sortir de Rome sur Tordre du gouvernement français, 23 mars 1808 
(copie du temps : français). 

N° 8. Extraits d'une lettre écrite de Lyon à un Père de la Com- 
pagnie de Jésus à Rome (xix e siècle, 2 feuillets) : 

« Les jeunes ouvrières congréganistes de N.-D. de Fourvières, 
désirant selon leurs faibles moyens, alléger le poids des charges 
de plus en plus lourdes qui pèsent sur le trésor Pontifical, et adou- 
cir un peu l'amertume du calice que les ennemis de notre Saint- 
Père ne cessent de lui présenter, se sont imposé des sacrifices qui 
pour plusieurs ont été héroïques. 

« Une quête faite sur leur demande dans une réunion de la Con- 
grégation a produit une somme de 763 fr. 50, ce qui est une somme 
énorme pour elles, en ce temps où l'ouvrage est peu abondant et 
peu lucratif. 

« L'une d'entreelles avait voulu, quelques mois auparavant, pour- 
voir toute seule à l'entretien d'un zouave pontifical, en sacrifiant 
la somme de 500 francs qu'elle était parvenue à économiser (cette 
somme a été portée à Rome). La pauvre enfant, qui est presque 
toujours malade, me disait en me remettant cet argent : « J'avais 
« pensé m'en servir pour aller aux eaux, mais j'aime mieux me 
c priver de ce soulagement pour le bien de l'Église. Le Bon Dieu 
« fera de moi ce qu'il voudra. » 

« Une autre Congréganiste, ouvrière tisseuse, me remit de son 




MSS. DU « FONDO GESUITICO ». 



61 



côté la somme de 100 francs en me disant: « J'ai retiré cet argent 
« de la caisse d'épargne et je vous l'apporte pour notre Saint-Père ; 
« pour moi, je puis m'en passer, je gagne ma vie en travaillant, et 
« si je tombe malade, j'irai à l'hôpital. » 

t Plusieurs dons moins importants ont été faits avec la même gé- 
nérosité. Une ouvrière tisseuse, en m'apportant 20 francs, me dit : 
« J'avais l'intention d'acheter une robe pour l'hy ver, mais puisque 
« notre Saint-Père a tant besoin d'argent, je m'en priverai de bon 
« cœur. Je regrette de ne pouvoir lui envoyer davantage. » 

« Une autre ouvrière dévideuse m'apporte pour le trésor Ponti- 
fical la même somme de 20 francs, qu'elle avait économisée sur sa 
toilette. 

« Je pourrais vous raconter d'autres traits de dévouement des 
Congréganistes de Fourvières envers notre S l -Père ; mais pour 
abréger, je me borne au suivant, lequel m'a paru bien extraordi- 
naire. N'ayant pas d'argent à envoyer au Souverain Pontife, une 
Congréganiste se fit quêteuse et Dieu bénit sa charité ; toutefois 
son cœur n'était pas encore satisfait ; alors que fit-elle? elle s'im- 
posa un sacrifice des plus méritoires pour une jeune fille : elle 
vendit ses cheveux à un coiffeur et vint toute joyeuse m'en appor- 
ter le prix. Ce dernier trait m'a été révélé par sa maîtresse. » 

N° 11. Panégyrique de saint Vincent de Paule. — xvn° siècle 
(copie : latin. — Au dernier f°, nom de P. Gurti). 

1194-1195. Documents sur la promulgation de la Bulle Unige- 
nitus (copie : latin et italien). — xvm e siècle. 

1196. Chemise contenant 18 dossiers de papiers privés, dont plu- 
sieurs intéressent la famille Aldobrandini. — xviu* siècle : 

N° 3. Testament du cardinal Charles d'Angennes, 1608 (copie 
d'après l'original et collationnée : latin). 

1211. Chemise contenant des papiers du P. Vapdevivere (fran- 
çais, latin), en particulier des extraits de divers martyrologes, 
des extraits des archives de Subiaco, des bibliothèques du collège 
Capranica, Barberini, Colonna (liber Censuum), un dictionnaire 
épigraphique de Saint-Paul via Ostiensis. 

[N° 1]. Lettre à Monsieur le chanoine Belli sur l'origine des 




62 



GEORGES BOURG IN. 



peuples en général et sur celle du système féodal dans |es Gaules 
et en Italie en particulier, Rome, 7 sept. 1825 (minute). 
[N. 3]. Extraits sur les Celtae et Galli. 

1216. Chemise contenant divers dossiers ; 

N° 1 . « Brève giornale délie cose faite e avvenute in persona de* 
novizi. . . in occasione dell'assistenza prestata nell'ospedale detto 
degl' Incurabili nella città di Napoli, l'anno 1805. » Ff. 8. (origi- 
nal). 

N° 6. Proclamation de Murât aux Italiens, Rimini, 30 mars 1815 
(copie : italien). Ff. 2. 

1217. Chemise contenant des papiers extrêmement divers, dont 
plusieurs intéressent les relations entre le Saint-Siège et l'empe- 
reur Napoléon I er : 

N° 1. Note du cardinal Gabrielli en réponse à une proposition 
d'entrer dans une ligue offensive et défensive faite par M. de Cham- 
pagny, 3 avril 18. . (copie : italien). Ff. 4. 

N° 2. Extrait de la Gazette de Milan sur la première session du 
Concile national (copie : italien). Ff. 2. 

N° S. c I popoli liberi delP Italia al popolo délie due Sicilie, » 
proclamation révolutionnaire, s. d. (copie : italien). Ff. 4. 

1218. Chemise contenant 21 dossiers de copies intéressantes : 
N° 2 Estratto de varîgiornali 1807-1808 (non numérotés). Docu- 
ments divers : 

1. Formule de serment de déprêtrisation exigé en France : 
€ Je... natif de... faisant le métier de prêtre depuis Tan..., 
convaincu des erreurs par moi trop longtems professées, je déclare 
en présence de la municipalité, y renoncer à jamais, déclare éga- 
lement renoncer, abdiquer, et regarder comme fausseté, illusion 
et imposture tout prétendu caractère de fonction de prêtrise, dont 
je dépose sur le bureau tous tiltres et lettres. Je jure en consé- 
quence, en^face des magistrats du peuple, duquel je reconnais la 
toute puissance et souveraineté, de ne jamais me prévaloir des 
abus du métier sacerdotal, auquel je renonce, de maintenir la 
liberté et l'égalité de toutes mes forces, de vivre et de mourir pour 
l'affermissement de la république une, indivisible, démocratique, 
impérissable, sous peine d'être traité comme parjure et ennemi du 
peuple » (copie). 




MSS. DU « FONDO OESUITICO ». 



63 



2. Lettre d'un prêtre français sur l'hospitalité reçue chez 
Févêque d'Orense (copie it.), et lettre deTévêque (copie lat.) (2 p.). 
— Cf. les imprimés de 327. 

3. Extrait d'une lettre sur le carnaval de Rome en 1809, ordonné 
par le général Miollis, contrairement aux ordres de Pie VII 
(3 février) : t Àndô il générale con Fuffizialità al Corso, e trovô 
tutti le fine8tre chiuse, i portoni de' palazzi, le porte délie case 
tutte chiuse, e la strada disabitata affatto, senza neppure una 
carossa, senza aitre persone, che qualche spia del papa, e 
qualche stradaloro. Data la mossa alli Barberi, ne scapô uno, e 
calpeslô un capitano ed un uffiziale e li lasciô morti. » — On fit 
le sonnet suivant : 



Parlasti, è ver, coîi priggioniero accento, 
Santo Pastor, mà il gregge suo ti udio. 
Parlô il Tiranno, mà sue voci il vento 
Quai polve, e stoppia vile a sè rapio. 

De solassi al piacer, fù sempre intento 
Questo Popolo sibben : ma contro al pio 
Voler Sovrano ei nou sà aver contento 
Chô chi non ode tè, non ode Iddlo. 

Religione, ubbidienza, amor, rispetto. 
Per té nutre il Roman ; vano è Pimpeguo 
Di chi traviar lo tentô a tuo dispetto. 

Padre, e di Pietro successor ben degno, 
T* amano i Figli tuoi : del loro affetto 
Corn un n'avesti in un sol giorno il pegno. 



3. « Réponse des évêques de Dalmatie à la lettre circulaire de 
Sa M. I. et R. rapportée dans le Moniteur de Paris du 19 juillet 
1809 » (copie, 4 p.). — Contre la persécution à l'égard de Pie VII. 

4. Note du Saint-Père à Napoléon I er , 2 avril 1808, résumant les 
dommages soufferts par lui et par l'église (copie: it., 1 p.). 

5. Questions et solutions de cas de conscience exposés à la Sa- 
crée Pénitencerie : assistance aux prières publiques; serment de 
fidélité et d'obéissance (extra Statum pontificium in dominiis jam- 
diù possessis licet), à la constitution (non), aux quatre articles 
(non) ; valeur des facultés concédées par le pape (copie : lat., 1 p.). 

6. Convocation par Napoléon du Concile national, Saint-Cloud, 
25 avril 1811 (copie; il., 1 p.). 

7. « Epoche del principio, dei progressi e délia decadenza del 




64 



GEORGES BOURG IN. 



doiniûio temporale di sommi Pontefici » (copie : it. 2 p.). Résumé 
tendancieux composé au temps du Premier Empire. 

8. Extraits du Corriere del Ceresio, n° 51, et du Corriere MUa- 
nese, n° 33 (1 p.). 

9. Supplément au Journal politique publié à Leyde, 17 septem- 
bre 1805. 

10. Estratto d'une lettre de Gênes, 19 avril 1809, sur l'arrivée de 
Pie VII dans un grand enthousiasme. A noter cette phrase : « La 
casa Degola e altro banchiere gii [au pape] hanoo pagate délie 
somme considerevoli ». (1 p.). 



11 . Extrait de la Oazzetta di Genova, 20 fév. 1808, 16 fév. 1808 
(1 p.). 



[N°4. <c Gatalogo de' novizj scolari délia CompagniadiGesù délia 
Provincia di Napoli e Sicilia i au nombre de 32, avec la patrie, 
l'âge et le sujet d'étude (1 p.).] 

N° 6. Pio VII P. P. — Pacca Bartolomeo — Lettere e carte varie fra 
le quali moite di Pio VII e del card. Bartolomeo Pacca sulie relazioni 
fra il Pontifice,ilgoverno di Roma ed i Francesi (non numéroté) : 

1. Petit registre de lettres et documents pontificaux pour Tannée 
1808, avec en- tête : « Lo scrivente mentre ha Tonore di eseguire i 
comandi del S. P, protesta all'Emza vra la sua più distinta consi- 
derazione — Bartolomeo card. Pacca, t fin d'une lettre, ce qui in- 
dique que nous n'avons qu'un fragment. — Voici le contenu : Récla- 
mation au général Miollis sur la défense faite par le commandant de 
Viterbe de donner des passeports pour Rome aux ecclésiastiques de 
la ville, 2 juil. 1808; protestation de Pie VII contre les enrôle- 
ments dans la garde civique consentis par ses sujets, 24 août 1808 ; 
note du secrétaire d'état aux puissances extérieures sur les abus de. 
force contre l'autorité et la personne du Saint-Père, 15 août 1808; 
lettre du même aux gouverneurs pontificaux accompagnant la 
déclaration du 24 août 1808 ; lettre du même aux ministres, sur le 
même sujet, 28 août 1808; concession de facultés diverses aux 
évêques de province enlevés au pape, 30 août 1808 ; bref de 
Pie VII aux mêmes, 20 janv. 1809; bref de Pie VII à ses sujets, 
6 juin 1809; protestation au général Lemarois contre l'exécution 
de sujets pontificaux, 6 juil. 1808 ; long bref de Pie VII, du 10 juin 
1809 (14 feuillets). 

2. Protestation de Pie VII contre les enrôlements dans la garde 
civique, 24 août 1808(1 p.) (copie). 




MSS. DU « FONDO GESU1TICO 



65 



3. Bref de Pie VII aux évêques des provinces ecclésiastiques, 
30 août 1808, et communication du secrétaire d'état aux ministres 
étrangers sur les enrôlements, 28 sept. 1808 (copie; 6 feuillets). 

4. Allocution du St-Père, le 29 oct. 1804, dans le consistoire 
secret, relative à son départ pour Paris (trad. du latin en italien. 
Copie. 2 feuillets). 

5. t Rétractation du serment fait par les Trapistes, le 4 mai 1811, 
de Fidélité à l'empereur et obéisence à ses constitutions de l'em- 
pire ». Signé : François de Sales, sup r . Dans l'original suivaient 
les signatures de tous les religieux. A noter cette observation en 
P. S. : « La plus part assurent d'avoir signé le papier de Mons. 
Rolland sans savoir même qu'ils faisoient serment » (1 feuillet). 

6. Môme texte, italien (l feuillet). 

7. Nouveau petit registre de lettres : Pie VII à Napoléon I, 
15 sept. 1807; Ghampagny au G 1 secrétaire, 21 sept. 1807; 
lettre du Cardinal Légat sur les négociations du Cardinal de Bryaone 
[Brienne], 1 oct. 1807; Pie VII au vice-roi d'Italie, 11 août 1807; 
Champagny à Caprara, 21 août 1807 (10 feuillets). 

8. Nouvelles copies de lettres : Cardinal Pacca au général Miollis, 
22janv. 1805; le même au trésorier général; — opinion de Gian- 
francesco Masdeo contre le serment (4 feuillets). 

9. Nouvelles copies de lettres : Ordre de faire imprimer un 
extrait du Moniteur (lettre du commandant-major du 2 a régiment 
pontifical au général Lemarois, 11 mai 1808); instruction de Pie VII 
aux évêques de ses états, communiquée par le Cardinal Gabrielli, 
22 mai 1808; nouvelles instructions, 22 mai 1808; note du Card. 
Gabrielli sur le coup de force du [ ] juin 1808, [ ] juin 1808; autre 
note, 17 juil. 1808; communication aux ministres de Vienne, 
Malte, Espagne, Portugal, Bavière, Prusse, Sardaigne, 17 juil. 1808; 
note du Card. Pacca au général Miollis demandant le désarmement 
des troupes provinciales, à Foligno en particulier, 30 juin 1808; 
note du même au même sur l'impossibilité des ecclésiastiques 
de Viterbe d'obtenir des passeports pour Rome, 2 juil. 1808; 
autre note, 15 juil. 1808 (8 feuillets). 

10. Copie du long bref de Pie du 10 juin de l'année 1809 
(6 feuillets). 

N° 11. Acte de naissance de Mathurin Guilhaunic, 3 novembre 
1819. Extrait authentique du registre de la commune de Baud, 
dép. du Morbihan (français). 

Revus des bibl., janvier-février 1906. xvi. — 5 




66 



GEORGES BOURG IN. 



[N° 13. Relation de l'autopsie du corps du* pape Grégoire XVI, 
1846 (copie : italien).] 

[N° 17. Lutte contre l'église en Sicile au xvm e siècle (copie: 
italien).] 

N° 19. Observation sur un manuscrit des Chroniques de Saint- 
Denis jusqu'à 1350 (copie : italien). 

1226. Chemise contenant 16 dossiers : 

N° 4. Décret de la Sainte Inquisition, du 17 février 1717, contre 
diverses œuvres françaises d'inspiration janséniste (copie : latin), 
-4 p. 

N° 5. Bulles variées de Clément XI sur le jansénisme (copie, 
même main : latin), 9 p. 

N° 7. Lettre pastorale de l'évêque de Montpellier sur un 
écrit retrouvé, 1740 (copie : italien trad. du français), 12 p. — Cf. 
n° 303. 

N° 8. Mémoire présenté par l'ambassadeur de France au 
Sacré Collège, protestant contre la suppression du P. Gagliard, 
procureur général des Chartreux, s. d. (xvm e siècle) (copie : 
italien). 

[1246 1252. Documents divers sur les missions de Chine. — 
xvni» siècle. Cf. 1254, 1255, 1256, 1257, 1299, 1300, 1386, 
1469, 1482, 1495, 1496, 1498, 1508, 1509, 1510, 1511, 
1512, 1513, 1514, 1597, 1616] 

[1266. « Protocollo per TArchivio. » — Petit ms. relié en 
parchemin, non folioté, contenant un inventaire par numéros des 
Archives de la Compagnie de Jésus au Collège romain.] 

[1274. Visite du Vatican par les élèves du Collège romain, 
17 mars 1793. — Petit ms. à couverture de papier, non folioté. — 
Récit du temps (italien).] 

[1302. « Consulte tenute dopo la ripristinazione del 1849 ». 
Ms. non folioté. — Procès- verbaux, du 9 avril 1850 au 5 no- 
vembre 1862, des conseils tenus par les consulteurs de la maison 
professe du Gesù, avec un certain nombre d'indications poli- 
tiques.] 




MSS. DU « FONDO OESUITICO ». 



67 



1331. Chemises contenant 17 dossiers de documents sur la 
suppression de l'Ordre des Jésuites au xvm e siècle : 

N° 7. Considérations générales sur la demande de la suppres- 
sion de l'Ordre faite au pape Clément XIII par plusieurs Cours 
d'Europe, extraites d'une lettre de Paris, 11 avril 1769 (copie : 
français). 

N° 10. « Notanda quaedam. » = Extraits du Siècle de Louis XIV, 
de Voltaire, éd. de Francheville, 1752. 

1354. Chemise contenant 20 dossiers. 

N°l. « Carta riguardante le caiumnie contro il grand maestro 
dell' ordine Gerosolimitano Fernandino barone di Hompesch 
contenute in ùna lettera stampata (1801) », avec le désaveu du 
bailli de Belmont, 10 août 1811, déclarant qu'il n'est pas l'auteur 
de l'opuscule, et attestations de signatures par les baillis de 
Clugny et d'Auray (copies). 

N° 4. c Sonetti italiani di vario argomento. » — Petit cahier de 
12 ff., contenant divers sonnets, dont certains de sujet historique 
ou politique, comme le suivant : 

Al Principe Eugenio per lo stocco mandatogli 
dal Papa Clément XL 



Illustre Duce, che i trionfl tuoi 
Gonti cole battaglie, e questa gloria 
Hai sovra gli altri bellicosi Eroi 
Che dovunque vai tu va la vittoria. 

Si ben la tracia abatti, e i furori tuoi, 
Che non v' ha tua la prischa ugual memoria; 
E l'ampia strage o#gi palesi a noi 
Toglierà fede alla futura istoria; 

Orecco il brando, che dair alta Roma 
Ti manda il Pio Clémente, onda trafitta 
Sia l'Asia, e i lauri accresca alla tua chioma. 

Stringilo, o Duce, con la destra invitta 
E quai diè il nome a Scipio Africa doma 
Dia più bel nome a te PAsia sconfitta. 



N° 6. « Risposte dell' avv. C. Fea, présidente délie antichità 
romane, ad un amico sul giuramento prestato al governofrancese,» 
6 mars 1814 (copie: italien). 




68 



GEORGES BOURG IN. 



N° 8. Texte sur la maçonnerie, qui sera prochainement publié 
par M. G. Bourgin dans la Revue historique. 

N° 10. Deux copies italiennes : décret du 17 mai 1809 unissant 
les États romains à l'Empire ; protestation du cardinal Pacca au 
nom du pape, 14 mai 1809. 

N°12. « Relazione de' Montanari Briganti Piacentini difccesi a 
Bfamarsi nella città diBobbio che la chiamavano presa d'assalto, » 
1805 (copie du temps : italien). — Texte fort curieux. 

N° 15. Cf. n«8. 

N° 16. Documents divers sur les relations entre Napoléon I er et 
le Saint-Siège : I. deux communications de M. Le Fèvre, chargé 
d'affaires de la France, 9 et 11 avril 1808 (2 copies : italien) ; 2. Noti- 
fication de février 1808 sur l'entrée des Français à Rome; 3. Note 
de Champagny au cardinal Caprara (3 avril 1808), et réponse 
(2 copies: italien); 4. Discours de Pie VII aux cardinaux (2 mars 
1808) (copie : italien); 5. Proposition de Napoléon à Pie VII (copie : 
italien); 6. Communication du cardinal Pacca aux ministres 
étrangers près le Saint-Siège touchant les allégations de la Gazetta 
romana (30 nov. 1808) (copie : italien); 7. Communications du 
même à M. Lante, trésorier général du pape, au sujet de la 
réception, refusée par le pape, de l'état-major français (31 dé- 
cembre 1808) (copie : italien); 8. Autre copie; 9. Communication 
du même à M. Aliusti (?), chargé d'affaires du royaume d'Italie 
auprès du pape, touchant l'incorporation au royaume des pro- 
vinces d'Urbin, Macerata, Ancône, Camerino (19 mai 1808) (copie : 
italien). 

N°18. Procès-verbal d'une tenue d'une loge romaine, 1811, 
texte publié par M. G. Bourgin dans la Révolution française, 
n° du 14 mai 1905. 

1356. Chemise contenant 48 dossiers. — On y trouve un cer- 
tain nombre de sonnets d'argument politique, au sujet de Clé- 
ment XIII, de Clément XIV, du voyage de Joseph II à Rome, 
contre les Juifs, certains < alla Trasteverina » : 

N° 2. Liste des ecclésiastiques constituant le cortège du pape au 
couronnement de l'empereur (19), et des fonds à eux distribués 
(34600 1.). 

N° 12. Sonnets politiques pour le pontificat de Clément XIV. Je 
note le suivant, sur Bernis : 



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MSS. DU tt F0ND0 GBSUITIGO ». 



69 



SONETTO 



Aluêivo al amicitia del Sig* Cardinale de Bernis verso 
la Sig** Principessa S. Croce. 

Disse un giorno in Conclave un Cardinale, 
Parlando con un altro in conûdenza : 
S'apigli al mio parer vestra Eminenza 
Il più degno a salir nel Quirinale. 

E Bernis, e ciô già lo provo, è taie 
la politica sua, la convenienza, 
la carità, PJngegno e la prudenza, 
che presso tutti mai vi fù l'eguale, 

Non una o due, ma ogni i tre ûate 
La S. Croce a visitare si posta : 
E chi mai fù divoto a questo segno ? 

Disse ; mà udi questa risposta : andate, 
L'amor verso Bernis vi trasposta. 
Quella Croce è di Carne, e non di Segno. 



N Q 27. «Analyse et réfutation succincte de la bulle du pape 
Clément XIV abolissant les Jésuites, par l'abbé Cerutti, ex- 
Jésuite » (copie du temps). 

N° 30. « Certificat de MM. les échevins de la ville de Marseille 
ne laveur des Jésuites, » 5 octobre 1761 (copie). 

N° 35. Sonnet sur Pie VII au temps de Napoléon I ep : 



Vanne felice, o Pio, serba e difendi 
Gli eterni dritti del Romuleo soglio ; 
L'animoso suo zel freni e emendi, 
L'altrui più incauto che ostinato orgoglio. 

Destro, minaccia si, ma poi sospendi 
L'aoatema vibrar dal Campidoglio : 
Chè giovar poono i fulmini tremendi, 
Se Augusto dice : io cosi penso, e voglio ? 

Ma chi puô creder, ch'egli in cor non senta , 
L'autorità del gran Pastor Romano, 
Che a Lui quai Padre al Figlio or si présenta ; 

Deh î perche teco non arringhi in vano, 
Fedelissimo Cesare, rammentà, 
Che le chiavi del Ciel Pio solo hà in mano. 



SONETTO. 




70 



GEORGES BOURGIN. 



1357. Chemise contenant 20 dossiers. A noter n° 11, copie 
d'une correspondance entre le duc de Popoli et Alberoni, 1717 
(italien) : 

N° 1 . Réflexions sur le serment exigé par le gouvernement fran- 
çais, octobre 1810 (italien). 20 ff. — « Raziocinio » d'allure tout à 
fait scolastique : il est impossible de prêter ce serment parce que 
ce serait sanctionner l'usurpation des États romains et la lésion 
des lois sacrées, dit le bref; mais la formule de serment, montre 
Pauteur, n'est pas celle en substance que condamne le pape; après 
quoi il examine la lettre pastorale de Mgr Corboli, vicaire géné- 
ral capitulaire de Florence, sur le serment prescrit par l'article 56 
de la Constitution du 26 floréal an XII. 

1364. Chemise contenant 15 dossiers, dont plusieurs inté- 
ressent l'histoire des missions des Jésuites en Chine : 

N° 5. c Estratto dal libro dei Sovrani del mondo, stampato a Parigi 
l'auno 1718, sec. xvni. » 6 ff. 

N a 6. Quatre sonnets originaux de l'abbé de Lestache, Romain 
d'origine française (italien). 

N° 14. Critique, dans le sens catholique-romain, du « Catechismo 
ad uso de tutte le chiese dell'impero francese, Firenze, 1807 », et 
du « Mandamento di S. E. il sig. card. di Belloy, arcivescovo di 
Parigi ». (italien). 

1387. Miscellanea. — Gros volume de reliure moderne, consti- 
tué par 38 dossiers, dont le premier est une introduction à la vie 
du cardinal Bellarmin, et dont plusieurs renferment de petits trai- 
tés sur la procédure du conclave: 

N° 9. Décret de l'inquisition, du 22 août 1731, condamnant le 
livre intitulé : « La Vie de M. Pàris, diacre. A Bruxelles chez Fop- 
pens..., 1731 » (copie : latin). 

N° 10. Bulle de Clément XIII censurant certains écrits du dio- 
cèse de Montpellier (copie : latin). 

N° 18. Lettre écrite par les religieuses du couvent de la Visi- 
tation de Chaillot à l'occasion de la mort du roi Jacques II d'An- 
gleterre, 20 mars 1702 (copie : italien). 

N° 25. Censure de certains livres contre les jansénistes, xvin* 
siècle (copie : italien). 

N° 31. « Dissertatio theologica verum liceat tradere appellan- 




MSS. DU a PONDO GESUITICO ». 



71 



tibus explicationem bullae Dnigenitus. » (Copie : latin et italien). 

N° 32. Lettre d'un curé de Rome à un curé de Paris, contre 
l'arrêt du Parlement du 14 septembre (H novembre 1680) (copie : 
italien). 

[1396. c Repertorio délie provincie délia O di Gesù » (xvi°- 
xvii 6 siècles). 20 p. — Catalogue alphabétique des noms de pays, 
renvoyant à des numéros qu'on ne peut pas interpréter.] 

[1423. « Raccolta di decreti, regole, lettere, avvisi, etc. da 
leggersi ogni anno in refettorio » (xix e siècle), 504 p. (italien). — 
Ce sont avant tout des lettres dogmatiques sur la morale des 
Jésuites, des xvi 6 -xvn 6 siècles. - Je note, p. 58. sq., une lettre 
de saint François Borgia aux pères et frères de la province 
d'Aquitaine, sur les moyens pour conserver l'esprit de la Com- 
pagnie.] 

1448. Chemise contenant 12 dossiers : 

N° 2. Résumé du système hiéroglyphique de Champollion t 
extrait de la seconde partie du livre de Greppo, 1824 (italien). 

N° 3. € Exposizione di fatti e ragioni del popolo di Roma e 
manifesto alla repubblica d'Italia presentati al générale Bonaparte, 
anno primo délia Italiana regenerazione. » — Exposé sur la néces- 
sité de supprimer le. pouvoir temporel du pape, en vingt-trois 
raisons (surtout à cause de la politique financière de Pie VI), 
suivi de la proclamation aux Romains, de la proclamation c dei 
popoli liberi délia Italia al popolo del due Sicilie » (copie du 
temps). — 33 ff. 

N tt 10. Relation de D. Giovanni Marchetti, plus tard évêque 
d'Ancyre in partibus, sur le miracle de statues de la Vierge qui 
remuent les yeux, à Rome, le 9 juillet 1796 (copie : italien), 



1450. Chemise contenant 2 dossiers : 

N° 1. Papiers divers sur l'histoire de la Compagnie de Jésus de 
1815 à 1852, dont quelques-uns intéressent la France (état de leurs 
maisons en France). 

[N° 2. « Idea catalogi conficiendi de rébus quae in Archivio ser. 
vantur », xix e siècle.] 

1453. Antoine de Boulogne, évêque de Troyes. Institution pas- 



4ff. 




72 



GEORGES BOURGIN. 



torale sur l'excellence et l'utilité des missions, 20 septembre 1822 
(copie : traduction italienne). 

1457. « Istoria dell'Academia reale di Parigi délie Iscrizioni e 
Belle-Lettere dal suo stabilimento fino al présente, con le me- 
morie di letteratura cavate dal registro di quest 'Accademia, dal 
suo ristabilimento fino al 1710. Indici dei volumi. » — xvm e siècle. 

1459. Chemise contenant 11 dossiers. 

N°2. Documents sur l'occupation des États romains par la France 
sous Napoléon I 6r : bref de Pie VII, 10 juin 1809 ; décret d'excom- 
munication contre Napoléon I er , 10 juin 1809; interdiction aux 
Romains d'entrer dans la garde civique, communiquée par le car- 
dinal pro-vicaire aux curés de Rome, 23 juin 1809; instruction du 
pape pour excommunier les adhérents à l'usurpateur (s. d.) ; résu- 
mé sur le caractère illicite du serment, en 6 points (1810) ; instruc- 
tions de la Pénitencerie touchant la rétractation (italien et latin) ; 
lettre de Pie VII à Napoléon I or au sujet de 1 invasion de ses États; 
lettre du général Radet à P. Savi, directeur de la police du dépar- 
tement de Clitumne, 27 juin 1809, l'informant qu'il est chargé de 
la direction générale de la police dans les États romains, et définis- 
sant les attributions de la police, publiée par G. Bourgin dans la 
Révolution française du 14 mai 1905, p. 424, n. 1. — (Copies). 

N° 9. Journal du P. Point pendant son séjour sur la terre des 
Pieds-noirs, 1848 (2 ff. du début de la minute : français). 

1460. Cardinal F. Rospigliosi, a Relazione del succeduto sulla 
causa di Giansenio. » — xvm e siècle. 

1461. Chemise contenant des documents sur les relations de 
Napoléon I #r et du Saint-Siège. — Copies arrachées en partie à 
un registre où elles étaient numérotées, avec en tête, un petit 
index incomplet : 

Billet de M. Alquier au secrétaire d'état, mandant la note de 
l'itinéraire des troupes qui devaient passer par l'État pontifical 
(Rome, 29 janvier 1808). — Lettre du même au pape, protestant 
contre l'accueil qui lui a été fait (1 février 1808). — Notification 
du cardinal Casoni, secrétaire d'état, sur la tranquillité à observer 
malgré l'arrivée des troupes impériales (2 février 1808). — Note de 
M. Alquier demandant une audience pour le général Miollis (2 fé- 
vrierl808).-Notedu Secrétaire d'état fixant l'audience aulendemain 
(2 février 1808). — Accusé de réception de M. Alquier et protestation 
contre les reproches contenus dans la précédente note (2 février 




MSS. DU « FONDO GESUITICO ». 



73 



1808). — Protestation de M. Alquier contre l'affichage de la notifica- 
tion et annonce de son départ (4 février 1808). — Note du cardinal 
Casoni aux ministres étrangers (2 février 1808). — Note du cardi- 
nal Gasoni aux cardinaux Trajetto, Saluzzo, Pignatelli, Scilla, 
Ruffo et Garacciolo, touchant l'ordre à eux donné par le comman- 
dant français de partir pour Naples (28 février 1808). — Protestation 
du pro-secrétaire cardinal Doria-Pamfili à M. Lefebvre, chargé 
d'affaires de France, contre les attentats de l'armée française 
(2 mars 1808). — Note du secrétaire d'état au baron Friess, ancien 
chef des troupes pontificales, lui refusant l'audience demandée, à 
cause de sa trahison (12 mars 1808). — Protestation contre l'incor- 
poration de troupes pontificales dans l'armée impériale, adressée, 
aux ministres étrangers (16 mars 1808). — De même, au chargé 
d'affaires (20 mars 1808). — De même, aux ministres étrangers 
(20 mars 1808). — Note aux « giusdicenti e primarie cariche di 
Roma, > en prévision de l'occupation des administrations romaines 
par les Français (30 mars 1808). — Réponse du cardinal Casoni à 
M. Alquier pour atténuer l'incident soulevé (5 février 1808). — 
Accusé de réception de l'avis de départ de M. Alquier par le car- 
dinal Doria-Pamfili (25 février 1808). — Lettre de M. Alquier au 
secrétaire d'état, l'informant des mesures prises contre les « bri- 
gands napolitains » (23 février 1808).— Protestation, à ce sujet, du 
cardinal Doria-Pamfili (s. d.). — Note du cardinal Doria-Pamfili 
au général Miollis, protestant contre l'arrestation des officiers des 
troupes pontificales qui ont refusé de continuer leur service dans 
l'armée française (13 mars 1808). — De même, dans une note à 
M. Lefebvre (16 mars 1808). — Ordre du jour d'Eugène-Napoléon 
sur la distribution de cocardes qui servent de ralliement contre les 
armées impériales (l« r avril 1808). — Lettre-circulaire du cardinal 
Doria-Pamfili, au nom du pape, adressée aux cardinaux obligés de 
quitter Rome (23 mars 1808). — Protestation du pro-secrétaire car- 
dinal Gabrielli à M. Lefebvre contre l'attentat qu'ont subi les car- 
dinaux natifs du royaume de Naples (27 mars 1808). — Lettre de 
Pie VII à l'ambassadeur d'Espagne, sorti de Rome et l'invitant à y 
rentrer « per essere spettatore e testimonio di quanto và ad acca- 
dere » (s. d.). — Protestation contre l'entrée des troupes impériales 
aux palais apostoliques, par le cardinal Gabrielli (4avril 1808).— Pro- 
testation du cardinal Gabrielli a M. Lefebvre contre l'interpréta- 
tion donnée au changement de cocarde des troupes (11 avril 1808). 




74 



GEORGES BOURGIN. 



— Protestation du même au général Miollis contre l'arrestation et la 
déportation de Mgr Cavalchini, gouverneur de Rome (20 avril 1808). 

— Remise parle cardinal Gabrielli de la réponse du Saint-Père aux 
propositions faites par M. de Champagny, au cardinal Caprara 
(19 avril 1808). — Refus du pape, communiqué par le car- 
dinal Gabrielli à M. Lefebvre, d'entrer dans une ligue italienne 
(19avrill808). — Protestation du cardinal Gabrielli [à M. Lefeb- 
vre] contre l'arrestation et la déportation de Mgr Cavalchini 
(22 avril 1808). — M. Lefebvre demande ses passeports, le car- 
dinal Caprara ayant demandé les siens (29 avril 1808). — Accusé 
de réception de cette note (29 avril 1808). — Lettre du général 
Miollis accusant réception d'une lettre du cardinal Gabrielli (23 
avril 1808). — Réponse du cardinal Casoni à M. Alquier, sur le 
caractère de la marche des troupes françaises (l tr février 1808). — 
Note des articles du Saint-Père à M. Alberti, chargé d'affaires du 
royaume d'Italie (19 mai 1808). — Note du cardinal Gabrielli aux 
ministres étrangers, protestant contre diverses destitutions et 
nominations de fonctionnaires pontificaux (15 juillet 1808). — 
Envoi d'instructions du Saint-Père aux évêquesdes États romains, 
au sujet de l'invasion française (22 mai 1808). — Avis du départ 
de M. Alquier, M. Lefebvre restant chargé d'affaires (24 février 
1808). — Autres instructions aux évêques, en particulier au sujet 
de la suppression des couvents, l'immunité et la sécularisation 
(29 mai 18()8). — Protestation du cardinal Casoni contre l'entrée 
des troupes (6 février 1808). — Protestation du cardinal Gabrielli 
au général Miollis contre l'organisation de la garde civique (12 
mai 1808). — Du môme, contre l'organisation de la garde civique 
à Terni (28 mai 1808). — Du même (8 juin 1808). — Protestation 
adressée par le cardinal Gabrielli aux ministres étrangers, au 
nom du Saint-Père, contre l'attentat dont ce dernier a été l'objet 
(12 juin 1808). — Protestation au général Miollis, sur le même 
sujet (17 juin 1808). — Protestation au général Miollis contre le 
nombre des arrestations opérées dans la ville et dans les pro- 
vinces (25 juin 1808). — Protestation au général Miollis contre 
l'arrestation à Foligno du marquis Giberli, maréchal des Iroupes 
provinciales (30 juin 1808). — Protestation au général Miollis 
contre la défense faite à des ecclésiastiques de Viterbe de passer 
à Rome (2 juillet 1808). — Note aux ministres étrangers, les infor- 
mant que la Qazzetta rornaiia est publiée sans l'autorisation du 




MS8. DU « FONDO GBSUITICO » 



75 



pape (16 juillet 1808). — Protestation adressée par Pie VII à ses 
sujets contre l'attentat subi (6 juillet 1808). — Instruction de 
Pie VII sur le serment (Savone, 15 mars 1810). — Autre copie. — 
Note du cardinal Doria-Pamfili aux cardinaux obligés de quitter 
Rome (24 mars 1808). — Note au nom du Saint-Père prévenant le 
destinataire qu'il ne doit pas assister au repas offert par le général 
Miollis (s. d.). — Interdiction faite par Pie VII à ses sujets d'entrer 
dans la troupe civique (23 avril 1808). — Relation du cardinal Doria- 
PamGli aux ministres étrangers de l'attentat dont il a été l'objet 
(6 septembre 1808). — Protestations du cardinal Pacca aux ministres 
étrangers contre des violences exercées contre des sujets espagnols 
(23 janvier 1809). — Protestation du même au général Miollis, d'un 
caractère général (22 janvier 1809). — Note du cardinal Pacca au 
Trésorier général, notifiant la volonté du pape de ne pas permettre 
les spectacles, bals et festins, dont le général Miollis demandait 
l'autorisation (23 janvier 1809). — Lettre en latin, sans indication 
d'origine, d'un caractère général, adressée au pape revenant dans 
ses États (Rome, 11 des Kal. de mai 1814). — « Roma destinata 
dalla Provvidenza di Dio per la libertà dei Papi », dissertation 
écrite après 1814, de 4 ff.— Proclamation de l'archiduc Ferdinand 
contre Napoléon, adressée aux habitants du duché de Varsovie 
(5 juin 1809). — Proclamation de l'archiduc Jean aux Italiens 
(5 juin 1809). — Protestation du cardinal Pacca au général 
Lemarois sur les sentences de mort prononcées contre divers 
sujets pontificaux (6 juin 1809). — Note du cardinal Pacca au 
régent de la Sacrée Pénitencerie en réponse à la question de 
savoir si les curés pourraient donner dans les 48 heures la liste 
de leurs paroissiens âgés de 18 à 60 ans : ils ne le peuvent (22 juin 
1809). — Avis sur la façon dont on a célébré dans quelques villes 
l'anniversaire du couronnement de Pie VII : il s'agit de Frascati 
et de Ganino (22 mars 1809). — Texte de deux inscriptions latines 
sur Pie VII, dont Tune consacre l'érection d'un théâtre, de concert 
avec le général Miollis : « Sextus Miollius Narbonensis Galliœ... » 
(1808). 

1482. Chemise contenant 35 dossiers, dont certains intéressent 
les missions au Japon : 

N° 1. t Lettres de Paris et d'ailleurs sur Montgolfier et ses expé- 
riences, 1783. n — Gros cahier de 81 ff. d'une seule main, contenant 




76 



GEORGES BOURGIN. 



en copie du temps des lettres qui ont trait à des expériences 
d'aréostatique de France en Italie ; N° 3. c Prove che Napoleone 
non è mai esistito. Trad. con note di Francesco Martin • (Trente, 
1842), 12 CF. — L'auteur veut démontrer, en employant la méthode 
de Strauss à l'égard du Christ, que Napoléon I er est un mythe. 

N° 8. Testameut de Louis XVI (copie du temps : français). 6 ff. 

N° 11. Manifeste du roi de Sardaigne au sujet de l'exclusion du 
roi Stanislas de Pologne (xvni 6 siècle) (copie: italien). 6 ff. 

N° 13. Portraits de Rousseau et de Voltaire par La Harpe, 
extraits du Mercure de France, n° LXXXI. 25 nivôse II. Vers 
français (copie). 4 ff. 

1526. Chemise contenant 33 dossiers : 

N° 22. Mémoire présenté au sacré Collège par l'ambassadeur de 
France sur la conduite du P. Galiard, procureur général des 
Chartreux (copie : italien). £f. n° 1226. 

N° 23. Discours du cardinal de Bernis au roi en recevant la 
barrette (copie: français). 

1612. « Apologia pro societate Jesu adversus Arnaldum 
Gallum qui Senatui parisiensi obtulit libellum contra societatem 
(adcalam libri ut synopsis operis manu P. Jacobi Sirmondi Soc. 
Jesu) » — xvn e siècle. 

1613. « Memorie intorno aile controversie giansenistiche ». — 
xviii c siècle. 

1654. Chemise contenant 30 dossiers : 

N° 7. G. F. Mazdeo. Raisons de refuser de prêter le serment 
exigé par Napoléon I er (1809) (copie: italien). 
[N° 11 . Documents divers sur les Jésuites de Gênes, 1848.] 

1668. Bertholon di S. Lazaro. « Délia elettricità del corpo 
umano *. — Trad. du français. Pérouse. xix 6 siècle (copie : 
italien). 



Les manuscrits précédents n'offrent pas en général un bien 
graud intérêt : jansénisme, suppression des Jésuites, franc-ma- 
çonnerie, clergé français du xvin 6 siècle, rapports de la France 




MSS. DU o FONDO GKSUITIGO ». 



77 



et du SaiDt-Siège sous Napoléon I 6r , tels sont les grands sujets 
pour lesquels leur dépouillement peut offrir quelque utilité, en 
dehors de ceux qui contiennent des satires politiques amusantes 1 . 
En somme, l'impression du bibliothécaire qui a rédigé, dans 
Le Biblioteche governative italiane nel MDCCCCXCVW 2 , les 
pages concernant la Bibliothèque Victor-Era manuel, est assez 
juste, quoique peut-être un peu trop sévère, quand il dit* : 

t Gli altri fondi, in ispecie quello dei Gesuiti, han dato un 
ammasso di volumi e di carte manoscritte, fra le quali sono assai 
rare le cose di qualche valore, e cosi grande invece è il numéro 
dei quaterni di scuola, appunti d'uso personale, carta in somma 
di mediocrissimo valore. > 

11 était néanmoins utile de faire connaître ce que renferme ce 
fonds. J'aurais bien voulu en faire connaître aussi l'histoire, mais 
ses éléments, s'ils existent, ne sont pas disponibles, et Ton ne 
trouve pas sur elle une seule ligne dans l'ouvrage signalé plus 
haut. Et pourtant il semblerait que l'existence de 1668 manuscrits 
valût qu'on en déterminât l'origine. On s'est contenté, à la Biblio- 
thèque Victor-Emmanuel, d'en donuer le catalogue sommaire 4 , 
avec une numérotation arabe double, non continue pour le second 
chiffre, du 541 e au 1651°, une numérotation arabe et romaine, éga- 
lement non continue pour le second chiffre, du 1652 e au dernier. 

L'iuventairc que je donne, complété par une table onomastique, 
montrera quel parti les historiens français peuvent tirer d'un 
fonds dont aucun presque ne s'était encore préoccupé 5 , et con- 
stituera une contribution à l'enquête d'ensemble souhaitable sur 
les richesses documentaires conservées à Rome 5 . 



1. On trouve également dans le Fondo Gesuitico beaucoup de mss. espagnols pro- 
venant des Jésuites réfugiés à Rome après la suppression de Tordre en Espagne. J'ai 
moi-même mis entre crochets les manuscrits qui n'intéressent qu'indirectement la France. 

2. Roma, 1900, in-8. 



4. « Biblioteca Nazionale Centrale Vittorio Emanuele. Catalogo dei manoscritti Ge- 

fuitici. » 

5. Cf. les n<» 57, 1073, 1354, avec les indications bibliographiques. 

6. Je me permets de renvoyer à ce point de vue aux dernières pages d'un article 
publié par moi dans le Bibliographe moderne, n° de novembre-décembre 1905. 



Georges Bourgin. 



3. P. 44. 




78 



GEORGES BOURG1N. 



TABLE ONOMASTIQUE 



Aboukir, 195. 

Académie des Inscriptions et Belles- 
Lettres, 1457. 

Albano (évéque d'), 195. 

Aldobrandini, 1196. 

Alct (évôque d'), 155. 

Alexandre VI, 151. 

Alexandre VII, 323, 698. 

Amiens (évéque d'), 204. 

Angennes (cardinal d'), 1196. 

Angleterre, 195, 269. 

Apt (évéque d'), 290. 

Arles (archevêque d'), 290. 

Arnaud, 1612. 

Asfeld (abbé d'), 540. 

Assemblée du clergé, 540, 713. 

Assemblée nationale, 195. 

Avignou, 195, 269, 290, 291, 295, 371, 
727. 

Avvisi, 974. 

Bagno (M» r ), 314. 

Basseville (Hugon de), 291. 

Baudry, 540. 

Beauteville (chevalier de), 197. 
Belgrade- (Mgr), 13. 
Bellarmin (cardinal), 1387. 
Benoît XIV, 204, 208, 288. 
Berg-op-zoora, 198. 

Bernis (cardinal de), 197 , 204,209, 1526. 

Berruyer, 291. 

Blois (évôque de), 197. 

Bolzeni, 291. 

Bonaparte (Joseph), 195. 

Bourgogne (duc de), 151, 208, 1053. 

Brancas (de), 191. 

Bret<>uU (de), 289. 

Broglie (de), 291. 

Brunswick (de), 291. 



Caetani (cardinal), 303. 
Caraffa (cardinal), 432. 
Castelan, 291. 

Catéchisme, 698, 753, 1364. 
Cecchetti (abbé), 261. 
Chaillot (congrég. de), 1387. 
Chanipollion, 1448. 
Chancellerie, 731, 794, 
Chantelaure (le P. de), 161. 
Chartreuse, 1226, 1526. 
Choiseul, 204, 209. 
Clément XI, 1226. 
Clément XII, 290. 

Clément XIII, 199, 288, 290, 294, 1331, 
1387. 

Clément XIV, 295, 1356. 

Cologne (archevêque de), 269. — 277. 

Comtat-Venaissin, cf. Avignon. 

Consalvi (cardinal), 195. 

Constitution civile du clergé, t92, 291, 

327, 381. 
Contarini (le P.), 195. 
Corse, 294, 1166. 
Corsini, 277. 
Coullot (?), 288. 
Créquy (duc de), 420. 
Damiens, 204, 294. 
Denis (Saint-). Chroniques, 1218. 
Deux-Ponts (duc de), 269. 
Dijon (évéque de), 195 — 31*. 
Doria-Pamflli (cardinal), 1186, 
Drake (lord), 155. 
Embrun, cf. Tencin. 
Êmery (abbé), 195. 
Espagne, 195. 
Este (duc d'), 195. 
Estrées (cardinal d'), 269, 292. 
Fedele (F.), 161. 



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MSS. DU « PONDO GESUITICO ». 



79 



Ferrare (archevêque de), 195. 
Fitz-Gerald (lord), 155. 
Flandre (guerre de), 371. 
Fleury (cardinal), 291. 
Foix (comte de), 288. 
Fontaine (le P. de La), 1086,1092. 
Fontenoy, 204. 
France, 388, 644. 

Franc-maçonneHe, 381, 1073, 1354. 

François I", 371, 432. 

Frenhop (le P.), 13. 

Fribourg, 197. 

Gènes, 155, 294, 1166. 

Genève, 197. 

Gerdil (cardioai), 157. 

Gex, 197. 

Ginetti (cardinal), 277. 
Grégoire XV, 277. 
Guise (maison de), 314. 
Hénault, 291. 
Henri IH, 391, 626. 
Hervey (lord), 155. 
Hompesch (baron de), 1354. 
Innocent X, 209. 
Innocent XI, 269, 1053. 
Innocent XII, 698. 
Italie (armée d'), 155. 
Jacques II, 1387. 

Jansénisme, 210, 303, 447, 448, 500, 503, 

691, 1053, 1086, 1089, 1090-1, 1093-%! 

1330, 1343-46, 1361, 1103-10, 1179, 

1226, 1387, 1460, 1613. 
Jérusalem {ordre deSt-Jean de), 371,1354. 
Jésuites, 197, 204, 209, 288, 290, 1117, 

1172, 1266, 1302, 1331, 1356, 1387, 

1423, 1450, 1612, 1654. 
Jules II, 151. 
Jules H], 432. 
Lainez, 630. 
La Harpe, 1482. 
La Molle, 269. 

Lavardin (de), 269, 698, 1062. 
Lestache (abbé de), 1364. 
Loménie (cardinal de), 291, 626. 
Lorraine (duc de), 515. 
Louis XII, 151. 
Louis XIII, 161, 269. 



Louis XIV, 107, 269, 323. / 

Louis XVI, 157, 291, 1482. 

Lyon, 1186. 

Mabillon, 1005. 

Mantoue, 204. 

Marigoan, 432. 

Marignan (marquis de), 900. 

Marie-Thérèse d'Autriche, 289. 

Marseille, 152, 691, 1356. 

Massimi (marquis), 195. 

Mattei (cardinal), 195. 

Maury, cf. Nicée, 

Mazarin, 158. 

Médicis (cardinal de), 900. 

Metz, 900. 

Mirabeau, 291. 

Mirepoix (évêque de), 291. 

Missions orientales, 106, 107, 150, 198, 

1116, 1184, 1246-52, 1364, 1482. 
Modène, 698. 
Molinisme y 616 t 682. 
Monclar (de), 290. 
Montemar (famille de), 1023. 
Montpellier (évêque de), 303, 1226, 1387. 
Murât, 195, 1216. 

Napoléon I«, 195, 481, 540, 1217, 1218, 
1354, 1357, 1459, 1461, 1482, 1654. 

Nazianze, 195. 

Neuville (le P. de), 290. 

Nevers (duc de), 314. 

Nicastro (cardinal de), 432. 

Nicée (archevêque de), 155, 195. 

Nivernais (duc de), 208. 

Noailles (duchesse de), 288. 

Notre-Dame (congrégation de), 13, 749. 

Orléans (évêque d'), 152, 204. 

Orléans (duc d'), 197, 204. 

Paris (archevêque), 290.— (université), 444. 
— (assemblée du clergé;, 269. 

Pâris (diacre). 1387. 

Parlement, 155, 202, 204, 288, 290, 303, 

1387. 
Paul I", 195. 

Pie VI, 107, 155, 195, 291, 1448. 
Pie VII, 540, 727, 1158, 1218. Cf. Na- 
poléon. 
Pien (le P.), 1086, 1092. 



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80 GEORGES 

Pierliqg (le P.), 13. 
Pistoie (synode de), 106. 
Plaisance, 1354. 
Point (le P.), 1459. 
Poissy, 630. 

Poitiers (abbaye de la Trinité de), 480. 
Portalis, 195. 
Provence (comte de). 
Providence (religieuses de la), 57. 
Quesnel, 106. 

Ragusc (archevêque de), 151. 

Retz (cardinal de), 314, 1063. 

Ricci (Scipion de), 106, 291. 

Richelieu (cardinal de), 161. 

Richelieu (duc de), 291 . 

Rohan (cardinal de), 209. 

Rome, 107, 195, 196, 323, 371, 1448. 

Rospigliosi (cardinal), 1460. 

Rote, 805-826. 

Rousseau (J.-J.), 291, 1482. 

Ruf (congrégation de Saint-), 197. 

Sabatier (Espérit), 371. 

Sade (abbé de), 152. 

Saint-Denis, v. Denis. 

Saintes (évéque de), 291 . 

Satires, 107, 197, 199, 207, 290, 291, 1218, 

1354, 1356. 
Saussaye (abbé de La), 698. 
Seedorft, 269. 
Sermoneta (duc de), 314. 
Serristori, 155. 
Servien, 161. 

Sienne (guerre de), 156, 900. 
Sirmond (le P.), 1612. 
Sisteron (évéque de), 455. 
Sixte IV, 150, 151, 207. 
Soleure, 196. 
Soliman, 371. 
Sorbonne, 136, 204. 



BOURG1N. 

Spada (cardinal), 277. 
Spedalieri, 291 . 
Stanislas de Pologne, 1482. 
Strozzi (Pierre), 432, 900. 
Suisse, 155, 197. 
Tabanet, 708. 
Talleyrand, 195. 
Tatischeff, 195. 

Tencin (cardinal de), 202, 295, 1053. 

Termonde, 106. 

Tessé (maréchal de), 371 . 

Tilloy (du), 330. 

Tiraboschi, 152. 

Toledo (don A. de), 432. 

Toleotino (traité de), 195. 

Toscane, 155, 196. 

Toulon, 155, 157. 

Toulouse, 197. 

Tournon (cardinal de), 1184. 
Trévoux, 444. 
Troyes (évéque de), 1453. 
Turin, 156. 

Unigenitus {a/faire de la bulle), 152, 
161, 204, 288, 296, 330, 486, 1031, 
1046, 1085, 1087, 1088, 1182, 1194, 
1195, 1387. 

Urbain VUÏ, 161, 296, 486. 

Vandevidere (le P.), 1211. 

Venise, 289, 323, 393-395, 398, 399-403, 
417, 418, 1005. 

Verbe incarné (congrégation du), 486. 

Verneuil (abbé de), 148. 

Vianes (le P. de), 136. 

Vienne (archevêque de), 290. 

Vincent de Paule (saint), 1186. 

Voltaire, 107, 204, 207, 208, 288, 291, 
1331, 1482. 

Wignacourt (de), 371. 

Zug, 197. 



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BIBLIOGRAPHIE 



Henri Clouzot. Nouvelles noies pour servir à l'histoire de l'im- 
primerie à Niort et dans les Deux-Sèvres. — Paris, H. Champion, 
et Niort, G. Clouzot, 1905, in-8°, 1 p. n. ch. -f-*9 pp. -f-1 P- n. ch. ; 
avec un facsimilé. 

Dans un bref Avertissement, M. Clouzot prévient ses lecteurs qu'il n'a pas 
beaucoup d'additions importantes à faire à ses premières Note$ t sur le 
même sujet, parues il y a une quinzaine d'années, et il invoque, comme 
excuse, l'excessive rareté des produits des presses niortaises. Disons tout de 
suite que M. Clouzot est trop modeste. Ne serait-ce que par la série d'éditions, 
à peu près inconnues jusqu'ici, des Pseaumes de David, mis en rime françoise 
par Clément Marot et Théodore de Bèze qu'il nous fait connaître par de 
courtes descriptions, son travail est fort intéressant. Ces éditions ont paru 
à Niort chez Thomas Portau en 1600, chez la veuve Bureau et Philippe 
Bureau en 1651, chez Philippe Bureau seul en 1666, 1669, 1670, 1677, 1678, 
1680, 1682, et elles fournissent une nouvelle preuve de la vogue que cette 
traduction en vers eut, jusqu'au xvm® siècle, dans les centres protestants 
français. Il est à regretter que M. Clouzot n'ait pas toujours donné le 
nombre des pages de ces volumes, ce qui aurait permis au lecteur de voir, 
d'un coup d'œil, si certaines d'entre ces éditions n'étaient nouvelles que 
par un titre refait. 11 peut nous répondre que ce sera l'affaire du biblio- 
graphe qui tentera la difficile entreprise d'établir la liste définitive des 
éditions des œuvres de Clément Marot. Ce n'est pas tout. Dans l'article 
consacré à Jean Moussât, nous trouvons d'importantes indications sur l'im- 
primerie particulière d'Agrippa d'Aubigné. A la fin du même article est 
décrite une troisième partie du Recueil de toutes les pièces que le sieur Théophile 
[de Viau] a mis en lumière pendant sa prison iusques à présent, avec quelques 
autres œuvres à luy envoyées par ses amis, troisième part imprimée « par la 
vesve I. Moussât » en 1628 (in-8* de 196 pp.). On voit que non seulement la 
bibliographie, mais aussi l'histoire littéraire devront faire état des recherches 
de M. Clouzot. Ce bon petit volume se termine par deux chapitres concer- 
nant les libraires-papetiers à Niort, Bressuire et Saint-Maixent, et l'impri- 
merie à Thouars. — Le facsimilé reproduit le billet d'invitation à l'enter- 
rement de l'imprimeur-libraire Jacques Élies des Aubiers, qui avait fondé 
à Niort, en 1775, un cabinet littéraire. Léon Dorbz. 

rbtue dbs BiBL., janvier-février 4906. xvi. — G 




82 



BIBLIOGRAPHIE. 



Alphonse Farrault. Bibliographie des livres, revues et perio 
digues édités par Léon Clouzot, précédée d'une préface par 
Maurice Tourneux. — Niort, G. Clouzot, 1905, in-8°, x-164 pp., 
plus 1 p. n. ch. ; portrait. 

Cette bibliographie, qui est dressée chronologiquement et qui comprend 
545 articles, a été rédigée avec un soin minutieux et digne de tous les éloges. 
, L'éditeur niortais méritait de tous points cet honneur par son activité vrai- 
ment extraordinaire, son goût pour les livres anciens qu'il connaissait 
fort bien, s* tendresse pour les publications historiques, toutes qualités 
qui, dans nos milieux provinciaux, ne se rencontrent que trop rare- 
ment, surtout réunies, comme ici, en un seul homme. C'était donc, une 
généreuse et originale figure que celle de Léon Clouzot, et il n'y avait pas 
de meilleure manière de perpétuer son souvenir que celle qui a été choisie 
par M. Farrault. Les travailleurs y trouveront aussi leur compte : que de 
recherches leur seraient épargnées si Ton prenait soin de publier, après la 
mort de tous les éditeurs féconds, une monographie aussi bien comprise ! 
Une bonne table des noms de personnes et de lieux termine ce beau volume, 
que M. Maurice Tourneux a honoré d'une préface simple, nette et pleine, 
où il a dit, avec son talent habituel, tout ce qu'il fallait dire de la vie et 
de la carrière de Léon Clouzot. Léon Dorbz. 

Albert Roux. Recherches sur l'imprimerie à Montbéliard depuis 
ses origines (1856) jusqu'à la réunion de Montbéliard à la 
France en 1793, suivies d'un Catalogue des impressions mont- 
béliardaises de 1587 à 1793. — Montbéliard, Société anonyme 
d'imprimerie montbéliardaise, 1905, in-8°, 164 pages, 6 facsim. 
et 1 planche hors texte (extr. des Mémoires de la Société d'Émvtr 
lation de Montbéliard). 

L'imprimerie ne fut définitivement introduite à Montbéliard qu'en 
1586 ; mais M. Roux a trouvé un très intéressant document qui prouve 
qu'une première tentative avait été faite, dès 1574, par fe second fils de 
Robert I« Estienne, François II, né à Paris en 1540, imprimeur à Genève 
après la mort de son père (1562). Ce document, retrouvé adx Archives natio- 
nales, est la réponse faite par le Conseil de régence à la requête de François 
Estienne. Celui-ci refusa de se soumettre à une des conditions qui lui 
étaient faites : celle d'abjurer le calvinisme pour embrasser le luthéranisme, 
religion officielle du comté, et il resta à Genève. Douze ans s'écoulèrent 
avant qu'un lyonnais, Jacques Foillet, vînt de Besançon fonder à Montbé- 
liard un établissement qui, après sa mort (1619), passa aux mains de son 
fils Samuel et y resta jusqu'au décès de ce dernier, 'en 1633. Toute cette 
première partie, qui contient une étude sur les papeteries des Foillet aux 




BIBLIOGRAPHIE. 



83 



Graviers et à Belchamp et que complète une note sur les origines de 
Jacques Foiliet, est très importante et traitée avec grand soin . 

Parmi les livres imprimés par J. Foiliet, il faut signaler la traduction 
allemande du XV* livre d'Amadis de Gaule, de Jacob Rathgeb de Spire 
(15 JO) ; la traduction métrique des Psaumes de Marot et de Th. de Bèze 
(1591) ; les Disputaiiones de republiea de Machiavel (1588, 1599} ; la traduction 
allemande de la République de Jean Bodin, par Johann Oswalt, pasteur à 
Montbéliard (1592) ; la traduction de V Académie françoise de Pierre de La 
Primauldaye, par Jacob Rathgeb, secrétaire de la Chambre du duc de 
Wurtemberg à Montbéliard (1593 ; cf. p. 70, n« 42) ; divers traités de Jean 
Bauhin, médecin du duc Frédéric (1593, 1598, 1599, 1600, 1601, 1605, 1606, 1612) ; 
le De Regno de Francesco Patrizi de Sienne (1594) ; une traduction alle- 
mande « durch M. Ulricum Budrum » des Stratagèmes de Guillaume Du 
Bellay (1594) ; les œuvres de Rabelais (s. 1., 1596) ; le cinquième livre de 
Pantagruel, qui porte la date de « Lyon, par Pierre Estiart (et non Estevart), 
1596 », mais que feu M. Claudin croyait imprimé par J. Foiliet ; les Opéra 
misericordiae ad corpus pertinentia des frères de Bry (1596) ; le De officio viri 
principes de Machiavel (1599) ; les Vindiciae contra tyrannos (s. 1., 1580, date 
que M. Roux corrige en 1590) ; des traductions allemandes, par David FOrter, 
de VHistoria Trojana de Guido Colonna (1599), et par J. Rathgeb, de V Histoire 
de Jean de Serres (1600) ; les lettres de Gicéron commentées par Jean Sturm 
(1601) ; la Margarita preciosa novella de Pietro Buono de Ferrare (1802); les 
Colloquia latino-gallica de Mathurin Cordier (1603) ; Y Introduction au traité de 
la conformité, etc. d'Henri Estienne (1607; avec l'adresse: « Sur les Hasles. 
L'an M. DC. VII » ; mais quelques exemplaires portent en outre : « A Mont- 
béliard Par laques Foiliet », indication qui parait ajoutée après coup) ; une 
traduction de La grande chirurgie de Paracelse, faite sur la version latine 
de Josquin d'Alhem par Claude Dariot, médecin de Beaune (1608); la Tra- 
gique comédie du patriarche Abraham, par Jean Georges, jouée sur la place 
des Halles en 1588 (1609) ; le Galateo de Giovanni Délia Casa en italien, fran- 
çais, latin, allemand et espagnol (1615) ; les Hymnes et les Psaumes de Luther 
en allemand et en français (1618) ; «des traductions allemandes de VArte 
délia guerra de Machiavel par H. C. W. v. B., et de VAstrée de dTJrfé par J. 
Borstel (partielle; 1609); les Disticha Catonis eu latin, français et allemand 
(s. d.). — Avec les successeurs de Jacques Foiliet, les ouvrages intéressants 
pour l'histoire littéraire deviennent de plus en plus rares. Cependant son fils 
Samuel publia, en 1625, VHistoire de Pierre Matthieu. Claude Hyp donna une 
traduction française de la Relation d'Angleterre de Marcautonio Correr 
(1668), un médiocre travail sur Florus, de Karl Rômer (1671), et les Lettres 
d'Arnauld d'Andilly (1676). Des productions de J.-M. Biber, nous ne voyons 
guère & signaler que les Psaumes traduits par Marot et Th. de Bèze (1697), 
réimprimés ensuite par J.-J. Biber, selon la révision de Genève (1732), puis 
pat Jacques-Michel Becker (1751). 




84 



BIBLIOGRAPHIE. 



J'ai tâché, par ces indications peut-être un peu longues, de donner une 
idée de l'intérêt de l'ouvrage de M. Roux. Mais il s'en faut que le savant 
montbéliardais ait résolu toutes les questions que soulève son travail. 
On ne peut guère, par exemple, considérer comme close celle de là traduc- 
tion de VAmadis de Gaule (p. 66, n« 18; p. 67, n«> 27; p. 60, n° 30; p. 69, 
n° 35-37 ; p. 70, n« 40-41 ; p. 71, n° 45), ni celle qui a trait au Rabelais de 1596 
(cf. P.-P. Plan, Bibliographie rabelaisienne, n° 115, p. 212-214). M. Roux 
aurait bien dû corriger, entre crochets, les erreurs grossières de quelques- 
uns des titres qu'il emprunte à Duvernoy : dans celui du commentaire de 
Jean Riolan « in libros fernetie? r, il est clair qu'il faut lire « Fernelii » 
(p. 63, n« 4) ; de même, le « Briensvicensi ? » du n° 11 de la page 64 doit 
être corrigé en « Brunswicensi ». Mais, somme toute, ce sont là de légères 
taches qui n'enlèvent rien à la valeur très réelle des recherches de 
M. Alfred Roux. Léon Dorbz. 

Ad. van Bever. Essai de bibliographie Agrippa d'Aubigné, 
suivi de cinq lettres inédites de Prosper Mérimée. — Paris, 1905, 
in-8°, 40 pages (extr. du Bulletin de la Société d'histoire du Pro- 
testantisme français, mai-juin 1905). = Théodore- Agrippa 
d'Aubigné. Œuvres poétiques choisies, publiées sur les éditions 
originales et les manuscrits, avec une notice biographique, des 
notes historiques et critiques et des variantes. — Paris, E. San- 
sot et G ie , 1905, in-18, xlv-231 pages; portrait. 

D'Aubigné est un de ces auteurs dont tout le monde parle, que Ton ne 
connaît guère que par les rares extraits publiés dans les anthologies, et que 
personne, sauf M. Charles Read, n'avait sérieusement étudié. C'est donc une 
lacune importante que viennent combler, de très heureuse manière, les deux 
publications de M. van Bever. 

La bibliographie dressée par lui est mieux qu'un « essai >». Je ne crois pas 
que Tony pourrait faire beaucoup d'addUions. Les manuscrits (originaux et 
copies) sont brièvement, mais suffisamment décrits. Les imprimés sont 
plus largement traités, et M. van Bever a eu soin de donner la cote des 
exemplaires qu'il a pu voir dans les collections publiques et privées. 
Quelques notes critiques, brèves et substantielles, donnent sur chaque édi- 
tion des indications bibliographiques, historiques, critiques du plus grand 
intérêt. Les recueils collectifs où figure d'Aubigné n'ont pas été oubliés, et 
la seconde partie du travail est consacrée aux « ouvrages et articles à con- 
sulter ». Le tout forme une précieuse contribution à l'histoire littéraire du 
xvr» siècle, et je ne vois guère qu'un reproche à adresser à M. van Bever : 
pourquoi n'a-t-il pas muni les différents articles de son travail d'une numé- 
rotation suivie qui eût facilité les renvois aux travailleurs futurs ? C'est là 



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BIBLIOGRAPHIE. 



85 



une règle qui, dans les publications de ce genre, doit être absolument resr 
pectée et qui seule permet la précision et la clarté, si nécessaires, et encore 
aujourd'hui trop rares, en matière de bibliographie. 

L'introduction du second ouvrage de M. Van Bever est excellente. Il a 
su renouveler la biographie, arrêtée dès longtemps dans ses lignes princi- 
pales, d'Agrippa d'Aubigné, dont la figure à la fois naïve, énergique et dou- 
loureuse, très impartialement tracée, apparaît plus nette et plus vraie que 
dans les travaux antérieurs. C'est surtout au point de vue littéraire que 
M. van Bever nous apporte de piquantes révélations. Grâce à un curieux 
passage d'un manuscrit de la collection Tronchin, il a pu prouver qu'entre 
toutes ses admirations poétiques, d'Aubigné avait fait une place à part à 
Du Bar tas. De là cette Création en quinze chants qui mérite de rester iné- 
dite; delà, dans les Tragiques, ces longueurs insupportables, cette recherche 
perpétuelle du grandiose qui nous a valu quelques très belles pages, mais 
aussi combien de contorsions, d* « efforts » malheureux, souvent voisins du 
ridicule et du grotesque mêmel D'Aubigné se moque bien un peu de Du 
Bartas, mais il est humain de rapetisser par quelque endroit ceux dont on 
admire les œuvres. La raillerie, dans certains cas, comme dans celuiMîi, 
n'est qu'un nouvel hommage rendre au talent, faux ou vrai 1 Le passage si 
heureusement mis en lumière par M. van Bever permettra en outre de 
rechercher, avec plus de sûreté, les nombreuses sources de l'œuvre si origi- 
nale de d'Aubigné, que viennent compléter ici de nouveaux extraits des 
manuscrits conservés au château de Bessinges. Une bonne reproduction du 
portrait de d'Aubigné qui fait partie des collections du Musée de Bâle sert 
de frontispice à ce très intéressant volume, où l'on trouvera aussi une jolie 
gravure du château de Talcy, la demeure de la belle Diane Salviati, nièce 
de laCassandre de Ronsard. Léon Dorbz. 

Catalogue of the arable and persian manuscripts in the library 
ofthe Calcutta Madrasah, by Kamalu'd-dÎn Ahmad and 'Abdu'l 
Muqtadir. — (Galcutta,The Bengal secrétariat Book Dépôt, 1905, 
in-8°, pp. iv-14-115. 

Ce catalogue très concis, qui est plutôt une simple liste, renferme rénu- 
mération de 182 mss. (103 arabes et 79 persans). Ces manuscrits renferment 
des ouvrages appartenant à toutes les classes de la littérature musulmane : 
théologie, jurisprudence, histoire, poésie, etc. Ce sont pour la plupart des 
œuvres connues. Ceux qui méritent d'être particulièrement signalés sont : 
un commentaire anonyme sur les principes du droit musulman (n° 18) ; 
l'histoire de Médine par 'Abdallah ben ( Abd al Môiik ben 'Abdallah el Qo- 
reishi (n° 85) ; un très ancien ms. du KildbuH Hammdsah, recueil d'anciens 
poèmes arabes (n* 90), et un Târîkh, Gouyardt ou histoire des dynasties mu- 




86 



CHRONIQUE DBS BIBLIOTHÈQUES. 



sulmanes du Gouyarat et des autres contrées de l'Inde (n* 86). Ce dernier 
sera prochainement publié avec une traduction par les soins du Gourer- 



Périodiques. — On remarque dans le Zentralblatt fur Bibliothekswcsen du 
D r Paul Schwenke, les articles suivants : 

N* de janvier 1906 : K. Kunzb, La Bibliothèque de la ville de Stettin; — 
J. Flbmming, La nouvelle collection de manuscrit» abyssins de la Bibliothèque 
royale de Berlin (brève relation de voyage de l'auteur, attaché en 1905 à 
l'ambassade extraordinaire allemande à la cour de Ménélik ; acquisition en 
Ethiopie de 70 manuscrits et 10 rouleaux qui sont venus s'ajouter aux 
87 volumes déjà possédés par la Bibl. royale de Berlin ; inventaire sommaire 
de ces nouveaux mss.) ; — Eilhard Wibdbmann et P. S[chwbnkb], Sur la 
photographie des manuscrits et des imprimés (renseignements pratiques); — 
O. CLBMBN, Bibliographica pour Vhistoire de la Réforme (I. Un imprimé perdu 
de Matthes Maler d'Erfurt : Der Zutrinker und Prasser, 16 Cf. in-4°, s. d., 
décrit d'après un exemplaire conservé à Zwickau; — IL Pour la date de 
quelques impressions de 1521 : lettres de Gaspar Amman à Yelt Bild. — 
Note sur un instrument à mesurer les formats. — /lias in nuee (note sur 
Pline, Hisl. nat., VII, 21,85; il faudrait, d'après M. Anatole Semenov, voir 
là une déformation de èx Kapuûv (Kapûai, en Laconie) ou de 1% Kaptaç en 
ex xapûou ou èv xapûco, in nuce ; de là la légende de cette Iliade minuscule) 
[R. Klu]. — Annonce de la publication de la nouvelle édition annuelle de 
la Minerva de Trùbner ; observations. — Compte rendu de l'ouvrage suivant 
de Konrad Habblbr : Typenrepertorium der Wiegendrucke. Abt. 1. Deutschland 
und seine Nachbarlànder (dans la Sammlung de K. Dziatzko, n* XXXVII; 
Halle a. S., in-8», 293 pp.)[E. Voullibmb]. — Acquisitions de la Bibliothèque 
royale de Berlin : recueil grammatical décrit dans le catalogue de vente 
Carlo Morbio (1889) sous le n° 379; — deux importants mss. sur papyrus, 
trouvés à Achmïm (Haute-Ëgypte); le premier, de 36 feuillets, remonte 
probablement au iv« siècle et contient la traduction copte de l'épi tre de Clé- 



nement de PInde. 



J.-B. Ch. 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES 



ALLEMAGNE 




CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



87 



ment; le second, de 82 feuillets, un peu plus récent, renferme une version, 
également copte, des Proverbes de Salomon ; etc. , 

N* de février 1906 : Ch. W. Bbrghobpfbr, B. Bbss, Walther Schultzb, 
Catalogue général et impression de caries unique (organisation de l'entreprise ; 
huit « thèses » pour le Catalogue général ; les € pièces de circonstance » 
dans le Cat ?én.) ; — Wilhelm Altmann, La future « Collection musicale 
allemande » près la Bibliothèque royale de Berlin ; — G. A. Crû WBLL, Les im- 
primeries de la Réforme dans li Basse* Autriche (lettre de Léopold Grabner à 
Simon Eger, 1577). — Compte rendu des ouvrages suivants : Johannes 
FlCKBR uud Otto Winckblmann, Handschriftenproben des sechsehnten Jahr- 
undertê naeh Strassburger Originalen, bd. 2, tafel 47-102 [Karl SchORBàCH] ; — 
Hundert Kalender-Inkunabcln hsgg. von Paul Hbitz, mit begleitendem Text 
von Konrad Habblbr (Strasbourg, 1905, in-fol.) ; — Ettbladstryck frdn fem- 
tonde Ârhundradet ; bidrag till det àldre Boktryckets Historia... aflsak COLLIJK 
(Stockholm, in-8* et in-fol.) ; — Seltene Drucke in Nachbildungen, mit einlei- 
tendem Text von Karl Schorbach (Halle a. S., in-8° et in-4% n M IV et Y) 
[Ernst Voullièmb] ; — Alfred Gobtzb, Die hochdeutschen Drucker der Refor- 
mationxseit (Strasbourg, 1905) [Johannes Luthbr]. — Notes sur le don fait 
au Somerville Collège d'Oxford, par miss Helen Taylor, de 2 500 volumes 
provenant de la bibliothèque de son oncle John Stuart Mil), le célèbre phi- 
losophe, — et sur la donation de la bibliothèque Thiers à l'Institut de France 
par M ,to Dosne (cf. Journal des Savants, 1905, pp. 683-686) ; etc. 



Périodiques. — On remarque dans le Bulletin du Bibliophile les articles 
suivants : 

N° du 15 janvier 1906 : E. JOVY, Trois documents inédits sur Urbain Grandier 
et un document peu connu sur le cardinal de Richelieu (fin) ; — Henry Martin, 
Les Miniaturistes à l'Exposition des Primitifs français (fin); — l'abbé Ch. URBAIN, 
Un cousin de Bossue t : Pierre Taisand $ trésorier de France (suite); — Pierre 
db Lacrbtbllb, Notes sur Claude de Trellon (suite) ; — Maurice Tournbux, 
Léon Sapin [note nécrologique] ; etc. 

— Dans la Bibliothèque de VÉcole des Chartes (t. LXVI, sixième livraison, 
novembre-décembre 1905), nous devons signaler les études suivantes : 
Maurice Jussblin, Monogrammes en tachy graphie syllabique italienne (facsim.); 
— Paul GUILHIBRHOZ, Le manuscrit kél% du fonds français de la Bibliothèque 
nationale et le Grand Coulumier de France. — Comptes rendus des ouvrages 
suivants : l'abbé M. Langlois, La Bibliothèque municipale de Chartres ; la 
Bibliothèque oie la Société archéologique d'Eure-et-Loir ; renseignements prélimi- 
naires (Chartres, s. d., in-16) ; le même, Le c fonds d'État » de la Bibliothèque 
de Chartres; formation, restitutions et aliénations (Paris, 1904, in-8°; extr. du 



FRANGE 




88 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



Bull. hist. et phtlol., 1903); le même, Le Missel de Chartres imprimé en 4i$% 
(Chartres, 1904, ,in-8°) [L.-H. Labandb] ; — John W. Bradlby, IUumineUed 
manuscripts (London, [1905,] in-16, 21 pl.) [A. Boinbt]. — Discours prononcés 
aux obsèques de Gustave Sàigb par M. Henri Mûris, et à celles de Bernard 
Prost, inspecteur général des bibliothèques et archives, par M. Charles 
Baybt. — Texte des statuts de l'Association des Archivistes français ; vœux 
adoptés par la même Association. — Lettres de M. Ch.-V. Langlois au 
directeur du Temps sur la réforme des bibliothèques en France. — L. Db- 
lislb, Addition à la Notice sur Us Heures de Blanche, duchesse iïOrUans; etc. 

— Saluons l'apparition d'une nouvelle revue bibliographique, le Bulletin 
des Bibliothèques populaires, publié sous les auspices de la Bibliothèque de 
l'Enseignement public et de l'Inspection générale des Bibliothèques (Paris, 
Édouard Cornély et C le , éditeurs, 101, rue Vaugirard ; 1" année, n°- 1-2, 
janvier-février 1906). M. Ch.-V. Langlois, qui s'est chargé de rédiger le pro- 
gramme du nouveau périodique et de le présenter au public, a formulé à 
cette occasion de curieuses observations, parfois d'un tour un peu bien 
sceptique, sur les bibliothèques populaires, particulièrement sur celles des 
pays étraugers, qui jouissent à l'heure actuelle d'une renommée peut-être 
excessive* On lit aux États-Unis, en Angleterre et en Allemagne beaucoup 
plus qu'en France; c'est un fait qui paraît certain ; mais y lit-on mieux? 
Choisit-on avec plus de discernement les ouvrages destinés aux biblio- 
thèques populaires? Y fait-on uu meilleur profit de ses lectures? Et, enfin 
de compte, l'éducation intellectuelle de l'Américain du Nord, de l'Anglais ou 
de T Allemand est-elle supérieure à celle du Français, quel que soit l'étage 
social auquel appartiennent les lecteurs dans ces différents pays? Sur ce 
dernier point, on serait presque tenté de faire une réponse « chauvine ». 
Toujours est-il que l'organisation des bibliothèques populaires est infi- 
niment plus avancée dans les pays en question que chez nous, et qu'il y a 
là une expérience utile à tenter, un effort à faire qui ne manque pas d'une 
certaine noblesse. C'est à quoi voudraient aider M. Langlois et ses collabo- 
rateurs en indiquant, dans leur Bulletin, les ouvrages qui leur paraissent 
dignes de figurer sur les rayons des bibliothèques populaires, et en donnant 
brièvement, mais avec le plus de précision possible, les raisons de leur 
choix. Mais que M. Langlois est donc sceptique ! Son « Programme » se ter- 
mine ainsi : « Il est fort possible, cela va sans dire, que nos efforts se 
heurtent à une indifférence qui les annule. Le jour viendra, sans aucun 
doute, où noire pays marchera vers l'horizon et dans les chemins que les 
États-Unis, TAugleterre et l'Allemagne, pour ne pas parler ici d'autres 
nations mineures, lui ont récemment découvertes. Mais il est peut- être 
encore trop tôt, quoiqu'il soit déjà bien tard. En tout cas, cette éventualité 
est prévue : la publication du Bulletin sera suspendue au bout d'un an, si 
les résultats du premier exercice ne sont pas satisfaisants. » Ce ne sont pas 
là de fort encourageantes paroles, et nous espérons que les faits leur don- 




CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



89 



lieront tort. Mais encore, si les tentatives faites en France pour mieux orga- 
niser les bibliothèques populaires venaient à échouer dans l'avenir comme 
elles ont échoué dans ie passé, y aurait-il lieu de s'en tant désespérer? De 
grands efforts sont tentés en Italie, depuis quelques années, dans la même 
direction, et il est encore impossible, à l'heure présente, de dire quels en 
seront les résultats. Mais si, dans un certain laps de temps, on devait cons- 
tater, en Italie et en France, l'inanité de ces expériences qu'il est bon et 
généreux d'instituer, que prouverait un tel échec? Tout simplement — à 
notre avis — que les peuples latins ont des habitudes différentes de celles 
des peuples auxquels on veut à tout prix les comparer, et que leur manière 
de concevoir la « culture » est plus libre, plus spontanée, moins « discipli- 
née », si l'on veut être sévère. Et après? Serait-on par là vraiment autorisé 
à proclamer l'infériorité de leur valeur intellectuelle et de leurs connais- 
sances acquises? Rien n'est moins sûr. Le problème est très complexe ; est- 
ce une raison pour lui donner en hâte, et sans nulle certitude, une solution 
qui nous ferait si peu d'honneur? 

Les Antiquités des Juifs de Josôphb. — M. Léopold Dblïslb a fait, à 
la séance du 23 février 1902 de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 
l'importante communication suivante : 

« Messieurs, les journaux vous ont appris un événement auquel l'Acadé- 
mie doit s'intéresser particulièrement. Grâce à la sagacité et à la générosité 
d'un des plus grands bibliophiles de l'Angleterre, un de ceux qui font 
l'usage le plus libéral de leurs collections et qui s'est fait connaître par 
d'excellents travaux sur différents manuscrits à peintures, la Bibliothèque 
nationale va s'enrichir d'un insigne manuscrit, le tome II d'un ouvrage 
orné de miniatures de Fouquet, qui va reprendre sa place à côté du tome 
premier, dont il était séparé depuis que le tome premier était entré, en 
1523, dans la librairie de François 

« L'Académie a été tenue au courant des vicissitudes du tome II de 
l'exemplaire de Josèphe, copié pour le duc de Berry et illustré par Jean 
Fouquet pour Jacques, duc de Nemours. On n'a pu en suivre la trace depuis 
la mort du duc de Nemours jusqu'au xvnr siècle, époque à laquelle l'exis- 
tence a pu en être constatée en Angleterre. Il a été reconnu et acquis par 
M. Thompson, dans une vente faite à Londres, en mars 1903, sans que le 
catalogue mentionnât aucune particularité qui permit d'en soupçonner 
l'origine et la valeur. Malheureusement ie manuscrit n'avait plus que le 
frontispice ; il y manquait douze miniatures. Tel qu'il était alors, il fut le 
sujet d'une intéressante et curieuse dissertation que M. Thompson fit 
paraître, avec des fac-similés, & la fin de Tannée 1903. 

c Des douze miniatures qui manquaient au manuscrit vendu en 1903, dix 
ont été tout récemment découvertes dans le palais royal de Windsor. Cette 
découverte a suggéré à M. Thompson la pensée d'offrir son manuscrit au 
Roi, qui pourrait le compléter en y faisant insérer les feuillets trouvés à 




90 



CHRONIQUE DBS BIBLIOTHÈQUES. 



Windsor, de façon à pouvoir en faire cadeau à la nation française, comme 
il est dit dans une lettre en date du 21 février, qui mérite d'être portée à 
la connaissance de l'Académie : 

« Cher Monsieur, 

4 Je pense qu'il vous sera agréable d'apprendre que mon volume II des 
Antiquités de Josèphe, complété entièrement à l'exception de deux minia- 
tures, par les dix découpures découvertes à Windsor, va être offert à la 
nation française par le Roi, petite contribution à l'entente cordiale. Ainsi, 
je donne le volume, et le Roi les dix découpures. C'est lui qui fait le 
cadeau. » 

« A cette lettre était jointe la photographie des dix miniatures de Windsor. 

o Le rétablissement du chef-d'œuvre de Fouquet n'est pas le seul acte 
par lequel M. Thompson se soit signalé comme réparateur des mutilations 
qu'ont subies plusieurs des plus beaux manuscrits de notre pays. L'an 
dernier, il s'est fait inscrire le premier, et, pour une somme considérable 
sur une liste de souscription qui a permis de remettre à, leur place, dans 
un magnifique manuscrit de la bibliothèque de Mâcon, trois grandes minia- 
tures du xv s siècle, qui en avaient été distraites, comme il a été démontré 
dans une lecture faite dans une de nos séances en 1899. 

« 11 appartient à l'Académie de décider si elle ne croit pas, à propos de 
la rentrée en France d'une notable partie du chef-d'œuvre de Fouquet, 
d'adresser des félicitations à M. Thompson et de prier Son Excellence l'am- 
bassadeur d'Angleterre de transmettre au roi d'Angleterre, par la voie 
diplomatique, ses plus vifs et respectueux remerciem ;nts, au nom des 
amis des lettres et des arts en France. » 

Le manuscrit en question a été récemment remis par le Roi lui-même à 
M. le Président de la République. Celui-ci l'a transmis à la Bibliothèque 
nationale, où il est exposé dans la vitrine des nouvelles acquisitions du dé- 
partement des manuscrits, à la Galerie Mazarine. 

Nouvbllbs. — On lit dans le Journal de* Débat* du 26 janvier 1906 : « Le 
prince de Radolin, ambassadeur d'Allemagne à Paris, s'est rendu hier 
[24 janvier] chez M. Léopold Deiisle, membre de l'Institut, ancien admi- 
nistrateur général de la Bibliothèque nationale, pour lui remettre au nom 
de l'empereur Guillaume 11 les insignes de l'Ordre du Mérite. M. Léopold 
Deiisle a prié l'ambassadeur de transmettre à son souverain ses sentiments 
de reconnaissance. L'ordre du Mérite est une des plus hautes distinctions 
allemandes. Elle n'est conférée qu'aux grands savants et aux grands 
artistes. » 




I 

CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



91 



ITALIE 



Périodiques. — On remarque, dans le Bibliofiiia de M. Léo S. Olschki, 
les articles suivants : 

N # de janvier 1906 : Léo S. Olschki, Les cartes à jouer du xrv* au xx° siècle, 
avec 9 facsim. et 6 pl. hors texte [à propos du livre de M. Henri D'Alle- 
magne] ; — Leonardo Olschki, Le contese intomo a Cecco d'Ascoli ; — 
0. CaSTBLLàNI, Documenli circa la persecusione dei libri ebraici a Venezia 
[1553-1554] ; — Hugues VaGanay, Amadis en français. Essai de bibliographie 
(fin), avec 3 facsim. ; etc. 

— Le n» 3 de VArchivio Muratoriano contient les études suivantes : Pietro 
TORBLLI, La Cronaca milanese « Flos Florum » ; — Lodovico FraTI, / Bolo- 
gnetti e le loro croniche; — Pio PBCCHIAI, Nolizie suW autore del c Liber Maiori- 
chinus »; — Giuseppe Mazzatinti, / mss. délie Cronache forlivesi ; — Gesare 
FOLIONO, Per gli « Annali di Padova » ; — Cesare Foligno, Di un ms. délia 
Cronaca di Jacopo Malvczzi. 

— M. Carlo Frati, dont on se rappelle le rôle si dévoué et si courageux 
lors de Pincendie de la Bibliothèque nationale de Turin, a été récemment 
nommé directeur de la Marcienne de Venise. Il succède à M. Salomone 
Morpuroo, qui lui-même remplace à la Bibliothèque nationale de Florence 
le regretté commandeur Ghilovi. Nous sommes heureux d'annoncer ces 
nominations qui sont un gage certain de prospérité pour les deux impor- 
tantes bibliothèques italiennes. Le gouvernement italien s'honore gran- 
dement en faisant de pareils choix et en renonçant décidément à des 
errements qui avaient amené de très graves désordres. 



Périodiques. — La Vjdsehrift voor Boek & Bibliotheekwesen d'Anvers-La 
Haye contient les articles suivants : 

N° de novembre-décembre 1905 : A. J. van Hufpbl Jr., Les bibliothèques 
populaires hollandaises ; — G. A. GrÛWBLL, Les premières productions typogra- 
phiques de William Caxton (fin). 

Publications diverses. — Nous avons reçu la huitième livraison de 
VArt typographique dans les Pays-Bas, de M. Wouter NiJHOFP(La Haye, Marti- 
nus Nijhoff, 1906, in-fol.). Elle contient des facsimilés de titres, gravures, 
colophons, etc., empruntés à des ouvrages sortis de l'atelier des imprimeurs 
suivants : Jan Lettersnijder, Nicolas de Grave, Willem Vorsterman, Michiel 
Hillen van Hoochstraaten, Jan van Doesboerch (Anvers) ; Thomas van der 



PAYS-BAS 




92 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



Noot (Bruxelles) ; Allaert Gauter (Gouda) ; Otgier Nachtegael (Schiedam). 
Une plaoche consacrée à Hugo Janszoon van Woerden, d'Amsterdam, sera 
distribuée avec la neuvième livraison. On voit que cette belle publication 
est continuée avec une régularité digne des plus grands éloges. M. Wouter 
Nijhoff est maintenant arrivé à la moitié environ de la tache qu'il s'est impo- 
sée avec la plus méritoire initiative. 



Le Gérant : Honoré Champion. 



Imprimerie polyglotte Pu. Simon, Rennes. 




Les voyelles toniques du vieux français par h. suohier, 

— — ^— — — — — — ■ professeur de philoso- 

phif ramant à l'Université de Halle. — Traduction de l'allemand, augmentée 
d'un index et d'un lexique, par Ch. GUERLIN DE GUER. In-12. — 
Prix 3 fr. 50 

Trndu« , tion d'un manuel fragmentaire d'ancien français qui j.»uil en Allemagne d'une 
réputation immense et méritée. Nom l'avons Augmenté d'un index de tous les textes cités t 
ain-i que du lexique de tous les mots latins <<t romans étu<liés au cours de l'ouvrage. Les 
renseignements bibliographiques et iexicologiqucs y abondent. Les élèves du philologie 
romane des séminaires étrangers, souvent embarrassés pour rendre les expressions du 
vocabulaire linguistique, dans les travaux rédigés en français, qu'ils doivent présenter à leurs 
mai re*, y trouveront de précieuses leçons. 

Recherches sur l'Imprimerie à Montbéliard depuis ses 

— origines 

(1586) jusqu'à la réunion de Montbéliard à la France en 1793, suivies 
d'un catalogue des impressions Montbéliardaises de 15S7 a 17y3, par 
Albert ROUX. Gr. in-8. — Prix 5 fr. 

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de Hollande, orné d'un portrait de G. Paris. — Prix 8 fr. 

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inédits, depuis les origines jusqu'à la fin du xvm e siècle, publié avec 
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Bibliothèque littéraire de la Renaissance, dirigée par mm. 

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originales de 1498, par L. THUASNE, 1904. — Prix 25 fr. 

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L. COCHIN, 1904. - Prix 6 fr. 

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Rabelais et Erasme. — Rabelais et Folengo. — Rabelais et Culonna. — 

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Atlas linguistique de la France, P«r J. GH.LiffBON directeur- 

■ adjoint à t'Ecole pratique des 
tlautfs Études^ et par E. EDMONT. auteur <1u Uxique Sami-Pnlois. 
1^02-1906, avec une notice in-8 24 livraisons in-foi. parues chaque 
livraison, 28 francs. 

Il paraît chaque année six livraisons se composant de 50 certes. 
L'ouvrage t>era complet en 35 livraisons. 

L'œuvre gigantesque entreprise par MM. Oillieron t Edmont est une réponse à l'appel 
lancé par Gaston Paris : < II faudrait, disait -il, que «h«qne lommum, d'un co'é, chaque 
forme, chaque mot, <ie l'auire, eût sa nmiiogranhi' , purement descriptive, fait •* de première 
main, et tranée avec tou'e la relieur d'observation qu'exigent 1« s sciences naturelles... » 

L'Atlas linguistique laisse de coté les parler non roman-, cVs'-à-rtire Flsmand, le bre on 
et le basque ; mais il déb rde les frontières politiqu s île la France pour englober non 
seulenie 't la Belgique w lionne et la suisse romande, mais quelques valkes du Piémont, 
(not animent *o~te « t Oulx), dont la langue est nlus rapprochée du ft auco-provençal que du 
piémontais, et les îles angjo-noi mandes de la Manche. Dans cette étendue de territoire 
1*39 Mations on- été établira à une distance à peu près égale les unes des autres : 
M Edmont a relevé dans chacune d'elles les équivalents patois des phrases ou des mots 
portés ur un questio «n.dre uniforme préparé par M. Gilliéro .. Ces équivalents sont notés 
d'une manière rigoureusement phonétique et dans un alphabet spécial, différant très peu de 
Ta phabet courant. Chaque carie comprend l'ensemble tiu terriloiic mais e-t toujours 
limitée à un mot, à une courte ph<ase. Les cartes se suivent dans l'ordre alphabétique 
du mot 

Citons quelques-uns des précieux éloges qui vinrent encourager cette 
publication. 

«... Nous avons sous les yeux la première livraison de l'Atlas linguistique de la France, 
par MM. J. Gillteron et E. Kdmont, contenant les 50 premières cartes qui composent cet 
immense ouvrage. Elles justifient tout ce qu'on pouvait en attendre coin" e méthode et 
comme résultat. » Gaston Paris (Romania). 

«< Souhaitons que rien ne vienne entraver dans sa marche continue et rapide une publi- 
cation qui, une fois achevée, rendra les plus grands services à la science et qui trouvera 
bien difficilement sa pareille dans un autre pays. * 

Aoolf Tobler (Deutsche Literaturxeitung). 

c Lorsque l'ouvrage sera achevé, nous serons en possession d'un incomparable recueil de 
matériaux pour loute tgpèce d.- recherches linguistiques. Qu'il soit donné aux auteurs de 
V Atlas du terminer s*ns encombre leur travail pénible et désintéressé : ils ont érigé un 
mouumenlum a^re perennius. » 

Meyer-Lubke (Literaturblatt fur germanische und romaniscke Philologie)» 

« L'immense trésor que V Atlas présente abondamment, occupera pendant de longues 
années de nombreux savants qui assimileront, utiliseront et mettront en ordre ses résul- 
tats. C'est pourquoi je rappelle de toutes mes forces, comme je l'ai fait déjà dans le Zeits- 
chrift, xxvm, 495, 6, l'importance considérable de V Atlas linguistique des deux Gilliéron et 
Edmont, non seulement en ce qui touche la Linguistique, la Grammaire, la Lexicologie et la 
Philologie, mais encore en ce qui concerne l'archéologie et l'histoire de la Civilisation. » 

Wkndelin Kohrster (Zeitschrifi fur Homanische Philologie). 

i V Atlas économise le temps du savant en lui apportant à pied d'œuvre les matériaux 
dont il a besoin pour ses spéculations. N'est-ce rien, que de pouvoir instamanément, grâce 
à une carte qu'on embrasse d'un coup «l'œil, trouver et grouper sous la même idée un mi - 
liur de formes dont la recherche dans les lexiques spéciaux de chaque région demanderait 
un loisir énorme ? Mais ce n'est là que son moindre avantage. Le butin scientifique n'y est 
pas seulement facile à recueillir, il y cet infiniment plus riche que partout ailleurs, car beau- 
coup de faits intéressants y sont, si je ne me trompe, relevés pour la première fois. » 

A. Thomas (Journal des savants). 



Imprimerie polyglotte Fr. Simon. IVnne*. 

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PUBLICATION MENSUELLE 



46* Annêk. N 08 3-4. Mars-Avril 1906 



HE VUE 



DES 



BIBLIOTHÈQUES 



Directeurs : EMILE CHATELAIN et LÉON DOREZ 



SOMMAIRE 

François Villon et Jean de Meun, par Louis Thitasne, p. 93. — Notes sur 
les libraires, relieurs, enlumineurs, papetiers et parcheminiers jurés de l'Uni- 
versité de Paris, extraites des Mémoriaux de la Faculté de Décret (1501-1524), 
par Léon Dorez, p. 145. — Observations présentées à la Commission des 
Bibliothèques et Archives par le Directeur de l'École des Chartes, par Paul 
Meyer, p. 173. 

Bibliographie, p. 183. 

Chronique des Bibliothèques, p. L^5. 



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LIBRAIRIE HONORÉ CHAMPION, ÉDITEUR 

5, QUAI M ALAQU AÏS, 5 

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Toute demande d'abonnement doit être accompagnée du montant en un mandat-poste 
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procédé Berthaud). 

Miracles de Notre-Dame, ras. français 9198 et 9199 de la Bibl. Nat. 
(132 planches), les 2 volumes 15 fr. 

Grandes chroniques de France, ms. français 6465 de la Bibl. Nat. 
(51 planches) 5 fr. 

Psautier illustré du xiii* siècle, ms. français 8846 de la Bibl. Nat. 
(107 planches) ... 10 fr. 

Fac-similés de manuscrits grecs, latins et français du v c au xiv 
siècle, exposés dans la galerie mazarine à Ja Bibl. Nat. (40 planches). 

5 fr. 

Psautier de Saint Louis, ms. latin 10525 de la Bibl. Nat. (92 planches) 10 fr. 

Anthologie des poètes Latins dite de Saumaise. Reproduction réduite du 
manuscrit eu onciale latin 10318 de la Bibl. Nat. (290 pages) 25 fr. 

Histoire des Francs de Gbegoirb db Tours. Ms. de Beauvais. Reproduc- 
tion réduite du manuscrit en onciale latin 17654 de la Bibl. Nat. 
(218 planches) 20 fr. 

Vie et histoire de Saint Denys. Reproduction des 30 miniatures de 
ms. français N. A. 1098 de la Bibl. Nat 5 fr. 

Livre d'heures de Henri II. Reproduction des 17 miniatures du ms. latin 
1429 de la Bibl. Nat 3 fr. 

Histoire de la mise en scène dans le Théâtre Religieux du moyen- 
âge, par Gustave Cohbn. 1 vol, in-8 orné de planches inédites d'après des 
manuscrits de la Bibliothèque Nationale 7 fr. 50 

Ce livre est la première étude complète et scientifique sur la mise eu scène dans 
le théâtre religieux du moyen-âge. L'auteur éteud son champ d'observation depuis 
les premiers rudiments de drame liturgique, au sein même de l'église, jusqu'aux 
richesses éclatantes des représentations de mystères du xvi e siècle, se déroulant 
soit sur la place publique, soit dans les salles de spectacle. L'ouvrage ue coucerne 
pas uniquement les historiens de la littérature : il peut avoir un vif intérêt pour 
tous ceux qui veulent s'enquérir des origines lointaines de notre mise en scène 
moderne. 

Successivement pour le drame liturgique, pour le drame semi-liturgique et pour 
les mystères, on nous montre le lieu de la scène, la décoration, la machinerie ; on 
nous initie à tous les détails de l'organisation, à la méthode de travail et à la 
* psychologie de Pauteur ; on uous peint les gestes et les mœurs, nous montrant en 
un mot dans la mise en scène de chaque période le reflet de la société du temps. 

Un des chapitres les plus importants concerne une question d'histoire de l'art 
vivement discutée à l'heure actuelle : il s'agit de l'influence des mystères sur l'art, 
que M. Cohen démontre par des arguments nouveaux et décisifs. 

Une bibliographie aboudante et une liste d -s manuscrits consultés termine le 
volume. 

L'ouvrage a été tiré à cent exemplaires. 

Bibliographie des Bénédictins de la Congrégation de France, par 

des Pères de la même congrégation. Fort volume in-8 sur 2 colonnes et 
accompagné d'héliogravures. Tiré à 385 exemplaires numérotés. 12 fr. 

Cette bibliographie, qui pousse le scrupule jusqu'à indiquer les ouvrages en pré- 
paration, contient plus de DIX MILLE mentions de volumes, articles de revues, 
tirages à part, recueils collectifs dus aux Bénédictins, et concernant l'histoire et 
les sciences auxiliaires (principalement l'histoire monastique, l'histoire locale et du 
moyen Age), l'hagiographie, la patrologie et l'archéologie chrétienne, la musique, le 
chant grégorien, la liturgie, la théologie mystique, la théologie dogmatique et 
morale, le droit canon, etc. Le toul énoncé très précisément et avec des détails 
que seuls les membres les plus autorisés de la Congrégation bénédictine pouvaient 
savoir. Les noms seuls du R«°* Dom Cabrol et de Dom Bihon, qui en ont été les 
rincipaux rédacteurs, indiquent déjà la précision scientifique de l'œuvre. Cette 
ibliographie rentre donc dans la catégorie des Manuels de première utilité, 
propres à faciliter les recherches comme à guider les travailleurs. — Une Notice 
biographique substantielle est consacrée à chaque auteur. Un bon résumé des 
ouvrag s à consulter sur les abbayes et les ordres termine l'œuvre. Cette Biblio- 
graphie doit prendre place à coté de l'Histoire littéraire consacrée par Dom Tassin 
à l'illustre Congrégation de Saint-Maur. 

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E 



0 



FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN 



Le meilleur moyen, à défaut de documenls précis, pour se ren- 
seigner sur la culture générale d'un écrivain et sur le choix de ses 
lectures, et pour saisir sur le vif ses habitudes de style, est de 
chercher à remonter aux sources qu'il a utilisées pour la compo- 
sition de ses ouvrages. On arrive ainsi avec quelque certitude, à 
faire le départ de ce qui lui appartient en propre et de ce qu'il doit 
à autrui. Indépendamment de la langue qu'il parle et des idées 
qui lui ont été transmises et au milieu desquelles il vit, et qui fata- 
lement doivent se refléter dans son œuvre, il en est d'autres qu'il a 
acquises dans son commerce avec le passé, et qui exercent égale- 
ment leur action sur l'expression de ses sentiments et de ses pensées. 
Villon, malgré toute l'originalité et la spontanéité de son heureux 
génie, n'a pas échappé à celte loi commune ; et l'on relève dans ses 
vers, d'une inspiration pourtant si primesautière, des influences 
littéraires certaines Parmi celles-ci, il n'en est pas de plus mar- 
quante que celle du Roman de la Rose, à la lecture duquel il semble 
s'être tout particulièrement adonné. L'œuvre de Guillaume de Lorris 
et de Jean de Meun est celle qu'il connaissait le mieux ; et l'attrait 
que ce dernier, le principal collaborateur de cette œuvre fameuse, 
paraît avoir exercé sur lui, l'incita sans doute, malgré son peu d'in- 
clination naturelle pour l'étude 1 , à lire ses autres ouvrages, son 



1. u Car de lire je suis felart », dit-il au début du Grant Testament. (G. T. , v. v. 36). 
« Plaignant » le temps de sa jeunesse, il constate mélancoliquement que 



Allé s'en est, et je demeure, 

Povre de sens et de savoir. (G. T. uni, v. 177 178). 



Plus loin, il déplore sa vie dissipée : 



Hé LMeu ! se j'eusse estudié 

Ou temps de ma jeunesse folio... 

Mais quoy ?je fuyoie l'encolle... (G. T. xxvi, v. '201-2^2, 2<»5). 



revue des biul., mars-avril 1906. 



xvi. — 7 




94 



LOUIS THUASNE. 



Trésor, son Testament et son Codicille \ de même que sa traduc- 
tion des Lettres (THélolse et d'Abailard, celle de Vegèce et du 
livre de Confort de Boôce. 

L'iniluence du Roman de la Rose sur les écrivains qui se sont 
succédé, en France, depuis son apparition jusqu'au xvn e siècle, 
est incontestable. Ce roman, lu avidement par plusieurs généra- 
tions, a entraîné toutes les intelligences, souvent à leur insu, dans 
le courant de sa critique frondeuse et galante, érudite "et philoso- 
phique, lyrique et didactique, qui caractérise, à des titres divers, la 
littérature des siècles suivants. Cette influence est particulièrement 
' sensible chez Villon et se manifeste sous deux formes : la première 
qu'on pourrait appeler une influence d'ensemble et qui se rattache 
à des idées communes sur l'Amour, la Mort, la Fortune, à des 
traits de satire contre les moines et les femmes, à des considérations 
sur le néant de la richesse, de la puissance et de la beauté, à des 
regrets sur la fuite du temps, mais qui, par leur caractère même, 
sont plus appréciables à la lecture et à l'exposition orale que 
démontrables par l'analyse écrite; toutes idées d'ailleurs traitées 
avant Villon et après lui, mais qu'il a su par son talent essentielle- 
ment personnel rendre originales et neuves; — l'autre faite de 
détails, et qui se décèle par l'expression d'idées similaires, par la 
structure particulière de la phrase où elles sont exprimées, et par 
le choix des mots qui la rendent. La juxtaposition des textes, en 
ce dernier cas, suffit pour faire ressortir soit les réminiscences 
voulues, soit les coïncidences fortuites, soit l'emprunt direct. 
Ainsi comprise, cette étude, malgré la simplicité des moyens, 
conduit à des résultats qui méritent de fixer l'attention. Elle 
permet de marquer ce dont Villon est redevable, par le moyen du 
Roman de la Rose, à l'antiquité et au moyen âge. A l'antiquité, on 
verra qu'il doit peu de choses : sa connaissance d'Ovide procède 
bien moins de l'original latin que du célèbre roman auquel le poète 
de VArt d'aimer, par la nature même du sujet, fournit l'appoint 
principal. Quant au moyen âge, les idées confuses que Villon y a 
puisées proviennent d'autres sources, et émanent presque exclusi- 
vement de chansons de geste parvenues jusqu'à lui plus ou moins 
altérées dans des traductions eu prose ou par des traditions orales. 

1. Comme Ta remarqué Gaston Paris, le titre de Testament et Codicille qui figure 
en tête des anciennes éditions de Villon, a très vraisemblablement été mis en imitation 
du Testament et Codicille de Jean de Meun. Cf. Homania, t. XXX (1901), p. 355, n. 1. 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 95 

]1 doit davantage à son époque, et Alain Chartier, qu'il nomme 
dans ses vers 1 , peut revendiquer Thonueur d'avoir, dans une 
certaine mesure, influé sur quelques parties de son œuvre, 
les moins bonnes, à vrai dire 2 . Le théâtre d'alors, avec ses 
Mystères où l'horrible se mêle au bouffon et le grotesque au 
tragique, a également sa part dans l'expression de sa poésie, 
tour à tour enjouée et grave, mélancolique et comique, cynique 
et chaste, toujours humoristique, et frappée à son coin. Mais 
le plus net de ses emprunts, si £on peut appeler de ce nom les 
impressions multiples qu'il a prises dans les différents milieux où 
il a fréquenté, il les a faits à son propre cœur, et à cette faculté 
puissante et évocatrice de peindre en traits éclatants et profonds les 
notations les plus fugitives de sa pensée et de donner une forme 
concrète et tangible aux conceptions de sa fantaisie. On verra 
d'ailleurs avec quel tact, et quel sentiment exact de la mesure, 
Villon s'approprie certains traits de son confrère du xm e siècle, et 
comment il sait presque toujours échapper aux défauts qu'on 
remarque en ce dernier, à sa prolixité souvent fatigante, à ses 
énuméralions sans mesure, et cela — au milieu de beautés très 
réelles. D'ailleurs la forme même de sa poésie prémunissait Villon 
contre ces abus ; mais toutes ces qualités qui portent si haut le 
mérite de son œuvre ont été jugées ailleurs 3 et appréciées excel- 
lemment : il n'y a pas lieu d'y insister ici. 
J'ai suivi, dans cette étude, l'édition de Méon pour le Roman de 



1. G. T. clv, v. 1805. 

2. Tel ce rondeau : Mort, j 'appelle de ta rigueur.,. (G. T v. 978 et sqq), et la 
Ballade que Villon donna à un gentilhomme... G. T. v. 1378 et sqq. — Alain 
Chartier était également pénétré du Roman de la Rose, mnis il ne Pa guère imité que 
dans ses défauts. Très remarquable, lorsqu'il écrit en prose, et vraiment digne alors 
d'avoir été appelé « le père de Péloquence française », ses vers, d'un sentiment 
alambiqué et conventionnel, sont presque toujours d'une lecture fatigante et fastidieuse, 
malgré l'opinion contraire de Martin le Franc : 

Les aullres d'Alain se démentent. 
Car il a le mienlx baladé. 

{Le Champion des Dames. Bibl. nat., fr. 12,476, fol. 114 c). 

3. Cf. spécialement l'appréciation d'Anatole de Montaiglon, dans Les poètes français 
(recueil publié sous la direction de Crépet, Paris, 1861, in-8°), t. 1, p. 447 et sqq. et 
reproduite, en partie, par Gaston Paris, dans son François Villon [ Paris, 1901, in-8°), 
dans la Collection des Grands Écrivains français (Hachette), p. 179 et sqq. ; et ce 
dernier ouvrage, où se trouvent la plupart des jugements portés sur Villon, chap. III, 
pp. 163 et sqq. 



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LOUIS THUASNB. 



la Rose (Paris, 1814, 4 vol. in-8°)\ et, pour Villon, celle publiée 
par M. Auguste Longnou, la dernière parue et la meilleure (Paris, 
1892, in-8°). J'ai respecté autant que possible Tordre des pièces où 
elles sont données dans cette édition, relevant au fur et à mesure 
qu'ils se présentent les rapprochements avec le Roman delà Rose* 
et incidemment avec d'autres ouvrages de Jean de Meun. 

Le petit Testament de maistre Françoys Villon 

' (1456) 

Dans le premier huilain du Petit Testament, Villon cite lé témoi- 
gnage de Végèce, et dit 

Qu'on doit ses œuvres conseiller 
Comme Vegece le raconte. (Vers 5, 6.) 

Si Ton considère, en ce préambule, l'introduction de ce Vegèce 

Sage rommain, grant conseiller (v. 7) 

comme une simple plaisanterie, il n'y a pas lieu à recherche. Mais 
si l'on interprète, comme je crois qu'on doit faire, l'expression ses 
œuvres conseiller par t soumettre ses œuvres au jugement, au 
conseil d'autrui », (et le contexte 



semble donner raison à cette interprétation), cette allégation 
prêtée à Végèce est bien réelle : on lit, en effet, au début du Pro- 
logue du Livre de Chevalerie traduit par Jean de Meun*, cette 
phrase : 



1. Le numérotage des vers permet de se servir également de l'édition du Roman de 
la Rose donnée par Francisque Michel (Paris, 1864, 2 vol. in-12). — L'édition de Méon 
est encore la meilleure qui existe, en attendant l'édition critique et définitive à laquelle 
travaille actuellement M. Ernest Laoglois. — Un texte éclectique des œuvres de Villon 
(sans les variantes des manuscrits et des imprimés) a été donné par M. le D r Wolfgang 
von Wurzbach d'après l'édition de M. Longnon, et en mettant à profit les études cri- 
tiques publiées par Gaston Paris, sur ce dernier ouvrage, dans la Romania, t. XXX 
(1901), pp. 352-392 : Die Werke Maisire François Vi lions mil Einleitung und 
Anmerkungen, heransgegeben von D r Wolfgang von Wurzbach Erlangen, 1903, in-8»), 

2. Bibl. nat., fr. 1230, fol. 1 d. — Voici Yexplicit de cet ouvrage : « Cy fine le livre 
Vegece de l'Art de Chevalerie que nobles princes Jehan conte d'Eu fist translater de 
latin en françois par maistre Jehan de Meun. En l'an de Pincarnacion nostre Seigneur. 
M. CC. quatre vins et quatre. » Fol. 45 6. 



Ou autrement ou se mesconte (v. 8) 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



97 



« Li ancien ont esté coustumier de mètre en escript les choses 
qu'il pensoient qui fussent bonnes à savoir et en faisoient livres, 
puis si les offroient as princes : Car se li empereres ne les eust 
avant veus et confermez, il ne fussent pas receus ne mis en 
auctorité. » 



La très amoureuse prison 

Qui souloit son cuer debriser. (II, v. 15-16.) 



déclare qu'il confie aux dieux le soin de sa vengeance. 



Je le feis en telle façon, 

Voyant Celle devant mes yeulx 

Consentant à ma desfaçon, 

Sans ce que ja luy en fust mieulx ; 

Dont je me deuil et plains aux cieulx. 

En requérant d'elle vengence 

A tous les dieux venerieux, 

Et du grief d'amours allegence (v. 17-2'«). 



De même la nymphe Écho, désespérée des dédains de Narcisse, 
demande à Jupiter, avant de mourir, de vouloir la venger : 



Si en ot tel duel et tel ire, 
Et le tint en si grant despit, 
Que morte en fu sans lonc respit; 
Mes ainçois qu'ele se morist, 
Eie pria Diex et requist 
Que Narcisus au cuer ferasche, 
Qu'ele ot trové dVimors si flasche, 
Fu asproies encore ung jor, 
Et escbaufés d'autel amor 
Dont il ne peùst joie atendre ; 
Si porroit savoir et entendre 
Quel duel ont li loial amant 
Que l'en refuse si vilment. 



HUiTAIN III 



Villon voulant briser 



(T. [, p. "»0; v. 1461-1473.) 




98 



LOUIS THUASNE. 



HUITA1N IV 



Villon, parlant de la perfidie de sa maîtresse, écrit ces vers : 



Ces doulx regars et beaux scmblans 

De très décevante faveur, 

Me transpersent jusques aux flans, 

Bien ilz ont vers moy les piez blans 

Et me faillent au grant besoing « (v. 26-30). 



D'autre part, dans le Roman de la Rose, on voit Abstinence 
Contrainte s adresser ainsi à V Acteur. 



Sire, dist Gontrainte-Astenence, 
Por faire nostre pénitence 
De fin cuer net et enterin 
Sommes ci venu pèlerin ; 
Presque tous jors à pié alons, 

Moult avons poudreus les talons. (T. II, p. 339, V. 12358-12363.) 



Le sens, dans ce dernier cas, n'est pas douteux. Les talons pou- 
dreus sont pris au propre : au contraire, dans Villon, les piez 
blans sont pris au figuré. Avant de considérer cette expression en 
elle-même, il faut voir le sens qu'elle emprunte au contexte. Or il 
est certain que Villon, parlant des sentiments de tendresse qu'af- 
fectait d'avoir pour lui sa t fausse > maîtresse, déclare qu'ils étaient 
simulés, mensongers, hypocrites.il s'en explique plus à plein dans 



1. Cette expression « faillir au besoing » se trouve dans Le Roman de la Rose : 



et n'a cessé d'être en usage jusqu'au xvii 6 siècle. On peut rapprocher du vers de Villon 
la phrase suivante qu'il avait pu lire à Blois, dans le recueil des poésies du duc Charles 
d'Orléaos. Au cours du « Discours prononcé en présence du Roy Charles VU par 
Charles, duc d'Orléans, au sujet du procès criminel de Jean II, duc d'Alençon, en l'an 
M.CCCC.LVI >', Charles écrit celte phrase (il avait été fait prisonnier en faisant son 
devoir) : c En quoy je me confortoye que Dieu m'en sauroit gré, et aussi que tous ceulx 
de royaume de France estoienl par ce obligez à ne me faillir quant besoing seroit. » 
Bibl. nat., fr. 1104, fol. 49.— On relève également cette expression dans le Quadriloge 
invectif d'Alain Chartier que Villon connaissait bien : «... si que le pain lui fault au 
plus grant besoing. >» Œuvres (Paris, 1189, in-fol.), fol. h 6 a. De même, dans Rabe- 
lais : « Et donne ordre que ces précieux oeuvres de supererogation, ces beaux pardons 
au besoing ne nous faillent », dit Homenas, dans Pantagruel, IV, 53. 



Quant li son* au hesoing ttï faut (l. Il, p. 127, v. 6810) 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



99 



les huilains LV-L1X du Grand Testament (V. 673-712), et dans la 
ballade de Villon à s'Amye (V. 942 et sqq.) : 



Se celle que jadis servoie 

De si bon cueur et loyaument, 

Dont tant de maulx et griefz j'avoie, 

Et souffïoie tant de torment, 

Si dist m'eust, au commencement, 

Sa voulenté — mais nennil, las — 

J'eusse mis paine aucunement, 

De moy retraire de ses las. 



Quoy que je luy voulsisse dire, 
Elle estoit preste d'escouter, 
Sans m'acorder ne contredire; 
Qui plus, me souffroit acouter, 
Joignant d'elle près s'accouter. 
Et ainsi m'aloit amusant, 
Et me souffroit tout raconter, 
Mais ce n'estoit qu'en in'abusant. 



Abusé m'a et faict entendre 

Tousjours d'ung que ce fust ung aultre. . . 

L1X 

Ainsi m'ont amours abusé, 

Et pourmené de l'uys au pesle... (v. 672 et sqq.) 



Enfin, dans la ballade de Villon à s'amye, le poêle revient sur ce 
douloureux sujet : 



Faulse beaulté, que tant me couste chier, 

Rude eu effect, ypocrite doulceur, 

Amour dure, plus que fer, à mascher... (v. 942 et ssq.) 



Prompsault s'est complètement mépris sur le sens, pourtant fa- 
cile à saisir, de ce vers : 



Bien ilz ont vers moy les piez blans, 



LV 



LVI 



LVII 




100 



LOUIS THUASNE. 



en Tinterprétant par cette phrase : « Ils sont (ces doulx regars et 
beaux semblans) toujours bien reçus chez-moi ; ce qui n'empêche 
pas qu'ils me manquent lorsqu'ils me seraient le plus nécessaires 1 . » 
Paul Lacroix écrit : Ils reviennent de loin comme les voyageurs 
aux pieds poudreux 5 . » Antoine Campaux ne donne pas une meil- 
leure explication de ce vers . . . Ces beaux semblants si doux et si 
trompeurs, l'objet de mes regrets, à cette heure, reviennent de bien 
loin aujourd'hui pour moi, c'est-à-dire sontbien loin de moi 3 . » Pierre 
Jannet se contente de reproduire l'explication de Paul La- 
croix*. M. Bijvanck 8 renvoie au proverbe cité par Cotgrave : « C'est 
le cheval aux quatie pieds blancs — such a one as fails lus friend 
at a pinch », comme qui trompe son ami au besoin. — Cette inter- 
prétation, pour être meilleure, n'est pas pleinement satisfaisante 8 ; 
il n'est pourtant pas impossible, sans chercher à rien deviner, de 
donner le sens vrai de cette phrase. 

11 est probable que blancs a été substitué par Villon à poudreus 
pour satisfaire à la rime. Or pxedpoudreux, pedepulverosiis, au 
moyen âge, a le sens d'advena, dLextraneus 1 . Ces doux regards et 
beaux semblants avec lesquels l'abusait sa maîtresse, Villon les 
jugeait comme de pures grimaces, comme des manifestations hypo- 
crites, tout extérieures [extraneae) y oi\ le cœur n'était pour rien, et 
qui lui faisaient défaut quand il en avait le plus besoin. 

Au chapitre XI du livre V, Rabelais met cette phrase dans la 

bouche de Pantagruel parlant en sou nom et en celui de ses com- 
» 

pagnons : <t Retournans trouvasmes la porte fermée : et nous fut 
dit que là facilement on y entroit comme en Arverne : à issir estoit 
la difficulté, et que ne sortirions hors en manière que ce fust sans 
bulletin et descharge de l'assistance, par ceste seule raison qu'on 



1. Œuvre de maîstre François Villon... (Paris, 1832, in-8), p. 66, n. 29. 

2. Œuvres complètes de François Villon... (Paris, 185i. in 16), p. 11, n 6. 

3. François Vitlon % sa vie et ses œuvres (Paris, 1859, in-8), p. 86. 

i. Œuvres complètes de François Villon... ^ Paris, 1873, in-16, 3" ëdit.), p. 255 
(La 1" édit. est de 1867). 

5. Essai critiqua sur les œuvres de François Villon (Leyde, 1833, in-8), p. 2i, n. 2. 
M. Wolf^ang von Wurzbach fait «le imVne dans son édition de Villon, p. 39, n. (iv, 29). 

6. Bien qu'on ait pu dire. Cf. Homnnia, t XXX (1901), p. 388. 

7. Cf. Du Ca-soe, Glossarium à la locution « pede pulverosi » ; et Glasson, Ilist. du 
droit et des institutions de la France (Paris, 1887-1894, 7 vol. in-8»), t. VI, p 481, 
note. — Pour l'ensemble, P. Ulveuk, Essai historique sur le droit des marchés et 
des foires (Paris, 1897, in-8° , chup. XV, pp. 383 et sqq. ; et particulièrement p. 419, 
n. \. 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



101 



ne s'en va pas des foires comme du marché, et qu'avions les 
pieds pouldreux. » La phrase signifie que Pantagruel et les siens, 
qui se trouvaient alors dans un lieu appelé Le QuicHet> séjour de 
Grippeminaud, archiduc des Chats fourrés, devaient, pour pouvoir 
en sortir, avoir c un bulletin de descharge de l'assistance >, une sorte 
de passeport, de laisser-passer en leur qualité d étrangers, de pied- 
pouldreux. 



VI 



Désespéré de l'indifférence de sa maîtresse, Villon songe à s'éloi- 
gner d'elle, et à aller à Angers : 



Pour obvier à ces dangiers 

Mon mieulx est, ce croy, de fouir. 

Adieu ! je m'en vois & Angiers, 

Puisqu'elP ne me veult impartir 

Sa grâce, il me convient partir. 

Par elle meurs, les membres sains; 

Au fort, je suis amant martir, 

Du ntombre des amoureux sains ! (v. 41-48.) 



De même Y Amant, percé d'une nouvelle flèche par « le diex 
d'Amors », fait entendre les lamentations suivantes qui ont, avec 
le passage cité ci-dessus, une corrélation appréciable : 



La grant dolor me renovele 
De mes plaies de maintenant, 
Trois fois me pasme en ung tenant. 
Au revenir plains et soupire, 
Car ma dolor croist et empire 
Si que ge n'ai mès espérance 
De garison ne d'alejance. 
Miex vosisse estre mors que vis, 
Car en la fin, ce m'est avis, 
Fera A mors de moi martir : 
Ge ne m'en puis par el partir. 



(T. I, p. 73, v. 4837-1847.) 




102 



LOUIS THUASNE. 



IX 

En prévision de sa mort, Villon fait « ce présent laiz » : 

Premièrement, ou uom du Pere, 

Du Filz et du Saint-Esprit, 

Et de sa glorieuse Mere 

Par qui grâce riens ne périt, 

Je laisse, de part Dieu !. . . (v. 65-60). 

De même, dans le Qrant Testament : 

LXX 

Ou nom de Dieu, Pere éternel, 
Et du Filz que Vierge parit, 
Dieu au Pere coeternel, 
Ensemble le Saint- Es périt, 
Qui sauva ce qu' Adam périt, 
Et du pery pare les Gieuix... 

Jéan de Meun commence son Testament dans des termes à peu 
près semblables. 

Li Testament de maistre Jehan de Meung. 

Li Pères et li Filz et li Sains Esperis, 
Uns Diex en trois persones aorez et chéris, 
Tiengne les bons en grâce et recous t les péris, 
Et doint que cilz Traitiez soit à m'ame meris ! 

(T. IV, p. 1, v. 1-4.) 



Le grant Testament de maistre Franqoys Villon (1461). 



I 

L'auteur débute ainsi : 

En Tan trentiesme de mon aage 1 (v. 1). 



1. Cf. Romania, t. XXX (1601), Villoniana, p. 361 ; et t. XVI (1887), p. 573, n. 1. 



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FRANÇOIS VILLON ET JBAN DE MEUN. 103 

De même Guillaume de Lorris, après un préambule de vingt 
vers, poursuit : 

Ou vintiesme an de mon aage (t. I, p. 4, v, 20). 
XV 

Et, comme le noble Rommant 
De. la Rose dit et confesse 
En son premier commencement, 
Qu'on doit jeune cuer en jeunesse, 
„ Quand on le voit viel en viellesse, 
Excuser; hélas ! il dit voir. (v. 113-118.) 

Ce n'est pas au commencement du Roman de la Rose, mais au 
début du Testament de maislre Jehan de Meung, que se trouve 
le passage en question. Villon citait donc de mémoire : 

Bien doit estre excusé jone cuer en jonesce 

Quant Diex li donne grâce d'estre viel en viellesse 

(T. IV, p. 1 ; v. 9-10.) 

Villon faisait sans doute confusion avec ce passage du Roman 
de la Rose, passage qui est effectivement au «premier commen- 
cement » du poème. 

C'est Raison qui parie : 

Jonesce met homme ès folies, 
Ès boules et ès ribaudies, 
Ès luxures et ès outrages, 

Ês mutacions de corages 

En tex péris les met jonesce 

Qui les cuers à délit adresce 

Mais vieillesce les en rechasce... 
Viellesce qui les accompaigne 
Qui moult lor est bonne compaigne, 
Et les ramaine à droite voie, 
Et jusqu'en la fin les convoie. . . . 

(T. II, p. 24, v. 4478 et sqq. 

XVII 

L'anecdote de Diomedès et d'Alexandre, où le roi use de magna- 
nimité et de t largesse » envers le pirate, n'a pas son correspondant 



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104 



LOUIS THUASNE. 



dans le Roman de la Rose; mais, ainsi que dans Villon, Alexandre 
— dans ce dernier ouvrage — est le roi généreux pris pour type de 
a largesse » : 



Qu'il est preus et hardis sans faille : 
En cest païs n'a qui le vaille, 
Tant a le cuer plain de noblece ; 
Il surmontoit de largece 
Le roi Artus, voire Alixandre... 



Ces deux citations viennent à l'appui de cette remarque dç 
M. Paul Meyer : t A partir de la seconde moitié du xn e siècle et 
jusqu'à la fin du moyen âge, le mérite pour lequel Alexandre est 
universellement célébré, ce n'est pas son génie pour les choses de 
la guerre, — au moyen âge, on guerroyait beaucoup, mais la stra- 
tégie en France était à peu près perdue, — ce n'est pas même son 
courage personnel, bien que les éloges ne lui aient pas été négligés 
à cet égard, c'est surtout et par dessus tout sa largesse. Alexandre 
est devenu le type idéal du seigneur féodal , ne cherchant point à 
amasser pour lui, mais distribuant généreusement à ses hommes 
les terres et les richesses gagnées avec leur aide, et s élevant, par 
eux et avec eux, en honneur et en puissance \ > 

L'emprunt de Villon pour le récit de Dioinedès et d'Alexandre ne 
relevant pas du Roman de la Rose, les sources en sont données au 
Supplément n° 1. 



1. Paul Meyer, Alexandre le Grand et la littérature française au moyen âge 
(Paris, 1886, in-8°), t. Il, p. 372. 



Apres refu Largece assise. 
Qui fut bien duite et bien aprise 
De faire honor, et de despendre : 
El fu du lignage Alexandre. 



(T. I, p. 46, v. 1132-H34.) 



La Vieille, faisant l'éloge du Valés, assure - 



(T. II, p. Ali, v. 12864-12868.) 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



105 



XX1I-XXIII, XXVI, CXX1II 



Villon « plaint » le temps de sa jeunesse qu'il a si mal employé : 

XXII 



Je plaings;;le temps de ma jeunesse, 

Ouquel j'ay plus qu'autre gallè, 

Jusques à l'entrée de viellesse, 

Qui son partement m'a celé. 

Il ne s'en est à pié allé, 

N'a cheval; heias ! comment don? 



Soudainement s'en est voilé, 
Et ne m'a laissé quelque don. 



Allé s'en est, et je demeure, 
Povre de sens et de savoir, 
Triste, failli, plus noir que meure, 
Qui n'ay n'escus, rente, n'avoir. . . 



Hé Dieu ! se j'eusse estudié 
Ou temps de ma jeunesse folle, 
Et à bonnes meurs dédié, 
J'eusse maison et couche molle ! 
Mais quey ? je fuyoie Tescolle, 
Comme fait le mauvais eufant.. 
En escripvant ceste parolle 
A peu que le cueur ne me fent. 



Au fort, triste est le sommeiller 
Qui fait aise jeune en jeunesse, 
Tant qu'en fln lui faille veiller, 
Quant reposer dust en viellesse. 



Ces quatre vers ont comme leurs correspondants dans cette dé- 
claration de Richesse : 



Car par vie oiseuse et fetarde 
Puet-fen à Povreté venir. . . 

T. 2, p 284, V. 10233-10234.) 



XXIII 



XXVI 



cxxm 




106 



LOUIS THUA8NB. 



Mais c'est surtout en lisant parallèlement les passages similaires 
dans Villon et dans le Roman de la Rose qu'on peut voir, en 
dehors des passages topiques, les analogies qui résident bien plus 
dans l'ensemble que dans les détails. 

Raison démontre à V Amant les dangers de l'amour : 



Trop sunt & grant meschief livré 
Cuers qui d'Amors sunt enivré ; 
En la fin encor le sauras 
Quant ton tens perdu i auras ; 
Et degastée ta jonesce 
En ceste dolente leesce. 
Se tu pués encore tant vivre 
Que d'Amors te voies délivre, 
Le tens qu'auras perdu plorras, 
Môs recovrer ne le porras... 



Le vers (179) de Villon se retrouve dans celui où Guillaume de 
Lorris décrit le bois de l'arc du dieu d'amour : 

Et si estoit plus noirs que mores (t. 1, p. 38, v. 911.) 

mais surtout dans ce passage où Jean de Meun montre l'époux ja- 
loux menaçant sa femme de la corriger d'importance s'il la voit 
causer avec 



ce bacheler 
Robichonet au vert chapel, 

(t. II, p. 202, v. 65-66.) 



Se vous jamès parlés à li, 
Vous en aures le vis pali, 
Voires certes plus noir que more. 



(T. 2, p. 31, v. 4630-4639.) 



(T. II, p. 203, v. 8576-8578. 



XXV 



Bien est vérité qu'ay amé 
Et ameroie vouientiers ; 
Mais triste cueur, ventre affamé, 
Que n'est rassasié au tiers, 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



107 



M'oste des amoureux sentiers. 
Au fort, quelqu'ung s'en recompence, 
Qui est remply sur les chantiers ; 
Car la dance vient de la pance. 



Ce passage se retrouve en deux endroits du Roman de la Rose. 
Guillaume de Lorris termine le portrait de Tristesse par ces 
vers : 



La doloreuse, la chetive, 
Il ne li tenoit d'envoisier, 
Ne d'acoler, ne de baisier : 
Car cil qui a le cuer dolent, 
Sachiés de voir, il n'a talent 
De dancier, ne de karoler, 
Ne nus ne se porroit moller 
Qui duel eust, a joie faire, 
Car duel et joie sont contraire. 



Ailleurs Jean de Meun dans la requête de Povretè à Richesce 
met cette pensée dans la bouche de la première : 



Ausinc le doiveut cil savoir 
Qui d'amors vuelent joie avoir : 
Car povre n'a dont s'amor pesse 
Si cum Ovide le confesse. 



Faisant un retour sur son passé, et songeant à ses « compaings 
de galle 1 » dont les uns ont réussi à se pousser dans le monde, 
dont les autres sont dans la misère (XXIX-XXX), Villon poursuit : 



Aux grans maistres Dieu doiut bien faire, 
Vivans en paix et en requoy. 
En eulx il n'y a que refaire; 
Si s'en fait bon taire tout quoy, 
Mais aux povres qui n'ont de quoy, 
Comme moy, Dieu doint patience ; 
Aux autres ne fault qui ue quoy, 
Car assez ont pain et pitance. 



(T. I, p. 16, v. 



329-337.) 



(î. II, p. 179, v. 8020-8023.) 



XXXI 



1. G. T. v. 1720. 




108 



LOUIS THUASNE. 



XXXII 

Bons vins ont, souvent embrochez, 
Saulces, brouetz et gros poissons ; 
Tartes, flaons, œfz fritz et pochez, 
Perduz et en toutes façons. 
Pas ne ressemblent les maçons, 
Que servir fault & si grant peine ; 
Ils ne veulent nulz eschançons : 
De soy verser chascun se peine. 

Mais, faisant réflexion qu'il parle irrévérencieusement des puis- 
sants — matière toujours dangereuse ' — il revient à son sujet . 

XXXIII 

En cest iucident me suis mis, 
Qui de rien ne sert à mon fait. 
Je ne suis juge, ne commis, 
Pour pugnir n'absoudre mesfait. 
De tous suis le plus imparfait. 
Loué soit le doulx Jhesucrist ! 
Ce que j'ay escript est escript. 

On peut, dans ce passage, voir une réminiscence d'Ovide : 

Pauper amet caute : timeat maledicere pauper ; 
Multaque, divitibus non patienda, ferat 2 , 

mais surtout de Jean de Meun qui a développé la même idée d'après 
le poète latin. 

Povres doit aimer sagement 
Ët doit soffrir moult humblemennl, 
Quanque li Voit ou faire ou dire, 
Sans semblant de corrous ne d'ire. 



1. Viiloo reprend ailleurs la même idée : 

l.e saige ne veult que contende 
Contre puissant, povre homme las ! 
Affin que ses lillez ne tende, 

Et que ne tiebuche en ses las. (G. T. v. 1GC1 -4664.) 

2. Ovide, De arte amandi, 11, 167-8. 



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FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



109 



Meismcment plus que li riches 
Qui no donroit espoir deus chiches 
En son orguel n'en son dangier ; 
Si la porroit bien ledengier... 

(T. II, p. 256, v. 9798-9800.) 

Villon, montrant l'égalité des hommes devant la Mort, évoque 
un passage de Raison sur les jeux de la Fortune. 

XXXIX 

Je cognois que povres et riches, 
Sages et folz, prestres et laiz, 
Nobles, villains, larges et chiches, 
Petiz et grans, et baulx et laiz, 
Dames à rebrassez collez, 
De quelconque condicion, 
Portans atours et bourrelez, 
Mort saisit sans exception *. 

CXLIX 

Quand je considère ces testes 
Entassées en ces charniers, 
Tous furent maistres des requestes, 
Au moins de la Chambre aux Deniers, 
Ou tous furent porte-panniers ; 
Autant puis l'ung que l'autre dire, 
Car d'evesques ou lanterniers, 
Je n'y congnois rien à redire. 



1. Dans la confession de La Vieille, où celle-ci rappelle que dans sa jeunesse il n'y 
avait homme qui ne fût séduit et subjugué par sa beauté, il y a quelques vers qui 
peuvent être rapprochés de ceux de ce XXXIX huitain : 

Je n'en met hors prelaz, ne moines, 
Chevaliers, borjeots, ne chanoines. 
Ne clerc, n« lai, ne fol, ne sage, 
Por qu'il fust de poissant aage 
Et de religions saillissent.... 
Nus n'i gardait condicion.. 

(T. III, p. 13, v. 14322 et sqq.). (Ce passage est donné plus loin, p. 132.) 

Quant aux vers par lesquels Jean de Meun montre que la Mort atteint également 
tous les hommes, cf. même tome III, p. 90, v. 16146 et sqq. 

Revus des bibl., mars-avril 1906. xvi. — 8 



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ito 



LOUIS THUASNE. 



CI 



Et icelles qui s'inclinoient 
Unes contre autres en leurs vies ; 
Desquelles les unes regnoient, 
Des autres craintes et servies : 
Là les voy toutes assouvies, 
Ensemble en ung tas pesle-mesle. 
Seigneuries leur sont ravies ; 
Clerc ne maistre ne s'y appelle. 



Or sont ilz mors, Dieu ait leurs ames ! 
Quant est des corps, ils sont pourris. 
Aient esté seigneurs ou dames, 
Souef et trendrement nourriz 
De cresme, froraentée ou riz, 
Leurs os sont déclinez en pouldre, 
Auxquels ne chault d'esbatz, ne riz... 
Plaise aux doulx Jhesus les absouldre ! 



Ces vers magnifiques, d une mélancolie à la fois si poignante 
et si haute, et d'un réalisme si parfait, se retrouvent, mais bien 
atténués, chez Jean de Meun, et comme noyés dans l'interminable 
discours de Raison : 



Et se tu ne scés bien entendre, 
Par ces paroles pués aprendre 
Que richcsces et révérences, 
Dignités, honors et poissances, 
Ne nule grâce de Fortune, 
Car je n'en excepte nesune, 
De si grant force pas ne sont, 
Qu'il facent bons ceux qui les ont, 
Ni dignes d'avoir les richeces, 
Ne les honors ne les hauteces. . . 



Fortune ainsinc le pueple vanche 
Des bobans que vous démenés, 
Cum orguilleux et forsenés. 
Si destruit ele maint prodomme, 
Qu'el ne prise pas une pomme 



Cil 



(T. 2, p. 102, v. 627/1-6283.) 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MKUN. 



111 



Tricherie, ne loiauté, 
Ne vil estât, ne roiautô ; 
Ainçois s'en joë à la pelote, 
Comme pucele nice et sote... 

(T. 2, p. 114, v. 6573-G581.) 

Le vers suivant du Testament de Jehan de Meting est comme 
le sommaire du huitain XXXIX 

Mort est à tous commune, mort est à tous bannière. 

(T. 4, p. 2, v. 20.) 

Dans son Trésor, Jean de Meun revient sur cette idée : 

Mort, vielz et jeunes, nous queurt seure, 
Mort nous prent, nous ne gardons Teure ; 
Mort nous est de nécessité, 
N'est nulz qui a la mort ne queure, 
Ne qui nullement y sequeurc... 

(T. 3, p. 38'i, v. 1343-1347.) 

Cette citation suffit pour montrer la distance immense qui sépare 
le poète Villon du versificateur du xiu e siècle qui, dans ce passage, 
— il faut en convenir — est particulièrement mauvais. 

Le mari jaloux, après avoir accablé sa femme de reproches et 
d'injures, lui dit qu'il a bien tort de la sermonner ainsi, car elle n'en 
fera rien : 

As ribaus, vous irés clamer 
Et me porrés faire entamer 
La teste, ou les cuisses brisier, 
Ou les espaules encisier, 
Se jà poes à eus aler ; 
Me* se g'en puis oïr parler 
Ains que ce me soit avenu, 
Et li bras ne me sunt tenu, 
Ou le pestel ne m'est ostés, 
Je vous briserai les costés. 
Ami, ne voisin, ne parent, 
Ne vous en seront jà garent... 

(T. 2, p. 234, v. 9250-9270.) 

Villon, dépeignant les effets horribles de la mort, termine par 
trois vers qu'on peut rapprocher des deux derniers de la citation 



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112 



LOUIS THUASNE. 



précédente. Il n'y faut voir qu'une corrélation fortuite amenée par 
des idées analogues. 



Et meure Paris et Helaine, 
Quiconques meurt, meurt à douleur 
Telle qu'il pert vent et alaiue ; 
Son flel se crevé sur son cuer, 
Puis sue, Dieu scet quelle sueur ! 
Et n'est qui de ses maulx l'alege : 
Car enfant n'a, frère ne seur 
Qui lors voulsist estre son plege. 



Ballade des dames du temps jadis. — Villon a emprunté une 
partie des éléments de cette ballade, la plus célèbre qu'il ait écrite, 
au Roman de la Rose, comme le cadre, du reste, qui, avant lui, 
avait servi à maint écrivain. Mais d'un lieu commun si souvent 
traité et repris, il a su en tirer une œuvre exquise, qui suffirait à 
elle seule à immortaliser son nom. 



Dictes moy où, n'en quel pays, 

Est Flora, la belle Rommaiue ; 

Archipiada, ne Thaïs, 

Qui fut sa cousine germaine ; 

Echo, parlant quand bruyt on maiue 

Dessus rivière ou sus es tan, 

Qui beaulté ot trop plus qu'humaine ? 

Mais où sont les neiges d'an tan ! 

Où est la très sage Helloïs, 

Pour qui fut chastré et puis moy ne 

Pierre Esbaillart à Saint-Denis? 

Pour son amour ot cest essoyne 

La royne Blanche comme lis 
Qui chantoit à voix de scraine. . . 



« Archipiada » est un nom qui a fort embarrassé les commentateurs 
jusqu'au jour où M. Ernest Langlois, dans une piquante disserta- • 
tion *, a établi d'une façon indiscutable que TArchipiada de Villon 

1. Mélanges de philologie romane dédiés à Cari Wahlund (Maçon, 1896, in-8»). 



XL 



(G. T. p. 33, V. 329-340 ; 345-346.) 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



113 



n'était autre qu' Alcibiade qui fut pris communément pour une 
femme durant le moyen âge. Saint Thomas a prêté l'appui de son 
nom à la propagation de cette étrange méprise 1 dans le prétendu 
commentaire sur le De consolatione philosop/iiae de Boëce, qu'on 
lui a longtemps attribué; et cette erreur, grâce au patronage 
illustre de Y Ange de VÊcole, se maintint, — malgré la réfutation 
de Josse Bade/ à la fin du xv° siècle — jusqu'au milieu du siècle 
suivant; tant il est vrai que 



1. Saint Thomas (qui n'est d'ailleurs qu'un prête-nom), n'e?t pas l'auteur de cette 
singulière méprise; en effet, Notker, dans son comraeotaire de Boëce rédigé en haut 
allemand à la fin du x* siècle ou au commenceucement du xi°, écrit : « Vuir ne vuizén 
vuer diu scôna Alcibias vuâs tôh cnûoge ratiscôen ddz si Herculis mûotervuare, vuanda 
er Alcides niez », dont la traduction littérale est : « Nous ne savons qui était la belle 
Alcibiade, mais beaucoup conjectureot qu'elle était la mère d'Hercule, car il (ce dernier) 
était appelé Alcide. » Althochdeutsche dem Anfange des XI*" Jahrhunderls 
angehôrige Uebersetzung und Erlailterung der von Doetius de Consolatione Philo» 
sophiae, herausgegeben von E. G. Graff (Berlin, 1837, in-8°), p. 127 (ras. 825 de la 
Stiftsbibliothek de Saint-Gall). J'ignore quel est le premier propagateur de cette erreur 
qui doit dater du x* siècle, car Alfred le Grand, dans si traduction en anglo-saxon du 
De Consolatione de Boëce (ix* siècle), désigne très nettement Alcibiade comme un 
homme, et comme un homme illustre. King Alfred! s anglo-saxon version of Boetius 
de Consolatione Philosophiae % with an english translation and notes by J. S. Cardalk 
(Londres, 1829, in-8°), p. 180 (texte anglo-saxon), p. 181 (traduction anglaise); — de 
l'édition publiée par Samuel Fox (Londres, 1864, in-8°), pp. 116-117. — Le mot anglo- 
saxon « Elheling >» qu'emploie Alfred le Grand, s'applique aux hommes de haute 
naissance et est l'attribut particulier des hommes de sang royal (cf. le glossaire 
anglo-saxon de la 6° édition de Beôwulf publiée par Moritz Heyne, et revue par Adolf 
Socin, Paderborn, 1896, in-8°, p. 135). Le mot « Elheling » répond aux mots allemands 
« Edeling » vir nobili génère natus; « Adelung » vir nobilis (Cf. le Deutsches 
Wôrterbuch des frères Grimm, Leipzig, 1854, in-8 # ). — Chaucer, dans sa traduction de 
Boëce (xrv* s.), suit de si près le texte latin qu'on ne peut se prononcer sur le sexe qu'il 
prête à Alcibiade : « For so as Aristotil telleth that yif tliat men hadden eyen of a beest 
that hizt lynx, so that the lokyng of folk myzt[e] percen thoruz the things that 
witbstonden it, who so lokid than in the entrailes of the body of Alcibiades that was fui 
fayr in the superfice with oute, it shulde senv? rygt foule. » Chaucer's translation of 
Boetius' de Consolatione Philoiophiae by Kichard Marris (Early English Text 
Society), Londres, 1868, in-8*, p. 81 (m£me page dans la réimpression de 1886). A 
rapprocher de cette traduction de Chaucer une traduction anonyme française de la 
première moitié du xv # siècle : « Car, si comme dit Aristote, se les hommes eussent 
yeux de linx, si que leur regars perçnst les choses contrestans, qui regarderoit dedens 
les entrailles du corps Alchipiades, qui très bel esloit en la superfice dehors, il 
apperroit trop lait. » (Bibl. nat.. fr. 1098, fol. 52 r 0 ).— On sait que le *< noble GeofTroi 
Chaucier » a traduit en vers anglais des fragments du Boman de la Bose, mais pas 
celui où se trouve le passage ri 1 « Alcipiadès ». 




114 



LOUIS THUASNE. 



L'homme est de glace aux vérités 
Il est de feu pour les mensonges *. 



Mais il s'en faut toutefois que cette confusion ait été générale, 
ainsi qu'on en aura bientôt la preuve. 

Voici le texte de^Boëce, le commentaire supposé de saint Thomas, 
et la rectification de Josse Bade. 

Texte de Boëce. — « Quod si, ut Aristoteles ait, linceis oculis 
homines uterentur, ut eorum visus obtantia penelrarent, nonne 
introspectis visceribus illud Alcibiadis superficie pulcherrimum 
corpus, turpissimum videretur ? » 111, 8. 

Commentaire de saint Thomas. — Nota quod Alcibiades mulier 
fuit pulcherrima quam videntes quidam discipuli Aristotelis 
duxerunt eam ad Aristotelem ut ipsam videret : qua visa, dixit : Si 
homines... 2 



1. La Fontaine, Fables, ix, 6. 

2. Sancli Thome de Acquîno super libris Boctii de consolatione Philosophie com- 
mentum cum expositione féliciter incipit (Toulouse, 1481, in-fol.), fol. h. 5 v°. Ce 
n'est pas le lieu de discuter ici sur l'attribution de ce commentaire qui a justement été 
contesté à saint Thomas. Cf. Scriptores Ordinis Praedicatorum (Paris, 1719, in-fol.), t. 
I, p. 509, notice sur Thomas de Jorz auquel il est quelquefois attribué : « Super Boetium 
de Consolatione Philosophiae et de doctrina scholarium an comraentarii illi sub 
nomine S. Thomae falso edili? », disent Quétif et Èchard. 11 suffit que ces derniers 
constatent l'existence de manuscrits du commentaire de Boéce sous le nom de saint 
Thomas. Ils citent un ms. de la fin du xiv* siècle ; il en est de plus anciens, tel ce ms. 
de la bibliothèque de l'Arsenal n» 910 (fin du xni« siècle). On a aussi attribué ce com- 
mentaire à Thomas Waleys, dominicain, élevé à Oxford et a Paris, mort en 1350. Cf. le 
Dicttonart/ of national Btoyraphy, vol, 59, p. 121. « Thomas Angîicus, auctor 
commeiilariorum Boetii », dit l'éditeur du Boéce de la Patrologie latine de Migne, 
t. LXIII, col. 751, n. 2. Dans la version flamande de Boëce, l'éditeur invoque le 
témoignage de saint Thomas qu'il ne nomme pas, et dont il reproduit le commentaire : 
« Alcipiades, as commenlator seit, was een so sehoon wiif... * (Das weerdich Bouc Boecius 
de Consolatione Philosophie % Gand, liîso, in-fol. fol f. 2'').— La Bibliothèque nationale 
de Paris possède un très beau manuscrit de celte version, avec miniatures : uéerland. 
I. — Le commentaire sous le nom de suint Thomas est donné dans l'édition romaine de 
ses œuvres publiée en 1571, t. XVIII. Au commencement du xvt° siècle, Niccolô Cresci 
de Florence, moine cistercien, avait formellement rejelé laltribulion de ce commentaire 
à saint Thomas : •< commenlirii qui falso divo Thoirwe Aquinati ascribuntur », écrit-il à 
Antonio Lanfredini (Boktii Opéra, dans Migne, Palrolotjia lulina, t. LXIII, col. 870). 
De nos jours, Charles Jourdain a fait de même. ï.a philosophie de saint Thomas 
; Paris, 1858, in-S°), t. I, p. % La question, pour ce qui regarde saint Thoraa*, se 
trouve définitivement tranchée; reste la question d'attribution. 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



115 



Rectification de Josse Bade. — Hic commentum fecisse supe- 
riorera auctorem non dubito : qui quidem ex hystoriis reperire non 
potuit. Commentus est dicens Alcibiadem fuisse mulierem, cum 
sexcentis auctoribus conslet fuisse virum longe indulgentissimum 
et famosissimum \ » 

La plupart des traducteurs et commentateurs de Boëce, sur la 
foi de saint Thomas, prirent Alcibiade pour une femme, et Jean de 
Meun comme les autres. D'abord dans Le Roman de la Roue. Il est 
vrai qu'il a suivi de si près le texte de Boëce, qu'une certaine in- 
certitude plane d'abord sur le sexe d' « Alcipiadès », comme il 
l'appelle 2 ; mais, lorsque au lieu de citer isolément ce passage, on le 
replace dans son cadre naturel, c'est-à-dire avec les vers qui le pré- 
cèdent et qui le suivent, on acquiert bien vite la conviction que 
Jean de Meun a considéré Alcibiade comme une femme et non * 
comme un homme. L'auteur veut prouver que les femmes n'ont 
que leur beauté naturelle, et quelles se trompent lorsqu'elles 
s'imaginent se rendre belles en se parant de belles choses, de belles 
robes, de beaux bijoux. La beauté des bijoux réside en eux et ne se 
communique pas à la femme qui s'en pare 3 . Et, à l'appui de cette 



1. Commentum duplex in Boetium de consolalione Philosophiae (Lyon, Jacques 
Maillet, 1499, in-fol.), fol. 1 8 r°. 

2. « Alcipiadès ». Roman de la R., v. 8980. Le ms. de Stockholm des œuvres de 
VïIIoq donne c Archipyadès », fol. 42 r* de la reproduction en facsirailé ; celui de la 
Bibl. nat., fr. 20041, fol. 119 « Arthipiadès » (Longnon. p. 190). Le Vincent hysto- 
rUil, traduit par Jean de Vignay, ms. fr. 50, donne : « Alchibiadès, Althibiadès, Athibia- 
dès », fol. 109 d — 110 a. La forme « Archipiada » que semble avoir adoptée Villon, 
avait sans doute, à ses yeux, une terminaison plus féminine. 

3. Dante, dans son Convito y a emprunté à Boëce (qu'il ne nomme pas) — peut-être 
même à Jean de Meun (?) — cet argument de la beauté féminine appliquée à l'excel- 
lence de la prose italienne. Il prend la prose, pour sa démonstration, et non la poésie, 
par«*« que celle-ci emprunte à la rime, au rythme et à la mesure une beauté extérieure 
qui l'empêche de se manifester aussi bien que la prose : « Per questo Comento la gran 
bontà del Volgare d» Si si vedrà, perocchè (siccome per esso allissimi e novissimi con- 
cetti convenevolmente, quasi corne per esso Latino si exprimono) la sua virlù nelle cose 
rimate per le accidentali adornezze che quivi sono connesse, cioè la rima e lo ritmo* 
o'I numéro regolalo, non si puo bene manifestare; siccome la bellezza d'una donna 
quando gli adornamenti dell'azzimare e délie vestimenta la fanno più ammirare che essa 
medesima : onde chi vuole bene giudicare d'una donna, guardi quella quando sola sua 
oalural bellezza si sla con lei da tutto aeeidentale adornamento discompagnata. . . » 
Convito di Dante Alir/hieri, tratlato 1, cap. x (Opère minori, édition Pietro Fraticelli, 
Florence, 1857, in-8, p. 100 . — A rapprocher de ce passage de Dante « Per questo 
Gomento », jusqu'à la fin de ce chapitre x, les quinze derniers vers du chapitre v du 




116 



LOUIS THUASNE. 



thèse, Jean de Meun cite l'exemple <T « Alcipiadès » dont le corps, 
très beau au dehors, paraîtrait affreux si on en voyait les entrailles. 
Il ne peut s'agir, en l'espèce, que d'une femme : toute l'argumenta- 
tion qui précède s'appliquant exclusivement aux femmes, on ne 
comprendrait pas que l'auteur prît un homme comme argument 
final de sa conclusion. 
Voici d'ailleurs les vers du Roman de la Rose : 

Et se nuz homs, pro moi confondre, 

Voloit oposer ou respoudre 

Que les bontés des choses bonnes 

Vont bien ès estranges personnes, 

Et que biaus garnemens font bêles 

Les dames et les damoiseles ; 

Certes quiconquesce diroit, 

Ge diroie qu'il mentiroit : 

Car la biautez des bêles choses, 

Soient violetes ou roses, 

Ou dras de soie, ou flors de Us, 

Si cum escrit où livres lis, 

Sunt en eus et non pas ès dames ; 

Car savoir doivent toutes famés 

Que ja famé jor quele vive, 

N'aura fors sa biauté naïve; 

Et tout autant dis de bonté, 

Cum de biauté vous ai conté. 

Si di, por ma parole ovrir, 

Qui vodrait un femier covrir 

De dras de soie ou de flore tes 

Bien colorées et bien netes, 

Si seroit certes li femiers, 

Qui de puir est coustumiers, 



Tesoretto de Brunetto Latino (édit. Gio. Battista Zannoni, Florence, 1824, in-8, p. 35, 
v. 91-106), où l'argumentation est identique. Ce dernier ouvrage présente d'ailleurs avec 
le Roman de la Rose de sérieuses analogies. Il débute par un songe, cadre habituel de 
ces sortes de compositions, et offre, dans l'argumentation de Nature, des réminiscences 
notables avec le poème français. — Ce n'est toutefois pas le sentiment de Macette, qui dé- 
rive en droite ligne de la Vieille du Roman de la Rose : 

Ma foy, les beaux habits servent bien à la mine, 

dit Macette à la jeune fille, amie du poète. Cf. Malhurin Rbqnier, Œuvres complètes 
(Paris, 1869, in-16) édition de Pierre Jannet, Satyre XIII, p. 106. 



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FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 117 

Tex cum avant estre soloit ; 
Et se nus bons dire voloit, 
Se li femiers est lait par ens 
Defors est il plus biaus parens : 
Tout ainsinc les dames se perent, 
Por ce que plus bêles en perent, 
Ou por leur ledure repondre. 
Par foi ci ne sai ge res pondre, 
Fors tant que tel decepeion 
Vient de la foie vision 
Des y ex qui parées les voient, 
Par quoi li cuers si se desvoient 
Por la plaisant impression 
De lor imaginacion, 
Qu'il ne sevent aparcevoir 
Ne la 4 mençonge, ne le voir, 
Ne le soûme devisier 
Par défaut de bien avisier. 
Mes. s'il eussent yex de lins, 
Ja por lor raanliaus sebelins, 
Ne por sorcos, ne por côtelés, 
Ne por guindés, ne por toeles, 
Ne por ebainses, ne por pelices, 
Ne por joiaus, ne por devices, 
Ne por lor moës desguisées, 
Qui bien les auroit avisées ; 
Ne por lor luisans supertices 
Dont eus resemblent artelices, 
Ne por ebapians de Hors noveles 1 , 
Ne lor semblassent estre bêles. 
Car le cors Alcipiadès, 
Qui de biauté avoit adès, 



1. Martin le Franc, dans son ouvrage L'estrif de Fortune et Vertu, s'est vraisembla- 
blement rappelé soit Boëce, soit Jean de Meun. « Fortune: — Riche vesture ou bien 
gente et nouvelle est bien advenant. Vertu. — Soies couvert d'escarlate ou de pour- 
pre, d'argent ou d'or, se dedens u'ez aorné de vertu, tu es très mal vestu. Fay que on 
parle de toy, non pas de ton habit ; honneur ne te parte du doz, avecques 
toy le couche, voire en ton cueur enclos. Car se avec ta robe tu le pends à la 
perce, on te le robera. Qu'ind je voy aucuns hommes tous vermolus de vices, richement 
habilliez, il me souvient de sepulchres plaisans dehors, puants dedens... Quant tu veulz 
priser homme, laisse la robe et le manteau, et regarde que de soy mesmes Vbult. 1» 
Bibl. nat., ms. fr. 1150, fol. 218 v-219. 



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118 



LOUIS THUASNE. 



Et de color et de feture, 

Tant l'avoit bien formé nature, 

Qui dedans veoir le porroit, 

Por trop lait tenir le vorroit. 

Ainsinc le raconte Boëce, 

Sages nous et plain de proèce, 

Et trait à temoing Aristote 

Qui la parole ainsinc li note; 

Car lins a la regardeure 

Si fort, si perçant et si dure, 

Qu'il voit tout quanque l'en li moustre, 

En dehors et dedans tout outre. . . 



Tel est le texte donné par Méon. Si l'on ouvre au hasard quel- 
ques-uns des manuscrits du Roman de la Rose (il y en a plus de 
trois cents), on trouve plus généralement, cette môme forme 
* Alcipiadès », et aussi des variantes, imputables surtout aux 
copistes. 

« Alcipiadès » Bibl. nat., fr. 799, fol. 50 a ; 803, fol. 64 c; 80'J, 
fol. 61 b; 806, fol. 59 d; 2195, fol. 58 d; 2196, fol. 56 a; etc.. 
« Archipiadès » fr. 804, fol. 62 c. 
« Alicipiadez », fr. 19157, fol. 56 b. 
« Altipiadès » fr. 801, fol. 54 a. 

Toutefois, dans le fr. 802, on lit « Alympyadès » (fol. 60 a), et 
dans le 19156 (ms. du xiv° s.) « Alympyatès » pour « Alympyadès » 
rimant avec « adès » (fol. 56 ). 

Or, ces deux dernières leçons ne sauraient être considérées, 
ainsi que les variantes précédentes, comme une déformation de 
«Alcipiadès»; elles sont une véritable correction faite par des 
scribes plus attentifs ou plus lettrés, « Alympyadès » n étant 
que la forme « Olympiade * (du latin Olunpiadem), Olympias, la 
mère d'Alexandre. 

Or, la forme « Olympiades » se rencontre dans quelques mss. du 
xiv° et du xv e siècles, et, sans exception, dans les imprimés du 
Roman de la Rose et du Livre de Consolation de la fîu du 
xv e siècle et du commencement du xvi°. 

La suite du Ro titan de la Rose pur Jean de Meun était une 
œuvre de jeunesse qu'il composa vers 1277. Dans la traduction 



(T. 2, p. 218, V. 8926-8093.) 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



119 



qu'il donna plus tard du De consolatione Philosophiae de Boëce 1 , 
son dernier ouvrage, avant son Testament, on remarque que, dans 
le passage relatif au bel Alcibiade, la forme <c Alcipiades >, modi- 
fiée, ne se rencontre qu'une fois dans les dix-sept manuscrits de la 
Bibliothèque nationale qui contiennent cette traduction exécutée 
par Jean de Mcun 2 : 



1. Déjà dans Le Roman de la Rose, Jean de Meun exprimait tout le cas qu'il faisait 
du De consolatione Philosophiae de Boëce qu'il devait traduire plus tard : 



Peu de philosophes d'ailleurs ont été plus lus, en Europe, depuis le moyen âge jusqu'à 
la fin du xv» siècle, que Boëce. On s'en rend compte par le nombre considérable de 
manuscrits qui en restent, par les traductions nombreuses qui ont été faites, par les 
citations dont les écrivains ont aimé à en enrichir leurs écrits, et par l'influence consi- 
dérable que l'ouvrage de Boèce a exercée sur l'esprit de plusieurs générations successives. 
Jean de Meun en a particulièrement subi l'influence, et en dehors des nombreux endroits 
où il se l'est rappelé, on peut citer 2100 vers (5558-7643) comme imités par lui d'une 
façon directe ou indirecte du De consolatione Philosophiae (cf. Lanolois, Les origiîies 
et les sources du Roman de la Rose, pp. 136-138, et 95). Aussi s'explique-t-on mal 
cette parole de Dante dans son Convito (composé en 1303), où il prétend que peu de 
gens connaissent le De consolatione Philosophiae: « Misimi a leggerquello non conos- 
ciuto da molli libro di Boezio. » Convito, trattato n, cap. xm (Florence 1857, in-8), 
p. 161. — Dante, pour se consoler de la mort de Béatrice, s'était mis à lire le De 
Amicitia de Cicéron et le De Consolatione Philosophiae de Boëce. Les manuscrits du 
De Consolatione Phylosophiae de Boëce sont particulièrement nombreux en Italie ; il 
est vrai qu'ils datent la plupart de la seconde moitié du xiv» siècle ou du xv« siècle. 
La Bibliothèque nationale de Paris en possède trois de cette dernière époque. Dans 
deux de ces manuscrits, Alcibiade est pris pour une femme : « ... Certo el corpo di 
Alcipiades laquale fo donna tanta nominata de belle/a... » liai. WJG, fol. 39 r. — Même 
leçon, avec graphie différente, dans l'Ital. 202'i, fol. 41 r. Dans l'Ital. 439, le nom 
d'Alcibiade est donné dans la glose, mais de telle façon qu'il y a doute sur son sexe 
(fol. 53 v. ;. — Dans la traduction catalane du dominicain Antonio Genebreda, Alcibiade 
est également pris pour une femme « una bella fembre qui era havol de son cors, appel- 
lada Alcipies ». Esp. 474, fol. 63 c (xv siècle). Cette presque unanimité d;>ns Terreur 
résulle, à n'en pas douter, du commentaire de Paint Thomas, de celui, du moins, publié 
sous son nom. 

2. Les mss. de la traduction en prose et de celle en ver3 mêlés de prose du De 
consolatione Philosophiae présentent cette étrange particularité d'en attribuer unani- 
mement dans le Prologue la translation à Jean de Meun, alors qu'ils diffèrent entre 
eux, dans le texte, (Tune manière sensible. Cf. L. Delisle, Bibliothèque de l'École des 
Charles, t. XXXIV (1873), p. 5; Paul Mf.yeh, liomania, t. II (1873), pp. 271-273; 
P. Pari*. Histoire littéraire de la Fiance, t. XXVII! (1881), pp. 391 et sqq. Le véri- 



Qui Boèce d<« Confort lisant, 

Et les sentences qui là gisent, 

Dont grans biens as gens laiz feroit 

Qui bien le lor translalcroit (t. II, p. 50, v. 5052-5055). 




420 LOUIS THUASNE. 

Fr. 17,272. t Alcepiade qui avoit la plus belle fourme du monde > 
(fol. 69 c). 

Au contraire, la leçon c Olimpiades », ou des variantes de celle- 
ci, est donnée dans les mss. suivants : 

Fr. 1,949. t Qui verroit les entrailles de Olimpiades qui avoit 
la plus belle forme du monde » (fol. 47 v°). 

Fr. 1,541. € ... etveoit les entrailles de Olipiades, la plus belle 
femme du monde ne sembleroit elle très laide » (foi. 17 v°, non 
folioté); fr. 1,099. « Qui verroit dedens les entrailles de Olispiade 
qui avoit la plus belle forme du monde... » (fol. 246 v°). Même 
leçon dans les mss. fr. 12,238, fol. 101 ; 17,080, fol. 123 ; 1,092 (fol. 
47 v°) ; 1,110 (fol. lil v) ; c Lespiade » dans f>. 575 (fol. 53 b); fr. 1,093 
(fol. 45 v°) ; dans le fr. 1,652 (fol. 37 v°) ; 25,417 (fol. 68) ; « Aris- 
piades » dans lat. 6,643 (fol. 147); dans le fr. 1,728 « Eiispia » (fol. 
246 v°) ; dans le fr. 1,948 «c Cloppiades ». Le passage manque dans 
fr. 1,947 et 24,231. 

Ces remarques faites, on est porlé à conclure, ou bien que Jean 
de Meun fut averti de Terreur qu'il avait commise dans son Roman 
de la Rose en faisant d'Alcibiade une femme, ou bien qu'il se sera 
lui-même aperçu de sa méprise, et qu'il aura substitué, dans sa 
traduction de Boëce « Olympiades » à « Alcipiades *. « Alcepiade » 
figure dans le seul ms. fr. 17,272 ; tous les autres mss. donnent des 
formes plus ou moins altérées d' « Olympiades » du fr. 1,949. 
Ainsi donc, du temps même de Jean de Meun, cette correction, 
qu'elle soit imputable à lui ou à un autre, se trouvait déjà impli- 
citement faite. Elle ne pouvait d'ailleurs tarder à se produire; et 
Jean de Vignay, dans sa traduction du Spéculum historiale de 
Vincent de Beauvais, faisant allusion au présent passage du De 
consolatlone Philosophiae de Boëce, ne manqué pas d'affirmer le 
sexe masculin d'Alcibiade. Dans d'autres publications contempo- 
raines, telle que la traduction par Laurent de Premierfait Des cas des 
nobles hommes de Boccacc, où sont consacrés un chapitre du livre 
III au « duc Alcibiade », et le chapitre VIII du livre IV à Olympias, 
mère d'Alexandre, la même conclusion se dégage. Dans une autre 
traduction anonyme du même ouvrage, le passage qui concerne 



table texte de Jeun c!e Meun, se trouve en derrière analyse, dans les rnss. suivants de 
la Bibliothèque nationale : lat. 6GÎ3 ; fr. 575 ; 101)2 ; 1003 ; 1099 ; Il 10 1 ; 1541 ; 1652; 
1728 ; 1917 ; 19i8 ; 1919 ; 12238 ; 170S0 ; 17272 ; 24231 : 25417. 



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FRANÇOiS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



121 



Alcibiade se trouve concurremment avec celui qui contient « his- 
toire de Olimpiade qui fut royne de Macédoine ». 

De même, si Ton prend la traduction anonyme française des 
Trtumphes de Pétrarque, et qu'on se reporte au passage où Alci- 
biade est cité, on voit que le traducteur-glossateur non moins que 
Pétrarque lui-môme se sont bien gardés de prendre Alcibiade pour 
une femme ; pareille constatation s'observe dans la traduction du 
Valère Maxime de Simon de Hesdin (Bibl. nat., fr. 46, fol. 185 &, 
liv. III, chap. 65), et dans d'autres ouvrages qu'il est inutile de 
citer. 

Voici d'abord le passage de Jean de Vignay. Après avoir parlé de 
la fuite d'Alcibiade auprès de Darius « à Tisaphernem prevost du 
roy d'Aires », Jean de Vignay fait la remarque suivante : « Gestuy 
est Alchibiades duquel Boëce raconte ou livre de Consolation 
que Aristote avoit dit que se aucun avoit les yeulx si très clers et 
si fors qu'il peust clerement veoir et regarder les entrailles de 
corps humain, et il veist icellui corps de Alchibiades qui estoit très 
bel par dehors, il le verroit estre let par dedans. » (Bibl. nat., fr. 50, 
fol. 109 rf-110 a). Il est fâcheux que Jean de Vignay, que nous 
retrouverons plus loin à l'occasion d'un passage de Villon, n'ait 
pas saisi l'occasion qui s'offrait à lui pour redresser l'erreur entre- 
tenue par plusieurs de ses contemporains et de ses devanciers, 
ainsi qu'allait le faire, en Italie, quelques années plus tard, Ben- 
venuto d'Imola 1 . 



1. Benvenuto d'Imola, dans son célèbre commentaire de Daote, commentaire dont 
la rédaction est contemporaine de Tannée 1379, écrit au sujet du mot « lonza » (Inferno, 
I, 32) : 

« Ed ecco, quasi (1, 31). — Ista est tertia pars generalis in qua autor ostendit quo- 
modo sibi ascendenti ad montem virtutis occurrunt très ferae revocantes ipsum a tara 
bono proposito, scilicet : Lontia, Léo et Lupa. Sed ad aperiendam viam, primo, quaero 
quae fera sit ista lontia. Ad cujus intelligentiara vel cognitionem est subtiliter praeno- 
landum, quod tria sunt animalia praecipue habentia pellera variis maculis distinctara, 
scilicet lynx, sive lynceus, qui vulgariler dlcitur lupus cerverius, pardus et pautbera. 
Modo dico quod per lontiam autor potest intelligere lyncera, per quam figurât luxuriara ; 
urHe Virglius io simili rie^cribens habitura Veneris dicit 

Subcinctani pliaretra et maculoso legmine lyncis. 

Per quod dat intelligi quod luxuria consistit in pelle, quia in apparentia pulchritudiois 
exterioris. Unde et Boetius in tertio Ioquens de ista pulchritudine superficiali : si 
hommes lynceis oculis uterentur, illud Alcibiadis corpus superficie pulchrum, 
turpissimum videretur. Fuit autem Alcibiadis Atbeniensis iuclitus dux et philosopbus, 



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122 



LOUIS THUASNE. 



La distinction n'est pas moins probante dans la traduction de 
Laurent de Premierfail. « Le vn e chapitre conlient le cas de Alci- 
biades, duc et seigneur d'Athènes, et commence en latin : Alci- 
biades. . . — Àffin que en peu de paroles je comprenne plusieurs 
tiltres et louen^es que nature et fortune donnèrent au duc Alci- 
biades, je dis premièrement qu'il fut nez d'Athènes, et entre ceulx 
de son païs, il fut noble de lignée, bien façonné de corps. Et devant 
tous autres hommes de son temps, il fut noble et vaillant guer- 
roieur. » (Liv. III, chap. vu), Bibl. nat. fr. 127, fol. 98&. « Le 
vin e chapitre contient le cas de Olimpias, royne de Mecedone et 
mere du grant Alexandre, et commence en latin : Non solum. .. » 
(Liv. IV, chap. vin), fr. 127, fol. I30d. (Cf. également la traduction 
anonyme du môme ouvrage, fr. 132, fol. 15d, 72d; fr. 133, fol. 65a). 
Je termine ces citations qu'il serait facile de multiplier, par le pas- 
sage du Triwnphe de La Renommée. 

V acteur : 

Et Alcibiade che si spesso Athena, 
Come fu so piacer, volse et rivolse 
Gon dolce lingua et con fronte serena. 

Comment. : 

Alcibiades d'Athènes ne se démontra pas seullement eslre très 
cler orateur, mais insigne philosophe et très prestant capitaine et 

pulcherrimus corpore, ut palet per Valerium, Justinum, Jeronimum, Augustinum, et 
alios multos, licet quidam pererrorem dicant quod fuerit foeraina formosissima nierelrix. 
Sed de hoc non amplius ad praesens, quia impertinens est nostro proposito. » Benve- 
nuti de Bambaldis de Imola Commentum super Devais Aldigherii Comoediam, 
nunc primtnn intègre in lucem edifum sumptibus Guilelmi Waren Vernon^ curante 
Philippo Lacaita (Florence, 1887, 5 vol. in-8»), t. I, p. 33. La Bibliothèque nationale de 
Paris possède le texte latin de Benvenuto dMmola dans l'ital. 77 (xv» s.), fol. 4 c, et la 
traduction italienne de ce même texte, ital. 78 (xv* s.), fol. 4 b. L'éditeur, P. Lacaita, 
n'a pas connu ces deux mss. Cf. Lucien Acvray, Les manuscrits de Dante des Biblio- 
thèques de France (Paris, 1892, in-8°), pp. 98 et sqq. (fascicule LVI de la Bibliothèque 
des Écoles françaises d'Athènes et de Borne). — Parlant de la chute du Capitole. 
Benvenuto écrit cette digression :« Sed pro dolor ! lstud somptuosum opus déstructura 
et prosiratum est de anno praesenti M. CGC. LX XIX (1379) per populum romanum. » 
T. II, p. 8 (cantus XVIII). Il convient de rappeler que M. Paget Toynbee avait publié 
le passage relatif au bel Alcibiade dans WAthenaeum fdecember 24) de l'année 18'.»8, 
p. 898. On doit au même savant une intéressante étude sur Benvenuto d'Imola : Benve- 
nuto da Imola and fus Commenta ry on the « Divina Commedia » publiée dans : An 
english Miscellany presented to Dr. Furnivall in honor of his seventy-fiflh 
birlhday (Oxford, 1901, in-8°), pp. 436-461. 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



123 



fort en fait d'armes, lequel par sa grande et singulière vertu con- 
tracta et acquist assez plus d'ennuis que de grâce envers la chose 
publique. . . » (Bibi. nat., fr. 223, fol. 22%). 

On le voit, si Terreur dans laquelle tomba d'abord Jean de Meun 
fut commune à plusieurs de ses contemporains et de ses succes- 
seurs, il y eut de nombreuses exceptions ; mais, comme toutes les 
erreurs, celle-ci mit un fort long temps à disparaître ; c'est ainsi 
qu'au xvi° siècle le célèbre chanoine de Valenciennes, Jean Molinet, 
reproduira la fausse allégation qui avait échappé au collaborateur 
de Guillaume de Lorris. 

Si maintenant on ouvre les imprimés du Roman de la Rose, on 
constatera que la forme « Olimpiadès » y figure partout et toujours. 
Les éditeurs avaient donc implicitement reconnu la méprise qui 
avait si lougtemps prévalu, et contre laquelle venait de protester 
en dernier lieu, l'illustre érudit et humaniste, le flamand Josse Bade. 

En effet, dans l'édition de Nicolas Du Pré (avec la marque de 
Jean Petit), on lit : 



Car le corps Olimpiadès 
Qui de beauté avoit adès 
Et de couleur et de facture, 
Tant Tavoit bien faicte nature, 
Qui dedans veoir le porroit 
Pour trop lait tenir le vourroit 1 . 



Vérard, dans son édition parue vers 1500, dit la même chose : 
Car le corps Olimpiadès * 

De même Clément Marot ; 



Car le corps d'Olimpiadès 
Qui de beaulté avoit a dès 
Et de couleur et de facture, 
Tant Pavoit bien faicte nature, 
Qui par dedans veoir la pourroit 
Pour laide tenir la vouldroit. 
Ainsi (nous) le racompte Boeces. 



1. Le Bommant de la Rose (s. d. in-fol.), fol. Kc. 

2. Le Rommant de la Rose, codicille et testament de maistre Jehan de Meun 
(s. d. vers 1500, in-fol.}, fol. 1 iiia. 

3. Cy est le Rommant de la Bote (Paris. 1526, in-fol.), fol. 58c; édition de Galliot 
du Pré (Paris, 1531, in-fol.), fol. 55a icharmaoïes figures sur bois\ 




124 



LOUIS THUASNE. 



Si Ton prend les traductions françaises de Boftce par Jean de 
Mena imprimées à la fin du xv° siècle, on arrive aux mêmes cons- 
tatations : 

« Se les hommes, si comme dit Aristote, avoyent lesyeulx si très 
parfailz comme lins qui voyent les aultres oultre les murs, si que 
robe ne corps les empeschat, et vissent les entrailles deOlimpiades 
la plus belle femme du monde, si ne sembleroit elle très laide 1 ». 
C'est, on le voit, la reproduction des manuscrits. 

Mais Villon connaissait également les traductions en vers du De 
consolatione Philosophiae de Boèce par Henaut de Louhans. Ce 
qui tend à le faire croire, c'est que Villon, après avoir nommé 
c Archipiada », cite « Thaïs » qui est mentionnée dans cette 
traduction, bien que ne figurant pas dans le texte latin. Mais cette 
translation de Renaut de Louhans est surtout une paraphrase très 
libre du texte original latin ; il n'y a donc pas à s'étonner de cette 
interpolation, en même temps qu'elle explique, sans doute, le 
côtisinage que Villon établit entre Archipiada et Thaïs. 

Voici ce texte : 



La grande vogue qu'eut au xiv e et au xv° siècle la traduction en 
vers du traité de Boëce par Henaut de Louhans contribua à 
maintenir la légende qu' c Alcipiadès » était une femme. Au siècle 



1. Le Boece de Consolation translaté de latin en fran^ois par honorable homme 
maistre Jean de Meun à la rsqueste du roy Philippe le quart (Lyon, s. d. in-fol.), 
fol. diiivo. 

2. Bibl. nat., fr. 518, fol. 35 c (ras. du xiv c s.), et, dans l'impression incunable 
(s. I. n. d. in-fol.), fol. f. (Bibl. nat. Hés. IL8<J). 

3. Bibl. nat., fr. 578, fol. 34 6. 



Une dame fut appellée 
Altipiadès, moult aournée 
De gentil et plaisant corsage. 
Et de grant biauté de visage », 



et, un feuillet plus haut : 



Une dame ot nom Thays, 
La plus belle de son pays, 
Celle.menoit honneste vie; 
Demostenès Tôt convoitie 
Et la désira moult avoir...* 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



125 



suivant, Molipet, dans Le Roman de la Rose moralisié cler et net, 
translaté de rime en prose (Paris, 1521, in-fol.), au chapitre xlii 
intitulé : « Comment la femme pompeuse d'habitz est comparée à 
Tarne pecherresse despouillée de son corps », écrivait : « Car se le corps 
Alcipiadès qui tantavoit de beauté naturelle, de couleur, de facture 
et de forme se povoit veoir par dedans, il seroit tenu très lait, 
comme Boëcele recite. » (Fol. 47''). Mais, si peu explicita que soit 
ce passage pris isolément, il n'est pas douteux, et par le titre du 
chapitre et par le contexte, que Molinet, influencé par le pseudo- 
commentaire de saint Thomas, et oublieux delà protestation de son 
compatriote Josse Bade, prenait « Alcipiadès » pour une femme. 
Clément Marot était également de cette opinion; car autrement, 
dans l'édition qu'il donnait en 1533 des œuvres de Villon, il eût 
accompagné d'une note explicative ou rectificative le nom d' « Ar- 
chipiada 1 ». Il est vrai qu'il ne reconnaissait sans doute pas cette 
dernière sous le nom d' « Olimpiadès » qu'il avait imprimé pourtant 
dans son édition du Roman de la Rose. 



Les amours t d'Equo » et de « Narcisus » sont rapportées tout au 
long dans le Roman de la Rose : c'est là, vraisemblablement, 
comme aussi dans les Métamorphoses d'Ovide, que Villon avait pris 
pour sa Ballade des dames du temps jadis 



et dont les aventures lui inspiraient au moins une réminiscence 
qui a été relevée plus haut. Ailleurs, dans Le dit de la naissance 
Marie d'Orléans, Villon fait de nouveau allusion à la « belle Echo » 
dans le ix e huitain. 



1. Les œuvres de Françoys Villon de Paris, revues et remises en leur entier par 
Clément Marot, valet de chambre du Roy (Paris, Galiot du Pré, 1533, io-8°), p. 27 
(Bibl. nat. Rés. Ye 1,297). De même Huet, l'ancien possesseur de cet exemplaire, n'a mis 
eo marge aucune annotation à cet endroit. — Indépendamment de ces notes, Huet a 
rédigé un chapitre sur Villon : Huetiana, ou pensées diverses de Af. Huet, ewesque 
d'Avranches (Paris, 1722, in-12), pp. 5tf et sqq. L'abbé d'Olivet est l'éditeur de cet 



Echo parlant quand bruyt on maine.. 



Equo une haute dame... 

(t. II, p. 58, v. 1451) 



Où est la très sage Helloïs 

Pour qui fut cbastrë et puis moyne 



ouvrage. 



hkvuk des bibl , mars-avril f906. 



xvi. — 0 




126 



LOUIS THUASNE. 



Pierre Esbaillart à Saint-Denis ? 
Pour son amour ot cest essoyne. 



Ces quatre vers sont tirés du récit des amours d'Héloïse et d'Abai- 
lard rapportés dans le Roman de la Rose. 
Après avoir raconté qu'à la suite de leur mariage, Héloïse avait 



Fu la couille à Pierre toiue 
A Paris, en son lit, de nuis, 
Dont moult ot travail et ennuis, 
Et fu puis ceste mescheance 

Moine de saint-Denis en France 1 

(T. Il, p. 214, v. 8833-8637.; 



On le voit, ces cinq vers de Jean de Meun sont exactement la 
matière qui entre dans les quatre vers de Villon. 

Quant à l'épithète de « sage » appliquée à Héloïse. elle s'explique 
suffisamment par les conseils, inutiles d'ailleurs, qu'elle avait 
donnés à son amant pour le dissuader de l'épouser, prévoyant — 
comme le prouva l'événement — tous les malheurs et tous les 
chagrins que cette union entraînerait après elle. L'épithète de 
t sage i, dans les soixante-douze vers où ce récit est rapporté, ne 
figure qu'une fois, et s'adresse à la femme, en général (vers 8811), 
mais non à Héloïse. Il est probable que Villon l'avait empruntée à 
la traduction des lettres d'Héloïse et d'Abailard de Jean de Meun. 



I. Dans sa traduction des lettres d'Héloïse et d'Abailard, Jean de Meun s'exprimera 
avec plus de réserve : 4 Hz me toiirenl icelle partie de mon corps, par les quelz je avoye 
forfait, et dont ils se plaignoient. » Bibl. nat , fr. 920, p. 21. — Il faut lire dans Molioet 
les rapprochement* insensés que lui suggèrent l'histoire des amours d'Héloïse el d'Abai- 
lard. La « moralité », lorsqu'elle n'est pas cynique et obscène, comme dans la syrobo- 
lisation d'Héloïse, est des plus bouffonnes. Un exemple. Après avoir dit qu' € Heloya 
se rendit nonnain professe au monastère d'Argentueil », il poursuit : « Or est Argen- 
tueil une très grosse abbaye plaine de femmes de toutes tires et sans non sans cause ; 
car toutes femmes ont l'œil à l'argent, pour ce se nomme l'abbaye d'Argentueil. Vous y 
trouverez cloistrieres trop trotieres, fort rebelles non trop belles, de soeurrettes 
non seurettes, et nonnettes trop non nettes. . . » Le Roman t de la Rose moraliste..., 
cbap. XLII, fol. 46 c. Il était temps que Habelaîs vint tenter de remettre dans le droit 
chemin nos rhétoriqueurs dévoyés. 



été 



D'Argenteil nonain revestue, (t. II, p. 214, v. 8832) 



Jean de Meun poursuit, assez cyniquement : 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



127 



Dans celle traduction, qui ne nous est conservée que dans un 
manuscrit du xiv e siècle \ le nom d'Héloïse, en effet, est presque 
toujours accompagné de Tépithète € saige ». 

€ Or conclut son propos la saige Heloys en eschivant le mariage » 
(page 19). — « Exposé et descent à son propos la saige Heloys et 
monstre à Abaaelart que c'estoit vraye amour et loiaulx dont elle 
l'aimoit. . . » (p. 65). — Or rescript la saige Heloys et dit, r (p. 79). 
— « Cy après recommance à parler Abaaelart à la saige Heloys. » 
(p. 92) etc. — Quant à Jean de Meun, il est tellement gagné à 
l'excellence des arguments développés par Héloïse pour détourner 
Abailard de l'épouser, qu'il écrit en note : « Oncques femme ne 
parla plus saigement 2 . » (p. 90). 

Enfin, — dernier trait à noter, — Héloïse était belle. Ce caractère 
de beauté, dans l'évocation de Villon, est comme l'apanage cons- 
tant et nécessaire de ses héroïnes; on verra qu'il ne fait défaut à 
aucune d'elles (cf. Supplément, ii). Pour ce qui est d'Héloïse, 
Abailard, dans sa première lettre, nous dit que de même qu'elle 
n'était pas la dernière pour le visage, elle élait la première pour la 
science*. Mais il ne faut voir, dans ce style précieux et alambiqué, 
qu'une litote; d'ailleurs, dans la traduction des lettres d'Héloïse et 
d' Abailard, de Jean de Meun, la seule vraisemblablement qu'ait 
connue Villon, l'épi thète de « belle » est attachée à son nom. « Or 
porte la belle Heloys habit de nonnain pour son mari. » (p. 20). 

La royne Blanche comme lis 
Qui cbantoit à voix de seraine... 

Avec un art exquis, Villon évoque une reine: quelle reine? la 
reine « blanche comme lis *. A-t-il voulu désigner Blanche de 
Castille, en jouant, comme il se plaît souvent à le faire, sur le 
double sens de • blanche » qui, au moyen âge, signifiait à là fois 



1. Bibl. nat., fr. 920. 

2. Déjà, dans Le Roman de la Rose, Jean de Meun avait montré toute son admira- 
tion pour « suer Heloïs » : 

Mes ge ne croi mie, par m'ame, 

C'oncques puis fust une tel faine. (T. 2, p. 216, v. 8862-8863.) 

3. « Et comme ceste [Heloys] ne feust pas basse par beauté, par habundance de livres 
estoit la souveraine. » (fr. 920, p. 10) ; traduction du latin « quae cura per faciem non 
esset intima, per abundantiara litterarum erat supreraa >». (Epislola prima seu historia 
calam'Uatum, cap. VI, dans Migne, Patrologia latina, t. 178, Abaelardi Opéra, 
col. 127;. 



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128 



LOUIS THUASNE. 



« veuve » (c'était le cas de Blanche de Gaslille) et • belle » ', toutes 
qualités qui s'appliquaient bien à la mère de saint Louis. En effet, 
le rédacteur des Grandes chroniques de France parlant de 
Thlbaud IV, comte de Champagne, dont on connaît l'amour pour 
la reine Blanche (1234), écrit : t Le conte regarda la royne qui tant 
estoit sage et tant belle que de la grant biauté d'elle il fu tout 
esbahi > 2 . — Qui chantoit à voix de seraine, viendrait encore 
donner du poids à l'hypothèse qu'il s'agit de cette princesse. Mais, 
on ne saurait aller plus loin; et personnellement, je trouve que 
c'est mieux entrer dans l'idée de Villon, de laisser cette gracieuse 
figure de femme glisser dans le vague du souvenir et de la pensée, 
que de chercher, comme certains commentateurs, à imposer une 
identification, a priori impossible, et fatalement inexacte*. 

Voici, à titre de curiosité, quelques vers du Roman de la Rose 
où l'on trouve comme la matière des deux vers de Villon : 



Icele dame ot non Biautés(t. I, p. 41, v.995;. 



Tendre 

Et blanche 4 comme flor de lis. 

(T. I, p. 41, v. 1004.) 

Et chantés cum une seraine. 

(T. 11, p. 200, v. 8505.) 



dit ailleurs à sa femme le mari jaloux. 



1. Cf. Du Cakob, Glossarium au mot « blanca ». 

2. Les grandes Chroniques de France..., publiées par Paulin Paris (Paris, 1838, 
io-8°), t. IV, p. 254. Cf. également Élie Berger, Histoire de Blanche de CasUlle, 
reine de France (Paris, 1895, in-8% p. 11. Ainsi que Villon, quelques écrivains 
contemporains de la reine Blanche ont joué sur son nom : tel l'auteur anonyme de 
Yllistoria regum Francorum qui, parlant de cette dernière, écrit : « commendabilis 
pulchritudinis puella, nomine Candida... » Cf. Rerum Gallicarum et Francicarum 
Scriptores, t. XVII, p. 426. Semblablement dans le Carolinus (môme recueil et même 
tome, p. 292, vers 130). 

3. Ceci vise particulièrement le commentaire de Prompsault. 

4. Ces deux épitbètes évoquent le portrait de « dame Sydoior» » 



A noter que « Dame Sydoine » se rencontre également dans Le Champion des Dames 
de Martin Le Franc (Bibl. nat., fr. 12,476, fol. 76 b) ; mais il n'y a là qu'une simple 



Blanche, tendr<% poln« et attinlAe... 

Les Conlreditz de FrancGonlicr, G. T. v. 1477. 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



129 



Enfin Y Amant, introduit dans le verger par Oiseuse, entend un 
chant si délicieux 



Qu'il ne sembloit pas chans (Toisiaus, 

Ains le peûst Pen aesmer 

A chant de seraines de mer, 

Qui par lor vois qu'eles ont saines 

Et séries, ont non seraines. 



La coïncidence avec les vers de Villon était à relever, sans qu'il 
y ait lieu, semble-t-il, d'en tirer une conclusion ferme. — (Pour les 
sources des autres figures de femmes évoquées dans la Ballade des 
Darnes du temps jadis, cf. le Supplément, n° II). 

Dans la Ballade m viel langage françois, Villon parle du pape 
qui prend le diable par le cou : 



Car, — ou soit ly sains apostolles, 
D'aubes vestuz, cTamy coeffez, 
Qui ne saint fors saintes estolles, 
Dont par' le col prend iy ma u fiez, 
De mal talant tout eschauffez. . 



L'emploi de « mauflfez », pour désigner le diable, est fréquent 
dans les anciens romans. On le trouve également dans le Romande 
la Rose, avec les mêmes mots à la rime : 



dit le jaloux à sa femme (t. II, p. 226, v. 9130-9131). 



Malus, en latin du moyen âge, signifie le diable. Le sed libéra 
nos a malo de l'oraison dominicale, veut dire, mais délivre nous du 
diable. Cf. les notes de Du Gange à son édition de Join ville, p. 106, 
et son Glossarium au mot malus % — Quant au mot « apostolle * 



coïncidence, Villon — selon toute vraisemblance — n'ayant pas connu le poème de 
Martin le Franc. Villon a d'ailleurs pu prendre directement ce nom de, « Sydoine » au 
roman d'aventure de Vont h us et Sidoine (cf. Romania, t. XV, p. 275). 



(T. I, p. 28. V. 673-677.) 



Et sui plus forment eschaufés, 
Vous rechigniés comme maufés 



Dangiers, li orriblez maufes, 
Quant il se senti eschaufés. 

(T. III, p. 309. v. 21332-21333.) 




130 



LOUIS THUASNE. 



pour « pape >, Jean de Meun l'emploie également avec le même 



dit Faulx-Semblant (t. 2, p. 358, v. 1 1770-1 1771)'. 



Villon, dans ce poème où il dépeint avec un réalisme si puissant 
et un art si achevé les splendeurs de la femme en son printemps, et 
les déchéances lamentables de sa beauté en son hiver, suit de près 
un passage du Roman de la Rose où La Vieille rappelle tristement 
sa jeunesse évanouie, ses malheurs et sa présente décrépitude. Non 
seulement il emprunte au célèbre Roman le fond même du sujet, 
mais il lui prend encore certains traits, certaines images,— notam- 
ment dans le portrait de Vieillesse, — qu'il a utilisés au cours de sa 
description. Dans l'impossibilité de reproduire le discours de La 
Vieille, à cause de sa dimension, je ne citerai que les passages qui 
appellent surtout la comparaison, ainsi que les traits topiques qu'on 
relève chez Guillaume de Lorris et chez Jean de Meun. Mais pour 
avoir le sentiment exact de l'immense supériorité de Villon sur 
ces derniers, il importe de lire dans le texte même l'interminable 
discours de La Vieille où se rencontrent certes d'excellentes choses, 
mais qui perdent beaucoup de leur effet, noyées qu'elles sont dans 
le flux intarissable de paroles de cette dernière : au contraire, dans 
Villon, le tableau est d'une netteté parfaite, d'un relief saisissant, 
avec un large fond de sympathie humaine et féminine, le tout 
délicieusement nuancé de mélancolie : 



Tollu m'as la haulte franchise 
Que beaulté in'avoit ordonné 
Sur clerc, inarchans et gens d'Eglise : 
Car lors, il n'estoit homme né 
Qui tout le sien ne ni'eust donné, 
Quoy qu'il en fust des repentailles, 
Mais que luy eusse habandoune 
Ce que reffusent truandailles. 



1. L'Apostcle (le papeï est également cité, t. Il, 337 v. Il, 21H; 11, 302; t. III, 
p. 336, v. 11, 268; p. 337, v. 11, 294 ; 11, 302, etc. 



sens : 



De l'Apostole en ai la bule 
Qui ne me tient pas pour entule 



Les Regrets de la Belle Heaulmiere. 




FRANÇOIS VILLON KT JEAN DE MEUN. 



131 



« A maint homme l'ay reffusé, 
Qui n'estoità moy grant sagesse 
Pour l'amour d'ung garson rusé, 
Auquel j'en faisoie largesse. 
A qui que je feisse ûnesse, 
Par m'ame, je Pamoye bien ! 
Or ne me faisoit que rudesse, 
Et ne m'amoit que pour le mien. 

« Si ne me sceut tant de trayner, 
Fouler au piez, que ne ramasse. 
Et ni'eust il fait les rains trayner, 
Si in'eust dit que je le baisasse, 
Que tous mes maulx ne l'oubliasse. 
Le glouton de mal entecbié, 
M'embrassoit... J'en suis bien plus grasse ! 
Que m'en reste il ? Honte et pechié. 

« Or il est mort, passé trente ans, 
Et je remains vielle, chenue. 
Quant je pense, lasse ! au bon temps, 
Quelle fus, quelle devenue... 



« Qu'est devenu ce front poly, 
Ces cheveux blons, sourcilz voultiz, 
Grant entroeil, le regard joly, 
Dont prenoie les plus soublitz ; 
Ce beau nez droit, grant ne petiz 1 ; 
Ces petites joinctes oreilles, 
Menton fourchu, cler vis traictiz, 
Et ces belles lèvres vermeilles. 



1 . Gaston Paris, qui n'avait pas remarqué que tout ce passage reproduit presque 
littéralement les paroles de La Vieille du Roman de la liose t a proposé de lire ainsi 
ce vers: 

Ce beau noz droit et bien faitiz, 

en suivant la leçon du ms. V (toujours digne, dit-il, d'une attention particulière, — 
Romania y t. XXX, p. 367). Mais le rapprochement avec les vers de Jean de Meuo 
établit que la leçon des trois mss. A C I iLongnon, p. 19'») doit lui être préférée : 

Ce beau nez droit grant ne petiz 
qui est la reproduction visible de celui «le Jean de Meun : 

le nez tretis. 

Qui n'est trop jrrans ne trop petis 

icf. plus loin ce passage, p. 135). 



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132 



LOUIS THUASNE. 



Le front ridé, les cheveux gris, 
Les sourcilz cheuz, les yeulz estains, 
Qui faisoient regars et ris, 
Dont mains marchaus furent attain«; 
Nez courbes, de beaulté loingtains ; 
Oreilles pendans et moussues ; 
Le vis paily, mort et destains ; 
Menton froncé, lèvres peaussues : 

C'est d'umaine beaulté Tyssues ! » 



Voici les rapprochements qui s'imposent plus particulièrement 
avec le texte du Roman de la Rose. 



Je n'en met hors prelaz, ne moines, 

Chevaliers, borjeois, ne chanoines, 

Ne clerc, ne lai, ne fol, ne sage, 

Por qu'il fust de poissant aage, 

Et de religions saillissent, 

S'il ne cuidassent qu'il faillissent, 

Quant requise d'amors m'eussent ; 

Mès se bien mon penser seussent 

Et nos condicions tretoutes, 

Il n'en fussent pas en tex doutes ; 

Et croi que se plusors osassent, 

Lor mariages en brisassent, 

Et de foi ne lor sovenist, 

Se nus a privé me tenist. 

Nus n'i gardast condicion, 

Foi, no veu, ne religion. . . 



(T. III, p. 13, v. 14322 et sqq.) 



Tant les plumasse et tant preïsse 
Du lor de tort et de travers, 
Que meugier les felsse as vers, 
Et gésir tous nuz es fumiers ; 
Meismement ceus les premiers 
Qui de plus loial cueur m'amassent, 
Et plus volentiers se penassent 
De moi servir et honorer. 
Ne lor laissasse demorer 
Vaillant ungail, se ge peùsse, 




FRANÇOIS VILLON KT JEAN DE MEUN. 



Que tout en ma borce n'eusse ; 
A povreté tous les meïsse, 
Et tous emprès moi les feïsse 
Par vive rage tripeter... 



(T. II, p.' 421, v. 13113-13126.) 



N'est hons nés por qui ce feïsse 
Por nul don, tant grant le veïsse. 
Maint vaillant homme ai refusé 
Car moult ont maint à moi musé. . . 



(T. II, p. 455, v. 13890-13893.) 



Mes quant j'avoie des uus pris, 
Foi que doi Diex et saint Tibaut ! 
Tretout donnoie à ung ribaut 
Qui trop de honte me faisoit, 
Mès c'iert cis qui plus me plaisoit. 
Li autres tous amis clamoie, 
Môs li tant solement amoie ; 
Mès sachiés qu'il ne me prisoit 
Ung pois, et bieu me le dis oit. 
Mauvès iert, ouques ne vU pire, 
Onc ne me cessa de detpirc : 
Putain commune me clamoit 
Li ribaus qui point ne m'amoit. 
Famé a trop povre jugement, 
Et ge sui famc droitement. 
Onc n'aimai homme qui m'amast ; 
Mès se cil ribaut m'entamast 
L'espaule, ou ma teste eùst quassc, 
Sachiès que ge l'en merciasse. 
Il ne me seûst ja taut batre, 
Que sor moi uel'feïsse embatre, 
Qu'il savoit trop bien sa pez faire, 
Ja tant m'eùst fait contraire, 
Ne ja tant ne m'eust mal menée, 
Ne batuë, ne traînée, 
Ne mon vis blecié, ne uerci, 
Qu'ainçois ne me criast merci, 
Que de la place se meiist, 
Ja tant dit honte ne meûst. 




134 



LOUIS THUASNE. 



Que de pex ne m'amonestast, 

Et que lors ne me refaitast. 

Si r'avions et pez et concorde... 1 



(T. III, p. 28, V. 14677-14703.) 

Dans un autre passade, Raison expose à V Amant les désillusions 
et les regrets de la vieillesse : 



A donc li vient en remembrance 
En ceste tardive pesance, 
Quand el se voit foible et chenue, 
Que maleinent Ta deccuë 
Jonesce, qui tout a gité 
Son prétérit en vanité, 
Et qu'ele a sa vie perdue... 



Pour ce qui est des rapprochements topiques, ils portent surtout 
sur dos images ou sur des mots. 

Parlant de « dame Oyseuse *, Guillaume de Lorris la représente 
ainsi : 



Cheveus ot bJons... 
Front reluisant, sorcis votis, 
Son entr'oil ne fut pas petis, 
Ains iert assez grans par mesure ; 
Les nés ot bien fait a droiture, 
Les yex ot plus vairs c'uns faucons, 
Por faire envie à ces bricons. 
Douce alêne ot et savorée, 
La bouche petite et grocete, 
S'ot où menton une fossette... 



Quant à Franchise, elle était « blanche comme nois » : 



Et si n'ot pas nés d'Orlenois, 
Ainçois l'avoit lonc et traitis, 
Iex vairs rians, sorcis votis : 
S'ot les chevous et blons et Ions... 

(T. I, p. 48, v. 1199-1202.) 



1 . On peut rapprocher de ce passage la Ballade de Villon et de la Grosse Margot 
G. T. v. 1591-1627", où les situations sont identiques. 

Puis paix se fait ....(V. 4611). 



(T. Il, p. 27, V. 4544-4550.) 



(T. I, p. 23, V. 526-537.) 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



135 



Ailleurs, il nous dépeint Espérance : 



Les yex rians, le nez iretis, 

Qui n'est trop grans, ne trop petis. 

Et la bouchete colorée... 



dit encore Guillaume de Lorris en parlant de « dame Biautés. » 
(T. I, p. 41, v. 1005). 

Les traits du dernier huitain cité se rapportent au personnage de 
Vieillesse : 



Bien estoit sa biauté gastée, 
Et moult ert lede deveuuë. 
Tonte sa teste estoit chenue... 



Moult estoit ja ses vis flétris, 
Qui jadis fut soef et plains ; 
Mès or est tous de fronces plains. 
Les oreilles avoit mossues... 

(T. I, p. 16, v. 343-354.) 



On relève également, dans la Ballade de la belle hëaulmiere aux 
filles de joie y plusieurs passages qui prêtent à des rapprochements 
avec le discours de La Vieille : 



Or est il temps de vous congnoistre ; 
Prenez à destre et à senestre, 
N'espargnez homme, je vous prie : 
Car vielles n'ont ne cours ne estre, 

Ne que monnoye qu'on descrie 

Ne mepreoez vers vostre maistre, 
Tost vous fauldra clore fenestre, 
Quant deviendrez vielle, Ûestrie. . . 
N'envoyez plus les hommes paistre : 
Car qui belle n'est, ne perpètre 
Leur bonne 1 grâce, mais leur rie. 
L'aide viellesse amour n'empestre.. . . 



i. Leçoo du ms. de l'Arsenal (Longnon, A. p. 200 }. — G. Paris a proposé une lecture 
différente de ce vers, « maie grâce » et « rie » subjonctif du verbe rire. — Romania, 
t. XXX (1901), p. 389. — Rie, ici substantif, est synonyme de raillerie, moquerie. 



(T. I, p. 107, V. 2642-2644.) 



Si ot le vis cler et alis..., 




136 



LOUIS THUASNE. 



De même La Vieille, l'aïeule de la « belle Hëaulmiere », avait 
donné de semblables conseils : 



Si doit la dame prendre garde 
Que trop à joer ne 8e tarde ; 
Car el porroit tant atendre 
Que nus n'y vodroit la main tendre 
Querre doit d'amors le déduit, 
Tant cura jonescc la déduit, 
Car quant viellesce famé assaut, 
Damors pert la joie et l'assaut. 
Le fruit d'amors, se famé est sage, 
Coille en la flor de son aage : 
Car tant pert de son tens, la lasse ! 
Cum sans joïr d'amors en passe. 
Et s'el ne croit ce mien conseil, 
Que por commun profit conseil, 
Sache que s'en repentira 
Quant viellesce la flatira... 



Ainsinc doit famé par tout tendre 
Ses raiz por tous les hommes prendre : 
Car por ce qu'el ne puet savoir 
Des quiex el puist la grâce avoir, 
Au mains por ung à soi sachier, 
A tous doit son croc atachier. . . 



Les huitains XLV1II, XLIX se ressentent d'un passade où Raison 
explique à V Amant que la femme qui se vend n'est pas digne de 
l'amour d'un honnête homme : 



Si apercoy le grand dangier 

Ouquel Phorome amoureux se boule... 

Et qui me vouldroit laidangier 

De ce mol, en disant : « Escouteî 

Se d'amer Pestrange et reboute 

Le barat d'icelles nommées, 

Tu fais un bien folle double, 

Car ce sont femmes diffamées. 



(T. 2, p. 445, V. 13678-13693.) 



(T. 2, p. 451, v. 13792-13797.) 



XLVIll 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



137 



XL1X 

« S'ilz n'ayment fors que pour l'argent, 
On ne les ayme que pour Peure. 
Rondement ayment toute gent, 
Et rient lors quant bounse pleure 
D'icelles si n'est qui ne queure ; 
Mais, en femmes d'onneur et nom 
Franc homme, se Dieu me sequeure, 
Se doit emploier ; ailleurs, non 2. » 

Raison avait dit antérieurement : 

Se ne sunt gens qui rien ne vaillent, 
Qui por deniers vilment se baillent, 
Qu'el ne sont pas des lois liées 
Par lor ordes vies soilliées. 
Mès ja certes n'iert famé bonne, 
Qui por dons prendre s'abandonne : 
Nus noms ne se devroit ja prendre 
A famé qui sa char vuet vendre. 
Pense il que famé ait que son cors chier, 
Qui tout vif le soflre escorchier? 
Bien est chetis et défoulés 
lions qui si vilment est boulés, 
Qui cuide que tel famé P ime, 
Por ce que son ami le claime, 
Et qu'el li rit et li fait feste. 
Certainement nule tel beste 
Ne doit estre amie clamée, 
Ne n'est pas digne d'estre amée. 
L'en ne doit riens priser moiliier 

Qui homme bée à despoillier 

(T. 2, p. 28, v. 4574- Î593.) 



1. Leçon des rass. C I (Loognon, p. 200} : c'est celle qu'a suivie Pierre Junnet dans 
son édition (p. 43). 

2. A rapprocher la coupe de ces vers de ceux de Nature parlant de « quicooq ues 
tend à gentillece > (v. 18880) : 

Tex homs doit avoir los el pris, 
Sans eslre blasmé n<» repris. 
Kl de gentillece le non 

Doit recevoir, li auiro non. (T. III, p. 203, p. 18892-18895.) 



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138 



LOUIS THUASNE. 



Amis reprenait les mêmes idées en s'adressant à Y Amant : 

Car moult est digne chose et haute 
De bien savoir garder s'amie, 
Si que l'en ne la perde mie ; 
Meismement, quant Diex la donne 
Sage, cortolse, simple et bonne, 
Qui s'amor doint et point ne vende. 
Car onques Amor marcheande 
Ne fu pas famé controvée, 
Fors par ribaudie provée; 
N'il n i a point d'amor sans faille 
En famé qui por don se baille. 
Tel amor fainte Mal-Feu Tarde! . . . 

(T. II, p. 191, v. 8307-8318.) 

Revenant sur le cas de « ces femmes diffamées», Villon constate 
que 

Au commencement, 
Honnestes furent vraiement ; 

(li.) 

Mais cet état dura peu, 

Car celle qui n'en amoit qu'un 
D'iceluy s'eslonge et despart, 
Et aime mieulx amer chascun. 

LUI 

Qui les meut à ce? j'ymagine, 
Sans l'onneur des dames blasmer, 
Que c'est nature femenine 
Qui tout vivement veult amer 



LIV 

Or ont les faulx amans le bont, 
Et les dames prins la voilée ; 
C'est le droit loyer qu'amours ont ; 
Toute foy y est vioilée, 
Quelque doulx baiser n'acollée... 



Pour ung plaisir mille doulours. 



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FRANÇ0I8 VILLON ET JEAN DE MEUN. 



139 



Dans les paroles suivantes d'Amis, on retrouve certains traits 
des vers précédents : 

. . . Juvenaus qui dist du mestier 

Que l'eu apele rafetier, 

Que c'est li meindres des pechiés 

Dont cuer de famé est entechiés ; ^ 

Car lor nature lor commande 

Que chascune au pis faire entende... 

(T. II, p. 230, v. 9180-9185.) 

Et il poursuit, ou plutôt Jean de Meun, en portant sur les fem- 
mes ce jugement qui lui fut tant reproché ; 

Toutes estes, serés, ou fûtes, 
De fait ou de volenté putes; 
Et qui bien vous encercheroit, 
Toutes putes vous trouveroit. . . 

(T. II, p. 230, V. 9192-9193 J 

Enfin le dernier huitain (liv) se retrouve comme dans la bouche 
de La Vieille, au souvenir de son passé : 

Quel dolor au cuer me tenoit, 
Quant en pensant me sovenoit 
Des biaus diz, des dous aesiers, 
Des douz deduiz, des douz besiers, 
Et des très douces acolées 
Qui s'en ierentsitost volées. 
Volées ! voire, et sans retor... 

(T. II, p. 419, V. 13064-13070.) 

« Pour ung plaisir mille douleurs. »' 

Ce vers qui termine si bien, en les résumant, les strophes qui pré- 
cèdent, était une locution proverbiale au temps de Villon. Elle a 
toutefois son pendant dans cette pensée de Raison à V Amant, par- 
lant de l'amour : 



1. Régnier fait dite a Macette : 



Celle qui par amour s'engage on res mal heurs, 
Pour un petit plaisir a cent mille douleurs. 

Œuvre» (é.lit. Jsnnet. Paris. 1869, in-16), p. 109. 



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140 



LOUIS THUASNE. 



La poine en est desmesurée, 
Et la joie a corle durée. 1 

(T. I, p. 123, v. 3062-3063.) 



Dans sa Double Ballade sur le mesme propos, Villon pour prou- 



cite un certain nombre d'exemples empruntés à l'ancien Testament 
et à la Fable : 

Salmon en ydolatria ; 

Samson en perdit ses lunetes. . . 



Orpheùs le doux menestrier, 
Jouant de fleustes et muselés, 
En fut en danger de murtrier 
Le chien 1 Cerberus à trois testes ; 
Et Narcisus, le bel honnestes, 
En un parfond puis se noya, 
Pour l'amour de ses amouretes. . . 
Bien est heureux qui rien n'y a. 



David le roy, sage prophètes, 
Crainte de Dieu en oublia, 
Voyant laver cuisses bien faites. . . 



La Vieille cite à Y Amant l'exemple de Samson : 

Dalila la malicieuse, 
Par flaterie venimeuse, 

1. Parlant de Luxure, Jean de Meun, dans son Testament, s'exprime à peu près de 



On connaît la romance de Florian, mise en musique par Martini : 



2. Leçon du ms. I (Longon, p. 202). — Jean de Meun, Ftenaut de Louhans et Villon 
emploient toujours la forme latine « Orpheus » ; au contraire, Martin le Franc, dans 
son Champion des Dames, où il imite constamment Le Roman de la Rose, emploie 
la forme « Orphée » soit dans le vers, soit à la rime (fol. if»06, 98a), et aussi la forme 
« Orpheus » (fol. 79a). 



ver que 



Folles amours font les gens bestes, 



même : 



La pnine en est sans tin, et la joie esl petite. 



(T. IV, p. 93. v. 1814.) 



Plaisirs d'amours ne durent qu'un moment, 
Chagrin» d'amours durent toute la vie... 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



141 



A Sanson qui tant ert vaillans, 
Tant preus, tant fors, tant bataillaris, 
Si cum et le tenoit forment 
Soef en son giron dormant, 
Gopa ses chevex o ses forces, 
Dont il perdit toutes ses forces ; 
Quant de ses crins le depela, 
Et tous secrez li révéla, 
Quel! fox contés li avoit, 
Qui riens celer ne li savoit... 



Ailleurs, Amis raconte à r^manfrhisloire d'Hercule, vainqueur 
des c douze orribles monstres », qui fut dompté par « Deyanira » ; 
et celle de c Sanson » qui 



Enfin, dans son Testament, Jean de Meun, au chapitre Du peçhié 
de Luxure cité l'exemple de David et de Salomon. 



David et Salemon en furent deceù ... (T. 4, p. 92, v. 1792.) 



a Orpheus » est nommé dans le Roman de la Rose (t. 3, p. 241, 
v. 19850) ; mais je croirais plutôt que Villon, en écrivant ce pas- 
sage, se rappelait les vers de Renautde Louhans, à qui, selon toute 
vraisemblance, il a emprunté le nom de Thaïs (cf. ci-dessus, p. 124). 



Orpheus 

Un très gracieux menestriers (Bibl. nat, fr. 578, fol. 546). 

Car a la porte un chien demeure 

Que l'en appelle Cerberus 

Car cilz mastins avoit trois testes 1 ... {Ibid. fol. 40c). 



1. Dans la traduction du De consolatione Philosophiae faite par Jean de Meun, on 
rencontre € le bel doulx Orpheus » : ras. fr. 1092, fol. 61r°. — Quant à la traduclion du 
Boëce en vers par Renaut de Louhans du ms. fr. 578, il fournit certains rapprochements 
avec le texte de Villon qui ne sauraient être fortuits. C'est ainsi dans ce même ras. 
que Jacques de Cessoles, dans le chapitre VI de son Livre des Eschacs, montrant les 
effets pernicieux de l'ivresse, écrit cette phrase qui est comme le sommaire du début de 
rétiocelante ballade de Villon à la mémoire « du bon feu maistre Jehan Cotarl » : « Noé 
quant il fu yvre, il se descouvri honteusement devaot son fil. Loth qui estoil si preu- 
domme, quant il fu yvre, il fut avec ses filles » {Le livre du jeu des eschacs traduit 
revue dbs MB., mars-avril 1906. xvi. — 10 



(T. 3, p. 122, v. 16878-16889.) 



Fu par Dalila deceùs. (T. 2, p. 233, v. 9245.) 




142 



LOUIS THUÀSNE. 



Ce n'est pas à dire que Villon, poète essentiellement primesautier 
et de verve spontanée, soit descendu à ce travail de mosaïste 
(Rabelais pourtant procédait souvent ainsi) ; mais d'une lecture 
antérieure, lointaine où ces mots — pour lui des images — l'avaient 
frappé, le souvenir en avait jailli dans son esprit au moment où il 
composait, et ceux-ci s'étaient placés, comme à son insu, sous sa 
plume. Quant au vers : 

Chien Cerberus à quatre testes, ( Villon, Bibl. nat., fr. 12, 490, fol. 86). 

leçon suivie dans l'édition de M. Auguste Longnon, je pense qu'on 
doit lui substituer celle du manuscrit I (Longnon, p. 202) : 

Le chien Cerberus à trois testes. 

Car malgré le droit concédé par Horace au poète comme au 
peintre d'obéir à toutes les suggestions de leur fantaisie, on ne voit 
pas pourquoi Villon, seul de tous ceux qui ont représenté Cerbère, 
lui attribuerait quatre têtes, alors que partout et particulièrement 
chez Jean deMeun, aussi bien dans le Roman de la Rose que dans 
le livre De Confort, f Cerberus » apparaît avec ses trois têtes 
légendaires 1 . 



par J. Ferroo, ras. fr. 578, fol. 92d). Villon, qui prend la chose bien moins au tragique, 
commence ainsi : 

Pere Noé, qui plantastes la vigne, 
Vous aussi Lolh f qui beustes au rochier. 
Par tel pariy qu'Amours, qui gens engigne 
De vos filles si vous feist approuchier 

— Pas ne le dy pour vous le reprouchier... (G. T. v. 1238-1242.) 

Dans le CXXXV huilain du Grant Testament, Villon cite Macrobe : 

Tu trouverai là que Maerobes... (v. 1547). 

avec un s final, licence générale alors, et qu'il se permettait d'autant plus aisément 
qu'il en trouvait partout des exemples, et dans ce même Livre des eschacs : « ...dont 
Macrobes racompte »>, fr. 578, fol. 75a (Cf., à ce propos, la remarque de G. Paris, 
Homania, t. XXX (1901), p. 368.} — De même, dans Le Roman de la Rose, mais à la 
rime, cette fois, on relève : 

Ung acteur qui ot non Macrobes 

Qui ne tient pas songes à lobes. (T. 1, p. 2, v. 6-7.) 

Sans nier que Villon a pu connaître le commentaire de Macrobe sur le songe de Sci- 
pion, je croirais plus volontiers qu'il a pris Macrobe dans Le Roman de la Rose où il 
n'est cité qu'une fois. 

1. « Cerberus le ribaut » (t. III, p.2ï8, v. 20007 et sqq; p. 269, v. 20558) ; de même 
« ses trois groins » (p. 248, v. 2O018). « Le cruel Cerberus, le portier d'enfer qui a 
trois testes de chiens horribles. . . » Jean de Miun, traduction du De Consolations 



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FRANÇOIS VILLON ET JEAN DÉ MEUN. 



143 



Quand à c Narcisus, le bel honnesles », Villon en a pris l'histoire 
peut-être dans Ovide, mais bien plutôt dans Jean de Meun où elle 
est rapportée tout au long 1 ; Villon lui emprunte l'épi thète « bel, » 
« le bel Narcisus »,(t. 3, p. 271, v. 2061U ; « îi biaus Narcisus », 
1. 1, p. 58, v. 1445); mais de cet épisode, il modifie, à sa fantaisie, 
le dénouement. 

En effet, dans Ovide, Narcisse ne se noie pas, il meurt de 
langueur en se mirant dans la fontaine : de même dans Jean de 
Meun qui suit de près le poète latin. Quant à Tépithètec honnestes > 
c'est par ironie que Villon l'applique à Narcisse qu'il jugeait 
vraisemblablement fort sot d'avoir méprisé les prières de la nymphe, 
c Le bel honnestes » équivaut vraisemblablement à : le beau niais. 



Ci dit PAucteur de Narcisus, 
Qui fu surpris et deceûs 
Pour son ombre qu'il aaina 
Dedens l'eve où il se mira 
En ycele bele fontaine. 
Ceie amour H fu trop grevaine, 
Qu'il en morut à la parfln 
A la fontaine sous le pin. 



Dans la Ballade contre les mesdisans de la France, Villon 
souhaite une fin cruelle à ces derniers : 



L'attribution à Villon, de cette ballade, a été contestée 2 . 



Philosophiae de Boece, Bibl. nat. fr. 17,080 fol. 135uo. — « Cerberus, le portier à 
trois lestes. » Martin le Franc, L'estrifde Fortune et Vertu, Bibl. nat., fr. 1150, fol. 
182 t?o, etc. 

1. L'histoire de Narcisse est rapportée et par Guillaume de Lorris et par Jean de 
Meun d'après Ovide. Cf. E. Lanolois, Les origines et tes sources du Roman de U Rose 
(Paris,1890, in-8«), pp. 119-127 ; 172 et sqq. 

2. Romania, t. XXI (1892), p. 427. Toutefois G. Paris estime que l'attribution à 
Villon de cette ballade cootre les « ennemis » de la France « a un fondement assez 
solide. » Romania, t. XXX (1901), p. 355, n. 3. 



(T. I, p. 58.) 



Ou soit noyé comme fut Narcisus 



Qui mal vouldroit au royaulme de France ! 




144 



LOUIS THUASNE. 



LXI1 



Qu'est ce à dire ? que Jehanneton 
Plus de me tient pour valeton — . 

« Valeton » qui a le sens de c serviteur » cT < amoureux » est 
employé de même par Jean de Meun, et aussi avec la signification 
d' « adolescent. » 

Toutes herbes, toutes floretes 

Que valetons et puceletes 

Vont en printens es bois coillir... 

(T. 3, p. 95, V. 16250-16252). 

LXXVI 

Item, mon corps je donne et laisse 
A nostre grand mère la terre... 

De même Deucalion, dans le Roman de la Rose : 

Nostre grand mere, c'est la terre. 

(T. 3, p. 161, v. 17831). 

Rabelais se rappelait sans doute le vers de Villon lorsqu'il 
écrivait cette phrase d'une beauté si haute : « Merveilles donc n'est 
si [le père] trouvant le ruffian, à la promotion du taulpetier, sa fille 
subornant, et hors sa maison ravissant, quoy qu'elle en fust 
consentente,les peut les doibt à mort ignominieuse mettre, et leurs 
corps jetter en direption des bestes brutes, comme indignes de rece- 
voir le doux, le désiré, le dernier einbrassement de l'aime et grande 
mere la Terre 1 , lequel nous appelions Sépulture. » Pantagruel, 
111,48. 

(A suivre ) Louis Thuasne. 



1. Cette dénomination de « grand mère » appliquée à la terre, se retrouve également 
dans d'autres littératures. Our grandam earth; the old beldam earth; dans 
Shakespeare. First part of King Uenry IV (art. III. se. I), édition A. Dyce, t. IV, p. 
247. — Dans Martin le Franc, on trouve « la mere Terre ». L'Estrif de Fortune et 
Vertu, Bibl. nat.,fr. 1150, fol. 10 v°. (ras. du xv° s.). — Ailleurs, dans son Champion 
des Dames, il applique à Nature le qualificatif de « graode mere » : 

Nature sui, la grande more. 

(Bibl. nat., fr. 12,476, fol. S6 a), etc. 



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NOTES 

SUR LIS 

LIBRAIRES, RELIEURS, ENLUMINEURS, PAPETIERS 
a PARCHEMINIERS JURÉS 

DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS 

EXTRAITES DES MÉMORIAUX DE LA FACULTÉ DE DÉCRET 

(1504-1524) 



Grâce à d'heureuses recherches entreprises dans les archives 
publiques et privées, l'histoire de l'imprimerie et de la librairie en 
France au xvi e siècle a fait, dans ces derniers temps, de sérieux pro- 
grès. MM. Philippe Renouard 1 et Ernest Coyecque* sont rentrés dans 
une voie qui ne peut être suivie qu'avec profit ; je n'en veux pour 
preuve que la série de petites trouvailles que je viens de faire dans 
le troisième volume des Mémoriaux de la Faculté de Décret, et que 
je suis heureux de publier pour attirer l'attention des érudits sur 
une source presque entièrement négligée jusqu'ici par ceux qui 



1. Philippe Rbhouard, Imprimeurs parisiens, fondeurs de caractères et correcteurs 
d'imprimerie depuis l'introduction de l'imprimerie à Paris (1470) jusqu'à fa fin du 
xvi« siècle. Paris, A. Claudio, 1898, petit io-8° ; — Documents sur les imprimeurs, 

libraires ayant exercé à Paris de 1450 à 1650. Paris, 1901, in-8° (publication 

de la Société de VHisloire de Paris et de l'Ile-de-France). 

2. Ernest Coyecqub, Inventaire sommaire d'un minulier parisien {1498-1600), dans 
le Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France (1891 et 1893) ; 
travail repris, d'une manière très ample, dans le Recueil d'actes notariés relatifs à 
l'histoire de Paris et de ses environs au xvi« siècle, l. 1, 1498-1545. Paris, 1905, gr. 
in-8° ^collection de Y Histoire génémle de Paris). 



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146 NOTES SUR LES LIBRAIRES, RELIEURS, ENLUMINEURS, PAPETIERS 

ont essayé de compléter la biographie des libraires et des impri- 
meurs parisiens, esquissée par Jean de La Caille 1 et André 
Chevillier 1 . Ces deux auteurs surtout, avaient, les premiers, semble- 
t-il, indiqué le parti qu'il y avait à tirer des registres de l'Université 
en empruntant à un recueil d'Actes assez rare des mentions tout 
à fait caractéristiques 3 . Leur avertissement, peut-être trop discret, 
ne paraît pas avoir été compris : à moins que Ton ne consulte plus 
guère, et bien à tort, l'ouvrage de Chevillier, si agréable à lire et si 
nourri de faits. 

Les doyens de la Faculté de Décret, comme ceux des autres 
Facultés, ont tenu leurs registres avec un soin fort inégal. Certains 
de ces € journaux » ont été évidemment rédigés après coup, à 
laide des registres, nécessairement très secs, des bedeaux de la 
Faculté : dès lors, on conçoit qu'ils ne contiennent guère que des 
mentions qui pouvaient servir à l'établissement des comptes 
annuels. Mais d'autres doyens, plus consciencieux, plus intelli- 
gents ou plus expansifs, ont donné à leur registre un caractère 
personnel, précis, parfois même pittoresque et qui fait revivre pour 
nous quelques scènes, bien éloignées de nos mœurs, de la vie uni- 
versitaire d'autrefois. 

Dans le volume grâce auquel nous allons pouvoir ajouter quel- 
ques traits à la biographie des libraires parisiens du xvi e siècle 
(volume III des Archives de la Faculté de Droit), deux doyens ont 
droit à toute notre reconnaissance : le normand Robert Dugast, si 
exact malgré sa nature passionnée, et le grave Nicole Musnier, 
général des Mathurins, c'est-à-dire de l'Ordre de la Trinité ou de la 
Rédemption des captifs. 



1. [Jean de La Caills), Histoire de l'imprimerie et de la librairie, où l'on voit 
son origine et son progrès jusqu'en i689. Divisée en deux livres (Paris, 1689, in-4°). 

2. L'Origine de l'Imprimerie de Paris. Paris, Jeao de Laulne, 1694, in-4°. — Les 
chapitres 111, IV, V et VI de cet ouvrage m'ont dispensé de donner certaines explications 
préliminaires sur les rapports de l'Université avec les libraires. 

3. Partie des pièces et actes qui concernent l'estat présent et ancien de l'Uni- 
versité de Paris, Monsieur le Recteur qui en est et a lousiours esté le chef. Les 
trois Facultez de Théologie, de Droit Canon et de Médecine. Les quatre Nations de 
France, de Picardie, de Normandie et d'Allemagne. Les trois Doyens desditet 
Facultez et les quatre Procureurs desdites nations. A Paris, imprimé chez Jean 
Julien.. M. D. C. LUI. — Un exemplaire, qui paraît complet, de ce recueil trop 
peu consulté est conservé à la Bibliothèque nationale, sous la cote Inv. Rés. H. 1,480. 




ET PARCHEMIN IERS JURÉS DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS. 1 47 

Leurs collègues, Denis Alligret. Nicolas Dorigny, Bernard Roil- 
let, Michel Chartier, Martial Galichier, ne nous ont guère transmis, 
sur la matière qui nous occupe, que peu d'indications, la plupart 
sans valeur. 



Une seule mention relative aux offices de libraires remonte au 
décanat de Denis Alligrel : 

Veneris XXII ejusdem [martii 1501 n. s.], fuit congregacio Uni- 
versitatis ad conferendum uoum ofticium librariatus in Saueto 
Mathurino, presentibus dominis de Conty, Dugast et me [Dionisio 
Alligret decano]. - (Fol. 30 v°.) 

La seconde a été rédigée peu de jours après l'élection du doyen 
Dorigny au décanat : 

Mercurii décima nona ejusdem [martii 1505], fuit congregacio 
Universitatis in Sancto Mathurino ad conferendum quoddam offi- 
cium librariatus. — (Fol. 35 v°.) 

La troisième a pour auteur le même Dorigny : 

Jovis XVI a aprilis quingentesimo sexto, fuit congregatio Uni- 
versitatis in Sancto Mathurino super coilationc duorum parvorum 
librariorum. — (Fol. 46 v°.) 

Sous le môme décanat, nous trouvons enfin le nom d'un libraire 
qui ne devait pas être des plus huppés, car il accepte l'humble 
charge de bedeau du docteur Pierre Gordier, le futur diplomate et 
conseiller au Grand Gonseil : 

1 . — Jovis XVIIl a [februarii 1 507], fuit missa ordinaria Facultatis ; 
in qua comparuerunt omnes domini doctores, tam antiqui quam 
novi, et presentaverunt domini novi bidellos suos, videlicet domi- 
nus [Bernardus] Rouillet Johannem Fenyon, dominus [Joannes] 
Dupleys Johannem Gilles sutorem, dominus [Petrus] Gordier Ro- 
bertum Cressant librarium, dominus [Nicolaus] Multoris [Musnier] 



I. - LIBRAIRES. 




148 NOTES SUR LES LIBRAIRES, RELIEURS, ENLUMINEURS, PAPETIERS 

Stephauum Gillaut, dominus [Joannes] Nicolai [ ], domi- 

nus [Martialis] Galicier [ ], dominus [RobertusJ Dugast 

Johajiuem Lheritier, et dominus [Michael] Chartier Johannem 
Damiens. Qui quidem parvi bidelli post juramenta per eos prestita 
recepti sunt ad onera et emolumenta juxla statuta J . — (Fol. 62.) 

Petit bedeau, minime libraire ! Si nous ne devions trouver que 
des mentions sans nom ou des noms aussi obscurs que celui de 
Robert Cressant 2 , il ne vaudrait pas la peine de poursuivre le dé- 
pouillement de notre volume. 

Mais nous arrivons au registre, extrêmement bien tenu, du pre- 
mier décanat de Robert Dugast. 

2. —XXVIII ejusdem [februarii 1508], fuit congregatio Univer- 
sitatis super duobus articulis. Primus [articulus fuit] ad providen- 
dum de officio unius de numéro XX111I librariorum qui interierat 
in remotis regionibus. . . Quoad primura, contulit Universitas pre- 
dictum officium quantum ad superiores Facilitâtes Joanni Petro 
Lombardo, Facultas vero artium sola Joanni Barbier qui pretende- 
bat a biennio ante ab Universitate factam sibi promissionem. Pro 
quo argumento ostendebat litteras scribe Universitatis cum ejus- 
dem scribe chyrographo. Attamen conclusum est pro pluralitate, 
nec habita est ratio iilius de qua nulli meminerant promissionis, 
que qualitercumque facta a nonnuilis credebatur. — (Fol. 72 v c .) 

Ce court procès-verbal est intéressant à plus d'un titre. Tout 
d'abord, il nous montre un des trop nombreux exemples de l'éter- 
nelle rivalité qui divisait les trois hautes Facultés (Théologie, Décret, 
Médecine) et la Faculté des arts, celeberrima Facilitas, celle qui 
fournissait les Recteurs et qui était en butte aux soupçons, parfois 
injustes, parfois trop légitimes, de ses aînées. Le greffier (scrnba) 
de la Faculté, qui était à la dévotion du Recteur, reçoit aussi son 
coup de griffe : qui sait si, sur Tordre de son supérieur, il n'a pas 
écrit au dernier moment et faussement daté la fameuse promesse 
exhibée par le candidat de la Faculté des Arts ? Toujours est-il que 
Jean Barbier 1 subit un échec au profit Jean-Pierre Lombard, ou 
plutôt — car alors les doubles prénoms n'étaient pas de commun 
usage — du lombard Jean Pierre. Qui était ce Jean Pierre ? Nous 



1. Cf. Pb. Renouard, Impr. (1898), p. 17-19. 



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ET PÀRCHEMIN1ERS JURÉS DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS. 149 



l'ignorons ; il est en effet difficile de l'identifier avec Jean Pierre, 
de Tours, qui, selon M. Renouard, exerça à Paris de 1528 à 1532 1 ; 
et de libraire parisien du nom de Lombard, le même historien ne 
cite que Georges, à la fin du xvi 6 siècle 2 (1597-1610). Quant à Jean 
Barbier, on croyait jusqu'ici, sur la foi de Lottin, qu'il avait été 
reçu libraire-juré le 28 février i$0$ (sic). Cette date du 28 février 
montre que Lottin avait consulté, directement ou indirectement, 
les registres de l'Université, qu'il avait mal compris le texte du 
procès- verbal de cette séance et qu'il en avait inexactement trans- 
crit le millésime (1505 au lieu de 1507). La Caille avait adopté la date 
du 28 février 1 507 en conservant l'ancien style pour la date d'année. 
— Jean Barbier n'attendit pas longtemps sa revanche. Avait-il 
appelé delà conclusion donnée par l'Université le 28 février et obtenu 
gain de cause? Cela est bien possible; car on remarquera tout de 
suite que, dans la mention suivante, l'exact Robert Dugast ne 
nomme* pas le libraire-juré auquel succède le candidat malheureux 
du 28 février précédent : 

3. — Eadem die [XXIIl a martii 1508], fuit congregatio Universi- 
tatis super duobus articulis. Prior ad providendum de officio libra- 
riatus, quod collatum est libère et unanimi consensu Joanni Bar- 
bier, cujus superius meminimus. — (Fol. 75.) 

Après sa mort, comme on le verra plus loin, sous la date du 
19 janvier 1515 (9), son privilège fut transféré à un de ses confrères 
dont le nom ne nous est pas donné par le registre du doyen d'alors, 
Michel Chartier. 

Une quinzaine de jours plus tard, autre collation : 

4. — Décima ejusdem [aprilis 1508], facta est congregatio Uni- 
versitatis per rectorem dominum Georgium Cromer uatione Anglum 
super tribus articulis... Secundus erat pro resignatione officii 
librariatus per maturum annis et bona fama preditum virum Joan- 
nem Eschart ad utilitatem Joannis Lambert quondam famuli sui, 
etiam mercatoris librorum. — (Fol. 75 v°.) 



1. lmpr.,, p. 299. 

2. lbid., p. 248. 




150 NOTES SUR LES LIBRAIRES, RELIEURS, ENLUMINEURS, PAPETIERS 

Le « vieux et honnête » Jean Eschart ne doit pas être confondu 
avec l'un des apothicaires et épiciers du même nom dont la 
maison fournissait à l'Université (notre registre nous l'apprend) 
les cierges distribués par elle à ses maîtres, à ses suppôts et à ses 
protecteurs le jour de la Purification. C'était bien un libraire 
puisque son commis, en faveur duquel il résigne sa charge, 
est dit etiam mercator librorum. Son nom doit donc être ajouté 
aux listes de M. Renouard 1 . — Jean Lambert, d'après ce dernier 
auteur, exerça de 1493 à 1514 2 . 

La curieuse mention qui va suivre se rapporte sans nul doute 
au librairc-juré dont la succession avait donné lieu à l'échec, bien- 
tôt réparé, de Jean Barbier, et qui était mort in remotis regionibus. 
Il est regrettable que le registre ait tù le nom de ce libraire parisien 
qui devait être originaire de Cologne ou des environs, puisque 
l'Université de cette ville prenait tant de soin des intérêts de ses 
héritiers : 

5. — Secunda junii [1508],' fuit congregatio Universitatis super 
tribus articulis. Primus erat ad audiendam lecturam litterarum 
matri Universitati transmissarura ab inclita Universitate Colo- 
niensi. . . Quantum ad primum, lecte sunt litière plene humanita- 
tis atque indices amoris illîus famigerate Universitatis ad hanc Uni- 
versitatem ; in quibus commendabautur heredes et procurator sive 
negotiorum gestor cujusdam olim librarii Parrhisiensis de XXIIII 
[parvis librariis Universitatis] qui in Alemannia interierat, et quo- 
uiam res familiaris, negotia et bona ejusdem erant tune, cum com- 
perlum est de morte ejus, in bibleotheca (sic) quadam sita in terra et 
dominio dominorum canonicorum Sancti Benedicti, ut vocabulo 
vulgari utar, arrestata fuerant applicanda fisco 3 ; quod tementes 
predicti heredes, impetratis predictis commendatitiis litteris, pete- 
bant adjutorium ab Universitate, presertira cum defunctus dum 
viveret esset nostre Universitatis officiarius etColoniensisalumnus 
et in altero jurium baccalarius. Propterea data est predictis here- 



1. Renouard, /mpr., p. 120, ne cite qu'un libraire de ce nom, André, qui exerça à 
partir de 1585 ; dans son second ouvrage, il cite le père de cet André, Jean Eschart, 
qui était mort avant le 7 octobre 1608 (Doc, p. 88). 

2. Impr., p. 207. 

3. En vertu du droit d'aubaine. 




ET PARCHEMIN] ERS JURÉS DE l/UNIVERSITÊ DE PARIS. 151 



dibus et procuratori adjunctio cum consilio prudentum et consi- 
liariorum Universitatis, expensis tamen heredum, favore defuacti 
et litterarum Universitatis. — (Fol. 78 v°-79.) 

Peut-être ne se tromperait-on pas en supposant qu'il s'agit ici de 
Jean Ravensberg, originaire de Cologne, et qui, selon M. Renouard, 
exerçait à Paris en 1507 f . 

On se souvient qu'une requête de ce genre avait été favorablement 
accueillie par Louis XI en 1475, au profit de Pierre Schoiffer, après 
la mort de son représentant à Paris, Hermann de Alemania ou de 
Stadtborn 2 . 

Un nom illustre apparaît ici, celui d'Antoine Vérard : 

6. — Octava ejusdem [julii 1508), celebrata est congregatio Uni- 
versitatis super tribus articulis. . . Secundus erat super admissione 
resignationis unius officii librariatus de numéro viginti quatuor a 
Vérard* ad utilitatem Andrée Bouchart librarii. — (Fol. 80 v°.) 

Il est assez surprenant de voir Antoine Vérard résigner son office 
en faveur, non pas de son fils Barthélémy, mais d'André Bouchart, 
plus connu sous le nom de Bocard ou de Boucard 4 . Peut-être 
Barthélémy, qui n'exerça qu'à partir de 1513 6 , était-il encore trop 
jeune pour aspirer à la succession de son père ; peut-être aussi 
Antoine avait-il avec Bocard des relations d'affaires ou des liens 
de parenté que nous ignorons. On sait que Vérard mourut dans le 
courant de l'année 1513 : c'est alors que son fils Barthélémy lui 
succéda. 



1. Impr., p. 310. — On sait qu'il n'a paru, de l'édition des matricules de l'Université 
de Cologne, que le premier volume, s'arrêtant à Tannée 1466. 

2. Cf. Rbnouard, Impr., p. 179, et surtout Léopold Delisle (dans le Bull, de la Soc. de 
l'Hist. de Paris et de V Ile-de-France, 1903, p. 159). — Même requête aussi fut pré- 
sentée en 1476, on ignore avec quel succès, par les Koberger de Nuremberg, après la 
mort de leur représentant Jean Van den Bruck (Renouard, Impr., p. 202). 

3. Cf. Renoua rd, Impr., p. 361, qui parait n'avoir pas su que Vérard avait été « petit 
libraire » de l'Université. — Dans son volume de Doc. (p. 275;, on trouve un acte, le 
contrat de mariage de Germaine Vérard avec Pierre de La Court, où Antoine, le 
grand-père de Germaine, est qualifié de « libraire du Roy. » 

4. Impr., p. 33. 

5. Ibid., p. 364. 




152 NOTES SUR LES LIBRAIRES, RELIEURS, ENLUMINEURS, PAPETIERS 

Viennent ensuite des libraires moins célèbres, quoique l'un 
d entre eux, Ponce ou Poncet le Preux, soit bien connu : 

7. -— XXVI* ejusdem [martii 1510], celebravit dominus Rector 
nuper electus magister Joannes de Ruella, Picardus, bachalarius 
noster [i. e. Facultatis Decretorum], congregationem Universitatis 
super tribus articulis. Primus super dispositione officii librariatus 
vaccantis per obitum nuper defuncti Joannis Belin ; quod contulit 
Universita(ti)s Pontio le Preux, ejusdem ministerii et vaccationis. 
— (Fol. 106 v°.) 

Jean Belin n'est guère connu que par son édition du Missel et du 
Bréviaire de l'église de Paris, pour laquelle il s'était associé en 
1489, 1490 et 1492 avec Guillaume le Caron et Jean du Pré 1 . La 
date de sa mort paraissait inconnue jusqu'ici ; on peut désormais la 
fixer au mois de mars 1510. — Nous retrouverons plus loin (13) 
Poncet le Preux, qui exerçait depuis 1498*. 

Nous rencontrons, vers le milieu de cette même année 1510, 
deux libraires plus modestes encore : 

8. — XX a ejusdem [septembris 1510], lac ta est eongregatio Uni- 
versitatis super tribus articulis. . . Secundus fuit ad recipiendam 
resignationem unius officii XXII II parvorum librariorum a Ger- 
vasio Coignart ad utilitatem Nicolai Vivian, et admissa est. — 
(Fol. 111-111 v°.) 

M. Renouard 3 avait d'abord donné à Coignart, qui était aussj 
relieur, le prénom de Germain, et non pa? 4e Gervais ; ce dernier 
paraît plus sûr, et la lecture n'en est pas douteuse dans le registre 
de la Faculté de Décret. M. Renouard ajoute que Coignart mourut 
entre le 29 décembre 1509 et le 17 août 1510 ; il est certain que cette, 
dernière date est inexacte, puisqu'il ne résigna sa charge de c petit 
libraire», non signalée jusqu'ici, que le 20 août de cette même 



1. Rbnouard, /mpr., p. 23. 

2. Ibid., p. 236. 

3. lbid. y p. 76. — Dans ses Doc. (p. 56), il cite un acte de vente, où le bailleur 
porte bien le nom de Gervais Coignart. 




ET PARCHEMINIERS JURÉS DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS. 153 

année 1510. Quant à Nicolas Vivien ou Vivian 1 , on n'a guère de 
renseignements sur lui, et on avait ignoré jusqu'à la publication 
de M. Coyecque qu'il avait été (à partir, comme on le voit, du 
20 août 1510), l'un des vingt-quatre libraires-jurés de l'Université 1 . 

Nous avons vu plus haut (3) que Jean Barbier avait été admis 
en qualité de libraire-juré le 13 mars 1508. On ignorait la date de 
sa mort, mais on croyait savoir qu'il avait exercé jusqu'en 1516 2 . 
Le passage suivant du registre du décanat de Michel Ghartier prouve 
qu'il était mort avant le 19 janvier 1515 : 

9. — Die décima nona dicti mensis januarii [1515], facta fuit 
congregatio apud Sanctum Maturinum super tribus articulis. Pri- 
mus super dispositione unius officii librariatus parvi vacantis per 
mortem seu decessum Johannis Barbier, ultimi possessoris paci- 
fici .• . Que officia fuere distributa secundum supplicationem sup- 
plicantium. — (Fol. 160-160 v°.) 

Chartier ne donne malheureusement pas le nom du successeur 
de Jean Barbier; mais nous avons déjà dit qu'il ne fallait pas 
attendre de ce doyen la précision de Robert Dugast ou de Nicole 
Musnier: 

Au feuillet qui suit, Ghartier a droit cependant à un éloge. Voici 
ce qu'il nous apprend : 

10. — Die vero penultima dicti mensis januarii [1515], fuit facta 
congregatio Universitatis apud Sanctum Maturinum super tribus 
articulis... Secundus est super resignatione officii librariatus quod 
obtinebat Philippus Piguochet (sic) ad util(l)itatem Jhannot... 
Super secundo, admissa fuit resignatio, solutis solvendis. — (Fol. 
160 v°- 161.) 

M. Renouard dit que Philippe Pigouchet exerça de 1488 à 1526, 
puis il ajoute dans une note : € Nous citons cette dale sous toutes 
réserves, elle est donnée par Desbarreaux-Bernard. Nous ne con- 



t. Rsnouard, Impr., p. 368. — tl était mort avant le mois d'août 1542 (Coyecque, 
Recueil, p. 442, n° 2374); sa veuve s'appelait Jeanne Barel (<6irf., p. 501, n» 2720). 
2. /6tt/., p. 17. 




154 NOTES SUR LES LIBRAIRES, RELIEURS, ENLUMINEURS, PAPETIERS 



naissons pas d'impression de lui, après 1512 ; cette lacune énorme 
pourrait peut-être se combler par les impressions de livres d'Heures 
non datés 1 ». Après avoir lu le passage de Michel Chartier, 
M. Henouard se félicitera de s'être défié de la date donnée par Des- 
barreaux-Bernard. Il est évident que, si Pigouchet résignait son 
office le 30 janvier 1515, c'est qu'il touchait, de son propre aveu, au 
terme de sa carrière. — Quant à t Jhannot », le successeur de 
Pigouchet, c'est Jean Jehannot, le père du célèbre Denys ; nous le 
retrouverons plus loin (13). 

C'est par acquit de conscience que je relève les deux mentions 
suivantes, dues à la plume trop pressée de l'incurieux Chartier : 

Nonadiedicti mensis septembris [1520], congregatio Universi- 
tatis ad audiendum que facta fuerc in curia Parlameuti super lega- 
tione, et super quodam ofûcio librariatus; ubi astiterunt très de 
dominis Duplix, Musnier et ego : cuilibet II s. t. — (Fol. 198.) 

Décima nona die ejusdem mensis septembris [1520], congregatio 
Universitatis super provisione librariatus ; ubi astiterunt quatuor 
de dominis, dominus Dorigny, Duplix, Galicier et ego : cuilibet 
Ils t. - (Fol. 198.) 

Par bonheur, nous avons ensuite affaire à un doyen plus précis, 
Nicole Musnier, le général des Mathurins. En deux pages, il nous 
fournit de précieux renseignements qui portent sur cinq libraires. 

11.— Die veneris nona ejusdem [septembris 1519], fuit congre - 
gâta Universitas apud Sanctum Maturinum super tribus articulis. 
Primus super resignatione admittenda unius officii parvi libraria- 
tus ex parte Gilberti Hardouyn factoris pro Guillermo Hardouin 
librario ejus fratre. Super quo magister Arnulphus Monnart, pro- 
curator Universitatis, tanquam procurator et procuratoris nomine 
débite fundatus Gilberti Hardouyn, resignavit in facie Universi- 



1. Impr , p. 299. — Il était mort, en effet, avant le 12 mars 1518 (Coybcqub, Recueil, 
p. 13, n° 79). II n'est qualifié de « libraire juré » ni par M. Renouard ni dans aucun 
des actes publiés par M. Coyecque. 




ET PARCHEM1NIERS JURÉS DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS. 155 

tatis pure, libère et simpliciter parvi librarialus officium, suppli- 
cando tamen ut dignaretur Universitas dictum parvi librariatus 
officium Guillermo Hardouyn librario, ejus fratri, conferre. Et 
illico idem supplicuit die tus Guillermus Hardouyn. Quare Univer- 
sitas eidem dictum officium parvi librariatus contulit. — (Fol. 226 
v°- 227.) 

Ce procès-verbal soulève plus d'une petite difficulté. Tout 
d'abord, le résignataire paraît bien avoir porté le prénom de Gilles 
ou de Gillet, et non point celui de Gilbert 1 . 

Quant au bénéficiaire, le témoignage de Nicole Musnier le res- 
suscite, tout simplement. Voici ce que dit de lui M. Renouard, le 
perpétuel et presque toujours excellent guide de nos recherches : 
t Hardouyn (Guillaume), libr.-juré, cité par La Caille, au lieu de 
Germain ou de Gilles Hardouyn qu'il ne mentionne ni l'un ni 
l'autre ; Lottin, qui cite Germain et Gilles, a reproduit l'erreur de 
La Caille en mentionnant aussi Guillaume 2 ». Ce court article 
prouve combien les plus avisés et les mieux informés doivent 
redoubler de prudence et de science lorsqu'il s'agit de s'en prendre 
au vieux La Caille. Guillaume Hardouyn a parfaitement existé et 
exercé le métier de libraire, tandis que son frère Gilbert ou Gillet 
n'était, semble-t-il, qu'un représentant en librairie (factor). On 
comprend, au reste, que ce dernier ait pensé, en 1519, à résigner 
son office : il était né en 1455. 

Le procès-verbal de l'assemblée de l'Université du 19 septembre 
suivant nous donne le spectacle d'une élection du petit libraire, 
sérieusement disputée et contestée; mais nous ne savons pas 
comment ni quand se dénoua la difficulté : 

12. — Die lune XIX a ejusdem [septembris 1519], fuit congregatio 

Universitatis super tribus articulis. Primus erat super dispo- 

sitione unius officii parvi librariatus vacantis per obitum defuncti 
Pascasii Lambert; super quo multi librarii supplicuerunt. Tandem 



1. Reaouard, /mpr., p. 175. — Il n'est nulle autre part qu'ici qualifié de libraire-juré. 

2. Rbwooabd, Jmpr. , p. 176. — M. Renouard, dans ses Doc. (p. 122), cite un Guil- 
laume Hardouyn ; mais c'est un des trois (ils de Jean, libraire, doreur et enlumiueur 
(cf. Coybcqub, Recueil, p. 389, n° 2051). 




156 NOTES SUR LES LIBRAIRES, RELIEURS, ENLUMINEURS, PAPETIERS 

duo fuerunt electi, Reginaldus Chaudière, in vico Sancti Jacobi 
commorans, a Kacultatibus Decretorum et Medicine, et alter, 
scilicet [Claudius] Gheval[l]on nuncupatus, in eodem vico commo- 
rans, electus a Facultatibus Théologie et Artium. Et sic nulla fuit 
vera electio, licet domicus Rector injuste concluserit pro dicto 
Cheval[l"]on. A qua conclusione appellavit idem Reginaldus Chau- 
dière, necnon adhérentes prioribus appellationibus pro simili causa 
factis appellaverunt domini decani Facultatum Decretorum et 
Medicine. — (Fol. 227 v°.) 

M. Renouard n'indique comme libraires-jurés ni Regnault Chau- 
dière 1 ni Claude Chevallon 2 . Leur rivalité fut-elle profitable à un 
troisième larron'? Nous espérions le savoir en continuant notre 
dépouillement; mais la plume du décanat passe ensuite entre les 
mains de Martial Galichier, homme qui évidemment n'aimait pas 
les libraires. Il ne faut cependant pas quitter la dernière mention 
de Nicole Musnier sans constater que la mort, signalée par lui, de 
Pasquier Lambert, coïncide assez exactement avec celle que 
M. Renouard assigne à la fin de l'activité de ce libraire-imprimeur 
(1518)*, et que Chevallon semble s'être fixé rue Saint-Jacques un 
peu avant la date donnée par le même auteur (1520) 5 . 

Voici maintenant le texte des mentions sans intérêt qui se 
peuvent glaner dans le registre de Martial Galichier : 

Die lune secunda julii [1520], fuit congregatio Universitatis super 
resignatione officii librariatus et super agendis Universitatis. — 
(Fol. 235 v°.) 



1. /mpr., p. 65. 

2. Ibid., p. 71. 

3. C'est assez peu probable : il semble qu'ils n'attendirent pas longtemps la réalisa- 
tion de leurs vœux et que cette double élection fut, à la suite de l'appel de Chaudière, 
bientôt régularisée. Car Chaudière et Chevallon sont tous deux, dès le jnois de décembre 
1521, qualifiés de libraires-jurés dans des actes publiés par M. Coyecque (Recueil, p. 
46, n<>» 227 et 228). 

4. lbid., p. 207. — M. Renouard croit qu'il devait être le fils de Jean Lambert (cf. 
plus haut, 4). — M. Coyecque (Recueil, p. 682, n° 3292) analyse un acte où figure un 
Pasquier Lambert, compagnon imprimeur de livres, peut-être un neveu du libraire 
(mai 154i). 

5. lbid., p. 71. 




ET PARCHEMIN IERS JURÉS DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS. 157 



Le 6 octobre 1520 : t secundus articulus super provisione officii 
librariatus ». — (Fol. 237 v<\) 

Sabbati secunda marcii [1521], fait Universitas congregata apud 
Sanctum Mathuriuum super tribus articulis.. . Secundus super 
resignatione officii parvi librarii. . . Conclusum fuit..., ad secun- 
dum, quod admitteretur resignatio. ... — (Fol. 239 v°.) 

Eadem die [jovis décima tercia junii 1521], fuit convocata Uni- 
versitas apud Sanctum Mathurinum super tribus articulis... Se- 
cundus articulus fuit super resignatione duorum officiariorum, 
videlicet librariatus et pergamenariatus. Que resignationes fuerunt 
admisse et dicta officia collata juxta tenorem procuratorii et volun- 
tatem resignantis. — (Fol. 242-242 v°.) 

La moisson sera meilleure dans le décanat suivant : c'est Robert 
Dugast, un doyen éprouvé, qui obtient de nouveau, le 26 no- 
vembre 1521, la confiance de ses collègues de la Faculté de Décret. 

La première indication qu'il nous donne sur les libraires nous 
fournit un exemple d'une série d'avancements, pour ainsi dire, 
hiérarchiques. Un des f petits libraires » obtient un des offices de 
t grand libraire » : 

13. — Quarta januarii [1522], jussu domini Rectoris accita est 
Universitas in concilium super tribus articulis. . . Secundus arti- 
culus erat ad providendum de officio magno librariatus vacante 
per mortem defuncti nuper Joannis Jannot, et collatum est Pon- 
ceto le Preus parvo librario. Officium vero parvi librariatus pre- 
fati Ponceti, libère dimissum Universitati, collatum est Petro Viart 
qui et exercuerat aliquanto tempore officium ligatoris librorum; 
quod a se dimissum collatum est Philippo le Noir. — (Fol. 249 v°- 



Get article, comme on le voit, est vraiment intéressant et peut 
nous consoler du silence du doyen précédent. On savait que Jean 
Jannot était mort en 1 522 1 ; on peut maintenant assurer que la date 
de son décès doit être placée soit vers la fin du mois de décembre 
1521, soit dans les deux ou trois premiers jours du mois de janvier 



1. Rrnouard, Impr., p. 193. 

revuk dbS bibl., mars-avril 1906. xyi. — 11 



250.) 




158 NOTES SUR LES LIBRAIRES, RELIEURS, ENLUMINEURS, PAPETIERS 

suivant. — Poncet le Preux, comme on l'a vu plus haut (7), était 
« petit libraire • depuis le 26 mars 1510 *. — Pierre Viart, d'abord 
relieur de l'Université, ne jouit pas longtemps de sa promotion, 
puisqu'il mourut, comme on le verra plus loin (18), dans la première 
semaine du mois d'août 1523, c'est-à-dire un an et demi environ 
après son admission à la charge de parvus libratnus*. — Quant à 
Philippe le Noir, ou n'ignorait pas qu'il avait été relieur de l'Uni- 
versité, mais on ignorait certainement la date de sa nomination à 
cette charge 

Le 7 avril suivant, nouvelle admission d'un c petit libraire > : 

14. — - Septima ejusdem [aprilis 1522], congregata est Universitas 
a Rectore nuncupato [Thoma] Cornet, de collegio Gervasiano, pro 
decernendo super tribus articulis. Primus erat super provisione 
duorum officiorum, unius papietariatus Corboliensis, alterius parvi 
librariatus. . . Secundum offîcium vacans per mortem Jphannis 
Trenel [sic) collatum est Johanni Frellon. — (Fol. 251 v°.) 

Jean Prenel (et non Trenel) et Jean Frellon sont deux libraires 
voyageurs, comme il y en avait tant eu au xv c siècle et comme il y 
en eut encore au xvi e . Le premier avait d'abord exercé à Rouen (151Q 
et 1513), puis il s'établit à Paris de 1507 à 1528 ; on n'avait, semble- 
t— il, jamais remarqué qu'il avait été libraire-juré 4 . Le second, Jean 
Frellon, s'établit à Paris en 1508, à Lyon en 1518, et revient à 



1. On trouve dans le recueil d'actes déjà cité (section 14, p. 29), à l'occasion de l'As- 
semblée de l'Université du 8 octobre 1542, un passage intéressant sur ce libraire : 

* Poocetus le Preux ipsius Universitatis librarius dixit, dudum ipsi et nonnullis aliis, 
etiara ex supremi Senalus et dicta? Universitatis autboritate visitandi papyrum venaient 
fuisse delatam et comraissam provinciam, quara cuin ex officii debito exercuerint quam- 
plurimam papyrum adulterinam compererunt, quam sic émisse et sic culpam tegere 
mercatores con tend uni. Verum ut huic morbo occurfrjatur, eosdem mercatores' pœna 
débita mulctari ac super hoc negotio provideri supplicuit. . . Praefatorum Dolet et Pon- 
ceti negotia ad Depulatos remittit [Universitas]. » — Dans les nombreux actes publiés 
par M. Coybcqub où se trouve, à différents titres, le nom de Poncet ou Ponce le Preux, 
gendre de Philippe Pigouchet, le premier en date qui mentionne sa charge de grand- 
libraire-juré est, semble-t-il, un inventaire des livres de feu Nicole Pichon, greffier 
civil du Parlement, juillet-septembre 1526 [Recueil, p. 117, n» 593). 

2. Rrnouard, Jmpr., p. 366. — Il avait épousé Denise de Marnef. 

3. lbid. y p. 234. 

4. Ibid., p. 305. 




ET PARCHEMINIKRS JURÉS DE i/UNIVBRSlTÉ DE PARIS. 159 



Paris en 1522; c'est donc bien après son retour en cette dernière 
ville qu'il obtint le privilège recherché de « petit libraire ». «r II est 
qualifié, dit M. Renouard, libraire-juré de l'Université de Paris en 
1528 » On voit qu'en 1528, il y avait environ six ans qu'il jouis- 
sait de cette charge. 

Une grande famille apparaît ensuite dans le registre de Robert 
Dugast : 

14. — Décima tertia ejusdem [augusti 1522], congregata est Uni- 
versitas super tribus articulis. Primus ad conferendum officium 
librariatus vacans per mortem Joannis de Marnef, et collatum est 
Gilberto de Marnef, palruo defuncti. — (Fol. 254.) 

Il s'agit ici de Jean II de Marnef. M. Renouard dit qu'il « meurt 
avant le 18 mars 1524* *; on peut affirmer maintenant qu'il mou- 
rut vers le commencement du mois d'août 1522. — Quant à 
Gilbert, son oncle, c'est celui que Ton nomme communément 
Enguilbert ou Englebert I er *. 

A la fin de cette môme année 1522 se présentent deux autres 
libraires célèbres : 

15. — Quarta decembris 1522, fuit congregatio Universitatis 
super officio librariatus vacante per obitum nuper defuncti Vul- 
canni (sic) Houpil, boni quondam viri ; quod collatum est Symoni 
de Colines, ejusdem ministerii. — (Fol. 256). 

Wolfgang Hopyl serait mort, selon M. Renouard, en novembre 
1521 \ Il paraît évident que cette date est erronée et qu'il faut fixer 
le décès de Hopyl soit à la fin de novembre, soit dans les premiers 
jours de décembre 1522 5 . — Quant à Simon de Colines, un 



1. Impr., p. 138. 

2. Ibid., p. 261. (Cf. Coyecqub, Recueil,, p. 33, n° 156, et p. 47, n« 239.) 

3. ibid., p. 261. 

4. Ibid., p. 183. 

5. Son Inventaire après décès et analysé par M. Coyecqub, ouvr. cité, p. 59, n° 266, 
sous la date des 23-27 février 1524; dans les actes publiés par le même savaot, et par 
M. Renouard (Doc.) f il est prénommé Vulquin, Goulefan, Ulquin, Volgmao, Vulquan, 



etc. 




160 NOTES SUR LES LIBRAIRES, RELIEURS, ENLUMINEURS, PAPETIERS 



savant biographe M. Renouard sera heureux de connaître la date 
exacte de sa nomination à la charge de libraire-juré 1 . 

Le premier des deux procès-verbaux suivants est très curieux 
au point de vue des mœurs universitaires; le second contient le 
nom d'un libraire-juré d'origine allemande que je n'ai pu iden- 
tifier : 

16. — Octava aprilis [1523J, fuit congregatio Universitatis a 

Rectore novitio Gilbon cognomento, de collegio Becudiano 

Supplicuit et tune Petrus Gaudous (sic) dari sibi officium biblio- 
pole seu librariatus vacans per obitum cujusdam Alemanni hiis 
diebus defuncti ; quod quidem officium collatum est eidem. Noluit 
tamen tune Rector concludere, tametsi esset predictus Gaudous 
solus supplicans. Rector autem causabatur non esse factam con- 
gregationem pro illo articulo; verumtamen inproperatum est 
eidem Rectori quod id solum faceret quod pecuniam ab eo extor- 
quere vellet ; quod et tandem fecit, non sine nota et macula. Nec 
enim alias unquam admisisset eundem Petrum, qui tandem pariut 
votis Rectoris ad redimendas suas vexationes. Hec ipse et michi et 
multis bonis viris sepius retulit 2 . — (Fol. 258). 



1. Un acte analysé par M. Coybcqcr (Recueil, p. 68, n» 304, et daté du 20 août ÎSÎÎ 
lui donne déjà la qualification de libraire-juré. Où est l'erreur? 

2. Si l'on veut connaître le détail d'une admission de libraire faite à l'unanimité des 
Facultés et des nations de l'Université, on le trouvera dans le procès-verbal suivant, 
emprunté au recueil d'actes cité plus haut {Partie des pièces et actes, etc., 14* section 
de l'exemplaire de la Bibliothèque nationale, p. 45—47) : 

« Die domin[i]ca 2. Oclobris 1558, apud S. Maturinum solenniter, ut moris est, con- 

gregata fuit aima Universitas Studii Parisiensis hora solita super tribus articulis 

Secundus super resignatione officii librariatus Maturini Dupuis in favorem Stepbani 
Grouleau mercatoris librarii et ci vis Parisiensis. . . Ibidem quoque comparuit pro- 
vidus vir et honestus Claudius Chaudière, mercator et civis Parisiensis, procurator et 
nomine procuratorio honesta; mulieris Chaudière uxoris praedicti Maturini Dupuis librarii 
jurati praedicta? Universitatis, literatorie fundatus et constitutus vigore procurations 
et potestatis sibi concessœ et attributas coram Deuets et Lenius notariis Castelleti die 
25. Augusti novissime lapsi, resigoavit et dimisit huiusmodi officium librariatus in manibus 
DD. Rectoris et Universitatis in favorem, coramodum et utilitatem providi viri et honesti 
Stephani Grouleau mercatoris librarii et civis Parisiensis, et non alias, et humiliter 
petiit eandem resigoationem admitti. Idem quoque Grouleau supplicavit huiusmodi offi- 
cium librariatus sic vacans sibi conferri et huiusmodi resignationem admitti. 

« D. Hector supplicavit M. Jo. de Malli pro authoritate in traductione litis, alius pro 
resignatione officii Librariatus... 




ET PARCHEMIN IERS JURÉS DE LUNIVERSITÉ DE PARIS. .161 



17. — Vicesima quarta ejusdem [aprilis 1523J, fuit rursus accita 

Universitas lu eadera congregatione provisionem accepit 

offlcii parvi librariatus Petrus Gauldous {sic), cujus mentio facla 
est superius octava aprilis, per obitum JoannisBrumestre, Germaui ; 
in qua [congregatione] conquestus est rector de me quod eum 
insimulassem venalitatis, et tune me purgavi palam, tametsi pur- 
gatione non egerem. — (Fol. 258 v°.) 

On voit que le doyen Robert Dugast, curé de Saint-Hilaire de 
Paris, principal du collège de Coqueret, fondateur du collège 
Sainte-Barbe, avait la langue longue et la dent dure. La sévérité à 
l'égard du recteur Gilbon s'explique non seulement par la gravité 
du fait en question, mais aussi par la sourde animosité des docteurs 
des trois hautes Facultés contre le Recteur, émanation directe de la 
Faculté des Arts, la « très célèbre » et très tyrannique sœur cadette. 
— Quel est ce Jean Brumestre (Baumeister, Burgmeister ?) qui fut 
libraire-juré avant 1523 ? Je n'ai pas réussi à le retrouver. — Quant 
à Pierre Gaudoul (et non Gaudous), on paraît avoir ignoré, jusqu'à la 
publication du Recueil de M. Goyecque, qu'il eût été libraire-juré 1 ; 
mais il ne le fut pas gratuitement. Outre qu'il lui fallut payer les 
droits ordinaires, il dut être aimable avec le Recteur, qui le fit, si 
j'ose dire, sérieusement « chanter ». 

Pierre Vidoue ne fut pas exposé aux mêmes tentatives : 

18. — Octava ejusdem [augusti 1523], fuit accita Universitas ad 

Maturis deliberationibus super adductis in deliberationem per Decanos et Procuratores 
singularura Facullatura pro more prœhabitis : 

« Theologorum Facilitas... annuit supplicationi resignationis offlcii Librariatus; 
adjuugit authoritatem suam ei qui supplicavit pro eadem. . . 

« Juris Canonici Collegium... annuit... supplicationi officii Librariatus... 

« Medicorum Facultas... adraisit resignationem offlcii Librariatus... 

« Procurator Francise... admittit resignationem officii Librariatus... 

« Procurator Picard ia*. . . annuit... supplicationi... Stephani Grouleau .. 

«< Procurator Normaninc. . . annuit supplicationi... Stephani Grouleau. 

« Procurator Germaniaî... annuit supplicationi pro... resignatione oflicii Librariatus... 

« Ex bis maturis deliberationibus retulit D. Rector : 

• ... Annuitis... supplicationi Stephani Grouleau. . . Et ita concludo. » 

1. Renouard, Impr., p. 143. — La graphie de notre registre prouve que Ton ne 
prononçait pas la lettre finale de son nom. Le premier en date des actes publiés par 
M. Coybcqub où Gaudoul soit qualifié de libraire-juré est du 14-19-octobre 1527 (ouvr. 
cité, p. 120, no 599). 




162 NOTES SUR LES LIBRAIRES, RELIEURS, ENLUMINEURS, PAPETIERS 



providendum de officio librariatus per obitum bis diebus defuncti 
vita Pétri Vyart ; quod una omnium voce collatum est Petro Vidoue, 
ejusdem artis. — (Fol. 260.) 

Pierre Viart n'était libraire-juré que depuis le 4 janvier 1522 (cf. 
plus haut, 13). — Pierre Vidoue était maître es arts 1 , ce qui 
explique l'unanimité avec laquelle fut faite son élection : la Faculté 
des Arts ne pouvait raisonnablement susciter de difficultés à un 
de ses suppôts. 

Telles sont les indications que renferme le troisième registre 
de la Faculté de Décret sur l'admission des libraires jurés depuis 
1500 jusqu'à 1524. On voit qu'elles ne sont pas sans valeur. Mais il 
est encore, dans ce môme volume, d'autres passages intéressants 
relatifs aux libraires, à leur rôle dans l'Université, à la surveillance 
qui était exercée sur eux par Yalma mater. 

Tout d'abord, l'Université maintenait de tout son pouvoir les pri- 
vilèges qu'ils tenaient d'elle et les protégeait de son mieux contre 
les attaques de plus en plus fréquentes des officiers royaux et mu- 
nicipaux. Au commencement du xvi c siècle, l'Université de Paris 
traversait une crise très grave qui l'affaiblit sérieusement et porta 
à son prestige séculaire d'irréparables atteintes. La première de 
ses immunités qui fut en butte aux hostilités du pouvoir fut tout 
naturellement celle .dont elle et ses suppôts étaient le plus jaloux : 
l'exemption des taxes. 

Dès le mois de mai 1505, elle doit défendre ses libraires et ses 
messagers : 

a. — Veneris penultima ejusdem mensis [maii 1505], fuit con- 
gregatio Universitatis in Sancto Maturino super hiis que facta fue- 
rant pro privilegiis Universitatis occasione librariovum et nun- 
ciorum Universitatis per consiliarios (in) Universitatis in Sancto 
Eligio. Ex declarationibus eorum conclusum fuit quod non teue- 
bantur ad nova vectigalia imposita per villain Parisiensein*. — 
(Fol. 38.) 



1. Henouard, Impr., p. 366. Cf., du même auteur, Doc, où Vidoue est dit libraire-juré 
dans un acte du 4 déc. 1539 (p. 278). 

2. Très probablement à propos de la reconstruction du pont Notre-Dame. 




ET PARCHEMIMERS JURÉS DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS. 163 



En 1513, les libraires, enlumineurs et relieurs repoussent un 
nouvel assaut : 

b. — Die mercurii XX a mensis aprilis [1513], fuit congregatio 
Universitatis super duobus articulis.. . Secundus [fuit] super audi- 
tione litterarum regiarum impetratarum per dominos librarios, 
illuminatores et ligatores Universitatis per quas eximuntur ab 
omni subsidio et exactione ville 1 . — (Fol. 140-140 v°.) 

Le 23 mars 1519, Jean Petit 1 porte la parole devant l'Université 
pour prendre acte d'une nouvelle victoire contre lé fisc : 

o. — Die martis XXII(I) ejusdem mensis martii [1519], fuit 
congregatio Universitatis apud Sanctum Maturinum super tri- 
bus articulis.. . . Supplicuit etiam Johannes Petit, civis, mercator 
et librarius juratus Universitatis Parisiensis, ut deputarentur ali- 
qur pro gratiis agendis domino présidentiel consiliariiscuriaegene- 
ralium pro bona et brevi expeditione ac sententia data et lata ad 
utilitatem dictorum librariorum. Et quia nounulli erant librarii 
qui non contribuerant expensis processus unde emanavit dicta 
sententia, dictum fuit et conclusum quod ipsi contribuèrent in 
expensis dicti processus, quoniam in dicta sententia fuerat dictum 
expensis compensatis. — (Fol. 220 v°-22i.) 

Mais rien ne rebutait les officiers de finances pressés par les exi- 
gences du pouvoir royal et qui pensaient bien finir par avoir rai- 
son d'une aussi riche proie : 

d. — Ootava ejusdem [julii 1522], accita est Universitas a domino 
Rectore Martino Dolet pro tribus articulis. Primus erat ad suecur- 
rendum bibliopolis seu librariis Universitatis, a quibus édiles et 
cives aut, ut famàerat, magistratus regii exigebant pecnniam mul- 
tam taxatam per régies magistratus plus equo, et ad occurrendum 
implorabant prefati librarii auxilium et opem. Propterea delegit 
Universitas oratores qui eos contra adversarios tutarentur 3 . Placuit 



1. Sans doute à l'occasion de 1'eotreprise des nouvelles fortifications de la ville. 

2. Sur l'importance de ce libraire, qui iui donnait le droit de se mettre ainsi eo avant, 
cf. Renodard, Impr., p. 291. 

3. Cf. Du Boula y, Hist. Univ. Paris., t. VI, p. i52. 




164 NOTES SUR LES LIBRAIRES, RELIEURS, ENLUMINEURS, PÀFETIERS 

quoque toti scole eos juvari omnibus viis et modis congruis. — 
(Fol. 253 v°.) 

Le 14 novembre suivant, l'Université tenait ses promesses : 

e. — Eadem die [décima quarta novembris 1522], pro bedellis et 
librariis Universitatis adivimus prefectum civitatis et édiles do- 
minus de Quercu et dominus Sauvage theologi doctores, ego [Ro- 
bertus Dugast] decauus nostre classis et Renatus Drouyn medico- 
rum decanus, cum receptore et scriba Universitatis. Orationem 
habuit dominus Sauvage alienam a nomine suo (orabat quippe 
egregie), et respondit eidem ballivus Pal(l)atii Morin, unus de qua- 
tuor edilibus, et remissi sumus pro finali responsione ad octo dies. 
— (Fol. 256.) 

Nous n'avons pas le procès-verbal de l'audience annoncée et 
où maître Sauvage retrouva peut-être son éloquence ordinaire. 

Le 8 avril 1523, Jean Petit prenait encore la parole dans l'assem- 
blée de l'Université pour enregistrer un nouveau triomphe : 

f. — Octava aprilis [1523], fuit cougregatio Universitatis a Rec- 
tore novitio. . . Adfuit eidem congregatioui vir bonus et privile- 
giorum defensor acerrimus Joannes Par vus, bibliopola magnus 
Universitatis, petens litteris gratie plenis congratulationem fieri 
Senatui Rothomagensi pro arresto ut vulgo dicitur pro eodem ob- 
tento contra quosdam qui impediebant liberum cursum suarum 
mercium et librorum; qui damnati erant eidem in expensis, damnis 
et interesse. — (Fol. 258.) 

Mais si l'Université était une bonne mère, elle ne laissait pas 
d'être parfois sévère pour ses enfants. La plus grave des mesures 
qu'elle prit à leur égard fut causée par l'apparition des livres de 
Luther et de ses adhérents plus ou moins avoués. 

Le 13 juin 1521, Martial Galichier mentionne dans son registre 
le fameux arrêt du Parlement enjoignant aux libraires dé n'impri- 
mer ni de vendre aucun livre qui n'eût été c visité » : 

Eadem die fjovis décima tercia junii 1521], fuit convocataUniver- 
sitas apud Sanctum Mathurinum super tribus articulis. Primus 



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ET PARCHEMIN1ERS JURÉS DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS. 165 

super lectura alicujus commissionis emanate a Curia suprema, ne 
librarii et impressores imprimèrent aut venderent libros nisi prius 
visitarentur. Et quia in dicta commissione cavebatur nisi visita- 
rentur per Facultatem théologie deputatos (sic) in hiis que tangunt 
fidem et litteras sacras, visum fuit Universitati quod débet mutari 
commissio et débet fieri visitatio per deputatos Universitatis ; alias 
autem faciat Facultas Théologie expensas dicte commissionis 1 . 
-(Fol. 242.) 

La réserve de l'Université est tout à fait caractéristique. Si Noël 
Béda voulait régenter la librairie et l'imprimerie, elle désirait que 
ce fût aux frais de la Faculté de Théologie. Il est d'autant moins 
étonnant que Galichier, doyen de la consultissima Facultas, ait 
enregistré cette fin de non-recevoir dissimulée sous un prétexte 
financier, que, lorsqu'il s'était agi de répondre aux lettres du duc 
de Saxe adressées aux deux Facultés de Théologie et de Décret à 
propos des écrits de Luther, la seconde de ces Facultés avait habi. 
lement laissé ce périlleux honneur à la sacratissima Facultas. 

Mais il y avait d'autres occasions où l'Université n'éprouvait pas 
moins de peine à se prononcer contre ses libraires pris en défaut. 
C'est ce qui arriva, le 5 juin 1524, pour un bibliopole du nom de 
Damien et qui ne peut être que Damien Higman 2 . 

Citatus erat ad eamdem diem [quintam junii 1524] quidam 
bibliopola Damianus nomine, qui presserat quemdem [sic) libellum, 
et ut postmodum charius venderet, iterum imprimi curavit et 
addidit titulo plura quam in priori impressione, licet intus et in 
corpore codicis nichil de novo esset adjectum, et ita vanus et 
mendax erat titulus. Et id negocii relictum est theologis, quibus 
placuit ita fieri titulum, quo omnes ementes intelligerent eundem 
esse et non alium libellum quam prius, licet diversa veste ornaretur 
et titulo. — (Fol. 266 v°.) 



1. Cf. Do Boclw, Hist. Univ. Paris , t. VI, p. 128. 

2. Rbnouard, Impi\, p. 182. Higman était libraire-juré dès avant le 20 août 1522 
(Coybcqob, Becueil, p. 68, n<> 304). Peut-être avait-on profité de son absence de Paris 
{ibid., p. 106, n° 542) pour Pinquiéter, ou peut -£tre avait-il cru devoir quitter momen- 
tanément Paris pour échapper aux investigations de Noël Béda. 




46© NOTES SUR LES LIBRAIRES, RELIEURS, ENLUMINEURS, PAPETIERS 

Il nous reste maintenant à grouper les mentions du registre 
relatives aux relieurs, enlumineurs, parcheminiers et papetiers de 
rilniversité de 1500 à 1524. Elles sont d'ailleurs assez peu nom- 
breuses et, à quelques-unes près, d'une fort médiocre importance. 



Les relieurs sont, avec les enlumineurs, les plus mal partagés. 
Cependant, la première des indications relatives aux relieurs que 
nous rencontrons dans notre volume ne manque pas d'intérêt : 

XII decembris [1509], celebravit dominus Rcctor congregationem 



admissione resignationis alterius duorum offîciorum religatorum 
Universitatis . . Quantum ad secundum articulum, resignavit 
Laurentius Parvet, ligator Jibrorum, Guilielmo Eustace, fundatis 
procuratoribus magistris Roberto de Vallibus et Joanne le Denoys ; 
et admissa est resignatio. — (Fol. 100-101.) 

Le nom de Laurent Parvet semble nouveau ; quant à Guillaume 
Eustace, c'est le célèbre imprimeur. On savait d'ailleurs qu'Eustace 
avait été relieur-juré 1 . 

La mention qui suit mérite à peine d'être rapportée ; elle est due 
à Galichier qui, décidément, ne s'intéressait pas à ces sortes de 
choses : 

Die mercurii septima novembris [1520], fuit convocata Uuiver- 
sitas apud Sanctum Mathurinum super provisione officii ligatoris 
librorum. — (Fol. 237 v°.) 

La dernière indication intéresse Pierre Viart ; elle a été publiée 
ci-dessus (13). 



1. RenorARP, Impr., p. 129. 



II. - RELIEURS. 



Universitatis super tribus articulis 



Secundus [fuit] super 




ET PARCHEMIN1BRS JURÉS DE L'UNIVERSITÉ DB PARIS. 167 



III. — ENLUMINEURS. 



Quant aux enlumineurs, ils sont mentionnés, comme on Ta vu, 
avec les relieurs, à l'occasion des lettres de 1513 (cf. plus haut, B). 
On ne trouve plus rien sur eux que dans ce passage par trop vague : 

Die mercurii XV a ejusdem decembris [1518], fuit congregata 
Universitas super quatuor articulis.. Tertius est super resignatione 
cujusdam illuminatorie. Et fuit admissa resignatio, dictumque 
officium fuit collatum illi ad cujus utilitatern. — (Fol. 218.) 

L'utilité des enlumineurs, et par conséquent leur importance, 
disparaissait de jour en jour, surtout à partir du moment où les 
Estienne, Jean Petit et d'autres firent graver ces belles initiales qui 
sont une des gloires modestes, mais très réelles, de l'art français du 
xvi e siècle. Il ne faut donc pas s'étonner de trouver des indications 
aussi vagues sous la plume d'un doyen aussi consciencieux que 
Nicole Musnier. Le cadre des officiers de l'Université ne comprenait 
d'ailleurs que deux enlumineurs. 



Passons maintenant aux papetiers de l'Université, qui étaient au 
nombre de sept, quatre de Corbeil ou d'Essonne, et trois à Troyes, 
outre, dit une plaidoirie de 1522, a les quatre vendeurs de papier* ». 

L'exact Robert Dugast nous donne sur eux quelques intéressants 
renseignements : 

a. — Quarta ejusdem decembris [1507], facta est fcongregatio 
Universitatis ad decernendum et deliberandum de tribus articulis. 
... Secundus [fuit] super resignatione officii papietariatus . . . 
Quantum ad secundum, Carolus Loison, civis Parhisiensis 2 , papie- 
tarius juratus Universitatis, resignavit officium suum in manibus 
Rectoris et dominorum ad utilitatern Nycolai le Chevalier. Quod 
concessit et permisit Universitas. — (Fol. 66 v°.) 



1. Cf. Du Boula y, Hist. Univ. Paris., t. VI, p. 150. 

2. Sur plusieurs libraires parisiens de ce nom, voy. Renouard, êoc., 134, 236, 237. 



IV. — PAPETIERS. 




168 NOTES SUR LES LIBRAIRES, RELIEURS, ENLUMINEURS, PAPETIERS 

b. — Quinta ejusdera (januarii 1508], facla est congregatio Univer- 
sitatis super tribus arliculis. Priraus fuit super resignatione 
cujusdam officii papietariatus a Joanne Anjorram [Anjorran] 
bidello nostroad utilitatem Germani Pinson... Quantum ad primum, 
admissa est ultro et libère predicta resignatio. — (Fol. 87 v°-88.) 

Nous ne pouvons pas atteudre du doyen Bernard Roillet, ou 
plutôt du scribe qui a tardivement rédigé son registre, une pareille 
exactitude, bien que les mentions suivantes ne soient pas privées 
de toute précision, surtout la seconde, qui est vraiment curieuse. 
Voici ce que nous y lisons : 

c. — Eadem die [jovis XI* mensis decembris 1511], fuit congre- 
gatio Universitatis super resignatione cujusdam officii papietariatus 
Trecensis. Et admissa fuit resignatio. — (Fol. 122.) 

d. — Die mercurii quarta mensis augusti [1512], fuit congregatio 
Universitatis ad conferendum officium papiriatus {sic) vaccans per 
mortem Johannis le Maquereau de Corbolio 1 . Et propter humanita- 
tem et servitia defuncti collata dominis oratoribus Universitatis 
cum essent apud Corbolium, non immemores beneficiorum 
acceptorum, favore etiam defuncti contulerunt dictum officium 
Micha[e]li le Maquereau, filio dicti defuncti, unanimiter per quatuor 
Facultates.— (Fol. 131.) 

Les papetiers semblent d'ailleurs n'être pas restés indifférents 
aux doyens les moins expansifs. Car Michel Chartier lui-même, 
comme Roillet ou son porte-plume, devient plus précis lorsqu'il a 
à parler d'eux : 

e. — Die décima nona dicti mensis januarii [1515], facta fuit con- 
gregatio [Universitatis] apud Sanctum Maturinum super tribus 
articulis. . . Secundus [fuit] ad recipiendum resiguationem alterius 
quatuor papietariorum commorantis in villa de Gorbolio, videlicet 
Anthonii Bisson, ad utilitatem filii sui presentis in persona. Que 
officia [librariatus ; cf. plus haut, 9 ; et papietariatus] fuere distri- 
buta secundum supplicatiouein supplicantium, et maxime de Gor- 



i. C'est peut-être le second des deux Jean « Marguereau » que cile M. Re.nocahd, 
Doc, p. 290. 




ET PARCHEMIN IERS JURÉS DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS. 169 

belio (sic) offîcium ad superstitem patris et filii.... — (Fol. 160- 
160 v°.) 

f. — Secunda die dicti mensis jutii [loi 5], fuit facta congregacio 
[Universitatis] super officio papiratus {sic); quod offîcium fuit 
collatum cuidam nomiiiato Petrequin 1 per mortem cujusdam de 
Trecis. — (Foi. 174.) 

Le registre de Nicole Musnier ne contient qu'une seule mention 
relative aux papetiers, mais elle est relative aux grands industriels 
de Troyes, les Le Bé : 

g. — Die sab[b]ati XXIII a ejusdem januarii [1518], fuit congre- 
gatio Universitatis super duobus articulis. Priore articulo super 
resignatione unius trium officiorum papietariorum in civitate Tre- 
censi existentium. Quod quidem offîcium resignavit Guillelmus 
Leber (sic) ad utilitatem (llii sui Johannis Leber (sic). Quam resi- 
gnationem admisit Uuiversitas, et contulit dictum offîcium dicto 
ejus fîlio Johanni Leber (sic). — (Fol. 204.) 

Quant à Robert Dugast, son second mémorial, toujours précis, 
renferme ces deux passages : 

h. — Septima ejusdem [aprilis 1522], congregata est Universitas a 
Rectore nuncupato [Thoma] Cornet... pro decernendo super tribus 
articulis. Primus erat super provisione duorum officiorum, unius 

papietariatus Corboliensis Primum offîcium collatum est 

Johanni le Roux, fîlio defuncti, favore patris quem fama erat fuisse 
bonum virum et benevolum Universitati. . .* — (Fol. 251 v°.) 

i. — Vicesima octava ejusdem (aprilis 1522], convocata est Uni- 
versitas ad providendum de officio magno papietariatus de quattuor 
magnis apud Parisium (sic) vacante per obitum Germani Pinson ; 
quod contuierunt medici et nostrates [Decretiste] cum natione 



1. Jean Piétrequin, papetier, est cité sous la date de 1490, par MM. le baron Pichon 
et ( j. Vicaire dans leurs Documents pour servir à Vhistoire des libraires de Paris 
(Paris, 1895, in-8°), p. 241 ; c'est sans doute celui-Jà même qui est nommé ici papetier- 
juré. Les Piétrequin paraissent avoir été alliés aux Le Bé (cf. Renouard, Impr., p. 217). 

2. Dans les Documents déjà cités de MM. Pichon et Vicaire (p. 248), on remarque un 
Claude « Roux », papetier à Essonne en 1578. 




170 NOTES SUR LES LIBRAfRES, RELIEURS, ENLUMINEURS, PAPETIERS 



Normannie Claudio le Lièvre. A qua conclusione provocavit ad 
Senatum Guillermus Roulant, dicens Glaiidium le Lièvre non esse 
mercatorem papiri ; et ita hate ratione postmodum motus Senatus 
adjudicavit eidem Roulant predictum ofticium 1 . — (Fol. 252). 



Les parcheminiers, comme les enlumineurs, étaient un legs de 
l'Université du moyen âge ; car on écrivait et on imprimait de 
moins en moins sur la matière qu'ils préparaient ou vendaient. 
Mais TUniversité continuait à les protéger, ne fût-ce que pour 
garder intact l'ensemble de ses anciens privilèges. 

Robert Dugast, dans son premier mémorial, nous a conservé le 
souvenir, d'ailleurs assez peu précis, des démêlés d'un parcheminier 
de Rouen, son compatriote, avec le Recteur : 

j. — XXII a decembris [1507], congregata est Universitas super 
tribus articulis. . . Secundus [erat] ad audiendas quasdam appella- 
tiones ad Universitatem totam a domino nuper Rectore et suis 
procuratoribus Facullatis Artium interjectas. . . Ad secundum 
exposuit idem dominus Rector [nuper electus] inter defunctum id 
est ab offlcio nuper demissum Rectorem quem antiquum dicunt, 
et quendam pergamenarium mercatorem Rothomagensem ortam 
controversiam de XXIX bottis pergameni, ut vulgaris est sermo. 
Que questio, comperta illius qui tergiversabatur malivolentia, in 
promptu sopita est, et ad confusionem delinquentis. — (Fol. 68.) 

Le registre de Roillet ne fournit que la mention suivante : 

k. — Eodem die [jovis XXI» mensis augusti 1511], fuit congre- 
gatio Universitatis apud Sanctum Mathurinum super dispositione 
cujusdam officii pergamenariatus vaccantemper mortem Andrée de 



1. Sur cette affaire, qui ne fut terminée que le 23 décembre 1524, on trouvera de 
nombreux documents dans Du Boulay, ilist. Univ. Paris., t. VI, p. 145, 146, 148-151, 



V. - 



PARCHEMINIERS. 



171-172. 




ET PARCHEMIN IERS JURÉS DE L UNIVERSITÉ DE PARIS. 171 

Loans et contulit illud officium [le nom est resté en blanc], nemine 
discrepante. — (Fol. 120 v°.) 

On ne trouve, sous le décanat de Chartier, qu'une seule et très 
vague indication : 

Vicesima secunda dicti mensisjunii [1515], fuit facta congregacio 
[Universitatis] super resignatione cujusdam capelle et super aliqua 
tangencia officiarios parchameni (sic). . . — (Fol. 173 v°.) 

Nicole Musnier n'est pas plus riche sur ce sujet : 

1. — Eadem die [jovis undecima augusti 1519], fuit congregatio 
Universitatis super tribus articulis. Primus ad providendum super 
uno officio quatuor juratorum pergamenariorum Universitatis 
vacans (sic) per obitum defuncti Guillermi Goignet. Pro quo 
supplicuit solus Nicolaus Lemaire* inercator pergamenarius. Caii 
contulit Universitas, jura[men]tis per eum prestitis et solutis 
solvendis. — (Fol. 225 v°.) 

Nous ne trouvons également qu'une seule mention, très sèche, 
dans les procès- verbaux du décanat de Martial Galichier (cf. plus 
haut l'article Libraires, sous la date du 13 juin 1521). 

Les dernières indications que nous ayons relevées dans le troi- 
sième volume des Mémoriaux de la Faculté de Décret sont dues au 
meilleur de nos informateurs, Robert Dugast. En voici le texte, 
assez curieux pour l'histoire du « parchemin universitaire » : 

m. — XIIU a ejusdem [januarii 1524], congregatio Universitatis 
fuit super pluribus articulis. . . . Tertius articulus erat supplicatio- 
nibus accommodus. . . • Supplicuit et procurator noster contra 
quendam pergamenarium regium cognomento le Gris, quod scilicet 



1. On trouvera, dans le précieux Recueil de M. Coyecqub (p. 55, n° 259), Ja mention 
et quelques extraits de l'inventaire dressé après le décès de Jeanne Quevresse, veuve 
d'Andri de Louans, parcheminier et bourgeois de Paris, le 29 octobre 1522. 

2. Sous la date du 21 novembre 1547, M. Coybcqub {Recueil, p. 342, n» 1802) analyse 
un acte où se trouvent mentionnés Jeanne de La Verdure, veuve de Nicolas Lemaire, 
parcheminier-juré de l'Université, et son fils Nicolas Lemaire. 



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172 . NOTES SUR LES LIBRAIRES, RELIEURS, ENLUMINEURS, ETC. 

nunquam acciperet pergamenum nisi cum authoritate Rectoris... 
— (Fol. 264 vo.) 

n. — Eadein die [tertia martii 1524], fuit congregatio Universi- 
tatis... super pluribus articulis. . . Item renunciatum est eo loci 
et [h]ore esse apud oppidum Sancti Dionisii membranam vulgo 
loquendo non rectoriatam. Ideo placuit eo mitti servientem regium 
qui eandem membranam, si qua esset, occuparet et, ut est pecu- 
liaris sermo, arrestaret. — (Fol. 265.) 

o. — XXVI a julii [1524], accita est Universitas super pluribus 

articulis Postremus articulus fuit quod, si quando adventaret 

ad hanc urbem membrana, porrigeretur requesta Senatui, ad nullum 
alium judicem fieri regressirm prêter Senatum. — (Fol. 268.) 

C'est là, croyons-nous, tout ce que renferment, sur les libraires, 
relieurs, enlumineurs, papetiers et parcheminiers jurés de l'Uni- 
versité de Paris, les Mémoriaux de la Faculté de Décret pour la 
période qui s'étend de 1504 à 1524. J'espère pouvoir bientôt con- 
tinuer ce dépouillement qui, comme on Ta vu, n est pas inutile ! . 



1. J'ai copié dans le môme registre, et je publierai prochainement, tout ce qui m'a 
paru digne d'intérêt, c'est-à-dire un tiers environ do cet énorme volume. 



Léon Dorez. 




OBSERVATIONS 



PRÉSENTÉES A LA COMMISSION DES BIBLIOTHÈQUES ET ARCHIVES 
PAR LE DIRECTEUR DE L'ÉCOLE DES CHARTES. 



Le titre I er du « Projet de M. Aulard sur le personnel des archi- 
vistes » contient les articles suivants : 

1. Nul ne pourra être nommé à un poste d'archiviste, soit aux Archives 
nationales, soit aux archives départementales, soit à celles des archives 
communales qui auront été classées par décret, soit aux archives des diffé- 
rents ministères, s'il n'est pourvu du certificat d'aptitude aux fonctions 
d'archiviste. 

2. Pour l'obtention de ce certificat, un concours aura lieu devant un jury 
nommé pour chaque session par le Ministre de l'instruction publique. 

3. On ne Sera admis à prendre part à ce concours qu'aux conditions 

suivantes : 2° être pourvu, ou bien de la licence ès lettres et du 

diplôme d'études supérieures d'histoire, ou bien du diplôme de l'École des 
Chartes ; 3° avoir fait un stage de six mois dans un dépôt d'archives. 

Ainsi, il y aurait deux catégories de candidats, les licenciés et 
les élèves diplômés de l'École des Chartes, et le diplôme de l'École 
des Chartes ne serait plus, par lui-même, suffisant pour l'obtention 
d'un poste d'archiviste. 

Avant d'examiner en détail cette proposition, il importe de rap- 
peler quels sont présentement les droits des anciens élèves de 
l'École des Chartes pourvus du diplôme d'archiviste paléographe. 

Une ordonnance royale du 11 novembre 1829 attribue aux 
élèves pourvus de ce diplôme, « par préférence à tous autres can- 
didats, la moitié des emplois qui viendront à vaquer dans les 
bibliothèques publiques (notre Bibliothèque de la rue de Richelieu 
exceptée), les Archives du royaume et les divers dépôts littéraires » 
(art. 10). 

Il n'est rien spécifié dans cette ordonnance, pour les archives 

Revus des bibl., mars-avril 1906. « xti. — 12 




174 



OBSERVATIONS PRÉSENTÉES A LA COMMISSION 



départementales qui, à cette date, n'étaient point organisées comme 
elles le furent plus tard. Mais l'ordonnance du 31 décembre 1846, 
qui réforme le régime et l'organisation de l'École des Chartes, porte 
que f le diplôme d'archiviste paléographe donne droit... aux fonc- 
tions d'archiviste des départements » (art. 19). Cette disposition 
est confirmée par un décret du 4 février 1850 : « A Paveoir les archi- 
vistes des départements devront être choisis parmi les élèves de 
l'École des Chartes, et, à défaut, parmi les personnes qui auront 
reçu un certificat d'aptitude délivré, après examen, par une com- 
mission que le Ministre de l'intérieur est chargé d'organiser » 
(art. I er ). Ce décret est visé dans l'art. 45 de la loi du 10 août 1871 
sur les Conseils généraux. Enfin, un décret du 14 mai 1887 porte 
(art. 7) que les archivistes aux Archives nationales devront justi- 
fier du diplôme d'archiviste paléographe. 

Le projet de M. Aulard abolit ces dispositions. Il considère comme 
titres équivalents le grade de licencié ès lettres, avec diplôme 
d'études supérieures d'histoire, et le brevet d'archiviste paléo- 
graphe, astreignant les candidats munis de ces titres à subir une 
nouvelle épreuve, en forme de concours, avant d'obtenir un poste 
d'archiviste. 

C'est contre cette proposition que le Directeur de J'École des 
Chartes croit devoir faire valoir les arguments qui suivent. 

Il n'est pas exact que le grade de licencié ès lettres avec diplôme 
d'études supérieures d'histoire soit à aucun degré comparable au 
titre d'archiviste paléographe. Ces deux brevets, en effet, sont obte- 
nus à la suite d'études très différentes, qui ne sont en contact que 
sur quelques points. Les licenciés pourvus du diplôme susindiqué 
auront assurément justifié d'une connaissance sérieuse de l'histoire 
générale, et spécialement de l'histoire de notre pays, mais rien ne 
prouve qu'ils auront étudié la paléographie, la philologie romane, la 
diplomatique, le droit ancien, etc., sciences dont la connaissance 
est indispensable à un archiviste 1 . C'est donc après avoir obtenu le 
diplôme d'études supérieures que les licenciés ès lettres devront 
acquérir ces connaissances dont les élèves diplômés de l'École des 
Chartes seront nécessairement pourvus dès la fin de leurs études. 
On voit par là que les deux diplômes mis en balance ne sont 



1. Toutes ces connaissances De sont pas indispensables aux archivistes des minis- 
tères, desquels il semble excessif d'exiger une préparation aussi spéciale. 




DES BIBLIOTHÈQUES ET ARCHIVES. 



175 



nullement équivalents, puisqu'ils ne justifient pas de la même 
préparation. 

C'est, dira-t-on, le concours institué en vue du certificat d'apti- 
tude aux fonctions d'archiviste qui permettra de vérifier si les can- 
didats possèdent les connaissances requises. 

Sans doute, mais en quoi consistera ce concours? Sur ce point 
capital aucune information ne nous est fournie. L'auteur du pro- 
jet trouve évidemment qne le diplôme de l'Ecole des Chartes ne 
présente pas assez de garanties, puisqu'il propose de lui superposer 
un nouvel examen qui serait comme une sorte d'agrégation spé- 
ciale. Mais, tandis que les examens de l'École des Chartes sont 
connus jusque dans les détails, nous ne savons rien ni de l'ensei- 
gnement que les Facultés des lettres se proposent de donner aux 
futurs archivistes, ni de la façon dont sera conçu le concours final. 
Des deux séries d'examens que nous avons à comparer, l'une est 
connue, l'autre ne l'est pas, et c'est à celte dernière qu'on nous 
demande de donner la préférence I 

Il nous faut donc suppléer par des conjectures aux informations 
qu'on ne nous donne pas. Les matières sur lesquelles seront exa- 
minés les concurrents seront, croyons-nous, sensiblement les 
mêmes que celles qu'on enseigne à l'École des Chartes : paléogra- 
phie, philologie romane, diplomatique, histoire des institutions, 
droit ancien, service des archives. C'est le programme de l'École 
des Chartes, qui contient en plus des cours de bibliographie et 
d'archéologie et, sous la rubrique « Sources de l'histoire de France », 
un cours qui porte essentiellement sur les sources narratives (an- 
nales, chroniques, lettres historiques, compilations diverses, etc.). 
A supposer — ce qui est contestable — que toutes ces matières 
puissent être enseignées dans les Facultés, on peut se demander 
quelles garanties ce concours peut ajouter à celles qu'offre le 
diplôme d'archiviste paléographe. 

Veut-on insinuer que les examens de l'École des Chartes sont 
moins sérieux que le concours projeté? La réponse est facile. Les 
candidats à l'École sont astreints à un examen d'entrée, qui est un 
véritable concours, puisque le nombre des admissions est limité. 
L'objet de cet examen est de s'assurer qu'ils ont une bonne con- 
naissance du latin (à cet effet, ils ont à faire, comme épreuves, un 
thème et une version, sans dictionnaire), de l'histoire et de la géo- 
graphie historique de la France. Il y a aussi une épreuve faculta- 




176 OBSERVATIONS PRÉSENTÉES A LA COMMISSION 



tive de langues vivantes. Puis, pendant chacune de leurs trois 
années d'études, ils ont à subir une suite d'épreuves variées à la 
fin de chaque semestre. La répétition de ces épreuves est une ga- 
rantie à peu près certaine contre les hasards inévitables qui ris- 
quent toujours de vicier, dans une certaine mesure, les résultats 
d'un examen unique. Ainsi, pour la paléographie, les épreuves 
sont au nombre de seize, à savoir : 
Huit pour la première année : 

Pâques, écrit : transcription d'après des fac-similés photographiques, d'un 
document latin et d'un document français. — Oral : lecture d'un document 
latin et d'un document français. — Soit quatre épreuves. 

Juillet, écrit : transcription d'un document latin et d'un document pro- 
vençal. — Oral : lecture d'un document latin et d'un document français. — 
Soit quatre épreuves. 

_ • 

Quatre pour la seconde année : 

Pâques, écrit : transcription d'un document latin ou français. — Oral : lec- 
ture d'un document latin ou français. — Soit deux épreuves. 
Juillet : Mêmes épreuves à l'écrit et à l'oral. 

Quatre pour la troisième année, qui sont distribuées à Pâques 
et en juillet, comme pour la seconde année. 

Le nombre de ces épreuves permet d'examiner les élèves sur 
des écritures très variées. Il y a là des garanties qu'un concours 
unique ne saurait offrir. La paléographie est la seule matière qui 
reparaisse dans tous les examens : les autres matières comportent 
six, quatre ou, au moins, deux épreuves. Les examens de fin 
d'année sont éliminatoires et — sauf cas exceptionnels dont le 
Conseil de perfectionnement est juge — les candidats ajournés 
ne sont pas autorisés à redoubler plus d'une année. Le jury 
d'examen, à qui on n'a jamais reproché de se montrer trop 
indulgent, se compose du Conseil de perfectionnement et des 
professeurs et chargés de cours. Ces derniers sont au nombre de 
neuf dont quatre sont membres de l'Institut. Quant au Conseil de 
perfectionnement, il est composé de deux membres de droit, le 
Directeur des Archives et l'Administrateur général de la Biblio- 
thèque nationale, et de cinq membres désignés par l'Académie des 
inscriptions et belles-lettres. Croit-on que le jury du concours 




DES BIBLIOTHÈQUES ET ARCHIVES. 



177 



pour le certificat d'aptitude aux fonctions d'archiviste présentera 
plus de garanties de compétence et d'indépendance? 

Mais.objectera-t-on, si les élèves diplômés de l'École des Chartes 
ont une préparation supérieure, en quoi le concours peut-il les 
gêner? Ils n'auront qu'à s'y présenter pour occuper les premières 
places. — Gela est en effet probable, si les conjectures exprimées 
ci-dessus sont fondées, mais alors il est inutile. D'autre part, les 
concurrents devant être jugés uniquement sur le résultat de ce 
concours, il faut toujours craindre ces hasards d'examen qui se 
produisent souvent dans le système des épreuves uniques. Puis, 
c'est une complication qui allonge sans utilité la durée des études. 
Le temps de scolarité de l'École des Chartes est de trois ans et 
quatre mois. Les examens d'entrée ont lieu en octobre, et les can- 
didats ne reçoivent leur diplôme que dans leur quatrième année 
d'études, après la thèse, c'est-à-dire au commencement de février. 
Si l'on ajoute le temps du stage prévu par le projet — et auquel 
il n'est fait aucune objection, puisque c'est l'extension d'un usage 
qui existe actuellement — il se sera écoulé à tout le moins troÎ3 
ans et dix mois avant le moment où les candidats pourront obte- 
nir un emploi. Mais en réalité, la période d'attente sera d'environ 
six ans, car au temps d'étude il faut ajouter deux ans de service 
militaire. Il est vraiment excessif de mettre une barrière de plus 
à l'entrée d'une carrière aussi modeste que celle d'archiviste. 

Eutin, il ne faut passe dissimuler que la mesure proposée aurait, 
pour le recrutement de l'École des Chartes et pour son existence 
même, de graves conséquences. Actuellement il se présente, en 
moyenne, aux examens d'entrée, de 25 à 30 candidats, sur lesquels 
16 à 20 sont ordinairement admis. Exceptionnellement, eu 1898 
et 1899, le nombre des candidats s'est élevé à 40 et 17. Il est à croire 
que la moyenne diminuera par suite de l'entrée en vigueur, dès 
cette année, de la nouvelle loi militaire. Si, dorénavant, les jeunes 
gens qui se proposeraient d'entrer dans le service des archives 
entrevoient la possibilité d'arriver plus facilement à leur but sans 
passer par l'École des Chartes — et il n'est pas douteux que la 
voie de la licence sera plus facile, siuon plus courte — l'École des 
Chartes ne sera plus qu'une école d'érudition, plus ou moins ana- 
logue à l'École des Hautes Études, mais à compétence beaucoup 
moins étendue, et on pourra se demander, non sans raison, s'il 
vaut la peine de la conserver. C'est là un argument qui n'a pas un 




178 



OBSERVATIONS PRÉSENTÉES A LA COMMISSION 



caractère très objectif. On pardonnera au Directeur de cette École 
de le faire valoir. 

Quels sont donc les motifs qui ont inspiré la proposition faite à 
Part. I er du Projet ? Ces motifs sont de divers genres. Quelques- 
uns ont été exprimés dans la sous-commission. Examinons-les. 
On a prétendu que l'École était et devait rester un établissement 
spécial pour l'étude du moyen âge, particulièrement du moyen 
âge français. Mais pourquoi ? On ne voit guère l'utilité d'une école 
à compétence aussi limitée. Sans doute, pendant longtemps, notre 
enseignement a eu pour objet principal le moyen âge : c'est que 
jadis on s'occupait assez peu des archives modernes, mais il y a 
bien des années que l'École, s'appliquant à suivre le mouvement 
des études historiques, et désireuse de donner à ses élèves la pré- 
paration nécessaire, a élargi son programme et institué, de son 
propre mouvement, dans la mesure où son faible budget le lui 
permet, des stages dans les dépôts d'archives départementales, ce 
qui est la seule façon d'exercer les candidats au classement des 
papiers modernes. 

On a fait porter plus particulièrement l'objectibn sur le cours 
d'institutions, disant qu'il était impossible à un seul professeur 
d'enseigner avec compétence toutes les matières que comprend le 
titre de la chaire. Ici, il faut s'entendre. Assurément, il serait dif- 
ficile à un seul homme d'étudier à fond avec une égale autorité 
les institutions de l'époque mérovingienne, et celles de la Révolu- 
tion, maison conçoit qu'à l'École des Chartes un cours sur l'his- 
toire des institutions consiste essentiellement en résumés qui ne 
visent pas à tout dire, mais dout le but est plutôt de mettre les 
étudiants en état de comprendre les documents qu'ils auront un 
jour à inventorier et de leur iudiquer les recherches qui restent à 
faire. De sorte que, à la rigueur, le même professeur pourrait 
exposer la suite des institutions françaises d'une façon conforme 
à l'état de la science s'il avait le loisir d'étendre son cours sur 
deux années. Ce qui manque, c'est le temps. Et c'est pourquoi le 
Directeur de l'École est depuis longtemps persuadé qu'il y aurait 
tout avantage à confier la partie la plus récente de cet enseigne- 
ment à la personne très qualifiée, qui est actuellement chargée du 
cours d'archives, et qui aurait dès lors deux leçons par semaine 
au lieu d'une. Mais il y a là uue question d'ordre budgétaire dont 
la solution appartient au Ministre et au Parlement. 




DES BIBLIOTHÈQUES ET ARCHIVES. 



179 



D'ailleurs la critique qu'on vient d'exposer, en convenant qu'elle 
contient une part de vérité, est une de ces objections de spécia- 
liste dont il ne faut pas exagérer la portée. Le propre du spécia- 
liste est de ne voir que ce qui l'intéresse et d'ignorer le reste. Le 
spécialiste demande qu'on fasse la part la plus grande à ses études, 
et il se soucie peu de savoir ce qui restera de temps pour celles 
auxquelles il ne s'intéresse pas. Si, par la force des choses, l'his- 
toire des institutions modernes n'occupe pas chez nous autant de 
place que certains le désireraient, on pourrait, à bien plus forte 
raison, s'étonner que nous n'ayons pas un cours de numismatique, 
un cours de géographie historique de la France, un cours d'his- 
toire littéraire. Mais on ne peut pas tout enseigner. Il faut laisser 
du champ à l'initiative des élèves et du loisir à ceux qui auront à 
suivre d'autres cours que les nôtres. Ce qui importe surtout, c'est 
de développer chez eux l'esprit d'initiative, c'est de les mettre 
en état de se servir de documents qui ne sont point utilisables 
sans une préparation spéciale, et de leur inculquer une bonne 
méthode de travail. Et c'est à quoi nous nous appliquons. Nous 
n'y réussissons pas trop mal, semble-t-il, puisque l'École des 
Chartes a produit des travaux très importants sur l'histoire de 
l'Angleterre, de l'Espagne, de Byzance même, sur des questions 
d'histoire littéraire, tous sujets qui sont en dehors de notre en- 
seignement. Je n'ai pas souvenir qu'on nous ait jamais présenté 
une thèse de numismatique, et cependant le Conservateur du Ca- 
binet des médailles et plusieurs des employés du même départe- 
ment sont sortis de l'École des Chartes. 

11 ne paraît pas d'ailleurs que, en ce qui concerne les documents 
postérieurs au moyen âge, nos élèves aient été au-dessous de leur 
tâche. Les collections de manuscrits conservées dans les biblio- 
thèques de Paris et des départements renferment assurément plus 
de manuscrits modernes (c'est-à-dire des trois derniers siècles) que 
de livres du moyen âge. Cependant tous les catalogues des manus- 
crits de Paris ont été faits (mis à part les manuscrits orientaux) par 
des bibliothécaires sortis de l'École des Chartes, et dans les 
quarante-trois volumes du Catalogue général des Manuscrits, 
série des départements, on trouverait peu de catalogues qui 
n'aient pour auteurs d'anciens élèves de la même École. Cette 
remarque peut s'appliquer aux inventaires sommaires des Ar- 
chives départementales, communales et hospitalières, en cours de 




180 



OBSERVATIONS PRÉSENTÉES A LA COMMISSION 



publication depuis un demi-siècle environ, et qui dépassent 
maintenant l'année 1790, leur limite primitive. Ces inventaires 
sont, dans une grande mesure, l'œuvre de l'École des Chartes. 
Il y a, dans cette immense série, des parties faibles, comme 
dans toute œuvre collective. A l'origine, le personnel, qui 
du reste n'était fourni par l'École des Chartes que pour une part 
restreinte, manquait d'expérience, et il ne faut pas oublier que, 
jusqu'en 1874 1 , la direction imposée aux archivistes avait un ca- 
ractère peu scientifique. Mais, depuis une trentaine d'années, une 
amélioration sensible a été apportée à la confection de ces inven- 
taires, et on ne voit pas que les séries modernes soient plus mal 
inventoriées que les séries anciennes. 

On vient nous dire (toujours l'idée du spécialiste 1) que nous 
ne donnons pas une place suffisante à l'histoire des institutions 
de la Révolution. Cepeudant il ne manque pas, actuellement, à 
Paris et en province, d'archivistes qui consacrent à cette branche 
d'études le meilleur de leur temps et qui, tout en rendant d'incon- 
testables services aux travailleurs, se montrent aptes à faire eux- 
mêmes des publications originales. Déjà, en 1866, bien longtemps 
avant la fondation de la chaire d'Histoire de la Révolution à la 
Sorbonne, lorsque le Directeur actuel de l'École des Chartes fut 
nommé archiviste aux Archives de l'Empire, il trouva, à la section 
législative et judiciaire, plusieurs collègues* qui s'étaient parfaite- 
ment adaptés à leurs fonctions, et que leur préparation antérieure, 
qui avait principalement pour objet le moyen âge, n'empêchait 
pas de travailler avec succès sur les documents de l'époque révo- 
lutionnaire. Quiconque, en effet, est rompu aux difficultés dont est 
hérissée l'étude de la période ancienne de notre histoire, abordera 
sans peine l'histoire des temps modernes. On ne peut pas dire que 
l'inverse soit également vrai. Sybel avait écrit depuis longtemps 
l'histoire de la première croisade, lorsqu'il entreprit d'écrire celle 
de la Révolution française. 

En somme, ce qu'il faut enseigner aux futurs archivistes, ce 
n'est pas l'histoire, mais l'art de comprendre et d'utiliser les docu- 
ments historiques. L'histoire qu'ils auront besoin de savoir, selon 



1. C'est à cette date que M. G. Desjardins fut chargé du service des Archives dé- 
partementales au Ministère de l'intérieur. 

2. MM. Campardon, H. Lot, J.-J. Guiffrey, Tuetey. 




DES BIBLIOTHÈQUES ET ARCHIVES. 



181 



les pays où ils exerceront leurs fonctions, est généralement l'his- 
toire locale : il l'apprendront par eux-mêmes dans la mesure 
nécessaire. C'est, en effet, le mérite de noire discipline que les 
jeunes gens sortis de nos mains sont assez bien dressés pour pou- 
voir se passer de lisières. 

Ayant montré la vanité des critiques adressées à l'enseignement 
de l'École des Chartes, j'aborde un autre motif qui a été invoqué 
en faveur de la création de l'examen proposé. Il a paru à quelques 
personnes éprises de symétrie que, si l'on imposait un concours à 
tous les futurs bibliothécaires, il serait à propos d'instituer un 
concours parallèle pour constater l'aptitude des futurs archivistes. 
Mais les deux cas sont absolument dissemblables. Car il nous faut 
des bibliothécaires ayant des spécialités diverses, les uns possé- 
dant une instruction littéraire et historique, les autres plus parti- 
culièrement versés dans les sciences mathématiques, physiques, 
médicales, etc. C'est à cause de cette diversité, qui est imposée 
par la nature de la fonction, que l'École des Chartes n'a jamais 
fourni qu'une partie assez faible du corps des bibliothécaires 1 . Ici 
donc l'examen commun et obligatoire est parfaitement justifié. 
Les conditions sont tout autres pour les fonctions d'archiviste aux 
Archives nationales ou dans les départements, qui exigent par- 
tout la même préparation. 

A côté des motifs exprimés, il y a les tendances secrètes. En 
réalité, la tentative qui est faite actuellement pour enlever à 
l'École des Chartes ce qui a été jusqu'à présent considéré comme 
son droit, n'est qu'un épisode de la rivalité des Universités et 
des écoles spéciales. Ce n'est pas ici le lieu de discuter les mé- 
rites propres à chacun de ces deux genres d'enseignement. On 
conçoit que les Facultés des lettres, pourvues de chaires qu'elles 
n'avaient pas autrefois, et entrant de plus en plus dans la voie 
de l'érudition, aient le désir d'étendre leur compétence, et on 
ne saurait leur faire un grief du sentiment louable qui les porte 
à chercher de nouveaux débouchés pour leurs élèves. Mais ce- 
pendant, il est des limites qu'il conviendrait de ne pas dépas- 



1. Sur la proportion des archivistes paléographes dans les Bibliothèques de Paris 
(Biblioth. nat., Arsenal, Mazarine, Sainte-Geneviève), voir la lettre du Président de la 
Société de l'École des Chartes dans la Biblioth. de l'École des Charte»^ année 1905, 
p. 607. Cette proportion est pour la Bibliothèque nationale de 28 sur 63 fonctionnaires, 
et pour les trois autres bibliothèques, de 8 sur 29. 




182 OBSERVATIONS PRÉSENTÉES A LA COMMISSION DES BIBLIOTHÈQUES. 



ser. Ces limites sont déterminées par la loi et par l'objet même 
que Ton a en vue D'une part, l'École des Chartes a des droits, 
reconnus par la loi, dont elle ne se laissera pas dépouiller sans 
résistance ; d'autre part, les Facultés des lettres ne sont pas or- 
ganisées en vue de la préparation aux fonctions d'archiviste. Elles 
n'ont pas de cours de classement d'archives, de diplomatique géné- 
rale, de droit ancien. Les cours de philologie romane qu'elles pos- 
sèdent ne sont pas appropriés aux besoins des archivistes. Sans 
doute, on peut fonder de nouvelles chaires ; on peut constituer des 
écoles d'archivistes à Paris et en province ; mais à quoi bon créer 
ce qui existe déjà? N'y a-t-il pas, dans notre enseignement supé- 
rieur, assez de doubles emplois? Voit-on les Facultés des sciences 
essayer de se substituer à l'École polytechnique, à l'École cen- 
trale, à l'École des ponts et chaussées, à l'École des mines? Et, là 
où il s'agit d'obtenir un maximum d'efficacité en un temps déter- 
miné, peut-on hésiter à reconnaître que les écoles spéciales, avec 
leur forte discipline, avec les moyens qu'elles possèdent d'assurer 
l'assiduité des élèves, de les tenir constamment en haleine par 
des interrogations et des examens répétés, et d'éliminer en cours 
d'études les plus faibles, ont des moyens d'action qui leur sont 
propres et que ne possèdent pas les Facultés ? 

Si ces observations paraissent fondées à la Commission, elle 
repoussera les dispositions contenues dans le titre premier du pro- 
jet qui est soumis à son examen. 1 

Février 1906. 



i. On trouvera daos la Bibliothèque de l'École des Chartes (n° de janvier-avril 1906, 
p. 150-157) le texte du Projet sur le personnel des Archivistes présenté par M. Aulard 
à la sous-commission des Archives. 



Paul Meyer, 

Membre de l'Institut, Directeur de 
l'École des Chartes. 




BIBLIOGRAPHIE 



Nicolas Hohlwein. La Papyrologie grecque. Bibliographie rai- 
sonnée (ouvrages publiés avant le l or janvier 1905). — Louvain, 
Ch. Peeters, 1905, in-8°, 178 p. (extr. du Musée Belge, t. VI-1X, 
années 1902-1905). 

La papyrologie grecque est, depuis quelques années, à l'ordre du jour. Les 
heureuses découvertes des Anglais en Egypte, surtout celle du texte de la 
Constitution d'Athènes, ont donné à cette science jusqu'ici trop dédaignée une 
notoriété et un nouvel élan qui s'affirment de jour en jour par des publica- 
tions extrêmement dispersées. C'est aux inconvénients de cette dispersion, 
si graves pour les commençants, que M. Hohlwein a voulu remédier. Disons 
tout de suite qu'il paraît bien y avoir réussi. Grâce à lui, on pourra suivre 
ce mouvement d'érudition resté presque mystérieux pour ceux qui ne font 
pas des papyrus une étude spéciale. 

Le livre de M. Hohlwein est clair, bien ordonné et, chose rare pour un 
travail de ce genre, d'une lecture intéressante et facile. On commence à 
comprendre que la bibliographie toute crue est le plus souvent d'une 
lourde digestion, et que des accumulations de titres, sans aucun jugement 
sur la valeur des ouvrages, sont d'un secours assez médiocre aux travailleurs. 
De là ces excellentes tentatives de Bibliographies critiques, auxquelles la 
voie a été tracée par les notices de M. ÉmUe Picot, et qui finissent, à force 
de soin, par être de véritables études sur les livres et les hommes. Pour 
l'histoire littéraire, on peut dire qu'il est maintenant reconnu qu'il n'y a pas 
d'autre méthode à suivre; et il est certain — témoin l'admirable livre 
d'Auguste Molinier sur les sources de l'histoire de France — que cette 
méthode, bien appliquée, simplifie singulièrement la tâche de ceux qui 
s'occupent d'histoire politique. Pour les sciences très spéciales, les exemples 
à citer sont plus rares : celui de M. Hohlwein est un de ceux que l'on ne 
devra désormais pas oublier. 

Son premier chapitre, La Papyrologie, est consacré aux Revues, aux 
Chroniques sur les Fouilles, aux Travaux de vulgarisation, aux Introductions à 
la papyrologie et aux Bulletins bibliographiques. Chaque article est, dans ce 
chapitre comme dans les suivants, muni d'un numéro qui facilite les 
renvois et conserve à l'ouvrage un caractère plus spécialement bibliogra- 
phique. 




184 



BIBLIOGRAPHIE. 



Voici la liste des chapitres suivants que nous ne pouvons ici examiner 
en détail : Chapitre II. Les recueils de papyrus (dans Tordre alphabétique des 
pays où ils ont été publiés). — Chapitre III. Grammaire. — Chapitre IV. 
Histoire. — Chapitre V. Administration et armée. — Chapitre VI. La Religion. 
— Chapitre VII. Les impôts. — Chapitre VIII. Droit. — Chapitre IX. Médecine, 
mathématiques, astrologie. — Chapitre X. Métrologie ; numismatique. — Cha- 
pitre XI. Curiosités. — Chapitre XII. Paléographie. — Les pages 150-169 con- 
tiennent l'indication des travaux parus pendant l'impression de l'ouvrage. 
Suit un répertoire alphabétique des noms d'auteurs. 

Ces indications, si sèches qu'elles soient, peuvent donner une idée de 
Péconomle de la publication, si claire et si Judicieuse, de M. Hohlwein. 
Espérons qu'il pourra dresser.de temps à autre, des suppléments qui gros- 
siront sa récolte déjà abondante (819 articles). Les apprentis papyrologues 
n'auront plus alors à désirer qu'un instrument de travail dont la réalisation 
serait peut-être aujourd'hui prématurée : celle d'un dictionnaire des termes 
qui n'ont été relevés que dans les papyrus ou qui y ont été employés avec 
un sens particulier. Ce sera l'œuvre d'un avenir prochain ; elle permettra 
aux historiens de mettre en œuvre les papyrus sans entrer trop avant dans 
les discussions de détail dont foisonnent les ouvrages et les articles ana- 
lysés par M. Hohlwein. Léon Dorbz. 

Cantabrigia Illustrata, by David Loggan (first published in 1690). 
A séries of views of the University and collèges and of Eton Col- 
lège edited, with a life of Loggan, an introduction, and historical 
and descriptive notes, by J. W. Clark, M. A., Hon. litt. D. 
(Oxon.), F. S. A., registrary of the University of Cambridge, for- 
merly fellow of Trinity Collège. — Cambridge, Mac Millau and 
Bowes, 1905, in-fol. cart. [Cambridge, printed by John Clay, M. 
A. at the University press]. 

M. J. W. Clark, qui a déjà tant fait pour l'histoire des bibliothèques d'au- 
trefois, a eu l'heureuse idée de reproduire dans une publication luxueuse 
la série des planches gravées par David Loggan et publiées en 1690 sous le 
titre de Cantabrigia lllustrata. Dans une introduction informée et précise, 
M. J. W. Clark nous fait connaître David Loggan et son œuvre. David Log- 
gan était né à Dantzig, en 1635, de parents écossais. Il apprit la gravure en 
Danemark, de Simon van der Passe, puis en Hollande, de Ilendrik Hondius ; 
avant 1653, il était en Angleterre, où il exécutait des portraits très soignés. 
En 1665. Loggan s'établissait à Nuffield, près Oxford ; le 30 mars 1669, il 
devenait graveur de l'Université avec un traitement de 20 L. C'est eu cette 
qualité, qu'en 1675, il publiait un recueil de 60 planches, Oxonia itlustrata. 
L'année qui suivit la publication de VOxonia, Loggan était à Cambridge. A 




CHRONIQUE DBS BIBLIOTHÈQUES. 



185 



cette date il dut commencer la série des planches de la Cantabrigia illustrata f 
pour laquelle il recevait, le 1 er mai 1690, de l'Université de Cambridge, 50 L. 
de gratification. Loggan mourut à Londres en 1693. 

L'auteur étudie ensuite le plan des Collèges et le précieux plan de Cam- 
bridge d'Hamond, daté de 1592, dont Punique exemplaire est conservé à la 
Bodléiennne d'Oxford ; il expose ensuite les sources d'où il a tiré les noti- 
ces qui accompagnent les planches de Loggan. Ces notices forment un com- 
plément précieux au travail du professeur Willis, The architectural nistory 
of the University of Cambridge, and of the cotlege$ of Cambridge and Eton, paru 
en 1886. 

Les vues de Loggan sont précises et pittoresques, et c'est un vrai plaisir 
de parcourir cette incomparable suite de belles façades d'un gothique fleuri 
et de nobles jardins. Signalons en particulier les planches VIII. The Public 
schools and Lihrary ; X. King*s Collège Chapel; south view ; XIII. Peterhouse ; XIV. 
Clare Collège; XVI. Pembroke Collège; XVII. Corpus Cnristi Collège; XVIII. 
Trinity Hall; XIX. Gonville and Caius Collège; XX. King's Collège; XXI. Eton 
Collège; XXII. Queen's Collège; XXIV. Jésus Collège; XXV. Christs Collège; 
XXVI. S. John** Collège ; XXIX. Trinity Collège. P. C. 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES 



ALLEMAGNE 

Périodiques. — On remarque dans le Zentralblatl fur Bibliothekswesen du 
D r Paul Schwenke les articles suivants : 

N° de mars 1906 : P. Schwenke, V « état réel » des bibliothèques et les cala- 
logues; — Cari CUHTIUS, Quelques impressions de Johann Balhorn à la Biblio- 
thèque de la ville de Lùbeck [intéressantes pour Luther, et surtout pour la 
polémique entre Luther et Érasme en 1528J ; — Otto Clbmbn, Bibliographica 
pour V histoire de la Réforme : III. Une lettre de [l'imprimeur\ Peter Braubach à 
Paul Eber t 1541 [projet d'éditions d'auteurs grecs, en particulier du traité 
d'Apollonius De conicis] ; IV. Andréas Epitemius = Hartmann Beyerl ; Addition 
sur la réplique de Leonhard Beyer à Konrad Wimpina ; — Un nouvel appareil 
pour soutenir les livres sur les rayons (flg.). — Hans Lbgband, Note sur le 
livre de prières du bienheureux margrave Bernard, margrave de Bade, ren- 
fermé dans son sarcophage, à Moncalieri (K. Dziatzko avait émis l'hypothèse 



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186 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



que c'était peut-être un incunable : c'est un manuscrit). — Note sur la vente 
de la seconde partie de la collection d'autographes Meyer Cohn (la pièce 
qui a monté au plus haut prix est une lettre de Rembrandt : 7000 marks). 
— La Bibliothèque de l'Université de Cambridge; etc. 

N° d'avril : A. Kbysser, Un guide à travers les bibliothèques allemandes; — 
Otto Glauning, Pour la question du Catalogue général; avec un post-scriptum 
du D r SOHWBNKB; — Fritz Milkau, Pour Vutilisation complète du magasin 
dune bibliothèque ; — A. HORTZSCHANSKY, Le projet de réorganisation de* écrits 
scolaires. — H. C. H., Note sur le cataloguage des bibliothèques des « écoles 
moyennes » d'Autriche. — Note sur l'encrier d'un calligraphe byzantin 
conservé au Trésor de la cathédrale de Padoue (d'après un article de Pietro 
Tobsca paru dans VArte d'Adolfo Venturi, 9» année, p. 35). — Ivo Schœffer, 
né vers 1497-1499, qui était le neveu de Pierre Schœffer l'ancien et qui a 
imprimé à Mayence depuis 1531, a été immatriculé en 1519 à l'Université 
d'Erfurt et en 1522 à celle de Leipzig (d'après uu article de Franz Falk 
dans le Mainser Journal du 6 févr. 1906). — Compte rendu de l'ouvrage 
suivant : Verzeichmss surcherischer Universitats-schriften, 1833-1897 [Fritz 
Milkau] ; etc. 



La maison Karslake and Co. (35 Pond Street, Hampstead) vient de faire 
paraître le t. II Book-Auction records (formerly known as « Sale Records ») 
a priced and annotated record of London book auctions. Ce volume nous donne 
le prix des adjudications de livres en ventes publiques du l #r octo- 
bre 1904 au 30 septembre 1905; t. III, part I. Octobre à décembre 1905; 
t. III, part II, janvier à mars 1906. 

Les listes sont accompagnées de bons index qui facilitent les recherches 
des bibliophiles. 

Le t. II est précédé d'une introduction ; il contient une photographie de 
l'édition originale de Shakespeare conservée à la Bodléienne d'Oxford 
(édition décrite dans VAthenaeum du 25 février 1905), et une planche repré- 
sentant la maison d'Aide Manuce à Venise, gravée par M. Charles Martin 
en 1879. 



Périodiques. — On remarque dans le Bulletin du Bibliophile les articles 
suivants : 

N° du lo février : G. Hanotaux, Heredia bibliophile et bibliothécaire ; — G. 
ViCAlRB, Bibliographie des œuvres de José' Maria de Heredia ; — l'abbé Ch. 
Urbain, Un cousin de Bossuet, Pierre Taisand, trésorier de France (fin). — 
Annonce de la nomination de M. Marcel Pobtb, archiviste paléographe, 



ANGLETERRE 



FRANGE 




CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



187 



conservateur-adjoint de la Bibliothèque de la ville de Paris, en qualité 
d'inspecteur des travaux historiques et conservateur de cette bibliothèque 
en remplacement de M. P. Le Vayer (à compter du i* r octobre prochain). — 
Annonce de la mort de M. Anatole Claudin, le savant libraire, décédé le 
25 février dernier ; etc. 

N° du 15 mars : L.-G. PBLISSIBR, Lettres de divers écrivains français (lettres 
d'Étienne Baluze à Thomas Gale, 1737, et au cardinal de Bouillon, 10 nov. 
1705 et 19 mars 1707 ; — de Pierre Bayle à l'abbé Nicaise, 26 février 1699 ; à 
Thomassin Mazaugues, 3 août 1691 ; — de Joseph Bayle à un anonyme, 
16 janv. 1684; — de Voltaire au comte de Jounouviel, 28 oct. 1773 ; tirées de 
la collection Cossilla, à la Bibliothèque municipale de Turin, et de la 
Bibliothèque Inguimbert de Garpeutras) ; — Pierre de Lacrbtbllb, Notes 
sur Claude de Trellon (On ; bibliographie, 23 articles, 1587-1618); — Ch. Oul- 
mont, Sur un exemplaire de Paul et Virginie (offert à Lamartine par 
M— Aimé Martin, veuve en premières noces de Bernardin de Saint- Pierre; 
avec une curieuse note de Lamartine qui dit que ce livre a été, dès son 
enfance, « l'évangile de mon imagination »); — Obsèques de Af. Anatole Claudin 
(discours de MM. Léopold Dblislb et Edouard Rahir). — Compte rendu du 
livre suivant de M. Alfred Franklin : Dictionnaire historique des arts, métiers • 
et professions exercéts dans Paris depuis le treizième siècle, Paris, Welter, gr. 
in-8° [Georges Vicairb]. — Note sur la notice biographique et la bibliographie 
du regretté Bernard Prost publiée par M. Maurice Pbrrod dans la Bévue 
viticole de Franche-Cômté et de Bourgogne ; etc. 

— Le Bibliographe moderne de M. Henri Stein contient les études et notes 
suivantes : 

N° de septembre-décembre 1905 : Henri Stbin, La place de la science dans 
les bibliothèques françaises ; — D r P. DORVBAUX, Historique de la bibliothèque 
de V École de pharmacie de Paris (fondée en 1570; avec un facsimilé) ; — 
Marius BarrOUX, Analyse du premier registre des archives de V École de phar- 
macie (1577-1645) ; — Georges BOURGIN, Les Archives pontificales et rhistoire 
modrme de la France (excellent guide, copieux et précis, à travers ce magni- 
fique dépôt, encore bien incomplètement counu, surtout dans ses parties 
modernes) ; — C. Oursbl, A propos de la réorganisation des Bibliothèques et des 
Archives; — P. ArnaULDBT, Inventaire de la Librairie du château de Blois en 1548 
(suite). — Reproduction d'un article de M. Aulard, paru dans la Dépêche 
de Toulouse, au sujet du « privilège » de l'École nationale des Chartes ; 
avec quelques intéressantes notes de la rédaction du Bibliographe moderne, — 
Comptes rendus des ouvrages suivants : abbé G. Durvillb, Catalogue de la 
Bibliothèque du Musée bobrée. Tome I. Manuscrits (Nantes, 1904, in-8») 
[H. S.] ; — Marie Pbllbchbt, Catalogue général des Incunables des Bibliothèques 
publiques de France, tomes I et II, iu-8°, 1897-1905 [H. S.] ; — A. Claudin, 
Histoire de Vimprimerie en France au XV et au XVI e siècle, t. III (Lyon), Paris, 
1904, in-fol. (H. S.]; etc. 




188 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



Reproductions db manuscrits. — La collection Berthaud frères (31, rue 
de Bellefond) vient de s'augmenter de deux importantes publications : 

1° Bibliothèque nationale. Département des manuscrits. Vie et Histoire de 
saint Denys. Reproduction des 30 miniatures du manuscrit français n. a. 1098 
de la Bibliothèque nationale. — Paris, s. d., 18 pages et 30 planches. 

Ce volume, dont la description est donnée dans une préface très précise 
due à M. Henri Omont, est un de ceux qui ont été offerts à la Bibliothèque 
par le M. le duc de La Trémoïlle. Il est d'ailleurs bien connu par la descrip- 
tion qui en a été publiée par M. Delisle et où réminent historien a si 
heureusement formulé le caractère des trente miniatures qui illustrent 
la vie de saint Denis : miniatures « d'apparence assez grossière », mais dans 
lesquelles « l'artiste, avec des moyens très bornés, a parfaitement réussi à 
faire comprendre sa pensée ». Par la « simplicité des lignes » et « l'éclat 
des couleurs », elles rappellent en effet, « les vitraux du xiii* siècle. » Le 
même savant a en outre démontré que ce volume avait été copié et enlu- 
miné à l'abbaye de Saint-Denis en 1250. Les historiens de la peinture y 
trouveront donc, pour leurs recherches, d'excellents éléments de comparai- 
son, grâce à la certitude de la date établie d'après le contenu même de 
ce petit mais précieux volume. L'art du temps de saint Louis est déjà 
là tout entier ; il n'aura plus qu'à se développer, comme il n'a cessé de 
le faire pendant les dix années suivantes. 

2° Bibliothèque nationale. Département des manuscrits. Livre et Heures de 
Henri II. Reproduction des 17 miniatures du manuscrit latin 1429 de la 
Bibliothèque nationale. — Paris, s. d., 6 pages et 17 planches. 

Ce très beau manuscrit a déjà été plusieurs fois signalé à l'attention des 
savants, et il est devenu justement célèbre. Ses 17 miniatures, d'une main 
certainement française, rappellent diverses écoles de l'art italien de la 
Renaissance. L'art milanais du xv e siècle s'y retrouve en plus d'un détail. 
L'art florentin se reconnaît dans les paysages et dans quelques personnages : 
le peintre avait sûrement vu des œuvres de Botticelli (l'ange d'Élie, pl. XIV ; 
la femme de Job, pl. XV), de Ghirlandajo (pl. V et XV), ou de frà Filippo 
Lippi. Mais il avait dû surtout séjourner à Rome : peut-être l'influence de 
Raphaël, mais indubitablement celle de Michel-Ange se font jour dans plus 
d'une de ses compositions (Jonas, pl. IV ; le serpent d'airain, pl. VII ; La 
vision de saint Pierre, pl. IX ; Moise faisant jaillir l'eau du rocher, pl. X ; 
Daniel dans la fosse aux lions, pl. XVI). Le séjour à Rome de cet artiste 
encore inconnu serait d'ailleurs attesté, s'il en était besoin, par ses archi- 
tectures et certains de ses paysages (pl. V ; pl. VIII ; pl. XII ; pl. XIII ; pl. 
XV ; pl. XVI : souvenir du Belvédère de Bramante V). La dernière peinture 
(pl. XVII), et la plus curieuse, est celle qui nous montre le roi Henri II tou- 
chant les écrouelles dans l'église du prieuré de Saint-Marcoul de Corbeny. 
— Les planches sont précédées d'une description du manuscrit et de 
notices des planches qui sont dues à M. Henri Omont. 




CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



189 



On voit quels précieux documents MM. Berthaud frères mettent, pour 
un prix modique, à la disposition de tous ceux qui s'intéressent aux diverses 
périodes de Part français. 

Association dbs bibliothécaires français. — Le 22 avril dernier, un 
certain nombre de bibliothécaires se sont réunis au Musée social, 5, rue 
Las Cases, sous la présidence de M. Deniker, bibliothécaire du Muséum 
d'histoire naturelle, pour constituer une Association des Bibliothécaires 
français. 

Des statuts votés par cette assemblée constitutive, on nous communique 
les articles suivants : 

Art. I. — Il est formé entre les membres adhérents aux présents statuts, 
conformément à la loi du 1*' juillet 1901 (art. 5), une association sous le titre 
de : Association des Bibliothécaires français. Son siège social est à Paris, 
5, place du Panthéon. 

Art. 11. — L'Association des bibliothécaires français a pour but de 
s'occuper de toutes les questions concernant les intérêts des bibliothèques 
et des bibliothécaires. 

Art. III. — Peuvent faire partie de l'Association : 1° les personnes ayant 
exercé, exerçant ou susceptibles d'exercer, d'après les lois et règlements en 
vigueur, la profession de bibliothécaire; 2° les personnes s'intéressant 
aux bibliothèques. L'admission est prononcée par le Comité, à la majorité 
des voix, sur présentation de deux membres de l'Association. 

Art. IV. — La cotisation annuelle, payable en une fois, est de cinq francs ; 
elle pourra être rachetée par le paiement d'une somme d'au moins cent 
francs. Le titre de membres fondateurs est accordé aux personnes payant 
une cotisation d'au moins vingt francs. 

Art. V. — L'Association est administrée par un Comité composé de vingt 
membres élus par l'Assemblée générale à la majorité des suffrages. Le vote 
par correspondance est admis. Le Comité est renouvelable annuellement 
par quart; les membres sortants sont réôligibles. 

Le soir, en un banquet cordial et animé, on a bu à la prospérité de la 
jeune Association, qui compte déjà plus de deux cents adhérents. 

Les membres du Comité, élus à cette première assemblée, se sont réunis 
quelques jours après pour procéder à l'élection du Bureau de l'Association. 
Ont été élus pour 1906 : 

Président : M. Deniker, bibliothécaire du Muséum. 

Vice-présidents : M. Michel, conservateur de la Bibliothèque municipale 
d'Amiens; M. Martin, administrateur de la Bibliothèque de l'Arsenal. 

Secrétaire général : M. Sustrac, sous-bibliothécaire à la Bibliothèque 
Sainte-Geneviève. 

Secrétaire-adjoint : M. Gautier, sous-bibliothécaire à la Faculté de Droit 
de Paris. 

revue dbs dibl., mars-aTril 1906. zvi. — 13 




190 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



Trésorier : M. Poirée, conservateur adjoint à la Bibliothèque Sainte- 
Genevièv«. 

Le Comité, dans sa dernière séance, a jugé qu'il y avait lieu de procéder, 
avant tout autre examen, à une étude sur la situation des bibliothèques de 
tout ordre, de Paris et de province. Un questionnaire sera dressé à cet effet 
et envoyé à tous les membres de l'Association. 

Ému de l'ignorance dans laquelle sont laissés les bibliothécaires en ce 
qui concerne les créations, vacances ou changements d'emploi et, en général 
les renseignements divers d'ordre professionnel, le Comité a décidé aussi 
d'examiner la création d'un office de renseignements à l'usage de tous les 
bibliothécaires. 

Plusieurs autres questions, comme la formation de Comités régionaux et 
la création d'un Bulletin, ont été réservées et seront mises à l'étude 
ultérieurement. 

Société Française de Bibliographie. — Nous recevons la circulaire 
suivante : 



« Les lacunes de notre organisation bibliographique sont nombreuses et 
graves. Elles sont dues, en grande partie, à l'état d'isolement où ont vécu 
jusqu'ici les bibliographes français, au faible développement parmi eux de 
l'esprit de travail collectif. 

« Les signataires de cet appel se sont proposé de créer une Société Fran- 
çaise de Bibliographie, analogue à celles qui existent et prospèrent dans 
d'autres pays. Cette Société aura pour objet de compléter et de perfec- 
tionner en France, par tous les moyens en son pouvoir, l'outillage biblio- 
graphique, dont les progrès doivent, sous peine d'engorgements et de 
déperdition de temps et de forces, rester en relation constante avec l'inten- 
sité toujours croissante de la production littéraire ou scientifique. Elle sera 
purement technique. Son programme sera général et comprendra tous les 
ordres de connaissances. 

« Des taches diverses s'offrent à l'activité de la Société ; il en est trois, 
parmi elles, qui apparaissent comme essentielles : 

« 1° Amélioration des instruments de bibliographie générale courante ; 

« 2° Reprise et amélioralion du Répertoire des revues françaises publié 
de 1899 à 1901 par D. Jorlell ; 

« 3° Établissement avec le concours des pouvoirs publics, d'une biblio- 
graphie des publications officielles (publications parlementaires et publi- 
cations d'État) depuis 1815, bibliographie qui serait tenue au courant par 
des suppléments régulier? . 

« Cette triple besogne suffira largement, dans la période de début, à 
occuper la Société. Si, dans la suite, l'état des forces et des ressources le 
permet, d'autres tâches plus spéciales (bibliographie rétrospective de l'his- 



Paris, le t0 avril 4906. 




CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



191 



toire littéraire ou de l'histoire de l'art, bibliographie cartographique, etc.) 
pourront être abordées. 

« L'organisation de la Société sera très simple : des membres, en nombre 
illimité et payant une cotisation modique ; un Bureau, et, s'il est nécessaire» 
une Commission d'études. Des réunions de la Société auront lieu de temps 
à autre ; des rapports y seront faits sur les travaux en cours, sur les progrès 
de la science bibliographique en France et à l'étranger ; Ton y discutera 
aussi les questions de bibliothéconomie, qui sont intimement liées aux ques- 
tions bibliographiques. La Société s'attachera tout particulièrement à 
obtenir la réforme, si désirable, de l'organisatiou actuelle du dépôt légal. 

« La Société n'aura pas d'organe périodique; elle se consacrera exclusi- 
vement à la publication de répertoires et instruments bibliographiques 
formant un tout. Les communications relatives a ses séances et travaux 
seront insérées dans les revues spéciales existantes. 

« Tel est, réduit à ses lignes principales, le programme pour l'exécution 
duquel il semble possible d'unir, en France, les bibliographes et les amis 
de la bibliographie. Si l'œuvre ainsi définie vous paraît mériter votre 
concours, vous êtes prié d'adresser votre adhésion à M. Henri Stbin, 3s, rue 
Gay-Lussac, Paris, ou à M. Pierre Caron, 26, rue des Boulangers, Paris. » 

L'Assemblée générale constitutive a eu lieu le Vendredi 27 avril, à 4 h. 1/2 
précises, au Cercle de la Librairie. 

Le bureau de la Société pour l'année 1906 a été ainsi constitué : président, 
M. Maurice Tourneux ; vice-président, M. Emmanuel de Margerie ; secré- 
taire, M.Henri Stein ; secréiaire-adjoint, M. G. Brière ; trésorier, M. A. 
Gauthier-Villars. 

Nécrologie. — Le 1 er avril 1906 est mort à Paris M. Michel Dbprbz, con- 
servateur honoraire du département des manuscrits à la Bibliothèque 
Nationale. Né à Sainte-Geneviève-des-Bois (Loiret) le 30 septembre 1838, il 
avait fait ses études à l'École des Chartes et conquis le diplôme d'archiviste- 
paléographe le 12 janvier 1863. Entré bientôt à la Bibliothèque nationale, il 
devint conservateur-adjoint des manuscrits en 1887, puis conservateur en 
1890. Il dut prendre sa retraite en décembre 1899, à la suite d'une atteinte 
de paralysie. La vie de Deprez peut être proposée en exemple aux bibliothé- 
caires de profession. D'une modestie rare et d'une générosité sans limites 
il n'a eu d'autre ambition que de servir la science et les savants. Il 
consacrait aux catalogues de sa chère bibliothèque tout le temps qu'il ne 
donnait pas aux travaux des autres. Combien de publications n'ont pu 
aboutir que grâce à l'extrême obligeance de Deprez? Par exemple, les 
facilités exceptionnelles qu'il a accordées aux éditeurs du Chavtularium 
Universitaiis Parisicn&is, cet ouvrage serait probablement encore à l'état de 
projet. Il suffit de parcourir les préfaces d'une foule de livres pour voir 
quelles dettes de reconnaissance les savants de tout pays avaient contractées 




m 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



envers Deprez ; sa mémoire vivra longtemps dans leur cœur, et son nom 
mérite de prendre place parmi ceux qui ont le plus honoré les fonctions si 
importantes de conservateur des manuscrits à la Bibliothèque nationale. 



Périodiques. — La Rtviêta délie Bxblioteche e degli Arehivi du D* Guido Biagi 
renferme les articles suivants : 

Vol. XVI, n« 10-12 (octobre-décembre 1905) : Leontina Solari, La Bibliotcca 
di Grenoble ; — Ernesto LASINIO, Ancora délia Bibliottca di Settimo (acte du 
28 déc. 1311); — 1. MASBTTl-BBNCiNl, Keri Copponi. Note biografiche trotte da 
documcnti (fin) ; — Francesco Baldassbroni e Paolo D'Ancona, La Biblioteea 
delta Basilica fiorentina di San Lorenzo nei secoli XIV e XV ; etc. 

Vol. XVII, n* i (janvier 1906) : Arnaldo Bonavbntura, Saggio di una 
bibliografia del violino e dei violinisti ; etc. 



La Tjdschrift voor Boek'&-Bibliothcekwe*en d'Anvers- La Haye contient les 
articles suivants : 

N» de janvier-février 1906 (n° 1 de la 4" année) : C. P. : Burgbr, In mémo- 
riam. H. C. Rogge, bibliographe et bibliothécaire (avec un portrait) ; — V. A. 
Db la Montagnb, (Pseudonymes de l'ancien temps : Fransvan Sterbeeck; — 
Prosper Ybrhbydbn, Reliures en cuir estampé conservées au Musée Plantin- 
Moretus (avec 5 facsim.); etc. 



Émile Chatblain. 



ITALIE 



PATS BAS 



Le Gérant : Honoré Champion. 



Imprimerie polyglotte F*. Simon, Rennes. 




En souscription et pour paraître prochainement : Étude sur l'état intérieur 
des abbayes cisterciennes et principalement de Clairvaux, du zu* 

au un' siècle ; Reproduction de l'édition rarissime de 1858, par d'Arbois 
de Jubain ville et Pigbottb. Prix : 10 francs pour les 100 premiers 
Souscripteurs. 

Congrès international pour l'extension et la culture de la langue 
française, 1»« session tenue à Liège en 1905, in-8. A signaler les articles sui- 
vants : Gustave Cohbn. L'organisation de la bibliographie dans le domaine 
de la littérature et de la philologie frauçaise (avec cette conclusion : 11 y 
a lieu de nommer une commission ioternationale pour étudier les moyens 
dérivés à l'unification bibliographique dans le domaine de la philologie et 
de l'histoire littéraire française). — Eugène Gilbert. La critique littéraire 
dans les revues périodiques. — L. Paschal. La critique française et 
l'étranger. — Salomou Rbinagh. N'y a-t-il pas lieu de substituer, dans 
renseignement de la lungue française, la lecture des prosateurs du 
xvin» siècle à celle des prosateurs du xvn«. — A. Vaganay. Le vocabu- 
laire français du xvi« siècle et deux lexicographes flamands du même 
siècle; 2.000 mots inconnus à Gotgrave. etc. Fort volume in-8 10 fr. 

Revue celtique, fondée par H. Gaidoz. Publiée sous la direction de 
M. d'Arbois db Jubainvillb, membre de l'Institut, avec le concours de 
MM. J. Loth, doyen de la Faculté des lettres de Rennes, E. Ernault, 
professeur à la Faculté des lettres de Poitiers, et G. Dottin, professeur 
à l'Université de Rennes. — Paris : 20 fr. — Départements et Union pos- 
tale : 22 fr. 

Sommaire du vol. XXVII, n° 4 , 4906. — Salomon Rbinagh. Pourquoi Vercin- 
gétorix a renvoyé sa cavalerie d'Alesia. — Victor Tourneur. Le mystère 
de saint Crépin et de saint Crépinien. — E. Ernault. Sur Tetymologie 
bretonne (suite). — Waltbr, J. Purton. A note on a passage in the irish 
version of the Grail Legend. — Whitlbv Stokbs. Irish etymologies. 

— J. Loth. Le comique. — D'Arbois de Jubainvillb. Chronique. — Pé- 
riodiques. 

Romania. Recueil trimestriel consacré à l'étude des langues et des litté- 
ratures romanes, fondé par MM. P. Mbybr et G. Paris, membres de 
l'Institut, publié par MM. Paul Mbybr et Antoine Thomas, membres de 
l'Institut. 

Tome XXXV [1906). A r ° 437. — Ed. Philipon. Provenç. -enc ; ital. -ingo, 
-engo. — P. Mbybr. Fragment de manuscrits français. — J.-A. Herbert. 
An early manuscript of Gui of Warwick. — A. Thomas. Jamette de 
Nesson et Merlin de Cordebeuf. 

Le moyen âge, revue d'histoire et de philologie, paraissant tous les deux 
mois. Direction, MM. A, Marignan, M. Prou et Wilmottb. — Paris : 15 fr. 

— Départements et Union postale : 17 fr. 

•Sommaire du tome XVIII. Septembre-décembre 4905. — DieudOnnê. LjS va- 
riations monétaires sous Philippe le Bel. — N. Barone. Deux privilèges 
de Raimond Bérenger IV en faveur de la commune de Seyne. — G. Iluet. 
Déformations de quelques noms propres de chansons de gestes dans les 
imitations en moyen-néerlandais. Chronique. — Comptes rendus. — Bi- 
bliographie spéciale. 

Tome XIX. Janvier- février 1906.— H. Poupardln. Étude sur l'histoire des prin- 
cipautés lombardes de l'Italie méndiouale et de leurs rapports avec l'em- 
pire franc. I. Les sources. — L. Levillain. Jugement d'un pape Jean en 
faveur de Corbie. — Chronique. — Comptes rendus. — Bibliographie 
spéciale. 

Mars-avril. — A. Vidier. Ermitages Orléanais du xno siècle : le Gué de 
TOrme et Chappes. — Levillain, Poupardin, E. Clouzot. Monuments 
de l'histoire des abbayes de Saint-Philibert. 



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Revue de philologie française et de littérature, recueil trimestriel. 
» Publié par L. Clédat, dojen de la Faculté des lettres de Lyon. — Paris : 
15 fr. — Départements et Union postale : 16 fr. 

Sommaire du tome XX. Fasc. I. 4906. — L. Vignon. Le patois de la région 
lyonnaise. — E. Vey. Un mot forézien du xit 8 siècle. — F. Baldbnspbrgbr. 
Notes lexicologiques. — L. Clédat. Les vieilles locutions « mais que, ne 
mais que ». — Paul Passt. Deux problèmes de phonétique historique 
française. 1° L'évolution de Ye féminin ; le passage de et à oi. 

A paraître dans les & et $• trimestre*.— J. Gilliéron et G. Mongin. Étude* de 
géographie linguistique, avec cartes. — Paul Barbibr Fils. La racine 
Cap dan» la nomenclature ichthyologique. — Emanublli. Le parler popu- 
laire de llle dWurigny. Glossaire et texte. — Gubrlin dbGubr. Notes sur 
les parlers populaires de la région d'tlonfleur et de Pout-l'Évêque. 

— Mbrlant. Notes sur Sénançour. — Dauzat. Les doublets dans le patois 
de Vinzelles (Puy-de-Dôme). — H. Y von. Emploi du mol indéfini en gram- 
maire française. 

Sommaire des numéros parus en 1905. Revue Bénédictine (Champion, 
éditeur). — Abonnement 12 fr. 50 

Janvier. — D. G. Morin. Le catalogue de fabbaye de Gorze au xi # siècle. 

— D. R. Ancbl. La question de Sienne et la politique du cardinal 
Carlo Carafa. — D. J. Chapman. Aristion, author of the epistle to the 
Hebrews. — D. H. Lbglbrcq. Mélanges d'Épigraphie chrétienne. — D. P. 
Bastibn. Question de principes concernant l'exégèse catholique contem- 
poraine. — D. U. Bbrlibrb. Bulletin d'histoire bénédictine. — Compte 
rendus. 

Avril. — D. F. Cabrol. La Messe de Flacius Illyricus. — D. G. Morin. Un 
écrivain inconnu du xr siècle, Walter, moine de Honnecourt, puis de 
Vézelay. — D. R. Proost. L'idéalisme de Kant et de Descartes. — D. R. 
Ancbl. La question de Sienne et la politique du Cardinal Carlo Carafa 
{Suite), — D. A. Clémbnt. Conrad d'Uraeh, légat en France et en Allema- 
gne. — D r S. Haidachbr. Nilus-Exzerpte ixu Pandektes des Antiochus. 

— D. B. Lbbbb. De l'iuerrance de la Bible. — F. Uzurbau. L'abbaye de 
Fontevrault (1790). — G. Mollat. Pierre Bt-rsuire, chambrier de N.-D. de 
Coulombs. — Comptes rendus. 

Juillet. — D. G. Morin. Fragmeuts inédits et jusqu'à présent uniques d'anti- 
phonaire gallican. — D. J. Chapman. Le témoignage de Jean le Presbytre 
au sujet de S. Marc et S. Luc. — ij*U. Bbrlibrb. Les Chapitres généraux 
de Tordre de S. Benoît ; notes supplémentaires. — D. R. Ancbl. La ques- 
tion de Sienne et la politique du Cardinal Carlo Carafa {Fin). — D. H. 
Lbglbrcq. Mélanges d'Épigraphie chrétienne. — D. U. Bbrlibrb. Bulle- 
tin d'histoire bénédictine. — Comptes rendus. 

Octobre. — A l'Université d'Oxford, le 29 juin 1905 — D. F. Cabrol. L'avent 
liturgique. — D. A. Mansbr. Note sur un sermon de S. Césaire dans la 
Concordia Regularum. — D. G. Morin. Textes inédits relatifs au symoole 
et à la vie chrétienne. — D. B. Ancbl. La disgrâce et le procès de Carafa. 

— D. U. Bbrlibrb. Bulletin d'histoire bénédictine. — M. Magistrbtti. De 
la Missa ou Dimissio cathecumenovum. — D. D. DB Bruynb. Le concile de 
Trente. — Comptes rendus. 



Catalogue des Publications et des Livres de fonds de la Librairie Champion 



EXTRAIT DU 



140 pages, in-8 à 2 colonnes. 



Imprimerie polygloUe Fr. 




4 



IELLE 



^ FP b 1909 



16- Annéb. \^, )DgEi 5-6- Mai-Juin 1906. 



REVUE 



DES 

BIBLIOTHÈQUES 



Directeurs : ÉMILE CHATELAIN et LÉON DOREZ 



SOMMAIRE 

Un nouveau texto de 1' « Historia politica constantinopoleos >», par D. Serruys, 
p. 193. — François Villon et Jean de Meun {suite), par Louis Thuasne, p. 204. 

Bibliographie, p. 250. 

Chronique des Bibliothèques, p. 253. 



PARIS (VI e ) 
LIBRAJRIE HONORÉ CHAMPION, ÉDITEUR 

5, QUAI MALAQUAIS, 5 

1906 
Tous droits réservés. 



. CONDITIONS D'ABONNEMENT 

Paris : 15 ir. — Départements et Union postale : 17 ir. 

Toute demande d'abonnement doit être accompagnée du montant en un mandat-poste 
ou chèque au nom de M. HONORÉ CHAMPION. 

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EN VENTE A LA MÊME LIBRAIRIE 



BIBLIOTHÈQUE LITTÉRAIRE 



SB 



LA RENAISSANCE 



PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DR 



MM. Pierre de NOLHAC et Léon DOREZ 



Beaux volumes petit in-8 imprimés luxueusement. 



Tome I e '. — La chronologie du Ganzonière de Pétrarque, par Henry 



Ce livre de M. Cocbin a reçu du monde savant l'accueil le plus flatteur. Outre un 
important article de M. G. A. Cesareo dans le Giomale storica délia Le tteratura 
italiana (vol. XXXII, 1898, p. 403-415), -Mire des comptes rendus très èToetau 
comme ceux de M. Giovaaei Jtagherin-Graziani dans l'Archivio storico italiano 
et de M. André &ènlé dans le Bulletin critique, cet ouvrage a été l'objet d'une 
étudbe intéressante de M. T. Casini dans la Rivista d'italia : « Le petit volume de 
M. Cochin, dit M. Casini, apporte une belle contribution d'observations à l'étude 
du Camonière ; l'auteur y a soumis à un nouvel examen et traité d'une manière 
approfondie la question de la chronologie... C'est une série de recherches ingé- 
nieuses, développées avec toute la modération d'une critique sincère et impartiale, 
et nous tes signalons aux pétrarquisants comme un modèle de méthode et de cour- 
toisie littéraire. » De leur côté, MM. Giosuè Carducci et Severioo Ferrari, dans 
leur édition classique des Rime de Pétrarque (Florence, Sansoni, 1889), non con- 
tents d'enregistrer les résultats définitifs des recherches de M. Cochin, s'expriment 
ainsi {Préface, p. XXXIX) : « C'est sous un petit volume, un commentaire com- 
plet, très fin au point de vue de la chronologie, de la crtique, de l'esthétique, 
tant pour chaque pièce particulière que pour l'ensemble de l'œuvre vulgaire de 
Pétrarque. » 

Tomes II et III. — Gaouini (Roberti). Epistolœ et orationes, texte publié 
sur les éditions originales de 1498, précédé d'une notice biographique et 
suivi de pièces en partie inédites par Louis Thuasnb, 2 vol 26 fr. 

M. Léopold Delisle a présenté cet ouvrage à l'Académie des Inscriptions et 
Belles-Lettres dans les termes suivants : 

« Robert Gaguin, mort en 1501, est une des gloires de l'Université de Paris. Le 
recueil de ses lettres, qui fut publié de son vivant, était à peu près tombé dans 
l'oubli et les exemplaires en étaient devenus très rares. La nécessité d'une nouvelle 
édition était reconnue depuis longtemps. M. Thuasne n'a pas seulement le mérite 
d'avoir préparé cette nouvelle édition avec le soin et la critique dont il avait déjà 
donné des preuves. Les notes dont il l'a enrichie et la longue biographie qu'il a 
mise en tête, font des deux volumes qu'il vient de publier un livre rempli de détails 
très intéressants, en grande partie tout à fait nouveaux sur la vie de Gaguin et sur 
les hommes avec lesquels il a été en rapport. Il y a là une masse énorme de rensei- 
gnements pour un tableau de la société politique, religieuse et surtout littéraire de 
Paris pendant le dernier tiers du xv» siècle. C'est, pour une notable partie, le 
résultat d'une lecture de livres et de petits livrets, fort négligés sinon par les ama- 
teurs de raretés bibliographiques, dont les pièces liminaires abondent en rensei- 
gnements précieux pour qui sait en pénétrer le sens et la portée. M. Thuasne en 
a tiré un excellent parti : son édition des Lettres de Gaguin est un ouvrage indis- 
pensable à consulter pour l'histoire des règnes de Louis XI et de Charles VIII. » 

A propos de cette même publication, M. Francesto Flamini a lu, à l'Istituto 
Veneto, le 19 juin 1904, une étude très curieuse et fort élogieuse, intitulée : 
Roberto Gaguin e Vumanesimo italiano (tirage à part de 12 pages). M. Flamini, 
l'un des maîtres de la critique italienne contemporaine, conclut ainsi : « Maintenant 
que j'ai mis en lumière ce que les deux nouveaux volumes de la Bibliothèque 
littéraire de la Renaissance contiennent pour l'histoire de l'humanisme italien, 
ma tftche est terminée. Je ne veux cependant pas prendre congé du vieil écrivain 
d'au delà des Alpes et de son éditeur d'aujourd'hui sans avoir loué comme il con- 
vient l'honnêteté littéraire, la probité et la noblesse d'âme du premier, la science 
singulière et la curiosité diligente, vraiment admirable, du second. L. Thuasne a 
servi aux érudits un mets dont ils pourront se rassasier tout à leur aise ; il leur a 
indiqué le filon, jusqu'ici négligé, d'une abondante et précieuse minière. L'intro- 
duction claire, bien ordonnée, remplie de faits, le commentaire varié, extrêmement 
riche, les appendices si savoureux, les index exacts et complets, font de cette édi- 
tion des Lettres et des Discours de Gaguin un chef-d'œuvre en son genre, et cons- 
tituent en même temps le meilleur démenti que l'on puisse désirer à l'accusation de 
« superficialité » et de légèreté plusieurs fois lancée contre l'érudition française.» 



Cochin 



4 fr. 




UN NOUVEAU TEXTE 



VB1STOR1A POL1T1CA CONSTANT1NOPOLEOS 



En tête de la Turco-Graecia de Martin Crusius figure une his- 
toire politique de Constantinople, pour les années 1391-1578, que 
Crusius tenait de Théodose Zygomalas, protonotaire du patriarcat 
oecuménique 1 . 

Une souscription détaillée nous apprend quelle avait été la part 
de Zygomalas dans cette publication : 

npo<xéÔT,X£ 0so8o<r.o; 6 ZuyojxaXa;, 7taTpiapyixb; êv ttj KwvffravTfoou 
•jrpwtovoTapto; tô @ea> ^apiç • 

'Ûç cùpov {X£TÉYpa , j'*» xuptou MapTtvOu tou Kpouafou X*P tv > S^opOa^aac 
to xati Suvaji.iV Ç-rcÇ' onrb xticsioç, àîcb Xpiffrou" 1578, jjltjvI Mafa> x'. 

D'après cette indication, il n'y a pas lieu de supposer que le pro- 
tonotaire ait fait grand effort personnel. 11 a copié ce qu'il a trouvé, 
en faisant, selon son pouvoir, quelques retouches de forme. Cet 
exercice lui était d'ailleurs familier. Très fréquemment les textes 
de langue grecque vulgaire sont accompagnés, dans la Turco- 
Graecia, d'une « purior conversio », œuvre de Théodose Zygo- 
malas 2 . Le notaire byzantin se complaisait-il déjà aux fictions 
d'une langue ârchaïsante, ou l'humaniste allemand avait-il solli- 
cité de son correspondant qu'il voulût parer d'un peu de classi- 



1. Martin Crusius, Turco-Graeciae libri octo. Bàle, 1584, livre I, pp. 1-68. 

Le texte de YUistoria politica a été réédité par Alter, en appendice à son édition 
de Georges Phrantzes (Vienne, 1796;, et par E. Bekker dans le Corpus Scriptorum 
Bistoriae Byzantinae (Bonn, 1849). 

2. Les 52 lettres qui formeot le livre V de la Turco-Graecia (pp. 349-370) sont 
accompagnées d'une traduction en style archaïsant par Zygomalas. 

rsvuR des BibL., mai-juin 1906. xvt. — 14 




194 



L« H1ST0RIA POLITICA CONSTANTINOPOLEOS ». 



cisme des textes dont le dialecte abâtardi offensait son goût? C'est 
ce que nous ne saurions affirmer 1 . Mais, ce que l'examen de la 
souscription d'une part, et d'autre part l'étude des autres versions 
de Zygomalas nous permettent d'établir avec certitude, c'est que 
la source de Y Hisloria politica était écrite en grec vulgaire, c'est 
ensuite que la paraphrase de Zygomalas ne se distinguait de l'ori- 
ginal que par un vocabulaire plus archaïque et une syntaxe plus 
régulière. 

Dès lors, il semble relativement aisé d'identifier cet original, 
si tant est qu'il subsiste. 

En fait, une chronique grecque vulgaire se retrouve, qui présente 
un contenu historique semblable de tous points, avec un ordre 
d'exposition identique, mais dont la rédaction, c'est-à-dire le tour 
de phrase, l'allure du récit et parfois même les éléments qui le 
composent, s'écartent étrangement du texte de YHistoria politica. 

Cette chronique est contenue dans le manuscrit d'Oxford, Lin- 
coln Collège n° 10, de l'année 1606*. Elle apparaît au folio 40 et se 
poursuit, sans lacunes, jusqu'au folio 71 v°, après lequel nous 
trouvons quatre feuillets non numérotés, écrits d'une main diffé- 
rente et contenant un texte sans aucun rapport avec le précédent; 
le fol. 72 fait suite, sans interruption, au texte du fol. 71 v°, mais 
la chronique s'arrête inachevée, à ce qu'il semble, fol. 72 v° aux 

mots... èôaûjixdav yip ot ivnfaioi XéyovTe; oti oûx eïSojiev TOtaurr 4 v 
Ppo^v» oute Tjfieî; | (= Historia politica, p. 76, 1. 22). 

L'étroite parenté de cet ouvrage avec YHistoria politica est 
manifeste. D'ordinaire les deux récits se correspondent étape par 
étape, trait pour trait. Leur identité apparaîtra certaine, même à 
travers les variantes que nous avons relevées; c'est pourquoi 
nous n'hésiterons pas à examiner celles-ci dès l'abord; ce sont 
elles, en effet, qui seules peuvent nous permettre de préciser le 
degré de parenté qui unit les deux chroniques. 

Dès le début, les divergences apparaissent profondes. 



1. Dans la lettre d'envoi, qui accompagnait YHistoria politica et qu'Alter a 
reproduite à la suite du texte, Zygomalas ne donne, à cet égard, aucune indication. 

2. Cf. Coxe, Catalogua codicum mss. qui in collegiis aulisque Oxon. hodie 
adservaniur {Lincoln. Coll.), p. 7. Oxford, 1853. 




D. 8ERRUYS. 



195 



Ms. Oxon. Lincoln. 10, f° 40. 

"ExOeaiç ^povtx^ 0-uvTou.ioTEpx auv- 
Te6eT<ra owrXdTTjTt Xé;ea)v xoivaiç 8rrç- 
Youfiivrç toc yiywô-coi. 

â À {xàv otxetoi; ôcpôaXpLoiç etSojxev, 
5 a 81 àxTjxda{xev ex t<3v TtaTÉpwv 
7){Aâ>v oùx ôxvuop-ev Ypa«|/ai . 

BaffiXsuaw xupt; MavouvjX b Ila- 
XaioXdyo; eV^ev xal àoeXçpbv tov xuptv 
'Av8pdvtxov 6v7cep ETucpXa><7Ev b wxTTjp 
40 «ÙtoO, 8ii to vEWTEpfoat aÛTOv uETa 

TOV UlOV TOU auôCVTOÇ ÔV<J{1«TI Mou<rt 

T^eXe^t 1 . 'ÀicoSpàffavTeç au.çd- 
TEpot ex tô5v 7taTépwv auTaiv êXerjXa- 
touv Taç ^cSpaç. "Oôev TconrçffavTEç 
15 £ouXtjv oi 7carépe; aÛT<3v e7ttaaav 
auTOu; ' xal b fifcv ToOpxo; «ttexteive 
xbv êauTou utôv, b os pactXeù; TucpXco- 
ffaç tov 'AvSpdvixov eêaXXev auTbv 
êv toT; TcupYOi; toi; XeYOfAevot; 'Ave- 
20 fxaoe; 2 , tcXt^îov BXa^Épvaç. "Eg/e 
ol b «uTbç 'AvBpovtxoç ufbv ôvdfxaTi 
'IcoàvvTjv, 3v xal xaTaXetyaç ev tyj 
tcôXêi tpuXctTTetv auTTjv, b paciXeùç, b 
Ôetoç auToO, auTo; ETcopEuOTj év 
25 'iTaXta, 0'ttu); Swfftoffiv auTui ouvafxtv 
xaTX tc5v àceêoiv xal ï$uxit xal tteoI 
évw<7£to; Tà>v èxxX7io*i<]5v. *Hv b àve- 
^ib; auToO iv 7rao*iv e , 7riTT 1 OEioTaToç 
xal EuXaê^;. "Ov, xal u.£Ta to ercav- 
30 e)8etv tov [JaffiXÉa èÇ 'iTaXi'aç, 8é8<i)- 



Historia politica éd. Bekker, 
p. 3. 

*IffTOpta 7T0XlTlX7l 

KajvaravTtvouTrdXew; 

àicb tou aTÇa' etou; 
eo>ç toO a^pOTj ' etouç XptaroiJ. 

BaeriXeuovTOC rïjç Kiovo-TavTtvou- 
7tdXe<i>ç tou pa<jtXéo)ç 'Pcojiafov xupfou 
MavouvjX toO IlaXatoXdYou, xaTa to 
eÇaxtoy tXioorbv lvvaxo<rioorbv bto;, tj 
[aêv 8uvau.iç TÎjc^ô'Xea); TauTYjç tjXot- 
t<oto, 7] 8s tuîv 'AyapvjvàSv vjuÇave xal 
iicX^ôuveTo xptjxaaiv oTç oî8e ôed;. 
*06ev ô xuptsucov outoç pôTjôeiaç 8ed- 
(ievoç 8etv sxpivsv elç *lTaX(av xaTa^pu- 
yetv xal OÊ7j69jvat toO rcaira xal t£5v 
exsi àpydvTiov tou Xaôetv Tivà ^otq- 
Oetav xal a7co8tâ)Çat to eXeucdtxevov 
xal 7rpoopa)|/.evov xaxdv. 'ATceXOeïv 8k 
jkuXdfxevoç àçpt^xe T07Ç0TYjp7iT^v aÛToO 
tov xùpiov 'ItoavvTjv tov àvevj;tbv au- 
tou, ou 8t) tov xaTÉpa 'AvSpdvixov 6 
waTC7co; êçeTu^pXwae 8ta to vecoTep^cai 
xal Ta7cépt; woXXà xaxo7cot7)9at auvo- 
7ça8bv xal au^Tjcpov xT7iffau.evov Mou- 
ffav TÇeXeic^v utbvToO aouXTavou 'Aya- 
pTjvGv, ov xal b{io{(oç (yuXXi^pôévTa, 
toÎç auToîç éve^du.evov, ô T8to; 7raT7jp 
a7céxTt^e, Ttu.iopirjo'àu.evoç xal outoç 

TOV TOtOÎÎTOV TtJç TdXjlTQÇ. 



1. Historvi politica^ éd. Bekker, p. 4, 1. 2 : Mouaâv TCeXE7rqv ; Phrantxès, éd. Bek- 
ker, p. 50, 1. 2 : Moxri^v tÇeXe7c^v ; Ducas, éd. Bekker, p. 43, I. 23, appelle le même 
personnage KouvtoûÇio;. 

2. La même forme se retrouve dans un des mss. de Phrantzès, éd. Bekker, p. 51, 1. 13, 
le ms. P ; les autres mss. présentent la forme 'A£Eu,avtôsc ; Ducas, éd. Bekker, p. 45, 
1. 1 : xoû 'Aveu.5. 



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196 



L* « HISTOBIA POL1TICA CONSTANTINOPOLEOS ». 



xtv aurai ttjv 0eororaXovtxY|v. T Hv yap 



KaTa7rXsù(ravToç 8k toû" pa<riXé<oç 



axpoç ttjv ipcTTQV, | (f° 40 V°) a>ç xa\ toutou xal eiç 'iTOt/iav. .. xtX. 



Mqt. . . XTA. 

La rédaction des deux textes est à ce point disparate qu'il est 
impossible de discerner lequel des deux a servi de modèle à Tau tre; 
aussi est-ce plutôt la succession des faits ou leur groupement qui 
pourra nous apporter, à cet égard, quelque lumière. 

11 semble, en effet, que pour donner à son récit un aspect systé- 
matique et pour faire coïncider son début avec un fait politique 
marquant, le rédacteur de YHxstoria politica ait interverti Tordre 
primitif des données. Il a voulu, dès l'abord, mettre en relief le 
voyage de l'empereur, qui devait être le sujet principal des para- 
graphes suivants, et, pour cela, il a mis au second plan l'histoire 
de la révolte d'Andronic, qui ne constituait en somme qu'un fait 
épisodique. 

Au lieu de cet exposé logique, le manuscrit d'Oxford conserve 
au contraire l'ordre chronologique primitif; il rappelle les faits 
dans leur succession naturelle, sans aucun souci de cohésion ; 
enfin lui seul nous donne quelques détails, (tels que le nom de la 
prison des Anemades, la donation de Salonique à Jean Paléologue 
ou le pouvoir miraculeux du neveu de l'empereur), dont l'authenti-: 
cité ne semble pas devoir être suspectée, mais que le rédacteur de 
YHistoria politica, soucieux avant tout de la tenue de son exposé, 
a élagués comme des hors-d'œuvre. 

Ce rédacteur ne s'est d'ailleurs point fait faute d'écourler parfois 
les développements naïfs que nous retrouvons dans le ms. d'Oxford. 
Le passage suivant en est sans doute une preuve : 



1. V. I. Cod. Oxon. : I. 4 iSwfiàv — 1. 6 ôxvvwjisv — I. 13 sXsiÀàto-jv — I. 22 
xaxaXâ^a; — i. 23 ç\Aa7T£i av-rbv (cf. Hist. polit.). 



85 



b Tc^po; aÙTOu* vuv taTai àffQevefatç 
TcavToîa; 1 . 

UopeuOetç ouv 6 (iaffiXeù; ev 'Itoc- 





D. SERRUYS. 



0u)|xav. | (f° 42) v E8o)xs 8k auTot; 
5 arcavTa; toutou; si; 8taTpocpr,v " oeScoxe 
Bc xal tov 'AvSpôvtxov ttjv 0eao*aXo- 
vtxYjv. Outo; ouv 6 'AvSpovtxo; ucpic- 
Ttcac Iv <p 7cà6et Tvj; é*XccpavTiàae<x>; " 
eêouXeuoaTO yap [xeTot t<3v oruvYjXtxtco- 
10 twv aûroO ô*7rt*>;Ttt*>X^o*et aùnjv. EtiroV 

TO)V aUTOJ WÇ" 6 7TaTYjp 0*OU TaUTTJV tt 4 v 

7tdXiv BéBwxé o*e xXYjpovojx^av, a>; xal 
toi; aXXot; aoî; àSeX^pot; * TrwXr^ov 
ouv aÛTTjv, xal Xaêwv Ta cpXcopfa îto- 

15 pcuÔTjTt ev jxovaoTTjpta ' tt eTtotYjO-ev 
ouv ouTco; xal ê7ra>X7iaev auT^v Toùç 
BeveTtxoù;, Bti çXcopta y^tXiàBa; irev- 
TY]xovTa, TauTTjv TTjV 7rspicpTjfxov xat 
Xaprpàv 7rdXtv. Kal Xaêwv Ta cpXiopfa, 

80 Ta [xèv e^pôetps xaxV xaxaS;, toc 8à 
c/apto*aTO toi; 8aiTujjLoo*iv aÛTOÛ* * xal 
Ta xaTaXeicpôévTa apa; aTrTjXôev ev tû 
*AyY<î> "Opct, et; Ev tuW exeto*s [xovao*- 
Tr,pfa>v xal creXeÛTYjae *. 

85 Ilopeuôel; ouv b o-ouXtocv Moupâ- 
tyj; . • . xtX. 



197 

eScoxe T07rou; s t; BiaTpo^prjv * SOcv xal tc3 
Buaru^st 'AvBpovixw ttjv BeaaaXoW- 
xtjv, 8; Tceawv tw rcâÔet rijç eÀeçpav- 
Ttàa£(o; êiccjXrjQrev aÙTTjv ttjv 7repicpavrj 
0c^o*aXovtX7|v f Btà ^tXtàSa; ypuafotov 
7cevT7jxovTa, i\ J>v Ta jxev xdXaÇtv 
IBu)p7jo*aTO toi; [ast* aÛToO, Ta 8è 
(xctvavTa Xaêiv àirTjXOcv Iv Ttvi [xovaor- 
TY|p^a> toO àyîou 2pou;, xal sxcî tô 

ÎTJV cÇsfJLSTpYjaCV. 



, A7reXôô'vTo; ouv xaTa ©eo-o-aXovî- 
xtj; toO (jouXtocv MoupaTTi . . • xtX. 



11 est vrai que l'interprétation contraire n'est pas exclue. S'il 
est plus probable que c'est le rédacteur de YHistoria politica qui, 
dans cet endroit, a écourté un développement inutile, il n'est tou- 
tefois pas impossible qu'au contraire le rédacteur naïf du manu- 
scrit d'Oxford ait délayé avec complaisance une anecdote insigni- 
fiante. Pour pouvoir choisir entre ces deux hypothèses, il faut 
connaître, grâce à des exemples plus caractéristiques, les habi- 
tudes et les tendances de chacun des rédacteurs. 

Le texte suivant nous permettra de les discerner. 



i. V. I. Cod. Oxon. : I. 5 leg. fi^aai? — I. 10 «cdX^<ttj — 1. 22 xataXTjçOévxa. 



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198 L f « H18T0RIA POLITICA CONSTANTINOPOLEOS ». 



Ms. Oxon. f° 43. 

"E^pepov ex tyJç TpaneÇouv- 
toç tw (Ja<7tXet eîç yuvaîxa M«- 
pfav T7)v KavTaxouÇYiVTjv, êy- 
Ydvrjv ouaav tou 7rpu)ToaT<x- 

5Topo;'T7jv yàp OuyaTcpa tou 
aÛToO TtpcoToorTaTopoç 8é8coxav 
ctç yuvaïxa itpbç tov Ttpu>Toêeff- 
Ttàptov tou" pafftXéwç ttJç Tpa- 
TteÇouvTo;. *H y*p Mapîa y,v 

10 a>paîa t tS xàXXet ota ou£ eupfa- 
xcto ev toi; xatpotç èxeîvotç. 
Aa6<ov yàp aÙTTjV 6 paatXeùç 
• Tj^arca é Çatorftoç ex tou xàXXou; 

Xat TT)i YV(U(76(OÇ aÛTT|Ç. 

15 £uvà£eu>; ouv yevofJLévYjÇ, xat Xet- 
ToupYr]owre; àpy^tepetç xat xXvjptxot 
tov aptôfxbv rptaxô'atot ev tco [xeyi'ffTa) 
vatjj tyj; tou Oeoïï Xoyou Soçtaç, 
a7:é7:Xeu(7av ^etpoTOvrço'avTeç ô' tc pa- 

90 stXeùç xat 6 7:aTptàp^TjÇ ^tov^ 
'Ecpéffou, xûptov Màpxov tov Euye- 
vtxbv, e^apy^ov ttJç <tuvo8ou, ô pa- 
atXeùçYàpfjLeTàîStou xaTepyou 
Xaêwv xat t&v xuptov Atjjxyj- 

25Tptov tov oeo-içdT7|v, u> ç xaxd- 
Tpottov, cpopoû|/.ev o; aÙTOv ixtj 
?:ot^<i7) ffxàvSaXov, wç xat aXXo- 
tc. IIopeuOévTeç yàp èitotïjffav oteTtav 
SXyjv, (XTjSàv xaTOpOwaavTeç, Tronrjffav- 

80 T6ç 8à evwatv, oi u.èv, ot 8e. 'Evav- 
Ttou[xevo; y^P ô 'E^péVou oûx rjOeXev 
uuoypà^at 'aveu yàp êxetvou | (f° 43 
V°) ot 7ràvTe; eorepÇav xat uTceypa- 
<|/av. 'EXÔoVre; yàp Iv ty, iro'Xet, 

35 |jle t à 7capa8po[X7j v eTcSv 8uo , 
eupe^v b pafftXeù;^ tïjV Séorrotvav 
Maptav TeXeuTTjffaffav * bfxoiw; 



poM., p. 8, 1. 22-p. 10, 1. 6. 



Kal ffuvàÇecoç ^evouLev/jç p.eTa tov! 
7raTptàpyou xuptou ' Iw^ijç, oç xal 
év «I>X<DpevT{a BTeXeuT Tjore, xat 
XetToupyt'aç Yevo|/l'vT i ; ev T<j> [^for^ 
vaa> tt]; tou ôeou Xdyou «joçtaç Itxe- 
XeTTrjffav xat èxùptoflrav a7:o7rXeuorai, 
^etpoTov^aavTeç e^apy^ov tt}ç cx»vd8ou 
Màpxov tov eùyevtxôv, Tbv 'Ecpéffou 
[XYiTpo^oXiTTrjv . KrceXÔovTe; ouv xai 
éxet àîreXôovTe; xal auveXeuaetç rconrç- 
davTeç xat SteTfav SXtjv èvStaTptyav- 
tc; ^7cotTj<rav jxèv evtoatv, a>ç ta 
npaxTtxà tt\ç év $Xc*)pcvTta 
t a u t 7j ç XeYOfxévvjç oyS^vj; ffu- 
vôSou Xéyet, TeXoç Se y^pTjarbv 
oùSév, é»Xu>; tou 'Ecpéffou p,7i ûiro- 
Ypx^avro;, àXXi xal Xoyo(i.a- 
y(a; xal au8t; xtvïjO'àvTwv 
iroXXtov, 5t6 et; ttjv Kwvatav- 
Ttvou e7rav7|X0ov. ^Oôev oùSe- 
(xta eyéveTo po^ôeta, àXXà tov 
tf ïlav expaÇov xatpbv Tdaov. 



'EitaveXôo'vTOiv 8k àitb 'IïaXtaç 
xaTeXaSev b pactXeù; ttjv eauTOî3 
cptXTàTTrjv yuvatxa Maptav ttjv KavTa- 
xouÇyjV^v oùx ev Ç(S<nv àXXà TeXeu- 



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D. SEKRUYS. 



199 



xal b ht<ti:6zy\ç tyjv ÉauToO yu- 
vaïxa, ttjv tou KaTaXouÇou 

40 ôuyaTEpa, aùôsvTb; ty^; Aïvou 1 . 
Ot yàp Iv ttj -ïroXst ovteç xXYjptxot ts 
xal jxovayot xa\ 7iyoû|X6voi oùx tJOsXov 
(TuXXetToupYT^at ^ [AVY,jAovsu(7at touç 
ÈXôôVcaç sxsTOev, àXX'sJtsffsfcvTO aù- 

45 tou; eu; àaepctç • ot icXsfevsç 8s rcapYp 
touvto xat tyjv tcpioffuvYjv. KalYsyovs 
7j cvtofft;, où^ evcoaiç, àXXà Stafpsat;. 
Taura yfiyovEv sv toÎç xafpotç sxst'voi;, 
jiyj ovtûç 8s rcaTptapyou * oùSstç 7)ÔS- 

50 Xsds ysvéffOat svsxsv TtSv ffxav&àXwv. 
'O Ntxafaç 8s Biff^aptav, 6ulo(co; xat 
o 'Pcofffaç e^stvav iv tt, 'PoijA.Yj. 'O 
yàp Bidffapttov r\v TtoXù; sv Toi Xsystv 
xal axpo; ^tXoVocpoç " yiyove. xat xap- 

55 StvàXto;, eycov Tt(X7jv xat oôijav tyjv 
Tu^oOffav ■ TjYa^Tjae yàp tyjV oôijav 
twv àv8pto7co)v y, toîJ ôeou 2 . 
T Hv 8s Ttç ... xtX. 



TTj<ra<jav îrpb xat pou * xat outidç oùroç 

[ASV SV XuTTTj YjV. Ot Ù& SV TYj 7ToXst 

xXYjptxot, tspojJLOvayot, îepsT;, tjyoujjls- 
vot, 7rvsu[xaTtxot xat ot XotTtol oûx 
yjÔsXov cuXXstTO'ipyYjŒat tgîç sXOoudtv 
Yj jjLVY,(jLovstl(xat aÙTOuç, àXXà sjrcopt- 
Çovto aÙTcov J)ç iceptov stirstv. IIoXXol 
8s TtapYjT Yj lavTO xat tyjv tspcoauvTjv. 
Kal Ysyovsv t; s*vtoat; otaipsffi;. Outco 
8yj ^spop.svo)V Ttov sxxXYiOtaarixaW 
(ôç stuysv, xal jay, ovtoç icarptap/ou 
o'.x to TsXsuTYjffat sxst, àXXou 8s rpo- 
fi'.3a<709jvat fiYj GéXovtoç 8ta to axav- 
oaXov (Yjv yàp oùx ôXfyov), outu>; sp*- 
vov TSTapaYjjisvoi. . *0 Ntxafoç 8s 
BY^aapttov xal o 'Ptosta; s(xstvav sv 
TY t 'PtufjLYi. Kat sysvsTo xal xapotvx- 
Xtoç ô BYj<i<7apfa>v, TtuLYjV xat 8ôSav 
SsÇàasvo; xat to àarxavoxXt<jTov àa- 
iraÇo'fAEvo;. 
T Hv 8e . . 



Chacun des deux récits contient quelques traits qui manquent 
à l'autre. Nous les avons notés en caractères espacés. Il convient 
toutefois de remarquer que les éléments négligés par Fauteur de 
Vffistoria politica ne sont plus seulement des longueurs inutiles 
mais des faits précis. Pour s'en convaincre, il suffira de les rappeler 
ici. Ce sont : 1° le passage relatif au mariage de l'empereur et à la 
famille de l'impératrice; (le rédacteur de Vffistoria politica s'est 
réservé sans doute de nommer plus explicitement l'impératrice, 
lorsqu'il serait question de sa mort, quelques lignes plus bas) ; 2° 
les défiances de l'empereur à l'égard du despote Démétrius ; 3° la 
mort de la femme du despote, fille de Gatilusio. 



1. La forme du nom est insolite; cf. Phrantzes, éd. Bekker, p. 191, I. 18 : xateXi- 
outÇtjç. — Ducas, éd. Bekker, p. 46, I. 11 ; p. 328, l. ll,etc : Taxeko^oç. — Laonicus 
Chalcondyles, éd. Bekker, p. 520, I. 14 : Ka-reXo^wv. — Au sujet de la possession 
d'Aeoos par les souverains .le Lesbos, cf. : Laonicus Chalcondyles, éd. Bekker, p. 520, 
1. 20. 

2. V. L Cod. Oxon : I. 3 xavTaxo^ivyjv — 1. 20 <tov> om. — 1. 30 ràp : ôè 
— 1. 54 YapfiivàXio;. 



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200 



L' « HISTORIA POUTICA CONSTÀNTINOPOLEOS ù. 



La comparaison des deux textes met une fois de plus en évidence 
le parti-pris logique du rédacteur de YHistoria politica, qui tantôt 
élague, tantôt transpose les faits, de façon à faire apparaître claire- 
ment le fil conducteur du récit. Sa narration se divise en deux 
étapes bien délimitées : le départ et le séjour à Florence, le retour 
àConstantinople. Au contraire, le rédacteur du manuscrit d'Oxford 
présente les faits dans un ordre rigoureusement chronologique, et 
,ce mode d'exposition, non moins que l'intégrité de son récit, nous 
garantit la pureté de sa tradition. 

Le parti-pris d'abrègement chez l'auteur de YHistoria polilica 
est d'ailleurs incontestable dans des passages tels que les suivants, 
où il ne conserve que le fait historique dénué de toutes les préci- 
sions qui l'accompagnaient dans la rédaction primitive. 



Ms. Oxon. F> 54 v°. 

. . . e^pepov ev Ko>vffTavTtvou7rôXei 
tov t€ KapaÇ^TTjV xat 7uï(râv tYjV 
Yeveiv aùroO, tov fxéyav [leaiCovra, 
tov ' A X t a jao u p t o v, TOV CplXÔtfO- 

SCpOV 'A(i.0Up0UT^7iV, TOV ltpto)TO- 

fUffTiàptov 1 . Outo;, yap 6 7tpa>To8ea- 
Tiàpioç Û7t9jp£e eYTfovoç toO 'Iàyapir}, 
bfjLOito; xat ô Mayou|xoÙT ira- 
aiaç ix ttjç àXXirj;ÔuY a ' r P 0 Ç T0 ^ 
10 'Iàvapi, TTj^ouffîjçivT-yj Scp- 
(ii'a ' 67C7jp^ov ouv 7:pa>Te!;à8eX- 
ç o t. Kal (/.CTOt 84Xou xat aTtaTTjÇ aÙTou 

TOU 7rpa)TOp60rTtap^OU, é*7COpeuÔ7| 6 

aùOévTTjç ev rfl TparceïouVct 1 . 



Hist. polit, p. 38, 1. 1-5. 

• . . Tjveyxev etç tt^v KcovoravTtvou, 
tov Ka^aÇtTTjv xat iraaav ttjv yeveiv 
auToO, tov [xÉYav jxco-aÇovTa, tov 
xpcoTo^corTtapiov, tov 6YY 0V0V T0 & 
'IdtYapt, 8; 8ta So'Xou Taura euo^aev. 



Ms. Oxon. f° 61. 

*Eo^e Y*p o aouXTav MrcaYiaÇ?|T7)ç 
ufov jxixpbv ovo'ji.aTi KoupxoÙT- 
ÇeXeTiv (?), eupeôévTa ev tyj -x6\u. 



Hist. polit., p, 52, 1. 6-9. 

Ou tov utov vrj7rtov ovt» xat tv t^ 
rcdXet eupeÔêVra avrjYopeuffov TtpGrov 
aùOévTTjv, ercet crao-t; ou p.txpx iyi- 



1. Peut-être faut- il conjecturer l'omission d'un nom propre après tov TrpeoTopeaTta- 
ptov. 



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D. SEKItUYS. 



201 



'AttéxTstvav 8e xat èva (kÇuptv veto, aiffTe cpoveoÔTjvat xat Ttastav 
5 ovo'fxart TtaYouix 7raa tav* loovreç eva xat aXXou; tcoXXoùç * xal outwç 
8è oi 7rpu)TeuovTe; ô'ti où iraueTat 0 eitau<icv yj (rràartç. 
^MoyfjL^c, àveêtêa<rav tbv 7ra?8a elç tbv 
Ôpdvov irarpoç autou* ' xat e7rau«v b 
StcoYfxdç 1 . 

Est-ce à dire toutefois que la chronique du ms. d'Oxford nous 
représente, dans l'intégrité de sa forme primitive, un ouvrage dont 
YHistoria politica aurait abrégé le contenu et modifié la rédac- 
tion? Non certes. Nous avons déjà remarqué plus haut que le 
récit de YHistoria politica, s'il est souvent moins complet que 
celui du ms. d'Oxford, contient cependant parfois quelques don- 
nées étrangères à ce dernier, et, de ce fait, l'hypothèse d'une déri- 
vation directe se trouve exclue. La forme littéraire des deux chro- 
niques fournit d'ailleurs un indice concordant. Dans certains en- 
droits du texte les deux rédactions diffèrent complètement, sans 
qu'il soit possible de discerner le motif pour lequel l'auteur de 
YHistoria politica aurait modifié le texte du manuscrit d'Oxford, 
ou inversement. Ces divergences ne s'expliquent dès lors que par 
l'utilisation indépendante d'une source commune. Le petit récit 
suivant est un des nombreux exemples de ce genre de variantes. 



Ms. Oxon. f> 46 v°. 

'EXOoYnov (sic) y*P T ^ v VY i <Sv 
exwauovto 8tà tt^ç àXuffou toO eiseX- 
8cTv évrbç toO Xtfxévo;' cirofojffav ouv 
xaTaaxeuTjv oïa ctxbç ôauuaffat xat 

5 cxTiXa-pivat. IleTàffavTeç y^P a ^f<5v 
ta tarfa xat ÔéVreç tIç xa>7taç | 
(f° 47) êv totç totcoiç auT<5v eo*upov 
aura cv tt\ '/ipv<û tcXt^oç XaotJ àvapiÔ- 
[M^rou, àva6t6à<xavTcç aura £v -cote 

10 ôtJrrçXoTaTOtç opeot tou" TaXaTa jxetà 
TujiTcavtov xal avlTtfyytav , xat oupovTeç 
xaTc6tëao*av cv toÎç y^"***' vepotç* 
xal cxupfeu<rav tov Xtt/iva TroiY^avTCç 



Hlst. polit., p. 17, 1. 6-18. 

napayevGiAîVtov 8è to>v vTjtSv, lxa>- 
Xuovto urcb ttJç ufiYaXTjç aXuoou rïjç 
7]7rXo)u.ev7jç àirb TaXata a^pt BuÇav- 
ti'ou eto*eX8etv cvtoç toO Xtjxcvoç. 
'E7cotY|<iav ouv xaraffxeuïiv otàv ctxbç 
6au[xaaat xal IxTrXaY'îivai. IïeTàoav- 
tcç y*? auTwv tôt to*T(a xat ôcvtcç 
6itoxaTa> Tpcforaç, xal aXXaç 7torrç- 
o*avTeç [ATjyavàç, caupov aOraç eicavca 
ttJç /epdou, irX^Oci Xaou TtoXXotî, àva- 
6i6à(ravTc; xal StaTrepàaavTcç è*7tava> 
tcov u4/u)(xaTiov xat T07ca)v tovJ TaXaTa, 
{jLETa tuuvttivwv xat aaX7rfyY <0V ^Xxov- 



1. V. I. cod. Oxon. : I. 3, evpeÔévToç — I. 6, wxvcto. 



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202 l/ « HISTOR1A POLITICA CONSTANTINOPOLEOS ». 



oxâXaç (xerà flouTÇtoov xat <ravfôo>v, 
* B ex tt)ç àyta; raXaTtvrç; eu>ç StiXo7top- 
tmj 1 , xal eBu<jav Ta tsi/Tj tt^ç tto- 
Xeu>ç, (xvjSevb; xwXuovtoç*. 
IIapaxaÔïi(jL6V(ov ouv. . . xtX. 



te;. KaTeStêaïav 8è airaç àvTtitspav 
et; Ta yXuxéa vepà. Kal outoi; èxu- 
pfeucav toO Xifiivo;' elra érccfr,<7av 
iràXtv axâXa; |xstx pouTÇtav xal <rav(- 
8a>v, xat I8r t <iav, aypt ÇuXo7t<$pTa; ' 
xat outid 7covTOtOTp^7t(o; rceptexu - 
xXuxrav, cî>ç xuve; ttoXXoé, ttjv 8au- 
(xaatav TrdXtv, xa\ earrevo/oSpouv . 
IlapaxaO^fiévwv ouv... xtX. 



Notons enfin qu'au fol. 71 v° (=Hist. polit., p. 72, 1. 9) après les 
IDOts OTTTjp/ov 8à <xeiTt8eç eyovTeç xat ^tupa; ôrt TrXeferaç xal Xabv obreipov, 
le manuscrit d'Oxford présente un développement relatif aux fils 
d'Ouzoun Hasan' : Ogourlou-Mehemet , etc., qui est étranger au 
texte de YHistoria politica. 

En somme, les variantes que nous venons de relever nous 
portent à considérer le manuscrit de Lincoln Collège et YHistoria 
poliiica comme deux traditions indépendantes d'une même chro- 
riique disparue. Certes la valeur de ces traditions est très inégale. 
Le manuscrit de Lincoln Collège ne nous rend pas exactement 
l'aspect de la source commune ; il comporte quelques omissions 
sans doute occasionnelles et quelques altérations involontaires ; 
mais il n'a pas modifié la. succession des faits et il n'a point abrégé 
ou déformé l'exposé. Au contraire, YHistoria poliiica constitue une 
tradition à la fois incomplète et systématiquement remaniée. Avant 
de subir l'épuration linguistique que lui a infligée Tbéodose Zygo- 
malas, elle avait subi une refonte complète, qui avait appauvri et 
défiguré sa source. C'est là ce qui constitue l'infériorité évidente 
de YHistoria politica. 

. L'on peut même se demander si YHistoria politica ne nous a pas 
empêchés de reconnaître les limites primitives de l'ouvrage dont 
elle dérive. Il convient en effet de remarquer que, dans le texte de 
Zygomalas, le terme de 1578 n'est qu'apparent. A partir de l'avène- 
ment du patriarche Théolepte (15U?-1520)\ nous n'y trouvons 
plus qu'une sèohe énumératîon de sultans et de patriarches, en 

1. Ducas, éd. Bekker, p. 263, I. 4, semble coofirmer la leçon ÇvXorcdpTa; de 
VHist. polit. 

2. V. I. cod. Oxon. : I. 2, èxwX).Ûovto. 

3. Cf. Hist. polit., p. 26, 37, 72; Ducas, p. 339; Laon. Chalc, p. 490, 497. 

4. Hist. polit , p. 76, 1. 22. 



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D. SERRUYS. 



203 



telle sorte que l'histoire de plus d'un demi-siècle y est narrée en 
moins de vingt lignes. Cette concision subite étonne d'autant plus 
que les événements précédents sont racontés avec une réelle pro- 
lixité. Remarquons surtout que le récit précédent demeure ina- 
chevé. Le dernier fait que nous y trouvons relaté est l'histoire 
d'une pluie providentielle qui favorisa le siège de Mesiri, pendant 
la campagne de Sélim I en Égypte (1517). L'issue du siège, le retour 
de Sélim I à Coustantinople, sa maladie, sa mort sont également 
passés sous silence, et l'énumération suivante commence, sans 
transition, à l'avènement de Théolepte. Il est donc de toute évi- 
dence que la source de l'Histoire politique s'interrompait brusque- 
ment au récit d'un épisode de l'expédition d'Égypte ; et c'est sans 
doute pour masquer cette lacune, plus encore que pour continuer 
l'histoire jusqu'à son époque, que Zygomalas voulut rappeler, 
dans une forme d'ailleurs insignifiante, les faits contemporains. 

Mais, si VHistorta politica se terminait primitivement en 1517 
(= Hist. polit., p. 76, 1. 22), il s'en faut de quatre mots seulement 
pour que la fin du ms. d'Oxford coïncide avec celle de l'Histoire 
politique. Or c'est là une présomption nouvelle en faveur des 
limites que nous avons assignées à la source commune des deux 
chroniques. Certes le témoignage du ms. de Lincoln Collège serait 
plus probant si nous y trouvions les quatre mots manquants, en 
telle sorte que nous puissions considérer le manuscrit comme 
étant intact. Mais l'étendue du texte dans le ms. d'Oxford coïnci- 
dant, à quelques syllabes près, avec celle que, pour des raisons 
critiques, nous avions attribuée à la source de l'Histoire politique, 
nous pouvons certes, sans une hardiesse excessive, reconnaître, 
dans cette coïncidence presque parfaite, une confirmation de notre 
hypothèse concernant le terme de l'ouvrage dont dérivent nos 
deux chroniques. 

De cette constatation en découle nécessairement une autre : une 
chronique postérieure à l'année 1517 a été l'objet, au cours du 
xvi ê siècle, de deux rédactions différentes. Ce fait est bien caracté- 
ristique de l'activité byzantine. En régime turc, les Grecs ont 
continué à s'amuser au jeu des paraphrases, et une chronique 
grecque vulgaire du xvi c siècle n'a point suscité d'autres travaux 
que la chronique de Constantin Manassès au xin° siècle ou que 
YEpitome au x«. 



D. Serruys. 



Paris. Mai 1906. 




(0 



FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN 



Une des plus remarquables ballades de Villon, — celle qu'il 
écrivit à la requête de sa mère pour prier Notre-Dame, et dans 
laquelle il fait parler avec tant d'onction, de candeur et d'âme « la 
povre femme », lui le débauché cynique — évoque, dans son 
ensemble, le souvenir d'un passage du Trésor de Jean de Meun. 

Voici quelques traits de Villon et de Jean de Meun qu'on peut, 
semble-t-il, rapprocher: 



Dame des cieulz regende terrienne, 

Emperiere des infernaux paluz, 

Recevez moy, vostre humble chrestienne, 

Que comprinse soye entre vos esleuz, 

Ce non obstant qu'oncques rien ne valuz... 

A vostre Filz dictes que je suis sienne ; 
De luy soyent mes péchiez absoluz. . . 

Vous portastes, digne Vierge, princesse, 
lesus régnant, qui n'a ne fin ne cesse. 
Le Tout-Puissant, prenant nostre faiblesse, 
Laissa les cieulx et nous vint secourir, 
Offrit à mort sa très chiere jeunesse, 
Mostre Seigneur tel est, tel le confesse, 
En ceste foy je vueil vivre et mourir. 



Jean de Meun s'adresse aussi à Notre-Dame, avec un sentiment 
de piété sincère, mais qui est gâté par l'afféterie et l'absence de 
simplicité, qu'on ne peut juger pleinement qu'en se reportant au 
texte original : 



(Suite) 



Dame du ciel, dame de terre, 
Dame qui tout clost et enserre... 
Tu euz Dieu en ton giron, 
Tu as tout en possession. 




FRANÇOIS yiLLON ET JEAN DE MEUN. 



205 



Nulzsanz toi ne puet Dieu acquerra... 
Dame, qui oncques ne sentis 
Pechié, ne ne le consentis. . . 
Sur trestoutes benoite famé 
Tu es à droit nommée dame... 
Et pour ce, dame débonnaire, 
Que je me vueil cy du tout taire 
De toy ioer, et si ne puis 
Toutes tes loenges retraire, 
Te supply qu'il te vueille plaire 
A prendre en gré ce que je puis. . . 



Les derniers vers, qui suivent, sont alambiqués et détestables; 
ils jurent avec les strophes pleines de charme de Villon : 

Car je croy vraiement que puis 
Que mon cuer ne puet de ton puis 
Sachier ce qu'il en voiildroit traire. 
Que les coypiaulx et les chappuis 
Prendras en gré que j'en chappuis. 

Car ce te plaist qu'on en puet faire (T. 3, p. 393, v. 1584 et sqq.) 

S'il y a eu réminiscence, chez Villon, on peut dire que du vil 
plomb il a su tirer l'or pur, et le diamant du caillou. 

Au huitain lxxii du Grand Testament y on lit ce vers, qui est une 
pure cheville, telle qu'on en trouve quelquefois chez Villon, mais 
qui abondent dans le Roman de la Rose, et dont la Vierge et les 
saints et saintes du paradis font généralement les frais : 



Toujours suivant les besoins de la rime, 
si en ains : 

Si m'aïst Diex et saint Germains ; (T. 3, p. 19, v. 14453) 
si en mi : 

Si m'aïst Diex et saint Remi ! (T. 3, p. 35, v. 14870). etc. 



... par sainte Marie la belle! (v. 932) 



De même que Jean de Meun pour rimer à 



bonne ame 



écrit : 



par nostre Dame î (T. 2, p. 343, v. 12434.) 




206 LOUIS THUASNE. 

11 y a tout lieu de penser que l'exclamation de Villon, rappelée 
ci-dessus, était une expression proverbiale : autrement, elle sprait 
à rapprocher du 

Par saincte Marie la belle ! (fol. 63) 

de Patelin, et apporterait un argument nouveau à l'hypothèse 
faite naguère par le regretté Marcel Schwob à propos du vers 1649 
du huitain cxliii du Grand Testament : 

Les Mendians ont eu mon oye 1 . 

Schwob rapprochait ce vers des deux vers suivants de Patelin, 
et y voyait une allusion, Villon n'ayant jamais — et pour cause — 
laissé aucune oie aux Mendiants : 

Et si mangerez de mon oye, (v. 300), 

malgré son legs à ces derniers (P. T. huitain xxxn) : 
Me fais tu manger de l'oë. (v. 1577). 

G. Paris trouvait cette explication « solide et intéressante ». 
c Elle prouverait, ajoutait-il, que Villon avait lu ou vu jouer 
Patelin dès 1461 J . » 

Villon, à l'exemple de Jean de Meun, a daubé sur les moines. 
Aussi écrit-il : 

GV1II 

Maistre Jehan de Mehun s'en moqua 
De leur façon, si flst Mathieu. 

Et il ajoute aussitôt : 

Mais on doit honnorer ce qu'a 
Honnoré l'église de Dieu. 

D'ailleurs les traits isolés de Villon contre les moines, comme 
plus tard, ceux de Rabelais, ne sont pas bien méchants. Tout autre 



1. Il eo est de cette oie, comme de celle qu'il laissait « en pur don » à Jaquet 
Cardon son ami : 

Et tous les jours une grosse oye (P. T. 125) ; 
car il déclare, ailleurs, ne rien donner à ce dernier (G. T. v. 1776). 

2. Romania.t. XXX (1901), p. 392. 



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FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



207 



est la satire cinglante de Jean de Meun qui, par la bouche de 
Faux-Semblant, dévoile Phypocrisie et les autres vices des ordres 
religieux. Cette différence ressortira de la comparaison des passa- 
ges empruntés à Villon et à Jean de Meun. 

Villon dans la ballade « à s'amye > écrit ces vers : 



Mieulx m'eust valu avoir esté sercher 
Ailleurs secours, c'eust esté mon onneur. 
Rien ne m'eus t sceu hors de ce fait hasier ; 
Trotter m'en fault en fuyte, & déshonneur. 
Haro, haro le grant et le mineur !. . . 



A l'aide, à l'aide, le grand et le petit ! Dans les différentes signi- 
fications du mot t haro » qui sont relevées dans le Glossaire de 
Du Gange au mot Haro, Harou, on trouve des exemples de cette 
dernière acception. D'autre part, dans Le Roman de la Rose, le Ja- 
loux reproche à sa femme sa conduite suspecte : 



... Et quant vois à Romme ou en Frise 
Porter notre marcheandise, 
Vous devenez tantost si cointe, 
Car ge sai bien qui m'en acointe, 
Que par tout en va la parole ; 
Et, quant aucuns vous en parole 
Porquoy si cointe vous tenés 
En tous les leus où vous venés, 
Vous respondés : hari 1 hari ! 
C'est por Tamor de mon mari. 



HarU est une forme dialectale pour haro. Il signifie également 
ici, à l'aide ! au secours 1 mais dans un sens ironique facile à saisir, 
et sur lequel ne se méprenait pas le malheureux époux de la 
dame. Le Duchat observe, dans son commentaire sur Rabelais, 
que le mot hary ! était employé en Languedoc pour exciter les 
ânes à marcher 1 . Les deux derniers vers cités < 



1. Eq commentant ce passage de Gargantua (l, 11) : « Ce petit paillard tousjours 
tastonnoit ses gouvernantes cen dessus dessous, cen davant darriere, harry bouni- 
quet! » Œuvres de Rabelais (Amsterdam, 1711, in-8), t. 1, p. 67 et n. 7. — Cingar, 
dans le poème de Baldo, après avoir entendu les doléances de Zambello dont la vache 
avait été emportée par les deux religieux, fait une sortie épique contre les moines : 



(T. II, p. 200, v. 



8907-8916.) 



« Horum fralorum cumulatio tanta Qebit 
Quod sine soldalis christianica terra manebil. 




208 



LOUIS THUASNE. 



Vous respoodés : hari ! hari ! 
C'est por l'amor de mon mari... 



rappellent les suivants de Villon : 



Il faut qu'ilz vivent, les beaulx pères, 
Et mesmement ceulx de Paris. 
S'il* font plaisir à nos commères, 
Hz ayment ainsi leurs mari3. 



Dans son Petit Testament, Villon écrit au huitain 

XXXII 



Item, je laisse aux Mandians 
Aux filles Dieu et aux Béguines, 
Savoureux morceaulx et frians, 
Fiaons, chappons et grasses gelines, 
Et puis prescher les Quinze Signes, 
Et abattre pain à deux mains. 
Carmes chevauchent nos voisines. 
Mais cela ne m'est que du mains. 



Amis, après avoir « recordé » à X Amant que la vraie piété et 
Thonnête pauvreté sont modestes et se cachent, poursuit en ces 
termes : 



Ce ne sont pas, bien le recors, 
Li Mendians poissans de cors, 
Qui se vont partout embatant, 
Plus qu'il pueent chacun Hâtant, 
Et le plus let dehors demonstrent 
A trestous ceus qui les encontrent, 
Et le plus bel dedens reponnent 
Pour décevoir ceus qui ior donnent ; 



Non erit aequoreis qui reinuro ducat in undis ; 
Non qui martellet ferruin ; qui tecta covertet ; 
Non qui por terras cridet, oh snazza caminum ; 
Nju qui scarparum tiret cum dénie oramum ; 
N m qui aubstigans asinum, prunuciet AH,.. » 



// Raldo, li v. VIII. Merlini Cocalïi (sic) poetae mantuani Macaronicorum po«- 
mala (Veoise, 1552, in-8), p. 66. — Ailleurs, Villon emploie le verbe harier, tour- 
menter : 



Nous sommes mors, amo ue nous harie... 



(WEpitaphe en forme de ballade, v. 1 47). 



(G. T. CVII.) 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



209 



Et vont disans que povres sont, 
Et les grasses pitances ont, 
Et les grans deniers en trésor. 
Mès atant me tairai dès or, 
Que j'en porroie bien tant dire, 
Qu'il m'en iroit de mal en pire ; 
Car tous jors heent ypocrite 
Vérité qui contre eus est dite. . . 



Dans son Grand Testament, Villon reprend à peu près le thème 
déjà traité par lui dans 1 le trente-deuxième huitain du Petit 
Testament : 



Item, aux Frères mendians, 
Aux dévotes et aux Béguines, 
Tant de Paris que d'Orléans, 
Tant Turlupins que Turlupines, 
De grasses souppes jacoppines 
Et flaons leurs fais oblacion ; 
Et puis après, soubz les courtines 
Parler de contemplacion. 



Si ne suis je pas qui leur donne ; 
Mais de tous enfants sont les mères, 
Et Dieu, qui ainsi les guerdonne, 
Pour qui seuffrent paines ameres. 
Il faut qu'ils vivent, les beaulx pères, 
Et mesmemeut ceulx de Paris. 
S'ilz font plaisir à nos commères, 
Uz ayment ainsi leurs maris *. 



De même, Jean de Meun nous représente Astenance-Conêrainte 
qui 



Vest une robe cameline 

Et s'atorne comme béguine. 

Et ot d'ung large cuevrechief, 

Et d'ung blanc drap covert le chief ; 



1. Ce huitain est ici donné tel que l'a publié Gaston paris dans la Romania, t. XXX 
(1901). p. 377, 



(T. II, p. 184, v. 8136-8151.) 



CVI 



CVII 



revue des bibl., mai-juin 1906. 



xvi. — 15 




210 



LOUIS THUASNE. 



Son psaltieis mie n'oublia. 

Unes patenostres i a 

A ung blanc laz de fll penduës 

Qui ne li furent pas vendues : 

Données les H ot uns frères 

Qu'ele disoit qu'il ert ses pères, 

Et le visitoit moult sovent. 

Plus que nul autre du covent; 

Et il sovent la visitoit, 

Maint biau sermon li recitoit. 

Ja por Faus — Semblant ne lessast 

Que sovent ne la confessast; 

Et par si grant devocion 

Faisoient lor confession, 

Que deus testes avoit ensemble 

En ung chaperon, ce me semble. 



Ce dernier trait est aussi spirituel que bien observé 1 . 
Villon, après avoir parlé des 



1. A rapprocher de ce tableau des « deux têtes eo un bonnet >» les vers du 
Triomphe des Carmes (xiv« s.) cités dans l 1 Histoire littéraire de la France f 
t. XXVll (1877), p. 135. 

2. C'est vraisemblablement, aiosi qu'on l'a dit (Romania, t. XXX — 1901 — p. 387), 
l'adverbe endementres (pendant ce temps-là) qui comptait de nombreuses variaotes : 
endrêmentiers, endementers, endemestiers, etc. (Godbfroy, Lexique) ; bndremrktks, 
(Furbtièrb, Die/., La Haye, 1727, in-fol.), — Peut-être aussi pourrait-on voir dans la 
forme endementes du texte donné par M. Longnon, l'adjectif pluriel démentes avec le 
préfixe en (comme, par exemple, enamé pour ame\ employé par Froissard, — dans 
Godefroy); « les povres filles endementes » rappelant l'hémistiche c povres vielles 
sotes » du Grant Testament t vers 526. — A rapprocher de ce mot endementes le vers 
448 du xlvi huitain du Grant Testament, vers iniotelligible dans tous les imprimés 
(sauf eelui de Clément Marot) ; 



Aussi, ces povres fameletlcs 

Qui vielles sont et n'ont de quoy, 

Quant ilz voient ces pucellettes 

Emprunter elle* à requoy , 

Ilz demandent à Dieu pourquoy 

Si tost uasquirent, n'à quel droit?... 

(Longnon, p. 38). 



Jannet, à propos de ce vers 448, a préféré la leçon « en admenez et en requoy (p. 38) 
qu'il déclare d'ailleurs ne pas comprendre {Glossaire-index, p. 229). C'est « endemeuez » 



(T. 2, p. 333, V. 12248-12267.) 



... povres filles cnd[r]ementes 2 
Qui se perdent aux Jacopins ! 



(G. T. CXXXVIU) 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



211 



poursuit par ce trait à l'endroit des Célestins et des Chartreux : 

cxxxix 

Aux Célestins et aux Chartreux, 
Quoy que vie maineut estroite, 
Si ont ila largement entre eulx, 
Dont povres tilles ont souffrete... 

On ne peut guère voir autre chose, dans ces différentes satires, 
.que des idées similaires. Villon avait lu les traits mordants que 
Jean de Meun avait décochés contre « les beaulx pères » de Tor- 
dre de saint François et de saint Dominique, et se les rappelait sans 
doute, en écrivant. Mais Villon n'avait raillé leurs défauts — sur- 
tout leurs défauts extérieurs — que comme matière à plaisanterie. 
Jean de Meun avait poussé plus avant la satire ; son indignation 
avait fait le vers, et il avait dévoilé avec une vigueur peu commune, 
et une véritable éloquence leur « façon » tortueuse et leurs ambi- 
tions politiques 1 . 



qu'il faut lire, ainsi que Sainte- Palaye le fait observer (après Marot) dans son 
Dictionnaire de l'ancien français : « endemené » ayant le sens de « qui se démène, 
qui s'agite », et « en requoy » celui de « en cachette », « à l'écart ». C'est « endemenez » 
qui devait être écrit dans le ms. original; et le mot, déjà archaïque au xv e siècle, n'aura 
pas été compris par le copiste qui lui a substitué « en admenez », ou la métathèse « en 
edmenez ». 
Ce vers : 

Endemenez et à requoy 

est à râpprocher du vers 242 du Grant Testament (xxxi) 
Virans en paix et en requoy 

où le mot « requoy » a le sens de « repos » (requetum pour requietum. — Quant au vers 
de Villon cité ci-dessus 

Si tost nasquirent n'a quel droit... 

il évoque celui de La Vieille du Roman de la Rose faisant eotendre des doléances 
semblables : 

Lasse 1 porquoi si tost nasqui ? 

(T. Il, p. 420, v. 13078.) 

De même, au souvenir des joies et des amours passées, elle déclare que 

Miex me venist en une tor 
Estre à tous jors emprisonnée 
Que d'avoir esté si tost née. 

(T. II, p. 419, v. 13071-18073.) 

1. Cf. Le Roman de la Rose, t. I, p. 15 {Préface), et plus haut, p. 209. 



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212 



LOUIS THUASNE. 



Faulx- Semblant les dépeint en un vers de belle envergure: 

Cil qui ont tout sans rien avoir. 

(T. II, 364, v. 12881.) 

Villon qui entendait le fait de «parler de contemplacion sous les 
courtines », dans le même sens voluptueux que t dame Sidoine » 
dans la Ballade intitulée : Les Contreditz de Franc -Gotitier, se 
souvenait peut-être d'avoir rencontré chez Jean de Meun le 
mot de « contemplacion * qu'il a interprété à sa manière. 

J. de Meun parle des religieux, à l'origine de l'institution mo- 
nastique : 

Lieus solitaires furent leur habitacion 
Por entendre au secré de contemplacion. 

(T. IV, p. 49, v. 964-965.) 

D'ailleurs, Jean de Meun constate que Chasteté 

. . . Moult a certes d'anémies 
Par cloistres et par abbaies. 

(T. II, p. 224, v .9056-9057.) 

Villon considérant au charnier des Innocents les tètes entassées 
Ensemble en ung tas pesle-mesle 

écrit cette pensée : 

CLI 

Or sontilz mors, Dieu ait leurs ames! 
Quant est des corps, ilz sont pourris 

qui rappelle ce vers du Roman de la Rose : 

Mès chascuns d'eus gist mors porris. 

(T. II, p. 302, v. 10560.) 

Au troisième huitain de la Ballade pour servir de co7iclusion, 
Villon écrit ces vers : 

Qui plus, en mourant, mallement 
L'espoignoit d'Amours l'esguillon *. 



1. Bibl. nat., fr. 20041, fol. 151 v. — Sur la lecture de cette strophe, cf. Romania 
t. XXX (1901), p. 381. 



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FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 213 

Guillaume de Lorris nous montre le Dieu d'Amour lancer une 
certaine flèche aux amants : 

Ele iert aguë por percier (T. I, p. 73, v. 1854). 

La même idée exprimée par Villon se retrouve dans Renaut de 
Louhans parlant d'c Orpheus » . 

Car raguillon d'amours le point. 

(Fr. 578, fol. 41 a.) 

A noter, en passant, dans la Belle leçon de Villon aux enfans 
perduz, un vers qu'on retrouve — par pure coïncidence — dans 
JeandeMeun. 

Dido la royne de Cartage 

et dans le Roman de la Rose : 

Dido, roïne de Cartage *. 

(T. II, p. 432. v. 13378.) 

et, quelques vers plus haut : 

Comment la Royne de Cartage (t. II, p. 431). 
Dido 

Simple coïncidence également ce vers de la Ballade contre les 
medisans de la France : 

Rencontré soit de bestes feu gectans 
Que Jason vit, querant la toison d'or, 

qui rappelle ce passage du Roman de la Rose : 

Jason qui premiers la passa (ta mer) 
Pour la toison d'or aller querre. 

(T. II, p. 245, v. 9942-9943.) 

Villon dans VEpitaphe en forme de ballade, fait dans Y Envoi 
la prière suivante : 

Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie, 
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie... 

1. Dido, royne de Cartage 

lit-on également dans Le Champion des Damée de Martin Le Franc (Bibl. nat., 
fr. 12,467, fol. 63 d). — «Noble Dido » (Poésies attribuées à Villon, p. 164, 
t. 7t). < La noble royne Dido » Boccace, traduction de Laurent de Premierfait (Bibl. 
nat., fr. 127, fol. 103 c). 



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214 



L0UI8 THUASNE. 



Jean de Meun fait une prière semblable dans son Testament : 

Diex, si voir com tu es vérité, vie et voie, 
Défient moy du deable qui forment me desvoie... 

(T. IV, p. 111, v. 2080.) 

Mais il n'y a là que des similitudes fortuites qu'explique la parité 
du sujet, et dont il est inutile de citer d'autres exemples. 

Villon — dans la Ballade intitulée : Les ContredUz de Franc- 
Gontier, tout en ayant à cœur de réfuter la ballade idyllique de 
Philippe de Vitry, se rappelait vraisemblablement aussi le passage 
du Roman de la Rose où la vie de l'âge d'or est célébrée avec une 
ampleur et une abondance de détails qui ne sont pas sans charme 
et sans mérite, bien que tombant souvent dans la prolixité. Villon 
s'est contenté de prendre quelques traits à cette dissertation en 
forme, comme semble l'établir la comparaison des deux morceaux : 

Sur mol duvet assis, ung gras chanoine, 
Lez ung brasier, en chambre bien natée, 
A son costé gisant dame Sidoine, 
Blanche, tendre, polie et attintée : 
Boire ypocras, à jour et à.nuytee, 
Rire, jouer, mignonner et baisier, 
Et nu à nu, pour mieulx des corps s'aisier, 
Les vy tous deux, par un trou de mortaise : 
Lors je congneuz que, pour dueil appaisier, 
11 n'est trésor que de vivre à son aise. 

S*î Franc-Gontier et sa compaigne Helaine 
Eussent ceste doulce vie hantée, 
D'ongnons, civoz, qui causent fort alaine, 
N'acoutassent une bise tostée. 
Tout leur mathon, ne toute leur potée, 
Ne prise ung ail, je le dis sans noysicr. 
S'ilz se vantent coucher soulz le rosier, 
Lequel vault mieulx : lict costoyé de chaise? 
Qu'en dictes vous ? Faut il à ce musier ? 
Il n'est trésor que de vivre à son aise. 

De gros pain bis vivent, d'orge, d'avoine, 
Et boivent eau, tout au long de Tannée. 
Tous les oyseaulx d'ici en Babiloine, 
A tel escot une seule journée, 
Ne me tiendraient, non une matinée. 



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FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



313 



Or s'esbate, de par Dieu, Franc-Gontier, 
Helaine o luy, soulz le bel esglantier; 
Se bien leur est, n'ay cause qu'il me pùise v 
Mais, quoy que soit du laboureur mestier, 
Il n'est trésor que de vivre à son aise..... 



Voici le passage de J.ean de Meun : 



Jadis au tens des premiers pères 

Et de nos premeraines mères, 

Si cum la letre.le tesmoigue, 

Par qui nous savons la besoigne, 

Furent amors loiaux et Unes, 

Sans convoitise et sans rapines ; 

Li siècles ert moult précieux, 

N'estoit pas si délicieus 

Ne de robes, ne de viandes ; 

Il coilloient ès bois les glandes 

Por pain, por char et por poissons, 

Et cherchoient par ces boissons, 

Par vaus, par plains et par montAingaes, 

Pommes, poires, noiz et chastaingnes, 

Boutons et mores et pruneles, 

Framboises, freses et ceneles, 

Fèves et poiz, et tex chosetes, 

Cum fruis, racines et herbetes ; 

Et des espis des blés frotoient, 

Et des roisins ès chaos grapoient, 

Sans mètre en pressouer, n'en esnes. 

Li miel decoroient des chesnes, 

Dont habundammeot se vivoient, 

Et de l iave simple bevoient. 

Sans querre piment ne claré, 

N'onques ne burent vin paré, 

N'iert point la terre lors arée, 

Mes si cum Diex l'avoit parée 

Par soi meïsmes aportoit 

Ce dont chascuns se confortoit. 

Ne queroient saumons, ne luz, 

Et vestoient les cuirs veluz, 

Et faisoient robes de laines, 

Sans teindre en herbes ne en graines, 

Si cum el venoient des bestes. 




LOUIS THUASNE. 



Co vertes ierent de gènes tes, 

De foillies et de ramiaus 

Lor bordetes et lor hamiaus, 

Et fesoient en terre fosses, 

Es roches jet es liges grosses 

Des chesnes crués se rebotoient, 

Quant les tempestes redotoient. . . 

Et quant par nuit dormir voloient, 

En leu de coites aportoient 

En lor casiaus monceaus de gerbes, 

De foilles, ou de mousse,' ou d'erbes 

Et quant li airs iert apaisiés, 

Et li tens cler et aesiés, 

Et li vens mol et deli tables, 

Si cum en printens pardurables, 

Et cil oisel chascun matin 

S'estudient en lor latin 

A l'aube du jor saluer 

Qui tout leur fait le» cuers muer: 

Zephirus et Flora sa famé, 

Qui des Hors est déesse et dame, 

Cil dui font les ûoretes nestre, 

Flors ne congnoissent autre mestre : 

Car par tout le monde ensçmeut, 

Les vont cil et cele sèment, 

Et les forment et les colorent 

Des colors dont les flors honorent 

Puceles et valez proisiés, 

De biaus chapelez renvoisiés, 

Por l'amor des fins amoreus ; 

Car moult ont en grant amor eus, 

De floretes lor estendoient 

Les coustepointes qui rendoient 

Tel resplendor par ces herbaiges, 

Par ces prés et par ces ramaiges, 

Qu'il vous fust avis que la terre 

Vosist emprendre estrif et guerre 

Au ciel d'estre mielx estelée, 

Tant iert par ses flors révélée. 

Sor tex couches cum ge devise, 

Sans rapine et sans convoitise, 

S'entr'acoloient et baisoieut 

Cil cui ligeu cl'Amors plaisoient ; 



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FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



217 



Cil arbre vert par ces gaudines, 
Lor pa veillons et lor cortines, 
De lor rains sor eus estendoient 
Qui du soleil les deffendoient. 
Là demenoient lor haroles, • 
Lor geus et lor oiseuses foies 
Les simples gens asseûrés, 
De toutes cure» escurées. 
For de mener j olive tés 
Par loiaus amiabletés. 
N'encor n'a voit fet roi ne prince 
Meffais qui l'autrui toit et pince. 
Trestuit pareil estre soloient, 
Ne riens propre avoir ne voloient. 
Bien sa voient cele parole 
Qui n'est mençongiere ne foie : 
Q u'onques Amor et seignorie 
Ne s'entreflrent compaignie, 
Ne ne demorerent ensemble ; 
Cil qui meatrie, les dessemble. 



Une idée similaire et dans l'expression et dans la coupe du vers 
est à signaler dans la Belle Leçon de Villon aux enfans perdus, et 
dans le portrait de Y Amant ; le poète débute par ces vers : 



qui font songer aux suivants du Roman de la Rose : 



Ce chapeau était une guirlande ou couronne qu'on se mettait sur 
la tête, et particulièrement les voluptueux et les débauchés. 
Langlet Du Fresnoy cite ce passage du Roman de Lancelot. c Qu'il 
ne fut jour que Lancelot, ou hiver ou été, n'eût au matin un 
chapeau de fresches roses sur la tête, fors seulement au vendredi 
et aux vigilles des haultes fêtes, et tant que le kareme duroit. » Cf. 
sa note insérée, par l'éditeur du Roman de la Rose, t. II, p. 1 55, n. 1 . 

Phanie explique à son père Crésus le songe qu'il avait eu, et lui 
prédit qu'il sera pendu au gibet. Quelques vers rappellent, mais de 



(T. II, p. 194, v. 8394-8441.) 



Beaulx enfans, vous perdez la plus 
Belle rose de vo chappeau... 



Li ot s'amie fet chapel 

De roses, qui moult li sist bel... 

(T. 1, p. 35, v. 832-833.) 




LOUIS THUASNE. 



bien loin, l'admirable évocation que la même idée avait inspirée à 
Villon : 

Frères humai us qui après vous vivez... 
Vous nous voyez cj attachés ciuq, six 

v 

La pluye nous a buez et lavez, 

Et le soleil desechez et noircis 

. ......... ..^•....« 

Puis ça, puis là, comme le vent varie, 
• A son plaisir sans cesse oous charie... 

Mais il faut relire la pièce pour en sentir toute la poésie. Rien de 
tel dans Jean de Meun : 

Biau père, dit la danioisele, 

Ci a dolereuse novele : 

Votre orgueil ne vaut une coque, 

Sachiés que fortune se moque. 

Par ce songe poés entendre 

Qu'el vous vuet faire au gibet pendre ; 

Et quant serés pendus au vent, 

Sans couverture et sans auvent, 

Sus vous plovra, biaus sires rois, 

Et li biaus solaus de ses rais 

Vous essuera cors et face... 

Fortune au gibet vous atent, 

Et quant au gibet vous tendra 

La hart au col, el reprendra 

La bele corone dorée 

Dont vostre teste est coronée... 

(T. 2, p. 113, v. 6540-6550; 6557-6561.) 

Au premier huitain de La Ballade de rappel de Villon, dernière 
pièce du Codicille (qui rappelle Le Codicile de maistre Jehan de 
Meung), et où se lisent ces vers : 

Toute beste garde sa pel ; 

Qui la contraint, efforce ou lie, 

S'elle peult, elle se deslle. . . 

On pourrait y voir une réminiscence du Roman de la Rose. Amis 
expose que 

Qui de Xame vuet avoir grâce, 
Mete la tous jors en espace, 
Ja cum recluse ne le tlengne. 

(T. 2, p. 254, V. 9748-9750.) 



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FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



219 



Autrement, il se méprend singulièrement : 



C'est cil qui por aprivoisier, 
Bat son chat et puis le rapele 
Por le lier à sa cordele ; 
Mes so le chat s'en puet saillir, 
Bien puet cil au prendre faillir... 



Un autre passage dont Villon pouvait s'être souvenu est celui où 
La Vieille montre V « exemple du povoir nature ». 



Lî oisillons du vert boscage, 

Quant il est pris et mis en cage, 

Norris moult ententivement 

Leans délicieusement, 

Et chante, tant cum sera vis, 

De'cuer gai, ce vous est avis, 

Si désire il les bois ramés 

Qu'il a naturelment amés, 

Et vodroit sor les arbres estre, 

Ja si bien nel' saura l'en pestre : 

Tous jors i pense, et s'estudie 

A recouvrer sa franche vie f 

Sa viande à ses piez démarche, 

Por Tardor qui ses cuers li charche, 

Et vet par sa cage traçant, 

A grant angoisse pprchaçant 

Comment fenestre ou partuis truisse, 

Par quoi voler au bois s'en puisse... 



Dans la Ballade du concours de Blois que Villon composa 
durant son séjour àla cour de Charles d'Orléans (1457), et où il sut, 
dans ce tour de force puéril — il s'agissait d'écrire dans le même 
vers une proposition contradictoire, — émettre des idées person- 
nelles, et terminer par une requête qui ne fut d'ailleurs pas écoutée, 
il réussit à faire œuvre de poète *. Ce genre de poésie avait été fort 
goûté au douzième et au treizième siècle, et Jean de Meun en 
avait donné un exemple curieux dans son Roman de la Rose. Vil- 



1. Cette ballade se trouve dans le manuscrit des poésies de Charles, duc d'Orléans, 
père de Louis XII, et d'autres poètes du temps. Bibl. nat., fr. 1104, fol. 30 a. 



(T. 2, p. 254, V. 9769-9774.) 



(T. 3, p. 6, v. 14144-14161.) 




220 



LOUIS THUASNE. 



Ion dut se le rappeler, lorsqu'il fut invité par le duc à faire une 
ballade conçue dans ce genre conventionnel. Il suffira de citer le 
premier dizain et de donner un échantillon de Jean de Meun. 



Ballade du concours de Blois. 

Je meurs de sauf au près de la fontaine, 
Chault comme feu, et tremble dent a dent ; 
En mon pais suis en terre loingtaine ; 
Lez un brasier frissonne tout ardent ; 
Nu comme ung ver, vestu en président ; 
Je ris en pleurs, et attens sans espoir ; 
Confort reprens en triste desespoir ; 
Je m'esjouys et n'ay plaisir aucun ; 
Puissant je suis sans force et sans povoir; 
Bien recueilly, débouté de chascun 



Si ingrate que fût la besogne à laquelle il se voyait astreint, le 
poète s'y révèle encore puissant, et sait nous intéresser. Le passage 
suivant que Jean de Meun met dans la bouche de Raison tout 
hérissé de pointes et de jeux de mots ridicules, fait ressortir davan- 
tage la supériorité de Villon. 



Amors ce est paix haineuse, 
A mors est haine amoreuse; 
C'est loiautés la desloiaus, 
C'est la desloiauté loiaux ; 
C'est paor toute asseurée, 
Espérance désespérée ; 
C'est raison toute forcenable, 

C'est forcenerie resnable 

C'est langor toute santeive, 
C'est santé toute maladive ; 
C'est fain saoule en habondance, 
C'est convoiteuse sofflsance; 
C'est la soif qui tous jors est ivre, 

Yvresce qui de soif s'enyvre 

C'est ris plains de plors et de termes 



(T. 2, p. 13, v. 4306 et sqq.) 




FRANÇ0I8 VILLON ET JEAN DE MEUN. 221 

Ce dernier vers rappelle — de loin — celui de Villon 
Je ris en pleurs 1 

qui exprime si excellemment le caractère de sa poésie. 



1. Depuis Homère, cette pensée a souvent été exprimée dans les autres littératures 
suivant leur génie propre. Dans les derniers vers de son célèbre sonnet : 

0 voi che per la via d'Amor passate 
(qui, à la vérité, est une ballade) Dante écrit : 

Sicché, volendo far come coloro 

Che per vergogna celan lor maneansa 

Di fuor mostro allegranza, 

E dentro dallo cor mi struggo e ploro. 

La Vita nuova (Florence, 1857, in-8°, édition de Pietro Fratricelli) Opère minori, 
t. II, p. 63. (Quant aux quatre premiers vers de cette pièce, ils ne sont pas, comme 
serait tenté de le croire Leclerc {Hist. litt. de la France, t. XXIV, p. 559), une 
réminiscence, soit de Rutebeuf, soit d'un des romans de Tristan, mais ils sont traduits 
directement — comme le dit Dante — du prophète Jérémie.) — Villon se rappelait 
peut-être ce vers d'Alain Chartier : 

Plourer ens et rire dehors ! 

Le Débat du Reveille matin (Œuvre d'Alain Chartier, édition donnée par 
Du Chesne (Paris, 1617, in-4©), p. 498) ; qu'on retrouve sous la forme d'un véritable 
aphorisme dans Shakespeare : 

And some that smile have in their hearts, I fear. 

Millions of mischiefs. {Juliuê Couar, Act. IV, Se. i.) 

Le vers de Villon a donné lieu à de méchantes imitations qu'on lit dans Le Jardin 
de Plaisance (Paris, Vérard, in-fM., fol., 5 d. — circa 1505) : 
Ma bouche rit et ma pensée pleure, 

Mon œil esjoje et mon cueur mauldit l'heure... (fol. 61 a). 
Et, dans uoe autre ballade : 

Je ris souvent en grant desiresse, 

Je faiz semblant d'estre joyeux ; 

Je m'esbat* sans avoir liesse. 

Je chante et mon cueur est piteux... (fol. 105 c). 

Vers de mirliton. — On connaît enfin ce trait de Musset (qui semble quelquefois 
s'être rappelé Villon) : 

C'est qu'on pleure en riant, 
(Namouna, sixtain xvi) ; et ces deux alexandrins du Fragment d'Octave : 

Ah ! s'il est vrai qu'un œil plein de joie et de flamme 
Cache des pleurs amers et des nuits de sanglots... 

(Al. de Musset, Œuvres complètes, Paris, Charpentier 1882, gr. in-8°, p. 39), etc. 
— On pourrait également signaler ce vers de Guillemette, dans Patelin 

Par ceste ame je rie et pleure 
Ensemble. 

Mais il n'est pas établi que la farce de Patelin soit antérieure à la publication du 
Grant Testament de Villon (cf. ci-dessus p. 206, n. 2). 



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2i2 



LOUIS THUASNE. 



Dans Le Dit de la naissance Marie d'Orléans avec l'épigraphe 
de Virgile : Jam nova progenies celo demittitur alto, Villon a 
imité, on peut l'assurer presque avec certitude, un curieux pas- 
sage du Roman de la Rose. 

O louée Conception 

Envoiée ça jus des cieulx. . . 1 

idée que Jean de Meun avait exprimée ainsi : 

... Es bucoliques Virgile 
Lisons ceste vois de Sébile, 
Du saint Esperit enseignie 
Ja nous ert novele lignie 
Du haut ciel ça jus envoiée... 

(T. 3, p. 221, ?. 19368-19372.) 

On sent que Villon, dans cette pièce plus que médiocre, est mal 
à Taise, et qu'il se bat les flancs pour célébrer la naissance de la 
jeune princesse. Rien d'étonnant qu'il ait cherché ailleurs ce qu'il 
sentait lui manquer en lui. 



1. Ce dit, de même que la Double Ballade sur le même sujet, figurent dans le 
manuscrit des poésies .de Charles, duc d'Orléans, Bibl. nat., fr. 1104, fol. 28 c et sqq. 
- Il ne paraît guère douteux que Villon, lors de son pasage à Blois, ait eu communi- 
cation du recueil où le duc Charles d'Orléans avait fait transcrire les compositions 
mises au concours parmi les poètes de son entourage (1456). Sans rien affirmer, toute- 
fois, voici deux rapprochements entre le texte de Villon et le ms. fr. 1104. Dans lt 
Ballade que Villon feist a la reçues te de sa mere pour prier Notre-Dame , le premier 
vers débute ainsi : 

Dame des cieulx, régente terrienne, 

Empcriere des infernaux palus... (G. T. v. 873-874). 

Dans le fr. 1104, [ballade 122J, le premier vers est : 

Royne des cieulx, et du monde maîtresse... (Fol. 32 o.) 

Dans la Ballade des Seigneurs du temps jadis, le vers 

Le gracieux duc de Bourbon. (G. T. v. 361.) 

rappelle celui de Charles d'Orléans: 

Mon gracieux cousin, duc de Bourbon. {Ballade 5/, fol. 34 6.) 

— L'expression de Villon relevée ci-des us, infernaux palus, se retrouve dans le 
Roman de la Rose 

La palu d'enfer... (T. II, p. 317, v. 10873.) 

et les deux mots palus et Tantalus, à la rime. (T. III, p. 225, v. 19480-1.) 
Mais ce ne sont là que de simples coïncidences relevées à titre de curiosité. 



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FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



223 



: Dans cëtte même pièce* Villon termine le huitième huitain par 
ces vers : 

Ad ce propos ung dit ramaine : 
De saige mere saige enfant, 

qui rappelle ce proverbe du Roman de la Rose : 

Tel la mere, tele la fille 1 (T. II, p. 238, v. 3375), 

où Ton retrouve ce distique latin que relève en note Langlet du 
Fresnoy : 

Vera quldem res est, patrem sequitur sua proies, 
Et sequitur leviter fllia matris iter. {Ibid. n. 1.) 

Dans Le Débat du Cuer et du Corps de Villon, en forme de 
Ballade, on remarque, au début, une expression charmante de 
vérité et d'observation. « Le Cuer » s'adressant au c Corps » lui dit : 

Force n'ay plus, substance ne liqueur, 
Quand je te voy retraict ainsi seulet, 
Gomme povre chien tappy en reculet. 

Guillaume de Lorris, voulant dépeindre Povreté. la représente 
qui 

Cum chien honteus en ung coignet 
Se cropoit et s'atapissoit. 

(T. I, p. 20, v. 53-54.) 

Le modèle était bon; l'imitation de Villon, semble-t-il, est 
meilleure encore. Villon, dans ce même Débat, — dans le quatrième 
dizain — expose ses idées sur la liberté humaine qui n'est pas 
contrariée par la prescience divine, cite sur cette même liberté une 
pensée qu'il attribue à Salomon, discute sur l'influence des 
planètes, et raisonne sur l'astrologie. Ce curieux passage est un 
souvenir de la confession de Nature dans le Roman de la Rose. 
Quelques rapprochements établiront le bien-fondé de cette apprécia- 
tion. 



4. Tele la mere fut, et teles 

Lee filles furent et seront... 

écrit, dans son Champion des Dames , Martin Le Franc qui connaissait fort bien le 

Roman de la Rose (Bibl. nat., fr. 12,476, Toi. 30™). On relève de nombreux proverbes 

dans ce dernier ouvrage (cf. 1. 1, Table des matières, p. 172); de même dans Villon, 

sans compter sa Ballade des Proverbes, dans laquelle, tout en sacrifiant au goût de son 

temps, il a su très heureusement condenser Pesprit populaire : 

Il n'est bon bec que de Paris, 

dit-U dans le refrain de la Ballade des femmes de Paris (G. T. v. 1522). 



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224 



LOUIS THUASNE. 



Voici d'abord le passage en question du dialogue du Cuer et du 
Corps de Villon : 

— D'out vient ce mal 

— Il vient de mon maleur. 
Quant Saturne me feist mon farfadet, 
Ces mauix y meist, je le croy. 

— C'est foleur : 
Son seigneur es, et tu tiens son varlet. 
Voy que Salmon escript en son rolet : 
« Homme sage, se dit-il, a puissance 
Sur les planètes et sur leur inûuence >. » 

— Je n'en croy rien; tel qu'ilz m'ont fait seray. 

— Que dis tu ? 

— Dea. 

— Certes, c'est ma créance. 

Plus ne t'en dis. 

— Et je m'en passerai *. 



1. La pensée prêtée ici à Salomon par Villon est de Ptoléinée : € Vir bonus dominabitur 
astris. » Cf., à ce propos, une note de mon édition des Epistole et orationes Gaguini 
(t. II, p. 27, n. 12). — Villon met ce dicton dans la bouche de Salomon, non qu'il croie 
pour cela que Salomon en soit l'auteur, mais par opposition à Saturne cité dans le 
même dizain. En même temps, il semble oublier qu'il parle de Saturne, planeta 
malivolus et infortunatus au dire des astrologues [Pétri de Alliaco Tractatus de 
legibus et sectis contra supers titiosos astronomos % dans Gbrsox, Opera % Anvers, 
1706, in-fol., t. 1, col. 781), pour ne se rappeler que Saturne, le parodiste, qui dans les 
dialogues avec Salomon, donne la réplique à ce dernier. On sait la très grande 
popularité qu'eurent en Europe, au moyen âge jusqu'au milieu du xvi* siècle, les 
Dialogues de Salomon et de Marcoul ;ce dernier s'identifie avec Saturne). Dans ces 
dialogues, aux sages paroles de Salomon, Marcoul répood soit par des truismes, soit par 
des plaisanteries, soit par des obscénités. Cf. l'ouvrage de John M. Kemblb, Anglo-saxon 
Dialogues of Salomon and Saturnus (Londres, 1848, in-8% XIV» volume de VAelfric 
Society ; pour la branche allemande, Vogt, Die deustchen Dichtungen von Salomon 
und Markolf (Halle, 1880), in-8°; Alessandro Wessblofski, Neue Beitràge zur 
Geschichte der Salomonsage dans VArchîv filr slavische Philologie , VI, pp. 566 et 
sqq. — De même que Villon, Rabelais, en mettant dans la bouche de Spadassin cette 
phrase : ce Qui ne s'aventure, n'a cheval, ni mule, ce dit Salomon », et cette répartie 
dans celle d'Echephron : « Qui trop s'aventure perd cheval et mule, respondit Malcon » 
(1, 33), ne prétend pas citer une parole de Salomon; mais les dialogues de ce dernier 
avec Marcoul étant essentiellement populaires, il met — sûr d'être compris de son 
lecteur — les susdits proverbes sous le patronage « de ces deux types contradictoires de 
la sagesse des nations. » G. Paris, La litt. fr. au moyen dge, Paris, 1888, § 103; 
Kemble, Anglo-saxon Dialogues of Salomon and Saturnus, p. 81). 

2. Sur la lecture de ce Débat , cf. Romania, t. XXX (1901), p. 382. 



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FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



225 



De l'immense exposition de Nature qui constitue une espèce 
d'encyclopédie 1 , il suffira de citer ces extraits. 

L'homme, dit Nature, jouit de son libre arbitre, et il est la 
propre cause de sa « mesaise » : 



Il n'est hons, de ce ne dout mie, 
S'il ne set par astronomie 
Les estranges condicions, 
Les diverses posicions 
Des cors du ciel, et qu'il regart 
Sor quel climat il ont regart, 
Qui ce puisse devant savoir 
Par science ne par avoir. 
Et quant li cors a tel poissance 
Qu'il fait des ciex la destrempance, 
Et lor destorbe ainsinc lor euvre, 
Quant encontre eus ainsinc se queuvre, 
Et plus poissant, bien le recors, 
Est force d'ame que de cors : 
Car cele meut le cors et porte, 
S'el ne fust, il fust chose morte. 
Miex donc et plus legierement 
Par us de bon entendement 
Porroit eschiver Franc- Voloir, 
Quanqu'ele puet faire doloir, 
N'a garde que de riens se duelle, 
Por quoi consentir ne s'i vuelle. 
Et sache par cuer cette clause, 
Qu'il est de sa mesaise cause. 
Foraine tribulacion 
N'en puet fors estre occasion ; 
N'il n'a des destinées garde, 
Se sa nativité regarde, 
Et cognoist sa condicion, 
Que vaut tel predicaciou ? 
Il est sor toutes destinées 
Ja si ne seront destinées... 



1. G. Paris, la litt. fr. au moyen âge, § 114. 



(T. 3, p. 164, V. 17904-17927.) 



Revue des bibl., mai-juin 1906. 



«vi. — 16 




ÏÎ6 



LOUIS THUASNE. 



Mès les comètes plus n'aguetent, 
Ne plus espessement ne gietent 
Lor influances ne lor rois 



Sor povrçs hommes que sor rois, 



Ne sor rois que sor povres hommes : 

Ainçols ouvrent, certains en sommes, 

Où monde sor les régions, 

Selon les disposicions 

Des climats, des hommes, des bestes 

Qui sont as influances prestes 

Des planètes et des estoiles, 

Qui greignor pooir ont sor eles. 

Si portent les seneûances 

Des celestiaus influances 

Et les complexions esmeuvent, 

Si cum obeissans les treuvent *. . . 



Ne li princes ne sunt pas dignes 

Que li cors du ciel doingnent signes 

De lor mort plus que d'ung autre homme ; 

Car lor cors ne vault une pomme 

Oultre le cors d'ung charruier, 

Ou d'ung clerc, ou d'ung eculer. .. 

(T. III, p. 199, v. 18788-18793.) 



Dans la Ballade contre les mesdisam de la France, le poète, 
souhaitant les plus affreux supplices à 

Qui mal vouldroit au royaulme de France ! 

semble avoir eu comme une réminiscence d'un passage du Roman 
de la Rose où Nature énumère les châtiments réservés au pécheur 
à l'heure du Jugement dernier. 
Il suffira de donner la première strophe de la ballade : 



1 . Ce passage évoque les vers charmants de La Fontaine sur l'amour de la retraite , 

Quand pourront les neuf Sœurs, loin des cours et des villes.. . 

(Fables, XI. 4.) 



(T. III, p. 196, v. 18744-18759.) 



Rencontré soit de bestes feu gectaos, 
Que Jason vit, querant la toison d'or. 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



227 



Ou transmué d'homme en beste, sept ans, 

Ainsi que fut Nabugodonosor ; 

Ou perte il ait et guerre aussi villaine 

Que les Troyens pour la prinse d'Helelne ; - 

Ou avallé soit avec Tan talus 

Et Proserpine aux infernaulx pallus, 

Ou pis que Job en griesve souffrance» 

Tenant prison en la tour Dedalus, 

Qui mal vouldroit au royautme de France ! 



Ces vers ne sont pas sans évoquer le souvenir de ceux de Jean de 
Meun : 



Quel guerredon puet il atendre 

Fors la hart à li mener pendre 

Au delereus gibet d'enfer, 

Où sera pris et mis en ter, 

Rivés en aniaus pardurables, 

Devant li prince des deables ? 

Ou sera bouillis en chaudières, 

Ou rostis devant et derrières, 

Ou sus charbons ou sur greîlles, 

Ou tornoiés à grans chevilles 

Gomme Yxion à trenchans roës 

Que maufé tournent à leur poè's ; 

Ou morra de soif ès palus, 

Et de fain avec Tentalus 

Qui tous jors en Tiauë se baingne ; 

Mès combien que soif le destraingne, 

Jà n'aprochera de sa bouche 

LHauë qui au menton li touche... 

Ou rolera la mole à terre 

De la roche, et puis Tira querre, 

Et de rechief la rolera, 

Ne jamôs jor ne cessera 

Si cum tu fez, las Sisifus, 

Qui pour ce faire mis i fus ; 

Ou le tonnel sans fons ira 

Emplir, ne jà ne remplira, 

Si cum font les Belidiennes 

Por lor folies anciennes. 



(T. III, p. 225, v. 19467 et sqq.) 



Ici se termine cette étude comparative de l'œuvre de Villon avec 




228 



LOUIS THUASNE. 



le Roman de la Rose. L'influence de ce dernier ouvrage sur le 
poète parisien du xv° siècle est particulièrement appréciable, et 
plusieurs des rapprochements qui précèdent rétablissent, je crois, 
d'une façon certaine. Mais, comme on a pu le voir, la supériorité de 
Villon s y affirme toujours sans conteste, aussi bien dans la pensée 
que dans l'expression. Non seulement il a su discerner avec art les 
matériaux que lui offrait à profusion le Roman de la Rose, mais 
il en a fait un choix discret, et a presque toujours évité les défauts 
dont ce dernier abonde, énuméralions fastidieuses, chevilles irri- 
tantes, personnifications d'abstractions dissertant à perte de 
vue, etc. 

Villon avait lu et relu le Roman de la Rose, et en savait par cœur 
des passages entiers : de là, les réminiscences qu'on relève dans 
ses vers, et aussi les confusions qu'il fait quelquefois, car il citait 
certainement de mémoire. Ces souvenirs se mêlaient, comme à 
son insu, à sa conception créatrice ; et peut-être eût-il été bien 
surpris si on lui avait montré tels de ses vers qui présentent avec 
Le Roman de la Rose d'étroites analogies. Villon ne composait pas, 
en effet, comme Rabelais, par exemple, qui relevait soigneusement 
dans ses lectures des passages, des images, des traits qui l'avaient 
frappé et qu'il insérait ensuite dans la rédaction de son ouvrage 1 . 
Le Roman de la Rose avait été pour Villon, alors qu'il était écolier, 
comme son livre de chevet. Indépendamment des rapprochements 
relevés ici, on remarquera l'influence du poème du xm e siècle dans 
certaines tournures de phrases, dans la coupe de certains vers et 
dans l'emploi de certains mots 2 ; enfin, en lisant le célèbre roman, 

1. Cf. mon volume, Études sur Rabelais (Paris, 1904, in-S°), pp. 388 et sqq. 

2 Cf. ci-dessus, p. 217. — A signaler, par exemple, les terminaisons en é, pour ai, k 
la première personne du singulier du prétérit de l'indicatif, ainsi qu'on le voit dans 
le huitain cxxi du Grant Testament (v. 1306 1313). 



D'autres exemples se trouvent dans les œuvres de Villon (Lononon, p. xcvii, et note l r 



Item, et mes povres clergons, 
Auxquels mes liltres résigné, 
Bcaulx enfans et droiz comme jons 
Les voyant, m'en desaisiné, 
Cens recevoir leur assigné, 
Scur comme qui Paur<»it en paume, 
A ung certain jour consigné, 
Sur Postel de Gueuldiy Guillaume. 



Jean de Meun avait fait de même : 





FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



22& 



on verra que la plupart des personnages mythologiques et histo- 
riques qui s'y rencontrent se retrouvent également dans l'œuvre 
de Villon 1 . 

Aujourd'hui que Villon est redevenu, grâce aux études des 
Longnon*, des Paris 3 et des Schwob 4 , un poète d'actualité qui ne 
peut que grandir encore, et à bon droit ; car, ainsi que l'écri- 
vait naguère un éminent érudit : « Villon est, à l'heure actuelle, un 



et p. 218) ; néanmoins de nombreux éditeurs modernes, en dépit de Marot qui avait 
établi la bonne leçon, y ont à tort substitué la première personne du singulier du 
présent de l'indicatif. 

1. Tels les noms propres : Abailart et Heloïs (tome II, page 213) ; Absalon (III, 2) ; 
Alcipiadès (II, 220) ; Alixandre (III, 207) ; Aiistote (III, 101 ; 182) ; Artus de Bretagne 
(I, 48; II, 411), le roi de la Grande-Bretagne, si célèbre dans le roman de Lance lot ; 
« Artus, le duc de Bretaigne » de Villon (Q.T. v. 362), est l'illustre connétable de Rich- 
mon ; Cerberus (111, 248 ; 269) ; Charlemvgne (H, 173) ; David (IV, 92) ; Dedalus (II, 58) ; 
Didon (II, 432; dans Villon : Dido, Didon) ; Eolus (III, 175) ; Equo (1, 58) ; Hélène (II, 
435 ; 111, 4) ; Jason (IV, 245 ; 435) ; Jhesu Christ (III, 113 ; 115 ; 384) ; Juuo (III, 25) ; 
Lucrèce (II, 208) ; Macrobes (I, 2) ; Narcisus (I, 58-61 ; 63) ; Orpheus (III, 241) ; Paris 
(11,433) ; Phebus (II, 113) ; Roland (II, 173) ; Saturne (11. 72); Saturnus (II, 313; dans 
Villon : Saturne) ; Salomon (II, 187 ; 272) ; Tantalus (III, 211 ; 226; dans Villon : Tan- 
talus ; Tantalus se retrouve encore dans Rabelais, III, Prologue) ; Valerius (II, 209; 
241 ; dans Villon : Valere, de même dans la « translation de Valere le Grant » com- 
mencée par Simon de Hesdin et terminée par Nicolas de Gonnesse ; fr. 46, fol. 156 d. 
— Dans le cours de l'ouvrage, Valerius ; fr. 45 ; — à noter que le Valerius du Roman 
de la Rose n'est pas le même personnage que Valère Maxime, ainsi que Ta déjà remarqué 
M. Ernest Langlois {Les origines et les sources du Roman de la Rose), p. 140) ; 
Venus (II, 72; III, 109, 119; etc.); Virgile (II, 223; III, 109, 119, 303, etc.); Ycarus 
(II, 58} ; etc. ; comme noms de lieux : Constantinoble (III, 286), Villon, G. 7., 
v. 393. 

2. Étude biographique sur François Villon d'après les documents inédits conservés 
aux Archives nationales (Paris, 1877, in-8°) ; Œuvres complètes de François Villon 
(Paris, 1892, in-8«) ; Romania, t. XXX (1901), p. 352, n. 1. (Diverses notes commu- 
niquées à Gaston Paris, dont celle relative à « Haremburgis ».) 

• 3. Romania, t. XVI (1887) ; Une question biographique sur Villon, pp. 573*579 ; 
François Villon (Paris, 1901, in- 12), de la Collection des Grands écrivains français, 
éditée par la maison Hachette ; Romania, t. XXX (19*)1), pp. 352-392 ; les deux der- 
nières (390-392) relatives à une communication de Marcel Schwob. 
. 4. Le Jargon des Coquiltards en 4455 dans les Mémoires de la Société de linguis- 
tique de Paris, t. VII (1890-1891), pp. 168-183, 296-320 ; François Villon dans la 
Revue des Deux Mondes (15 juillet 1892) ; Comptes rendus de l'Académie des Inscrip- 
tions et Belles-Lettres, t. XVI (1898), pp. 721-722; t. XVII (1899), pp. 125- 
126; Le Petit et le. Grand Testament de François Villon, Reproduction fac-similé 
du ms. de Stockholm, avec une introduction de Marcel Schwob (Paris, 1905, Honoré 
Champion). 



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230 



LOUIS THUASNE. 



poète d'avenir » \ j'ai pensé qu'il y avait peut-être quelque intérêt 
à coordonner les notes qu'on vient de lire, et à les publier. 



Dans les huitains XVII-XX du Orant Testament, Villon raconte 
l'histoire d' « Alixandre * et du pirate « Diomedès »*. Feu Gaston 
Paris avait fait à ce sujet quelques recherches qu'il se proposait de 
publier, quand la mort Ta malheureusement empêché de donner 
suite à ce dessein *. Je me propose d'aborder ici, dans leur ordre 
chronologique, la série des textes où cette anecdote est rapportée, 
de les comparer entre eux, et d'en dégager la conclusion. 

La première mention que Ton connaisse de ce récit se trouve 
dans un fragment de la République de Cicéron, fragment rapporté 
par Nonius \ 

Vient ensuite la relation de Caecilius Balbus, rhéteur qui florissait 
à Rome au temps de Trajan. Dans cette rédaction, le nom du pirate 
« Dionides » y est donné pour la première fois 8 . 

Saint Augustin, dans sa Cité de Dieu, fait une rapide allusion au 
récit de Caecilius Balbus, sans donner, toutefois, le nom du pirate*. 

Jean de Salisbury, qui suit, insérait dans son Polycraticus, 
le récit de Caecilius Balbus, d'après un manuscrit aujourd'hui 
disparu 7 . 



1. Journal des Débats (samedi 23 septembre 1905), Le Renouveau de François 
Villon, article de M. Germain Lifèvrb-Poiitali8. 

2. Cf. ci-dessus, p. 12. 

3. Romania, t. XXX (1901), p. 385. 

4. Nonius, IV, 226; XIII, 6. Cf. Ciceronis opéra omnia (Paris, 1831, in-8»), t. V, 
pars I\ p. 303. 

5. Caecilii Balbi de nugis Philosophorum quae supersunt (Baie, 1856, in-4*, édi- 
tion Edouard Woelfflin), p. 5. 

6. De Civitate Dei, IV, 4. — Le texte en est donné plus loin, 

7. Le seul manuscrit connu qui ait conservé le texte de Cœcilius Balbus est celui dt 
Hambourg, publié par Woelfflin, et reproduit ci-après. 



Louis Thuasne. 



SUPPLÉMENT 



I. Les sources du « Diomedès » de Villon. 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



23* 



Au xiv e siècle, Jacques de Cessoles intercalait cette anecdote 
dans son Liber Scachorum qui fut traduit en français, à peu près 
à la même époque, par Jean de Vignay et par Jean Ferron. Bien 
que Jacques de Cessoles se soit contenté de démarquer le texte du 
Polycraticus, il n'en déclare pas moins tenir son récit de saint 
Augustin. Comme dans le Polycraticus, le nom du pirate est 
t Dyonides ». 

La traduction de Jean Ferron donne toujours, comme l'original 
de Jacques de Cessoles « Dyonides » ; au contraire, Jean de Vignay 
l'appelle, comme plus tard Villon, « Diomedès ». Toutefois, dans le 
texte latin de Jacques de Cessoles, de même que dans les deux 
traductions françaises, les idées contenues dans le huitain XIX ne 
se trouvent pas rendues, alors qu'elles le sont dans le texte latin 
du Polycraticus et dans la traduction française de ce dernier 
ouvrage faite au quatorzième siècle par Denis Foullechat. 

il résulte de ces différentes remarques que Villon a suivi soit le 
texte latin, soit la traduction française du Polycraticus, de même 
qu'il a connu la traduction française du traité de Jacques de Cessoles 
faite par Jean de Vignay. Mais, si Jacques de Cessoles avait déclaré 
— à tort — tenir son récit de saint Augustin, Villon lui aussi, sans 
plus de raison, croyait devoir attribuer le sien à t Valère le Grant ». 
Cette dernière méprise peut sans doute s'expliquer ainsi. La plupart 
des exemples cités par Jacques de Cessoles dans son Liber Sca- 
chorwn (ainsi que dans les traductions françaises) sont empruntés 
à Valère Maxime. Il est vraisemblable que Villon, qui écrivait 
de mémoire, aura par erreur attribué la paternité de ce récit à 
t Valere le Grant * parce que ce dernier nom, qui revient sans cesse 
sous la plume de Jacques de Cessoles, l'avait plus particulièrement 
frappé 1 . 

Pour l'intelligence des remarques qui précèdent, je donne suc- 
cessivement d'abord le texte de Villon, puis ceux de Cicéron, de 
saint Augustin, de Cœcilius Balbus, de Jean de Salisbury, la tra- 
duction française du Polycraticus, le texte latin de Jacques de Ces- 
soles, et les deux traductions françaises de ce passage. 

Il n'y aura plus ensuite qu'à tirer la conclusion qui se dégage de 
la comparaison de ces différents morceaux. 



1. Bibl. nat., fr. 578, fol. 77a ; 77d ; 8U ; 82a ; « Valerien racompte » ; — fol. 89a ; 
89d ; « Valerien le Grant », etc. 




232 



LOUIS THUASNE. 



Texte de Villon. 



G. T. XVII 



Ou temps qu'Àlixandre régna, 
Ung noms, nommé Diomedès, 
Devant lui on Kii amena, 
Engrillouné poulces et dès 
Gomme ung larron ; car il fut des 
Escumeurs que voions courir. 
Si fut mis — devant — ce cadès, 
Pour estre iugé a mourir. 



L'empereur si l'araisonna : 

« Pourquoi es tu larron de mer ? » 

L'autre, responce luy donna : 

« Pourquoi larron me faiz nommer ? 

Pour ce qu'on me voit escumer 

En une petiote fuste ? 

Se comme toy me peusse armer, 

Comme toy empereur je fusse. 



« Mais que veux tu ! De ma fortune, 
Contre qui ne puis bonnement, 
Qui si faulcement me fortune, 
Me vinet tout ce gouvernement. 
Excuse moy aucunement, 
Et saiche qu'en grant povreté 
— Ce mot dit on communément — 
Ne gist pas trop grant loyauté. » 



Quant l'empereur ot remiré 

De Diomedès tout le dit : 

c Ta fortune je te muray, 

Mauvaise en bonne ! » si luy dit. 

Ce flst il. Onc puis ne mesflt 

A personne, mais fut vray homme ; 

Valere, pour vray le nous dit, 

Qui fut nommé le Grant, à Romme. 



Texte de Cicéron. — « Nam quum quaereretur ex eo t quo sco- 



xvm 



XIX 



XX 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



233 



1ère impulsus mare haberet infestum uno myoparone : c Eodem, 
inquit, quo tu orbem terrae. » (Nonius IV, -226; XIII, 6). — Cicero 
De Republica lib. IIP. 

Texte de saint Augustin. — t Elegauter enim et veraciter 
Alexandro illi magno quidam comprehensus pirata respondit. 
Nam cum idem rex hominem interrogasset. quid ei videretur. ut 
mare haberet infestum ; ille, libéra contumacia c Quid tibi, inquit, 
ut orbem terrarum : sed quia id ego exiguo navigio facio, latro vo- 
cor, quia tu magna classe imperator. » De Civitate Dei, IV, 4 
(Migne, Patrologia latina, Sancti Âuçustini Opéra, t. VII, 
col. 115)*. 



Texte de Cœcilius Balbus. — 
(Codex Hamburgensis. — La- 
trocinium. (Lecilius Bàlbus1.3, 
DeNugisPhilosophorum. <t Cum 
pirata deprehensus ad Alexan- 
drum ductus ab ipso interroga- 
retur, propter quod mare habe- 
ret infestum, respondit libéra 
contumacia, 8 propter quod lu 
orbem terrarum. Sed quia id uno 
facio navigio, latro vocor, tu 
quia facis magna classe, vocaris 
imperator. Si solus captus fue- 
rit Alexander latro erit; si ad 
nutum Dionidis familiarentur 
populi, erit Dionides imperator. 
Vocabatur enim pirata Dionides. 
Nam quoniam ad causam non 
differunt nisi quia deterior est, 
qui rapit improbrius, qui justi- 



Texte de Jean de Salisbury. 
— « Eidem [Alexandro] quoque 
eleganter et vere comprehensus 
pirata scribitur respondisse. Cum 
enim Alexander interrogaret, 
quid ei videretur quod mare 
haberet infestum, ille libéra con- 
tumacia : « Quid tibi, inquit, ut 
tu orbem terrarum ? Sed quia id 
ego uno navigio facio, latro vo- 
cor; quia tu magna classe, di- 
ceris imperator. Si solus, et cap- 
tus sit Alexander, latro erit. Si 
ad nutum Dionidi populi famu- 
lentur, erit Dionides imperator. 
Nam quoad causam non diffe- 
runt, nisi quia deterior est qui 
rapit improbrius, qui justiciam 
abjectius deserit, qui mauifes- 
tius impugnat leges. Quas enim 



1. Cf. ci-dessus, p. 230, n. 4 ; et Vincent de Vit, dans VOnomasticon qui fait suite 
au Lexicon totius latinitatis de Forcellini (t. VIII, p. 628), au mot Dionides. 

2. Le texte de saint Augustin est donné avant celui de Cœcilius Balbus pour per- 
mettre d'imprimer parallèlement le texte de ce dernier et celui de Jean de Salisbury.. 

3. « Continentia » dans le ms. de Hambourg reproduit par Woelfflin. 



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234 



LOUIS THUASNE. 



ciam abjecti[u]sdeseruit\ quam 
qui mauifeslius impugnat leges, 
quas ego tugio, tu persequeris, 
ego veneror, tu contempnis. Hoc 
mee fortunae iniquitas et fami- 
liaris rei angustia facit. Si for- 
tuna mea succresceret, fierem 
fortasse melior; ac tu, quo for- 
tunacior t nequior eris. Miratus 
Alexauder constanciam hominis 
eum merito arguentis c Expe- 
riar, inquit, si futurus sis me- 
lior, fortunamque mutabo ; non 
ei ammodo, quod delinquis, sed 
tuis moribus ascribetur; eum- 
que fecit ascribi milicie, ut pos- 
sit exin salvis legibus militare 
(Caecilii Balbi de nugis Philoso- 
phorurn quae stipersunt (Bâle, 
1855, in-4°), pp. 5-6). 



ego fugio, tu persequeris, ego 
utcunque veneror, tu contem- 
nis.Me fortunae iniquitas, et rei 
familiaris angustia, te fastus in- 
tolerabilis et inexplebilis avari- 
tia furem faciL Si fortuna man- 
suesceret, fierem forte melior. 
At tu, quo fortunatior, eo ne- 
quior eris. » Miratus Alexander 
constantiam hominis eum me- 
rito arguentis : & Experiar, in- 
quit, an futurus sis melior, for- 
tunamque mutabo, ut non ei a 
modo quod deliqueris, sed tuis 
moribus ascribatur. » Eum ita- 
quejussit conscribi militiae, ul 
posset exinde salvis legibus mi- 
litare. j> [Polycraticus. Lib. III, 
cap. XIV, dans Migne, Patrolo- 
gia latina, t. 199, col. 508)\ 



Traduction française de Denis Fouilechat. — « Très noblement 
aussi un pirate larron de mer li respondi quant il fu pris et amené 
devant li. Car Alixandre li demanda pour quoy il empeschoit le 
chemin de la mer en prenant et pillant les bons marchans de mer 
et troublant ainsi la mer. Et il, par constant hardiesce, respondi 
vivement : « Et pour quoy, dist il, troubles tu tout le monde ? Pour 
ce que je prens et pille à une petite nasselle l'en m'appelle larron. 
Et pour ce que tu prens et pilles à grans batailles et à grant route de 
gens d'armes tu esappellé empereour. Se l'en prent Alixandre tout 
seul, il sera larron. Et se Dyonides a tel pour que tout le peuple li 
obéisse à son plaisir, Dyonides si sera empereour. Car il n'en y a 
différence en rien fors que tant que celui est pire qui plus fausse- 
ment ravit et pille qui plus loing gette justice hors de soy, et qui 
plus clairement impugne et gerroie les lois. Certes tu persécutes et 
grieves les loys les quelles je sui et dobte. Et en aucune 



1. « Abjectis decuit » dans Woelfflin, mauvaise lecture, pour « abjectius deseruit t, 
du ms. suivi par Jean de Salisbury. 



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FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



235 



manière je les honneure et tu les despites. Fortune dure et 
fausse et povreté de biens temporelz m'a fait larron. Mais 
ourgueil importable et avarice qui onques ne te pot saouler 
t'a fait larron. Et se en aucune manière larron fortune s'adoucis- 
soit vers moy par aventure, je devendroie meilleur. «Mais de tant 
comme fortune est meilleur vers toy, de tant es tu fait pire. » 
Quant Alixandre ot oy ses paroles, il se merveillade la coustance 
de tel homme qui ainsy par raison l'arguoit à bon droit. Il li res- 
pondi. « Je esprouverai, distil, se tu en devendras meilleur. Car je 
remueray fortune a fiu que de Tore en avant se tu faus, il ne soit 
pas mis sus à fortune, mes à tes mauvaises meurs. » Et lors Ali- 
xandre le fist mettre ou nombre des chevaliers, à fin que il peust 
gouverner justement selon les loys. * Bibl. nat., fr. 24,287, fol. 956- 
95 c (ms. du xiv 6 s.). 

Texte latin de Jacques de Cessoles *. — Et ideo refert Augustinus 
de Civitate Dei quod erat quidam Dyonides nomine qui cum una 
galea mare validissime infestabat, capiens homines et expoliens 
eos. Cumque multis temporibus sic transeuntibus fuisset infestus, 
régi Alexandro de ipso nunciatumest. Quodquidem Alexander in tel- 
ligens, fecit parari diversas galeas ac Dyonidem insequi, cap- 
tumque sibi presentari mandavit. Cumque sic factum fuisset, iuter- 
rogavit Alexander Dyonidem dicens : « Quare te habet mare infes- 
tum? » Respondit Dyonides : c Propter et te orbis terrarum? Sed 
quia id facio uno solo navigio latro vocor. Quia tu vero hoc idem 
facis navium classe, diceris imperator. Sed si fortunamansuesceret, 
fierem quoque melior; ac contra quanto tu fortunatior tanto dete- 
rior es. » Alexander dixit : a Fortunam tibi mutabo, ut non asscri- 
batur fortune malicia tua sed meritis. Et sic factum est ut qui prius 
erat pirata et latro maris, fieret princeps et justicie mirabilis ama- 
tor. * (Bibli. nat., lat. 16,246, fol. 113a, revu sur le lat. 10,137 fol. 
102rf). 

Traduction de Jean Ferron. — c Pour ce racompte saint 
Augustin en un livre qu'il fist qui est intitulé de la cité de Dieu, 
qu'il estoit ung larron de mer à cui l'on ne povoit durer qui avoit 
nomDyonides, et tant faisoit de mal que les complaintes en vindrent 



1. Sur ce dernier et ses deux traducteurs, Jean Perron et Jean de Vignay, cf. l'His- 
toire littéraire de la France, t. XXV, p. 9 et sqq. 




236 



LOUIS THUASNE. 



à Alexandre : si le fist prendre et admener devant lui, et li demanda : 
« Pour quoy es tu si noiseux et cruel en mer? » Et il respondi : 
t Pour autant comme tu es au monde ; mais pour ce que le mal 
que je fais, je le fais en une galée ou en deux, pour ce m'appelle 
Ton larron ; mais pour ce que tu le fais à grans nefs et à grant 
povoir, pour ce t'appelle Ton empereur. Mais se fortune estoit pour 
moy, je devendroy preudomme et meilleur ; mais toy tant plus 
seras en bonne fortune, tant seras tu pire. > Alexandre lui dist : 
« Je te mueray ta fortune si que tu nedies plus que ce que tu feras 
soit par pouvreté, mais par ta mauvaitié. » Et le fist riche homme, 
et ce fut celui qui puis fut bon prince et bon justicier 1 . » [Le livre 
sur le jeu des Eschacs. Bibi. nat., fr. 578, fol. 74ô.) 

Traduction de Jean de Vignay. — t Et de ce dit saint Augustin 
une autorité ou livre de la Cité de Dieu. Il estoit ung homme qui 
estoit nommé Dyomedès qui couroit par la mer en une gallée, et 
prenoit et desroboit les gens. Et quant il eut esté long temps ro- 
beur en mer et roboit les gens qui passoient, tant que ces choses 
furent dictes à Alixandre, et il fit apareiller pluseurs gallées et 
commanda que Dyomedès sist fust enfui et prins et amené à luy. 
Et quant ce fut faict, Alixandre luy demanda et dist : o Pour quoy 
tourmentes tu ainsi la mer et robbes les bonnes gens ?» Et Dyo- 
medès luy respondit : « Pourquoy tourmentes tu toutes les terres 
du monde; et pource que je desrobbe la mer à une gallée je suys 
appellé larron, mais toy qui faictz ainssi à tes grandes compaignies, 
tu es appellé empereur. Et si amendoys ta vie et ta manière seroit 
faict meilleur, mais tu faiz au contraire. Car de tant que es plus 
en fortune; de tant es tu pire. » Et Alixandre luy respondit : « Je 
muiray ta fortune si que tu ne apropriras pas ta malice à fortune 
mes à tes dessertes. » Et ainssi fut il faict que celuy qui 
premièrement estoit robeur de mer fut faict prince etayma mer- 
veilleusement droiture 1 . » (Bibl. nat., fr. 24,435, fol. 16 r° et v°.) 



1. A la fia du ms. : « ExpUcit le livre des moral itez sur le jeu des eschacs translaté 
de latin en françois par frère Jehan Ferron de Tordre des frères prescheurs de Paris », 
fol. 101a. — La traduction de Jean Ferron porte la date du 4 mai 1347, à la fin de la 
dédicace. 

2. Jean de Vignay exécuta sa traduction entre 1318 et 1350. Paulin Paris accorderait 
la priorité à celui-ci sur Jean Ferron : « Les deux traducteurs, dit-il, ne se doivent rien 
l'un à l'autre ; leur travail diffère complètement. » Les manuscrits françois de la 
Bibliothèque du roi, t. V, p. 17. — On vient de voir Jacques de Cessoles et ses deux 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



237 



A l'examen de ces différents textes, on voit tout d'abord que le 
prototype utilisé ou reproduit par Csecilius Balbus avait été connu 
de saint Augustin et de Cicéron. Le « mare haberet infestum » 
figure également dans le fragment de Cicéron, dans le passage de 
saint Augustin et dans le Polycraticus. De même le « quo lu orbem 
terrae » du texte de Cicéron se retrouve, et plus exactement encore, 
dans la réponse du pirate, telle que la donnent Caecilius Balbus, 
saint Augustin et Jean de Salisbury. Villon a connu la traduction 
du Livre des Échecs faite par Jean de Vignay. Les formes « Dyo- 
medès », « Alixandre », qu'il a reproduites telles quelles, ne laissent 
pas de doute à cet égard. Quant à la forme fautive de « Dyo- 
medès » adoptée par Jean de Vignay, alors qu'il avait sous les yeux 
la leçon correcte « Dyonides » du texte latin de Jacques de Ces- 
soles, elle doit être attribuée moins à un lapsus imputable à la 
négligence qu'à la pensée qu'il croyait ainsi corriger l'original ! . 
En effet, le nom de « Dyonides » ne lui disait rien à l'esprit, tandis 
que celui de « Dyomedes 2 » qui avait été porté par nombre de 
personnages de la mythologie et de l'histoire et qui intervient fré- 
quemment dans les fables d'Hyginus, si célèbres au moyen âge, 
lui aura paru le seul correct 3 . D'ailleurs le copiste du manuscrit 



traducteurs attribuer à saint Augustin l'origine de leur récit qui, en réalité, est tiré du 
Polycraticus de Jean de Salisbury. Voici maintenant Raoul de Presles, dans sa tra- 
duction de la Cité de Dieu de saint Augustin, qui allègue ce dernier et Jean de Salis- 
bury, mais aussi Aulu-Gelle : « Et quant est de l'exemple du maistre des larrons qu'il 
dit (saint Augustin) que Alixandre flst prendre, Johannes Sableriensis en parle en son 
tiers livre ou .mi«. chappitre de Policraticon. Et ot nom Dyonides. Et racompte que 
après ces parolles eues entre Alixandre et li, ce Dyonides sot dire à Alixandre que se il 
avoit chevance par laquelle il se peust vivre sans rober, il verroit bien comment il se 
mueroit. Auquel Alixandre respondi que il l'essaieroit, et verroit se il pourroit muer 
sa fortune en mieux, et le retinst devers luy, et li bailla estai ; lequel se porta si bien 
de puis, que il fu un des bons chevaliers que il eust. Et de ceste response parle 
plainnement Gellius en son livre De noctibus Atticii. » Bibl. nat., fr. 6271, fol. 37 c. 
— Aulu-Gelle ne dit pas un mot de cet épisode que Raoul de Presles lui attribuait 
vraisemblablement de mémoire : or Pon sait à combien d'erreurs ce mode de citations 
est sujet. 

1. Même chose s'était produite au sujet d'« Alcipiadès ». Cf. ci-dessus, p. 21. 

2. Cf. VOnomasticon de Vincent de Vit à la mite du Lexicon de Forcellini, au mot 
Diombdes, t. VIII, p. 626. — Jean de Vignay, au début de sa traduction, parlant des 
inventeurs du jeu des eschecs, avait eu à citer « Dyomedes » : * ... Et pour certain il 
fu trouvé en Babilonne, et fu porté de Galdée en Grèce si comme Dyomedes le raconte 
en ces diz anciens. » Fr. 24,435, fol. 8 V °. 

3. Hyqimi Fabulae (Leipzig, [1857], in-8°, éd. Bernard Bunte), à Vlndex. 




238 



LOUIS THUASNE. 



latin avait eu un semblable scrupule. Si Ton ouvre le ms. latin 
10,137 de la Bibliothèque nationale, on voit qu'il avait d'abord écrit 
Dyomedes; il a ensuite barré IV après l'm, et mis un point sur le 
troisième jambage de Tm, ce qui fait Dyonides. En manchette, il 
a écrit De DyonUte, et employé la même forme dans les trois autres 
endroits où le pirate est nommé par son nom 1 . 

D'autre part, les idées développées dans leXIX e huitain du Grani 
Testament de Villon n'ont pas leur analogue dans le texte de 
Jacques de Cessoles, mais existent suffisamment explicites dans le 
passage du Polycraticus : « Me fortunae iniquitas et rei familiaris 
angustia, te fastus intolerabilis et inexplebilis avaritia furem facit ». 
Il en résulte que Villon avait lu ce texte latin ou la traduction 
française dont on retrouve le souvenir dans ses vers. 

On peut donc conclure que Villon a emprunté la matière de son 
récit à la traduction française de Jean de Vignay pour l'ensemble, 
et à Jean de Salisbury pour le huitain, auquel il vient d'être fait 
allusion. Mais de cette anecdote, qui était dans le domaine public, 
et qu'on retrouve dans des textes du temps 1 , Villon s'est si bien 
assimilé les traits, et a su les exprimer d'une touche si personnelle 
et si vivante, qu'on oublie ses devanciers pour se rappeler seulement 
ses vers. 

II. Notes sur la Ballade des Dames du temps jadis 



On a vu précédemment 5 quelles figures de femmes Villon, dans 
ses souvenirs, avait empruntées au Roman de la Rose t Archipiada, 
Echo, Helloïs *, et peut-être « la royne Blanche comme lis. > Je 
vais présenter ici quelques conjectures sur les autres « dames » de 
la célèbre ballade, en m'efforçant, autant que possible, de rester 
dans la pensée de Villon. 



1. Dans le lat. 10,137 allègue ci-dessus, le nom du pirale est toujours « Dyomedes ». 

2. Outre Raoul de Presles, cilé ci-dessus, on peut, mentionner encore Gerson, dans sa 
Proposition faite au Louvre en la présence du roy Charles VI* et plusieurs autres 
seigneurs de son sang (cest le célèbre sermon Viv il Hvx!). Bibl. nat., fr. 936, fol. 
152™ et v°. Dans ce ms., le nom du pirate est Dyomedes. 

3. Cf. ci-dessus p. 21. 



(!) Dictes moy où, n'en quel pays 
Est Flora, la belle Rommaine..? 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE M SUN. 



239 



(2) Semblablement où est la royne 1 
Qui commanda que Buridan 
Fust gecté en ung sac en Saine 



(3) Berte au grand pié, Bietris, Ailis, 
Haremburgis qui tint le Maine, 
Et Jehanne la bonne Lorraine... • 



(1) Flora la belle Rovwiaine. — Il s'agit soit de la courtisane 
Flora, mentionnée par Juvénal {Sat., 1 1,9), soit de l'autre courtisane 
Flora dont parle Lactance dans ses Divinarum inslitutionum 
lïbri VU (I, 20), eten l'honneur de laquelle furent institués à Rome 
les Jeux floraux. Au xv e siècle, ce nom de Flora était pris, 
semble-t-il, comme type de la courtisane. C'est ainsi que Gaguin, 
contemporain de Villon, dans une lettre à Ambroise de Cambrai, 
parle d'un importun « qui apud Floram et reliquas sue consuetu- 
dinis Vénères discubuit* ». 

(2) Semblablement où est la royne 



Villon se fait ici l'écho d'une tradition qui régnait de son temps 
dans le monde des étudiants et dans le populaire, comme nous 
l'apprend Jean le Munerat. Au quinzième siècle, les parisiens avaient 
l'habitude de se réunir le soir après souper pour boire « d'autant » 
et deviser ensemble 8 . Dans les réunions à la taverne, lorsque 
chacun avait rempli de vin son verre, c'était une coutume, dit-il, 
de porter la santé de la reine Blanche ou de la reine de Navarre : 
santé ironique, car on rappelait en môme temps ses méfaits. Celte 
plaisanterie offensante pour la mémoire d'une reine qui avait fondé 
le collège de Navarre avait profondément blessé dans ses sentiments 
de reconnaissance Jean le Munerat qui avait été étudiant du dit 



1. A rapprocher, pour le mouvement, ces vers de Marti a Le Franc : 

Mesmemenl où est la duchesse 
Du sang de Portugal semée... 

(fr. 12,47», fol. 150 6). 

2. Gamin, Epistolect orationes (Paris, I90i, in-8»), 1. 1, p. 230 et n. 2. — Sur 
Flora, cf. le Dictionnaire det antiquités grecques et romaines de Dareraberg et Saglio, 
t. II, pp. 1189-1190. 

3. Rabelais, Gargantua, I, 22. 



Qui commanda que Buridan 
Fust gecté en ung sac eu Saiue ? 




240 



LOUIS THUASNE. 



collège. Il avait composé, à cet effet, une réfutation qui parut à la 
fin du xv e siècle, à Paris, et dont la bibliothèque Mazariae possède 
aujourd'hui le seul exemplaire connu 1 . Dans cette défense, Jean le 
Munerat montre que la reine de Navarre, la fondatrice du collège 
du même nom, ne fut jamais appelée « Blanche » mais « Jeanne », 
qu'elle ne fut mariée qu'une fois, et qu'elle mourut avant son 
époux Philippe le Bel ; que par suite la qualification de « blanche » 
(veuve) ne pouvait lui convenir, et qu'enfin l'imputation faite à sa 
mémoire était aussi mensongère qu'outrageante, et ne résistait pas 
à l'examen des faits*. Robert Gaguin qui, avant lui, avait fait 
entendre la même protestation, explique dans son Compendium 
d'où pouvait vraisemblablement venir l'erreur*. Après avoir 
rapporté, d'après Les Grandes Chroniques de France, l'inconduite 
des femmes des fils de Philippe le Bel, il explique comment, selon 
lui, se forma la légende. 

Voici d'abord le passage des Grandes Chroniques, et puis après 
le texte de Gaguin. « En cest an [1314], vers Pontoise, (au lieu que 
l'en dit Maubuisson abbaïe de femmes, nonnains de l'ordre de 
Cistiaux, le jour d'un mardi en la sepmaine de Pasques), Margue- 



1. Restitutio famé illustrissimi principis prestanlissimeque domine, domine 
Johanne Francorum quondam Navarre regine, Philippi dicti Pulchri sponse 
invlite, regieque schole Francie vulgo Navarre Parisii fundatricis devotissime 
atque prudentissime. Colophoo : Finis felix Parisii. xxiij aprilis. mil. CCCC. 
IIIl xx XIX. post pascha. BibL Mazarine, Incunable 687. Cette réfutation est 
adressée à Jean Simon, évêque de Paris (29 octobre 1492 — 23 décembre 1502). Après 
la lettre de dédicace au prélat, Le Munerat commence ainsi sa démonstration : « Ad 
evidenter ostendendum illustrissime principis prestantissimeque domine, domine Johanne, 
Francorum et Navarre regine, Philippi quarti dicti Pulchri sponse charissime atque 
captissime, castimoniara vitamque per omnia seu conversationem honestam atque 
laudabilem atque laudatam, prêter hoc quod hec lestaotur vulgata cronica ; cum de 
ceteris que se improbe gesseruot errata non taceant ul patet per consequentia Trusta ex 
diversis cronicis excepta, ne perpeluo cum vulgo fortasse inconsideratione vel 
negligentia visendi cronica, vel atteodendi ad ea erret doctior clerus, pro dicto vulgo 
passim post sumptum merum acclamante : Bibamus regine Blanche vel Navarre, que 
fecit talia et talia... » 

2. La reine Jeanne de Navarre « qui tint, dit Mézerai, tout le monde enchaîné parles 
yeux, par les oreilles, par le cœur, également belle, éloquente et généreuse ». 
Hist. littéraire de la France, t. XXIV, p. 154. 

3. D'abord dans l'édition de ses Epistole (Bocard, 1498, in-4«); lettre à Pierre 
Deonville, u* 89, Gaguini E put oie et Orationes (Paris, 1904, in-8°), t. Il, pp. 68 et 
suiv. ; puis dans la quatrième édition de son Compendium super Francorum gestis 
(Paris, 13 janvier 1501, in-fol.), fol. 70v<>. 



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FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



241 



rite poyne de Navarre, fille du duc de Bourgoigne et femme de 
Loys roy de Navarre, fils Phelippe roy de France ; et Jehânne fille 
le conte de Bourgoigne, femme Phelippe le conte de Poitiers, fils 
du roy de France, et Blanche la seconde fille du devant dit conté 
de Bourgoigne, femme Charles conte de la Marche fils au roy de 
France, pour fornicacion et avoutire sur eux mis, et meïsmement 
ès deux, c'est assavoir : Marguerite roy ne de Navarre et Blanche 
femme Charles devant dit ; vraiement approuvées furent prises, et 
du commandement du roy qui lors estoità Maubuisson, en diverses 
prisons mises les deux (c'est assavoir : Marguerite et Blanche du 
tout en tout par essil et en Chartres perpétuels mises et encloses, 
au chastel de Gaillart en Normendie furent détenues et emprison- 
nées, et ilec à morir condampnées) : et l'autre dame, la contesse 
de Poitiers, qui fu au chastel de Dourdan emprisonnée, examinacion 
d'elle faite et expurgement, du tout en tout fu aprouvé que en celuy 
forfait ne fu pas coupable. Après ce, de prison fu délivrée, et en la 
compagnie le conte de Poitiers son mari fu de rechief rassemblée : 
et adecertes pour voir, Phelippe d'Aunoy amy bienveillant de la 
dite royne, et Gaultier d'Aulnoy son frère, ami de la dite Blanche, 
chevaliers, le jour d'un vendredi, en icelle sepmaine meïsme de 
Pasques, à Ponloise, du commandement du roy, furent escorchiés, 
et les vits et genitoires coupés ; et après ce incontinent, à un gibet 
de Pontoise pour eux nouvellement fait furent trainés, et en celuy 
gibet pendus et encroés : et pour certain, Tuissier de Ja dite royne, 
sachant et consentant de devant dil forfait, en ce jour à Pontoise 
au commun gibet des larrons fu pendu ; lequel cas fortunable les 
barons et le roy de France et ensement ses fils courrouça moult et 
troubla 1 , *> 

Gaguin, qui a suivi de très près cette relation, poursuit en ces 
termes: « Obhanc impudiciciam insignium mulierum natam fabu- 
lam reor.quae deJohannaPhilippi Pulchri uxore a reriun imperitis 
memorari solet. Eam videlicet aliquot scholasticorum coucubitu 
usam eosque, ne pateret scelus, protenus extinxisse et in Sequa- 
nam amnem de cubiculi sui fenestra abjecisse. Sed unnm tantum 
Johannem Buridanum eo periculo forte liberatum ; et propterea 
sophisma ab eo editum esse Reginam interflcere nolite timere 
bonum est. Fuit siquidem Buridanus Johanna posterior. Quippe 



1. Les grandes Chroniques de France (éd. P. Paris), t. V, p. 204. 

Rbvue ois bibl., mai-juin 1906 xiv. — 17 




2« 



LOUIS THUASNE, 



qui Philippo Valesio regnum modérante cum liberalium artium 
nominatissimus professor esset, multa et in rationabili et morali 
philosophia scripsit, dum Parisinae ecclesiae Fulco praesidebat, 
anno christianae resurrectionis. M. cccxlviii. Nec commeruit 
praeclara mulier hujusmodi vicio taxari, cujus liberalitatis atque 
misericordiae in pauperes testimonium exhibet Navarrae apud 
Parisios Collegium, ubi scholasticos incolere perpetuo instituit, 
designatis triplici ordine praeceptoribus, qui grammaticam, dyalec- 
ticenque adolescentes docerent, qui ilem philosophiam interpreta- 
rentur. Addidit et theologos, qui omnes anniversariis proventibus 
praediti, litterarum studio se perpetuo accommodarent. Hisque 
commune sacelium extruxit, praepositis ad rem divinam sacerdo- 
tibus. Itaque in eo tam grandi tamque spacioso collegio, tam multi 
continenter scholastici diversantur, quot ad constituendam uni- 
versalem scholam satis esse putari possit 1 ». 

L'explication de Gaguin, encore que sa démonstration sur cer- 
tains points prête à la critique 1 , est certainement la bonne. L'in- 
conduite des brus de Philippe le Bel avait été notoire, et Ton voit 
Les Grandes Chroniques de France, l'histoire officielle d'alors, ne 
pas faire difficulté de la relever. Nulle part le nom de Buridan ne 
figure dans ces chroniques, non plus que dans la célèbre compi- 
lation de Jean Mancel connue sous le nom de La mer des His- 
toires*. Avec le temps, les brus de Philippe le Bel, Marguerite, 
Jeanne et Blanche furent confondues dans la mémoire du peuple 
avec Jeanne, la femme du roi de France, et toutes furent englobées 
dans la môme réprobation. Ce n'est qu'au quinzième siècle, 
semble-t-il, que se forma cette légende, à laquelle Villon fait 
allusion, mais en se gardant bien de désigner autrement que par 
« la reine » la prétendue héroïne de ce roman. Rien ne prouve 
d'ailleurs qu'il ait ajouté foi à cette tradition, alors même que le 
ton général de sa ballade laisserait supposer le contraire. Dans 
une relation composée à Leipzig en 1470 par un certain Jean 
Jencz qui avait séjourné à Paris, celui-ci raconte les amours de 
Buridan et de la reine de France dite de Navarre sans la nommer 



1. Compendium (Paris, 1501, in- fol.), fol. 70 v°. 

2. Cf. Bayle, Dictionnaire historique et critique (Rotterdam, 1697, in- fol.), t. I, 
p. 699, n. A. 

3. Paris, 1488, in-fol. t. Il, fol. 211 *<>. _ Cette rédaction suit de très près le teite 
des Grandes Chroniques de France. 




FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



243 



par son nom f . La légende de Jeanne de Navarre et de Buridan ne 
supporte d'ailleurs pas l'examen. Celle-ci mourut en 1304 ; or 
Buridan, qui est déclaré sexagénaire en 1358 2 , aurait eu six ans à la 
mort de cette princesse. En outre, ce n'est qu'en 1308 que Philippe 
le Bel se rendit acquéreur de l'hôtel de Nesle 3 . Quant à la fameuse 
tour où se seraient passées les orgies rapportées par les romanciers, 
elle est encore dénommée dans le terrier de Saint-Germain-des- 
Prés de Tan 1485, t Tour Pelipe Hamelin. » Seul l'hôtel auquel 
elle était attenante s'appelait, dès 1313, Y Hôtel de Nesle k . Enfin, 
il est établi que la femme de Philippe le Bel n'a jamais habité cette 
demeure, mais qu'elle faisait sa résidence habituelle dans son 
hôtel de la rue Saint-André-des-Arts, près la porte de Buci 5 . 

La réfutation de Gaguin et de Jean le Munerat fut entendue par 
le public lettré 6 ; mais, dans le peuple, la légende persista. C'est 
ainsi que Brantôme, après avoir fait allusion aux scandales de 
la Tour de Nesle, écrit : c Je ne peux dire que cela soit vray ; 
mais le vulgaire, au moins la pluspartde Paris, l'afferme; et n'y 
a si commun, qu'en luy monstrant la tour seulement, et en 
l'interrogeant, que de luy-mesme ne le dye 7 . » Ét de fait, on voit 
encore Jean Second, dans son Itinerarium Oallicum et dans son 
Epigrammatwn Liber, rappeler en deux distiques imagés la 
légende qui lui avait été racontée. 



1. De Buridano et Noverra historia Johannis Jenez incipit féliciter i470. Cette 
relation a été publiée par Hermann Leyser dans le Zeitschrift fûr deutsches Alterthum, 
t. II (1842), pp. 362-370. 

2. Du Boulay déclare que Buridan vivait encore à Paris en 1358, non minor quant 
sexagenarius (Historia Universitatis Parisiensis^ t. IV, p. 997), ce qui reporte sa 
naissance à Tannée 1298 ; qu'on la recule de quelques années, il aurait eu environ dix 
ans à la mort de Jeanne de Navarre. 

3. Felibirw, Histoire de Paris (1725, in-fol.), t. I, p. 522. 

4. H. Gbraod, Paris sous Philippe le Bel, (Paris, 1837, in-1), p. 458. 

5. Histoire générale de Paris. Topographie historique. Bégion occidentale de 
l'Université, p. 42. 

6. Robert Goulet, Compendium recenter editum de multiplici Parisiensis Uni" 
versitatis magnificentia, dignitate et excellentia, ejus fundatione, mirificaque 
suorum suppositorum ac officiariorum nomine... (Paris, 1517, in-4)> fol. 15 v « ; 
Ravisius Textor, De memorabilibus mulieribus ... (Paris, 1521, in-fol.), fol. 
190 v°-191 v°. Dans l'éloge qu'il a écrit en l'honneur de la reine Jeanne, Textor de 
Ravisi ne fait pas la moindre allusion à l'histoire scandaleuse de la Tour de Nesle. 

7. Brantôme (édition Ludovic LaUnne, Paris, 1876, in-8), t. IX, p. 243. 




244 



LOUIS THUASNE. 



In arcem reginae Albae, Parisiis. 

Cernite flaventeis ubi volvit Sequana lympkas, 

Semirutam fertur quam coluisse prius 
Effera funestae regioa libidinis arcem ; 

Nunc ultore mali tempore sola jacet *. 

Actuellement, nous n'avons que l'estampe bien connue de Callot 
qui vienne commenter ces vers*. De nos jours, deux dramaturges 
ont représenté sur le théâtre de la Porte-Saint-Marlin les horrifîques 
histoires de la Tour de Nesle, dernier vestige d'une légende qui, 
attaquée peu après son début, a mis toutefois plus de trois cents 
ans à mourir*. 

(3) Berte au grant pié, Bictris, Allis, 

Haremburgi8 qui tint le Maine, 
Et Jehanne, la bonne Lorraine... 

Villon, après avoir évoqué dans le premier huitain de sa célèbre 
ballade de gracieuses figures de femmes appartenant à la mytho- 
logie et à l'antiquité, fail passer devant nos yeux, dans les deux 
huitains suivants, d'autres figures féminines non moins charmantes 
qui tiennent, les unes à la tradition historique, les autres à la 
légende ainsi qu'elles apparaissent dans les chansons de geste où la 



1. Joannis Sbcundi Opéra (Leyde, 1619, in-8), p. 140. Daus son Itinerarium 
G allie um (Leyde, 1618, in-8°), les deux distiques sont semblables, sauf le début du 
premier vers : 

Vidimus cl flavas ubi (p. 42). 

2. Édouard Meaume, Recherches sur la vie et les ouvrages de Jacques Callot 
(Paris, 1860, in-8), t. I, p. 339, n« 714. 

3. 1m Tour de Nesle drame en cinq actes et en neuf tableaux par MM. Gaillardet 
et *** (Alexandre Dumas, d'après Barbier), représentée pour la première fois, à 
Paris, sur le Théâtre de la Porte-Saint Martin, le 29 mai 1839. — Dans cette pièce 
célèbre, le pacifique Buridan est transformé en capitan. On connaît la phrase : Dix 
manans contre un gentilhomme, c'est cinq de trop ! (p. 5), et cette tirade qui transpor- 
tait alors la salle : « J'ai fait vingt ans la guerre aux Italiens, les plus mauvais coquins 
que je connaisse ; j'ai fait vingt ans l'amour aux Italiennes, les plus rusées ribaudes que 

je sache et je n'ai jamais refusé ni combat, ni rendez- vous, pourvu que l'homme 

eût droit de porter des éperons et une chaîne d'or pourvu que la femme fût jeune 

et jolie. » (p. 9). — Il est difficile de pousser plus loin le travestissement. — Sur Buri- 
dan, cf. ma notice dans les Roberti Gaguini epistole et oraliones (Paris, 1903, in-8°), 
t. II, p. 71, n. 2. 



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FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



245 



fantaisie est surtout dominante. Telle Berte aux grands pieds, la 
mère de Gharlemagne, 



Villon, comme je chercherai à l'établir ailleurs, était familiarisé 
sinon avec les vieilles chansons de geste, du moins avec les traduc- 
tions qui en avaient été faites en prose, au xiv° siècle, ou par la 
tradition orale. Ce serait même plutôt à cette dernière source qu'il 
avait puisé ses souvenirs, car, de son temps, les manuscrits 
étaient rares et chers et d'un accès difficile, et puis Ton sait, par 
l'aveu qu'il nous en a fait lui-même, qu'il n'élait pas grand clerc, 
et que les livres ne l'avaient jamais attiré beaucoup : 



écrit-il dans son Orant Testament 2 . Mais il connaissait les légendes 
qui couraient sur Berte, et les contes qui circulaient à l'ombre de 
son nom : Au temps que Berte filait. . . , et qui, jusqu'au xvn« siècle, 
en France, avaient fait la joie des petits enfants et bercé leur pre- 
mière jeunesse 3 . Villon ne connaissait peut-être pas le poème 
même d'Adenet le Roi, Li Roumans de Berthe aux grans piés k ; 
toutefois il savait qu'elle avait donné le jour au grand empereur, 
au « preux Gharlemaigne », qu'elle était belle et bonne, et que sa 
vie avait été traversée par de douloureuses aventures. Peut-être se 
rappelait-il la réponse d'Engerrans de Monteler à Pépin consultant 
ses barons pour lui indiquer une femme digne de l'épouser : 



1. Adenès li Rois, Li Roumans de Berte ans grans piés, édition d'Auguste Scheler 
(Bruxelles, 1874, in-8«), p. 127, v. 3470. 

2. Le Grant Testament, vers 36. 

3. De notre temps, « M. Simrock a choisi Berte la Fiteuse pour le sujet d'un de 
ses contes où il a voulu populariser nos anciennes épopées {Karolingisch.es Helden- 
buch, Francfort, 1855, in-8). » Léon Gautier, Les épopées françaises (Paris, 1867, 
in-8), t. Il, p. 9, note. 

4. Adenet le Roi est également l'auteur (les Enfances Ogier où figure Ogier le 
Danois allégué par Villon dans son Grant Testament (v. 1803). Mais c'est plutôt dans 
la mise en prose de la suite de cette geste que Villon a dû prendre son personnage. — 



Berte la blonde, l'esche vie 1 (v. 3470). 



Car de lire je suis fetart, 



Sire, je en sai une, par le cors saint Orner, 
Fille au roy de Hongrie, moult l'ai oï loer : 
Il n'a si bele feme deçà ne delà mer ; 
Berte la debonaire ainsi l'oï nommer. 



(P. 4, v. 105-109). 




246 



LOUIS THUASNE. 



Bietris, Alis appartiennent aussi aux chansons de geste, où 
leurs noms reviennent fréquemment. Par suite, il est impossible 
de dire quelles femmes le poète a eu en vue. Prompsault a donc 
commis une double erreur en voulant les identifier. Pourquoi, alors 
que tant de femmes, au moyen âge, répondent au nom de Biétris, 
Biétrix, Béatrice, veut-il que l'héroïne de Villon soit « Béatrix de 
Provence, mariée à Charles de France, fils de Louis VIII 1 »? 
Même critique à l'adresse d* Alis qu'il déclare, sans autre préambule, 
être « Alix de Champagne, mariée Tan 1160, à Louis le Jeune, roi 
de France, et morte en 1206*. » Qu'en sait-il ? A cette erreur de l'ail 
se joint une erreur bien plus grave d'appréciation, et qui ferait 
supposer qu'il n'a pas saisi le sens de ces évocations exquises qui 
passent devant nos yeux comme des ombres pleines de beauté, de 
grâce et de mystère. Aussi bien convient-il de s'abstenir de toute 
tentative d'identification. Je signalerai toutefois une chanson de 
geste du cycle lorraiu, Hervi de Metz*, qui offre cette curieuse 
particularité de contenir — tout au début — les trois évocations 
de Villon : 

Berte au grant pié, Bietris, Allis. 

Telle est, en deux mots, cette histoire : Pierre, duc de Lorraine 
avait une fille Aélis. Il consulte ses barons pour savoir à quel 
homme il devait la marier : 



Sur Berte aux grands pieds, cf. G. Paris, Histoire poétique de Chartemagne (Paris, 
i865, in-8»), pp. 223 et sqq. 

1. Œuvres de maistre François Villon (Paris, 1832, in-8), p. 128, n. — Cette 
dernière (Aélis de Champagne) figure dans une chanson de Conon de Béthune. Cf. M. 
A. Wallbnskold, Chansons de Conon de Béthune, trouvère de la fin du in« siècle 
... (Helsingfors, 1891, in-8), p. 223. Elle est reproduite dans la Chrestomathie du 
moyen âge publiée par G. Paris et E. Langlois (Paris, 1897, in-16), p. 281. Une 
Aélis, la belle-fille de Blanchefleur, est citée dans Aliscans t chanson de geste (Paris, 
1870, in-8) : 

C'est Aelis, la preus et la sénée. 
Une puce lie, plus est bele ke fée. 

(P. 85, v. 2812-Î813.) 

(Les anciens poètes de la France, publiés sous la direction de Guessard). — Une 
autre Aélis, comtesse de Chartres, et fille de Louis VII et d'Aliénor, est nommée dans 
la Rotrouenge de Richard Cœur de Lion (K. Bartsch, La langue et la littérature 
française depuis le ix« siècle jusqu'au xiv« siècle, Paris, 1887, in-8), p. 311, etc., etc. 

2. Pbompsault, p. 128. 

3. Bibl. nat., fr. 19,160. La bibliothèque de l'Arsenal possède également un ms. de 
ce roman, n° 181. 



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FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE M BON. 



247 



Consiiliez moi por Deu de mates te ! 
Vez ci ma fille qui tant a de Marné 1 ... 

Ijes barons engagent le duc à marier sa fille à son prévôt, 
homme très riche, qui paiera les dettes de son maître, devenu son 
beau-père : 

La votre fille Aiélis à vli cler 

A vos prevost la vos covient doner 

Por la grant de te dont i estes endetté. . . * 

Le mariage eut lieu ; et de cette union naquit un fils qui fut 
appelé Hervi. Celui-ci, à la *uite des. circonstances romanesques, 
épouse « la bele Biautrix », dont voici la généalogie : 

La damoisele, seignor, que ie vos di, 
Elle fu fille au riche roi de Tyr 
Qui dotfs roiaumes avoit à maintenir, 
Costantinoble cele mirable ci. 
Ses frères fut Flores, li rois gentis, 
Qui Honguerie avoit à maintenir ; 
icil fut pere Bertain o le cier vis 8 , 
Dont issit Karles li rois poesteïs... 

t Biétris » était donc la tante de « Berte au grant pié », et, par 
une coïncidence assez singulière, le nom des trois «dames » de Vil- 
lon se retrouve dans la geste d'Hervi de Metz. Je me garderai bien 
de conclure que c'est là que Villon est allé prendre ses héroïnes ; 
le fait méritait toutefois d'être signalé : 

Haremburgis qui tint le Maine, 
Et Jehanne, la bonne Lorraine... 



1. Fr. 19,160, fol. 1 c. 

2. Fr. 19,160, fol. 2 a. 

3. lbid. % fol. 6 a 6. — Bertain est le ras régime de Bette, cas sujet. — Flores 
(Fioires) fut le père de Berte, au beau visage, dont naquit Charles, le roi puissant. 
Dans la geste Renaud de Montauban (l'oncle d'Ogier le Danois), Cbarlemagne fait une 
déclaration analogue ': 

Jà fui fius Pépin, issi corn vos savés, 
Et Bertain la rolne qui tant ot la vis cler. 

(G. Paris, Hist. poétique de Charlemagne, Paris, 1865, in-8, p. 231). — Quanta 
Biautris, sa beauté était remarquable : 

hex que fut gente la bele à regarder 

De cors, de membres, de vis et de biauté, 

Sa pern'avoiten la creatienté. 

(Fr. 19, 160, fol. 7 b.) 



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248 



LOUIS THUA8NE. 



Ce n'est plus à des traditions orales que Villon a pris son 
« Haremburgis > mais au recueil des Oesta pontificum Cenotnan- 
nensium qu'un hasard, sans doute, avait mis sous ses yeux. Le 
mérite de cette identification revient à M. Auguste Longnon qui, le 
premier, a produit le texte des Qesta*. « Cujus consecrationi inter- 
fuit cornes Andegavi, scilicet Fulco Fulconis fiiius et venerabilis 
comilissa uxorejus Aremburgis, filia comitis Heliae quam paterno 
jure comitatus Genomanensis contingebat. » Joseph Grandet, dans 
son étude sur Eremburge, comtesse d? Anjou* t qu'il avait écrite 
d'après différentes sources réunies dans le tome XII de dom Bou- 
quet, mais plus spécialement sur les Oesta compris dans ce même 
volume, n'a pas eu l'idée de ce rapprochement. En outre, dans ce 
travail, l'auteur a le tort de n'appuyer d'aucune référence les faits 
qu'il allègue. 

Il cite uniquement, pour la date de la mort d'Eremburges, le 
Chronicon duplex monasterii SanctiAlbini A ndegavoisisyublié par 
Labbe dans le tome premier de sa Bibliotheca nova (1,277), comme 
s'il voulait dérouter le lecteur et lui dérober l'origine des sources 
qu'il a consultées ; car ce Chronicon est également publié, et plus 
correctement, dans le tome XII des Rerum Oallicarum et Fran- 
cicarum Scriptores de dom Bouquet'. Enfin Grandet, dans un 
détail que je n'ai rencontré nulle part, assure qu'Eremburges 
« avait de grandes qualités de corps et d'esprit 4 >. Or ces mérites, 
peut-être très réels, ne lui sont attribués dans aucune des chro- 
niques angevines que l'auteur a consultées. Il ne faut donc prendre 
cette phrase que comme une amplification de rhétorique. 

Villon termine son évocation par la grande et sublime figure de 
Jeanne 5 , 

Qu'Englois brûlèrent à Rouan ! 
Dans ce dernier trait où Villon atteste sa reconnaissance pour 



1. Romania, t. XXX (1901), p. 352, n. 1. 

2. Revue de l'Anjou et de Maine-et-Loire (Angers, 1855, IV* année), t.« I, 
pp. 369-372. 

3. Recueil des historiens des Gaules et de la France (Paris, 1685, in-fol.), t. Xll, 
p. 480 c. — Le passage topique sur Eremburges e6t à la page 551. Cf. également 
Y Index onomasticus, p. 223 (Arbmburois, Erbmborois). 

4. Revue de VAnjou % t. I, p. 369. 

5. Jeanoe était « grande et raoult belle ». Cf. Henri Wallon, Jeanne d'Arc (Paris 
1876, in-8), pp. 32 et 522. 



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FRANÇOIS VILLON ET JEAN DE MEUN. 



249 



« la bonne Lorraine *, en même temps qu'il affirme son patrio- 
tisme, on retrouve le poète qui, aux plus mauvaises heures de sa 
vie, avait toujours conservé un cœur bien français. C'est le même 
qu'on verra, devant les trahisons qui marquèrent les derniers 
temps du règne de Charles VII et les débuts de celui de Louis XI, 
vouer aux plus affreux supplices l'être dégradé 

Qui mal vouldroit au royaulme de France ! 

Il termine enfin sa ballade par ce refrain, d'une si douce 
mélancolie : 

Mais où sont les neiges d'autan ? 

A tous ces titres, la Ballade des dames du temps jadis de 
Villon reste comme le joyau du poète. La forme en est à peu près 
parfaite 1 , et justifie l'estime particulière dont elle jouira toujours 
auprès des gens de goût. L. Tfc^a.^ ^ 



1 . Les deux premiers vers de Y Envoi sont plutôt faibles : 

Prince, n'enquercx de sepmainc 
Où elles sont, ne de cest an... 

Quant au vers 340 : 

Pour son amour ot cest easoyne, 

que Gaston Paris regardait comme un vers de remplissage [François Villon 
p. 108 et n. 1.), on a vu qu'il correspondait exactement à celui de Jean de Meun sur 
le même sujet : 

Dont moult ot travail et ennuis. 

(Cf. plus haut, p. 35). 



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BIBLIOGRAPHIE 



Impérial Library. Catalogue, Parti (vol. MI). — Calcutta, Office of 
the Superintendant, Government prinjing, India, 1904 ; 2 vol. 
gr. in-4°, 1643 pages. 

L'« Impérial library » de Calcutta vient de publier son catalogue. Cet 
établissement, ou le sait, est né de la fusion de plusieurs bibliothèques 
annexées aux divers services du'Gouvernement de l'Inde, et au premier rang 
desquelles il faut mentionner celle du Home Department dont les livres 
venaient de l'East India Collège, Fort William, et de la bibliothèque de PEast 
Indian Board à Londres. Elle s'est même enrichie, en 1U02, de la Bibliothèque 
publique de Calcutta, fondée en 1835, dans le but louable de mettre à la 
portée de tous une bibliothèque circulante de références. 

Comme il fallait s'y attendre, cet amas considérable de documents est 
d'inégale valeur et présente un aspect quelque peu hétérogène, d'ailleurs 
compensé par sa richesse et sa variété. Outre ses livres relatifs à l'Inde, 
Y Impérial Library offre encore à ses lecteurs des ouvrages généraux sur 
l'histoire, l'administration, la géographie, et un petit nombre de traités 
techniques ou scientifiques. 

Mais ce qui en constitue, à nos yeux, le principal intérêt, c'est la col- 
lection particulièrement étendue de livres ou brochures sur les sujets les 
plus divers, imprimés dans l'Inde, qui donne à son catalogue sa véritable 
portée bibliographique. Il tire encore une réelle utilité de ce fait qu'en tête 
des articles les noms propres indigènes, affectant d'ordinaire sous le dégui- 
sement anglais les formes les plus fantaisistes, y ont tous été orthographiés 
d'après le Hunterian System, c'est-à-dire d'après la transcription rationnelle 
admise par tous les Indianistes. 

La première partie, que nous avons seule reçue, comprend le catalogue 
par noms d'auteurs des livres imprimés en langues européennes et un 
supplément renfermant une liste de périodiques. Tout porte à croire que 
la seconde partie consacrée aux ouvrages en langues orientales, rangés par 
noms d'auteurs, avec index des sujets, et au catalogue de « Books that are 
no books » augmentera encore l'intérêt de cette publication très importante 
pour la bibliographie de l'Inde. Antoine Cabaton. 



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BIBLIOGRAPHIE. 



251 



Actes du Congrès international pour la reproduction des manus- 
crits, des monnaies et des sceaux, tenu à Liège, les 21, 22 et 
23 août 1905 (Bruxelles, Misch et Thron, éditeurs, 66-68, rue 
Royale, 1905, in-8°, xxvm-338 pages). — Prix : 10 fr. 

Cet intéressant volume, qui forme la tête d'une nouvelle collection inti- 
tulée : Publications de la Revue des Bibliothèques et Archives de Belgique, est 
déjà connu en partie de nos lecteurs, car nous avons donné en son temps 
la liste des rapports qui y sont insérés sous leur forme définitive et qui, 
par une précaution qui ne devrait jamais être omise en pareille occurrence, 
avaient été distribués aux adhérents avant l'ouverture du Congrès. 

Après une introduction non signée, mais qui est sans doute l'œuvre de 
M. Louis Stainier, le distingué directeur de la Revue des Bibliothèques et 
Archives, secrétaire du Congrès, nous trouvons d'abord la liste alphabétique 
des membres, puis les Rapports présentés au Congrès, et enfin le Compte 
rendu des séances. 

Les Rapports sont au nombre de seize, et nous croyons devoir en donner 
de nouveau les titres : 1. La législation portugaise sur la reproduction des 
manuscrits, par Xavier da CUNHA. — 2. Les procédés de reproduction des sceaux, 
par A. Gaillard. — 3. Organisation d'un bureau international d'échange des 
reproductions, par Charles Sur Y. — 4. Études sur les différents papiers à 
employer comme supports des photocollographies, photogravures et phototypogra- 
vures, par Maurice L'EIOBST. — 5. Les tentatives antérieures d'entente internationale 
pour la reproduction des manuscrits, par Paul BERGMANS. — 6. L'état actuel des 
publications de fac-similé de chartes et autres documents d'archives, par Maurice 
PROU. — 7. Étude des procédés techniques les meilleurs et les plus économiques à 
recommander pour la reproduction des manuscrits, des monnaies et des sceaux, 
par Louis Stainibr. — 8. Vulilitê des reproductions photographiques au point de 
vue des expéditions officielles de documents d'archives, par D. Van db Castbblb. 
— 9. Les procédés de reproduction des médailles et des monnaies, par Frédéric 
ALVIN. — Les manuscrits des Bibliothèques de Belgique à reproduire, par J. Van 
DBN Ghbyn. — 11. Description d'une méthode photographique permettant de 
reproduire des manuscrits et autres documents dans le but d'obtenir des positifs 
pour projections lumineuses et des agrandissements destinés à l'enseignement, par 
P. FRANCO TTB. — 12. L'organisation de systèmes pratiques de reproduction des 
manuscrits dans les grandes bibliothèques publiques, par Paul Van DBN Van. — 
13. L'état actuel des publications de fac-similé des manuscrits, par Alphonse 
BaTOT. — 14. La reconstitution photographique des documents mal conservés ou 
brûlés, par le D' R. H. Rbiss. — 15. The reproduction of manuscripts from the 
American point of vievo, by Charles Mills Gaylby. — 16. Liste des recueils de 
fac-similé de chartes, par René Poupardin et Maurice Prou. 

Nous ne pouvons examiner ici tous ces rapports, dont les indications 
pratiques ont été fort bien résumées dans la Liste générale et coordonnée des 




252 



BIBLIOGRAPHIE. 



vœux du Congrès, reproduite ici môme (tome XV, 1905, pp. 331-333). Mais nous 
• engageons vivement tous ceux qui s'intéressent a ces questions et qui 

n'ont pu se rendre à Liège, à lire et, en plus d'un cas, à méditer ces 
mémoires très importants par eux-mêmes et par l'expérience de leurs 
auteurs. La reproduction photographique — il faut le dire très haut, bien 
que ce soit plus clair que le jour — est le seul et d'ailleurs excellent moyen 
pratique d'étudier à distance et[surtout de comparer entre eux les manuscrits, 
les livres rares, les peintures, les gravures, les médailles et les sceaux. Sou- 
venirs, notes, descriptions sont sujets a trop d'erreurs pour que Ton puisse 
s'y fier : la photographie, au contraire, permet au travailleur de contrôler 
ses notes et au lecteur de contrôler le travail qu'il lit ou consulte. D'autre 
part, la photographie, en multipliant les exemplaires, assure la conserva- 
tion de monuments toujours exposés à une destruction lente ou soudaine. 
On doit féliciter le Congrès de Liège d'avoir mis en lumière, une bonne 
fois, ces vérités élémentaires, et Ton peut dire que, par son opportune 
intervention, il a donné à celte nouvelle et excellente industrie un dévelop- 
pement qui sans doute ne fera plus maintenant que grandir de jour en 
jour : on en a dès aujourd'hui des signes certains. Léon Dorbz. 



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CHRONIQUE DES BIBLIOTHEQUES 



ALLEMAGNE 



Périodiques. — On remarque dans le Zcntralblatt fur Bibliotheksxvesen du 
D r Paul Schwenke les articles suivants : 

N° de mal 1906 : Erail Jagobs, La collection de manuscrits de Joseph Qôrres 
(très Intéressante histoire de ces manuscrits, provenant presque tous du 
couvent de Himmerod dans l'Eifel ou de l'abbaye de Saint-Maximin de 
Trêves ; plusieurs ont été acquis par la Bibliothèque nationale de Paris ; 
tableau des mss., de leurs provenances, des n" qu'ils portaient dans les 
deux catalogues existants, et des dépôts où sont actuellement conservés la 
plupart d'entre eux) ; — M. Hippb, Hermann Margraf (article nécrologique 
sur l'ancien directeur de la Bibliothèque et des Archives de la ville de 
Breslau, décédé le 12 janvier dernier) ; — Hans Paalzow, V Institut tnfer- 
national de Bibliographie sociale (rectification, et réponse de M. Hans P.). — 
Compte rendu de l'ouvrage suivant : D r Gottfried Zbdlbr, Das Mainzer 
Catholicon (Mainz, Gutenberg-Gesellschaft, 1905, in-4*) [Paul Sghwbnkb]. — 
Note sur de récentes publications de bibliographie historique (nouv. éd. du 
manuel Dahlmann-Waitz, etc.) |M. Pbrlbachî. — Compte rendu de 
l'ouvrage suivant : Georg M a as, Jurisprudentia Germanise 1905 (Berlin, W. 
Moeser, 1906, in-8°) [WolfstiegI. — Note sur le testament d'Eduard Bobhmbr 
qui a légué, à la Bibliothèque de l'Université de Strasbourg ses livres 
théologiques, ceux de provençal moderne, sa collection sur Dante, sur les 
Universités, sur les duels, la chronologie et le calendrier ; à la Bibliothèque 
de l'Université de Heidelberg sa collection sur Pindare et sur le mouvement 
évangélique en Espagne et en Italie; à la Bibliothèque royale de Berlin, 
qui avait acquis en 1885 la collection rhéto-romane de Bœhmer, tous les 
imprimés et mss. rhéto-romans recueillis par lui depuis cette époque et 
que cette Bibliothèque se trouve ne pas posséder encore. — Nouvelle liste 
d'éditeurs (dont trois de Paris) qui ont usé de libéralité pour la constitution 
de la « Deutsche Musiksammlung » [Wilh. Altmann] ; etc. 

— M. Erich Pbtzbt, de Munich, a publié, daus le n» de mai 1906 des 




254 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



Siiddeutsche Monatshefte (p. 525-545), un article intitulé : Les projets de cen- 
tralisation des bibliothèques allemandes et les bibliothèques bavaroises, où il 
proteste avec une grande modération et, semble- 1— il, beaucoup de justesse, 
contre les exagérations des projets discutés au cours de ces derniers mois. 



Périodiques. — On remarque dans le Bulletin du Bibliophile les articles 
suivants : 

N« du 15 avril : Le prince d'Essling, Un bois vénitien inédit du xv» siècle 
(bois représentant saint Sébastien, gravé, selon le savant bibliographe, à 
Venise et vers 1490 ; probablement une de ces images de piété imprimées 
sur feuilles volantes pour être distribuées aux fidèles à l'offertoire de cer- 
taines messes, ou encore pour les membres de quelque confrérie ; le bois 
est encore en très bon état; facsimilé in-fol.); — Ernest Jovy, Quelques 
lettres inédites de la marquise du Châtelet et de la duchesse de Choiseul, 1745-1775 : 
lettres au P. Jacquier, tirées de la correspondance de ce religieux conservée 
à la Bibliothèque municipale de Vitry-le-François) ; — Jean Bonnbrot, 
Médaillons de reliure (sonnets). — Note sur la Table des Comptes rendus de 
V Académie des Inscriptions et Belles- Lettres de 1857 à 1900, dressée par M. G. 
Lbdos (Paris, Picard, 1906, in-8«); etc. 

N° du 15 mai : Lucien Pinvbrt, Sur Mérimée. A propos d'ouvrages récents ; 
—.Henri Clouzot, Antoine Jacquard et les graveurs poitevins au XVII* siècle ; 
— L.-G. PgLISSlBR, Lettres de divers écrivains français (suite: lettres de 
Voltaire au libraire Grammer, de Genève, s. d., à un correspondant ano- 
nyme, s. d., à l'abbé Audra, 30 août 1769; lettre de Buffon à Madame Allut, 
1778; lettre de Gondorcet au comte de Viri, s. d.; lettre de Morellet au 
comte d'Albaret, s. d.; lettres du marquis de Mirabeau, « Pami des hommes », 
à Du Chesne, 1776-1777 ; lettres de Mirabeau au baron de Multzem, à Dumo- 
lard, à Michaux, à Boucher, au libraire de La Garde (1770-1786). — Note 
nécrologique sur Louis-Gustave Vapbrbau, auteur du Dictionnaire universel 
des contemporains et beau-père de. M. Maurice Tourneux, décédé à Paris le 
17 avril dernier. — Note sur ^Inventaire des papiers manuscrits du cabinet 
de Robert de Cotte, premier architecte du roi (1656-1735), et de Jules-Robert 
de Cotte (1683-1767), conservés à la Bibliothèque nationale, par Pierre 
Marcel; etc. 

— Le Bibliographe moderne de M. Henri Stein contient les études et notes 
suivantes : 

N° de janvier-avril 1906 : Ch. Mortbt, La première édition de Virgile 
imprimée à Paris, 1470-1472, avec trois facsim. hors texte (édition imprimée 
avec les « caractères de la Sor bonne ») ; — Maurice Lbcomtb, Pierre- Camille 



FRANGE 




CHRONIQUE DBS BIBLIOTHÈQUES* 



255 



Le Moine et son fils, archivistes au xvi n« siècle (nombreuses et excellentes 
indications bibliographiques) ; — Henri db Curzon, Bibliographie Mosariine ; 
revue critique des ouvrages relatifs à Mozart et à ses œuvres (453 n"). — 
Association amicale professionnelle des Archivistes français. Troisième 
assemblée générale (21 avril 1906), compte rendu; — communications: 
Émile DUVBRNOY, Le recrutement des archivistes départementaux; — J.-A. 
Brutails, Traitement des fonds d'archives par le sulfure de carbone. — Associa- 
tion des Bibliothécaires français. Assemblée générale du 22 avril 1906; etc. 

— On remarque, dans le Bulletin de la Société historique du VI* arron- 
dissement de Paris (n° de juillet-décembre 1905), une étude de M. Numa 
Raplin intitulée : Publicistes et publications périodiques dans le VI* arrondis- 
sement en 4848. 

— A ^signaler, dans le Bulletin de la Société de VhUtoire de Paris et de Vile- 
de-France (33* année, 1906, 1" livraison), une note de M. Albert Babbau qui 
a pour titre : Addition à la notice sur les dessins de Jacques Cellier. 

— Nous recevons le n° 14 de la Bibliothèque- Revue, service d'offres, demandes et 
échanges d'occasions (Langres, 1906 ; adresser les offres, les demandes et les 
abonnements au directeur M. l'abbé Édouard Vincent, curé de Prangey, 
par Villegusien, Haute-Marne). 

Bibliothèque db l'Arsbnal. — Nous avons le plaisir d'annoncer à nos 
lecteurs que M. Henry Martin a été récemment uommé administrateur de 
la Bibliothèque de l'Arsenal. C'est là un très heureux choix et qui sera 
universellement approuvé. L'abondant Catalogue des manuscrits et la belle 
Histoire de ce dépôt dus à ce savant si consciencieux et si sûr le désignaient 
d'une manière toute particulière aux fonctions qui viennent de lui être con- 
fiées et où il pourra rendre au magnifique établissement de la rue de Sully 
les plus signalés services. Il faut espérer que le Ministère de l'instruction 
publique profitera de cette occasion unique pour entreprendre la publication 
du catalogue des précieux imprimés conservés à l'Arsenal et qui, faute 
d'inventaire imprimé, ne sont encore que très imparfaitement connus et 
utilisés. 

Reproductions db manuscrits. — A la liste des manuscrits de la 
Bibliothèque nationale déjà reproduits en format réduit par MM. Bbrthaud 
frères nous avons le plaisir d'ajouter les suivants : 

Miracles de Notre Dame. Tome I. Reproduction des 59 miniatures du ma- 
nuscrit français 9198. de la Bibliothèque nationale (Paris, imprimerie Berthaud 
frères, 31, rue deBellefond, s. d.). Dans une brève introduction, M. H. Omont 
retrace l'histoire de ce célèbre ms., qui contient la traduction française 
en prose, faite par Jean Miélot, chanoine de Saiut- Pierre de Lille, d'un 
recueil de Miracles de Notre-Dame. Terminé à La Haye le 10 avril 1456, ce 
ms., qui provient de la « librairie » du duc Philippe le Bon à Bruges, 
renferme 59 miniatures en grisaille ou en camaïeu. Celle du fol. 19 repré- 
sente Jean Miélot travaillant au milieu de ses livres, ou peut-être Méliton. 




256 CHRONIQUE »ES BIBLIOTHÊQUB8. 



A la suite de l'introduction sont imprimées les rubriques de la table de ce 
premier volume, qui peuvent servir de notices, parfois un peu trop succinctes, 
pour les planches de la reproduction. 

Miracles de Noire-Dame. Tome II. Reproduction des 73 miniatures du 
manuscrit français 9199 de la Bibliothèque nationale. C'est une suite donnée 
à l'ouvrage précédent et dont deux exemplaires existent : l'un est le ms. 
Douce 374 de la Bodléienne d'Oxford et l'autre est le ms. delà Bibliothèque 
nationale dont MM. Berthaud frères nous offrent aujourd'hui la reproduction. 
Tous deux ont fait partie de la bibliothèque des ducs de Bourgogne ; mais, 
comme Ta démontré M. Léopoid Delisle en 1885, le ms. de Paris est une 
copie, presque page pour page, du ms. d'Oxford. Le ms. d'Oxford a été 
publié en phototypie, avec une excellente introduction de M. Warner, 
dès' 1885, et il semblerait que cette publication eût dû rendre inutile la 
reproduction du ms. de Paris. Il n'en est rien ; car, de l'avis des connais- 
seurs, les grisailles de ce dernier sont d'un art très supérieur a celles du 
ms. conservé en Angleterre. Autre renseignement curieux : en tête de notre 
ms. figure une note qui semble prouver qu'il a servi de modèle à Jean 
Breughel, au xviu* siècle, pour l'exécution d'une suite de tableaux. 

Antiquités et Guerre des Juifs de Josèphe. Reproduction des 25 miniatures 
des manuscrits français 247 et nouv. acq. 21.013 de la Bibliothèque natio- 
nale. Douze peintures du premier et du plus célèbre de ces manuscrits, 
commencé pour le duc de Berry et resté inachevé, sont l'œuvre incontes- 
table de Jean Foucquet; elles n'avaient jamais été reproduites dans leur 
ensemble. Le second volume, récemment offert à la Bibliothèque nationale 
par S. M. le roi d'Angleterre, était resté tout à fait inconnu jusqu'à ces 
dernières années. La première peinture, bien que légèrement endommagée, 
est tout à fait digne des dix que contient le ms. 247; parmi les autres, plu- 
sieurs sont d'un moindre mérite artistique. 

Psautier illustré (xm e siècle). Reproduction des 107 miniatures du manus- 
crit latin 8846 de la Bibliothèque nationale. Les miniatures de ce merveil- 
leux volume, d'une admirable conservation, constituent deux séries. La 
première est due à un peintre anglais du milieu ou de la fin du xin e siècle. 
La seconde (fol. 72 v°, 73 v°, 80 v«», 81 v°, 86 v°, 93 v°, % v°, 98 v, 100, 1(11 v°, 
etc., jusqu'au fol. 156 v*) est l'œuvre d'un peintre anglais du milieu du 
xiv* siècle, qui avait étudié en Italie ou qui avait sous les yeux un modèle 
italien, peut-être bolonais ; en tous cas, ces peintures n'ont pu £tre exé- 
cutées qu'après l'apparition des ouvrages de Giotto, de Taddeo Gaddi, de 
Niccolô da Bologna, dont elles offrent des réminiscences et môme des imi- 
tations remarquables ; les belles initiales (personnages à mi-corps) dérivent 
directement de l'art bolonais, mais ici très fortement influencé par l'art 
toscan. A signaler, au fol. 117, registre Inférieur, troisième scène, 
une intéressante déposition de Croix, sujet assez rarement figuré au moyen 
âge, même en Italie. A partir du fol. 161, les peintures sont également 




CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



257 



sorties du pinceau d'un peintre anglais italianisant, mais elles sont infé- 
rieures à celles qui les précèdeut. 

Toutes ces publications sont accompagnées de notices de M. Henri Omont, 
notices auxquelles nous avons emprunté la plupart de nos renseignements. 



PéaiODiQUBS. — On remarque, dans la Rivista délit Biblioteche e degli 
Archivi du D r Guido Biagi, les articles suivants : 

Vol. XVII. n°* 2-4 (février-avril 1906) : Aifredo Munigghi, Una brève 
biografia inedita di Cosimo III dé* Medici (tirée des Miscellanea Medicea de 
TArchivio di Stato de Florence) ; — Umberto Dallari, Marchi cVantiche razse 
di cavalli (notice sommaire d'un ms. conservé à PArchivio di Stato de Reggio 
d'Emilie) ; — Gesare Lbvi, Saggio di bibliograjia degli Studi critici su Carlo 
Gozzi nel centenario délia morte ; — Curzio Mazzi, Del modo di comporre 
Vazzurro oltremarino ; trattarello difrate Domenico Baffo (d'après le ms. 1246 de 
la Riccardiana de Florence) ; — Giorgio Rossi, Appunti sulla composizione e 
pubblicazione del « Cicérone », da lettere inédite di G. C. Passeront; etc. 

— A signaler, dans la Bibliofilia de M. Léo S. Olschki, les articles suivants : 

N° de février-mars 1906 (anuo VII, dispensa 11-12) : C. Lozzi, Le fesle dei 
Comuni ilaliani e in ispecie del Santo patrono di Ascoli e del tremuôto, avec 
8 facsim., dont l'un est la reproduction d'une page de l'édition gothique 
des Statuti délia città di Ascoli, 1496, d'après l'exemplaire de M. J. Rosenthal, 
de Munich ; — E. Vajna db Pava, Di un codice délia collesione del comm. Léo 
S. Olschki conlenente la Sfera del Dali e altre opère italiane dei secoli XIV e XV 
e di un codice Laurenziano conlenente la Sfera di Andalô di Negro, avec un 
facsim. et deux planches hors texte; — G. Boffito, Saggio di bibliografia 
aeronautica Ualiana. Cenni storici e ristampa d'un rarissimo trattatello dViero- 
nautica antica, avec une planche hors texte ; — Enrico Cblani, Dediche, 
poslille, dichiarazioni di propi'ietà ecc. nei libri a stampa délia R. Biblioteca 
Angelica di Roma (suite), avec deux facsim., dont l'un est une épigramme 
latine de la main de Fulvio Orsini ; — Note sur un acte autographe de 
Pinturicchio trouvé à Rome, daté du 13 mai 1510 et relatif à l'échafaudage 
construit pour l'exécution des fresques de S. Maria del Popolo ; — Lettre 
de M. Cesare db Lollis sur les menaces de fermeture de la Golombine de 
Séville; — Découverte d'une mention relative à Shakespeare dans les 
comptes de Francis, sixième comte de Rutland (31 mars 1613) ; etc. 

N° d'avril 1906 : G. Lbsca, Poslille foscoliane inédite a Cino da Pistoia, con 
tre facsimili di scrittura foscoliana (suite dans le n° de mai-juin avec un 
facsim.) ; — E. Vajna Db Pava, Di un codice délia collesione del comm. Léo S. 
Olschki conlenente la Sfera del Dati e altre opère italiane dei secoli XIV e XV e 
rsvur des bibl., mai-juin 1906. xvi. — 18 



ITALIE 




258 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



di un codice Lawensiano contenente la Sfera di An^alô di Negro (suite dans le 
n° de mai-juin, avec un Appendice : Il traltato délia Sfera di Andalô di 
Negro edito di sul cod. Laurenziano Pl. 29, n. 8 da G. Boffito) ; — G. Bof- 
FITO, Saggio di bibliografia aei*onautica italiana. Cenni slorici e ristampa d'un 
rarissimo tratlalello d'aeronautica antica (suite dans le n° de mai-juin, avec 
un Appendice : Del volo degli uomini conosciuto dagli antichi, dissertazione 
del Padre D. Angelo Maria Cortenovis Barnabita ristampata con note cri- 
tiche a cura di Eugenio Vajna Db Pava). — Notes sur des livres provenant 
de la bibliothèque de Marie Stuart; — sur la bibliothèque du Musée 
Britannique et ses catalogues. — Cataloghi notevoli (avec 10 facsim.). — 
Notes nécrologiques sur Anatole Claudin, Richard Garnbtt (mort le 
13 avril), Eduard Grisebach, Giuseppe Mazzatinti: etc. 

N° de mai-juin 1906 : Leonardo Olschki, Lorenzo Da Ponle libraio e bibliofllo 
(poète impérial, imprésario à Vienne et à Londres, librettiste de Mozart, 
etc.) ; — E. CBLANI, Dediche, poslille, dichiarazioni di proprietà ecc. nei libri a 
stampa délia R. Biblioteca Angelica di Roma (suite, avec un facsim. de i'ex- 
libris ms. de frà Paolo Sarpi). — Circulaire relative à la VII» Réunion géné- 
rale de la Società Bibliografica italiana à Milan. — Note sur le second volume 
des Antiquités des Juifs de Josèphe, avec miniatures de Jean Foucquet, offert 
à la Bibliothèque nationale de Paris par le roi d'Angleterre. — Don à la 
Bibliothèque nationale de Florence de l'exemplaire de la Vita e Poésie di 
Messer Cino da Pistoia de S. Ciampi (Pise, 1813) annoté par Ugo Foscolo et 
décrit dans les précédents n 08 de la Bibliofilia; etc. 



Périodiques. — On trouvera dans la Tjdschrift voor Boek- et Biblio- 
theekwezen d'Anvers-La Haye les articles suivants : 

N° de mars-avril : Prosper Vbrhbydbn, Volumes avec reliures estampées 
conservés au Musée Plantin-Moretus (suite; avec 4 facsim.) ; — T. J. de Bobr, 
Reproductions de manuscrits (avec le facsim., en blanc sur fond noir, d'une 
page d'un ms. néerlandais conservé à la Bibliothèque royale de La Haye); 
— R. van Marlb, Représentation des douze mois datant du XV e siècle (tirée des 
« Eygenschappen der dingen » de Barthélemi Glanville, Harlem, Jacob 
Bellaert, 1485; facsim.); — G. CaULLBT, Relieurs et libraires de Matines 
(d'après le travail de M. Prosper Vbrhbydbn, Boekbanden mit blinddruk. 
Mechelsche boekbinders. Boekhandelaars te Mechelen in de 46* eenw, Malines, 
1905, in-8*, paru d'abord dans le Bulletin du Cercle archéologique..,., de 
Malines, XV, 1905); — MM. KlbbrkOOPER, Le «t Spéculum exemplorum » 
au Musée Britannique, à Dublin et à Oxford ; — Pr. Verhbyden, Documents 
concernant des imprimeurs anversois (tirés des comptes de la ville d'Anvers, 



PATS-BAS 




CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



259 



1558-1581); — P. DB Sadblbbr, Une Prognostication française (TAdriaan van 
Vossenholen (Prediclio Astrologica de lan nostre Seigneur M.CCCC et LXIII, 
calculée sur le Meridian de la Fameuse et Ville marchande de Anvers..., datée 
du 8 juin 1462) ; etc. 

Catalogues. — Nous recevons de la librairie Martinus Nijhoff, à La Haye 
(Nobelstrat, 18) un très intéressant catalogue, à prix marqués, de Livret 
rares et curieux. Parmi les 888 ouvrages qui y sont décrits, il convient de 
signaler les suivants : les Mirabilia Romae de Francesco Albertini (Bâie, 
Thomas Wolff, 1519, in-4») ; — le De fuga Balbi de Fausto Andrelini (Paris, 
R. Gourmont, [1508], in-4°); — le De captivitate Ludovici Sphorcie du même 
(Paris, R. Gourmont, vers 1510, 10 ff. in-4») ; — une traduction espagnole du 
Confessionale de saint Antonin (Sé ville, J. Cromberger, 1537, in-4») ; — une 
relation allemande du sac de Rome de 1527 (n°81); — la traduction de la Bible 
en romanche de la Basse-Engadine (Scuol, J. Dorta a Vulpera, 1679, in-fol.); 
— la première édition de la traduction rhéto-romane des Psaumes (Bâie, 
J. Kilndig, 1562, petit in-8<>); — la lettre du roi Manoel de Portugal à 
Léon X (Rome, J. Mazochi, 1513, in-4°); — les Epitaphes du maréchal de 
Floranges (Paris, J. André et G. Corrozet, 8 janv. 1536 [1537], 4 ff. in-8, 
goth.) ; — YEutrope de Gilles de Gourmont (Paris, 1512, petit in-fol.); — le 
Hecatodistichon de F. Andrelini (Deventer, Th. de Borne, 1519, in-4°); — le 
Journal autographe du voyage de Jacques L'Hermite autour du monde, 
1623-1624, écrit par un de ses officiers ; — la relation du siège de Rhodes 
par Jacques de Bourbon (exemplaire de Rasse des Neux) ; — le recueil, 
presque introuvable, de fables et énigmes hébraïques imprimé à Venise en 
1550, avec gravures sur bois (Maschal Hakadmani hak Jbn Sahula) ; et de 
nombreux livres relatifs à l'histoire du Japon. 



Le Gérant : Honoré Champion. 



Imprimerie polyglotte Fb. Simon, Rennes. 




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Tome IV. — Le frère de Pétrarque, par Henry Cochin 



L'étude particulière de la vie de Gherardo, frère de Pétrarque, jette une lumière 
très vive, non seulement sur sa conversion, sur la grande cnse morale de sa vie, 
mais sur son existence tout entière. La conversion et rentière religion d'un frère 
unique et très aimé avaient touché son âme d'une façon profonde et définitive. Les 
relations avec ce frère, les visites qu'il lui fit à la Chartreuse de Montrieux, le 
spectacle et l'exemple de ses vertus ont exercé sur le développement de sa pensée 
et de sa vie une très grande action et l'ont porté, plus que toute chose à l'amour 
exclusif de la solitude et de la cootemplatioo. C'est l'histoire de ce frère du poète 
que nous raconte M. Cochin de façon toute neuve, documentée et agréable. Grâce 
à lui, une figure se dresse devant nos yeux, un peu pâle et effacée, mais vivante 
pourtant, celle d'un pénitent et d'un religieux du xiv« siècle. On pénètre dans un 
couvent du moyen âge, un de ceux où la vertu monastique s'était conservée par- 
faite. On y vit parmi des moines joyeux, constants et immaculés, tels que ceux 
dont l'Angelico nous a laissé la radieuse peinture. On discerne les conditions et les 
difficultés de leur vie temporelle, les alternatives de ferveur et d'hostilité qu'une 
religion monacale rencontrait auprès des puissants de ce monde, leurs luttes avec 
les seigneurs voisins, leurs préoccupations, leurs misères, les contre-coups qu'ils 
pouvaient ressentir des événements contemporains, guerres ou épidémies. On voit 
comment il les servit, comment il leur resta fidèle jusqu'au bout et comment, après 
sa mort même, ils profitent de ses libéralités, et c'est une occasion de iire avec 
M. Cochin, qui le commente si bien, ce livre du « Repos des Religieux », un des 
plus beaux sans doute que le moyen âge ait laissé à la louange de la vie monas- 
tique. 

Tome V. — Études sur Rabelais (Sources monastiques du roman de 
Rabelais. — Rabelais et Erasme. — Rabelais et Folengo. — Rabelais et 
Colonna. — Note sur la rupture de Voulté avec Rabelais. — Note sur le 
chapitre VI du livre H et sur « TEpistre du Limosin de Pantagruel, grand 
excoriateur de la lingue latiale ». — Notes sur un passage du cha- 
pitre xlviii du livre IV de Pantagruel, Calvin et Rabelais, etc. — 
Mélanges) par Louis Thuasnb 10 fr. 

Tome VI. — Pétrarque. Le traité de sui ipsius et multorum igno- 
rant! a, publié avec introduction, notes et commentaires, par L. M. 
Capblli 6 fr. 

Précieuse édition du manuscrit Vaticanus 35S9 (M. L. 145), qui lit partie des 
collections Fulvio Orsini. Cette œuvre de polémique où Pétrarque se livre à de 
grandes attaques contre l'averroïsme eut, suivant l'opinion aujourd'hui admise, 
beaucoup d'influence sur son temps. A Aristote et aux Aristotéliciens il opposa, 
en une belle forme de pensées et de style, Platon et les Platoniciens, reprenant 
ainsi la tradition de ses auteurs préférés. Pétrarque est chrétien dans son culte 
pour Platon, chrétien dans son mépris pour Aristote, mais cependant, plus d'une 
fois, ses aspirations humoristiques et sa conscience chrétienne se fondent dans une 
admirable harmonie, en font un précurseur de l'Académie platonicienne de Florence, 
qui, opposant une nouvelle autorité à l'ancienne et indiscutée autorité d' Aristote, 
devait préparer le triomphe de la libre recherche et de la pensée libre. Dans cet 
opuscule de polémique, mieux qu'en d'autres écrits bien plus volumineux, brille 
d une vive lumière la pensée de Pétrarque et c'est une bonne œuvre que de donner 
un texte sûr comme celui de M. Capelli. 

Tome VII. — Montaigne, Amyot et Saliat. Étude sur les sources des 
essais de Montaigne, par Joseph de Zangroniz 6 fr. 

Jusqu'ici on s'était beaucoup occupé des emprunts faits à Montaigne ; l'idée 
n'était pas venue de se demander si Montaigne n'était pas, dans une certaine 
mesure, la copie d'un autre original, et s'il n'avait pas, tout le premier, donné 
l'exemple du « pillage », pour employer un des termes qui lui sont le plus chers : 
on crie d'abord à l'indignation, mais si l'on veut bien lire M. Zangroniz, qui a 
puisé dans l'enseignement des meilleurs maîtres, et en particulier a l'Ecole des 
Chartes, une méthode très sûre et de rares qualités critiques, on est obligé d'en 
croire les preuves et les textes qu'il nous apporte côte à côte. L'histoire littéraire 
ne peut que gagner à ces découvertes et, si un grand homme est légèrement abaissé, 
c'est pour rehausser en la personne d'Amyot un penseur émérite, vraiment trop 
oublié. 



BIBLIOGRAPHIE DES BÉNÉDICTINS 

DE LA CONGRÉGATION DE FRANCE 

Par des Pères de la même Congrégation 

1906 

Fort volume in-8 sur 2 colonnes et accompagné d'héliogravures. 
Tiré à 385 exemplaires numérotés. — Prix : 12 fr. 



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LES 



FRANÇAIS ITALIANISANTS 

AU XVI 0 SIÈCLE 
Par Emile F*IOOT 

MEMBRE DE l/lNSTITUT 

Tome Premier. Fort vol. in-8 de xi-381 pages «t 7 fr. 50 

Extrait de V avant-propos : «< A première vue, on peut considérer les ouvrées 
écrits en italien par des Français comme de simples curiosités méritant à peine 
uûe place dans l'histoire littéraire. On sera pourtant frappé de quelques-uns des 
noms qui se présenteront snus notre plume, quand ce ne serait que de ceux de 
Claude de Seyssel, de Marguerite d'AngoulAme, de Rabelais, de Du Bellay, de 
Montaigne. D'une façon générale, les notes que nous avons recueillies sur les 
Français qui se sont essayés dans la langue de Pétrarque nous paraissent propres 
à montrer quelle influence a exercée sur nos compatriotes l'éducation italienne. Elles 
nous font connaître un certain nombre «i*homme&, appartenant aux différentes classes 
de la société, qui avaient eu l'occasion de franchir les monts et d'étudier dans les 
Universités de Pavie, de Bologne et surtout de Padoue. On y verra que beaucoup 
de nos jeunes gens ne se bornaient pas à suivre les cours des jurisconsultes ou des 
médecins, ne se contenaient pas de discuter en latin scolastique, mais s'initiaient 
intimement à la vie du pays qui leur donnait l'hospitalité, s'éprenaient de ses 
femmes aux yeux noirs et de son ciel bleu, voulaient chanter leurs amours daos 
sa langue. » 

Notices du tome premier : Claude de Seyssel. — Frère Loys du Bois. — 
Jean François du Soleil. — Marguerite d'Angoulême. — Mellin de Saint- 
Gelais. — Amomo et Jeau de Maumotit. — Nicolas Raince. — François 
Rabelais. — François de Tourncn. — Jean de Vauzelies. — Jean de 
Tournes. — Guillaume Monluc. — François de Vernassal. — Nicolas le 
Breton. — Joachim du Bellay. — Jean-Pierre de Mesmes. — Guillaume 
Postel. — François Perrot. 



Bibliographie du parler français au Canada, Catalogue analytique 
des ouvrages traitant de la langue française au Cauada, dressé par James 
Gbddbs et Adjutor Rivard, in-8. (Tiré à quelques exemplaires).. 10 fr. 

Manuel de Bibliographie biographique et d'Iconographie des 
Femmes célèbres, contenant un dictionnaire des femmes qui se sont 
fait remarquer à un titre quelconque dans tous les siècles et dans tous 
les pays, les dates de leur naissance et de leur mort ; la liste de toutes 
le6 monographies biographiques relatives à chaque femme, avec la men- 
tion des traductions; l'indication des portraits, joints aux ouvrages cités 
et de ceux gravés séparément, avec le nom des graveurs; les prix auxquels 
les livres, les portraits et les autographes ont été portés dans les ventes 
ou dans les catalogues, suivi d'un répertoire de biographies générales, 
nationales et locales et d'ouvrages concernant les portraits et les auto- 
graphes, et d'un index alphabétique ou répertoire général de toutes les 
femmes citées, avec de nombreuses additions par un vieux bibliophile. 
Tome I (Il ne reste qu'un petit nombre d'exemplaires) 30 fr. 

Tome II (f r supplément) 25 fr. 

Tome III (2« et dernier supplément) 25 fr. 



Abbé SOL, Diplômé des Archives Vaticanes. 

LES RAPPORTS DE LA FRANCE AVEC L'ITALIE 

DU XlVe SIÈCLE AU I" EMPIRE 
D'après la série K des Archives Nationales. 
In-8» 7 fr. 50 



Imprimerie polyglotte Fr. Simon, Rennes. 

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PUBLICATION MENSUELLE 



16» Année. 7-8. Juillet-Août 1906. 



REVUE 



DES 



BIBLIOTHÈQUES 



Directeurs : ÉMILE CHATELAIN et LÉON DOREZ 



SOMMAIRE 

Les secrets des vieilles reliures, par Emile Châtelain, p. 261, 

Bibliographie, p. 292. 

Chronique des Bibliothèques, p. 294. 



PARIS (VI e ) 
LIBRAIRIE HONORÉ CHAMPION, ÉDITEUR 

5, QUAI MALAQUAIS, 5 



1906 

Tous droits réservés. 



CONDITIONS D'ABONNEMENT 

Paris : 15 fr. — Départements et Union postale : 17 fr. 
Toute demande d'abonnement doit être accompagnée du montant en un mandat-poste 
ou chèque au nom de M. HONORE CHAMPION. 

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EN VENTE A LA MÊME LIBRAIRIE 



BIBLIOTHÈQUE LITTÉRAIRE 

DE 

LA RENAISSANCE 

PUBLIÉE BOUS LA DIRECTION DB 

MM. Pierre de NOLHAC et Léon DOREZ 
Beaux volumes petit in-* imprimés luxueusement. 

Tome I". — La chronologie du Ganzonière de Pétrarque, par Henrj 
Cochin 4 fr. 

Ce livre de M. Cocbin a reçu du monde savant l'accueil le plus flatteur. Outre un 
important article de M. G. A. Cesareo dans le Giomale stonco délia Letteratura 
italiana (vol. XXXII, 1898, p. 408-415), outre des comptes rendus très éloeieux 
comme ceux de M. Giovanni Magherin-Graziani dans l'Archivio slorico italiano 
et de M. André Péralé dans le Bulletin critique, cet ouvrage a été l'objet d'une 
étude intéressante de M. T. Casini dans la Rivista d'italia : « Le petit volume de 
M. Cochin, dit M. Casini, apporte une belle contribution d'observations à l'étude 
du Cantoniére ; l'auteur y a soumis à un nouvel examen et traité d'une manière 
approfondie la question de la chronologie... C'est une série de recherches ingé- 
nieuses, développées avec toute la modération d'une critique sincère et impartiale, 
et nous les signalons aux pétra mimants comme un modèle de méthode et de cour- 
toisie littéraire. » De leur côté, MM. Giosuè Carducci et Severino Ferrari, dans 
leur édition classique des Rime de Pétrarque (Florence, Sansoni, 1889), non con- 
tents d'enregistrer les résultats définitifs des recherches de M. Cochin, s'expriment 
ainsi (Préface, p. XXXIX) : « C'est sous un petit volume, un commentaire com- 
plet, très fin au point de vue de la chronologie, de la cntique, de l'esthétique, 
tant pour chaque pièce particulière que pour l'ensemble de l'œuvre vulgaire de 
Pétrarque. » 

Tomes II et III. — Gaguini (Roberti). Epistolœ et orationes, texte publié 
sur les éditions originales de 1498, précédé d'une notice biographique et 
suivi de pièces eu partie inédites par Louis Thuasnb, 2 vol 25 fr. 

M. Léopold Delisle a présenté cet ouvrage à l'Académie des Inscriptions et 
Belles-Lettres dans les termes suivants : 

« Robert Gaguin, mort en 1501, est une des gloires de l'Université de Paris. Le 
recueil de ses lettres, qui fut publié de son vivant, était à peu près tombé dans 
l'oubli et les exemplaires en étaient devenus très rares. La nécessité d'une nouvelle 
édition était reconnue depuis longtemps. M. Thuasne n'a pas seulement le mérite 
d'avoir préparé cette nouvelle édition avec le soin et la critique dont il avait déjà 
donné des preuves. Les notes dont il l'a enrichie et la longue biographie nu'il a 
mise en tête, font des deux volumes qu'il vient de publier un livre rempli de détails 
très intéressants, en grande paitie tout à fait nouveaux sur la vie de Gaguin et sur 
les hommes avec lesquels il a été en rapport. Il y a là une masse énorme de rensei- 
gnements pour un tableau de la société politique, religieuse et surtout littéraire de 
Paris pendant le dernier tiers du xv* siècle. C'est, pour une notable partie, le 
résultat d'une lecture de livres et de petits livrets, fort négligés sinon par les ama- 
teurs de raretés bibliographiques, dont les pièces liminaires abondent en rensei- 
gnements précieux pour qui sait en pénétrer le sens et la portée. M. Thuasne en 
a tiré un excelleut parti : son édition des Lettres de Gaguin est un ouvrage indis- 
pensable à consulter pour l'histoire des règnes de Louis XI et de Charles VIII. » 

A propos de cette même publication, M. Francesto Flamini a lu, à l'Istituto 
Veneto, le 19 juin 1904, une étude très curieuse et fort élogieuse, intitulée : 
Roberto Gaguin e l'umanesimo italiano (tirage à part de 12 pages). M. Flamini, 
l'un des maîtres de la critique italienue contemporaine, conclut ainsi : a Maintenant 
que j'ai mis en lumière ce que les deux nouveaux volumes de la Bibliothèque 
littéraire de la Renaissance contiennent pour l'histoire de l'humanisme italien, 
ma tâche est terminée. Je ne veux cependant pas prendre congé du vieil écrivain 
d'au delà des Alpes et de son éditeur d'aujourd'hui sans avoir loué comme il con- 
vient l'honnêteté littéraire, la probité et la noblesse d'Ame du premier, la science 
singulière et la curiosité diligente, vraiment admirable, du second. L. Thuasne a 
servi aux érudils un mets dont ils pourront se rassasier tout à leur aise ; il leur a 
indiqué le filon, jusqu'ici négligé, d'une abondante et précieuse minière. L'intro- 
duction claire, bien ordonnée, remplie de faits, le commentaire varié, extrêmement 
riche, les appendices si savoureux, les index exacts et complets, font de celte édi- 
tion des Lettres et des Discours de Gaguin un chef-d'œuvre en son genre, et cons- 
tituent en même temps le meilleur démenti que l'on puisse désirera l'accusation de 
superficialité h et de légèreté plusieurs fois lancée contre l'érudition française.» 



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LES SECRETS DES VIEILLES RELIURES 1 



De môme que les copistes du moyen âge, en. grattant de vieux 
textes qu'ils jugeaient inutiles, pour y superposer les auteurs en 
vogue, nous ont conservé, sous forme de palimpsestes, des ouvrages 
qu'on ne connaîtrait pas autrement, ainsi les relieurs de la Renais- 
sance, ne trouvant plus assez d'ais de bois et n'ayant pas de carton 
à leur disposition, nous ont sauvé, sans le vouloir, des plaquettes 
de rebut, des restes d'ouvrages délaissés parle public, des déchets 
d'imprimerie enfin qui sont quelquefois très intéressants pour 
nous, surtout quand ils fournissent les éléments du seul exem- 
plaire connu. On sait quels profits a su tirer M. Léopold Delisle de 
l'examen des vieilles reliures; qu'il me suffise de rappeler la 
découverte d'un atelier d'imprimerie à Angoulême* et les curieux 
fragments extraits de la reliure d'un manuscrit de Berne 8 . 

En revisant le Catalogue des Incuuables delà Bibliothèque de 
l'Université de Paris et celui des livres du commencement du 
xvi° siècle, j'ai eu l'occasion d'examiner les reliures, et de faire 
réparer les ravages causés par le temps, l'usure et les déménage- 
ments. Philippe Le Bas, qui doit être considéré comme l'organisa- 
teur de notre bibliothèque, avait déjà èxploré quelques reliures, et 
c'est faute de crédits qu'il avait laissé beaucoup de livres précieux 
complètement à nu, enveloppés dans du papier gris retenu par 
une ficelle*; peu à peu, sous l'administration de Léon Renier ou 
de Jules de Ghantepie, nos raretés bibliographiques ont fini par 
être habillées, et elles peuvent être communiquées aujourd'hui, 



1. Résumé de communications faites à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres 
dans les séances des 19 août 1904, 18 et 25 mai 1906. 

2. Mélanges de paléographie et de bibliographie (1880), p. 305-351. 

3. Mémoires de la Société de Vhistoire de Paris... , XXIII (1«96), p. 26b* et s. 

4. Une demande d#» 8000 francs pour relier les incunab'es et les manuscrits avait paru, 
de ce temps, eiorbitante. 

revus dbs bibl., juillet-août 1906. XVI. — 19 




262 



ÉM. CHATELAIN. 



sans que Ton ait à craindre la perte d'un feuillet ou d'un cahier. 
Le nombre des reliures dont les plats étaieut formés parla super- 
position de feuillets imprimés n'est pas considérable; cependant 
elles nous ont procuré une moisson assez intéressante 1 . 



Jaspard Laet, de Borgloon ou Looz, a publié, au moins depuis 
4488 jusque vers 1551, des pronostications annuelles en langue 
française, latine ou flamande. Les exemplaires de ces plaquettes 
éphémères ont presque tous été détruits. Le catalogue du British 
Muséum u'en annoncé aucun. M. Vander Haeghen, le savant 
auteur de la Bibliotheca Belgica, qui recherche avec tant de zèle 
les moindres impressions dues aux presses belges, n'a encore pu 
décrire que cinq plaquettes (1492, 1503, 1508, 1524, 1526), plus une 
de 1559 due au fils de notre auteur, Gaspard Laet le jeune 1 . 

Unè nouvelle plaquette, mutilée comme la plupart de celles qui 
nous sont parvenues', a été trouvée dans une reliure, à la Biblio- 
thèque de l'Université. En voici la description : 

La grant et vraye preno || stication nouuelle de louuain || Pour lan de 
grâce. Mil. cinq cens et XVI Faict || par luoy. Jaspard laet médecin et 
astrolo || gue de la puyschante uniuersite de. Louuain. 

In-4°, 4 ff., sans chiffres ni signatures. Car. goth. 

Au dessous du titre, portrait du soleil. 

Au verso du premier feuillet, gravure (mesurant 88 sur 88 mm.): un 
astronome assis devant uu pupitre, la main gauche appuyée sur le pied 
d'une sphère. 

Comprend : 1* (toi. 2) quelques lignes d'introduction, sans en-tête : 



1. Je ne reviendrai pas sur les fragments déjà signalés dans le Catalogue des incu- 
nablts de la Bibl. de l'Université [Bev. des Bibliothèques, 1902 et 1905], aux mots 
Alanus, Alexaoder de Villa Dei, Breviarium Parisiense (décrit mainteûant dans le 
Catalogue Fellechet n» 2905), Crescencies, Milet, Voragine, et, dans le Supplément, 
Heures (fragments du livre des). 

2. 2« série, livraison 146-147, 150, 153-154. 

3. Cf. Campbell, Annales de la typogr. néerlandaise au XV 9 siècle, p. 303-304 
et Vandbr Haeqhen, op. c. 



I. — Textes Français. 



1. Pronostication de J. Laet pour (an 4S16. 




SECRETS DES RELIURES. 



2tf3 



Comme ainsi .«oit que dancienneté est de constituer] || faire et calculer 
une révolution en ensuyuant [les] || enciens maistres en astronomye a 
astrologi[er] || combien pour ceste présente année qu'il semble [ j |j aul- 
cunement estre diflcille pour aucune con[tro] || uersie de deux éclipses de 
lune 

2« Du seigneur de lan. 

3° De la disposition de iannée || en ses premières qualités. 
h° (fol. 2 v°). La disposition de Huer || en ses premières qualités. 
"»° De la disposition du printemps eu ses qualités. 
6° La disposition de lesté. 

[Lacune de 2 ff. au moins, où il était question de l'automne et 
d'autres choses]. 

1° (fol. 3) De paix et de guerre. 

2° De la disposition («te) daulcuns pays villes et cités. || Et premièrement 
du très fertille royaulme de france. 
3° (fol. 3 v») Du royaulme dangleterre. 
4° Du royaulme descosse. 
o° De la duché de brebant. 
6» De la conté de flandres. 
7° De la conté de holande. 
8° (fol. 4) De la duché de gueldre. 

9° Du pays de liège. || Le pays de lyege sera en grant paix et auront 
proufflt en leu[rs] || marchandises et seront aymez, et penseront a fornica- 
tion 1 , d[esj || places pour la deffer.tion du pays. Hz pourroient auoir 
qufel] || que controuersie de maladie au printemps et lesté comme fieb || ures 
pestillencielles et apostumes de forte curaison. 

f Cy finissent les inclinations des astrologiens de L[an] || Mil cinq cens 
et XVI. Imprimé à Anvers en la rue d[e la] || Kalendre. 

16° (fol. 4 v°) en plus gros caractères : 

[Ai]manach pour ceate présente || [an]nee. Mil cinq cens et XVI. 



Éclipse de lune le XIX. jour de Janvier a || IIII heures et une minute. 
Item de rechef encore éclipse de lune le XIII || [jo]ur de. Juillet a .XI. 
heures après midy 1 [et] 111 minutes. 

D'après l'auteur, les saisons de l'année 1516 commencent le 
12 décembre 1515 et les 11 mars, 11 juin 1516, etc. 



1. Il faut probablement corriger « fortification ». 




264 



ÉM. CHATELAIN. 



2. Rondeaux sur la mort de la reine Claude, 4524. 

Anatole de Montaiglon* a jadis montré que les épitaphes com- 
posées pour la mort d'Anne de Bretagne, par André de la Vigne, 
en 1514, ont été réimprimées dix ans plus tard en l'honneur de la 
reine Claude de France, première femme de François I*, morte à 
Blois, le 20 juillet 1524, avec quelques additious. Il a fait connaître 
deux éditions différentes, publiées sous la forme d un livret popu- 
laire, au moment même où la cérémonie s'accomplissait. 

Une troisième édition nous est révélée par des feuillets enfouis 
dans la reliure de deux volumes différents, sortis des presses 
lyonnaises 2 . Il y a donc quelque probabilité, pour que cette petite 
plaquette de 4 feuillets en caractères gothiques (genre bâtard], de 
20 ou 22 lignes à la page, ait été imprimée a Lyon. 

Le texte, sans doute composé à la hâte, paraît assez négligé; 
outre les omissions voulues pour réduire le contenu à 6 petites 
page$ d'impression, le titre et le colophon occupant chacun la 
page, il est souvent moins bon que celui des éditious connues de 
Montaiglon. 

Titre : Les regrets Lamentations | et epitapne De la feue | Royne et 
duchesse de bretaigne. 
(Grand écusson avec trois fleurs de Us). 

Fol. 1 v° : 1 Rondeau et epitapne de la Royne | de France que dieu absoulle. 



En ce monde dix milions de plaintes 

De pleurs, de criz, de soupirs et complaintes... 

RONDEAU CONTRE LA MORT SUR LE TRBSPAS. 

1 Cruelle mort despiteuse et aduerse 
Destre aux humains si tresdure et peruerse 
Enuers Jhesus fais protestation 
Que sans pèche par detestation 



1. Recueil de poésies françoises des xv # et xvi« siècles. T. XII, p. 107. 

2. L'un de ces volumes, imprimé à Lyon en 1520, a sans doute été relié quelques 
années plus tard. Cet exemple doit nous rendre prudents quand nous assignons des 
dates aux imprimés d'après les reliures qui les contenaient. 



Fol. 2 : 



Blasmer te puis et mauldire sans cesse... 
Et prinse, helas eu la fleur de ieunesse 




SECRETS DES RELIURES. 



265 



CRUBLLB MORT. 



1 Au hault climat du royaulme supresme 
Deuant le Roy de tous aultres le proesme. .. 
Ne pour effortz que facent corps ne ame 



Fol. 2 v» : Jamais naurons si vertueuse dame. 



ï Cite de Bloys, déplore le trespas 

Le dur deces, et le mortel repas 

De lexcellente et vertueuse Roy ne 

Qui par biensfaitz au hault paradis resgne... 

Par bien régir son peuple par compas 

1 Nobles bretons vous ny failierez pas 

Venez mener vostre deul pas a pas 

Gectes larmes en regrettant la royne 

1 Du poure peuple elle estoit le soulas 1 

De tout son cueur aymoit dieu et leglise 

En quel habit, en quel estât et guise 

Feras tu plains sur ceste noble dame 

Tu priras dieu quil en recoyue lame 

Et quen sa court dignement elle soit mise» 

A seruir dieu du tout estoit soubmise 

En délaissant sa royalle entremise 

Ainsi que fleur de toute noble femme 

Dont son hault bruit, bon regnon, loz et famé 

Sa vertu vive a iamais préconise. 



Fol. 3 : 10 royne Claude en hault règne règne' 



Par bien régner tu as règne éternel 
Ou régneras soubz le roy supernel 
En riche lieu par grâce preuenante 4 . 



1 Salmaudre plore ta doulce hermine 
Ta chaste espouse et ta noble compaigne 
Cestoit celle qui noblesse enlumine. 
Gestoit lapuy du pays de bretaigne 



1. Ici sout omis quatre vers publiés par Monlaitflon, l. c, p. 121. 

2. Ici sodI omis quatre vers (Moutaiglon, p. 122; . 

3. Corriger régnante avec les autres éditions. 

4. II y a deux quatrains de plus dans Montaiglon, /. c, p. 122-123. 



AULTRB RONDBAU 



DBPLORATION SUR LB TRBSPAS 




ÉM. CHATELAIN. 



Cerche par tout oultre vaux et montaignes 
Jamais pour vray nen trouueras de telle 
Fust elle descosso ou de la mer despaigne 
Car elle estoit de tout bien la tutelle. 



1 0 humble hester lamente ta prudence 
Voy ton maintien et grâce en décadence 
Par le fler daid de son mortel passaige 
Gomme toi fut, en faitz et ditz tressaige. 
1 Doulce michol qui appaisas Dauid 
Regrette aussi délie la tempérance. 
Car iamais royne au royaulme on ne vit 
Qui eust plus doulce et honneste semblance *. 



Fol. 3 v° : f Noble dame les larmes et les pleurs 



Les grans souspirs les peines et douleurs 

Et le grunt (sic; deuil que chascun de toy maine 

Les habitz noirs quon porte nous ramaine 

Et nous moustrent la fréquente tristesse. 

Le grant ennuy et la griesue destresse. 

Que de ta mort sa et la chascun porte 

Sans que nully de plorer se déporte. 

1 Paix demandoit la royne paciflcque. 

Aussi paix a au royaulme relique 

Ou iamais royne es sainctz cieulx ne sera 

Délie on doit dire iamais telle ne sera 2 



1 Droict en iuillet aflRn quon se remembre». 
Dire tu peulx qui bien y pensera 
La plus piteuse et désolée chambre 
Qui fut iamais ne qui iamais sera 4 



1. Ici ud quatrain de plus duos MonUigloo, p. 123. 

2. Ici ud quatrain de plus dans Montaiglon, p 124. 

3. Oq a ainsi transformé le vers écrit pour Ac-ne de Bretagne : « Neuf jours après le 
froit raoys de décembre ». 

4. Ici trois quatrains de plus, avec titres, dans Moutaiglon, p. 125. 



LAMENTATION 



1 La deploration du chasteau de 
Bloys des lieux ou plus frequen- 
toit la royne 

Et premièrement a la chambre 




SECRETS DES RELIURES. 



267 



Fol 4 : 



A SAINCT CALAYS 



O saint calays pleure hardiment ton deul 
Car la royne qui tousiours te prisa 
Dhomme viuant iamais ne verras deuil 
Puisque la mort sa personne prins a 



AULTRB RONDBAU 



1 Au départir de ce lieu honnorable 
Noblesse, église et peuple vénérable 
Venez plorer vostre royne et princesse 
Fleur et vertuz qui oncques ne print cesse 
De vous traicter en amour charitable 
1 Pleurez bretons la perte irreuocable 
De vostre dame et duchesse notable 
Oui son cueur noble antierement laisse 



O roy francoys damour iuste et affable 
Venez en prendre vng congé lamentable 
Et amenez la fleur de gentillesse 
Le dauphin noble, affln quen toute h uni blesse 
Dient adieu a ce corps pitoyable 



Fol. 4 v a . Gravure grossièrement exécutée, représentant une 
croix avec l'inscription IN HOC S1GNO VINCES. 



3. Le Débat des deux sœurs disputant d'amours. 

Anatole de Montaiglon 1 a publié ce Débat en 1865, d'après une 
édition gothique de 20 feuillets, et avec le secours du ms. français 
7640, de la Bibliothèque Nationale. L'exemplaire de Montaiglon 
est peut-être le même que l'on conserve aujourd'hui au château 
de Chantilly 2 . 

Le petit cahier de 8 feuillets*, retrouvé dans une reliure de la 



1. Recueil de poésies françoises des xv" et xvi« siècles, t. IX, p. 92-147. 

2. Le Cabinet des livres [par L. DblislbJ, n* 606. 

3. Donl 4 mutilés pur Je bus ont perdu 4 ou 5 lignes, et un rogné à la marge exté- 



Au départir 



Au départir 
Fini 



neure. 




268 



ÊM. CHATELAIN. 



Bibliothèque de l'Université ressemble, au premier abord, à celui 
que Moutaiglou a décrit ; il compreud 26 lignes à la page en ca- 
ractères gothiques (genre bâtard) et la première page outre le ti- 
tre : Le débat des \ deux seurs di | sputant damours, ornée d'un 
bois représentant deux hommes, têtes nues, avec des lances, age- 
nouillés devant une femme. Le 2 e feuillet est signé Au (la signa- 
ture est rognée aux suivants). Mais le texte ne concorde pas tou- 
ours. 

Voici quelques-unes des leçons fournies par nos fragments : 
P. 95, 1. 1 (Montaiglon) : S'il est d'amours pour vous ravis. 



M. Emile Picot reconnaît dans ces fragments l'édition publiée 
à Paris, par Alaiu Lotrian, dont il existe un exemplaire à la 
Bibliothèque Nationale. 



Quarante-quatre feuillets (au complet les cahiers h, i, l f m, o, r, 
ce dernier n'ayant de 4 ff.) d'une édition in-8, en gothique bâtarde, 
à 26 lignes par page, dont voici la liu du fol. r 3 v° : 



P. 99, 1. 9. 
P. 101,1. 7. 
I. 9. 
« 1. 12. 
P. 109, 1. 15. 

p. 111,1. la. 



« 1. 10. 
P. 96, 1. 12. 
« 1. 18. 



Sans en estre point douloureuse. 
Veu qu'il est franc en mes destrains. 
Qui font les bons desacenner. 
Car en luy na ne fons ne riue 
Ne ne trouue on en ayme ritiue 
Fors que de paour tousiours sy 
Cil qui vient vers vous a mercy. 
Et le congnoissez hault et bas. 
llelas ma seur est ce raison. 
Tant quilz perdent temps et saison. 
Tant quilz perdent nulle couleur. 
En vous voyant tous les matins 
Jusques a tant que soyez morte. 



Le dernier vers du cahier (fol. 8 v°J : 



Lung veult eschez et lautre lit. 



4. Gringore, Menus propos, 1322. 



5 Cy flnissent les menus propos composez 
par Pierre Gringore herault darmes de 




SECRETS DES RELIURES. 



269 



tresillustre, treshault, trespuissant prince 
Anthoine par la grâce de dieu duc de Ca- 
labre, Lorraine et Bar, marchis marquis 
du Pont, conte de Provence et de Vaude- 
mont etc. Nouuellement Imprime a Pa- 
ris par Phelippe le Npir libraire et reli- 
eur iure en luniuersite de Paris De mou 
rant a Paris en la grant rue sainct Jacques 
a lenseigne de la Hoze blanche couronnée. 
Lan mil cinq centz vingt et deux. Le. XII. 
iour de Décembre. 



Ces fragments renferhient onze grandes gravures mesurant 
environ 900 sur 800 mm . 

5. Gringore, Le blazon des hérétiques, 1324. 

Fragments constituant les restes de quatre feuillets. On a, du 
moins, le commencement et la fin de l'opuscule, imprimé en 
caractères gothiques (genre bâtard). 

Au premier feuillet, vignette allégorique (un, homme portant une 
pelle sur l'épaule gauche et un carnier plein de rats); au dessous : 



i Lettre ?J adressante a tresillustre treshault 
[et très rejdoubte Prince Anthoine duc de 
[Calabjre, Lorraine, et Bar Marchis, 
[marqu]i8 du pont, Conte de Prouence 
I et de Vaudem]ont présentée au dict Prince 
[par Pierre Griu]goire dict Vaudemont, 



Au verso du dernier feuillet, signé Diiii, un grand bois reproduit 
la marque de l'imprimeur Jherosme Jacobi/avec les mots « Fides 
ticit » à côté d'une croix, et au dessous : 



Brunet parle d'une édition, semblable à celle-ci, imprimée en 
1524 par Philippe Le Noir. Celle qui est sortie des presses du suc- 



[auth]eur dicelle 



Imprimé à Sainct (Nicolas parj 
Jherosme Jacob[i le ... ] 
iour Doctob[re] 
1524 




270 



ÉM. CHATELAIN. 



cesseur de Pierre Jacobi à Saint-Nicolas-du-Port, le berceau de 
l'imprimerie en Lorraine, semble bien inconnue. 



6 Raoul Le Fèvre. Recueil des histoires de Troyes. 

Deux feuillets, incomplets d'une ligue par le haut, imprimés en 
caractères gothiques (genre bâtard), avec de grandes httriues de 
la hauteur-de six lignes au commencement des chapitres. 

Cette édition, comprenant 39 ligues à la page, est ornée de gra- 
vures. 

Premier feuillet : E... | traictie et demonstre les deux constructions de )a 
cite de troye... | occasions et causes. 

A la ligne 16, titre en plus gros caractères, formant 4 lignes : 

Comment le roy Priant filz du roy Laomedon repara 1 la cite de troye. De 
son mariage a la royne Hecuba ; et des filz quil eut délie. Et comment il as- 
sembla son conseil | pour enuoyer en grece pour rauoir Exionne sa seur. 

Au-dessous, une grande gravure (mes. 137 sur 93 m/m.) divisée en deux 
parties ; à gauche, six personnages avec leurs noms : priant, deyphebus, 
paris, hector, helewis, troyius ; à droite, deux vaisseaux avec leurs voiles, 
surmontés du nom Authenor. 

Au verso : P... | liure comment en la prinse de troyes et occision du roy 
| Laomedon son fllz Priant. 

Second feuillet, 1. 12 : Q ant Paris sceut celle feste il print les mieulx ves- 
tus et les | plus parans de ses gens. 

Au v*, 1. 5 : Quant Paris sceut que la royne Helayne qui estoit femme 1 du 
roy. 

Ibid. 1. 32 : Quant Paris fut venu en sa nef il appella tous les plus grans | 
de sa compaignie. 



. Un fragment mutilé de Mélusine se trouvait collé par dessus les 
feuilleta du Bréviaire de Rodez (voir plus loin, n° 26). C'est le 
reste d'un cahier in-4° rogné par le bas de 6 à 8 ligues ; les deux 
derniers ff. n'ont en outre que la moitié de la largeur. 

C'était une édition, en caractères gothiques, imprimée à longues 
ligues (40 ou 41 à la page), sans pagination, avec des lettrines or- 



7. La Mélusine de Jean d'Arras. 




SECRETS DES RELIURES. 



271 



nées au commencement des chapitres. Il y a même des titres de 
chapitres qui ne figurent pas dans l'édition de 1478, reproduite 
par Ch. Brunet (Paris, Jauuet, 1854). Voici le contenu de nos dé- 
bris comparés avec l'édition Brunet : 

!•» feuillet : conuoya melusine la comtesse et sa fille iusques oultre la 
villette de colombiers : | et au départir donna melusine... fp. 67, 1. 4 du 
bas]. 

Une grande L ornée de fleurs, de la hauteur de 6 lignes, est employée 
pour l'alinéa : « L'hystoire nous dit que [p. 68, 1. î» du bas]. 

Le v° de ce f. commence : ma cousine vostre femme : nous deuous de 
nous mesmes couceuoir quelle est | de noble extraction [p. 69, 1. 7 du 
bas]. 

Après les mots : « la despartie de la feste », le titre suivant : 

1 Comment melusine racompta a rayirondin toutes les parolles | que le 

conte de poicliers et Je coûte de forestz auoient dictes. 
L'hystoire nous racompte [p. 70, 1. 11 du bas].'— La lettre L est ornée et 

de la hauteur de 3 lignes. 

Notre 2 § feuillet commence par un" titre : 

f Comment melusine fist faire lusignen dont elle portoit le nom. En ceste 
partie nous dit lhystoire [p. 71, milieu]. La lettre E, de forme arrondie, est 
ornée, de la hauteur de 6 lignes. 

Le verso commence . « ra : car il ny a pas en tous nous assemblez au- 
tant de saigesse que vous en auez tant | fait [p. 73, 1. 6]. 

Après le mot « bonnorablement » [p. 74, milieu], uu titre : 

1 Cy commence la lignée de melusine et de raymondin 1 laquelle eust huit 
enfans lung après lautre. 

Le premier eut non vriaz qui fut roy de cypre. Le second fut nomme | 
Guyon et fut roy darmenie. Le troisiesme nomme regnault et fut | le roy 
de behaigue. Le quatriesme fut appelle anthoine... 

(Ce chapitre est une interpolation faite à l'édition princeps). 
11 y a ensuite une lacune assez considérable, ce qui semble 
prouver qu'il manque 4 feuillets et que l'édition était in-8°. 

Le3 f feuillet commence aux mots : « vous vous en pourrez bien venger » 
[p. 87, dern. 1.]. 

L'alinéa suivant : « Sire roy mou père auoit » est orné d'une grande S., de 
la hauteur de 6 lignes. 

De môme l'alinéa: « Et adouc quant mon pore le vist» [p. 89, 11] est orné 
d'un E rond initial, de la hauteur de 6 ligues. 




272 



ÉM. CHATELAIN. 



Au v», après les mots : « parler du faict de trahyson », un titre est ajouté, 
mais la page étant mutilée, on ne voit plus que « fils de iosselin bailla son 
gaige contre ». 

Le 4? feuillet commence par « semblant que vostre pere ait bonne que- 
relle » [p. 91, 19]. 

Après les mots « en son sainct paradis », un alinéa, précédé d'une ligne 
blanche, et un grand C, de la hauteur de 6 lignes, au commencement du 
paragraphe : Cependant (le texte de Brunet porte : Endementiers) que le 
murmure [p. 92, 8]. 

Les derniers mots du 4* feuillet, incomplet, sont : « vistement : et » [p. 94, 
7 du bas]. 

En résumé, nous avons là probablement le 5 e cahier d'une édi- 
tion qui pourrait être sortie des ateliers d'Arnoullet, à Lyon. 



Fragment de 8 pages (le câhier N ou les feuillets XLV1, XLV1I, 
XL VIII, XLIX) du Jouvencel, imprimé en caractères gothiques, 
avec 34 lignes à la page. 

Le f. XLVI commence par les mots : « roqueton et a toute la 
compaignie », le f. XLIX v° se termine par « autre chose exploi », 
ce qui correspond au texte publié pour la Société de l'hintoire de 
France, par M. Lecestre (t. I, p. 181, 15 jusqu'à p. 192, 21). Le texte 
de notre édition est très différent et bien inférieur à celui qu'a 
établi M. Lecestre d'après les manuscrits. C'est justement à cet 
endroit que l'éditeur a fait la remarque suivante : u Peudant les 
sept ou huit pages qui vont suivre, les éditions donnent un texte 
très défectueux dans lequel les passages sont intervertis, de telle 
manière que le récit est absolument incompréhensible ». 

Ces fragments ont 34 ligues à la page, comme l'édition publiée 
par Antoine Vérard en 1493, mais la grande lettre ornée (E) du 
fol. 48 v°, nous empêche de penser à l'édition princeps, qui, sui- 
vant Van Praet 1 , a des lettres minuscules en place d'initiales. De 
plus, les caractères sont identiques à ceux que Philippe Le Noir 
employait vers 1520, soit pour le texte de Lancelot du Lac, soit 
pour les Menus propos de Gringore. C'est donc le reste d'un exem- 



1. Catal. des livres impv. sur velïn, B. L. IL, 203. 



8. Le Jouvencel de Jean de BueiL 




SECRETS DES RELIURES. 



273 



plaire sorti des presses de Philippe Le Noir 1 en 1520 ou 1523, ces 
deux éditions, comme celle de 1529, conservée à Chantilly 2 , n'étant 
peut-être que des tirages successifs d'une môme composition. 



Quatre fragments, dont aucun n'égale une page, du Roman de 
Florimont, imprimé par Jehan Longis à Paris en 1528. 



Quatre fragments fournissant des parties de 12 feuillets (dont le 
f. signé Aii, orné d'une vignette mutilée). Les titres courants sont 
d'un côté : 1 Le Passeiemps, de l'autre : et le songe du triste. On 
sait que ce poème a été publié également par Jehan Longis en 1530. 



Six feuillets, dont deux mutilés, restes du cahier 1 d'une petite 
édition, in-8 (22 lignes à la page) du « Summaire très singulier de 
toute médecine et cirurgie speciallement contre toutes maladies 
soutenantes quotidiennement au corps humain, composé et ap- 
prouvé par maistre Jehan Goeurot, docteur en médecine et méde- 
cin du très crestien roy de France Francoys premier de ce nom. 
Item ung régime singulier contre la peste >. 

Outre la signature 1 1,1e feuil. LXV porte au bas, du côté gauche 
de la page, l'indication « Sum *, ce qui donne à penser que nos 
fragments sont de l'édition dont le titre vient d'être cité, tandis 
que d'autres éditions lyonnaises sont intitulées : c L'entretene- 
ment de vie summairement composé par maistre Jehan Goeurot* » 



1. Cf. Jouveitel, éd. Lecbstrb et Favrb, ï, p. cccxxxj. 

2. Le Cabinet des livres^ n° 344. 

3. Cf. Baudribr, Bibliographie Lyonnaise, IV, p. 212, et le Catal. du Musée bri- 
tannique, au mot Goevrot. 



9. Florimont, JS28. 



10. Le Passe temps ou le Songe du triste. 



11. J. Ooevrot, Summaire de médecine. 




274 



t 

ÉM CHATELAIN. 



Suivant M. Leelerc 1 , noire texte serait imprimé à Paris vers 1540. 
Le fait que nos fragments se trouvaient dans la reliure d'un livre 
de 1530 pourrait faire croire qu'ils sont un peu plus anciens. 

Le f. LXV t ayant pour titre courant : Chapitre IX commence ainsi : tez 
en pouldre et donnez vne drag. tous les | matins. 

Le f. LXXI v», ayant pour titre courant • Contre perturbation desperit, 
commence : et fait mon mal deunnt vostre souueraine | mageste. — Aux 1. 
16 et s. 1 AMEN. 1 1 Régime et traicte singulier contre la pe | ste faict et com- 
pose par maistre Ni- | colas de Houssemaine docteur | regent en luniuersité 
Dan- 1 giers. 



Plaquette de quatre feuillets. 

Titre : La. vie et légende de Monsieur | saint George avec lantienne et | 
loroyson. 

(gravure représentant Saint Georges à cheval, perçant de sa lauce un 
dragon). 

Au verso : L'interprétation du nom | saint greorge (sic) I George est dit de 
geos qui vault autant a dire | comme terre : et or^e qui vault autant a dire 
corn | me cultiueur... | il dit que ce fut soubz dacien preuost, et que dyo- 
clecien et maxi- | mien estoient empereurs | Légende dudict sainct george. 

Fol. 2 : Saint george fut du lignage des capadociens : et vint une 1 foys 
en la cite de silène en libye, et auprès de celle cite | estoit vng estang 
auquel estang y auoit vng dragon | qui se tapissoit la . . . 

Fol. 2 v* : disse ainsi. Et lors elle se mist aux piedz de son pere et requist 
sa bene | diction. 

Fin : Je suis (dist george) de 

Fol. 3 : [cappadocej et suis de grant lignage, et men suis venu par la 
voulente. 

Fol. 3 v° : Et lors dacien par ceste promesse. . . 

Fin : ce quil fut traîne par toute la cite : et puis eut le chiuf couppe. Et 
adonc. 

Fol 4 [2 mots arrachés] seigneur que qui requerroit son aide, sa requeste 
lui fust | accordée. 

Ligne 18, après lui seurement : et quilz prendroyent la cite : et adonc sen- 
hardi- 1 rent ; et prindrent la cite ; et conquirent les sarrazins. 



i. Catalogue de la vente... des 29-30 mai 1906, n« 158. 



12. [Voragine,] Vie de saint Georges. 




SECRETS DES RKLIURES. 



275 



Ligne 20 : Antienre | Hic est vere martir. . . manuum tuarum Oremus. 
Ligne 25 : Deus qui nos beati Georgii martiris... | stum dominum nostrum 
Amen. 
Fol. 4 v # : blanc 

Car. gothiques (genre bâtard), 36 lignes par pages (28 seulement p. h). Jus- 
tification de Hmprimé 147 mill. de haut, 94 de large. 

La traduction française de la Légende dorée de Voragine a été 
imprimée dès la fin du xv - siècle et, en 1526, chez Bernard A.ubri. 
Sauf les prières de la fin, cette plaquette, destinée au colportage, 
est un extrait de la Légende dorée. Elle semble imprimée à Paris 
entre 15U0etlS26. 



13. Raoul de Montflquet, du sacremeiU de mariage. 

Dans la reliure d'une édition de Lucain, imprimée à Lyon, en 
1519, par Jean Marion, se trouvaient 8 feuillets ou plutôt des 
épreuves, imprimées d'un seul côté, en quatre placards, de l'ou- 
vrage suivant, dont voici le commencement : 

f Traicte du sainct sacrement, estât et fruict de mariage. | Et de la grande 
excellence : perfection : dignité : vertu et louenge | diceluy. Induysant par 
aiictoritez, raisons et exemples a y anoir | nourrir et entretenir union, 
amour, loyaulte, paix et honnestete | Et a fuyr les faultes et corruptions 
contraires. Et de la graut | grauuç et terribles pugnicions du pèche de 
adultère. Compile par | inaistre Raoul de Montflquet. 

La huitième page ne coutient qu'une gravure destinée à orner 
la fin de l'ouvrage. Les signatures f. III, et h. IIII, placées peut- 
être provisoirement au bas de deux pages, semblent prouver que 
l'édition était in-8°, malgré son format grand pour l'époque 
(justification 1^8 sur 103 m/m.) ; les pages ont 35 lignes. 

Brunet décrit une édition in-4° gothique de 38 feuillets, impri- 
mée par Philippe le Noir, pour Durand Gerlier, libraire, à Paris, 
sans date, le dernier feuillet ne contient que 8 vers sur le recto. 
Le rédacteur de l'article consacré à Raoul de Montflquet dans la 
Biographie Didot en a conclu que le traité était tout entier en 
rimes. 

Le titre complet de l'édition de Philippe le Noir porte : « Le 




276 



ÉM. CHATELAIN. 



Guidon et Gouvernement des gens mariez. Traitie singulier du 
Saint Sacrement, estât, et fruit de mariage, etc. >. 

On lit encore dansGraesse 1 : « Cet ouvrage rimé a été reproduit 
à Lyon, s. d., in-8° ». 

L'édition faite pour Gerlier pourrait remonter à Tan 1495, sui- 
vant le catalogue du Musée britannique ; Proctor Ta admise parmi 
les incunables. On la place ordinairement versl520 ; il est possible 
d'ailleurs que ce traité ait été imprimé plusieurs fois pour le même 
libraire. 

Quoiqu'il en soit, l'édition lyonnaise est fort rare. 

M. Émile Picot en a vu un exemplaire à la bibliothèque de Wol- 
fenbûttel (142, 3. Quodlib.); le titre complet porte : « Le gnidou et 
gouuer- | nementdes gens ma | riez. | Traictie singulier du Saint- 
Sacrement | estât, et fruict de | mariage. . . 

On les vend a Lyon près nostre dame de | confort cheulx Oliuier 
Arnoullet. » 

Le volume complet, de 38 feuillets, semble imprimé vers 1526. 

Raoul de Montfiquet a publié d'autres ouvrages de théologie. 
C'était un ancien boursier du collège fondé à Paris par maistre 
Gervais Chrétien, médecin de Charles V, et la bibliothèque de 
l'Université de Paris conserve de lui, sous le n° 181, un manuscrit 
inédit ayant pour titre : t Liber de explicatione articulorum fidei 
in cymbolo apostolorum comprehensorum, tolam fidem catholi- 
camet scientiam theologicam implicite continentium,quipotest Stel- 
la fidei nominari ». Anfol.39'ide cemanu^crit, une annotation mar- 
ginale rappelle la publicatiou faite par Raoul ; à propos du sacre- 
ment de mariage, on lit : t Multa alia de predicto sacramento et 
pertinentibus ad ipsumin tractatu speciali super hoc factodiximus, 
que ibi videri poterunt 2 >. 

Une note manuscrite, très fragmentaire, trouvée dans la même 
reliure, doit se rapporter à une commande de librairie ou de re- 
liure; et si elle était plus complète, elle nous renseignerait sur 
l'atelier qui confectionnait ses cartons avec des fragments du 
Jouvencel et de Montfiquet. On y lit : 



1. Trésor de* livres rares et précieux, t. IH, p. 591. 

2. De même au bas du fol. 352, à propos du Sacrement de l'autel, uoe note rap- 
pelle la publication du traité publié en latin chez Marner (1481) et qui fut imprimé plus 
tard en Français par Antoine Vérard. 




SECRETS DES RELIURES. 



27Ï 



12 fantaisies mère sotte 1 , 
12 Platine 8 le cuisines en [,....]. 
12 Milles et Amis3, 
12 Hurial et Lucresse 4 , 
12 Jason et Medée 5 , 
6 sommaiste istorial 6 , 
24 le guidon des gens [mariés] 7 

| ] Bocasse des cent nouvelles [ ] 



IL — Textes Latins 

14. Alexandre de Villedieu, avec la glose de Foucaud Monter. 

D'une édition in-8 très mutilée, restent les fragments suivants : 

Cahier D. 

Feuillets î-7 : In dabit fed. Reichling, vs. 576-725]. 

Cahier E. 

Feuillet 4 : Si queo stimque... [vs. 756-775]. 
F. 4-5 : Nullum cido gerit [vs. 8Î3-870J. 
F. 8 : Ut venio sic dant [vs. 924-943]. 

Cahier F. 

F. s : Conquexi parco predictis |vs. 973-990]. 
F. 7 : Terne persone [vs. 1088-1117]. 

Cahier I. 

F. 4-9 : Dum teneant iotam [vs. 1599-1699]. 
F. 6-8 : Ec brevis secus est [vs. 1770-1870]. 



1. Les Fantaisies de mère Sote, par Pierre Gringore, souvent imprimées s. I. d. d. 
depuis 1516. 

2. Traduction du traité de Platina, de obsoniis, publiée à Lyon en 1505 et à Paris, 
par Michel Lenoir en 1509. 

3. Milles et Amys, roman imprimé par A. Vérard, vers 1T.03. 

4. L'ystoire de Eurialus et Lucresse, selon pape Pie. 

5. Le Roman de Jason et Medée, attribué à Raoul Lefèvre. 

6. C'est le sommaire historial de France.. . selon les volumes de Rob. Gaguin et at.l- 
tres fidèles cronicqueurs. Paris. Phil. LeDoir, 1523. 

7. L'ouvrage de Raoul de Montfiquet, dont on a parlé ci-dessus. 

Revue oks bibl , juillet-août 1906. xiv. — 20 



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278 



ÊM CHATELAIN. 



Cahier K. 



F. 4 : His tisana iungis [vs. 1872-1907J. 
F. 3-6 : Aute c looga fit u [vs. 1941-2036). 
F. 8 : Et sic ex ceusu [vs. 2118-2152J. 

La fia, c'est-à-dire les vers 2153-2645 (soit 493 vers, plus le com- 
mentaire), devait occuper environ deux cahiers sigoés L et M. 

Car. gothiques de deux grandeurs, titres courants en car. Ans, justifica- 
tion de 136 sur 87 millim. (sans tenir compte des manchettes); lettrines de 
14 sur 14 mm. au commencement des chapitres. 



15. Alexandre de Villedieu, avec la glose notabilis. 

Huit feuillets, mutilés soit par le haut ou le bas, soit par la 
marge, restes d'une éditiou, sans paginatioa ni titres courants, avec 
signatures Miii, [M 4], Oi. Oii, Oiii [0. 4 à 6]. Justification : 148 mm. 
de haut et 90 mm. de large. Caractères gothiques de deux gran- 
deurs. Les cahiers sont de 6 feuillets. 

Les tf. MIII (et M 4) contiennent les vers 2122 à 2209. 

Le cahier 0 contient les vers 2418 à 2538 (le bas du dernier fol. 
est rogné). 



16. Alexandre de Villedieu, avec le commentaire de Badius. 

Dix feuillets (20 pages) du Doctrinal avec le commentaire de 
J. Badius Ascensius, bavoir : 

Les feuillets numérotés LXVII (signé k. iij), LXVIII (signé k. iiij) avec 
les correspondants LXIX et LXX, contenant : « Omnegenus... hoc vas », 
vers 568-616 de l'édition Reichling. 

Le feuillet Iiil (signé a a. iiij} et son correspondant V, coté par erreur 
Fo. VIII. Ils se rapportent aux vers 1568-1597 : « Productam brevibus... 
habetur ». 

Les feuillets LXI (signé ii. j.), LXII (signé ii. ij) et leurs correspondants 
LXVII, LXVIII. Ils contiennent les vers 2361-2379 : € Pluribus est mem- 
bris... laborem » et, après une lacune, les vers 2452-2496 : € Presuinit... 
plebs negat illud ». 




SECRETS DES RELIURES. 



279 



La double pagination montre que nous avons les restes des 
tomes I et III d'une édition du Doctrinal en trois parties, analogue 
à celles qui étaient mises en vente (en 1506-1507) chez les libraires 
parisiens Marnef, J. Gaultier et J. Badius Ascensius. 

Le tome III, grâce à la publication de M. Reichling, est le mieux 
connu. L'édition du Doctrinal n° 204, conservée à Wurzbourg, 
nous montre que le tpme I a été publié aux ides d'août 1506 et le 
tome III aux nones d'avril 1507. Ce tome III se compose de 
76 feuillets chiffrés et signés, suivis de 4 feuillets non chiffrés. Les 
éditions n 08 216 et 217, conservées à Paris, la première à Sainte- 
Geneviève, la seconde à la Mazarine, me paraissent former le 
tome III de la même édition, sauf le nom d'un libraire différent 
placé sur le titre. 

Quant aux feuillets relatifs au tome I, chiffrés LXVII et LX-V11I, 
ils soulèvent une question difficile, puisque l'édition conservée à 
Wurzbourg (n° 204) n'aurait que LXI1II feuillets. On ne peut, 
d'autre part, y reconnaître l'édition d'Àscensius de l'an 1510 
(n° 223*), dont un exemplaire se trouve à l'Université d'Aberdeen, 
puisque, si la description de M. Reichling est exacte, le t. I est 
bien composé de 84 feuillets, mais ces feuillets ne seraient pas 
chiffrés. 



17. Alexandre de Villedieu, avec le commentaire 
de Lad. de Guaschis. 

Quatre feuillets, mutilés par le bas et la marge extérieure, 
formant un cahier. Caractères gothiques de deux grandeurs. Titre 
courant « De primis syllabis ». 

Premier feuillet : 10 lignes du commentaire : Quasi dicat quod in mediis 
syllabis 

Le premier vers d'Alexandre : Ante b fit breuis a sicut scabo siue 
scabella [vers 1703J. 

Le dernier vers du quatrième feuillet au v» : [ ] corripis i. S vult frigo 
fligoquc demi [vs. 1847]. 

Semble un fragment de l'édition publiée à Paris par Michel le 
Noir en 1492 [Reichling, n° 99]. 




280. 



ÉM. CHATELAIN. 



18. Alexandre de Villedieu, avec commentaire. 

Un seul feuillet (signé G ii) contenant les vers 289-303 avec 
commentaire. Titre courant : De tertia declinatione; au v° : Trac- 
tatus primus. Caractères gothiques de deux grandeurs, manchettes; 
justification : 152 sur 93 mm. 

Première ligne du commentaire : est exceptio a régula Simplicium 
norma cum caput capltum faciat non | capitium. 



Fragment de 4 pages qui sembleut faire partie du Catholicon 
abbreviatum de Jean de Gênes. C'est un vocabulaire latin-français 
très sommaire, où Ton trouve le latin médiéval traduit à côté du 
latin classique. Les 4 pages sont de la lettre P. 

1™ page : qui fait plaies comme cirurgien. mfasculin). 
Plagiator loris, idem. m[asculin]. 

Plagiosus sa sum vel plagosus sa sum | plein de plaies. 
Ibid., col. 2 : de peuple. 
Plebs bis. peuple. 
t* page : [ ]es sont repuz. n[eutrum]. 



Podio as. apuier. a[ctivumj. 

Pqdiuui. diî. baston a apuier. n[eutrum]. 



Poio is. faindre ou faire poète. * 



Polîa lie. tropeau de bestes. f[emininum]. 
5** page. Pontiflcatus tus tui. office d'evesque. 
PonliQcico cas. faire pont. u[eutrum]. 

Pontiflcor aris, soy avoir en manière j d'evesque ou gouverner eveschié. 

de[ponent]. 

Poncius cii. propre nom d'homme. m[asculin]. 
Ponto tas. faire ou appareiller pont. n[eutrumj. 



Popa pe. gresse. f[emininuiu]. 
Ibid., col. 2 : Precipitium tii. trabuchement. 



19. Catholicon abbreviatum. 




SECRETS DES RELIURES. 



•281 



4 e page : Precisio onis précision, ( féminin tim'j. 



Pronomen inis, surnom qui est mis pour | cause de différence ou d'amistié 
n[eutrum]. 



Premium mii guerdon, louyer, n[eutrum]. 

Prepucium cii, anterior pars pellis | priapi, c'est ce que anciennement 
on cou | poit en la circuncision, n[eutrum]. 



Presens tis. présent ou deuant estant | et dicitur de presum es. 

Imprimé en caractères gothique?, sur 2 colonnes de 45 lignes au moins 
(il semble manquer 3 ou 4 lignes rognées au bas de chaque page). Les ff. 
ne sont pas chiffrés, mais on ne peut savoir s'il y avait des signature*'. 

Ces fragments sont peut-être un reste de l'édition donnée à 
Paris en 1506 par Jean Lambert ou du Catholicum parvum paru 
à Lyon en 1499, mais, comme Ta constaté M. Auguste Scheler 
dans sou édition du « Calholicou de Lille, glossaire latin-français» 
(Bruxelles, 18*5, p. 7), ces éditions sont presque introuvables. 
Quelques traductions, par exemple celles de Polia et de Ponto 
sont citées par Ducange d'après un glossaire latin-français con- 
servé de son temps à Saint-Germain-des-Prés. 



Quatre fragments dont la réunion forme à peu près deux feuillets 
d'une édition in-i de 28 lignes, en caractères gothiques (genre 
bâtard). Le texte de Galon est sans aucun commentaire. 

Premier feuillet, signé Aij : Telluris si forte velis cognoscere cultus... 
natu**a negauit. 

Au v° : Que:n scieris non esse parem tibi tempore sede... Iudulget for- 
tuna malis ut ledere p[ossitJ. 

Second feuillet : Pro[spice qui venjiunt nos casus esse ferendos... Simpli- 
citas veri fama est fraus tlcta loquendi. 

Au v° : Segniciem fugito que... Nam miranda canunt sed non credenda 
poète. 

Il manque, au commencement, 80 vers de Catoo, sans compter 



20. Colon, Disticha Moralio. 




282 



ÉM. CHATELAIN. 



la préface. La signature A ij est donc placée au bas du 3* feuillet, 
les ff. 1-6 et 2-5 tirés sur une seule feuille de papier n'avaient eu tout 
qu'une signature. Ce système est celui que M. Léopold Delisle 1 a 
reconnu dans les premières impressions d'Angoulème et que j'ai 
constaté dans une impression de Rouen 1 . De plus on voit, puisque 
le texte des deux feuillets se suit bien, que les cahiers de l'édi- 
tion de Gaton (ou des Auctores pcttf, dont elle aurait fait partie) 
étaient de 6 feuillets. 

21. Peraldus [Guillelmus), Summa de virtutibus. 

Une reliure lyonnaise de. 1525 a fourni 32 pages, plus ou moins 
mutilées d'une édition in-8° de Guillaume Pérault, évêque de Lyon, 
Summa de virtutibus, imprimée en caractères gothiques, sur 
2 colonnes de 50 (quelquefois 48 ou 49) lignes. Ce sont les restes 
des cahiers 1 et m ; les seules signatures conservées sont 14 et 
m ij. 11 y a des titres courants : Deprudentia. V, De temperatia. VI, 
même avec une erreur (fol. m 1 verso et m ij recto) : De chari- 
tate iiij, au-dessus du texte relatif à la Prudence. Au commence- 
ment des chapitres, une minuscule occupe le milieu d'un grand 
espace, de la hauteur de 3 ligues, réservé pour l'initiale ornée. 

Premier feuillet (M) : inuentiuam : vel inuestigatiuam ; indicati- | uam 
[p. 194, col. a de l'édition publiée en 1648 par Rob. Giutius]. 

9« feuillet (ml) : per pectus et cliuies 3 {sic) circumferens eruditam. ma | 
num [p. 213, col. aj. 

40 9 feuillet (m. ij). Au bas de la seconde colonne: Explicit tractatus de pru- 
deotia deo gra | tias qui incepitet compleuît amen. | f Incipit tractatus de 
temperantia. 

22. Processus Saikane contra genus humanum. 

Huit feuillets, mutilés par le bi»s. formant le dernier cahier 
d'un opuscule attribué au jurisconsulte Bartolus de Saxo Ferrato, 



1. Mélanges de paléographie et de bibliographie, p. 311. 
2 Catal. des incunables de la Bibl. de V Université de Paris, p. 8. 
3. C'est une citation de Sénèque, Epist. 47,6. Les irots « et clunes » ont été retran 
chés dans l'édition de Clutius. 




SECRETS DES RELIURES. 



283 



jadis imprimé avec divers traités de Lotharius (plus tard 
Innocent III) 1 . 

Le 8 e f. est blanc ; les ligues 3 et 4 du feuillet 7 v° donnent le ti- 
tre : Scelestissimi sathane litigationis | contra genus humanum 
liber féliciter explicit. 

Le titre courant porte : « Processus satbane » sur les verso, et « contra 
genus humanum » sur les rectos. 

Car. gothiques, sans pagination, plus de 32 lignes à la page. Longueur 
des lignes : 58 m/m. 

Premier feuillet : Iterato dixit démon, pater qui es vbique summa iu | sticia 
ego. me. 

Cinquième feuillet : ter dico meum esse quod vestrum est, postulo vos 
igitur vt | ois cesset discordia. 



Dans la reliure d'une édition d'Eutrope, publiéechezGonrmont 
en 1512, se trouvaient 5 feuillets de l'opuscule suivant : 

Titre : Berosus babillonicu* I de antiquitatibus Seu deûoratio berosi. | 
Caldaica Gum figuris et ipsius eleganti | vita Libris Geneseos perutilis. 
— Puis la grande marque de Jehan Gourmont (Si lves tre, Marques typogra- 
phiques, n 9 427). 

Au verso 3 distiques : 
Alectorem (sic) sacris dicatum. 



Vale, lector studiose et huius opusculi | perpende fecunditatem. 
Fol. 2, signé Au : Berosi vita : (en titre) | b E rosus fuitpatria babilloni- 
cus | et dignitate caldeus. 
Au verso du fol. 3, signé Aiu : Berosi babillonici hystorici de antiqui | 



1. Plusieurs incunables donnent ce traité à la fin du : L ; ber miseriae conditionis humanae 
a Lothario diacono cardinali sanctorura Sergi et Bachi qui postea Innocencius papa 
appellatus est. 



23. Pseudo-Bérose, 1509. 



Ecce babillonicus tibi prostat in ère, berosus 



Explicat : haud tantum desere lector opus 




284 



EM. CHATELAIN. 



tatibus Liber Priinus : | aNteaquaruai cladem fa- | mosam qua vniuereus 
periit | orbis. 

Au fol. 5 signé Bi, 1. 7 : % Berosi babillonici historici De anti | quitatibus 
Liber secundus. | nEcesse estigitur. 
Au verso, 1. 11 : Genealogiarum Figure. 

In-4% caract. romains, ff. non chiffrés, 18 lignes à la page. 

Comme le texte n'est qu'une falsification de Giov. Nauui (en 
latin Annius) de Viterbe, on recherche peu les diverses impres- 
sions qui ont été publiées en assez grand nombre au xv e et au 
commencement du xvi e siècle. Néanmoins il est toujours intéres- 
sant de retrouver les traces de l'activité d'un atelier parisien aussi 
important que celui de J. Gourmont. 

Suivant une obligeante communication de M. Émile Picot, 
l'opuscule, publié en 1509, comprend 32 feuillets. Voy. Biblio- 
Iheca Sunderlandiana, 1881, n° 1255. 



D'une reliure lyounaise proviennent 8 pages d'une édition in-8° 
4e Térence, texte latin sans commentaires. En caractères gothi- 
ques, sans pagination, on aperçoit seulement la signature 12 
prouvant que nous avons les feuillets l, 2, 7, 8 du onzième cahier. 
Il y a des titres courants : heauton, au v° Comedia V, puis Adel- 
phorum. Des lettrines ornées, de la hauteur de 4 lignes, ont été 
placées au commencement de chaque scène. Les vers sont impri- 
més comme de la prose, il n'y a aucun alinéa. 

Premier feuillet : Quid sit viuere. Ubi scies : si displicebit vita tum istoc 
vti | tor [heaut. V, 2, 18]. 

Deuxième feuillet : tere tuum non esse. Sost. Ah obsecro te : istuc nostris 
iuimi- | cis siet [16., V, 3, 13]. 

Troisième feuillet : posterius : uolo in iilum grauius dicere. Mi. Nec nihil 
nec | omnia [Adelph. I, 2, 60]. 

Quatrième feuillet : Cupio modo equi aliquid. Eschin. Vah leno iniqua me 
| non vult loqui [lb. y II, 1, 33]. 



24. Térence. 




SECRETS DES RELIURES. 



285 



25. Virgile. 



Fragment de seize feuillets (cahiers N m et q) d'une édition de 
poche, comptant 27 lignes à la page, en car. gothiques, avec titres 
courants, sans pagination, avec signatures m.j. jusqu'à m.iiij. et 
q.j. jusqu'à q.iiij. Justification en hauteur : 70 mm. 

Premier feuillet (m.j) : Eneidos | Arma virumqu* cano : troie qui prtmus 
»b oris. 

Dernière ligne de m 8 v* : Educunt fétus : aut cum liguentia mella. 
Feuillet q. 1 : Eneidos | Uellitur hinc antro linquuntur sanguine gutte. 
Dernière ligne de q 8 v 9 : Et quo quemque modo fugiasque ferasque laborem. 



La bibliographie des bréviaires publiés dans le premier siècle 
de l'imprimerie est loin d'être connue. Beaucoup d'éditions des 
xv° et xvi° siècles ne nous sont attestées que par un exemplaire 
unique, souvent à l'état fragmentaire. Ainsi, c'est au moyen de 
quelques feuillets, trouvés dans des reliures, que M. Léopold 
Delisle a révélé l'existence de bréviaires à l'usage d'Avrauches, 
de Bayeux, de Goutances ou de Lisieux 1 . 

Le vieux bréviaire du diocèse de Rodez est connu par des 
manuscrits, dont quatre sont conservés à la Bibliothèque natio- 
nale 2 (fonds latin 1260, 1262, 1306, 13236). Un manuscrit du 
xv° siècle, appartenant à M. le barou de Prinsac, a figuré à l'Ex- 
position rétrospective du château de Pau en 1891 et M. l'abbé 



1. Catalogue des livre* imprimes ou publiés à Caen avant le milieu du xvi* siècle, 
t. I, n* 68-77. 

2. Cf. Catal. cod. hagiographicorum latinorum. . . in bibl. nat. Paris. , ed. hagio- 
graphi Bollandiani, t. III, p. 591. 



III. — Textes Liturgiques 



26. Bréviaire du diocèse de Rodez. 




286 



ÉM. CHATELAIN. 



Dubarat Ta décrit dans une communication au Comité des travaux 
historiques 1 , en 1896. On en connaît encore quelques autres 1 . 

Mais les premières éditions du bréviaire de Rodez* sont incon- 
nues. Le Musée britannique, comme ûotre Bibliothèque nationale, 
n'en possède aucun spépimen. A Rodez même, la Bibliothèque 
municipale peut être fière d'un bréviaire in-foi, imprimé en 1482, 
on ne sait dans quel pays ni dans quel atelier, mais c'est un bré- 
viaire romain ; il forme le n° 2927 du Catalogue général des incu- 
nables des bibliothèques publiques de France publié par Marie 
Pellechet. Dans son c Mémoire sur les livres liturgiques des dio- 
cèses de Rodez et de Vabres 3 », M. l'abbé Vialettes a montré com- 
ment, par des corrections manuscrites faites dans le Calendrier, on 
avait adapté cet exemplaire aux usages du diocèse de Rodez; de 
plus, on y a inséré la copie d'une ordonnance de Bertrand de Cha- 
lendon, évêque de Rodez, datée de 1472, promulguant les rubri- 
ques du bréviaire et du missel, ainsi qu'un Ordo pour régler le rite 
des fêtes, etc., afin de ramener les églises du diocèse à l'unité du 
culte. 

Le plus vieil imprimé connu jusqu'à ce jour est l'exemplaire 
possédé par le comte de Villafranca, décrit par M. AJès*. Publié 
à Lyon en 1543, ce bréviaire de format in-8° se compose de 16 -f- 
544 feuillets et a pour titre : c Breviarium ad usum cathedralis 
ecclesie et aliarum diocesis Ruthenensis ecclesiarum. » 

On pouvait donc croire qu'on n'avait point imprimé de bréviaire 
de Rodez avant 1543. Les fragments dont je vais dire un mot pro- 
viennent d'un exemplaire plus ancien; ils ont été trouvés dans la 
reliure d'un livre imprimé à Avignon, chez Jean de Channey, en 
1525, Ylsagoge ad linguam Oraecam de Sanctes Pagninus. 

Les 58 feuillets retrouvés ne sont qu'une faible partie du volume 
qui en avait plus de 528 ; néanmoins ils peuvent en donner une 



1. Notice sur le plus ancien bréviaire manuscrit du diocèse de Rodez (xv» s.). 
[Bulletin historique et philologique, 1896, p. 582-585]. 

2. Signalés dans le mémoire de M. l'abbé Vialettes, cité ci-dessous. 

3. Congrès provincial de la Société bibliographique el des publications popu- 
laires. Session tenue à Montpellier les 11, 12 et 13 février 1895. Montpellier, 1895-96, 
p. 470. 

4. Description des livres de liturgie imprimés aux xv« et xvi* siècles faisant 
partie de la bibliothèque de S. A. R. Mgr Caries-Louis de Bourbon (comte de Villa- 
franca). Paris, Hennuyer, 1878, p. 245 et s. 




SECRETS DES RELIURES. 



287 



idée. Imprimé en caractères gothiques noirset rouges sur 4 colonnes 
de 35 lignes, en format in-8°, avec une justification de 115 sur 
74 millimètres, sans compter les manchettes, il a des titres cou- 
rants, des folios numérotés en chiffres romains et des cahiers 
signés de a à z, de A à Z, puis de aa à tt et probablement quelques 
lettres doubles en plus. 

Avant le folio I se trouvait un calendrier dont les pages n'étaient 
pas chiffrées. Il ne nous en reste qu'un feuillet et demi. C'était 
certes, une des parties les plus intéressantes du volume. Après la 
mention de la saint Silvëstre (31 décembre), on lit en caractères 
rouges : 

Inhibendo omnibus : ne alia festa quam in dicto kalendario inserta assu- 
mera présumant prout hactenus pro vitando offlcium feriale, et abbrevia- 
tione sui offlcii : a nonnullis abutendo assumptâ fueTe : cum ex contentis 
in prefato kalendario sufficienter nedum cis sed cuilibet satisfactum existât, 
hortando et monendo singulos, quatinus summa cum diligentia conformi- 
tati studere intendant: pro qua servanda: in die octave conceptionis béate 
marie, ad pugillarem sive calamum recurrant scribcndo, vel memorie 
retinendo. 

Par un heureux hasard, le folio 1 a été conservé, et sous la 
rubrique : t Dominica prima aduentus *, il nous fournit le titre 
du volume. 

Foi. 1, col. 1 (en rouge) : In christi nomine. Amen. | Incipit breviarium | 
8ecundum usum diocesis Ruthenensis. | In primis notandum est | quod 
adventus domini inci | pit quando festum beatian- | dree occurrit secunda, 
tertia | aut quartà feriis : in dominica | precedenti. 

A la ligne 23 (en noir) : Fratres | Scientes | quia ho- 1 ra est iam | nos de 
sum | no surge | re : nunc autem propior est nostra | salus : quam cum 
credidimus. [La lettre initiale F. estime lettrine contenant un personnage 
qui tient une épée dressée dans la main droitej. 

Fol. CCXCIII : Régule générales festorum. 

Sequuntur régule festorum. Et ad illas aggrediendo : ut denominatio 
certorum festorum solemnium in kalendario romano existens non contem- 
natur sed in aliquibus assumatur. Cum festa que sic in eodem désignan- 
te solemnia : sint consueta celebrari in predicta diocesi Ruthenensi ad 
modum festi duplicis. Ordinatur quod a modo in antea festa majora totius 
anni denominabuntur festa duplicia majora solemnia prout in kalendario 
et locis suis inseruntur. Reliqua vero festa illis inferiora : que erant du- 
plicia majora aut minora in kalendario et regulis Rutheneusibus antiquis ; 




288 



ËM. CHATELAIN. 



remanebunt in sua denominatione. Et ut rationi congruit, et ex regulis 
ecclesie Romane colligitur : de omnibus principalioribus festis ecclesia- 
rum ipsius diocesis Rutheneusis memoria precipua habeatur... 

{Ibid. w). Sequuntur régule festorum semiduplicium. De festis semidupli- 
cibus que ninic et a modo in antea sic assumuntur et denominantur. 
Quamvis secundum régulas Romanas in ipsis dicantur suffragia et preces, 
miscendo ofllcium béate Marie quemadmodum in festis simplicibus novein 
lectionum. Tamen pro majori conformitate ad ecclesias in quibus princi- 
paliora festa existnut : et pro impendendo eis majorem honorem et reve- 
rentiam : de ipsis flet sine suffrages et precibus parvis. Et in primis ves- 
peris a capitulo in antea : et in secundis flet totaliter de eisdem festis semi- 
duplicibus : cum commune festi [fol. CGXGlIil] simplicis, vel ferie : si flat 
de eis in crastinum... 

Dedicationes ecclesie catbedralis et aliarum totius diocesis : pro unifor- 
mitate observanda : uno die sciiicet dedicatiouis apostolorum Pétri et Pauli 
amodo in antea tient : que cadit (fol. 294, w) décima octava novembris. 
Prohibendo omnibus : ne alio die quam predicto ofllcium ejusdem dedica- 
tiouis habeant celebrare. Precipiendo quatinus hoc non obstante : in pui- 
sa tione campanarum : missis solemnibws : processionibus et aliis solemni- 
tatibus : in singulis ecclesiis predicte diocesis diebus quibus solitum erat 
dictas dedicatio[ne8] celebrari : teneantur parrochianis devotissime et 
prout soliti erant facere... 

Ordinando et precipiendo : quatinus omnia festa perflciantur : non in 
festo béate Lucie : sed ante festi vitatem pentbecostes : et quod non trans- 
fera n Lu r de anno in annum... 

(fol. GCCXXIX). Incipit ofQcium immaculate conceptiouis béate virginis 
Marie. Editum per reverendum patrem dominum Leonardum Nogarolum 1 
prothonotarium apostolicum : artium et sacre théologie doctorem famosis- 
simum. In primis vesperis. . . 

Les instructions formelles ci-dessus rapportées ne peuvent être 
attribuées qu'à l'autorité épiscopale. L'auteur en est-il Bertraud 
de Chaleudon, évêque de Rodez de 1457 à 1494, Bertrand de Poli- 
gnac (1499-150l)ou François d'Estaing, qui occupa le siège de 
1501 à 1529? Suivaut M. Tabbé Vialettes 2 , ce dernier fit une réforme 
complète du bréviaire, mais ses rectifications ne furent approuvées 



1. Léonard de Nogarolis a publié à Vicence un « liber de raundi eternitate »> eu 
i486; un *< liber de beatitudine » en 1485; un « liber de objecto intellectus » en 1497. 
Son office de l'Immaculée Conception n'est pas mentionné dans Hurler, Somenclator 
lilcrarius rtctntioris theologiae catholicae, t. IV (Oeniponte, 1899), p. 838, quoiqu'il 
figure dans un bon nombre de bréviaires. 

2 Loc. cit., p. 471. 



Digitized by 



SECRETS DES RELIURES. 



289 



par Clément VII qu'en 1526. Notre exemplaire paraissant imprimé 
avant 1526, il est plus probable qu'il reproduit les instructions de 
Bertrand de Ghalendon. 

L'année de l'impression du volume dont la Bibliothèque de 
rUniversilé de Paris possède désormais 58 feuillets est donc incer- 
taine, comme le nom de l'imprimeur et la ville d'où il est sorti. 
Si ce n'est à Avignon, c'est peut-être à Lyon que le bréviaire de 
Rodez a été imprimé Fa première fois, et l'éditiou de 1543, connue 
par un seul exemplaire, n'est peut-être que la reproduction du nôtre 
avec les modifications introduites par François d'Estaing. On 
trouverait sans doute la solution de ces questions, si l'on découvrait 
dans la reliure des autres exemplaires conservés de Pagninus des 
feuillets qui nous manquent, surtout ceux de la fin, indiquant, 
peut-être, l'imprimerie qui les a produits. 



27. Psautier. 

Quinze feuillets d'un petit in-8°, oblong, imprimé en caractères 
gothiques, avec des initiales rouges, comptant 35 lignes à la page, 
sans pagination, avec signatures. Justification : 105 sur 40 mm. 

La moitié du cahier B, tout le cahier G, les ff. 1. 4. 5 du cahier I 
sont conservés. 

Premier feuillet signé Bm : magna : vota mea reddam in conspe- | ctu 
[Psalm. 21 j 

Dernière ligue du 6* feuillet de B : due dixi deus meus es tu : in mani 
Feuillet C : stodit dns omnia ossa eorum : unum | ex his non conteretur 
[Ps. 33]. 

Fin du cahier C : eam ineternum. Suscepimus deus [Ps. 47]. 

Fol. I : tes in sepulchris quorum non es raenor | ampllus [Ps. 87]. 

Fol. I iiii : sipiens non cognoscet : et stultus non in | telliget hec [Ps. 91]. 

Dernière ligne du 5 e f. de I : pter iudicia tua dne. Qm tu dns 



28. Psautier. 

Douze feuillets d'un exemplaire presque semblable (B iii, B iiii 
[B 5 et B 6] et cahier G tout entier) : On remarque cependant 



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290 



ÊM. CHATELAIN. 



quelques légères différences, par ex. à la dernière ligne du cahier 
C, le mot deus est exprimé par deux lettres suivies de l'abré- 
viation ordinaire de us, au lieu d'être imprimé en toutes lettres. 
De plus, le chiffre romain des psaumes est rouge ou noir dans des 
passages où l'autre exemplaire est noir ou rouge. On a ainsi 
deux états ou deux tirages d'une môme édition du commencement 
du xvi 0 siècle. 



Huit feuillets, dont quatre mutilés, d'un petit volume oblong, 
analogue aux Psautiers ci-dessus mentionnés. 

Caract. gothiques, 42 lignes à la page, sans pagination, avec signatures ; 
initiales tirées en rouge. Justification : 106 sur 42 mm. 

Premier feuillet (signé biij) : sunt. Statuit ea ineternum et iu secu | lum 
seculi. 

2« feuillet : gendos pedes nostros in viam pacis. | Gloria patri. — Au bas 
de la page, après : « in pace Amen » se lit en rouge : Romanum usum 
tenentes in fine matu | tiuarum diue virgmis sequentem soient orationem 
| dicere que reuera deuota et artiflciosa est. 

Au v* : Aue Stella matutina. Mundi prin 1 ceps et regina. — Au chapitre 
« ad primam », devant Deus, un bois (mes. 30 sur 23 mm.) représente la 
nativité : la Vierge et S. Joseph, le bœuf et l'âne. 

5« feuillet : tem odoris. Deo grattas. Post partum | virgo. — Au bas, au 
chapitre « ad vesperas » un bois (de la dimension indiquée) représente la 
fuite en Égypte. 



Huit feuillets du dernier cahier (signé f) d'un petit livre d'heures 
imprimé à Paris par Denis Rose. 

Car. gothiques, rouges et noirs, sans pagination, 14 lignes à la page. 

Justification : 68 sur 45 mm. 
Premier feuillet (signé f) : A iudeis traditus vendi | tus et afflctus («te) 
2* feuillet : Oro. Dne. ad tarciam (sic) | Cruciûge clami- | tant hora ter- 

ciarum | illusus induitur veste | purpurarum. 



29. Officium B. M. Virginis. 



30. Livre d'heures. 




SECRETS DES RELIURES. 



291 



3« feuillet: De cruce de ponitur | hora vesp«rtina. — Au v» dernières 
lignes : Iucipit ofllcium sancti | spus. Ad matutinas. 

4« feuillet. Bois grossier (mes. 18 sur 15 mm.) représentant N.-S. devant 
les mots : Domine | labia me | a aperies 

5* feuillet : De virgine maria | christus fuit natus | Crucifixus mortta 
atque | tumuiatuj 

6 e feuillet : DonUm dei cari tas fons | vivificatus Spiritalis | untio 

7« feuillet : Nostre pere qui es | est cieux. Scifle j soit ton nom. Ton 
reaulme | nou* aduigne. — Au v° : Je te salue marie | plaine de grâce | 
nostre seigneur est auec | toy. Tu es benoiste sur | toutes femmes et benoist | 
est le fruit de ton ventre | ihesus. — Au bas : sensuit le credo en 1 fraucois 
selon les douze apostres sainct pierrr 1 1 le croy en dieu le pere tout puissant 

8« feuillet : créateur du ciel et de la | terre. «. andre. Et en iesucrist son 
fllz vng seul | nre seign. s. Jacqs le granl \ Qui fut conseu du sainct 1 esperit 
ne de la*virge marie 1 s. iehan. soufri de soubz | ponce pyiate fut crucifie | 
mort et enceueli. s. thomas | Descendit es eufers : Le | tiers iour rtsusita 
de | mort. s. iaqe$ le mineur | Monta es cieux se siet | a la destre de dieu 
le pe- 

Au v° : re tout puissant, s. philippe | En après viendra iuger 1 les vifz et 
les mors $ bar \ thelemi le croi au sainct | esperit. s. mathieu. La | saincte 
église catholicque. «. | éimon. La communion des | sains La remision des 
pe | chez, s: Jude La resure | ction de la cher. s. mathi \ a$. La yie éternelle. 
| Imprime a paris pour | dénis rose demourant en 1 la rue sainct iacques. 

Les nombreuses fautes typographiques de ces pages, retrouvées 
en plusieurs exemplaires daus la même reliure, semblent prouver 
que ce sont des épreuves de la librairie Rose. 



Émile Châtelain. 



1. Sic. J'indique ici en italiques les mots imprimés en rouge. 




BIBLIOGRAPHIE 



Alphonse Bayot. Gormond et lsembart. Reproduction photocollo- 
graphique du manuscrit unique, II. 181, de la Bibliothèque 
royale de Belgique, avec une traduction littérale. — Bruxelles, 
Misch et Tron, 1906, gr. in-4°. (Publications de la Revue des 
Bibliothèques et Archives de Belgique, n° 2.) 

La Revue des Bibliothèques et Archives de Belgique, qui a été la principale 
promotrice du récent Congrès de Liège, tient à honneur de rester dans la 
voie qu'elle a si bien tracée et, comme on dit, de prêcher d'exemple. Elle 
publie un excellent facsimilé du petit poème de Gormond et lsembart, dont 
uue courte et précise notice de M. Alphonse Bayot, attaché à la section des 
manuscrits de la Bibliothèque royale, expose tout l'intérêt : c'est le seul 
débris connu d'une épopée française dont on retrouve d'assez nombreuses 
traces dans la littérature du moyen âge et qui était probablement intitulée 
U roi Louis. Les quatre feuillets de ce fragment remontent au xm* siècle; 
ils proviennent de la succession de Mgr de Ram et ont été publiés dès 1875, 
avec plusieurs inexactitudes, par un excellent romaniste, Auguste Scheler 
(Bibliophile Belge, t, X, p. 149 et suiv., avec un médiocre facsimilé). 

Nous espérons que cette première publication sera suivie, a brève 
échéance, d'uu bon nombre d'autres du même genre, L. D. 

Bibliografia générale di Roma, a cura di Emilio Calvi. Volume 1. 
— Bibliografia di Roma nel medio evo (476-1499) con indici per 
soggetti et perautorL — Roma, Ermanno Loescher & Co., 1906, 
in-8°, xxm-175 pages. 

Le nom de M. Emilio Calvi, qui a déjà rendu tant de services à la biblio- 
graphie italienne, nous est, à lui seul, un sûr garant de la valeur du grand 
ouvrage dont il vient de publier la première partie. Et, de fait, ce volume 
parait avoir été établi avec un soin, une méthode, une netteté tout à fait 
remarquables. Il échappe, comme toutes les publications de ce genre, à une 
analyse instantanée, et Ton ne pourrait se rendre compte de son degré de 
perfection qu'en soumettant un certain nombre de chapitres à un examen 
minutieux. Cependant on peut, croyons-nous, affirmer dès aujourd'hui qu'il 
subira sans grand risque cette épreuve concluante. A première vue, c'est 
l'histoire littéraire de Rome au xv siècle qui nous parait le plus sacrifiée : 
je ne relève dans l'Index ni le nom d'Ange Politien, ni celui de Pic de La 




BIBLIOGRAPHIE. 



293 



Mirandole. Quelques tirages à part sont indiqués purement et simplement, 
sans renvoi au périodique d'où ils ont été extraits (par ex. le n° 196). Mais 
nous sommes obligés de nous borner ici à indiquer les titres des différentes 
sections du tableau de la classification adoptée : Première partie. Sources 
bibliographiques. — Seconde partie. Bibliographie générale de Home à toute 
époque. — Troisième partie. Bibliographie générale de Rome au moyen âge 
(476-1499). — Quatrième partie (i). Bibliographie générale de Rome pendant 
le haut moyen âge (476-999). — Quatrième partie (2). Bibliographie particu- 
lière de Rome pendant le haut moyen âge (476-999) disposée suivant Tordre 
chronologique. — Cinquième partie (1). Bibliographie générale de Rome 
pendant le bas moyen âge (1000-1499). — Cinquième partie (2). Bibliographie 
particulière de Rome pendant le bas moyen âge (1000-1499). — Sixième partie 
(1). Le quinzième siècle (1400-1499) en général. — Sixième partie (2). Le quin- 
zième siècle dans le détail (événements disposés suivant l'ordre chrono- 



Manuel de bibliographie biographique et tï iconographie des 
femmes célèbres..., par un Vieux Bibliophile. — Second et 
dernier supplément. — Rome-Turin, Paris, Leipzig, London, 
1905, in-8°, xm-758 pages. 

M. A. Ungherini poursuit, dans ce volume, l'œuvre qu'il a commencée, 
il y a de longues années, avec une bonne volonté au-dessus de tout éloge, 
un désintéressement parfait et une intrépide candeur qui désarment la 
critique. Le « vieux bibliophile » se croit sceptique ; il ne faut certes pas 
être sceptique pour amasser un tel nombre de fiches et pour les publier 
ainsi, un peu au petit bonheur, si je puis dire. Il n'y a pas trace de science 
bibliographique chez notre excellent auteur, et peut-être s'en fait-il gloire. 
Mais il est certain que son œuvre, si considérable et si mêlée, mérite la 
sincère reconnaissance des historiens et peut-être même, jusqu'à un cer- 
tain point, leur admiration. D'ailleurs, ce second supplément, tul qu'il est 
conçu et rédigé, aidera grandement les travailleurs à se retrouver dans ce 
labyrinthe où Ariane elle-même, bien que femme, se serait peut-être égarée 
plus d'une fois. L. D. 

Eugène Sol, diplômé des Archives Vaticanes. — Les rapports de 
la France avec (Italie du xn° siècle à la fin du 1 er Empire 
d'après la série K. des Archives nationales. — Paris, H. Cham- 
pion, 1905, in-8°, 163 pages. 

Le titre de cet inventaire, souvent mais non toujours analytique, pourrait 
induire en erreur les savants qui s'occupent du moyen âge. En réalité, il 

Revue dka bibl., juillet-août 1V06. xvi. — 21 



logique). — Supplément. 



L. D. 




294 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 



y a là très pou de documents antérieurs au xvn e siècle, et l'ouvrage de 
M. Sol ne sera vraiment utile qu'aux historiens du « grand siècle » et des 
deux siècles suivants, jusqu'en 1813. Il convient de signaler, entre autres 
pièces curieuses, un acte relatif à la compagnie des notaires de Bologne et 
l'église Santa Cro<:e de cette ville, qui paraît remonter au xiv« s. (n°95); 
un recueil relatif aux droits du duc d'Orléans sur la seigneurie d'Asti, 
composé au xv° s. par Jean Sicarl (n* 535) ; la commission, avec minia- 
tures, de Benedetto Venier, procurateur de Saint-Marc, pour les sestieri 
San Marco et Gasteilo, Venise, 1319 (527); un plan colorié de la maison de 
l'ambassadeur de France à Venise, sans date (125), et quelques plaquettes 
imprimées assez peu communes. L. D. 



Périodiques — Ou remarque, dans le Zentralblitt fiir Bibliothekswesen du 



N # de juin : W. L. Schrbibbr, Recherche des gravures sur bois et des 
incunables (l'auteur demande qu'il soit réservé, dans le Catalogue général des 
bibliothèques prussiennes, plus de place qu'on ne l'a d'abord projeté pour 
les gravures sur bois renfermées dans les incunables); — O. Clbmbn, 
Bibliographica pour l'histoire de la Réforme : V. Un placard d'Adam Pétri, de 
BâUe : Verbum bonum gtliitst (sic) Durcit Sebastianum Brant (Bibl. de Saint- 
Gall, avec une gravure sur bois; VI. Une publication de Christoph Hegen- 
dorfer intéressante au point de vue typographique : Fratris Baptiste Mantuani 
carmen de Camisprivii mala conswludine, Lipsiae, ex aedibus Wolflfg. 
Monacensis, 1519, 4 ff. in-4°; — E. Wibdkmànn, Sur la photographie des mss. 
et des imprimés; note additionnelle, avec une gravure; — les modifications 
dans le Catalogue annuel des écrits universitaires; — A. B. M., Le trésor des 
livres de Dresde (les livres possédés par les 78 dépôts de Dresde montent au 
total de 1 495 795) ; — Rudolf Hblssio, Oskar von Gebhardt; note nécrolo- 
gique sur le regretté directeur de la Bibliothèque de l'Université de Leipzig, 
décédé le 9 mai dernier; la Revue des Bibliothèques s'associe cordialement à la 
douleur causée en Allemagne par la mort de ce savant et charmant homme. 
— Compte rendu de l'ouvrage suivant : Jan Czubbk, Catalogue des mss. de 
l'Académie des Sciences de Cracovie (1906, t. III, en polonais) [M. PbrlbaCH]. 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES 



ALLEMAGNE 



D T Paul Schwenke, les articles suivants : 




CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



2y5 



— Ernst VOULLIÈMB, Récents ouvrages sur les incunables ; — Compte rendu : 
Victor CHAUVIN, Bibliographie des ouvrages arabes ou relatifs aux Arabes (t. IX, 
Liège- Leipzig, 1905) [K. Vollbrs] ; etc. 

N° de juillet-août ; Septième réunion des bibliothécaires allemands, tenue à 
Berlin les 7 et 8 juin 1906 : H. SCHNORR von Carolsfeld, Les cours profes- 
sionnels de la Bibliothèque royale et municipale de Munich ; — C. M a AS et 
A. WOLFSTIBO, burles impiimcs officiels; — D r NaBTRBUS, Sur les bibliothèques 
des établissements universitaires prussiens ; — D r BOYSBN, Les résultais 
poursuivis par le Catalogue général des Bibliothèques prussiennes. — Annonce 
de la nomination définitive de M. Adolf Harnagk comme «directeur général» 
de la Bibliothèque royale de Berlin, et de la nomination de M. Paul 
Schwbnkb comme « premier directeur »; etc. 



Périodiques. — On remarque, dans le Bulletin du Bibliophile, les articles 
suivants : 

N* des 15 juin et 15 juillet : Lucien Pin vert, Sur Mérimée. A propos d'ou- 
vrages récents (fin) ; — Henri CLOUZOT, Antoine Jacquard et les'gravturs poite- 
vins au xvir siècle (fin, avec une planche hors texte) ; — L.-G. Pélissibr, 
Lettres de divers écrivains français (lettre de Beaumarchais au comte de Ver- 
gennes, 8 mai 1777 ; lettre de Madame Du Boccage au comte Algarotti, 
1750; lettres de Marmontel à l'abbé Maury, 1783; de Bernardin de Saint- 
Pierre à Dingé, an III; de Ducis à Mury, au VIII) ; — Henri Cordibr, Le 
D* Richard Gameti, note nécrologique ; — L. Maeterlinck, Uart et les rhèto- 
riciens flamands. 

— A signaler, dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, les études sui- 
vantes : livraisons de janvier-avril 1906 : Elie Berger, Les lettres closes de 
Saim-Omer, avec un facsim. hors texte ; — Georges Daumbt, Les testaments 
d'Alphonse X le Savant, roi de Castilte. — Note sur le second volume des 
Antiquités et Guerre des Juifs de Joaèphe offert à la Bibliothèque nationale 
par le roi d'Angleterre [H. OmontJ ; etc. 

Liviaisons de mai-août : A. Boinbt, Un bibliophile du xv 6 siècle : le grand 
bâtard [Antoine] de Bourgogne (liste de rnss. ou fragments de mss. prove- 
nant de sa collection), avec 3 facsim. hors texte ; etc.. 

— On trouvera, dans le Bulletin de la Société de C histoire de Paris et de V Ile- 
de-France ^33° année, 2« livraison, 1906), un très curieux Inventaire alphabé- 
tique dis documents relatifs aux artistes parisiens conservés aux Archives de la 
Seine, par M. Lucien Lazard. 

Reproductions de manuscrits. — MM. Bbrthaud frères ont ajouté un 
nouveau volume à la série de leurs facsimilés phototypiques des manus- 
crits de la Bibliothèque nationale : Grandes Chroniques de France enluminées 



FRANGE 




296 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



par Jean Foucquet. Reproduction des 54 miniatures du manuscrit français 6465 
de la Bibliothèque (Paris, imprimerie Berthaud frères, 31, rue de Bellefond). 
Ce rns. célèbre, dont plusieurs peintures étaient déjà connues, mérite 
pleinement l'honneur qui vient de lui être fait. — Il serait intéressant de 
faire le départ, pour celles qui contiennent des représentations de villes, 
de ce qui est réellement emprunté à la réalité et de ce qui est dû à l'ima- 
gination du peintre. On sait qu'au moyen âge les peintres n' « inven- 
taient * pas leurs paysages, qui sont pour la plupart des peintures très 
fidèles dont on a pu, de nos jours, retrouver plus ou moins facilement le* 
originaux. Au xv« siècle, les artistes sont déjà très indépendants et Fouo 
quet n'est point parmi ceux qui prennent le moins de libertés; aussi 
serait-il curieux de savoir, dans la mesure du possible, ce qu'il y a de réel 
dans les représentations de Paris (pl. 2, 26, 40 et 48), dans celle d'Orléans 
(pl. 3), dans celles de l'église de Clichy (pl. 5), de Saint-Pierre de Rome 
(pl. 19), de Tours (pl. 20 et 26), du Château de Montpensier (pl. 28), de Cam- 
brai (pl. 43), etc. 11 faut mettre à part la peinture de Paris vu de Saint- 
Denis, qui ne soulève aucune difficulté, mais que la phototypie (pl. 4) et la 
simili-gravure [Hist. de la HU. franc, de M. Emile Faguet, t. I, p. 85), ne 
parviennent pas à saisir dans toute sa netteté et tout son charme ; — et 
celle de Saint-Pierre de Rome (pl. 8), identifiée par M. Durrieu [Mil. De 
Rossi). Pour des raisons contraires, il faudrait probablement excepter de 
ces recherches la vue de Constantinople (pl. 23), qui est de pure invention , 
et, malgré son apparence « orientaliste », celle de Tunis (pl. 29). — Une 
autre remarque à faire sur cette suite de peintures, c'est ridée, assez malheu- 
reuse, qui est venue au peintre de grouper souvent, sans toujours les sépa- 
rer bien clairement, deux scènes très distinctes dans le même tableau 
(pi. 6, 14, 17, etc.) ; l'effet produit est, en général, assez médiocre. — Les 
batailles et les cérémonies où figurent les souverains, si communes dans 
les mss. de la fin du xv p siècle, sont déjà en bon nombre dans ce volume ; 
les plus curieuses sont ici : le supplice des partisans d'Amaury de Chartres, 
brûlés devant Paris, en présence de Philippe Auguste (pl. 26) ; l'inhuma- 
tion, à Saint-Denis, de Philippe le Bel, dont le cadavre fait peine à voir 
(pl. 33) ; la belle entrée à Paris de Charles V, précédé du connétable Robert 
de Fiennes (pl. 40) ; l'arrivée de l'empereur Charles IV à Saint-Denis, très 
curieuse pour l'histoire des premiers € carosses » ou litières avec chevaux 
(pl. 44) ; l'empereur Charles IV et le roi des Romains s'apprêtent à monter 
à cheval, à la Chape! le-Saint-Denis (pl. 46) ; Charles V et sa suite allant au 
devant de ces deux personnages (pl. 47) ; etc. Il y a là une suite de tableaux 
dont on ne saurait trop admirer l'habile composition, la vraisemblance et le 
noble réalisme. — Comme tous les autres recueils de cette série, celui-ci 
est précédé d'une brève introduction et de notices des planches par 
M. Henri Omont. 




CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



297 



Association dbs Bibliothécaires français. — La première réunion de 
l'Association des bibliothécaires français a eu lieu, le samedi 30 juin, au Musée 
social. La séance a été présidée par M. Deniker, assisté de MM. Michel et 
Martin, vice-présidents. En voici le bref compte rendu. 

M. Nicaud, bibliothécaire de l'Université de Grenoble, dans une lettre 
adressée au Comité, insiste pour qu'on s'occupe activement de la question 
d'amélioration des traitements et dépose une motion tendant à ce que des 
démarches soient faites d'urgence, par le Comité, auprès du Ministre de 
l'instruction publique. M. Deniker répond que des démarches officieuses 
sont seules possibles actuellement; ces démarches seront faites, elles sont 
même commencées, mais on ne peut, en séance publique, se tracer un 
programme. C'est également l'avis de M. Rébelliau. 

M. Sustrac donne lecture d'une lettre et d'un rapport de M. Bbrthbt, 
bibliothécaire à la Bibliothèque municipale de Grenoble, sur les réformes 
des bibliothèques. M. Berthet trouve insuffisantes les réformes proposées 
par M. Langlois dans ses articles du Temps. L'État doit s'occuper et régle- 
menter, dit-il. toutes les bibliothèques, petites et grandes. 11 retrace le 
tableau bien connu de la situation des bibliothèques municipales, sans * 
autorité, sans stabilité, et il conclut en demandant que l'État prenne la 
direction et la charge de ce service, comme il a pris la charge du service 
de l'enseignement. 

Plusieurs points de ce rapport sont mis en discussion. t 
M. Bonnbrot appelle l'attention sur la question du stage ; les stagiaires 
attendent leurs nominations pendant de longues années sans aucune rétri- 
bution. 

M. Marais cite, à l'appui, l'exemple de quelques stagiaires delà Biblio- 
thèque Mazarine, stagiaires depuis dix et douze ans. M. Martin en compte 
également plusieurs dans le même cas à la Bibliothèque de l'Arsenal, mais 
il croit que, dans le projet de réformes, celte institution est supprimée, le 
stage étant réduit à six mois et devant être établi dans l'intérêt du stagiaire 
et non pas dans celui de l'établissement. 

La question des employés de bibliothèque, c'est-à-dire d'un personnel 
intermédiaire entre les bibliothécaires et les gardiens, est également dis- 
cutée. La Bibliothèque nationale comptait autrefois un assez grand nombre 
de ces fonctionnaires sous le nom de commis. De la discussion, à laquelle 
prennent part MM. Godin, Martin, Gautier, Sepet et Sustrac, il résulte que 
cette catégorie intermédiaire de fonctionnaires est nécessaire ; il n'en est 
pas question dans le projet de loi, c'est une lacune ; il restera seulement à 
examiner si le môme régime devra s'appliquer à toutes les bibliothèques. 

M. Lblong estime que les deux catégories de fonctionnaires seules pré- 
vues par la loi — bibliothécaires et gardiens — seront peut-être suffisantes 
à Paris, mais que, dans la plupart des bibliothèques de province, des 
employés seront nécessaires. Dans les bibliothèques où il existe actuelle- 




298 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



ment plusieurs emplois de bibliothécaires et rte sons-bibliothécaires, il est 
à craindre que les municipalités, trouvant le tarif officiel prévu dans la 
nouvelle réglementation trop élevé, suppriment simplement les emplois 
de sous-bibliothécaire et ne conservent à la Bibliothèque qu'un emploi, 
celui de bibliothécaire, tous les autres étant tenus par des gardiens. 
M. Lelong insiste, en outre, sur le mode de recrutement prévu dans le 
projet. 11 est unique : tout candidat aux fonctions de bibliothécaire devra, 
pour être admis à subir l'examen de bibliothécaire, justifier 1° d'un stage ; 
2 9 d'un titre scientifique. M. Lelong demande que ce recrutement soit 
double ; il insiste sur l'intérêt qu'il y aurait à ce que tout fonctionnaire qui 
pourrait justifier d'un service prolongé dans les bibliothèques (dix ans par 
exemple) puisse être dispensé de la production d'un titre scientifique pour 
être admis à subir l'examen de bibliothécaire. 

M. Michel expose la question des retraites, question du plus haut intérêt 
pour les bibliothécaires municipaux. M. Gautier pense qu'il serait possible 
de trouver, comme le projet l'a fait pour les archivistes, un moyen d'inté- 
resser l'État dans les versements effectués par les bibliothécaires. M. Lelong 
ne croit pas que le moyen appliqué aux archivistes puisse être étendu aux 
bibliothécaires, car le budget départemental est, dans certaines limites, un 
budget relevant de l'État; il n'en est pas de même des budgets munici- 
paux. 

La date de la prochaine réunion a été fixée au samedi 10 novembre. 

Dans les séances qu'il a tenues en juillet, lo Comité a étudié les points 
essentiels sur lesquels il convient d'appeler l'attention des pouvoirs publics. 
Le mémorandum suivant a été rédigé et remis, à cet effet, à M. le Ministre 
de l'Instruction publique : 

« L'Association des bibliothécaires français a l'honneur de présenter à 
M. le Ministre de l'Instruction publique les vœux suivants : 

1<> Accès à la carrière de bibliothécaire. Nul ne pourra entrer dans la carrière 
s'il ne réunit les deux conditions suivantes : !• être pourvu d'un diplôme 
d'enseignement supérieur ; 2° avoir subi avec succès un examen profes- 
sionnel. 

Par exception, les fonctionnaires (employés et agents) qui compte rout 
plus de dix ans de services rétribués dans une bibliothèque appartenant à 
l'État ou à un établissement public ou dans une bibliothèque municipale 
classée pourront être dispensés de la première de ces deux conditions. 

Les fonctions d'administrateurs et de conservateurs devront être réservées 
aux bibliothécaires. 

2° Traitements et avancement. Les bibliothèques appartenant à l'État ou à 
un établissement public seront réparties en classes d'après leur importance. 

Le personnel de ces bibliothèque sera également réparti en classes (dusses 
personnelles) pour les bibliothécaires de 30u0 à 6000 francs et, pour les 




CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



299 



conservateurs et administrateurs à partir de 7000 francs. L'avancement 
aura lieu moitié au choix, moitié à l'ancienneté, et pour la bonne marche 
du service, de préférence sur place. Dans l'avancement à l'ancienneté, les 
bibliothécaires ne pourront rester plus de quatre ans dans la même classe 
(avancement automatique, analogue à celui prévu au budget de 1907, 
page 144) pour les secrétaires d'Académie et d'inspection académique). 

Les conservateurs et bibliothécaires de bibliothèques municipales classées 
devront être répartis en classes; il sera fixé un maximum et un minimum 
de traitement avec avancement régulier. 

3° Personnel intermédiaire entre les bibliothécaires et les gardiens. Il convient 
d'établir entre les bibliothécaires et les gardiens une catégorie intermé- 
diaire d'employés d'une instruction suffisante vérifiée par un examen. Il y 
a en effet dans toute bibliothèque de nombreux travaux (copies, classe- 
ments) dont on ne peut charger les gardiens. En fait, cette catégorie 
d'employés existe déjà dans de nombreuses bibliothèques sous les noms les 
plus divers (employés, surveillants, commis). 

4» Comité consultatif des bibliothèques. Il serait nécessaire d'instituer, au 
Ministère de l'Instruction publique, un comité consultatif des bibliothèques 
dans lequel les bibliothécaires seraient représentés par un certain nombre 
de délégués élus. » 



PÉRIODIQUES. — Ou remarque, dans la Rivistu délia Biblioteche e degli 
Archivi du D r G. Biagi, les articles suivants : 

Vol. XVil, num. 5-7 (mai-juillet 1906) : Angelo Solbrti, Un allro mano- 
scritto dtlla t GerwaUmme » ritrovato (acquis par M. Giuseppe Cavalieri, de 
Ferrare, à la Libreria Dante d'Oreste Gozzini, de Florence); — Guido Biagi, 
Per la cronica di Firense nei secolo XVI (d'après un ms. de la Marucelliana); 
— Cesare Lbv/., Saggio bibliografico su Pietro Cossa, venticinque anni dopo la 
sua morte; — Eugenio Casanova, Gli ï.'chivi di Stato in llalia (à propos du 
livre de M. E. SbbaStiani, Gcnesi, concetto e natura giuridica degli Archivi di 
Stato in llalia, Torino, 1904); — Giorgio ROSSI, Appunti sulla composisione e 
pubblicasione del € Cicérone » da letlere inédite di G. C. Passeront (suite). — 
Note nécrologique sur Giuseppe Mazzatinti, l'actif bibliographe, bibliothé- 
caire de la ville de Forli, mort prématurément le 17 avril dernier; etc. 

— A signaler, dans la Bibliofilia de M. Léo S. Olschki, les articles suivants : 

N° de juillet-août 1906 (anno Vlll, dispensa 4-5) : Prince d'Esslino, Les 
premiers ornements xylographiques dans les livres de Venise, avec un facsim. 
en couleurs de la première page d'un exemplaire de YHist. nat. de Pline, 
Venise, Nie. Jenson, 1472; — Léo S. Olschki, Relazione al Congresso Biblio- 
grafico di Milano sulle fiscalilà dtlla Dngma d'Italia nella esporlazione ed tmpor- 
tazione di libri antichi; — Elgardo Lusbna, Le (iscalità délia Dogana d'Italia 



ITALIE 




30» 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



sulla esport'asione dei libri anticki in rapporlo aile vigenti leggi. Rrlazione al 
Congresso bibliografxco di Milano (giugno 4906) ; — G. LeSCà, Postille Foscoiiane 
inédite a Cino du Ptitoia; — E. Cblani, Dediche, postille, dichiarazioni di pro- 
prietà ecc. nei libri a stampa délia R. Biôlioteca Angelica di Roma (fin), avec 
6 facsim., dont trois contenant des corrections autographes de Sixte-Quint 
à la Bible de 1590 et aux épreuves de la Bible dite Sixtiue; trois autres 
renfermant des corrections autographes de Torquato Tasso à une édition 
de ses Rime et Prose et à une édition de la Divina Commedia; — E. Vajna 
DB Pava, Di un codice délia collezione del comm. Léo S. OUchki contenente la 
S fera di Andalô di Negro (fin) ; — G. BOFFlTO, Saggio di bibliografxa aeronau- 
tica italiane. Cenni ttorici e rislampa d'un rarissimo trattatelto d'arco nautica 
antica (fin); — A. ANSBLMI, La pianta panoramica di Roccacontrada, oggi 
Arcevia, disegnata da Ercole Ramassant nel 1594. Studi e ricerche bibliogra- 
flche, avec un facsim.; etc. 



Le grand établissement destine à l'instruction du public dans l'État de 
Victoria a choisi un intéressant historien en M. Edmund La Toughb 
Armstrong, bibliothécaire en chef. The Book of the Public Library, Muséums, 
and National Gallery of Victoria. 1856-1906 (Melbourne, 1906, în-8°, 135 pages, 
vues et portraits). On y trouvera les annales de cette maison, qui, jusque 
dans l'apparence extérieure de son édifice actuel, semble avoir été délibé- 
rément établie à l'imitation du Musée britannique. Renseignements précis 
sur les modestes origines et les ressources croissantes de cette institution, 
sur ses principales acquisitions, notices sur son personnel et les services 
de chacun de ses fonctionnaires, rien n'est oublié ians ce petit volume. 
L'ancien monde y apprendra même que l'Amérique n'est pas seule à 
craindre pour l'achat et le lointain exil de nos œuvres d'art et de nos livres 
les plus précieux. 



OGÉANIE 



Le Géraiu : Honoré Champion. 



imprimerie polyglotte Fh. Simon, Hennés. 




Tome IV. — Le frère de Pétrarque, par Henry Coghin 



L'étude particulière de la vie de Gherardo, frère de Pétrarque, jette une lumière 
très vive, non seulement sur sa conversion, sur la grande crise morale de sa vie, 
mais sur son existence tout entière. La conversion l'entière religion d'un frère 
unique et très aimé avaient touché son âme d'une façon profonde et définitive. Les 
relations avec ce frère, les visites qu'il lui fit à la Chartreuse de Montrieux, le 
spectacle et l'exemple de ses vertus ont exercé sur le développement de sa pensée 
et de sa vie une très grande action et font porté plus que toute chose à 1 amour 
exclusif de la solitude et de lu contemplation* C'est l'histoire de ce frère du poète 
que nous raconte M. Cochin de façon toute neuve, documentée et agréable. Grâce 
a lui, une figure se dresse devant nos yeux, un peu pâle et effacée, mais vivante 
pourtant, celle d'un pénitent et d'un religieux du xiv e siècle. On pénètre dans un 
couvent du moyen âge, an de ceux où la veitu monastique s'était conservée par- 
faite. Un y vit parmi des moines joyeux, constants et immaculés, tels que ceux 
dont I^ÀDgelico nous a laissé la radieuse peinture. On discerne les conditions et les 
difficulTCs de leur vie temporelle, les alternatives de ferveur et d'hostilité qu'une 
religion monacale rencontrait auprès des puissants de ce monde, leurs luttes avec 
les seigneurs voisins, leurs préoccupations, leurs mfsères, les contre-t oups qu'ils 
pouvaient ressentir des événements contemporains, guerres ou épidémies. On voi 
comment il les servit, comment il leur resta fidèle jusqu'au bout et comment, après 
sa mort même, ils profitent de s* s libéralités, et c'est une occasion de lire avec 
AI. Cochin, qui le commente si bien, ce livre du « Hepos des Heligieux », un des 
plus beaux sans doute que te moyen âge ait laissé à la louange de la vie monas- 
tique. 

Tome V. — Études sur Rabelais (Sources monastiques du roman de 
Rabelais. — Rabelais et Erasme. — Rabelais et Folengo. — Rabelais et 
Colonna. — Note sur la rupture de Voulté avec Rabelais. — Note sur le 
chapitre VI du livre 11 et sur « TEpistre du Limosin de Pantagruel, grand 
excoriateur de la lingue latiale ». — Notes sur un passage du cha- 
pitre xlviii du livre IV de Pantagruel, Calvin et Rabelais, etc. — 
Mélanges) par Louis Thtjasnb 10 fr. 

Tome VI. — Pétrarque. Le traité de sui ipsius et multorum igno- 
rant! a, publié avec introduction, notes et commentaires, par L. M* 
Gapblli 6 fr. 

Précieuse édition du manuscrit Vaticanus 5359 (M. L. 145), qui tit partie des 
collections Fulvio Orsini. Cette œuvre de polémique où Pétrarque se livre à de 
grandes attaques contre Tuverroï^me eut, suivant l'opinion aujourd'hui admise, 
beaucoup d'influence sur son temps. A Aristote et aux Aristotéliciens il opposa, 
en une belle forme de pensées et de style, Platon et les Platoniciens, reprenant 
ainsi la tradition de ses auteurs préférés. Pétrarque est chrétien dans son culte 
pour Platon, chrétien dans son mépris pour Aristote, mais cependant, plus d'une 
fois, ses aspira tioDs humaoisliqucs tt sa conscience chrétienne se fondent dans une 
admirable harmonie, en font un précurseur de l'Académie platonicienne de Florence, 
qui, opposant une nouvelle autorité à l'ancienne et iûdiscutée autorité d'Aristote, 
devait préparer le triomphe de la libre recherche et de la pensée libre. Dans cet 
opuscule de polémique, mieux qu'en d'autres écrits bien plus volumineux, brille 
d une vive lumière la pensée de Pétrarque et c'est une bonne œuvre que de donner 
un texte sûr comme celui de M. Capelli. 

Tome VII. — Montaigne, Amyot et Saliat. Étude sur les sources des 
essais de Montaigne, par Joseph de Zangroniz 6 fr. 

Jusqu'ici on s'était beaucoup occupé des emprunts faits à Montaigne ; l'idée 
n'était pas venue de se demander si Montaigne n'était pas, dans une certaine 
mesure, la copie d'un autre original, et s'il n'avait pas, tout le premier, donné 
l'exemple du « pillage », pour employer un des termes qui lui sont le plus chers : 
on crie d'abord à l'indignation, mais si l'on veut bien lire M. Zangroniz, qui a 
puisé dans l'enseignement des meilleurs maîtres, et en particulier à l'Ecole des 
Chartes, une méthode très sûre ri de lares qualités critiques, on est obligé d'en 
croire les preuves et les textes qu'il nous apporte côte à côte. L'histoire littéraire 
ne peut que gagner à ces découvertes et, si un grand homme est légèrement abaissé, 
c'est pour rehausser en la personne d'Amyot un penseur émérite, vraiment trop 
oublié. 



BIBLIOGRAPHIE DES BÉNÉDICTINS 

DE LA CONGRÉGATION DE FRANGE 

Par des Pères de la. même Congrégation 

• li)06 

Fort volume in-8 sur 2 colonnes et accompagné d'héliogravures. 
Tiré à 385 exemplaires numérotés. — Prix : 12 fr. 



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FRANÇAIS ITALIANISANTS 

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Tome Premier. Fort vol. in-8 de xi-381 pages 7 fr. 50 

Extrait de l'avant-propos : « A premièrtî vue, on peut considérer les ouvrages 
écrits en italien par des Français comme de simples curiosités méritant à peine 
une place dans Pnistoire littéraire. On sera pourtant frappé de quelques-uns des 
noms qui se présenteront s »us notre plume, quand ce ne serait que de ceux de 
Claude de Seyssel, de Marguerite d'Angoulême, de Rabelais, de Du Bellay, de 
Montaigne. D'une façon générale, les notes que nous avons recueillies sur les 
Français qui se sont essayés dans la langue de Pétrarque nous paraissent propres 
à montrer quelle influence a exercée sur nos compatriotes l'éducation italienne. Elles 
nous font connaître un certain nombre d'hommet», appartenant aux différentes classes 
de la société, qui avaient eu l'occasion de franchir les monts et d'étudier dans les 
Universités de Pavie, de Bologne et surtout de Padoue. On y verra que beaucoup 
de nos jeunes gens ne se bornaient pas à suivre les cours des jurisconsultes ou des 
médecins, ne se contentaient pas de discuter en latin scolastique, mais s'initiaient 
intimement à la vie du pays qui leur donnait l'hospitalité, s'éprenaient de ses 
femmes aux yeux noirs et de son ciel bleu, voulaient chanter leurs amours dans 
na langue. » 

Notices du tome premier : Claude de Seyssel. — Frère Loys du Bois. — 
Jeau-François du Soleil.. — Marguerite d'Angoulême. — Mellin de Saint- 
Gelais. — Amomo et Jean de Maumont. — Nicolas Rainée. — François 
Rabelais. — François de Tournoo. — Jean de Vauzelles. — Jean de 
Tournes. — Guillaume Monluc. — François de Vernassal. — Nicolas le 
Breton. — Joachim du Bellay. — Jean-Pierre de Mesmes. — Guillaume 
Postel. — François Perrot. 

ROMANI A 

TABLE 

DES 

TRENTE PREMIERS VOLUMES 

(1872-1901) 
Par le Dr A. BOS 

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LES RAPPORTS DE LA FRANCE AVEC L'ITALIE 

DU XlVe SIÈCLE AU 1er EMPIRE 
D'après la série K des Archives Nationales. 
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Imprimerie polyglotte Fr. Simon , Rennes. 



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PUBLICATION MENSUELLE 

16 e Année. N os 9-12. Septembre-Décembre 1908. 

REVUE 

DES 

BIBLIOTHÈQUES 



Directeurs : ÉMILE CHATELAIN et LÉON DOREZ 



SOMMAIRE 

Dei Maestri canonisti attributi al Petrarca, par Francesco Lo Parco, p. 301. — 
Les manuscrits de l'ancienne bibliothèque de l'abbaye de Bonport, par 
Etienne Dkville, p. 319 (avec 5 facsmûlés). — Le catalogue de la première 
bibliothèque de Pétrarque à Vaucluse, par Pierre de Nolhac, p. 341. — De 
la situation des amanuenses dans les bibliothèques suédoises, par Jean 
Bonnbrot, p. 345. — Un lessico lironiano di Saint- Amand, par G. Mbrcati, 
p. 349. — Inventaire sommaire des manuscrits coptes de la Bibliothèque 
nationale, par J.-B. Chabot, p. 351. 

Bibliographie, p. 358. 

Chronique des Bibliothèques, p. 37?. 

Table des Matières, p. 379. 



PARIS (VI e ) 
LIBRAIRIE HONORÉ CHAMPION, ÉDITEUR 

5, QUAI MALAQUA1S, 5 

1906 
Tous droits réservés. 



CONDITIONS D'ABONNEMENT 

Paris : 15 fr. — Départements et Union postale : 17 fr. 

Toute demande d'abonnement doit être accompagnée du montant en un mandat-poste 
ou chèque au nom d* I». HONOg.CHA^^^ 



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PIERRE CHAMPION, archiviste-paléographe 

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militaire et privée au xv e siècle 

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Gourbnné par V Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, Prix Bordin. 

Tome II [vient de paraître) 
DU MÊME AUTEUR 

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ÉDITION CRITIQUE 

d'une interpolation origiuale pour le règne de Charles VII 
restituée à Jean Le Clerc 
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LA RENAISSANCE 

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE 

MM. Pierre de NOLHAC et Léon DOREZ 
Beaux volumes petit in-8 imprimés luxueusement. 

Tome 1 er . — La chronologie du Canzonière de Pétrarque, par Henry 
Cochin 4 fr. 

Tomes II et III. — Gaguini (Roberti). Epistolœ et orationes, texte publié 
sur les éditions originales de 1408, précédé d'une notice biographique et 
suivi de pièces en partie inédites par Louis Thuasnb. 2 vol 25 fr. 

Tome IV. — Le frère de Pétrarqae, par Henry Cochin 6 fr. 

Tome V. — Études sur Rabelais (Sources monastiques du roman de 
Rabelais. ~ Rabelais et Erasme. — Rabelais et Foleugo. — Rabelais et 
Cplonna. — Note sur la rupture de Voulté avec Rabelais. — Note sur le 
chapitre VI du livre II et sur t TEpistre du Limosin de Pantagruel, grand 
excoriateur de la lingue latiale ». — Notes sur un passage du cha- 
pitre xlviii du livre IV de Pantagruel, Calvin et Rabelais, etc. — 
Mélanges) par Louis Thuasnb 10 fr. 

Tome VI. — Pétrarqub. Le traité de sui ipsius et multorum igno- 

rantia, publié avec introduction, notes et commentaires, par L. M- 
Gapblli 6 fr. 

Tome VII. — Montaigne, Amyot et Saliat Étude sur les sources des 
essais de Montaigne, par Joseph de Zangroniz 6 fr. 



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DEI MAESTRI C4N0NISTI ATTRIBUITI AL PETRARCA 



Il Petrarca, cosl diligente e accurato nel tramandarci il ricordo 
dei suoi amici e conoscenti, talvolla addirittura oscuri e igooti, fu 
molto parco nel darci notizie dei suoi maestri, di cui giunse a 
tacere financo i nomi. Puô dirsi infatti che ci abbia fatto conoscere 
quello dei solo Barlaam, con cui a militare coeperat magna cum 
spe »\ nello studio dei greco; poichè, anche parlandone 2 , si 
astenne dall' individuare il maestro di grammatica, Gonvenevole 
da Prato, provvidamente poi menzionato da Filippo Villani 3 , serbô 
il più assoluto silenzio sui maestri avuti a Montpellier e a Bologna 
in queir « integrum septennium », non speso, maaltuttosciupato k , 
dal 1318 al 1325 5 , nello studio dei diritto. Dobbiamo perô ricono- 
scere che, se nulla egli disse rispetto a quest'ultimi, per uno spie- 
gabile sentimento di avversione, non mancô di assicurarci più 
volte, specie nelle lettere a Marco Genovese 6 e a Luca délia Penna 7 , 
neir opéra : Rerum memorandàrum* e neir Epistola ad posteros 9 , 
che durante quel fastidioso periodo egli si applicô esclusivamente 



1. Epist. fam. XVIII, 2. — V. il uostro studio : Petrarca e Barlaam, Reggio 
Calabria, Morello, 1905. 

2. Epist. sen. XVI, 1. 

3. De vita et moribus Francisci Petrarchae, in Solbrti, Le Vite di Dante, 
Petrarca e Boccaccio, Milano, Vallardi, 1904, p. 278. 

4. Epist. fam. XX, 4. 

5. Per la determinazione storica di questa data, veggasi il nostro récente lavoro : 
Errori e inesatlezze nella biografia dei P., in Giomale storico d. lett. il. } XLV1II 
(1906), pp. 36-69. 

6. Epist. fam. XX, 4 : « Septennium in eo [studio iuris civilis] integrum adsumpsi ». 

7. Epist. sen. XVI, «... donec victrix iodustriae cupiditas iuris civilis ad studium 
me detrusit, ut, si diis placet, addiscerem quid iuris de commodatoet mutuo, de testa* 
mentis et codicillis, de praediis rusticis et urbanis ». 

8. Opéra omnia, Basileae, 1554, 1. III, p. 515 : « Parentes mei egerant, ut... tu* 
civile perdiscerem, in quo, viventibus iis, aliquantulum processi ». 

9. Epist. ad. post. <t... inde Bononiam, et ibi triennium expendi, et totum iuris 
civilis corpus audivi ». 

rsyur dm bibl., septembre-octobre 1906. zvi. — 22 




302 



FRANCESCO LO PARCO. 



allo studio del jus civile. Questa esplicita dichiarazione, corne non 
avrebbe neppur dovuto far sorgere il dubbio ch'egli si fosse dedicato 
menomamente al jus canonicum, cosi avrebbe dovuto limitare le 
ricerche sui maestri di lui tra' soli délia ragion civile ; ma non 
valse nè all'una nè ali'altra cosa. Infatti fin dal secolo XIV Dome- 
nico Bandini, contro l'affermazione dei biografi, quasi suoi coa- 
temporanei, il Boccaccio, P. Pietro da Castelletto, il Villani, il 
Peruzzi, il Bruni, il Vergerio 1 , affermé che il P. « jus Canonicum 
aliquautisper audivit »*; e, nei secoli XV e XVI, mentre alcuni, 
corne Fausto da Longiano* e il Daniello 4 , lo ritennero senz'ambagi 
uqo studente in atroque, al tri, quali lo SquarciaQco 5 , il Beccadelli*, 
il Tomasini 7 , si mostrarono implicitamente del medesimo avviso, 
assegnandogli dei maestri canonisli. E cosl la leggenda, sempre 
più ravvalorata dal consenso dei biografi, prese forma concreta 
sino ad essere accolta dal De Sade 8 e dallo stesso Fracassetti 9 , pur 
dopo le notevoli osservazioni del Tiraboschi 10 , il solo che su questo 
argomento abbia detto uua parola giusta e asscnnata. 

Tacendo sulle cousiderazioni accessorie, noi crediamo che la 
causa principale deir inveterata leggenda debba ricercarsi nella 
scelta dello slalo ecclesiastico da parte dei poêla e nella sacra tonsura 
da lui presaal ritorno da Bologna; ciô infatti ci sembra indicato 
chiaramente dal trecentista Baudinj là dove, subito dopo Taccenno 
allo studio del jus canonicum, aggiunge ch'egli, < factus clericus, 
coepit obire Romanam Guriam » 11 . Ora, se per poco si pensi ai 
molteplici canonicati assegnatigli a Lombez, Garpentras, Modena, 
Padova, Parma, ail' arcidiaconato conferitogli in quest' uitima 



1. V. rispettivaraente ia Le Vite del Solerti a pp. 254, 266, 277, 282, 289, 295. 

2. D. Bandini in op. c. del Solerti, p. 286. 

3. Solerti, op. c, p. 381. 

4. Id. ib. p. 443. 

5. Id. ib. p. 349. 

6. Id. ib. p. 465. 

7. Id. t6. p. 576-77. 

8. Mémoires pour la Vie de François Pétrarque, Amsterdam, 1764, vol. \ 9 
pp. 37, 41. 

9. Lettere délie cose familiari di F. P., Firenze, Le Monnier, 1892, vol. 1, 
pp. 223-24. 

10. Storia délia lett. ital. t Napoli, 1777, vol. V., p. 410. 

11. Bandini, ia op. c. del Solerti, p. 286. 



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DEI MAESTRI CANONISTI ATTMBUITI AL PETRARCA. 303 



città, air offerta délia carica episcopale, su cui principal mente 
si fondô poi la credenzadel suo stato sacerdotale 1 , aile ambascerie 
affidategli, aile difese giuridiche sostenute presso la Curia pontificia, 
come quella per Azzo da Correggio ; se, ripetiamo, si tengono 
presenti tutti questi fatti, non sorprenderà che il P. sia stato 
ritenuto un vero e proprio conoscitore del diritto canonico dai 
biograû or ricordati, che fecero man bassa deir Epistolae 
familiares, per imbastire, senz'alcun accorgimento, le farraginose 
Vite di lui. Cosi pure si spiega come, volendo trovargli dei maestri 
in questa disciplina, abbiano pensato a sceglierli tra quei canonisti 
ch'ebbero atlinenze con lui o soltanto una buona rinomanza ai 
suoi lempi, e li abbiano menati in tregenda — passila frase — da 
Montpellier a Bologna e viceversa, aggruppandoli orain questa ora 
in quella citlu, scartandoli e dividendoli con straordinaria disinvol- 
tura. 

La palma per aver scoperli i primi nomi dei maestri di diritto del 
P., come per tutte le altre notizie biografiche più recondite e pere- 
grine, spetla ai ferace ingegno dello Squarciafico, che ne rivelô 
ben quatlro : Cino da Pistoia, Giovanni d'Andréa, Giovanni Calde- 
rini e Barlolomeo d'Ossa. Essendo stato poi aggiunlo a questi il 
nome di Oldrado da Ponte, il P. potè avère quatlro maestri per una 
disciplina giammai studiata, e uno solo per il diritto civile, Messer 
Cino da Pistoia, che neppur lui gP insegnô mai il Godice e le Pan- 
dette. Dovendo occuparci di quest' ultimo in apposito lavoro 2 , qui 
ci tratteniamo solamente inlornoai canonisti, perricercarerispelto 
ad essi la verità storica, adombrata o svisala dalla leggenda, vo- 
gliam dire le loro vere atlinenze col Petrarca. 



E cominciamo con Bartolomeo d'Osa,nei documenti contempo- 
ranei d'Ossa, che i biografî ricordano come maestro del P. in 
Montpellier, tranne il Tomasini, che lo fa insegnare a Bologna 1 . 



1. KôrmNG, Petrarkas Leben und W'erke, Leipzig, 1878, p. 75; Cozza -Luzi, Il 
breviario di F. P. cusiodilo nella Bibl. Vaticana, in Arcadia IX, 1892, n. 3 e nel 
1 avoro : Sul cod. del breviario, Roma, 1803. 

2. Lo studio farà intitolato : La leggenda dell' insegnamento e delV amicizia del 
Petrarca con Cino da Pistoia. 

3. V. in Le Vite del Solbrti, p. 576-77. 




304 



PRANCESCO LO PARCO. 



Ben poco sappiamo di quest' insigne canonista bergamasco, 
erroneamente creduto parente di Giovanni XXII di Cahors, per 
Tanalogia intravedula tra il suo nome e quello del detto pontefice, 
appartenente alla famiglia d'Euse 1 . Puo dirsi che le poche notizie 
attendibili che abbiamo iptorno a lui sian quelle ricavate da un 
codice dell' Archivio Capitolare di Bergamo dali* Ab. Serassi per la 
sua Vitadei P.,poi meglio determinate e precisate da due eruditi, 
il Lupi e il Kola, per incarico del Tiraboschi*. Orbene dalle carte 
e strumenti contenuti in detto codice, rogati tutti dal d'Ossa tra il 
1304 e il 1325, si desume ch' egli fu per molli anni al servizio del 
cardinale Guglielmo Longo da Bergamo, col quale stette a Perugia 
il 6 apriie 1304, e in Avignone 1* 8 giugno del 1309 e in data incerta 
del 1310. Rilornato questo stesso anno in Bergamo, plausibilmente 
vi si fermô sino air agosto del 1317, in cui se ne allontanô, restan- 
done assente fino al seltembre del 1319, nel quale anno avvenne la 
morte del cardinale Longo, in Avignone. Egli si trovava tuttora in 
Bergamo il 9 marzo del 1321 , ma dopo ne figura al tra vol ta lontano 
fino al 13 settembre del 1325, in cui rogô Tultimo strumento 
contenuto nel codice. 

Dati questi fatti, il Tiraboschi osservô giustamente che il d'Ossa 
potè insegnare in Montpellier o dair agosto del 1317 al settembre 
del 1319, o dal marzo del 1321 al settembre del 1325; ma, per la 
carica da lui sostenuta presso il detto cardinale e presso la Ghiesa 
di Bergamo dal 1304 al 1325, ritenne poco probabile che durante 
questo periodo potesse dedicarsi air insegnamento in quella lontana 
città 3 . Pur escludendo a priori che il canonista, per le su esposte 
ragioni, potesse essere maestro del P., se giungessimo ad accertare 
con dati storici la presenza di lui nello studio di Montpellier, 
durante Tanno 1318-19 — il solo che capiterebbe durante il qua- 
driennio 1318-22 irascorsovi dal P 4 . — otterremmo un notevole 
risultato. lnfatti, tenendo conto délia sua origine italiana, e sapendo 
che non era un arido decretalista, intento solo alla lettura dei 
canoni, ma ben anche filosofo e storico éloquente e colto, quale si 
mostrô in una Storia générale in sedici volumi miseramente 



1. Tiraboschi, op. c, vol. V, p. 310. 

2. Op. c, vol. V, p. 310. 

3. Tiraboschi, op. c, vol. V, p. 311. 

4. V. per questa data il nostro studio : Errori e inesattezze, l. c, p. 57. 




DEI MAE8TRI CANONISTI ATTRIBTJITI AL PETRARCA. 305 



perduta 1 ; corne potremmo supporre che il giovane studente potesse 
essere attirato a conoscere un taie professore, cosi potremmo dare 
una plausibile spiegazione al presunto insegnamento. Ma Tasser- 
zione dei biografi si mostra priva di qualsiasi fondamento storico, 
del più lieve accenno a quest' uomo da parte del poeta, che pur 
avrebbe potuto farne menzione, quando rievocô con Neri Morando 
tantiricordi délia città di Bergamo, in proposito délia visita fattavi 
a quel suo straordinario ammiratore, l'orafo Enrico Capra 2 . Perciô 
crediamo possagiustamente ritenersi che il P. mai vide e conobbe 
Bartolomeo d'Ossa, e che, se il nome di questo è entrato nella bio- 
grafia di lui, si deve sol tan to alla fantasia dello Squarciatico e al 
bisogno di dare comunque un maestro allo studente di Montpellier. 
Il più acconcio a tal uopo parve il canonista bergamasco. che la 
tradizione ricordava quale professore in quest' Università. 



Ma non puô dirsi lo stesso di Oldrado da Ponte lodigiano, che, se 
non fu maestro del P. e non figura corne suo corrispondente, 
certo fu da lui apprezzato e stimato. 

Non sappiamo molto di questo giurista, che, secondo la testimo- 
nianza di Baldo, ricordata dal Panciroli 8 , fu discepolo di Dino, e 
insegnô prima a Bologna in un periodo, che non puô delerminarsi 
tra il 1302 e il 1310*, e poi a Padova, dov'era certo questo stesso 
anno, corne afferma il Facciolati 5 . E quivi, non probabilmente 
come dice il Tiraboschi 6 , ma cerlamente, verso il 1315, ebbe corne 
discepolo Guglielmo da Pastrengo \ il diletto amico e corrispon- 
dente del P., a cui non ha g.uari il Sabbadini, con le sue preziose 



1. Calvi, Scena letteraria di Scritt. bergam., p. 64; Tritemio, De Script, écoles., 
C. 590; Tiraboschi, op. c, vol. V, p. 319. 

2. Epist. fam., XXI, 11. 

3. De claris legum interpr., c. LU. 

4. Oldrado era certo in Bologna negli anni 1302-1303, prima quale assessore del 
Capitaoo del popolo Arnolfo Fissiraga da Brescia, e poi come consighere in certi pub- 
blici provvedimenti (Tiraboschi, op. c, vol. V, p. 228; S. Mazzetti. Repertorio di 
tutti i professori di Bologna, p. 251). 

5. Fasti Gymnasii Patavini, p. 33. 

6. Op. c, vol. V., p. 227. 

7. Guglielmo ci dà sicura notizia di quest'iosegoampnto neU'opera : De Originibus 
f. 44 v. : « Audivi Oldradum de Laude praeceptorem meum dicentera ». 




306 



FRANCESCO LO PARCO. 



ricerche 1 , ha assegnato un posto veramente cospicuo fra gli sco- 
pritori di codici del secolo xiv, come con giusto e illurainato giu- 
dizio si è recentemente espresso un valenle recensionista 2 . Se 
dobbiamo credere ad una notizia del Tomasini 3 , Oldrado insegnava 
ancora a Padova verso il 1320; ma non dovè reslarvi molto 
tempo dopo, poichè egli è ricordato come avvocato concistoriale 
délia Curia in Avignone, per quasi tutto il pontificato di Gio- 
vanni XXII, eletto papa fin dal 1316. Essendo manifesto labbaglio 
del Panciroli, che lo fadimorare in Roma, presso la Curia romana^ 
quando questa ne era lontana dal 1305 *, dobbiamo ritenere ch'egli 
si recasse in Avignone tra il 1322 e il 1323, chiamato all'ufficio 
suddetto, che disimpegnô con zelo e onore* siuo alla morte, avve- 
nuta nel 1335 6 . 

Come e quando il Petrarca conobbe il da Ponte ? Nulla egli ci 
dice a lal riguardo Tunica volta in cui lo ricorda nella Fam. IV, 
16 : quivi infatti, nel rispondere al giurista vanesio e incolto, che 
gli rimproverava di aver lasciato quai disertore Bologua e gli 
studi di giurisprudenza, egli dice soltanto d'aver già espoti i motivi 
deir abbandono a molti e specialmente a Oldrado da Lodi, chiaris- 
simo giurispirito dei suoî tempi : « cum Oldrado Laudensi iuriscon- 
sulto nostra aetate clarissimo ». Ma, se il poeta ha taciuto, noi 
possiamo ben rintracciare le origini deir amicizia, se per poco 



1. R. Sabbadini, Le scoperte dei codici latini e greci net secoli XIV e XV. Fireoze, 
Sansoni, 1905, pp. 4-22. 

2. G. Zippil, Recensione deir op.c. in Giornale storico d. lelt. it. % XLVIII (1906), 
p. 205. 

3. Biblioth. Pat av. ms. 4, dali* op. c. del Sabbadini, p. 5.' 

4. Il Tiraboschi (op. c. vol. V. p. 228) notô giustamente che il Panciroli fu tratto in 
errore dal titolo dei Cotisigli di Oldrado : « Coasilia et quaestiooes celeberrimi 
utriusque iuris Mooarcbae domini Oldradi de Ponte, qui suo tempore fuit Adyocalus 
Concistorialis in Romania Curia peritissimus ». Egli non avverli che la Curia pontifi- 
ficia conservé Tappellativo di romana anche durante il soggiorno d'Avignoné. 

5. É priva di ogni fondamento l'accusa di Paolo da Castro, del secolo XV, raccolta 
dal Panciroli, contro l'onestà di Oldrado, che talvolta si sarebbe fatto corrorûpere, a 
danno dei suoi clienli. Air uopo basta appena riflettere aile vere mansiooi deir avvo- 
cato concistoriale, per rigettare subito Tassurda calunnia. 

6. Non ripetiamo quanto fu già notalo dal Tiraboschi (op. c. vol. V, p. 228) sulla con- 
fusione e le contradizioni del Panciroli (Op. c, /. c.) rispetto alla data délia morte di 
Oldrado, ora assegoata al 1320, ora al 1335 ; solo diciamo che, sulPautorità dell'iscrizione 
sepolcrale di Avignone, tutti concordemente la riportano a quest'ultimo anno. V. Tira- 
boschi, Of>.c. vol. V, p. 228; Fracassetti , op. c. vol. I, p. 570; Sabbadini, op. c.,p. 4, etc. 




DEI MAESTRI CANONISTI ATTRIBUITI AL PETRARCA. 307 



ricordiamo, corne abbiamo dimostrato altrove 1 , che il P. fin dal 
1325 cominciô a frequentare la casa dei Colonnain Avignone, in 
grazia deir amicizia contratta con Giacomo, il condiscepolo di 
Bologna, subito dopo il ritomo da questa città. Ora, se da una 
parte consideriamo che le domande e le discussioni intorno al- 
labbandono degli studi giuridici non doveltero avvenire molto 
tempo dopo Fabbandono stesso ; e dall' altra riflettiamo che Oldrado, 
per la sua carica di avvocato concistoriale, dovè avvicinare molto 
spesso i Colonna, specialmente dopo che Giovanni fu nominato 
cardinale nel concistoro del 18dicembre 1327 2 ; non possiamo non 
credere nalurale e plausibile che presso la potente famiglia, tra il 
1325 e il 1327, il P. conoscesse il giureconsulto lodigiano. Nulla 
sappiamo délie atlinenze ch'egli ebbe con quest'ultimo ; ma dallo 
spéciale e lusinghiero ricordo, che ne fece parecchi anni dopo la 
morte 1 , si puô giustamente argomentare che gli fosse legato da 
schietti sentimenti di cordialità e di stima*. 

E di ciô, se non andiamo errati, ci è parso di scorgere un'altra 
bella prova neir amicizia del P. con Guglielmo da Pastrengo, nata 
molto probabilmentesotto gli auspicii di Oldrado da Ponte. All'uopo 
è necessario ricordare la missione di Guglielmo ad Avignone nel 
1335, insieme con Azzo da Corre^gioe Guglielmo Raimondi, perotte- 
nere dal papa Benedetto XII la conferma e l'investitura del dominio 
di Parma in favore di Mastino délia Scala, che Taveva occupata il 
21 giugno 1335, costringendo Orlandode' Bossi, il fiero competitore 
dei congiunti da Gorreggio, ad abbaudonarla definitivamente 5 . 



1. Il Petrarca e la famiglia dopo il suo primo ritomo in Avignone^ in Rassegna 
critica d. lett. il., XI (1906), p. 13. 

2. Fracassetti, op. c, vol. I, p. 280. 

3. Corae proveremo pieoamente in un lavoro d'imminente pubblicazione, dal titolo : 
Un presunto e un vero ignorato maestro di diritlo di F. P. , le Fam. IV, 15, 16 
debbono riporlarsi al 1349 (17 e 31 agosto), in cui il P. si trovô in Padova insieme col 
giurista redarguito, da noi identificato in Ranieri degli Arsendi da Forli. 

4. Non sarà fuor di luogo osservare che Oldrado, corne risulta dal titolo dei Consilia 
di sopra riportato, era ulriusgue iuris Monarcha, cioè clarissimus, come dice il poeta, 
non solo nel diritto canomco, ma anche nel diritlo civile. Ora questo fatto ci spiega 
nel tempo stesso la spéciale imporlanza accordatagli dal P. nella discussione giovanile 
e nel ricordo posteriore di lui, come ad un personaggio altamente autorevole. 

5. Non crediamo inutile ricordare che Mastino délia Scala, per parte délia madré, 
era nipote di Azzo e di Guido da Correggio, al quale ultimo âffidô il govemo di Parma, 
subito dopo il possesso. — V. Fracassetti, op. c, vol. I, pp. 525-26 e vol. If, p. 437. 




308 



FRANC ESGO LO PÀRCO. 



È noto che in queir occasione il P. conobbe Azzo, e che, per 
viva simpatia verso di lui, accettô l'incarico di perorare la causa 
degli ambascialori dinanzi al pontefice e al suo concistoro ; è noto 
altresi ch'egli allora diede prova di doltrina e di acume dialettico e 
che contribui moltissimo a far oltenere allo Scaligero il desiderato 
riconoscimento délia supremazia di Parma. Ma, corne a noi sembra, 
nel racconto di quest'impresa vi è certo una lacuna rispetto alla 
parle avuta da Guglielmo da Pastrengo nel buon esito di essa. E 
certo deve ritenersi che fosse ben grande, spiegatasi nel campo 
diplomatico, piuttosto che nel campo oratorio, quando si riflette 
che in Avignone egli potè trar vantaggio dal consiglio e dall' aiuto 
deir antico maestro di Padova, Oldrado da Ponte, che nel 1335 
conservava tuttora la carica di avvocato concisloriale, conferma- 
tagli da Benedetto XII, corne risulta dal Consulta 266, degli ultimi 
giorni del 1334, concernente la revoca fatla dal nuovo pontefice di 
tutti i privilegi concessi dal suo predecessore. Ora, se non sembra 
strano e inverosimile che il Pastrengo ricorresse al da Ponte per 
essere sorretto nella difficile missione, o se almeno non si vuole 
negare che lo vedesse e salutasse per sentimento di cortesia e di 
gratitudine ; troviamo ben logico e plausibile che il vecchio giurista, 
in una qualsiasi occasione, foss'anche nelleanticamere délia Curia 
frequentate per il medesimo scopo, présentasse il giovane poeta, 
disertore degli studi giuridici, all'alunno padovano che nel « De 
originibus rerum » stava raccogliendo tanti tesori deir antichità 
classica 1 . Cosi, se non sembra del tutto infondata la nostra conget- 
tura, mentre abbiamo sciolto il dubbio del Fracassetti, che lamenta 
la mancanza di documenti per asserire che nel 1335 il P. conobbe 
il Pastrengo*, abbiamo forsedeterminatoun notevoleatto di Oldrado 
da Ponte, nella cordiale amicizia stretta in grazia sua fra questi 
due ferventi promotori deir umanesimo. 



Ma, se il fugace ed unico ricordo del P. valse, più che non le alte 
cariche e i saggi Consulti, a tramandarci con bella fama il nome 
del giurista di Lodi, per uno strano abbaglio nocquero alla rino- 



1. Sabbadim, op. c, p. 5 8gg. 

2. Fracassbtti, op. c, vol. II, p. 438. 




DEI MAESTRI CANONISTI ATTR1BUITI AL P ET R ARC A. 309 



manza e al merito di Giovanni d'Andréa non solo la condizione 
determinala di corrispondente del poêla, ma anche i suoi stessi 
titoli di famosissimus docior* e di tuba et pater iuris canonici*, 
con cui unanimemente fu celebrato dai suoi contemporanei. Infatti 
si è rilenuto che, oltre le Fam. V. 7, 8, 9, gli fossero state indi^ 
rizzate le Fam. IV, 15, 16, e si è credulo d'identiftcare in lui il giu- 
rista dalla crassa ignoranza lelteraria e dalla burbanzosa vanità in 
esse acerbamente redarguito, solo perché quest' ultimo, per sem- 
plice ironia, è chiamalo « clarissimus, imo solus sine exemplo 
nostri temporis 8 » , e più oltre splendore degli studi giuridici e délia 
città di Bologna. 

Essendoci occupati nel lavoro già ricordalo 4 di questa importante 
questione, non avvertita finora dai petrarcologi, cosi seducente e 
féconda di nuovi e imprevisti risultati, noi qui ci limitiamo soltanlo 
a ricordare che le due lettere, prima indirizzate erroneamente al 
buon Tommaso da Messina in aicune edizioni délie Epistolae*, si 
ritennero rivolte a Giovanni d'Andréa dai giorno in cui il De Sade 
afferinô d'aver letto il preciso indirizzo : « Professori Bononiensi 6 * f 
in un codice francese, che crediamo sia quello prezioso « Colbertini 
nomine notus in Bibliotheca Imperiali Parisiensi », ora Paris. 8568, 
sludiato e raffrontato col testo dell' Epistolae uelY edizione del 
Fracassetti da uno dei più illustri e benemeriti petrarcologi 
moderni 7 . 

1. M. Griffom, Memoriale Historicum, in Nuova edizione di Muratori, R. 1. S., 
t. XVIII, P. Il, p. 40 (a cura di L. Frati e A. Sorbelii), Città di Castello, Lapi, 1902. 

2. Baldo, Consil. 226, in Tiraboschi, op. c, vol. V, p. 287. 

3. Epist. fam. IV, 16. 

4. Un presunlo e un vero ignoto maestro di diritto di F. P. 

5. Le Fam. IV, 15, 16 apparvero la prima volta iodirizzate a Tommaso da Messina, 
in Opéra omnia, Basileae, 1554, per Henricum Pétri, a causa délia falsa interpretazione 
délie iniziali T. M., in cui si voile leggere : « Tbomae Messanensi v, invece délie 
vecchie formole : « titulo mancas, titulo minutas », giusla Tintenzione di Sebastiano 
Manili, che nell' Epistolae familiares tfbri VIII, Venetiis, 1492, le aveva apposte a 
tutte le lettere prive d'indirizzo. 

6. Dobbiamo ritenere che il De Sadb (op. c, vol.I, p. 162), alterandooe granderaente 
il signiflcato, ubbia riconciato questo indirizzo su quelli del Paris. 8568, che suonano 
ben altriraenti, corne apprendiamo dai Segrè (La palria poetica di F. P., in Nuova 
Ant. del 16 luglio 1904, p. 184) : « IV, 15 — Contra ostendators sciencie non sue ac 
tlosculorum discerplores concertacio cum famoso quodam viro ; IV, 16 — Cum eodem 
e iusdem concertationis reliquie et de studio bononiensi ». 

7.. Henry Cochin, Le texte des a Epislolx de Rébus famitiarlbus * de F. Pétrarque^ 
d'après un manuscrit de la Bibliothèque Nationale de Paris, nel volume : F. Petrarca 
e la Lombardia, Milano, Cogliati, 1904. 




310 



FRANCESCO LO PARCO. 



Noi qui non confuteremo gradataraente, come abbiamo fatto 
altrove, la congettura del De Sade, che, pur dopo qualche assennala 
osservazione del Tiraboschi 1 , fu ed è tuttora accolla con unanime 
favoredai crilici 2 ; solo diciamo, sintetizzando, che le Fam. IV, 
15, 16 non possono ritenersi indirizzate al d'Andréa per i seguenti 
motivi ricavati dall' esame délie stesse : perché egii non fu maestro 
del P., a causa délia disciplina insegnata e più ancora per la sua 
assenza da Bologna durante il triennio 1322-25, come proveremo 
or ora ; perche al tempo deila polemica il giurista redarguilo non 
si Irovava a Bologna, ma in altracittà, con studio fiorente, insieme 
col poeta ; perché i difetti attribuiti al giurista non possono in 
alcun modo attribuirsi al d'Andréa ; perché Pindole, le circostanze, 
i fatti d'ogni génère ci fanno sicuramente ravvisare in quelio 
Ranieridegli Arsendi da Forli, professore di diritto civile a Bologna 
negli anni 1324-25', e poi a Padova nel 1344 4 , dove nel 1349, 
mentre vi si trovava il P. 5 , accadde la]vivace concertacio. Elimi- 
nato questo errore pregiudiziale, cerchiamo, sugli scarsi dati che 
ci rimangono, di ricostruire la verità storica inlorno ad una délie 
più notevoli amicizie contratte dal Petrarca. 

Tutti, partendo 'dal concetto che questi fosse stalo discepolo del 
d'Andréa, ritennero ch' egli Tavesse conosciuto a Bologna nel 
triennio del suo studentato ; e taie fu anche Topinione del Segrè, 
che, pur ritenendo non ne avesse seguito i corsi, sostenne ne fré- 
quentasse la casa, e per giunta vi conoscesse e apprezzasse Cino 

1. Op. c, vol. V, p. 284. 

2. Fracasse™, op. c, vol. I, p. 570 ; Voiqt, Il risorgimento dell' antichità dassica, 
Fircnze, Sansoni, 1888, vol. I, p. 80 ^Chiappblli, La polemica] con tro i legisti dti 
.sec. XIV, XV, AT/, io Archivio Giuridico, Pisa, 1881, [XXVI, p. 301; Sabbadim, 
// primo nucleo délia biblioteca del P., Estr. dai Rendiconti del R. Ist. lomb. di 
se. e lelt. Série II, XXXIX, 1906, p. 382. Solo il Sborê, dopo essersi uniformato 
alla comuoe credenza nell* articolo : L'imporlanza civile e palriotlica del centenario 
petrarchesco (Nuova Antologia, 1 aprile 1904, p. 464), si mostrô di contrario avviso 
nel cilato lavoro : La patria poelica f l. c, p. 134. 

3. Si rileva dal Catalogo délie pubbliche Riformagioni edito dal Ghirardacci, llisloria 
di Rologna, v. I, p. 56.— V. pure G. Viviam Marchesii Vitae virorum illustrium Foro m 
liviensium, Forolivii, 1726, p. 168 ; Mazzuchklli, Scrittori d'Ualia, vol. I, p. 1139 ; 
Tiraboschi, op. c, vol. V, p. 244. 

4. Marchbsi, opi c , p. 169; Mazzuchklli, op. c, p. 1139; Tirabuschi, op. c, vol. V, 
p. 245. 

5. Epist. fam.[\\, 9 ;_VII, 15, 17. — V. le "note.del % Fracass(Ui a queste lettere io 
op. c, vol. I, p. 525 sgg , e vol. II, p. 238 sgg., p, 256 sgg. 




DEI MAESTRI CANONI3T1 ATTRIBUITI AL PETRARGA. 



3H 



da Pistoia, araico del canonista 1 . Corne appar manifesto, quanti 
hanno fatta una simile asserzione non hanno certo tenuto conto 
délie vicende deilo Studio bolognese nel periodo che si riferisce al 
nostro assunto, specialmente deir esodo dei dottori e degii scolari 
a Siena nel 1321, in segno di protesta contro l'esecuzionf* capitale 
subita da uno studente di Valenza, per aver tentato di rapire una 
fanciuila di nome Gostanza, figliuola « Chilini de Zagnonibus de 
Argele, neptem domini Johannis Andreae doctorts* ». È ovvio 
osservare che quesf ultimo, già professore nello studio dal 1307 \ 
per questa fatale circostanza si trovô in ben trista e difficile posi- 
zione di fronte alla scolaresca indignata, che aveva chiesta e otte^ 
nuta piena soddisfazione contro il potestà e gli altri autori délia 
crudele condanna, prima di ritornare a Bologna nel 1322, in cui 
furono ripristinati i corsi *. Perciô, riconnettendo questo falto con 
Tassenza del canonista dai cataloghi délie pubbliche Riformagioni 
sino al 1326 8 , e con la nomina del successore nell' insegnamento 
dei canoni, nello stesso anno 1322, in persona del famoso Frate 
Uberto da Cesena 6 ; dobbiamo ritenere che il d'Andréa, per ragioni 
di prudenza e di opportunità, si allontanô da Bologna subito dopo 
il luttuoso avvenimeuto, e ne restô lontano per circa quattro anni, 
passati in buona parte, corne sembra, allo studio di Padova 7. 

Dati questi risultamenti, tulto induce a credere che il P. si sia 
incontrato la prima volta col d'Andréa in Avignone, nel 1328, 



1. Sbqrè, La patria poetica, I. c, p. 193. 

2. Griffoni, op. c, in Nuov. ed. del Morat., R. I. S., t. XVIII, pp. 36-36; (îhirar- 
dacc!, op. cil., vol. II, p. 10; Tiraboschi, op. c, vol. V, pp. 231-32. 

3. L'Alidosi {Dottori bolognesi di legge, p. 97) dice che il d'Andréa cominciô ad 
iosegnare netlo Studio nel 1301 ; ma sembra più atlendibile TafTermazione del Ghirar. 
dacci (op. c, vol. Il, p. 504), che riporta la nomina al 1307, giusta le notizie fornite dal 
libro délie pubbliche Riformagioni. 

4 Ghirardacci, op. c, vol. I, p. 6-11. 

5. Id., ib. t vol. II, p. 74. - 

6. In., ib^ vol. II, pp. 48 e 56 ; Tiraboscmi, op. c, vol. V, p. 300. 

7. Teoeodo conto délie cause che indussero il d'Andréa a lasciare Bologoa e a chiedere 
no* altra coodotta io uno Studio fiorente degno di lui, possiamo correggere tanto il 
FacciolatI (op. c, p. 35), che, in terraini molto vaghi, riporta l'insegnamento di lui in 
Padova al principio del sec. XIV, quanto il Papadopoli (Historia Qymn. Patavini, 
vol. I, p. 198) che ve lo fa professare nel 1330. Possiamo anche sostenere, contro Tipotesi 
del tiRABoscHi (op. c, vol. V, p. 282), che il d'Andréa non v'insegnô solo per qualche 
anno. 




312 



FRANCESCO LO PARCO. 



allorchè questi vi si recô quale ambasciatore del cardinal legato 
Bertrando del Poggetto al pontefice Giovanni XXII 1 . E Toccasione 
deir incontro non apparrà pnnto difficile, appenasi ricordi la data, 
già menzionata di sopra (1325), deir amicizia del P. con Giacomo 
Colonna, il quale, a sua volta, come si rileva dalla Fam. V, 7, 
prima del 1321 era stato alunno beneamato di Giovanni d'Andréa 
in Bologna e poi amico affezionato e devoto 2 . Se non vogliamo 
credere, come pur sembra molto verosimile, cbe il canonista fosse 
ospite di lui durante la sua dimora in Avignone, dobbiamo per lo 
meno ammetlere che visitasse Tantico discepolo, e potesse quindi 
conoscere presso di lui il giovane poeta. 

Non sappiamo come si sia svolta quest' amicizia, poicbè il primo 
documento autentico ad essa relativo, la Fam. V, 7, deve riferirsi 
al 27 dicembre 1344*. Tenendo conto di quesla lettera, in cui il P. 
col massimo rispetto e ossequio, senz' ombra di familiarità e 
domestichezza, risponde al d'Andréa circa la poca fede da attribuirsi 
ai sogni, si puô argomentare che i rapporti scambievoli sino a 
questa data non aiano divenuti molto intimi ; ma, con ben fondata 
ragione, incliniamo a credere che Tamicizia divenisse più cordiale 
un anno dopo, nel 1345, quando il P., fuggito da Parma, dopo 
molti pericoli corsi giunse in Bologna pesto e malconcio, col 



1. Gmrardacci, op. c. vol. II, p. 85; Tiraboschi, op. c. vol. V, p. 282. 

2. Àvendo dimostrato che il d'Andréa fu lootano da Bologoa nel triennio 1322-25, 
logicamente dobbiamo ritenere che Giacomo Colonna ne segul i corsi prima del Iuttuoso 
avvenimento del 1321. Dobbiamo perô subito aggiungere che questi fréquenté lo Studio 
anche dopo il 1322, e che allora vi notô il P , « suo delectatus aspectu, ignarus adhuc 
quis aut unde esset > (Sen. XVI, 1). Il Colonna lasciô Bologna nel 1325, per le stesse 
ragioni che indussero alla parlenza Francesco e Gherardo. — V. i nostri studi : // 
Petrarca e la famiglia, Le. p. 13-15 ; Errori e inesat terre nella biogr. del P., /. 
o., pp. 48-50 e p. 60-61. 

3. Il Fracassbtti {op. c. v. II, p. 40) assegnô la Fam. V, 7 al 1343 (27 dicembre), 
credendo che fosse la prima scritta da! P. da Parma, dopo il ritorno dalla legazione di 
Napoli, di dove il 1 dicembre di detto anno scriveva al cardinale Colonna che ne 
sarebbe parti to « fra tre giorni » (Fam. V, 6). Ora, considerando da una parte che la 
parlenza da Napoli, per ragioni impreviste, non potè essere cosi immediata, e rinettendo 
dair aUra che occorse un certo periodo di tempo per il viaggio del poeta sino a Parma, 
per )a diffusione délia notizia del suo arrivo sino al d'Andréa in Bologna e per la si- 
stemazioBe nella ouova residenza, come appar évidente dal contesto délia lettera ; lenuto 
conto di tutti questi dati, crediamo che quest'ultima, senza dubbio di sorta, debba 
assegnarsi al 1314, come fugacemente sospettô lo stesso Fracassetti, ricordando che il 
P. si trattenne a Parma sino al febbraio del 1315. 




DE1 MAESTRI GANONISTI ÀTTRIBUITI AL PETRARCA. 



313 



braccio destro offeso egonfio per grave caduta 1 . Allora ci sembra 
molto plausibile ch' egli vedesse il vecchio amico, che si trovava 
certamente in Bologna, come si rileva dalla sua partecipazione al 
Gonsiglio Générale délia città fin dal 1340 2 ; anzi non riteniamo 
punto inverosimile che, visitandolo, fosse da lui accolto come 
ospite, in una circostanza cosi trista e difficile. E air uopo non 
manca qualche solida prova in sostegno délia nostra tesi, come 
quella che si desume dalle Fam. V, 8, 9, dirette al d'Andréa, in cui 
il poeta mostra di aver conosciuto presso di lui il giovanotto inna- 
morato, un nipote dello stesso, come diremo fra brève, e il vecchio 
libertino, sui quali era stato richiesto del suo avviso. Nè ci si dirà 
che le due lettere, non avendo elementi atli a determinare la data, 
possono riferirsi ad un periodo anteriore alla venuta del poeta in 
Bologna ; poichè dai notevoli brani deir Asinaria di Plaulo yxesse 
contenu ti si puô ben dedurre che siano del 1348, delFanno stesso 
in cui mori il d'Andréa s . E ciô diciamo perché, non potendo essere 
per tal motivo di data posteriore, si trovano in piena armonia con 
la Fam. V, 14, in cui, com' è stato ben osservato*, si parla délie 
commedie plautine come recentemente scopérte. Ora, poichè questa 
epistola fu scritta « ad fontem Sorgiae », cioè prima del 20 no- 
vembre 1347, in cui il P. lasciô Avignone 5 , noi troviamo pienamente 
giustificata la nostra ipotesi, con la conoscenza deir Asinaria da 
lui mostrala circa un anno più tardi, nelle Fam. V,^8, 9, 

Cosi, sfatata la leggenda, Tamicizia di Giovanni d'Andréa col P. 
appare in tuttalasuaveritàstorica, bella e serena, giammai adom- 
brata da boriose polemiche e da stravaganti pretese, come finora si 
è creduto per falsa conoscenza di fatti, per erronea interpretazione 
di documenta 



1. Le tristi vicende délia fuga da Farma, con grande efflcacia di colorilo e di stile, sono 
narrate dal P. aU'araico Barbato nella Fam. V, 10, scritta da Bologna il 25 febbraio 1345. 

2. Ghirardacci, op. c, vol. II, p. 154. 

3. GRirrom, op. c, in Muratori, R. I. S., Nuova éd., p. 56. 

4. Sabbadini, Il primo nucleo délia biblioteca del P., /. c, p. 382. 

5. In grazia di questo riscontro, che si sembra degno di spéciale considerazione, 
cadrebbe il dubbio presentatosi al Sabbadini (op. c. p. 382) che la Fam. V, 14 potesse 
anche appartenere al periodo 1351*52, durante il quale il P. soggiornô di nuovo in 
Valchiusa, partendone il 16 novembre del 1352 ; e similmente sarebbe assegnata al 
1347 la scoperta délie Commedie di Plaulo, senza fondarsi esclusivamente sulle inflde 
Familiares. 




314 



FRÀNCESCO lo parco. 



E in ultimo occupiamoci di Giovanni Galderini. 

Come giustamente sostenne il Tiraboschi 1 , dovendo attribuirsi 
alla cattiva traduzione italiana délia Vita del d'Andréa, scritta da 
Filippo Villani 2 , la paradossale nolizia che vorrebbe far passare il 
Galderini per adottante del famoso canonista ; noi, sull'anlorevole 
testimonianza di Giasone del Maino e deirabate Palermitano 3 , e 
più ancora per la logica e storica coincidenza dei fatti, che andremo 
esaminando, rileniamo ch'egli fu invece adottato ed islruito amo- 
rosamente daU'altro nella doltrina dei canoni. Dobbiamo perô 
subito osservare che caddero in grave errore quelli che ritennero 
il Calderini genero del d'Andréa, per averne sposata la figlia 
Novella, maritala invece, appena quattordicenne, con Filippo For- 
maglini 4 ; cosl pure non possiamo tacere che errô più gravemente 
il Fracassetti 8 , quando credette che ne sposasse Talti a figlia Bettina, 
marilata a Giovanni da S. Giorgio, anche lui canonista. Come pare, 
il benemerito petrarcologo voile prestare troppa fede al Facciolati*, 
che già il Tiraboschi 7 aveva crilicato per Terronea notizia attinta 
da tal Giulio Cesare Groce, ignoto poêla del secolo XVI, il quale 
aveva attribuito a Bettina la graziosa leggenda rilerita a Novella, 
e aveva affermato che la stessa « era pur del sangue Calderino ». 
Solo queste affermazioni possono spiegare Tabbaglio del Fracassetti. 

Il figlio di adozione corrispose pienamenle aile speranze e al- 
Taffetto del d'Andréa, poichè, come seppe acquistarsi grande rino- 
manza come canonista, sino a meritare il titolo di Doctor 



1. Op. c, vol. V, p. 281. 

2. In Menus, Vita Ambros. Camaldul., p. 184. 

3. Tiraboschi, op. c, vol. V, p. 287. 

4. Il Sborb (Lapatria poetica, l. c, p. 185) osserva giuslaroen te che questa notizia, 
desunta dal contratto di nozze pubblicato dalT Orioli, sfronda la poetica corona che 
circondava Novella, la quale, giusta il racconto di Christine de Pisan, vissuta nello 
stesso secolo XIV, avrebbe sostituito il padre nelP insegnamento, nei giorni in cui era 
infermo, leggendo perù ben coperla dal velo, affinchè gli scolari non fossero turbati, 
dalla sua affascioante bellezza. 

5. Op. c, vol. II, p. 44 

6. Op. c. y p. 350. 

7. Op. c, vol. V, p. 286. 




DEI MAESTRI CAN0N1STI ATTRIBUITI AL PETRARCA. 



315 



decretorum famosissimus 1 , cosi si mostrô sempre grato e ricono- 
scente verso il generoso padre [e maestro. Perciô dev* essere 
recisamenle scartala la supposizione del Fracassetti 2 , il quale non 
escluse che il giovaaotto innamorato délia Fam. V, 8, la cui condotta 
affliggeva lanto il d'Andréa potesse essere il « professore bolognese 
Giovanni Calderini ». A lal uopo osserviamo ch' egli voile fermarsi 
soltanto al possessivo : « tuus » — rivolto al d'Andréa — e non 
anche alla parola : « adolescens » a cui è unito; poicbè, se avesse 
fatto ciô, non solo avrebbe escluso che il Calderini, già fin dal 1340 
ascrilto uel Consiglio Générale di Boiogna*, potesse essere 
adolescente nel 1348, in cui, corne abbiamo detlo, fu scritla la 
lettera; ma anche avrebbe ritenuto che taie non poteva essere 
neppureil figliolegittimodel d'Andréa, Buonincontro o Buonincon- 
zio, già fin dal 1338 cospiratore contro Taddeo Pepoli 4 . Inollre, se 
il Fracassetti da una parte avesse tenuto conlo che nessun giudizio 
sfavorevole grava sull' altro figlio^dello canonisla, Gerolamo, 
« Archidiacono ch'era Napolitano » 5 , inviato nel 1376 quale 
ambasciatore a Gregorio XI in Avignone 6 ; e dall' altra avesse 
conosciuta Tesistenza di un altro Gerolamo, c nepos olim domini 
Johannis Andrée » 7 , decapitato in Boiogna nell'anno 1376 corne rep 
di congiura contro la patria 8 ; certo avrebbe identificato in que- 
st'ultimo Yadolescem tuus dell' epistola suddelta. Questo Geçolamo, 
da non confondersi con l'omonimo arcidiacono, a noi pare che 
fosse figlio di Buonincontro, e, che dala la vita scapestrata del 
padre — decapitato anche lui nel 1350, per aver congiurato una 
seconda vol ta contro i Pepoli* — convivesse con l'avo, mostrando 
fin dai teneri anni quei disordinati e turpi affetti, da cui il P., che 
già aveva dovuto conoscerlo di persona a Boiogna nel 134S, trasse 
cosl tristi auspici per Tavvenire di lui. 



1. Cosl, a prescindere dagli allri document! del tempo, è chiamatonel Memor. Histor. 
in Muratori, R. I. 5., ed. c, t. XVIII, p. 67. 

2. Op. c, vol. II, p. 44. 

3. Ghirardacci, op. c. t vol. H, p. 154; Tiraboschi, op. c, vol. V, p. 287-88. 

4. Griffoni, op. c, io Muratori, R. I. S., ed. c, t. XVIII, p. 53. 

5. Tiraboschi. op. c, vol. V, p. 285. 

6. Ghirardacci, op. c, vol. II, p. 349. 

7. Griffoni, op. c, t. XVIII, p. 113; Tiraboschi, op. c, «ol. V, p. 285. 

8. 1d., i6., in op. c. del Muratori, t. XVIII, pp. 73, 113. 

9. Tiraboschi, op. c, vol. V, p. 285. 




316 



FRANGESCO LO PARCO. 



* * 



Per i menzionati rapporti col d'Andréa, il Calderini dovè certo 
seguirne le fortunose vicende e dividere con lui le gioie ed i dolori, 
specialmente nei giovani anni. Perciô chi appena ricordi i hittuosi 
avvenimenti del 1321, relativi allo Studio bolognese, uoa puô non 
ritenere come assurda la gratuita asserzione dell' Alidosi che nel 
1322, proprio air apertura di esso, vi fa insegnare il Calderini, non 
avvertendo punto che sulla cattedra di canoni, in taie anno, come 
abbiamo visto, affidala a Frate Uberto daGesena con lauto stipen- 
dio, non poteva esser chiamato il figlio adottivo del d'Andréa, per 
giunta aliora giovanissimo 2 . 

Ben poco sappiamo délia vita di questo, e nulla addirittura délia 
sua prima gioventù ; ma quando notiamo che nel 1340, come 
abbiamo detto, fece parte del Consiglio Générale di Bologna, e nel 
1347 fu nominato tra' Sapienti per Porta S. Procolo', ci sentiamo 
indotti a ritenere che la sua carriera pubblica e dottorale sia comiu- 
ciata sotto il dominio di Taddeo Pepoli, checonquistô nel 1337 la 
signoria di Bologna 4 . Allora certamente il Calderini parteggiô per 
il nuovo signore, dielro l'esempio del d'Andréa, che fu uno degli 
ambasciatori prescelti a comunicare ravvenimento a Venezia e a 
Padova 5 ; cosi si spiega com' egli figuri nel 1340 insieme con 
quest' ultimo nel Consiglio Générale, e abbia poi ottenuta la cat- 
tedra di canoni nelio Studio — forse fin dal 1348, subito dopo la 
morte del d'Andréa — conservandola ancora nel 1357 6 , cioè sette 
anni dopo Tesecuzione capitale di Buonincontro, che si era mostrato 
di sentimenti politici recisamente opposti a quelli délia sua 
famigiia. 

Acquistata fama e autorità grande, il Calderini fu incaricato 
d'importanti missioni, come quella del 1360 al papa Innocenzo VI 
in Avignone, dal quale ottenne il privilegio dello Studio teologico 



1. Op. c, p. loi. 

2. Se riflettiamo che il Calderini, morto nel 1365, soltanto nel 1340 è ricordalo la 
prima volta nella vita pubblica, dobbiamo dedurre che nel 1322 fosse poco più che 
ventenne. 

3. Ghirardacci. op, c, vol. Iî, p. 154. 

4. Griffom, op. c, in Muhatori, B. I. S., t. XVIII, ed. c. pp. 51-52. 

5. Griffoni, op. c, in Muratori, H. I. S. y t. XVIII, ed. c, p. 52. 

6. Ghirardaccj, op. c, vol. II, p. 235 ; Tiraboschi, op. c, vol. V, p. 288. 




DEI MAESTRI CANONISTI ATTRIBUITI AL PETRARCA. 317 



ueir Università di Bologna 1 , e l'altra del 1362 al papa Urbano V*. 
Mori in Bologna neir agosto del 1365*. 

Ora, alla stregua délie notizie qui raccolte, potremo noi giusti- 
ficare e spiegare la tradizione delP insegnamento del Calderini, più 
insistente che non per tutti gli al tri maestri canonisti, con l'ami- 
cizia avuta col P., corne abbiamo detto per Oldrado da Ponte e per 
Giovanni d'Andréa? Mancando nelle opère del poeta il più lieve 
accenno a lui, dobbiamo escludere che i biografi abbiano tratto 
argomento da un qualche ricordo, per trasformarlo da amico in 
maestro ; perciô, non trovando altra spiegazione più plausibile, 
siamo d'avviso che l'origine délia leggenda debba ricercarsi nelle 
attinenze dello stesso col d'Andréa, col quale fu perfino confuso e 
addirittura unificato. Infatti, se lo Squarciafico 4 e il Tomasini* lo 
distinguono dal padre adottivo, pur facendolo insegnare ora a 
Montpellier, ora a Bologna, Fausto da Longiano 8 e il Beccadelli 7 
ne fanno una persona sola, sotto l'unica e ibrida denominazione di 
t M. Giovanni Andréa Galderino ». 

Ma, nonostante questi risultamenti del tutto negativi, noi non 
possiamo, nè dobbiamo dire per Giovanni Calderini ciô che abbiamo 
detto per Bartolomeo d'Ossa ; poichè quella causa stessa che ci ha 
spiegata la denominazione avuta di maestro del P. ci autorizza a 
credere ch'egli ne fosse, se non amico, almeno conoscente. Infatti, 
pur sapendo ch'egli ebbe una famiglia propria, corne si rileva dal 
ricordo che troviamo di tre suoi figli : Jacopo, GaspareeFederigo 8 , 
dobbiamo ammettere che, dopo esserne uscito, non abbando- 
nasse la casa del padre adottivo, e che perciô potesse conoscervi il 
P., quando questi, corne abbiamo sostenuto, vi capitô nel 1345. 
Comunque, pur volendo escludere questa circostanza e ogni altra 



1. Griffom, op. c, in Mdrat., R. /, S., t. XV11I, p. 62-63; Tiraboschi, op. c, 
vol. V, p. 288. 

2. Tiraboschi, op. c, vol. V, p. 288. 

3. Griffoni, op. c, in Murât., R.l. S., t. XVIII, ed. c, p. 67. 

4. V. in Le Vite del Solbrti, p. 349. 

5. Id., ib. % p. 576. 

6. Id., ib. f p. 381. 

7. Il Beccadelli due voile [op. c, pp. 450 e 465) dà ai canonisti un' unica denomi- 
nazione, e una terza (op. c, p. 451) dice solo « M.(esser) Gio. Andréa», mostrando 
chiaramente che per lui questi due nomi appartenevano allo stesso cognome « Calderino ». 
Certo contribué alla strana confusione Vomonimia dei due personaggi. 

8. Ghirardacci, op. c, vol. H, p. 350; Tiraboschi, op. c, vol. V, p. 288. 

Retue des bibl., septembre-octobre 1906. xvi. — 23 




318 



FRÀNCESCO LO PARCO. 



occasione di conoscenza diretla, compresa la visita fatta dal 
poeta in Bologna nel 1364 al cardinale legato Androino de la 
Roche ; non crediamo possa negarsi che il Galderini abbia appreso 
a conoscere e ad ammirare il nome del P. per le lodi e per Fossequio 
di Giovanni d'Andréa. 

Cosl, studiando e spiegando la tradizione coi lumi delFindagine 
critica, siamo venuti a precisare storicamente le vere attinenze 
del P. con i quattro canonisti. Non valutiamo certo noi Fimpor- 
tanza di questo nuovo contributo biografico ; solo diciamo, per 
l'esperienza fatta in questo e in altri lavori dati alla luce in que- 
sfultimo biennio, che le leggendesu' molteplici fatti délia vita del 
poeta potrebbero essere féconde di nuovi e imprevisli risultati, se, 
invece di essere condannate con giudizio sommario, fossero esa- 
minate e discusse con metodo severamente scientifico. La tradizione 
puô amplificare, travisare, invertire il fatto storico, ma non invén- 
tarlo e plasmarlo ex nihilo, dandogli parvenza reale e concreta ; 
sicchè puô ritenersi ch'essa non neghi mai la rivelazione del fatto 
vero a chi sappia bene interrogarla e interpretarla. Ciô valga a 
indurre i petrarcologi ad uno studio più lungo e accurato délie 
biografie del P., specialmente di quelle scritte nei secoli XIV, XV 
e XVI 1 ; poichè in queste, secondo il nostro avviso, puô essere 
raccolta tuttora larga messe di fatti e di notizie per quel F esatla e 
compléta biografia del poeta, che non è stata, nè sappiamo quaudo 
finalmente potrà essere scritta. 

Francesco Lo Parco. 



1. Gli studiosi debbono essere vivamente grati ail' egregio e iofaticabile prof. Solerti, 
per Topera meritoria d'aver riunilo in un corpo le Vite del P., insierae con quelle di 
Dante e del Boccaccio. 



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LES MANUSCRITS 



DB 



L'ANCIENNE BIBLIOTHÈQUE DE L'ABBAYE DE BONPORT 



Au territoire de Maresdans, sur le bord d'un bras de la Seine 
isolé du cours principal par une longue île qui porte le nom de 
Bonport, fut fondée, par Richard Cœur-de-Lion, à la fin du 
xii 6 siècle (vers 1189 ou 1190), l'abbaye de Bonport sous le vocable 
de Notre-Dame. 

Les circonstances de cette fondation sont tellement connues et 
les historiens de Bonport 1 les ont racontées avec assez de détails 
pour qu'il nous soit inutile de les rapporter ici. 

Ce fut surtout sous les règnes de Philippe-Auguste et de 
saint Louis que l'abbaye jeta son plus vif éclat. La ferveur qui ani- 
mait les religieux de cette maison dans le cours du xm # siècle est 
attestée par un petit poème que Geoffroy du Jardin, moine de 
Bonport, adressa à un certaiu Guérin, probablement moine de 
l'abbaye de Vaucelles; le texte de ce morceau a été publié par 
M. L. Delisle 2 d'après un ancien manuscrit de l'abbaye. Ce morceau 
et les autres poésies de Geoffroy du Jardin * montrent que les lettres 
étaient cultivées dans l'abbaye de Bonport. 

Une bibliothèque importante s'y était constituée, formée de 
livres patiemment écrits, gracieusement enluminés par les antiques 
scriptores. M. L. Delisle 4 a réuni les éléments épars et malheureu- 
sement trop succincts de l'histoire de cette bibliothèque qui montre 
combien les livres étaient peu étrangers aux fils de saint Bernard. 
On sait que les religieux Cisterciens, en dehors de 1' « opus Dei », 

1 . J. Andribux, Cartulaire de l'abbaye royale de N.-D. de Bonport. Êvreux, 1862, 
in-4. — E. Chevallier, Notre-Dame de Bonport. Étude archéologique sur une abbaye 
normande de Vordre de Citeaux, 1904, in-4. 

2. Le Cabinet des manuscrits, I, 534-536. 

3. Elles sont copiées sur le dernier feuillel du ms. lat. 1864. Voy. infra. 

4. Loc.cit., 1,534-543. 




320 



ÉTIENNÉ DEVILLE. 



devaient chaque jour consacrer à la lecture d'assez longs inter- 
valles ; mais ce que Ton sait moins, c'est le soin jaloux que les 
moines mettaient à acquérir et conserver leurs livres. Il faut remon- 
ter au xm e siècle pour voir les manuscrits traités dans les biblio- 
thèques monastiques avec l'honneur qu'ils méritent. On sait alors 
ce qu'ils ont coûté de travail et de talent; on les conserve précieu- 
sement ; on ne les prête qu'à bon escient. A cette époque, ne mau- 
dissait-on pas les voleurs de livres? Plusieurs manuscrits de 
Bonport ont conservé les formules d'excommunication qu'on avait 
écrites au xm* siècle pour effrayer les voleurs : « Liber Sancte 
Marie de Bono Portu, quem si quis abstulerit vel furatus fuerit vel 
inique celaverit, anathema sit ab abbale et omnibus monachis 
ibidem Deo servientibus. Fiat, fiât. Amen 1 . » 

L'histoire de la bibliothèque de Bonport est là, dans ces brèves 
mentions inscrites dans les manuscrits qui la composaient. Bien 
peu de noms de donateurs ont été conservés ; on peut seulement 
citer : Luc, évêque d'Évreux, Commentaire de Pierre Lombard 
sur les Psaumes (ms. lat. 420) ; — maître Robert d'Aviron, doyen 
d'Évreux, Évangiles de s. Jean et de s. Marc (ms. lat. 301); — 
frère Firinin, moine de Bonport, jadis doyen d'Évreux, Recueil de 
moralités sur le Psautier (ms. lat. 447); — Jean de Carville, archi- 
diacre d'Évreux, plusieurs livres de l'Écriture sainte (ms. lat. 120); 
— Guillaume de Pont de l'Arche, évêque de Lisieux, Pentateuque 
glosé (ms. lat. 363) ; — Commentaire de Hugues de Saint- Victor 
sur l'Évangile de s. Luc (ms. lat. 2529) ; — le chantre de Gaillon, 
Évangiles de s. Jean et de s. Luc (ms. lat. 302) ; — sire Richard, 
clerc de Harcourt, Épîtres de S. Paul (ms. lat. 668) ; — maître 
Eudes, Évangiles de S. Luc et de S. Jean (ms. lat. 295); — maître 
Hilaire, une Bible (ms. latin 21) ; — Raoul, Histoire scolastique 
(ms. lat. 5097). 

Pendant le cours du XIV e siècle, on ne connaît que le prêt d'un 
recueil de Vies de saints qui fut fait, en 1393, au prieur de la 
Chartreuse de Gaillon *. 

Pour le xv* siècle, nous avons les travaux du prieur Pierre 
Faucon, dont nous parlerons plus loin, et le don d'un ouvrage de 
saint Augustin fait à l'abbaye par Guillaume Euvrie et Robert 
Le Canu (ms. lat. 2052). 



1. Bibl. nat., ms. lat. 74, fol. 93. 

2. Note écrite au commencement du ms. lat. 1864. 





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MSS DE L'ANCIENNE BIBLIOTHÈQUE DE ^ ABBAYE DE BON PORT. 321 

Ce ne fut qu'à la fin du xvu # siècle que l'abbaye de Bonport fut 
dépouillée de la plupart de ses manuscrits qui enrichirent la 
bibliothèque du ministre Colbert. Profitant de ce que la commende 
de l'abbaye était alors entre les mains d'un de ses fils, Louis, 
le puissant ministre se fit céder, par les religieux, leurs manuscrits 1 
en échange d'une quarantaine de volumes imprimés *. 

Tous les manuscrits de l'abbaye, provenant de Colbert, sont 
aujourd'hui conservés à la Bibliothèque Nationale, fonds latin et 
français'. La bibliothèque de Louviers a recueilli un petit nombre 
des manuscrits de l'abbaye qui n'avaient pas été compris dans 
l'acquisition de Colbert 4 . 

Ce sont ces manuscrits que nous allons successivement étudier 
en suivant un ordre bibliographique que nous avons ainsi arrêté: 
I. Bibles complètes (3mss.); IL Parties de Bibles (5 mss.); III. 
Bibles. Livres séparés. Ane. Test. (3 mss.); IV. Nouv. Test. 
(1 ms.) ; V. Interprètes de l'Ecriture. Ane. Test. (13 mss.); VI. 
Nouv. Test. (7 mss.) ; VII. Saints-Pères (19 mss.); VIII. Théologie 
dogmatique (2 mss.ï ; IX. Théologie morale (4 mss.) ; X. Sermons 
(3 mss.); XI. Recueils (12 mss.); XII. Histoire (3 mss.); XIII 
Divers (8 mss.). 

Les manuscrits de Bonport se reconnaissent par les notes de 
Pierre Faucon 5 , par les formules d'excommunication écrites au 
xm # siècle* et par leur reliure primitive : de solides ais de bois 
recouverts de peau blanche. 



1. Baluze a dressé un état des volumes mss. qui furent transportés de Bonport dans 
la biblioth. du ministre au mois de nrfai 1683 (ms. lat. 9364, fol. 89). Une autre liste 
assez incorrecte a été publiée d'après un ms. de Bonport par Bréauté, Catalogue de la 
Biblioth. de Louviers, p. 364. 

2. Voy. la liste des ouvrages imprimés que reçut l'abbaye, dans Bréauté, loc, cit., 
p. 367. 

3. L. Delisle, loc.\cit. I, p. 542. 

4. L'abbaye n'en possédait plus que 16 au commencement de la Révolution ; on peut 
croire qu'ils furent tous recueillis à Louviers. La biblioth. de cette ville n'en conserve 
aujourd'hui que 8 figurant dans le catalogue sous les numéros, 2, 4, 6, 23, 24, 28, 34, 
36. Bréauté, loc. cit., p. 364; H. Omont, Catalogue des mss. de la biblioth. de 
Louviers, dans le Catalogue général des mss. des biblioth. publiques de France. 
Départements, t. II, p. 156. 

5. Ces notes consistent d'ordinaire en petites pièces de vers sur des sujets religieux 
oo moraux, en tables de matières et en observations de comput. 

6. Voy. supra, p. 320. 




ÊT1BNNE 0BV1LLB. 



A. — Mss. de Bonport conservés & la Bibliothèque Nationale. 



I. — Bible latine avec les prologues et arguments de saiut Jérôme 
et autres. L'ordre des livres est le suivant : 

Fol. 1. — Inctpit epistola sancti ffieronimi presbyleri ad 
Pavlinum de omnibus historiis bibliothece. 

Fol. 4°. — Incipit epistola sancti Hieronimi presbyleri in 
Pentateuco. 

' Fol. 5 v% Genèse; — fol. 24 v<\ Exode; — fol. 40, Lévitique; — 
fol. 66, Deutéronome; — fol. 80, Josué; — fol. 89 v°. Juges; — 
fol. 99, Ruth ; — fol. 100 v°, Rois, I ; — fol. 114 v°, Rois, II ; — 
fol. 124 v<\ Rois, III; — fol. 139, Rois IV; — fol. U9, Paralipo- 
mènes, I; — fol. 159 v°, Paralipom., 11; — fol. 173, Esdras, I; 

— fol. 176 v°, Néhémie; — fol. 181, Esdras, II; — fol. 187, Tobie; 

— fol. 190, Judith ; — fol. 195 v\ Esther ; — fol. 200, Job ; — fol. 
210, Les Psaumes; — fol. 233 v°, Les Proverbes de Salomon ; — 
fol. 242, Ecclésiaste; — fol. 244, Cantique des Cantiques; — fol. 
246, La Sagesse; — fol. 252, Ecclésiastique de Jésus, filsdeSirach ; 

— fol. 268, Isaïe; — fol. 286 v°, Jérémie; — fol. 307, Les Lamenta- 
tions; —fol. 309, Baruch; — fol. 312, Ézéchiel ; — fol . 331, Daniel; 

— fol. 339, Osée ; — fol. 341 v°, Joël ; — fol. 343, Amos; — fol. 
345, Abdias; — fol. 345 v°, Jonas; — fol. 346 v<\ Miellée ; — fol. 348, 
Nahum ; — fol. 349 v°, Habacuc ; — fol. 350, Sophonias ; — fol. 
351, Aggée; — fol. 352, Zacharie; — fol. 356, Les Macchabées, I ; 

— fol. 367 v°, Les Macchabées, II ; — fol. 375 v°, Préfaces et argu- 
ments aux Évangiles; — fol. 377, Saint Mathieu; — fol. 388 v°, 
Saint Marc ; — fol. 396, Saint Luc ; — fol. 409, Saint Jean ; — fol. 
418, Épître de Saint Paul aux Romains ; — fol. 422 v°, aux Corin- 
thiens, I ; — fol. 427, aux Corinthiens, II ; — fol. 430, aux Galates ; 

— fol. 431 v°, aux Éphésiens; — fol. 433, aux Philippiens; — fol. 
434, aux Colossiens; — fol. 435, aux Thessaloniciens, I; — fol. 436, 
aux Thessaloniciens, II; — fol. 437 v°, à Timothée; — fol. 438, à 
Tite ; — fol. 439, aux Hébreux ; — fol. 442 v°, Actes des Apôtres ; 

— fol. 454, Épître de Saint Jacques ; — fol. 455 v°, Epître de Saint 
Pierre, I ; — fol. 456 v<\ Épître de Saint Pierre, II ; — fol. 457 v<>, 



S I. — Bibles complètes. 




s 



MSS DE L'ANCIENNE BIBLIOTHÈQUE DE L'aBBAYE DE BONPORT. 3*3 

Épître de Saint Jean, I, II, III; — fol. 459 v<\ Apocalypse; — 
fol. 466, Interprétation des noms hébreux ; la fin manque. 

Parchemin. 506 feuillets, 285 sur 210 mil). — xm« siècle. — Texte à deux col. 
de 42 lignes. Les titres des livres se lisent sur le haut des feuillets, de l'un 
en l'autre, en lettres rouges et bleues alternées. Les incipit et les explicit 
des livres sont en rouge. Lettrines de couleur, rouges avec des filigranes 
bleus, et vice versa. Entre chaque col., ornement en bleu et rouge. Rare- 
ment les ornements des lettres capitales débordent sur les marges. Le 
nombre de lettres ornées correspond en général au nombre des iivres de la 
Bible. Quelques notes marginales : fol. 221 v°, 222, 227, 229, 233, 278 v°, 332 v», 
352 V, 382 V, 388 V, 415, 435. 

Quelques feuillets sont déchirés, sans altérer le texte, fol. : 1, 8, 225, 230, 
241, 253, 258, 266, 271, 276, 424. 

Quelques feuillets sont tachés, fol. 460 v°, 461, 462. 

Le feuillet 465 v» est en blanc. 

Une note, écrite au fol. 1 , nous apprend que cette bible appartenait à un 
certain maître Hilaire qui la donna à Nicolas, son neveu, moine à Bonport, 
avec la permission de Pabbé : 

< Ista Biblia fuit magistri Hylarii quam dédit Nicholao nepoti suo 
monacho Boni Portus, de licencia et voluntate proprii abbatis 1 . » 

Bel. mar. rouge aux armes royales. Dos à petits fers, fleurs de lys et fleu- 
rons avec des L enlacés et couronnés; titre au dos : « Biblia sacra ». Ane. 
Colbert 2856 ; Regius 3934, 5. N« 21 du fonds latin de la Bibliothèque Natio- 
nale. 

II. — Bible latine avec les prologues et arguments de 
Saint Jérôme. L'ordre des livres est le suivant : fol. 2 v°, Genèse; — 
fol. 44, Exode; — fol. 23, Lévitique; — fol. 29, Nombres; — fol. 38, 
Deutéronome; — fol. 48 v°, Josué; — fol. 52, Juges; — fol. 58, 
Ruth; — fol. 59, Rois; — fol. 90, Paralipomènes ; — fol. 101, 
Esdras; — fol. 103, Néhémias; — fol. 110, Tobie; — fol. 112, 
Judith; — fol. 114, Esther; — fol. 117 v<>, Job; — fol. 123, Psaumes; 

— fol. 137 v°, Proverbes ; — fol. 143, Ecclésiaste; — fol. 145, Cantique 
des Cantiques ; — fol. 145 v°, Sagesse ; — fol. 149 v°, Ecclésiastique 5 

— fol. 159 v°, Isaïe ; — fol. 171 v°, Jérémie; — fol. 185, Lameuta- 



1. Le donateur de celte bible élait probablement un curé de Léry, près Bonport. On 
trouve, en effet, un « Hylarius, rector ecclesie de Lereio » qui rit son testament, au mois 
d'avril 1250, en faveur de l'abbaye de Bonport. Cartul. de Bonport, p. 182; Dblislb. 
Le Cabinet des manuscrits, I, 537. 




324 



ÉTIENNS DEVILLE. 



tions; — fol. 186, Baruch; — fol. 188, Ézéchiel; —fol. 200 v*, 
Daniel ; — fol. 205 v°, Osée ; — fol. 207, Joël ; — fol. %Q1 v°, Amos ; — 
fol. 209 v°, Abdias; - fol. 210, Michée: — fol. 211, Nahum; — 
fol. 211 v°, Habacuc; — fol. 212 v°, Sophonias; — fol. 213 v°, Aggée; 

— fol. 214, Zacharie; — fol. 216, Malachie; — fol. 216 vo, Les 
Macchabées, I et II; — fol. 229, S. Mathieu; — fol. 237, S. Marc; — 
fol. 242, S. Luc ; — fol. 250, S. Jean ; — fol. 256, Épître de S. Paul 
aux Romains ; — fol. 259, aux Corinthiens, I et II ; — fol. 264, aux 
Galates ; — fol. 265, aux Éphésiens ; — fol. 266, aux Philippiens ; 

— fol. 266 v°, aux Golossiens; — fol. 267 v«, aux Thessaloniciens, I et 
II ; — fol. 268 vo, à Timothée, I et II ; — fol. 269 v<>, à Tite ; — fol. 
270, aux Hébreux; — fol. 272 v°, Actes des Apôtres; — fol. 280, 
Épître de S. Jacques ; — fol. 281, de S. Pierre, I et II ; — fol. 282, 
de S. Jean, I, II, III ; — fol. 283, de S. Jude ; — fol. 283 v°, Apoca- 
lypse. 

Parchemin, 287 feuillets, 370 sur 240 mill.— xin« siècle. — Texte à deux col. 
d'une écriture très fine mais pourtant très lisible. Les titres des livres se 
lisent sur le haut des feuillets, de l'un en l'autre, en lettres rouges et bleues 
alternées. Les incipit et les explicii des livres sont en rouge. Les capitales 
de chaque chapitre sont tantôt en rouge ou en bleu, et les lettres ornées, où 
le bleu et le rouge dominent, sont d'une exécution parfaite. Les marges 
inférieures de ce mss. ont 125 mill. — Lettres ornées aux toi. 1, 2v°, 14, 
23, 29, 38, 52, 58, 58 v% 59, 67, 87, 87 v°, 93 V, 101, 110, 114 v°, 123, 138 V, 159 v°, 
171 v», 185, 200, 208, 210, 213 v, 215 V», 216 vo, 224, 229 v», 237, 250, 256, 267 v°, 
268 v°, 269, 272 V°, 280, 283 v°. 

Notes marginales : fol. 14, 23 v, 24, 25, 47 v», 49, 80, 92 v°, 103 v°, 116 v% 
124, 125 à 137, 139 v°, 143, 147 V". 150, 160, 164, 166, 171, 173 v°, 180, 192, 213 v% 
219 V», 22l V, 223 v«>, 241, 243 v°, 244 v°, 246, 253 v°, 254 v°, 258 V, 261. Quelque 
feuillets sont déchirés : 53, 55, 60, 131, 135, 173, 174, 212, 213,287, sans altérer 
le texte ; la marge inférieure est en partie coupée fol. 140, 165, 287. 

Quelques feuillets sont tachés : 33 v°, 124, 203, 207 v<\ 208, 224 v«. Sur les 
marges inférieures de ce m., on remarque quelques dessins à la plume, en 
général simplement ébauchés, ce sont : fol. 60 vo , une figure de moine — 197, 
une fleur de lys — 198, un croquis de fleur de lys, plus grande que la précé- 
dente — 201, un paraphe, avec le début du nom de Jean — 202* la moitié 
d'une fleur de lys — 203, deux figures, à peine ébauchées — 276, une étoile. 

Le texte s'arrête à la huitième ligne de la seconde colonne du fol. 287 dont 
le verso est en blanc, sauf cette simple mention : 

Explicit liber Béate Marie de Bono Portu. 

Il y a cependant 59 lignes par page. La reliure primitive de la Bibliothèque 
royale a été en partie remplacée, au début du xix« siècle, par des plats en veau 




MSS DE L'ANCIENNE BIBLIOTHÈQUE DE l'àBBATE DE BONPORT. 325 

fauve; le dos de la reliure primitive subsiste seul ; il est semé de fleurs de 
lys d'or et de L enlacés et couronnés. Ane. Colbert2804; Begius 3702, 1. 
N" 29 du fonds latin de la Bibliothèque Nationale. 



III. — Partie d'une Bible latine, contenant les livres sui- 
vants : fol. 7 v°, Genèse; — fol. 38, Exode; - fol. 65, Lévitique; 
— fol. 83, Nombres; — fol. 109 v°, Deutéronome ; — fol. 133 v°, 
Josué ; — fol. 149 v°, Juges; — fol. 165, Ruth. — Ces livres sont 
précédés de : Episiola sancti Hieronymi ad Paulinum de omnibus 
divinae historiae libris i , et Theodulphi, Aurelianensis episcopi, 
versus elegiaci de eodem argumente*. 

Parchemin, 168 feuillets, 530 sur 350 mill. — xn« siècle. — Texte à 2 col, de 37 
à 38 lignes en moyenne. Lettrines en couleur et flligranées, le bleu : le rouge, 
le vert et l'orange y dominent. Les titres de chaque livre sont écrits, alterna- 
tivement, en rouge et noir, en haut de chaque feuillet; dans le texte, chaque 
livre est précédé de la table des chapitres, d'une écriture plus fine et remplie 
de lettres de couleur. Il y a dans ce ms. quelques peintures, malheureuse- 
ment un peu dégradées, que nous allons décrire successivement : fol. 7 v°, 
peinture historiée occupant le milieu des deux col. du texte et débordant sur 
les marges, représentant le Père éternel tenant le globe du monde, la création 
de rhomme, la création de la femme pendant le sommeil de l'homme; Dieu 
recommandant à Adam de ne point.toucher & l'arbre de la science du bien et du 
mal; la tentation de la femme; Adam et Éve chassés du paradis terrestre 
après leur désobéissance. (Génèse 1, 27-11, 21, 17-111, 1 et suiv., 23, 24); Noé dans 
l'arche avec sa famille ; l'Église et la Synagogue. Quelques regrettables 
mutilations dans la partie inférieure de cette curieuse peinture. Les premiers 
mots du texte de la Genèse : « ln principio créa vit Deus cœlum et terram », 
tracés en lettres d'or, sont en partie enlevés. Ce texte se détachait sur fond 
gris avec ornements blancs. Les sujets de cette peinture sont compris dans 
sept médaillons que relient des entrelacs et des figures monstrueuses. La 
hauteur de cette peinture est de 51 cent. Sa largeur moyenne de 4, 12 à la 
base et 15 dans sa partie supérieure. — Fol. 65, au début du Lévitique, 
grande initiale historiée de deux personnages représentant Dieu donnant à 
Moïse l'ordre et le rite des sacrifices. L'inscription qui se lisait sur le phy- 
lactère, que tient en main un des personnages portant le nimbe crucifère, 
est en partie effacée et devait se lire ainsi : {Loquere filiis Israël] et dices aa 



1. Patrol. lat. XXII. Col. 540 et sui?. 

2. Patrol. lat. CV. Col. 299. 



§ II. — Parties de Bibles. 




326 



ÉTIENNE DEVILLE. 



eos » (Lévitique I, 2). L'un des personnages, Jéhovah, est vêtu d'une robe 
rouge drapée d'un manteau bleu, et l'autre, Moïse, porte une robe verte 
drapée d'un manteau rouge; ils ont tous deux les pieds nus. — Fol. 133 v«. 
La mort de Moïse et Jéhovah donnant à Josué l'ordre de franchir le Jour- 
dain. Moïse est représenté nu, couché sur un lit très bas recouvert d'une 
simple draperie de couleur brune ne laissant à découvert que le haut du 
buste. Plusieurs personnages sont debout près de la couche funèbre. Josué se 
tient au pied du lit, debout, la tête ceinte du nimbe ; il est vêtu d'une robe 
verte drapée d'un manteau rouge. Il reçoit des uiains de Dieu un phylactère 
sur lequel on lit : Moytes servus meus moviuus est : suvge et transi Jordanem 
istum » (Josué I, 2). La scène se détache sur un fond bleu rehaussé de fili- 
granes et de pointillés blancs. La peinture est entourée de vert autrefois 
quadrillé de blanc et pointé de rouge.— Fol. 149 v°. Grande peinture historiée 
de deux personnages dont l'un tient un phylactère ne portant aucune ins- 
cription. Peut-être faudrait-il y lire : « Judas ascendet : cece tradidi ter- 
rain... » (Juges I, 2). La capitale est formée de méandres et de filigranes 
que termine une figure grimaçante. Le bleu et l'orange y dominent. On 
trouve d'autres lettres capitales ornées aux fol. 2, fleurs et entrelacs occu- 
pant toute la marge et toute la hauteur du texte. — Fol. 7, capitale ornée 
de bleu, de vert et d'orange avec filigranes blancs. — Fol. 38 v°, entrelacs et 
feuilles.— Fol. 83 v<\ grande lettre bleue et rouge avec filigranes.— Fol. 109 v°. 
grande capitale, mutilée, formée d'entrelacs et de méandres, terminée par une 
figurine à chevelure jaune. 
Quelques déchirures : fol. 1, 2, 47, 63, 124, 167, 168. 

Sur les marges inférieures de ce manuscrit, on remarque quelques dessins 
à la plume, en général simplement ébauchés ; ce sont : fol. 66, un person- 
nage (une femme) qu'il est impossible d'identifier, tellement le dessin est 
fruste. — 67, deux figures de religieuses. — 70 v°, une arbalète. — 73 v°, un 
navire avec voiles et rames, occupant toute la marge.— Fol. 74, une figure 
grimaçante qui se retrouve dans le filigrane d'une lettrine au bas de ce 
feuillet. — 74 v», un prêtre ou pontife, vu de dos, portant une chasuble; se 
détachant sur une croix. — 77, un animal fantastique. — 80, grande capi- 
tale, très fruste. — 81, un animal fantastique au corps de paon, à figure 
humaine, portant un calque avec un bec d'oiseau. — 87, un dragon ailé de 
la gueule duquel sort un oiseau. — 90, un monstre ailé, à queue de serpent 
et à figure humaine. — 100, le monogramme du Christ. 

En tête du fol. 167 v», on lit : Bonport. A la fin du livre de Ruth, se 
trouve une curieuse rose des vents dessinée à la plume et rehaussée de 
carmin, largeur et hauteur 130 mill. Le fol. 168 est mutilé, on y lit : Liber 
sancte Marie de Bono Portu, Prima pan Bibliae, Liber Genesis, Exodi, etc... 
Les marges de ce ms. sont en général jaunies et tachées, surtout les 
premiers feuillets. Le verso du fol. 1 est occupé par le catalogue, *i deux col., 
des reliques de l'église de Bonport en 1423 : « ln nomine Patris et Filii et 




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Pl. III. 



rodlaopmnt fanm 
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*ans*ecaoucrfu*ft pofr ttmtmp t^ttettf^tdiènniP 
xueponebaffcanpa rit ccaomtmbtbôf&ciiwr parti 
*fti cftacm .Çnftima tiiacbuif hoc idem Uicçrtëflàcp 

wprtp iwf atipairam frftinamos 
mœuferos ftttnarnni caqnu? for 
TWT>cbcamu9 amr nanfinMP r 
cfcnofiabojaffiBihbâ ipliar^ioguô.^tapîtaiguinçimini 
çaabcmx) labwarcîbo lest;* filme nffiic mtppnm dm 
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wmwjtM fubucmr.fcnndircrr 
mm rachat populo; erpen fhupt 
las urb(?s tnnilof înoiirrf.ftqmi 
na.TOîtmtf âvcç «mftniaradt* 
crfdhfcp ibcrtîn (ptrtmba rapta 
xdVt*fbny$?ptattr m^umemum 
\rmptr libcR lotufcqmm tïérci tn 
mm a^riUmc*. 



• ; rptanosanobiffir 
jfio ODocdcbûtninc9 
• rnimo lomatt.unir 
cDiqncrnixurrÛnûDfi 
ttintm inttrpmano 
. fr ni non difpbffctf 
ra ttcipifndum putant 
fubafterôtftf'obdis 
funr tiTamptrara.le 
cgbginTrr ô.uatt oamc 
Tbcbtxraoms rumfonjo 
fufccpimtftiir oMcjfnr 
fraifcbutm.}Otnpbili 
Jinoncs fnmiirrr rfifcmi 
qucftnt ftutnna v^fr 
a ^Hnint». pu>frnt <y tir 
rVnc!<5aurr muctioir 
jibaîT pormmraflump 
mial que m bbrt* iicmi 
babemur* berdicitmi* 




Partie d'une Bible latine ; Mg . lat. 53, loi. 133 v. 



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Pl. IV. 



b tofhc&qtu tioumib] 
ni que ttccttit/ iti un 

hnfirbem.tnpmw«i<j I 
obauHtecmoî prtf fiel | 
rtftfarcmpoffcflionc I 

6tcuar quoqjftuufj 
itifcft.ctfepcUetnnc 

fineefnlui&cfqucDaJ 
ontt cul^iutni • <B x\>\\ 



fficruoiur gnupî» ur tntpfw çcptttT J 
qmiutn funr a rtgr ai/au métope 



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te itpctnco^iuroitwrnart 



fnburrnr exutn b.uf <- 



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(iilumint? 
ftiijtftfTO 
minunvDt 

aiccroer anir nos connu eba^ 
nanectm ccaiodtpsbdUf'îrô 
q: dite, judae afcrcîdco.j£ctc 
cnididi imain tnmaiiu e££c 
atr tudaf tymcom frain fuo 
Afcctîdc rnecum m ftuermea 
ccptujna coimudnmanaim: 
ur cccjo^ofnni nxrnn mfœrc 
uia*f cabwemu co fytncon . 
àfccndicqi uidastobadtdtc 
dtî* cfrananctmi ac pbenracii 
m manttf coxtœyaittccvmvm 
bczcc.dcccnimtaa ttmtpJntie 
muitq; ODombezct jnbdfcc: co 
pugnaiicrunr omtrn cunrccpaïf 
fcruncdunanram apbctncum; 
iù^ra:irfaDombricc. ftaera fera 
n côpitiinidcruiîtccdt^ fummua 
xibu* mammm ri ac^cdum/Djttjj 



Partie d'une Bible latine ; Ms. lat. 53, fol. 149 v°. 



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* MSS DE L'ANCIENNE BIBLIOTHÈQUE DE L'ABBAYE DE BON PORT. 327 



Spiritus Sancti, amen. Iste reliquie sunt in ecciesia Béate Marie de Bono 
Porta : De Golgotana terra cum sanguine Christi mixta — plures particule 
de ligno sancte crucis — de natiuitate Domini — de sepulcro Domini — 
de petra ubi Dominus oravit et guttas sanguinis emisit — de portis aureis 

— de canabulo Domini — de Golgotba ubi crux fixa fuit — Spina una de 
corona Domini — de balneatorio Domini ; — de petra ubi Dominus stctit 
quando qu ad rageai m a m jejunavit — de Gessemani — de panno ilio quem 
habuit Symeon in manus suas quando suscepit Jesum Ghristum in templo 

— de sandaliis Domini — de cingulo Domini — de vestimentis Domini — de 
tabula cene — de pane quem benedixit in cena — de sylice sub qua locutus 
est Dominus Abrahe — de ligno Moysi — de lapide montis Thabor — de 
presepio ubi jacuit Dominus — de monte Sinai ubi Dominus legem dédit — 
de petra annunciationis sancte Marie — de sepulchro Sancte Mariae — de 
vestimento ejusdem — de capillis ejusdem virginis — de interula ejusdem 
sancte Marie virg. — digitus S. Joannis Baptiste. — Dens ejusdem. — de 
ossibus concrematis ejusdem — de sanguine apostoli Pétri et Pauli — de 
capillis et barba beati Pétri apostoli — De ossibus S. Andrée apostoii — 
de S. Thadeo apostolo — de S. Barnaba apostolo — de infula S. Joannis 
Evvangeliste — de infula S. Laurentii et os unum — de S. Stephano protbo- 
martire oss. et de sanguine ipsius — de S. Vincentio os unum — de S. 
Blasio ossa plu rima — de Innocentibus dentés quatuor — de S. Benedicto 

— de S. Leodegario — digitis S. Nicholay et de pulvere corporis ejus et 
minutis ossibus — Ossa plurima de S. Martiuo — de digito S. Anthonii 

— Costa S. Taurini — costa S. Leufredi — de cor pore S. Paucracii — de 
S. Symphoriano — de capillis S. Quintini et de ossibus ejusdem — de S. 
Firmino — de S. Claro — de S. Eustachio — de S. Arcemio— de SS. Dyo- 
nisio, Rustico, Eleuterio — de S. Aniano — de S. Bricio — dens S. 
Machuti — duo digiti de S. Leonardo et dens ejusdem — de interula S. 
Edmundl régis et martiris sanguine ejus intincta — digitus S. Marie 
Magdalene — de capillis et de sudario ejusdem — de SS. Fabiauo et Sebas- 
tiano — de scapuia S. Georgii — de S. Remigio — de digitis S. Marguarete 
et aliis ossibus ejus — de cingulo ejusdem — de S» Agatba et de velo ejus 

— Rracbium S. Oswaldi régis et martyris cum tota manu — Brachium S. N. 
virginis — de S. Clerio — de S. Vigore — de S. Lamberto — de S. San- 
sone — de S. Luciano, martyre — de S. Canotho abbate — de costa S. Persii 

— de S. Sulpicio — de S e Gueretrude — de S. Bonito — de S. Johanne 
Crisostomo — de S. Leobyno — de S. Patricio — de S. Brigida — de S. Vui- 
gauio — pars pectoris S. Guberti — pars pectoris S te Eldride virginis — de 
pedis S. Gomeboidi — digitus S. Fulgini heremite - ossa duo de spina S. 
Egidii — de pulvere undecim milium virginum — de vestimentis S. Edmond i 
archepiscopi et confessons, et de pluribus aliis quorum nomina non conti- 
nentur in presenti pagina. — Isti et omnes sancti intercédant pro nobis ut 
mereamur adjuvari el salvari ab eo qui vivit et régnât Deus in secula secu- 



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328 



ÉTIBNNE DEVILLE. 



lorum. Amen. Amen. Scriptus fuit hic rotulus in abbacia Boni portus 
anno Domini M*. CGGC». XXIII, duodecimo kl. Maii (20 Avril 1423) a quodam 
fratre religioso predicti loci. Ille qui scripsit cum Christo viyere possit. 
Amen 1 . 

Rel. maroquin rouge aux armes royales; titre au dos : Vêtus Testament. 
Ancien Colbert 93 ; BegiusZm, 16. N° 53 latin de la Bibliothèque Nationale. 

IV. — Partie de Bible latine, avec les prologues et arguments 
de S. Jérôme et autres. L'ordre des livres est le suivant : fol. 1, 
Genèse, incomplète du commencement. — fol. 19, Exode. — fol. 
35, Lévitique. — fol. 45, Nombres. — fol. 61, Deutéronome. — 
fol. 75, Josué. — fol. 84 v°,Juges. — fol. 94, Ruth. — fol. 96 v«, 
Rois, I. — fol. 109 v°, Rois, II. — fol. 120, Rois, III. — fol. 133, 
Rois, IV. 

Parchemin, 144 feuillets, 430 sur 300 mill. — xi* siècle. — Texte à 2 col. 
de 41 lignes. Le titre de chaque livre est écrit en haut des feuillets, mais pas 
d'une manière continue. Les incipit et leB explicit de chaque chapitre sont 
en rouge. Simples lettres de couleur, en tête de chaque chapitre, sans 
aucun ornement. 11 y a pourtant dans ce ms. quelques lettres ornées ; fol. tO. 
Capitale destinée à être peinte, formée d'entrelacs et de fleurons ; le corps 
de la lettre est formé d'un animal fantastique aux ailes repliées. — fol. 35, 
grande capitale bleue, légèrement rehaussée de rouge. — fol. 45, grande 
initiale en rouge, — fol. 61, grande initiale destinée à être peinte et formée 
d'entrelacs et de feuillages.— fol. 75, grande initiale verte — fol. 84 v« et 94, 
grandes initiales rouges avec ornements évidés.— fol. 96 t°, grande initiale 
verte. — fol. 109 v et 120, initiales bleues.— fol. 133, grande initiale verte. 

Quelques notes marginales, fol. 16, 21, 33 v°, 36, 44 v<>, 49 v, 59, 102. Les 
feuillets 1 & 10 sont très mutilés ; d'autres sont déchirés : 11 à 19, 21, 86, 
101. Jusqu'au foi. 28, les marges ont été coupées en divers endroits, et à 
partir du foi. 118, la partie supérieure est endommagée. Une partie du foi. 
144 a été coupée au-dessous de VexplicU du IV« Livre des Rois ; le verso de ce 
feuillet est en blanc, sauf la salutation angélique qui s'y lit, ainsi que deux 
autres invocations. — Ancien Colbert n» 97 ; Reghu 56(?). Rel. mar. rouge 
xua armes royales. H Titre au dos : « Pars veteris Testam. >» N° 56 du 
fonds latin de la Bibl. Nat. 

V. — Partie de Bible latine, avec commentaire tiré de divers 



i. Ce catalogue est l'œuvre d'un prieur de Bonport, Pierre Faucon, qui vivait au 
xv* siècle et sur lequel nous reviendrons plus loin. 




MSS DE L'ANCIENNE BIBLIOTHÈQUE DE L'ABBAYE DE BON PORT. 329 



auteurs; l'ordre des livres est le suivant : fol. 1, Proverbes. — fol. 
42, Ecclésiaste. — fol. 72 v° Sagesse, — fol. 93 v« Ecclésiastique. 

Parchemin, 146 feuillets, 365 sur 240 mill. — xiu* siècle. — Le texte de ce 
ms. est encadré par le commentaire, et vice versa ; le nombre de lignes à la 
page est d'environ 25 ; la hauteur des marges inférieures, 120 mill. Le titre 
de chaque livre se lit, en haut des feuillets, de l'un en l'autre, en capitales 
rouges et bleues alternées. Lettres ornées, fol. 1, deux grandes initiales» 
Tune formée d'un animal fantastique; l'autre historiée de deux personnages 
sur fond d'or, représentant un maître et son élève, tous deux vêtus de bleu : 
le maître seul porte un manteau rose et tient à la main un faisceau de 
verges. — foi. 42, une lettrine historiée, sur fond d'or, de trois personnages, 
quo nous ne saurions identifier. I/un est assis sur un trône, la tête ceinte 
d'un nimbe et d'une couronne royale ; le second se tient debout devaut lui, 
ayant en main une fleur de lys. Le troisième est couché à terre et semble 
dormir. Ils portent tous les trois d'amples manteaux bleus. — fol. 55 v°, 
la Vierge assise, tenant l'enfant Jésus dans ses bras. — fol. 72 v°, lettrine 
historiée formée d'un animal fantastique, encadrant deux personnages, l'un 
assis sur un trône, la tête ceinte de la couronne royale et tenant dans sa 
main droite une épée nue, la pointe en haut. L'autre personnage, à l'air 
vénérable, se tient debout. Peut-être faut-il y voir Salomon et le Grand- 
Prêtre. — fol. 93™, Salomon, assis sur son trône, la tête ceinte de la cou- 
ronne royale, et un autre personnage devant lui ; ils semblent écouter la 
voix de Dieu dont la face, entourée du nimbe crucifère, apparaît dans les 
nuages. 

Notes marginales, fol. 48 v% 49-54, 73, 86, 94 v«, 97, 100 v°, 102 v°, 105, jusqu'à 
la fin du volume. 

L'ornementation de ce manuscrit est plus riche que celle des précédents; 
le texte est rehaussé d'ornements rouges et bleus et les marges inférieures 
de tout le volume sont ornées de filigranes des mêmes couleurs. Les notes 
marginales et même interlinéaires sont d'une écriture très fine et remplie 
d'abréviations. Une partie de la marge inférieure de tous les feuillets de ce 
manuscrit a été rongée. 

Au fol. 146 v°, on lit la note suivante, qui nous apprend que ce manuscrit 
avait été donné à l'abbaye par Jean de Carville 1 , archidiacre d'Evreux : 

« Liber sancte Marie de Bono Portu de dono Johannis de Garvill. 
quondam Ebroicensis archidiaconi. Quem si quis abstulerit vel inique 
celaverit, anatbema sit. Amen. » 



1. Jean de Carville, archidiacre d'Evreux, vivait en novembre 1242 (Delisle, Cart. 
norm., p. 130). Jean de Carville n'a que le titre de clerc dans une eharte de juil- 
let 1236. (Andrieux, Cart. de Bonport, p. 114). 




330 



ÉTIENNE DK VILLE. 



Rel. mar. rouge aux armes royales. Titre au dos : « Salomon. Proverb. » 
— Ancien Colbert 2970; Regius 3710,8; n« 120 du fonds latin de la Bibl. 
Nat. 

VI. — Partie de Bible latine, avec commentaire tiré de divers 
auteurs; Tordre des livres est le suivant : fol. 1, Proverbes; — fol. 
73 v°, Ecclésiaste;— fol. 99 v°, Cantique des Cantiques;— fol. 134. 
Sagesse. 

Parchemin, 178 feuillets, 230 sur 152 mill.— xni* siècle.— Environ 20 lignes 
à la page, de longueur inégale, par suite de la disposition du texte et du 
commentaire. Quelques initiales ornées : fol. 1, bleue, avec fleurons et 
entourée d'or. — Fol. 69, 73, 74 simple capitale en bleu et rouge avec 
filigranes. — Fol. 99, 134, simple capitale en vert et en rouge, avec 
filigranes. 

Notes marginales, fol. 31 v°, 40, "3, 78, 122v», 144. 

Quelques dessins à la plume, sommairemeut exécutés sur quelques-unes 
des marges inférieures: fol. 8, une figure grimaçante; — fol. 9, 20,132, 140, 
un fleuron ; — fol. 147, un petit chien. 

Les feuillets 158 v© et 159 sont tachés; le fol. 98 est à moitié coupé. 
Simples lettrines de couleur, très sobres d'ornements. 

Sur le fol. 1, la formule d'excommunication est trois fois répétée. Au fol. 
178 v% on lit :« Liber béate Marie de Bono Portu in Normannia. » 

Les feuillets de garde de ce manuscrit sont formés de deux anciens 
fragments dont récriture a tous les caractères du x*-xi e siècle. 

Ancien Colbert 5209 ; Regius 3946, 5-3. Rel. en peau sur ais de bois avec 
traces de fermoirs. N° 126 du fonds latin de la Bibl. Nat. 

VII. — Partie de Bible latitie, avec commentaire tiré de divers 
auteurs ; Tordre des livres est le suivant : 

Fol. 3. Proverbes;— fol. 73 v°, Ecclésiaste; — fol. 96, Cantique 
des Cantiques; — fol. 123°, Actes des Apôtres. 

Parchemin, 217 feuillets, 310 sur 210 mill.— xm e siècle.— Le texte est enca- 
dré par les gloses. Quelques-unes sont interlinéaires. La longueur moyenne 
des lignes, 15 à la page, est de 140 mill. Quelques lettres ornées : fol. 3, bleue, 
sur fond d'or avec fleurons et animaux fantastiques 74 v*, d'or, sur fond 
gris avec fleurons ; — 96, rose, rehaussée de blanc, sur fond bleu, avec 
bordure d'or; - 123 v*, grande initiale bleue, rehaussée de blanc, sur fond 
d'or, ornée de fleurons et de figures d'animaux, très bien conservée. Haut. 
210 mill. Lettres de couleur, dans le texte, bleues ou rouges, quelques-unes 
avec filigranes. Hauteur des marges inférieures 98 mill» La formule d'ex- 




MSS DE L'ANCIENNE BIBLIOTHÈQUE DE l'ABBAYB DE BONPORT. 331 



communication se lit au fol. 1 y* et 2 v°. La fin du recto et le verso du 
fol. 122 sont en blanc. Rel. mar. rouge aux armes royales: titre au dos : 
« Proverbia, Ecclesiast. Canticum. » Ancien Golbert 2928; Regùis 3714, 6. 
N« 129 du fonds lat. de la Bibl. Nat. 

§. III. — Bibles. Livres séparés. Ancien Testament. 

VIII. — Le Livre des Nombres, avec gloses extraites de divers 
auteurs : S. Jérôme, S. Augustin, Origène, Raban Maur et d'autres. 

Parchemin, 193 feuillets, 295 sur 200 raill.— xin« siècle.— Le commentaire 
encadre ordinairement le texte qui se trouve être écrit sur des lignes 
d'inégales longueurs. Ainsi, au fol. 3, elles ont 30 mi 11. — au fol. 12, 55 — au 
fol. 25, 90 — au fol. 83, 10 — au fol. 89, 95 et au fol. 92, 65. Les feuillets 
19 v°, 20 et 69 sont sans commentaire; le texte est à 2 col. et chaque ligne 
mesure 65 mill. — Au fol. 2 v*, se voit une peinture représentant Moïse 
recevant les tables de la loi. Il est représenté debout dans une attitude qui 
traduit la surprise, Pétonnement. Il tient dans sa main droite les tables de 
la loi. Il porte le nimbe d'or, est vêtu d'une robe blanche rehaussée de 
jaune et drapée d'un manteau vfolet semé de pois ronges. La main de 
Jéhovah sort d'un nuage, tenant une longue banderolle sur laquelle on lit 
en lettres bleues et rouges alternées : Toile summann universe congrégations 
filiorum Israël (Num. I. 2). L'initiale est tracée en or avec entrelacs de 
couleur blanche sur fond rouge et gris alternés, le tout se détachant sur 
fond de sinople. Lettres de couleur dans le texte, sans aucun ornement, le 
rouge et le bleu sont seuls employés. On lit sur ce manuscrit, fol. 193, une 
formule d'excommunication qu'on avait écrite au xnr» siècle pour effrayer les 
voleurs : « Liber sancte Marie de Bono Portu, quem si quis abstulerit vel 
furatus fuerit vel inique celaverit, anathema sit ab abbate et omnibus 
monachis ibidem Deo servientibus. Fiat. Fiat. Amen ». Nous retrouverons 
celte formule, avec quelques légères variantes, dans d'autres manuscrits. Ce 
volume a conservé sa curieuse reliure primitive en veau gaufré, de la fin du 
xv e ou du commencement du xvr siècle, sur laquelle on voit représentés 
David jouant de la harpe, S. Pierre, des cavaliers, des griffons, des 
palmettes, des entrelacs et des bâtons brisés ; traces de fermoirs. Ancien 
Golbert 2956; Regius 3714, 8. N° 74 du fonds latin de la Bibl. Nat. 

IX. — Les Livres des Rois, avec commentaire tiré de divers 
auteurs ; Tordre est le suivant : 

fol. 1, Sommaire des chapitres des quatre livres des Rois. 

fol. 4, Prologue de Saint Jérôme. 

fol. 7, Texte des quatre livres, avec commentaire. 




332 



ÉTIENNE DEVILLE. 



Parchemin, 227 feuillets, 360 sur 260 mill. — xii«-xhi» siècle. — La disposi- 
tion du texte est la même que dans le ms. précédent : en général le texte 
est encadré par le commentaire, d'où il s'ensuit une grande inégalité dans 
la longueur des lignes. Elles ont par exemple : fol. 7, 25 mill. ; fol. 10, 54 ; fol . 
17, 125 ; fol. 39, 65 ; fol. 121, 60 ; fol. 200, 70 mill. Quelquefois le texte est à 
2 col., sans commentaire, fol. 49 v% 50, 84, 85, 98, 99, 144 v°, 145, 146. 159 V, 
160-162, 167 V, 184, 187, 190-192. 

Grandes initiales, fol. 4, sur fond bleu, formée d'entrelacs, de fleurons et 
de feuillages, dans un parfait état de conservation. — fol. 7, sur fond bleu, 
formée de rinceaux et de fleurons ; elle occupe presque toute la hauteur du 
texte de la page, 190 mill. — fol. 63 v°, sur fond bleu, rehaussée d'or, et se 
répandant sur la marge inférieure — fol. 111, sur fond rouge, avec fleurons 
et feuillages — foi. 178 v°, sur fond bleu, rehaussée d'or et formée d'entre- 
lacs et de fleurons. Quelques lettres ornées et ûligranées. — Notes margi- 
nales, fol. 142-144, 150, 156 v. — Une partie du fol. 227 est coupée; la seconde 
col. du fol. 3 v« est en blanc. 

Sur une bande de parchemin, collée au fol. 1, se lit la formule d'excom- 
munication ainsi rédigée : 

< Liber Sancte Marie de Bono Portu, quem si quis furatus fuerit vel 
rapuerit vel inique celaverit vel hastlitteras deleverit, anathema sit, 
flat, fiât, flat, amen. » 

Rel. veau fauve, dos maroquin avec chiffres couronnés et fleurs de lys. 
Ancien Golbert 2969 ; Regim 3710, 9. N» 84 du fonds latin de la Bibl. Nat. 

X. — Isaïe, avec commentaire ordinaire, fol. 1, Table alphabé- 
tique des matières avec indication des chapitres. Cette table se 
retrouve identiquement reproduite au fol. 3, fol. 6. Isaie, avec 
commentaire ordinaire, la fin manque. 

Parchemin, 78 feuillets, 342 sur 230 mill. — xm« siècle. — Texte émaillé de 
lettres de couleur, rouges et bleues, quelquefois ornées de filigranes ; lignes 
de longueurs inégales, en moyenne 25 à 27 par page. 

Grandes initiales de couleurs, fol. 5, 6, 12 v°, 15, 16 v, 19 v°, 30 v«, 36 v«, 
41, 43, 44. 

Notes marginales, fol. 31, 36, 39 v«, 57, 69. 

La fin du fol. 1 recto et le verso et le fol. 4 v°, sont en blanc. 

La formule d'excommunication se lit au fol. 79. 

Ancien Colbert 2929; Regius 3714, 7. Rel. mar. rouge aux armes royales. 
N° 144 du fonds latin de la Bibl. Nat. 




MSS DE L'ANCIENNE BIBLIOTHÈQUE DE L'ABBAYE DE BONPORT. 333 



§ IV. — Nouveau Testament. 



XI. — Évangile selon S. Mathieu, avec commentaire ordinaire; 
la fin manque ; le texte s'arrête au premier mot du verset 46 du 
chapitre XXVIII. 

Parchemin, 113 feuillets, 320 sur 202 mlll. — xm e siècle. — Le commentaire 
encadre le texte, parfois môme il est interlinéaire ; il y a environ 18 lignes 
à la page, mais de longueur inégale. Hauteur des marges inférieures, 87 mill. 

A partir du fol. 97, le manuscrit est d'une main différente. Le texte est 
émaillé de lettres et d'ornements bleus ou rouges; les chapitres sont simple- 
ment indiqués en marge par des chiffres romains. 

Notes marginales, fol. 52, 65, 68. 

Déchirures, sans altération du texte, fol. 13, 35, 44, 78, 83, 91, 93, 95, 103, 106. 

La formule d'excommunication se lit sur le plat intérieur de la reliure. 
Rel. en peau sur ais de bois, avec traces de fermoirs. Ancien Colbert 2931 ; 
Regius 3950, 3. N° 288 latin de la Bibl. Nat. 



§ V. — Interprêtes de l'Écriture. Ancien Testament. 
XII. — Recueil, contenant : 

Fol. 1. — Glose anonyme sur les livres de l'ancien et du nou- 
veau Testament. 

Fol. 3i v 0 .— Liber Sancti Hieronymi, Hebraicarum questionum 
in Genesim, avec le prologue. 

(Pair. lat. XXIII. col. 935-1010). 

Fol. 59 v°."— Incipit de decem temptationibus. 
(Patr. lat. XXIII. col. 1319). 

Fol. 61. — Quaest. in librum Regum I. 
(Pair. lat. XXIII. col. 1330-1346). 

Fol. 69. — Quaest. in librum Regum II. 
(Patr. lat. XXIII. col. 1346-1364). 

Fol. 77 v°. — Quaest. in lib. Paralipomenon. 

(Patr. lat. XXIII. col. 1363-1388). 

rkvuk des bibl., septembre-décembre 1906. xvi. — 24 




334 



ÉT1ENNE DKV1LLE. 



Fol. 88. — Quaest. in lib. II. Paralip. 
(Patr. lat. XXiil. col. 1387-1402). 

Fol. 93 v 0 .— Gommentarius in canticum Debborœ. 
(Patr. lat. XXIII. col. 1321-1328). 

Fol. 96 v°. — Lamentaliones Jeremiœ. 

Fol. 100. — Incipit epistola S. Hieronymi ad Dardanum : de 
diversis generibus musicorum. 
(Patr. lat. XXX. col. 213). 

Fol. 122. — Fragments d'un bref commentaire sur les Psaumes. 
(Patr. lat. XXVI. col. 823). 

Fol. 130 v°. — Prefatio S. Hieronymi in Pentateuchum. 
(Patr. lat. XXVIII. col. 147). 

Fol. 168. — Liber de nominibus hebraicis. 
(Patr. lat. XXIII. col. 771-858). 

Fol. 194 v°. — Liber de viris illustribus. 
(Pair. lat. XXIII. col. 601-720). 

Fol. 212v°. — Epistola de duodecim doctoribus ecclesiœ. 
(Patr. lat. XXIII. col. 723-726). 

Fol. 213 v 0 . — Un traité anonyme intitulé : « Tractatus de sybilla 
ejusque prophetiis », dont la plus grande partie manque. Il ne 
subsiste dans notre ms. que le prologue, le livre premier et une 
partie du livre second. 

Parchemin, 215 feuillets, 282 sur 210 mill. — xm e siècle. — Texte à 2 col. de 
27 à 32 lignes. Lettrines de couleur avec filigranes ; le bleu et le rouge y sont 
seuls employés. Quelques lettres ornées et flligranées aux fol. 1, 23 v°, 29 v«, 
32, 34 v», 59 v«, 61, 88, 93 v°, 94 v, 96 V, 130 v°, 168, 194 V, 196. 

Notes marginales, 10, 69, 70 v*, 80 v, 119, 128. 

Fleurons dessinés à la plume, fol. 38 v°, 46, 49 v°, 50, 51. 

Déchirures, fol. 15, 17 , 20, 25, 40, 61, 64, 70, 72. 78, 85, 86, 88, 109-111, 120, 
124, 154, 167, 178, 183, 204. 

Les feuillets de la fin ont été mutilés, au moins trois, dont il subsiste 
des fragments. 

Rel. veau marbré, au chiffre de Charles X ; titre au dos : « Glossœ in 
vet. et nov. Test. S. Hieronymi, Libri.IlI de Sybilla ». Ane. Colbert 2852; 
Regius 3994, 5, 5. N» 345 du fonds latin de la Bibl. lat. 




MSS DE L'ANCIENNE ÔIBLIOTHÈQUE DE l'àBBAYE DE BONPORT. 335 

XIII. — Recueil contenant des gloses anonymes sur quelques 
livres de l'ancien testament : 

Fol. 1. Genèse.— fol. 78, Exode. — fol. 86, Lévitique — fol. U3v°, 
Les Nombres. — fol. 128 v°, Deutéronome.— fol. 153 v°, Josué. — 
fol. 168, Les Juges. — fol. 185, Rulh. — fol. 188, Les Rois. 

Ce sont là quelques-unes de ces gloses que se sont longtemps 
disputées les Prêcheurs et les Minimes. Ceux-ci les disaient de 
Alexandre de Halès, ceux-là les revendiquaient pour Hugues de 
Saint-Cher. Les Prêcheurs ont gagné leur procès. Le docte Échard 
a péremptoirement justifié les nombreux éditeurs qui, dès l'inven- 
tion de l'imprimerie, out remis Hugues de Saint-Cher en possession 
de toutes les gloses attribuées par les Franciscains au premier 
maître de leur école *. 

Parchemin, 258 feuillets, 340 sur 220 millim.— xin e siècle.— Texte à 2 col. de 
60 lignes. Le titre de chaque livre se lit en haut de choque feuillet, de Pun 
en l'autre, en capitales rouges et bleues alternées. Petites lettres ornées 
en tête de chaque chapitre. Quelques initiales peintes et Ûligranées, aux 
fol. 1, 3 V, 11, 78, 96, 113 v<\ 128 v<>, 153 V, 168, 185, 188, 209 V, 241. 

Notes marginales, fol. 3 v», 11, 12, 13 v», 17, 37, 60 v*, 81, 85, 87 v°, 89 v<\ 
90 V, 94 vo, 96-99, 104, 110, 116, 121, 125, 127, 128, 132, 143 v% 149-153, 155, 159, 
173,176, 201. 

Déchirures, 20, 31, 51, 53, 59, 60, 62, 65, 73, 75, 79, 91, 99, 109, 118, 121, 124, 
125, 128, 130, 133, 136, 137, 140, 142, 147, 152, 156, 158, 161, 166, 168, 169, 177, 
182, 183, 191, 202, 208, 210, 214, 215, 235, 237. 

Deux notes écrites sur le second feuillet de garde (la première est biffée) 
nous apprennent que ce volume avait été donné à l'abbaye par] Guillaume 
de Pont-de-rArche, évêque de Lisieux 2 : 

« Iste liber episcopi Luxoviensis (sic). 

« Liber sancte Marie de Bono Portu de dono domini G [uiileimi] de 
Ponte Arche, quondam Lexoviensis episcopi », 

et la formule d'excommunication que nous avons déjà rencontrée. 

Sur le second feuillet de garde, à la fln du volume, on trouve inscrit 
Pobit d'un religieux de Bonport : 

« Anno Domini M 0 . CGC 0 . IX». obiit nonnus Radulphus de Morans 
monacbus Boni Portus. » 



1. Quétif et Échard, Script, ord. Praed. 1.198 et suiv. 

2. A la générosité de ce prélat étaient dus un Pentateuque glosé et un Commentaire 
de Hugues de Saint-Victor sur l'Évangile de saint Luc. Guillaume de Pont-de-rArche 
avait sans doute légué sa bibliothèque à l'abbaye de Bonport dans laquelle il mourut 
au mois d'août 1250. Delisle, loc. cit., I. 537; Gall. Christ. XI, 782. 




336 



ÉTIENNE DEVILLE. 



Rel. mar. rouge aux armes royales. Titre au dos : « Glossœ in Pentateuc. » 
Ancien Golbert 3009; Regius 3710, 7. N° 363 du fonds latin de la Bibl. Nat. 

XIV. — Commentaire, de Raoul de Flaix \ sur le Lévilique. Ce 
Commentaire est, parmi ses nombreux écrits, un de ceux que ses 
contemporains ont le plus goûtés. Il a été publié pour la première 
fois par Euchaire Cervicone (Cologne 1536, in-fol.) et ensuite par 
les éditeurs de la Biblioth. des Pères (t. X édit. de Cologne, et 
t. XVII, édit. de Lyon. 

Dans notre manuscrit, il est divisé en deux tomes et en vingt 
livres. Le livre I (fol. 4) comprend 10 chapitres; — le livre II 
(fol. 20), 5 chapitres ;— le livre III (fol. 34 v°), 10 chap. ; — le livre 
IV (fol. 49), 5 chap. ; — le livre V (fol. 68), 4 chap. ; — le livre VI 
(fol. 79v°), 5 chap. ; — le livre VII, (fol. 95 v°), 6 chap. ; — le livre 
VIII (fol. 116 v°, 6 chap. ; — le livre IX (fol. 134), 9 chap. ; — le 
livre X (fol. 151), 3 chap.; — fol. 167 : « explicit liber decimus 
primum volumen super leviticum » ; le livre XI (fol. 168v°;, 
3 chap.; — le livre XII (fol. 175 v"), 2 chap.;— le livre XIII 
(fol. 193 v°), 5 chap. ;— le livre XIV (fol. 213), 6 chap.; — le livre 
XV (fol. 225 v°), 5 chap. ;— le livre XVI (fol. 242), 4 chap.; — le 
livre XVU (fol. 256), 5 chap. ; — le livre XVIII (fol. 272), 5 chap. ; 
— le livre XIX (fol. 284 v°), 8 chap. ; — le livre XX (fol. 298 v°), 
8 chap. 

Parchemin, 313 feuillets, 302 sur 230 mill. — xui c siècle. — Texte à 2 col. de 
38 lignes environ. Les explicit et les sommaires des chapitres sont en rouge. 
Lettres de couleur avec filigrane au commencement de chaque chapitre et 
lettres de couleur dans le texte. Jusqu'au fol. 24 v°, l'indication des livres 
se lit en rouge, sur le haut des feuillets, de l'un en l'autre. Notes margi- 
nales, fol. 43, 92, 118 v,258v°. Déchirures, fol. 5, 10, 13, 16, 31, 39, 41, 55, 76, 
88, 177, 182, 190, 260, 276. La fin de la seconde col., fol. 71v«, 167, 313 sont eu 
blanc. A partir du fol. 95 v», les sommaires des chapitres se lisent en tête 
de chaque livre. A la fin de la première col. du fol. 313, se trouve ainsi 
indiqué le nom de l'auteur de Touvrage contenu dans ce ms : 

c Nomine Radulfus preseus liber est vocitatus ». 

et plus bas, en écriture rouge, plus fine : 



1. Raoul, moine de Flaix, diocèse de Beauvais, vivait, suivant Aubri db Trois 
Fontaines, en 1157. L'énumération de ses écrits authentiques n'est pas facile. Voy. 
Hist. litt. de la France, t. XII, p.,480. 




MSS DE L'ANCIENNE BIBLIOTHÈQUE DE L'ABBAYE DE BONPORT. 337 



« Liber sancte Marie de Bono Portu. Qui eum furatus vel celaverit 
anathema sit ». 

Rel. en peau sur ais de bois avec traces de fermoirs*. Ane. Colbert 2842; 
Regius 2842. N° 382 du fonds latin de la Bibl. Nat. 

XV. — Recueil de gloses sur l'ancien et le nouveau testament ; 
Tordre des livres est le suivant : 

Fol. 1. — luterpretatio vocum Hebraicarum et veteris et novi 
testameuti, index. Fol. 32, Josué — fol. 38, les Juges — fol. 44 v«, 
Ruth — fol. 45 v°, Esther — fol. 48 v°, Esdras — fol. 52 Nehemias — 
fol. 55 v°, les Macchabées — fol. 68, les Rois — fol. 106, Parali- 
pomènes — fol. 117, Tobie — fol. 120 v°, Judith — fol. 126, Isaïe — 
fol. 155, Ezéchiel — fol. 168, Jérémie — fol. 177, Lamentations — 
fol. 186, Baruchàlafin duquel on lit: « Explicit Baruchsecunduir 
decanum Salisberiensem ». — Fol. 189, Ecclésiastique — fol. 201 v°, 
Proverbes — fol. 208, Sagesse — fol. 220, Cantique des Cantiques 
— fol. 225, Petits prophètes — fol. 256, Apocalypse — fol. 266, 
Actes des Apôtres. 

Parchemin, 270 feuillets, 380 sur 240 mill. xm e siècle. Texte à deux col., 
d'une écriture très fine et pleine d'abréviations ; environ 81 lignes à la 
page. Dans le texte, beaucoup de mots soulignés eu rouge. Les titres des 
livres sont irrégulièrement indiqués, quelquefois en rouge. Les 22 premiers 
feuillets sont écrits sur quatre colonnes. Beaucoup de capitales destinées à 
être peintes n'ont jamais été exécutées. Notes marginales et concordances 
à presque tous les feuillets. Déchirures, fol. 16, 39, 40. 61, 65, 73, 76, 83, 102, 
105, 115, 122, 123, 138, 143, 152, 155, 157, 182, 187, 197, 201, 206, 228, 231, 237, 
240, 242, 246, 247, 251. 254, 264, 265. 

Blancs aux fol. 7 v<>, 31, 67, 105 v«, 125 v», 185 v°, 188 v», 224 v°, 255, 255 v°, 
265, 265 v°. 

Une partie du fol. 167, 224, la marge inférieure des fol. 215 et 218 ; le fol. 

270, dans toute sa hauteur, ont été coupés. 
A partir du fol. 126, l'écriture est d'une autre main. * 
Au foi. 270, formule d'excommunication, où le nom de l'abbaye a été 

gratté. 

Rel. dos veau fauve, au chiffre de Charles X, plats en carton recouverts 
de papier. Ane. Colbert 3011; Regius 3714, 4. N° 393 du fonds latin de la 
Bibl. Nat. 

XVI. — Commentaire anonyme sur les Psaumes. Le Commen- 
taire que contient ce volume est de Pierre Lombard. Les exem- 




338 



ÉTIENNE DEVILLE. 



plaires en sont très nombreux, mais pour la plupart anonymes. 
Les copistes n'avaient pas besoin d'indiquer rauteur de ce livre 
classique. Tous les clercs le connaissaient, c était le théologien par 
excellence. Ce commentaire est quelquefois appelé Calma, Magna 
glossa, c'est en effet une interprétation fort étendue. La glose clas- 
sique des psaumes était alors celle d'Anselme de Laon; Pierre 
Lombard Ta prise pour modèle et Ta considérablement augmentée. 
Ce commentaire est publié dans les Patr. lat. CXCI. col. 55-1296. 

Parchemin, 175 feuillets, 320 sur 230 mill. xm« siècle. Texte à deux col. 
(Tune écriture très Une et remplie d'abréviations. Chaque verset des Psaumes 
est écrit en caractères plus gros que le commentaire; quelquefois il est 
rehaussé d'ornements bleus, surtout dans la première partie du manuscrit; 
lettres en couleur avec filigrane* ; beaucoup de notes marginales et de con- 
cordances. Le début du Psaume I est en capitales rouges et bleues alternées. 
Déchirures, fol. 10, 13, 18, 24, 31, 34, 37, 39, 42, 44, 46, 59, 66, 67, 75, 82, 83, 
85, 86, 87, 106, 111, 113, 116, 118, 121, 121, 126, 130, 132, 133, 136, 143, 146, 150, 
155, 157, 159, 160, 163, 165. La fin de la seconde col. fol. 109 v* et une partie 
du fol. 126 v° sont en blanc. Le fol. 170 est en partie déchiré. Au fol. 175, 
recto, se lisent la formule d'excommunication et une invocation à la Vierge , 
en vers datés de 1445, qui commence ainsi : 

O Maria sole splendidior. 

Rel. dos veau fauve, au chiffre de Charles X, plats en carton recouverts 
de papier. Titre au d03: « Petrus Lombardus iu Psalmos ». Ancien Golbert 
2850; Regius 3826. c. N° 416 du fonds latin de la Bibl. Nat 

XVII. — Commentaire de Pierre Lombard sur les Psaumes. 
(Patr. lat. CXCI col. 55.) 

Parchemin, 310 feuillets, 370 sur 270 mill.— xu e siècle.— Texte à 2 col. Let- 
trines de couleur ; beaucoup de passages soulignés en rouge. Les versets 
des Psaumes sont écrits en caractères beaucoup plus gros que le texte du 
commentaire. Lignes rouges dans les marges avec références et concordances. 
Ce beau manuscrit, d'une conservation et d'une fraîcheur presque parfaites, 
est illustré de nombreuses initiales et capitales richement décorées, savoir : 
fol. 2, grande initiale sur fond d'or encadrée de bleu, lozangé de blanc et 
formée d'entrelacs et d'animaux posés dans des attitudes tout à fait 
curieuses. Haut. 85 mill. Les premiers mots du Psaume 1 sont écrits en 
lettres d'or sur des bandes de pourpre et d'azur. 

Fol. 60, initiale sur fond d'or, dans un encadrement bleu, formée d'entre- 
lacs et d'animaux fantastiques. 



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Pl. V. 



e&wtfar dt^iofatr. do.tftf .ffjbo.q diîfnfè» 
'tp'Jtn ^ W:€tpff bô.tïm frcoqS bomo. 
£ft c(b dtf daftjnb .idem nom reperrodo^fp 
ttaf tnfornrntmX twram.^ jwrtmSjiibtw 

inïaatpe. 

dnotticp î - 

ndnsnf 

cj<tKHoa 
tQntftritit 

efflomeorfa! Ç^Sgi 
eâdpifttiaC 

frftaifdnftiCÇ 

f.qui Inrttifmtrfftinr.^tïcknrt 
ftirfw f^itr.7nTdtjnrc^ntitdmr.hec«(V 
niflirra fctf.dr qtu» dfffMtneU^riio.Cttm 
tiatapAdmif: At^frtmmdttdejmw.qt 

Commentaire sur les Psaumes ; Ms. lut. 120, fol. 238 v«>. 




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MSS DE LANCIENNE BIBLIOTHÈQUE DE L'ABBAYE DE BONPORT. 339 

Fol. 60 v°, grande initiale dans le même goût que la précédente, plus 
richement ornée et terminée par une figurine coiffée d'un toquet rouge. 
Fol. 93 v°, initiale sur fond d'or avec entrelacis. 

Fol. 93 v°, autre, plus grande, sur fond d'or, entrelacs et fleurons, dans un 
encadrement bleu. 

Fol. 120, grande capitale formée d'oiseaux, d'animaux et de fleurons, sur 
fond d'or, se répandant sur la marge inférieure ; haut : 160 mill. 

Fol. 120 v°, autre grande capitale sur fond d'or, entourée de bleu, formée 
d'entrelacs, de tierce-feuilles et d'animaux, haut : 195 mill. 

Fol. 121 v°, initiale, sur fond d'or, eptrelaes et fleurons. 

Fol. 122, grande initiale, sur fond d'or, entourée d'une bordure oraoge, 
formée d'entrelacs, dé fleurons et de petits animaux affrontés et courants, 
et de grands oiseaux à figure humaine. 

Fol. 150 v% une grande capitale sur fond d'or, encadrée de bleu, formée 
d'entrelacs, de fleurons et d'oiseaux fantastiques. 

Fol. 150 v°, une petite initiale d'or sur fond bleu. 

Fol. 183 v°, une capitale sur fond d'or encadrée de rouge, formée de 
rinceaux, de fleurons et de petits animaux. — Fol. 183v«, une petite initiale 
bleue, fleuronnée, sur fond d'or. — Fol. 211 v°, grande capitale sur fond d'or» 
formée de rinceaux, de personnages nus et de petits animaux ; bordure 
bleue. — Fol. 211 v», petite initiale bleue fleuronnée, sur fond d'or. — Fol. 
215, id. — Fol. 215 v», grande initiale, sur fond d'or, avec fleurons et animaux. 
— Fol. 238, petite initiale bleue sur fond d'or. — Fol. 238v*, grande initiale 
bleue sur fond d'or, avec encadrement rouge, représentant les trois per- 
sonnes divines sous la figure humaine. Les trois personnages sont assis et 
tiennent chacun un livre de la main gauche. L'initiale du commencement 
de chaque psaume, est en général plus ornée que celles qui se rencontrent 
dans le texte. 

Au dessus des chiffres romains placés à la fin de chaque cahier, -on 
remarque, dessinés à la plume, des fleurons, fol. 8v<\ 17 v«, 24v°, 32 v°, 42 v°, 
82. 90, 106, 114, 130, 188, 194, 246, 235, 262, 270, 294, 302 ; fol. 58. une figurine ; 
66, une croix fleuronnée ; 74, un cercle au milieu d'un losange avec quatre 
fleurons; 98, un lion; 122, une croix ornée; 133, une croix ornée d'entrelacs ; 
146, une rosace; 162, entrelacs et fleurons avec un animal fantastique et 
une figurine ; 170, un fleuron et un léopard ; 178, une palmette ; 202, une 
rosace ; 210, un léopard ; 226, une croix de Saint-André, avec rosace, fleurons 
et figurines; 278, une palmette ; 288, une fleur de lys ornée. 

Notes marginales, fol. 19 v°, 34, 43, 45, 51 v°, 53 v, 62, 72, 88 v», 90 v, 91, 
95, 99, 101 v», 104, 112, 123, 124, 126, 136, 137, 142, 148, 152 v», 155, 169 v°, 177, 
181, 185 V, 192, 201, 215, 223, 239, 252, 258, 260, 262,264 V, 266-275, 285, 288, 292, 
295-299, 305. 

Déchirures, fol. 6, 9, 10-12, 110, 162, 172, 1*9, 211, 212, 214, 219, 243, 256, 257. 306. 
An fol. 310 v°. col. 2, une note du xv«-xvi r s., qui commence ainsi : 




340 



ÉTIENNE DE VILLE. 



c Jenet Bouvié et Rolyer de Sent Bertien à Sent Orner en Flandre au près 
de Terevane en Pica[r]die. Priés Dieux por Jenet Bouvié etHolier... » 

Une note, placée au verso du second feuillet de garde, nous apprend que 
ce beau volume avait été donné à l'abbaye par Luc, évôque d'Êvreux : 

Istud volumen dédit nobis Lucas Ebroicensis episcopus. Anima ejus 
requiescat in pace. Amen. 

On sait que ce prélat mourut le 30 janvier 1220 \u. s.)- — Rel. parchemin 
sur ais de bois avec traces de fermoirs. Ane. Colbert, 329 ; Regius 3826, 3, 
3. A. N° 420 du fonds latin de la Bibliothèque Nationale. 

(A suivre.) Étienne Deville. 




LE CATALOGUE 



DB LA 



PREMIÈRE BIBLIOTHÈQUE DE PÉTRARQUE 



A VAUGLUSE 



Le titre donné à cette courte étude n'est point injustifié. Nous 
possédons depuis peu de temps, écrit de la main du « père de l'Hu- 
manisme », un état, dressé par lui-même, de sa collection de livres 
à une date qui ne peut être postérieure à son voyage en Italie dans 
l'hiver de 1337. Cet état, qui a été publié en facsimilé et déchiffré 
par M. Léopold Delisle, figure sur la dernière page du Par. lai. 220 1 , 
manuscrit de la bibliothèque de Pétrarque ajouté par l'illustre 
savant à la collection constituée et décrite dans la première édition 
de Pétrarque et l'Humanisme*. 

Ce petit catalogue forme, à vrai dire, trois listes distinctes et qui 
ne semblent pas avoir été écrites en même temps, bien que récri- 
ture les montre clairement de la même époque. Voici le déchif- 
frement du texte, imprimé autant que possible selon la disposition 
de l'original. Ce texte est chargé d'abréviations et assez effacé par 
endroits ; il n'est pas surprenant que la première lecture, quelque 
attentive qu'elle ait été, ne se trouve pas aussi^complète que celle 
que je propose ici : 



1. Delisle, Notice sur un livre annoté parlPétrarque (Mss. la t. %%01 de la Bibl. 
Nat,). Paris, 1896; tiré des Notices et extraits des mss., t. XXXV, 2« partie. Rera. 
Sabbadini a étudiera un pointée vue différeut // primo nue le o délia biblioteca del 
Petrarca, dans les Rendiconti del R. Istituto Lombardo, vol. XXXIX (1906). 




Libri met 



M. Tullij 



Peculiares ad religionem non transfu- 
ges, sed exploralor, transire soleo *. 




/ 



Moralia 
Ethica 
Aristotelis 
vj u * Rei publiée 
Tusculanum 
Offitia 
Lelius 

Catho maior 
Diuinatio 
Hortensius 
Nalura deorum 
Paradox** 



Ad Lucillum 
Ad Neronem 



Boetius in consolations 



Senecae Remédia fortuitorum 
Tragédie 

De tranquillitate animi. 



\ 



Ystorica 



' Inuentionis 
Ad Herennium 
Retthorica j) e ora iore 
\. Inuectiue 
^ Oraiiones communes 



Ex 



Vàlerius 
Liuius 
Justinus 
Florus 
Salustius 
Suetonius 
Festus 
Eutropius 
/ Saturnalia 
\ Agellius * 



n 



Poetica 



Deeonsolatione. De 
breuitate uile* 
Virgilius 
Lucanus 
Statius 

Horatius presertim in odis 
Ouidius presertim in maiori* 
Iuvenalis 



/ Priscianus 
Grammalica Papias. Donatus 5 

Catholicon 
Dyalectica Traclatus nichil ultra 6 



Istei 

Tusculanum 
vj Rei publiée 
Lelius 
Offitiorum 
Catho maior 
Paradox a 



Aslrologica Spera. 

Macrobius, sed iste inlelligitur 
accessorius tractatui suo, tient 
et rellqui commentaires. 

Boetius de consolatione . 
Ad Lucillum. Et cetera prêter tragedias. 
Valerius. lustinus. Florus. Salustius. 
Priscianus. De poetis dico ut supra. 



De ciuilate Dei \ 
Confessionum / 
De orando Deo\ 
Soliloquiorum / 



xviij februarii 



xtj mail 



1. Novati rapproche ces deux lignes du passage 
connu de Sénèque, Ad Lucil. H, 4 : Soleo enim 
et in aliéna castra transire. non tamquam 
transfuga, sed tamquam exjdorator (Hiorn. 
stor. délia letterat. ilal.. t. XXIX, p. 525). 

2. Ces trois articles paraissent avoir été ajoutés 
après coup. 

3. Cette lecture reste douteuse. 



4. La rubrique sous laquelle se trouvent classés 
ces deux auteurs, Macrobe et Aulu-Gelle, est lue 
Excerpta par Delisle. 

5 Le mot Donatus a été ajouté après coup. 

6. La lecture nichil ultra reste douteuse. 

7. Ce root désigne le volume à la fin duquel 
est écrit le catalogue. Il semble que cette seconde 
liste se réfère à une série d'acquisitions nouvelles. 



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CATALOGUE DE LA PREMIÈRE BIBLIOTHÈQUE DE PÉTRARQUE. 343 

Cet inventaire confirme ce qu'on avait déjà pu établir sur la 
composition de la collection de Pétrarque pendant la première 
période de ses études. Il y ajoute, avec plusieurs indications nou- 
velle?, une précision qui n'est pas sans intérêt. L'Éthique d'Aristote 
ouvre la série des philosophes où figurent Cicéron, Sénèque et 
Boèce. La rhétorique est représentée par trois traités de Gicéron et 
deux collections de ses discours; l'histoire, par Valère-Maxime, 
Tite-Live, Justin, Florus, Salluste, Suétone, l'abrégé de Pestus et 
Eutrope; Macrobe et Aulu-Gelle s'y trouvent joinls. Les poètes 
sont Virgile, Lucain, Stace, Horace, Ovide et Juvénal. Quelques 
traités de grammaireet des ouvrages religieux, qui sont tous de saint 
Augustin, complètent ce fonds choisi, déjà bien suffisant pour 
donner à son possesseur une large connaissance de l'antiquité 
romaine *. Quelques articles de la liste écrite par Pétrarque 
appellent des observations. Parmi les œuvres de Cicéron, celui qui 
est désigné sous le titre d'Horiensius n'est autre que l'ouvrage en 
deux livres des Academica priora*. Le Festus, raugé parmi les 
livres historiques, est évidemment l'abrégé de Paul Diacre. Parmi 
les ouvrages grammaticaux, il faut noter le Cathoiicon de Jean 
de Gênes, en écartant l'hypothèse qu'il puisse être question des 
Catholica de Probus. Il pourrait se faire que la désignation Horatius 
preseriim in odis se référât simplement aux quatre odes contenues 
dans le Virgile de l'Ambrosienne; d'autres œuvres d'Horace figu- 
raient cependant dans cette première bibliothèque, et Pétrarque 
lisait au moins les Épilres dès son adolescence. Quelle que soit 
l'interprétation donnée aux mots qui suivent le nom Ouidius, et 
qui semblent désigner les Métamorphoses, on voit que Pétrarque 
ne possédait pas alors chez lui Ovide complet. 

On remarque l'absence des deux volumes achetés à Rome en 1337, 
contenant, l'un la Vie de S. Clément, le Dialogus de S. Gré- 
goire, etc. ; l'autre le Commentaire de S. Augustin sur les derniers 
Psaumes ; cette observation peut servir à dater approximativement 
le catalogue. Il n'y a, en effet, aucune élimination systématique 
des ouvrages ecclésiastiques, puisque saint Augustin y figure déjà, 
notamment pour le manuscrit de la Cité de Dieu, acheté à Avignon 



1. Voir, sur ces ouvrages et l'usage qu'eu a fait Pétrarque, la nouvelle édition de 
Pétrarque et l'Humanisme, Paris, 1907, passim. 

2. Pétrarque et l'Humanisme, nouv. éd., t. I, p. 245. 




344 



PIERRE DE NOLHAC. 



en 1325 et celui des Confesslo>is, don ancien fait au poète par 
Dionigi da Borgo San Sepolcro, comme un remède aux passions 
de sa jeunesse 2 . Mais Pétrarque a lui-même marqué, en tète de 
la page, en une phrase curieuse inspirée de Sénèque, la raison pour 
laquelle, sans se refuser à consulter les auteurs religieux, il ne leur 
donnait qu'un accès restreint dans sa bibliothèque. On sait qu'il 
fit autrement plus tard. Cette exclusion donne, d'ailleurs, à ce petit 
inventaire une signification plus précise, et achève d'en faire un 
document tout à fait précieux pour la biographie intellectuelle de 
Pétrarque et l'histoire même de l'Humanisme. 



1. Pétrarque et l'Humanisme, tome II, ch. u. 

2. Ibid. t tome I, p. 39. La tradition, dont je signale l'incertitude d'après Denifle, 
ferait remettre ce volume à Pétrarque pendant son séjour à Paris, en 1333. 



Pierre de Nolhac. 




DE LA SITUATION DES AMANUENSES 



DANS LES BIBLIOTHÈQUES SUÉDOISES 



Le personnel des Bibliothèques Suédoises, comme celui des Bi- 
bliothèques de France et de l'étranger, se compose de bibliothé- 
caires et de sous-bibliothécaires, auxquels viennent se joindre des 
auxiliaires appelés amanuenses*. Collaborateurs bénévoles, ils 
aident à la confection du catalogue et au classement des livres; ils 
s'instruisent dans la bibliographie et apprennent pratiquementle mé- 
tier de bibliothécaire, avec l'espoir de faire valoir leurs titres et 
leurs droits à une place, le jour où il y en aura une vacante. Leur 
situation, longtemps obscure et pénible, mérite d'être exposée; et 
quoiqu'il y ait encore beaucoup d'améliorations à souhaiter, il 
semble que l'administration universitaire s'occupe plus activement 
qu'ailleurs des ces apprentis bibliothécaires. 

Gomment devient-on amanuens ? Pour devenir amaniiens, il faut 
être « filosophie kandidat » c'est-à-dire candidat à la licence en phi- 
losophie ; ce qui correspond à peu près à notre licence ès lettres ou 
ès sciences. A Upsala, depuis quelque temps seulement, on exige le 
diplôme de licencié ; mais il fut un temps à Stockholm où il suffi- 
sait d'un simple examen de droit. Ces exigences se font de moins 
en moins sérieuses. A l'origine, dans l'espoir de recruter un per- 
sonnel érudit, on ne recevait que des licenciés ; mais depuis très 
longtemps aucun licencié ne s'est présenté. Le traitement si mi- 
nime qu'on leur accorde et le hasard de l'avancement ne sont 
point faits pour les encourager; et l'on se contente désormais de 
candidats à la licence. 



1. Les sous-bibliothécaires s'appellent plus exactement vice- bibliothécaires. Biblio- 
thécaires et sous-bibliothécaires composent le personnel ordinaire, les amanuenses 
forment le personnel extraordinaire; et dans les annuaires ils sont qualifiés « e. o. 
amanuenses ». 




346 



JEAN BONNEROT. 



Le futur amanuens est tenu de faire un stage préparatoire, où il 
apprend le fonctionnement de la bibliothèque; on se rend compte 
de ses connaissances littéraires et scientifiques et de ses aptitudes ; 
ce stage, qui ne dure que 15 jours à Lund, comporte à Stockholm 
et à Upsala un mois ou deux d'assiduité. Puis le bibliothécaire 
propose le futur amanuens au « Petit consistoire académique » 
qui fait à son tour la proposition régulière; et enfin seulement le 
chancelier fait la nomination. Il n'y a donc aucune épreuve spé- 
ciale, orale ou écrite, qui permette au bibliothécaire de se rensei- 
gner exactement sur les aptitudes professionnelles du candidat. A 
Lund toutefois, on subit devant le vice-bibliothécaire un petit exa- 
men pratique (recherches sur les rayons d'un certain nombre 
de volumes) avant d'être nommé amanuens extraordinaire. Ce 
stage n'est jamais rétribué. 

Service. Ce sont les amanuenses qui dans la salle de lecture 
reçoivent les demandes de livres, qui dans les magasins font par- 
venir aux lecteurs les livres demandés, remettent en ordre les 
collections et replacent les volumes rendus après chaque séance 
de lecture. Certains s'occupent spécialement des journaux, revues 
et périodiques de toutes aortes. Ce sont eux enfin qui sont chargés 
en grande partie de la confection des cartes et de la mise en ordre 
du catalogue. Les heures de service varient ; si Ton n'exige que deux 
heures de présence à Lund, les amanuenses d'Upsala sont astreints 
à quatre heures par jour. 

Appointements. On a jugé impossible d'exiger des amanuenses 
un travail assidu sans les rétribuer. D'ailleurs, en principe, dans 
les Bibliothèques Suédoises, il n'y a point ^amanuens qui ne soit 
indemnisé. A cet effet, l'État a accordé aux trois grandes Biblio- 
thèques des subventions servant à payer les employés surnumé- 
raires, qui, selon l'avis du bibliothécaire, l'ont mérité. — A Upsala, 
il y a une somme de 3500 kr. (4900 1rs 1 ) à partager entre les cinq 
amanuenses qui y ont droit d'après leur ancienneté et leurs mé- 
rites particuliers. Le plus ancien reçoit \ 000 kr. (1 400 frs) par an 
et le dernier des cinq à peu près 500 kr. (700 frs). Le budget ne 
prévoit que cinq amanuenses, et, s'il y en a d'autres, quels que 
soient leurs titres et leur nombre d'années de service, ils n'ont droit à 
aucune indemnité. On les oublie jusqu'au jour incertain où une 



1 . Ces calculs ont été faits en prenant la couronne au taux de i. 40. 




SITUATION DES AMANUENSES DANS LES BIBLIOTHÈQUES SUÉDOISES. 347 

vacançe se produit. — A Lund, la situation est bieu meilleure. La 
Bibliothèque appartient à l'Université et en dépend entièrement. 
La somme de 2 500 kr. (3 450 frs) qui lui est attribuée est à partager 
entre trois amanuenses et une dame qui, pour recopier les cartes, 
reçoit 300 kr. (420 frs). Les amanuenses va congé ne reçoivent rien. 
La somme totale est partagée entre les trois amanuenses d'après 
leurs heures de service pendant Tannée et leur ancienneté. Le plus 
ancien reçoit 700 kr. (980 frs). Ainsi M. le licencié Brodén a touché 
en 1904 pour dix mois de service 400 kr. (560 frs) et en 1905 pour 
six mois de service 325 kr. (455 frs). Et M. Brodén ajoute cette note à 
ses renseignements : « Il n'existe point à la Bibliothèque de Lund 
de fonctionnaire non payé. » 

Avancement. Le hasard des mises à la retraite ou des morts dé- 
cide seul de l'avancement. A Upsala, où il y a sept emplois ordi- 
naires avec un traitement de début de 2 500 kr. (3 450 frs), un 
amanuens peut attendre des années avant de parvenir à ce premier 
grade. On tient compte à la fois des services rendus et de l'ancien- 
neté, et aussi des titres scientifiques et littéraires que Ton peut 
faire valoir. La plupart des amanuenses sont candidats à la licence 
en philosophie. Les quatre heures de service qui leur sont impo- 
sées à Upsala ne leur permettent pas toujours de se préparer avec 
des chances de succès. Et le temps qu'ils perdent ainsi est mal com- 
pensé par l'indemnité, s'ils en ont une. On ne nomme aux emplois 
ordinaires que des licenciés. 

D'ailleurs les amanuenses réclament contre cette situation. 
Candidats à la licence en philosophie, ils préparent mal leur exa- 
men et ne peuvent consacrer toute leur activité à la Bibliothèque. 
Ils demandent, 1) ou que l'on réduise les heures de service, ce qui 
permettrait une préparation plus sérieuse et plus utile, 2) ou que 
l'on ne prenne que des licenciés, qui, avec une indemnité conve- 
nable, se dévoueraient davantage à leur Bibliothèque. Mais les 
licenciés ne se décideront que le jour où un traitement suffisant 
leur sera assuré et que l'avancement ne sera plus aussi incertain. 

Si précaire que soit encore la situation des amanuenses dans les 
Bibliothèques Suédoises, elle n'est pas entièrement laissée à l'aban- 
don. Un crédit spécial est ouvert pour eux chaque année au budget 
de l'État. Leurs heures de service et leur ancienneté sont autant 
de titres à faire valoir pour une nomination à un emploi ordinaire. 
Mais on exige des amanuenses trop d'heures de service en leur 




348 



JEAN BONNEROT. 



accordant une indemnité trop minime, pour que, considérant peu 
à peu leur emploi comme accessoire, ils ne cherchent pas à côté 
une situation plus sérieuse 1 . 

Jean Bonnerot, 

Attaché à la Bibliothèque de la Sorbonne. 



1. Cet exposé a été fait sur des renseignements recueillis par M. Camille Polack, lec- 
teur à l'Université de Lund, auprès de M. Gustaf Adde e. o. amanuens à la Bibl. Unir. 
d'Upsala, et de M. le licencié Brodén e. o. amanuens k la Bibl. Univ. «le Lund. Qu'il 
me soit permis ici de les remercier. 



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UN LRSSICO TIRONIANO DI SAINT-AMAIND 



Dalla Introduction à la lecture des notes tironiennes del ch. E. 
Châtelain (Paris, 1900), p. 138-9, raccolgo che dclF arte tachi- 
grafica praticata air abbadia di Sait-Amand (Belgio) si conosce 
soltanto un curioso spécimen nel manoscritto 521 (475) di Valen- 
ciennes. 

Fortunatamente si conserva ancora un lessico intero scritto ed 
usato a S. Amando,ed è quello contenuto nel Cod. Vat. lat. 3799. 
Lessico e codice sono noti, e G. W. Schmitz li ha descritti e se n' è 
servito alla meglio 1 ne' suoi Commentarii nolarum tironianarum 
(1893), p. 8, senza accorgersi — a qnanto pare — délia provenienza. 

Questa c' è rivelata dair appendice contenuta a f. 102M05 r e 
riprodotla dallo Schmitz tabb. 124-128. Le note deir appendice si 
riferiscono per la massima parte a nomi bibiici e cristiani I nomi 
cristiani non bibiici comiuciano con queili del canone délia messa : 
Leni (sic), Cleli, démentis, Sixti, Corneli, Cipriani, Laurenli, 
Crisogoni (Joannis et Pauli mancano), Qosme, Damiani, e scgui- 
tano con al tri nomi un po' confusi di raartiri e confessori : Mauri- 
cins, Hilari, Martini, Açustini 2 , Gvegori, Hieronimi, Bénédictin 
Afedardi, Germant, Gervasi, Protasi, Victori, terminando con 
Uedasti, Amandi, Bauoni. 

E' da uotare che Amandi, e solo esso, è in lettere capitali (cfr 
Schmitz in nota a tab. 128, 36), appunto corne solevasi ne* calen- 
dari, ne' dittioi délia messa e nelle litanie distinguera il sanlo 



1. Dico alla meglio, perché mi sorprendono gli spropositi sumi per sûmi, ut olia 
per uel alia ricorreoti neir iscrizione a principio (p. 12), per non dire che tacesi essere 
cum % avgnti a velocitate, e nella sottoscrizione le parole affatto estranee sicut mater 
consolatur filios (p. 8) d'altra mano e d'altro inchiostro. E' giusto perô notare, che 
il cod. non fu collazionato dallo stesso Schmitz. 

2. S. Agusline. cosi eziandio nelle litanie del sacramentario di S. Amando, dove pure 
si succedono S. Vbdaste, S. Amandb, e dove compaiono in altro ordine tutti i nomi 
nostri, meno Victori, che Schmitz sospetlava essere Victorini (?). 

Revu* des bibl.. septembre-dêcenibn» 190G. xvi. — 28 




350 



G. MERCAT1. 



principale del luogo\ e corne precisamente è distinto S. Amando 
nella litania del Sacramentario di S. Amando, ora conservato a 
Stockholm : v. Delisle, Mémoire sur d'anciens sacrameniaires, 
1 1 0, 363. Atlesa la consuetudine ed il riscontro, si puô dunque ossere 
abbastal«a sicuri che il libro fu scrillo a S. Amando 1 . 

Ora pigliando in mano V annotaiio librorum bibliofhecae sancti 
Amandi del sec. XII, pubblicala dal Dklisle, Le cabinet des ma- 
nuscrits de la Bibliothèque nationale, II, 449, al n. 7 si Irovano 
registrati Libelli quinque veteres qui ipsas notas indicant. Secondo 
Châtelain 1. c. i libelli quinque sarebbero cinq exemplaires du 
Lexique tironien. Non sarebberro essi piuttosto semplicemente i 
cinque libri o commentant antichi di note contenuti nel nostro 
unico manoscritto e segnalati accura lamente nelle iscrizioni 
riprodotte dallo Schmitz : Explicit commentarius primus, incipit 
commentarius secundus ecc. ? 

Finalmente è da notare alla fine del lessico il nome di Berna- 
rius, semplice donatore (oplulit) e non già (secondo Schmitz, 
p. 8) scrittore del volume, come dimostra la diversità di carattere 
dei due distici dal resto. Sarebbe egli mai V abbate Bernero, che 
prese parte alla consecrazione del nuovo abbate Leudrico (an. 
952) ad restaurandam ipsam abbaiiam di S. Amando? Cfr An- 
nales Elnonenses minores in Mon. Germ., Scriptores, V, 19, 32. 

Ora chi puô, confronti il lessico con il célèbre foglio in note 
conservato a Valenciennes e vegga se le note siano idenliche. 



1. Nè si opponga che colaphis a f. 106 è in lettere capilali. La parola é la fine dell' ap- 
pendice primiliva, e perciô fu scritta in capitali come se fosse un explicit. 

2. Il foglio 106, di,guardia al codîce, contiene dei capitula monastici. 



G. Mercati. 




INVENTAIRE SOMMAIRE 



DBS 



MANUSCRITS 



COPTES 



DE LA BIBLIOTHÈQUE 



NATIONALE 



Le catalogue des manuscrits coptes de la Bibliothèque Nationale 
n'a pas encore été publié, bien que ce fonds autrefois relativement 
considérable se soit encore enrichi en ces dernières années de 
documents précieux. Les Orienlalistes ont cependant à leur dispo- 
sition, dans la salle de travail, un catalogue manuscrit. Mon ami 
M.,Hyvernat, m'ayant demandé de lui procurer la copie des quelques 
pages de l'ancien catalogue de la Bibliothèque Royale contenant la 
désignation des manuscrits coptes, j'ai pensé que ces notices 
pourraient encore être de quelque utilité à d'autres personnes, et 
qu'il serait opportun de les réimprimer en les complétant par 
l'indication des manuscrits qui n'y sont pas énumérés. 

La première partie de la présente liste, comprenant les n 08 1 à 
51 B, reproduit textuellement les notices publiées en 1739 dans le 
Catalogus codicum maniiscripiorum Bibliothecœ regiœ (tom. I, 
p. 70-75 ; 450). Ces notices ont été rédigées par Etienne Fourmont. 
On y a seulement ajouté ici quelques mots placés entre parenthèse, 
le nombre des feuillets et l'indication du format de chaque volume. 

Pour la seconde partie, qui comprend les n os 52 et suivants, on 
s'est borné, le plus souvent, à mettre en latin les indications con- 
tenues dans l'inventaire manuscrit des petits fonds orientaux, qui 
est également déposé dans la salle de travail de la Bibliothèque. 
On a pareillement ajouté l'indication du format et du nombre des 
feuillets. 

Cette notice sommaire n'a donc aucune prétention à l'originalité 
ou à l'érudition. En rappelant l'importance du fonds copte de la 




352 



J.-Ô. ClîAÔOT. 



Bibliothèque Nationale, elle ne pourra manquer d'exciter chez 
les Orientalistes le désir de voir paraître bientôt un catalogue 
vraiment scientifique de ces manuscrits. 



1. — Codex bombycinus inter praecipua Bibliothecae regiae, si 
characterum elegantiam spectes, ornamentanumerandus. Ibicon- 
tinetur Pentaleuchus, e graeca lingua in copticam conversus, 
una cum interpretatione arabica, quae copticae praesertim respon- 
det. Accedunt notulae qusedam ad marginem conjectae. Is codex, 
manu Michaëlis, monachi, filii Abrahami, anno Martyrum 1076, 
Christi 1360, exaratus dicitur. — (307 -ff. ; 40 x 28 cenlim.) 

2. — Codex bombycinus, elegantissime scriptus idque saeculo 
xvii 0 . Ibi continentur duodecim Prophetae minores, et e majori- 
bus Daniel, e graeca lingua in copticam conversi ; adjuncta inter- 
pretatione arabica. — (Scriptus anno 1659 ; 106 ff. ; 32 x 24.) 

2 A. — Codex bombycinus, olim Benedicli de Maillet. Ibi con- 
tinetur Ezechiel, cui e regione adjuncta est arabica interpretalio. 
Is codex ad usum domus patriarchalis, anno Christi 1355, exaratus 
dicitur. — (187 ff. ; 32 X 24.) 

3. — Codex bombycinus saeculo xvii 0 scriptus; ubi continentur 
Psalmi Davidis et Veteris Testamenti Caniica^ e graeca lingua in 
copticam conversa, adjuncta interpretatione arabica. (A. D. 
1569; 140 ff. ; 30 X 20.) 

4. — Codex membranaceus, Nicosia (Nikiou) in Bibliothecam 
regiam Vanslebii opéra illatus, elegantissime scriptus. Ibi conti- 
nentur Psalmi Davidis. Is autem codex videtur inter antiquiores 
numerandus. — (Saec. xn° (?) ; 207 ff. ; 28 x 31.) 

5 . — Codex bombycinus, quo continentur Psalmi Davidis. Is 
codex inter antiquiores numerandus. — (Saec. xu° (?); 150 ff. ; 
24 X 16.) 

6. — Codex bombycinus, olim Nicolaii Peirescii, poste* Phili- 
berti de la Mare, dein regius. Ibi continentur (liber Katameros 
dictus seu) Leztiones e Psalmis et Evangeliis, ut et Antiphonœ in 
ecclesiis Copticis a prima dominica Septembris ad ultimam usque 
Februarii recitari solitae. — (Saec. xvu»; 185 ff. ; 28 X 19.) 

7. — Codex bombycinus, ubi continentur Lectiones e Psalmis 
et Evangeliis, ActisApostolorum et Epistolis, quae praecipuis anni 



- J.-B. Chabot. 




MANUSCRITS COPTES DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE. 353 



festis (a Palmis ad Pascham) in ecclesiis Copticis recitari soient. — 
(A. D. 1354; 289 ff.; 34 X 23.) 

8. — Codex chartaceus Cairo in Bibliothecam regiam Vanslebii 
opéra illatus, ubi continentur Psalmiet Cantica'm ecclesiis Copticis, 
habita festorum et temporumratione, recitari solita. — (Sfec. xvi°(?); 
298 ff.; 20 X 14.) 

9. — Codex bombycinus, ubi continentur Lectiones e Psalmis, 
Evangeliis et Epistolis, ad usum ecclesiae Coptieae, adjuncla 
interpretatione arabica. — (Saec. xvi° (?); 155 ff. ; 20 X 14.) 

10. — Codex bombycinus, Nicosiain Bibliothecam regiam Vans- 
lebii opéra anno 1671 illatus, ubi continentur Lectiones e Psalmis, 
Evangeliis, Actis Apostolorum et Epistolis, ad usum ecclesiae Cop- 
ticae (pro quibusdam anni dominicis). — (Saec. xvn° (?); 209 ff.; 
20 X 13.) 

11. — Codex bombycinus, ubi continentur Psalmi, Gantica, 
Hymni et Orationes festis beatae Virginis et Sanctorum, ecclesiis 
Copticis, recitari solita, coptice et arabice. — (A. D. 1518 ; 204 ff. ; 
20 X 14.) 

12. — Codex bombycinus olim Nie. Peirescii, postea Philiberti 
de la Mare, ubi continentur Psalmi Davidis (in quibusdam officiis 
recitandi), e graeca lingua in copticam conversi : initio ut et sub 
finem, nonnulla desiderantur. Is codex inter antiquos numerandus 
videtur. — (Saec. xv° (?) ; 194 ff. ; 12 X 9.) 

13. — Codex membranaceus, elegantissime scriptus, variisque 
picturis ornatus, ubi continentur Evangelia quatuor, e graeca lin- 
gua in copticam conversa. Is codex manu Michaelis, episc. Damiata?, 
anno Christi 1173, exaratus dicitur. — (286 ff.; 38x26.) 

14. — Codex bombycinus elegantissime scriptus, ubi continentur 
Evangelia quatuor , egrseca lingua in copticam conversa, adjuncta 
e regione interpretatione arabica. Is codex ad saeculum xiu um refe- 
rendus videtur. - (331 ff.; 40 X27.) 

14 A. — Codex bombycinus, olim Benedicli de Maillet. Ibi con- 
tinentur Evangelia quatuor, e graeca lingua in copticam conversa 
divisaque in lectiones. Adjuncta est e regione arabica interpreta- 
tio. — (Sœc. xv* (?) ; 406 ff.; 31 X21.) 

15. — Codex bombycinus, olim Colbertinus, ubi contiuentur 
Evangelia quatuor, in lectiones divisa, ad usum ecclesire Coptica?. 
Is codex quem in antiquorum numéro non immerito reponas, manu 
Victoris cujusdam sacerdotis exaratus dicitur. — (Saec. xm° ; 291 ff. ; 
30 X 22.) 




354 



J.-B. CHABOT. 



16. — Codex borabycinus, olim Philiberti de la Mare, xni° saeculo 
scriptus, illudque elegantissime. Ibi continentur Evangelia quatuor 
coptice conversa, unacum arabica illorum interpretatione. — (372ff.; 
28X20.) 

17. — Codex bombycinus, antiquus et elegantissime scriptus, 
ubi continentur Pauli Epistolœ, coptice et arabice. — (271 ff. ; 
32 X 25.) 

18. — Codex bombycinus, elegantissime scriptus, ubi conti- 
nentur (Katameros per tempus quadragesimale, ut in cod. seq. ; 
minus recta igitur hœc notitia Catalogi :) 1° Psalmi Davidis, ut et 
Canlica quœ in libris sacris occurrunt; 2° Hymni et Orationes, 
quarum autores feruntur Athanasius et Severus Alexandrini 
patriarche. 1s codex ad saeculum xm um referendus videtur. — 
(378 ff.; 27 X 17.) 

19. — Codex bombycinus, ubi continentur (Katameros seu 
officum) Lectiones ex Evangeliis et Epistolis, quse tempore quadra- 
gcsimali in ecclesiis Copticis recitari soient, coptice et arabice. — 
(281 ff.; 26 X 44.) 

20. — Codex bombycinus ubi continentur Lectiones ex Evange- 
liis et Epislolis, ut et Orationes nonnullae quœ in ecclesiis Copticis, 
(diebus dominicis per quatuor a Paschate menses, non autem ut 
dicilur in Catalogo,) tempore quadragesimali recitari soient. — 
(A. D. 1352 ; 294 ff.; 26 X 16.) 

21. — Codex bombycinus, ubi continentur (Epistolœ S. Pauli, 
Epistolœ catholicœ et Apocalypsis, non vero) Lectiones ex Evan- 
geliis Actis Apostolorum et Epistolis, quae quatuor a Paschate men- 
sibus in ecclesiis Copticis recitari soient (quai sunt in cod. 20). — 
(A. D. 1339 ; 347 ff. ; 33 X £3.) 

22. — Codex bombycinus, Nicosiain Bibliothecam regiam Vans- 
lebii opéra illatus, ubi continentur Theotohia, sive hymni in laudem 
beatœ Virginis, juxta ritum ecclesiae Copticœ Alexandrinae, cani 
soliti. Ibi quoque alios quosdam hymnos reperias, coptice et ara- 
bice. — (Sœc xv° (?) ; 242 ff. ; 23 X 16.) 

23. — Codex bombycinus, ubi continentur Interprûtalio Théo- 
tokiorum, sive paraphrasiscopticain hymnos ad Virginem. Hujusce 
auctor fertur Joannes Alexandrinus patriarcha. — (A. D. 1648 ; 
66 ff.; 25 X 17.) 

24. — Codex bombycinus inter antiquos numerandus, Nicosia 
Vanslebii opéra in Bibliothecam Colbertinam illatus. Ibi continen- 




MANUSCRITS COPTES DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE. 355 



tur Liturgiœ sancti Basilii et aliorum, sed mutilae, coptice et ara- 
bice. — (Saec. xiv° (?) ; 161 ff. ; 26 X 12.) 

25. — Codex bombycinus, antiquus, ut videtur, Gairo in Biblio- 
thecam regiam illatus, ubi coatinetur Lilurgia S. Basilii, e graeca 
lingua in copticam conversa, una cuminterpretatione arabica. — 
(Saec. xiv° (?); 89 fif. ; 17x12.) 

26. — Codex bombycinus, olira Colbertinus, anno Christi 1400 
scriptus(?). Ibicontinentur : 1°) Lilurgia S. Basilii, e graeca lingua 
iu copticam conversa, una cuin interpretatione arabica. 2°) Li- 
lurgia S. Qregorii Nazianzeni, item cum interpretatione arabica. 
3°) Lilurgia S. Cyrilli Alexandrini, cum eadem interpretatione. 
4°) Ordo Missœ, cum rubricis arabice tantum scriptis. — (234 ff.; 
21X13.) 

27. — Codex chartaceus, olim Colbertinus, anno 1633 exaratus, 
ubi continetur Lilurgia S. Basilii, e lingua graeca in copticam con- 
versa una cum arabica interpretatione. Is codex, ut initio annota - 
tum reperias, ex exemplari carie pene absumto descriptus est et col- 
latus cum alio quod est pênes D. Dauvergnes. — (75 ff.; 16X10.) 

28. —Codex bombycinus, i n bibliothecam regiam , anno 1 67 1 , Vans - 
lebii opéra illatus, ubi continetur : 1°) Lilurgia S. Basilii, una cum 
illius interpretatione arabica; 2°) Lilurgia S. Gregorii Nazian- 
zeni, cum eadem interpretatione; 3°) Lilurgia (S. Cyrilli, non 
autem ut dicitur in Catalogo) sancti Marci, itidem cum arabica 
interpretatione. Très illae litnrgiœ e lingua graeca in copticam 
conversas sunt. — (Saec. xvi°; 260 ff.; 16X13.) 

29. — Codex bombycinus, ubi continentur : 1°) Lilurgia S. Basi- 
lii, e graeca lingua in copticam conversa, una cum arabica inter- 
pretatione; 2°) S Qregorii Nazianzeni lilurgia, e graeca lingua in 
copticam conversa, una cum arabica interpretatione. — (Saec. 
xvn°; 165 ff.; 25X15,) 

30. — Codex bombycinus, Cairo in Bibliothecam regiam Vans- 
lebii opéra illatus, elegantissime scriptus ubi continentur : 1°) 
Lilurgia S. Basilii, e graeca lingua in copticam conversa, una cum 
arabica interpretatione et rubricis accuratissimis ; 2°) Anonymi 
Traclalus de ralione celebrandœ lilurgise juxta ritum ecclesiae 
Jacobiticae Alexandrin». — (A. D. 1642 ; 153 ff.; 21 X 14.) 

31. — Codex bofnbycinus, Nicosia in Bibliothecam regiam Vans- 
lebii opéra illatus, ubi continentur : 1°) Lilurgia S. Basilii, in 
epilomen contracta ; 2°) Lilurgia S. Gt^egorii Nazianzeni ; 3°) Lilur- 




356 



J.-B. CHABOT. 



gia S. Cyriili ; desiderantur nonnnlla. Très illae liturgiae e graeca 
lingua in copticam conversai sunt. Rubricœ vero arabicae. — [Ssec. 
xvi°; 217 ff. ; 16X12.) 

32. — Codex bombycinus quo continentur Orationes variœ in 
copticis ecclesiis recitari solita», coptice et arabice. — (Saec. xvi° ; 
217 ff.; 22 X 15.) 

33. — Codex bombycinus, Nicosiain Bibliothecam regiam Vans- 
lebii opéra, anno 1671, illatus. Ibi continentur Hymni festis Sanc- 
torum in ecclesiis Copticis cani soliti. — (A. D. 1591 ; 114 ff.; 
16 X 10.) 

34. — Codex bombycinus olim Philiberti de la Mare, ubi conti- 
tur : 1°) Orationes et Hymni in ecclesiis copticis recitari soliti diebus 
beatœ Virgini, Michaôli, Gabrieli, Raphaëli et sanctis Martyribus 
sacris; 2°) Officiant quadragesimale hebdomados sanclae et domi- 
nical resurrectionis ; 3°) Orationes ante benedictionem nuptialem, 
et in ipsa benedictione nuptiali, et illa peracta recitandae; 4°) Apo- 
calypsis, e grseca lingua in copticam conversa. Is codex partim 
coptice, partim arabice exaratus est. — (Sœc. xvn° ; 402 ff. ; 
20X14.) 

35. — Codex chartaceus, Cairo in Bibliothecam regiam Vanslebii 
opéra illatus, ubi continentur Psalmi quidam, Theotohia, Hymni in 
laudem Sanctorum, omnia ad usum ecclesiae Jacobitarum Alexan- 
drinorum, coptice et arabice. — (Sîvc. xvi° ; 334 ff. ; 21 x 14.) 

36. — Codex bombycinus, ubi continentur : 1°) Offtcium quod 
hebdomadis sanctœ decursu in ecclesiis Coptitarum recitari solet, 
coptice; 2°) Anonymt Traclatus de sacerdotii dignitate, e gra?co 
fortasse ejusdem tituli sancti Chrysostomi opère conversus, 
arabice. — (Sœc. xvn<> ; 177 ff. ; 15 X 13.) 

37. — Codex bombycinus, quo continetur Index Orationum 
quae singulis diebus festivis in ecclesiis Copticis recitari soient. — 
(20 ff.; 22X15.) 

38. — Codex bombycinus, Nicosia in Bibliothecam regiam 
Vanslebii opéra illatus, quo continentur: 1°) Officium quod in 
efferendis singulorum ordinum morhiis, iu ecclesiis Copticis recitari 
solet; 2°) Orationes nonnulhe, arabice scripbe. — (Saec. xiv° ; 
147 ff. ; 22 X 15.) 

39. — Codex bombycinus, antiquus et elegantissime scriptus 
quo continentur : 1°) Litnrgia S. Basilii, e graeca lingua in copticam 
conversa, una cura interpretatione arabica; 2°) Liturgia sancti 




MANUSCRITS COPTES DR LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE. 357 



Gregorii Nazianzeni, e graeca lingua in copticam conversa, una 
cum arabica interpretatione. (Saec. xiv° ; 181 Cf. ; 10 X 9.) 

40. — Codex bombycinus, ubi continetur Lilurgia S. Qregorio 
Nazianzeno tributa, e graeca lingua in copticam conversa, adjuncta 
arabica interpretatione. — (Saec. xvi tf ; 103 ff. ; 9 X 5.) 

41. — Codex bombycinus antiquus, ut videtur, quo continetur 
Lilurgia s, Cyrilli Alexandrini, e graeca lingua in copticam con- 
versa. Dimidiam paginée partem occupât arabica interpretatio. — 
(Sœc. xv°; 122 ff.; 9X5.) 

42. — Codex bombycinus, Nicosia iu Bibliothecam regiam Vans- 
lebii opéra, anno 1671 , illatus; ubi continentur : 1°) Variœ preces et 
cantica, quorum pars coptica lingua, pars arabica scripta sunt; 
2°) Apocalypsis, arabice; — (A. D. 1517-1519 ; 284 ff. ; 11 X 8.) 

42 A. — Codex bombycinus, olim Benedicti de Maillet, lbi con- 
tinentur : 1°) Hymni varii diebus festis in ecclesia Coptica recitari 
soliti ; 2°) Hymni arabice scripti ad usum ecclesiae Copticae; 3°) 
Quœsita et responsa de rébus ad theologiam pertinentibus. Illorum 
auotores feruntur SS. Basilius et Gregorius Nazianzenus. Is codex 
saeculo xiv° exaratus videtur. — (92 ff . ; 14 X 11.) 

43. — Codex bombycinus quo continentur : 1°) Grammatica 
coptica, ut et nomenclator, tam secundum rerum, quam secundum 
litterarum copticarum ordinem. Ibi praeterea explicautur voces 
dialectis Sahiticae et Maritimae peculiares ; 2°) Ebn Assali Scala 
linguae graecae et copticae, sive glossarium, quo voces Novi Testa- 
menti difficiliores, servato librorum ordine, arabice exponuntur; 
3°) Anonymi Grammatica coptica, cujus auctor forlasse Petrus 
episcopus Echminensis ; 4°) Grammatica atia coptica. — In eo 
codice, qui videtur autiqnus, nonnulla desiderantur. — (Saec. xiv°; 
252 ff. ; 26X18.) 

44. — Codex bombycinus, antiquus, ut videtur, ubi continentur: 
1°) Scala sive Glossarium Majus linguae coptica?, illius praesertim 
quae apud Sahitas Thebaïdos superioris incolas recepta est. lbi vero 
arabice exponuntur Novi Testamenti voces seleclae, illudque 
servato librorum ordine; 2°) Explicatio praecipuarum conjunc- 
tionura, particularum et variorum nominum, quœ in sacris libris 
occuiTiint; 3°) Grammatica lingua 1 coplicw, auctore, ut videtur, 
f]bn Assalo ; 4°) Grammatica cujus auctor fertur Alhanasius 
episcopus Kous, in Thebaïde; 5°) Alia Grammaticae linguae 
coptica prœcepta, juxta varias dialectos, Sahiticam nempe, Becbi- 




358 



J.-B. CHABOT. 



riticara sive Maritimam, et Behamuriticam complectens, adjunclo 
glossario. — (Sœc. xiv° ; 190 ff. ; 28 XI 9.) 

45. — Codex bombycinus, antiquus, ut videtur, et elegantissime 
scriplus, ubi continentur; l p ) Anonymi Grammatica coptico- 
arabica\ 2°) Anonymi Leooicàn coptico-arabicum^ ubi voces dia- 
lecto sahiticae peculiares exponuntur ; 3°) Lexicon aliud coptico- 
ararabicum, ubi de vocibus Novi Testamenti difficiiioribus. — 
(Ssec. xiv°; 232 ff. ; 18 x 13.) 

46. — Codex bombycinus, an tiquus, ut videtur, et elegantissime 
scriptus, quo continentur; 1°) Grammatica coptico -arabica. 
Auctoris nomen ignoratur; 2°) Anonymi Glossartum, ubi voces 
Novi Testamenti obscuriores arabice exponuntur; 3°) Anonymi 
Scala sive Lexicon coptico-arabicum. Auctor forlasse Ebn Assali. 

— (Partim A. D. 1263 ; partim saec. xv°; 250 ff. ; 17 X 12.) 

47. — Codex bombycinus, Cairo in Bibliothecam regiam Vans- 
lebii opéra illatus, quo continentur; 1°) Anonymi Grammatica 
coptica; 2°) Anonymi Lexicon copticum, ubi vuces obscuriores 
qme in Novo Testamento occurrunt, arabice exponuntur. — 
(Sœc. xvi°; 135 ff. ; 17 X 12.) 

48. — Codex bombycinus quo continentur: 1°) Grammatica 
coptica. Auctoris nomen amissum; 2°) Anonymi Glossarium, ubi 
voces copticîe arabice exponuntur. Auctore Ibrtasse Ebn Assalo. 

— (Srec. xvi»; 149 ff. ; 1 5 X 10.) 

49. — Codex bombycinus Cairo in Bibliothecam regiam Vanslebii 
opéra illalus, quo continentur : 1° Anonymi Grammatica copiico- 
arabica; 2°) Lexicon coptico-arabicum. — (Sœc. xxi°; 173 ff . ; 
18 x 13.) 

50. — Codex bombycinus, quo continentur : 1°) Anonymi Gram- 
matica coptico-arabica. 2°) Lexicon coptico-arabicum, auctore 
Semnudeo. — (A. D. 1636; 193 ff. ; 22 x 15.) 

51. — Codex bombycinus Cairo in Bibliothecam regiam Vanslebii 
opéra illatus, ubi conlinetur anonymi Lexicon coptico-arabicum. 

— (A. D. 1620 ; 162 ff. ; 20 X 14.) 

51 A. — Codex bombycinus, olim Benedicti de Maillet. Ibi con- 
tinelur anonymi Lexicon coptico-arabicum, quo voces Novi Tes- 
tamenti difficiliores explicautur. Is codex sœculo xiv° exaratus 
videtur. — (94 ff. ; 18 X 12.) 

51 B. — Codex bombycinus, olim Benedicti de Maillet. Ibi 
continetur anonymi Lexicon coptico-arabicum, quo explicantur 




MANUSCRITS COPTES DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE. 359 



voces minus obviae libri cujusdam qui « aurum purum » inscribi- 
tur (intellige Librorum N. T., et liturgicorum quorumdam) . Is 
codex sseculo xv° exaratus videtur. — 147 ff. ; 16 X 13.) 

52. — Codex bombycinus, initio et fine mutilus, quo continen- 
tur : 1°) Orammatica liugnœ copticœ, arabice scripta; 2°) Lexieon 
coptico-arabicum. — (Sœc. xvn°; 165 ff. ; 16X12.) 

53. — Codex bombycinus, qui ftiit olim cl. v. Asselin. Eo conti- 
nentur : 1°) Grammatica linguae copticœ; 2°) Lexieon coptico- 
arabicum, auctore Semnudeo, ut videtur, idem quodedidit Ath. Kir- 
cher; duplex est : vocabulis nempe secundum rerum et dein 
secundum litterarum alphabeti ordinem dispositis. — (A. D. 1807; 
179 ff.; 32X22.) 

54. — Codex bombycinus quo continentur Orammatica et 
Lexieon coptico-arabicum. Initio sex folia desiderantur. — (A. D. 
1318; 223 ff . ; 19X13.) 

55 — Codex bombycinus, initio et fine mutilus, quo continen- 
tur Lexieon coptico-arabicum, partim secundum rerum ordinem, 
partirn secundum ordinem alphabeticum. — (Sspc. xvi°; 125 ff. ; 
17X12.) 

56. — Codex bombycinus quo continetur Pentateuchus . — 
(A. D. 1760; 166 ff.; 30X20.) 

57. — Codex bombycinus, qui fuit olim cl. v. Asselin. Eo conti- 
nentur Genesis et Exodus, coptice et aratiiee. Scriptus est anno 
1392 Martyrum, 1086 Arabum, seu Christi 1676. — (304 ff.; 28x20.) 

58. — Codex bombycinus quo continentur Daniel et duodecim 
Prophetœ minores, coptice et arabice. — (A. D. 1660 ; 90 ff. ; 
30X21.) 

59. — Codex bombycinus quo continentur qualuor Evangelia. 
Initium Evangelii S. Johannis (i-x, 25) et nonnulla alia desideran- 
tur. — (Saec. xm° (?) ; 260 ff. ; 32 X 23.) 

60. — Codex bombycinus quo continentur quatuor Evangelia. 

— (Saec. xvii 0 ; 212 ff. ; 30 X 22.) 

61 — Codex bombycinus quo continetur Evangelium secun- 
dum S- Johannem. — (Sa*c. xvn°; 143 ff. ; 22 X 14.) 

62. — Codex bombycinus quo continetur Evangelium secun- 
dum S. Johannem. — (S*pc. xvii 0 ; 66 ff. ; 27 x 19.) 

63. — Codex bombycinus quo continentur Epistolœ S. Pauli. 

— (A. D. 1660 ; 115 ff. ; 30 X 20.) 




360 



J.-B. CHABOT. 



64. — Codex bombycinus, qui fuit olim Claudii Salmasii. Eo 
conlinentur Epistolœ S. Pauli, coptice et arabice. — (Sœc. xvii 0 ; 
207 ff. ; 45X29.) 

65. — Codex bombycinus quo continentur Apocalypsis, septem 
Epistolœ catholicse et Actus Apostolorum. — (A. D. 1660 ; 102 ff. ; 
30 X 21.) 

66. — Codex bombycinus quo continentur Epistolœ catholicœ 
et Achts Apostolorum. — (Sœc. xvu° ; 165 ff. ; 27 X 21.) 

67. — Codex bombycinus qui fuit olim cl. v. Asselin ; eo conti- 
nentur Lectiones e veteri et novo Testamento desumptœ quœ in 
officio dominicali recitari soient. — (Déficit.) 

68. — Codex bombycinus quo contiuetur Offieium in festo deserti 
abbatis Sinuthii, feria n* secundae hebdomadœ quadragesimœ 
peragendum; constat psalmis, lectionibus e Novo Testamento 
desumptis, homilia Sinuthii. Scriptus est codex lingua sahidica; 
excerptus est e codice arabico 160 Bibliothecœ nationalis (auc. fonds 
65). - (Sœc. xv* ; 77 ff. ; 25 X 17.) 

69. — Codex bombycinus quo continentur Psa/mi varii, Cantica 
et Hymni, quœ decursu anni cani soient, necnon Theotokia, seu 
hymni in honorem B. V. Marias; omnia coptice et arabice. — 
(Sœc. xv°; 347 ff. ; 25 X 17.) 

70. — Codex bombycinus quo coutinelur Offieium hebdo- 
madœ sanctœ, coptice et arabice. — (A. D. 1390; 335 ff.; 36 X 25.) 

71. — Codex bombycinus quo continetur Pontificale, preces 
nempe in receptione monachorum et monacharum, et in consé- 
crations abbatum et abbatissarurn, episcoporumet metropolitarum 
recitandœ ; coptice et arabice. — (Sœc. xvi° ; 144 ff. ; 28 X 17.) 

72. — Codex bombycinus quo continetur Rituale, preces nempe 
recitandœ et ritus servandi in baptismo, in benedictione mulieris 
post partum, in matrimonio celebrando; coptice et arabice. 
Nonuulla desiderantur. — (Sœc. xvn° ; 118 ff. ; 20 X 15.) 

73. — Codex bombycinus quo continentur ; Liturgiœ S. Basilii, et 
S. Gregorii Naziameni; coptice et arabice. — (A. D. 1528; 164 ff.; 
21X14.) 

74. — Codex bombycinus quo continentur Hymni qui in festis 
quorumdam Sanctorum cani soient. — (Sœc. xvi° ; 89 ff. ; 16 X 1 1.) 

75. — Codex bombycinus quo continentur Psalmi varii, 
Cantica, Hymni et Theotohia; coptice et arabice. — (Sœc. xvi°; 
285 ff. ; 12 X 8.) 




MANUSCRITS COPTES DE LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE. 361 



76. — Codex bombycinus quo continentur Psa/mit;aru, Cantica y 
Hymni et Theotohia, coptice et arabice. — (A. D. 1565; 333 ff.; 
17 X 22.) 

77. — Codex bombycinus, recentiori manu exaratus, qui fuit 
olim Claudii Salmasii; eo continetur Vocabularium, aut potius 
delectus vocum graecarum, copticarum et arabicarum. — (Sœc. 
xvno; 208 ff. ; 26 X 18.) - 

78. — Fragmenta codicum copticorum, sahidica praesertim 
dialecto scripta, cum notulis cl . v. Amedaei Peyron . — (50 fragmenta : 
47 membranacea, et 3 bombycina.) 

79. — Codex bombycinus quo continetur MartyriumS. Qeorgii, 
qui, ut fertur, Melitine oriundus, passus est sub Diocletiano. Est 
autem apographon e codice Oxoniensi Bodleiano Marsch 13, manu 
Edw. Dulaurier anno 1 838 exaratum, omissa tamen versione arabica. 
— (47 ff. ; 20 X 15.) 

80. — Codex bombycinus quo continetur Lexicon œgyptiaco- 
latinum ex veteribus illius linguœ monumentis summo studio 
collectum et elaboratum, auctore Mathurin Weyssière de la Croze, 
et ejus manu exaratum. Opus editum fuit Berolini, anno 1721 ; 
et, paucis mutatis, iterum Oxonii, anno 1775. — (257 ff. ; 34 X 20.) 
. 81. — Codex bombycinus quo continentur Cantica, Hymhi et 
Theotokia, coptice et arabice. — (Saec. xvui 0 ; 264 ff. ; 16 x 10.) 

82. — Codex bombycinus satis détritus et humore corruptus, 
qui fuit olim Peirescii et Salmasii; eo continentur LUurgiae 
SS. Basilii, Gregorii Nazianzeni et Cyrilli Alexandrini, coptice et 
arabice. — (Saec. xiv°; 120 ff. ; 18 X 10.) 

83. — Codex bombycinus quo continentur Liturgiœ SS. Basilii, 
Gregorii et Cyrilli; coptice et arabice. — (S»c. xvin 0 ; 195 ff. ; 
21 x 14.) 

84. — Codex bombycinus quo continentur Liturgiœ SS. Basilii, 
Gregorii et Cyrilli; coptice et arabice. — (Sœc. xv°; 219 ff . ; 
21 X 14.) 

85. — Codex bombycinus quo continetur Officium dominicale 
per sex priores menses anni coptici.— (Sfec. xv°; pp. 345 ; 20 X 14.) 

86. — Codex bombycinus, Eus. Renaudotii manu exaratus ; eo 
continentur : 1°) Lilurgia S. GregoriU grœce et arabice ; 2°) Variae 
preces, grrcce et arabice ; 3°) Riius servandi et preces recitandœ in 
institutione patriarchae Alexandrini, coptice et arabice. — (58 ff. ; 
27 X 19.) 




362 



J.-B. CHABOT. 



87. — Codex bombycinus, quo continentur fragmenta Hym- 
norum, Theotokiorum et variarum precum. — (35 ff. ; 11 X 11.) 

88. — Codex bombycinus quo continentur fragmenta liiurgica. 

— (20 ff.; 18 x 12.) 

89. — Codex bombycinus, qui fuit olim L. Picques ; eo conti- 
nentur Hymni in quibusdam festis canendi. — (A. D. 1587 ; 
100 ff. ; 21 X 15.) 

♦ 90. — Lexicon coptico-arabicum. Disposita sunt vocabula in 
schedis multis capsa quadam inclusis, perturbato tamen ordine. 

91. — Codex bombycinus quo continetur Apocalypsis, coptice 
et arabice. — (Saec. xvn° ; 131 ff. ; 20 x 15.) 

92. — Codex bombycinus quo continetur liber Job, coptice et 
arabice. — (Sœc. xix° ; 260 ff. ; 25 X 18.) 

93. — Papyri coptici. Sex fragmenta minuta. 

94. — Codex bombycinus, quo continetur opus gnoslicum cui 
titulus Pistis Sophia, ezaratus est Londini, anno 1840, manu 
Edw. Dulaurier, ad fîdem codicis Musaei Britannici add. 5114. — 
(181 ff.; 24X18.) 

95. — Codex bombycinus, manu Edw. Dulaurier Oxonii exaratus 
anno 1838, ad fidem codicis Bibliothecse Bodleianre Hunt. 393; eo 
continetur tractatus inscriptus : Mysieria lUierarum grœcarum. 

— (31 ff.; 25 X 15.) 

96. — Codex bombycinus quo continentur duodecim Prophetœ 
minores el Daniel, coptice et arabice. — (A. D. 1788 ; 174 ff. ; 
39X27.) 

97. — Codex bombycinus quo continentur Je^emias et Baruch 
prophète, coptice et arabice. — (Sœc. xv° ; 219 ff.; 33x26.) 

98. — Codex bombycinus quo continetur liber Ritualis ad usum 
sacerdolum, coptice et arabice. — (A. D. 1778 ; 121 ff. ; 25x20.) 

99. — Codex bombycinus quo continentur liber orandi vulgo 
dictus Kalameros, seu officium sabbatis et dominicis peragendum 
per sex priores menses anni coptici. — (A. D. 1304 ; 296 ff. ; 
27X20.) 

100. — Codex bombycinus quo continetur Pentateuchus, coptice 
et arabice. — (A. D. 1835 ; 302 ff.; 28X21.) 

101. — Codex bombycinus quo continetur Spicilegium copticum 
ab Edwardo Dulaurier collectum. Vocabulis addita est interpretatio 
modo arabica, modo grgeca, modo latina. — (43 ff ; 48X32.) 

102 — Fragmenta codicum, pleraque membranacea, dialeclo 




MANUSCRITS COPTES DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE. 363 

sahidica scripta, forlasse saeculo xi°; nempe : 1°) Ex Evange io S. 
Johannis, xvn, 17-26 ; 2°) E quadam homilia; 3°) E martyrologio; 
4°) Ex historia S. Pacomii ; 5°) Ex Apocalypsi, i, 13-n, 10; 6°) Ex 
homilia de morte justorum ; 7°) Ex alia homilia ; 8°) E libro Genesis, 
xxi, 54-xxn, 11 ; 9°) Ex Actis aposlolorum, vu, 51-vni, 3 ; 10°) Ex 
Evangelio S. Lucœ, ni, 11-iv, 9. — (26 ff.; 39X27.) 

103. — Codex bombycinus quo continentur Grammatica cop- 
iico-arabica et Lexicon coptico-arabicum, auctore Semnudeo. — 
(Sîhc. xviii 0 ; 178 ff. ; 31X20.) 

104. — Codex bombycinus quo continetur Officium quadrage- 
simale; nonnulla desiderantur. — (Saec. xiv°; 179 ff.; 32X25.) 

105. — Codex bombycinus quo continetur fragmentum ex 
Evangelio S Johannis, ix, 1-15 ; coptice et arabice. — (Ssec. xvni 0 ; 
3ff. ; 32x22.) 

106. — Codex bombycinus quo continetur Officium in festo 
S. Trinitatis persolvendum ; coptice et arabice. — (Saec. xvm°; 
4 ff. ; 31 X 22.) 

107. — Codex bombycinus quo continetur Ritus sacramenti 
Baplismi ministrandi. — (Saec. xvni°; 3 ff. ; 31 X 22.) 

108. — Codex bombycinus quo continetur Liturgia S. Cyrilli 
Alexandrini; coptice et arabice; multa desiderantur. — (Saec. xvn 0 ; 
17 ff.; 15X 12.) 

109. — Codex bombycinus quo continetur Liturgia S. Cyrilli, 
coptice et arabice; imperfecta tamen : multa enim desiderantur. — 
(Saec. xvn 0 ; 19 ff.; 16 X 12.) 

110. — Codex bombycinus quo continentur Orammaticœ (Sem- 
nudei, Ibn al-Assal, Ibn ed-Dahî<) et Lexicon coptico-arabicum. — 
(Sœc. xviii°; 127 ff.; 30X21.) 

111. — Codex bombycinus quo continetur liber Katameros 
dictus, seu officium quibusdam festis persolvendum. — (Saec. xvm°; 
299 ff.; 19 X 14.) 

112. — Codex bombycinus quo continetur Officium tempore 
quadragesimali peragendum. Initium et finis desiderantur. — 
(Srcc. xvn 0 ; 227 ff. ; 33 X 26.) 

113. — Codex bombycinus quo continetur Officium diebus 
dominicis persolvendum, imperfectum tamen. — (Saec. xix°; 88 ff. ; 
33 X 25.) 

114. — Codex bombycinus quo continentur Officium tempore 
quadragesimali diebus dominicis recitandum. — (A. D. 1556; 
127 ff.; 30 X 20.) 




364 



J.-B. CHABOT. . 



115. — Codex bombycinus. Officium iu quitmsdam festis cele- 
brandum; mulla desiderantur — (Sa*c. xvn°; ff. 76; 30 X 21.) 

116. — Codex bombycinus, initio et fine mutilus. Officium 
quibusdam festis peragendum. — (Saec. xvn°; ff. 108 ; 32 X 21.) 

117. — Codex bombycinus. Officium persolvendum diebus 
dominicis mensis Tholh. — (Snec. xvn° ; ff. 32 ; 27 X 19.) 

118. — Codex bombycinus. Officium peragendum singulis diebus 
mensis Bauah. — (Saec. xvin 0 ; ff. 132; 28 x 17.) 

119. — Codex bombycinus. Officium diebus dominicis mensis 
Hathar peragendum. — (Saec. xvii 0 (?) : 43 ff.; 27 x 19.) 

120. — Codex bombycinus ab initio et fine mutilus. Officium 
peragendum quibusdam diebus festivis per annum. — (Sa?c. xvii 0 ; 
164 ff.; 30 X20.) 

121. — Codex bombycinus, satis détritus, in quo continentur 
Officia in festis sanctorum anni decursu peragenda. — (Sa*c. xvii 0 ; 
175 ff. ; 31 X 20.) 

122. — Codex bombycinus quo continelur liber quem Abçâliâi 
vocant, seu Hymnorum colleciio in honorem Sanctorum. — (A. 
D. 1886; ff. 90; 42 X 32.) 

123. — Codex bombycinus quo contiuetur Officium in festis 
Sanctorum decursu sex priorum anni mensium, persolvendum. — 
(Saec. xix<>; 300 ff.; 22X17.) 

124. — Codex bombycinus quo continelur Officium per hebdo- 
madam Paschatis persolvendum. — (Saec. xvin°; 16ii ff. ; 30 x 21.) 

125. — Codex bombycinus quo continentur officia diebus domi- 
nicis, raensibus sex prioribus anni, persolvenda; multa initio 
desiderantur. — (Saec. xvii 0 ; 123 ff.> 28 X 19.) 

126. — Codex bombycinus quo continentur varii Hymni y Lec- 
tiones, aliaque liturgica. — (Saec. xix°; 27 ff. ; 25 X 18.) 

127. — Codex bombycinus quo continetur officium seu liber 
Kalameros dictus pro quibusdam festis sanctorum. — (A. D. 
1860; 95 ff.; 22 X 17.) 

128 — Codex bombycinus quo continentur Hymni in hono- 
rem sanctorum, Cantica, Theotokia, Doxologiœ. — (Saec. xvin 0 ; 
208 ff.: 21 X 14.) 

129-133. — Codices membranacei, numéro quadraginta et 
unus.quibus continentur partes majores minoresve, multaque folia 
lacerata antiquorum codicum. Haec documenta, sub finem saeculi 
proxime elapsi ex ^Egypto in Bibliothecam nationalem illata, 




MANUSCRITS COPTES DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE. 365 



summa cura magnisque expensis colligata et compaginata sunt, 
non tamen semper congruo ordine ; inler pretiosiores et antiquiores 
copticos codices adnumeranda sunt. Eorum argumenta varii sunt 
generis; scilicet : 
129 — Veteris Testamenti Libri historici (ff. 159). 
129 a . — V. T. Libri sapientiales et propheiici; pars 1 (ff. 112), 
129 3 . — V. T. Libri sapientiales et prophetici; pars II (ff. H3- 
224).' 

129 4 . — Evangelium secundum Mailhœùm ; pars I (ff. 80). 

129 5 . — Evangelium secundum Matthœum; pars II (ff. 81-166). 

129 e . — Evangelium secuudum Marcum (ff. 43). 

129 7 . — Evangelium secundum Lucam; pars I (ff. 85). 

129 8 . — Evangelium secundum Lucam; pars II (ff. 86-162). 

129 9 . — Evangelium secundum Lucam et Evang. secundum 
Johannem; pars prior (ff. 102). 

129 10 . — Evangelium secundum Lucam et Evang. secundum 
Johannem; pars posterior (ff. 103-209). 

129 lt . — Actus Apostolorum, Epistolœ, Apocalypsis (ff. 156). 

129 ia . - Vitœ monachorum, pars prior (ff. 97). 

129 13 . — Vitœ monachorum, pars posterior (ff. 98). 

129 14 . — Concilia. Historia ecclesiastica (ff. 144). 

129 15 . — Acta martyrum, pars prior (ff. 127). 

129 ie . — Acla martyrum, pars posterior (ff. 105). 

129 17 . — Libri sacri apocryphi, pars prior (ff. 87). 

129 18 . — Libri sacri apocryphi, pars posterior (ff. 88-174). 

129 10 . — Katameros, pars I (ff. 112). 

129 ao . — Katameros, pars II (ff. 113-225). 

129 21 . — Katameros magnas (ff. 13). 

130 *. — Sinuthii abbatis opéra. Tomus I (ff. 142). 
130 2 . — Sinuthii opéra. Tomus II (ff. 132). 

130 3 . — Sinuthii opéra. Tomus III ; pars prior (ff. 83). 

130 4 . — Sinuthii opéra. Tomus III; pars posterior (ff. 84-130). 

130 6 . — Sinuthii opéra. Tomus IV (ff. 139). 

131 *. — Homiliœ. Tomus I ; pars prior (ff. 86.) 

131 2 . — Homiliœ. Tomus I ; pars posterior (ff. 87-165). 
131 3 . — Homiliœ. Tomus II ; pars prior (ff. 85). 
131 *. — Homiliœ. Tomus II; pars prior (ff. 86-166). 
131 5 . - Homiliœ. Tomus III (ff. 151). 

revus dbs bib., septembre-décembre 1906. «VI. — 26 




366 



J.-B. CHABOT. 



131 «. — Homiliœ. Tomus IV (ff. 131). 

131 7 . — Homiliœ. Tomus V ; pars prior (ff. 77). 

131 8 . — Homiliœ. Tomus V; pars posterior (ff. 78-154). 

132 *. — Fragmenta varii argument! (ff. 88). 
132 2 . — Fragmenta varii argumenti (ff. 139). 
132 3 . — Fragmenta varii argumenti (ff. 140-281). 
132 4 . — Fragmenta varii argumenti (ff. 282-371). 

132 5 . — Fragmentà varii argumenti : Historia fabulosa Alexan- 
dri, Medicina, Astronomia, etc. (ff. 9). 

133 *. — Fragmenta minutissima. 
133 2 . — Fragmenta minutissima. 

134. — CoJex chartaceus quo continetur Officium hebdomadœ 
saactre. - (A. D. 1886; 150 ff.; 58 X 40.) 

135. — Papyri grreco-coptici. — (35 folia et aliquot fragmenta.) 

136. — Codex chartaceus quo continetur officium seu liber 
Kalameros dictus, pro diebus festivis. — (Sfec. xix°; 249 ff. ; 
36 X 25.) 

137. — Codex bombycinus quo continetur libri Kalameros dicti 
pars qure complectitur officium diebus dominicis, per sex priores 
anni coptici menses, peragendum. — (Sœc. xix°; 129 ff. ; 36 X 25.) 

138. — Codex bombycinus quo continetur libri Kalameros dicti 
pars quae complectitur officium diebus dominicis per sex priores 
anni peragendum coptici menses. — (Sœc. xix°; 102 ff.; 34 X 25.) 

139. — Codex bombycinus quo continetur libri Kalameros dicti 
pars qme complectitur officium diebus dominicis per sex poste- 
riores anni menses persolvendum. — (Sœc. xix°; 101 ff. : 37 X 26.) 

140. — Codex bombycinus quo continetur libri Kalameros dicti 
pars qu*e complectitur officium diebus dominicis per sex poste- 
riores anni menses persolvendum. — (Sœc. xvn°, xix°; 92 ff. ; 
32 X 25.) 

141. — Codex bombycinus quo continetur libri Kalameros dicti 
pars quœ complectitur officium tempore quadragesimali persol- 
vendum. — (Sa>c. xix°; 161 ff.; 23 X 16.) 

142. — Codex bombycinus quo continetur libri Kalameros dicti 
pars qure complectitur officium diebus dominicis a Paschate ad 
Penlecosten persolvendum. — (Sa?c. xvn°; 76 ff. ; 33 X 23.) 

143. — Codex bombycinus quo contiuetur libri Kalameros dicti 




MANUSCRITS COPTES DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE. 367 

pars quœ complectitur officium a Paschate ad Pentecosten persol- 
vendum. — - (Sœc. xix°; 247 ff. ; 22 X 15.) 

144. — Fragmenta chartacea septem varii argumenti. 

145. — Papyrus mutilus (Evang. secundum Matthaeum, vu, 2-27.) 

146. — Codex bombycinus quo continentur Hymni varii, quibus- 
dam diebus dominicis et festis Sanctorum canendi. — (Saec. xix°; 
ff. 166; 30 X 23.) 

147. — Fragmenta minora coptico-arabica, pleraque liturgica. 
— (ff. 102.) 

148. — Codex bombycinus quo continetur Spicilegii coptici 
auctore P. ^Egidio Lochiensi 1 , pars I, varia coptica continens. — 
(ff. 186; 30 X 20.) 

149. — Codex bombycinus quo continetur ejusdem Spicilegii 
pars II, seu Lexicon coptico-latinum. — (ff. 58.) 

150. — Codex bombycinus, quo continetur ejusdem Spicilegii 
pars III, diversi argumenti. (62 ff.). Varia (ff. 15). 

151. — Fragmentum ex Actis S. Macrobii(fol. unum membran.). 
Tractatus de Canone Librorum sacrorum et de libris apocryphis 
(folia i membranacea; 35 X 29) 

152. — Codex bombycinus quo continentur varia coptica, 
nempe : 1° Hymnus in iaudem Christi (8 fol.); 2° Theotohia, coptice 
et arabice (2 fol.); 3°Ilymni in honorem Sanctorum, coptice et ara- 
bice (20 fol.); 4° Hymnus alius (6 fol.); 5°Hymui varii in honorem 
Sanctorum, coptice et arabice ^22 fol.) ; 6° Hymni varii (30 fol.). — 
(90 ff. ; 16x11.) 

153. — Codex bombycinus, quo Tractatus théologiens conti- 
netur. — (Sa?c. xv°; 276 ff.; 14 X 10.) 



1. Le P. Ailles de Loches, correspondant de Peiresc. 




BIBLIOGRAPHIE 



Georges Doutrepont. Inventaire de la t Librairie » de Philippe 
le Bon, H%Q. Bruxelles, 1906, in-8, xlviii-191 pages (publica- 
tion de la Commission royale d'Histoire). 

Cet excellent petit volume se compose de deux parties. 

La première est une introduction où sont traitées d'une manière presque 
définitive les questions relatives aux inventaires déjà publiés de la biblio- 
thèque des ducs de Bourgogne, à l'inventaire jusqu'ici inédit de 1420, à la 
comparaison de ces divers inventaires entre eux, et à l'histoire des manus- 
crits compris dans l'inveutaire de 1420. Dans le § 1, on trouvera de sévères 
et intéressantes observations sur les mutilations et les déformations que 
Barrois a fait subir, dans sa Bibliothèque proiypographique, aux mentions 
des catalogues reproduits par lui ; il semble résulter de là qu'une nouvelle 
édition de ces documents ne serait nullement superflue. 

La seconde partie du travail de M. Doutrepont contient le texte de l'in- 
ventaire inédit de 1420, d'après le ms. 127 du fonds des Cinq-Cents de 
Colbert, à la Bibliothèque nationale, qui avait été signalé par M. Léopold 
Delisle, dès 1880, comme « le document le plus précieux à consulter pour 
les origines de la librairie des ducs de Bourgogue ». Il est ici publié très 
soigneusement, avec des notes historiques et bibliographiques qui en 
rendent l'usage très utile et très facile. Léon Dorez. 

La Biblioleca Marciana nella sua nuova sede. — XXVII aprile 
MDGGGGV. [Venezia, 1906.] In-fol., 116 pp., gravures et 
planches hors texte. 

Par la publication de ce beau volume, la ville de Venise et la Marcienne 
ont voulu célébrer d'une manière durable le transfert de leurs riches collec- 
tions dans la nouvelle demeure où elles ont été installées sous la direction 
de M . S. Morpurgo. 

Le recueil contient : 

1° Le discours inaugural prononcé devant S. A. R. le duc de Gênes par le 
comte Filippo Grimani, maire de Venise ; 

2° Celui du professeur Luigi Rossi, sous-secrétaire d'État pour l'instruc- 
tion publique; 




BIBLIOGRAPHIE. 



369 



3* Celui de M. Salomone Morpurgo, bibliothécaire de la Marcienne ; 

4* Une étude de M. Giulio Coggiola, sous-bibliothécaire de la Marcienne : 
Dalla Libreria dcl Sansovino al Pala%zo Ducale ; un episodio délia vita délia 
Marciana^ 1797-1812 ; cette étude, qui avait déjà paru dans la Rivista délie 
Biblioteche de Florence, est réimprimée ici avec quelques modifications et 
corrections ; 

5 # Une étude de M. Salomone Morpurgo qui fait suite a la précédente : 
Dal Palaiso Ducale alla Zecca, MD GGCXII-MCM1V ; cenni sulla storia topo- 
grafica delta Marciana nel Palasio Ducale e sul trasferimento del 1904 ; 

6° Bibliogvafia Marciana, par M. Gino Levi, sous-bibliothécaire à la 
Marcienne (248 articles) ; ce nombre pourra être assez facilement augmenté, 
mais le travail de M. Gino Levi restera la base solide de toute publication 
ultérieure. 

Les illustrations ont été choisies avec soin et forment un précieux 
ensemble de documents. Les planches hors texte reproduisent : le buste 
de Pétrarque dans la nouvelle Sala Petrarca de la Marcienne ; le facsimilé 
de la lettre de Pétrarque à Benintendi sur l'institution d'une bibliothèque 
publique à Venise (d'après le Marc. lat. XIII, 70) ; le facsimilé de la déli- 
bération du Sénat vénitien sur l'offre de ses livres faite par Pétrarque à la 
République, 4 septembre 1362 (d'après le registre original des Senatus Sécréta 
conservé à l'Archivio di Stato de Venise) ; le portrait du cardinal Bessarion, 
d'après le tableau de Cordegliaghi conservé à la Marcienne; les facsimilés 
d'un ex-libris autographe de Bessarion et de la première page de l'acte de 
donation de ses manuscrits fait par lui à la République ; la représentation 
consacrée au mois d'avril dans le Bréviaire Grimani (en couleurs) ; la Sala 
Petvarca, salle publique do lecture de la nouvelle bibliothèque. 

Nous ne pouvons donner ici l'indication de toutes les gravures qui 
ornent le texte. Nous citerons cependant l'initiale C de la page 7, qui con- 
tient un des plus remarquables portraits de Pétrarque déjà vieilli d'après le 
Marc. lat. VI, 86 ; de nombreux plans et vues des différents locaux occupés 
parla bibliothèque; le coffret contenant l'acte de donation de Bessarion ; 
trois ex-libris de la bibliothèque (ceux de 1722, de 1736 et de 1900) ; les 
ex-libris de Jacopo Gontarini, de G. B. Recanati, de T. G. Farsetti, 
de B. Nani ; les portraits de Jacopo Morelli et d'Apostolo Zeno ; le plat 
antérieur de la reliure en argent doré du Bréviaire Grimani, attribuée à 
Vittoria. 

Ce beau volume fait honneur à la Marcienne et à son personnel. Il clôt 
dignement l'administration de M. Morpurgo et ouvre sous d'heureux 
auspices celle de M. Carlo Frati. Léon Dorbz. 

Docteur Victor Leblond. Inventaire sommaire de la collection 
Biicquet-aux-Cousteaux, comprenant 95 volumes de documents 




A 



370 



BIBLIOGRAPHIE. 



manuscrits et imprimés rassemblés au XVIII e siècle sur Beau- 
vais et le Beauvaisis. Paris et Beauvais [1906], in-8° (publications 
de la Société académique de l'Oise.) 

Vers le milieu du xvm* siècle, trois érudits de Beauvais conçurent le 
projet d'écrire une histoire de leur pays. Ils s'appelaient Gabriel Danse, 
Eustache-Louis Borel et Jean-Baptiste Bucquet. Le premier fut chanoine de 
la cathédrale, le second lieutenant général au bailliage et siège présidialde 
Beauvais, le troisième procureur du roi au môme bailliage. Ces chercheurs 
infatigables fouillèrent les archives publiques et privées, civiles et religieuses, 
et parvinrent ainsi à amasser, chacun de leur côté, une énorme quantité de 
documents. Ils ne purent cependant rédiger leur histoire que jusqu'au 
xi e siècle. 

Les matériaux qu'ils avaient réunis eurent un sort variable. Aujourd'hui 
les notes et copies de Borel sont en la possession de M. Antoine Borel, baron 
de Bretizel, au château de Vieux-Rouen; celles de Danse appartiennent à 
M. le comte de Troussures, au château de Troussures, près Auneuil (Oise). 
EnÛn, la collection Bucquet, après avoir passe dans la famille aux Cous- 
teaux, a été léguée par Charles aux Cousteaux (mort en 1890) à la Bibliothèque 
municipale de Beauvais où elle vient de parvenir. 

Dans les 95 volumes rassemblés par Bucquet, les documents (originaux 
ou copies d'originaux disparus) qui semblent les plus importants sont les 
suivants : Extraits de l'ancien cartulaire de la commune de Beauvais appelé 
Livre velu; copies des Registres des délibérations municipales du XV* siècle; 
extraits des anciens Registres des plaids portés devant les magistrats muni- 
cipaux aujourd'hui disparus et qui avaient été tenus de 1411 à 1769 ; docu- 
ments originaux provenant des archives communales (comptes de 1380 à 
1393, etc.); inventaire des archives de l'Hôtel de Ville, dressé de 1738 à 
1742 par C-Joseph le Mareschal, de Malinguehen, procureur syndic, et 
Tiersonnier, ancien maire ; copies des anciennes Archives de Cévéchè ; extraits 
des Registres capitulaires qui n'existent plus; obituaires d'églises et d'abbayt s 
locales; lettres autographes de Bossuet, qui était abbé de Saint-Lucien de 
Beauvais. Il faut signaler aussi de nombreuses pièces relatives à l'histoire 
économique et sociale du Beauvaisis (organisations ouvrières, industrie, etc.; . 

Ce rapide aperçu pourra sans doute faire comprendre tout l'intérêt que 
présente la collection Bucquet. L'inventaire que nous en donne M. le 
D r Leblond et qui est accompagné d'une table très détaillée, est appelé à 
rendre des services à tous ceux qui s'occupent de l'histoire du Beauvaisis. 



Louis de La Trémoille, Prigent de Coëlivy, amiral et bibliophile. 
Paris, Honoré Champion, 1906, in-4% 86 p., 1 pl. 

On sait le rôle important qu'a joué Prigent de Cectivv au xv« siècle. Ser- 



A. Boinbt. 




BIBLIOGRAPHIE. 



371 



viteur Adèle de Charles VII, amiral en 1439, il se distingua pendant les 
guerres anglaises en Normandie et surtout à la bataille de Formigny. Un 
boulet le tua en 14:»0 sous les murs de Cherbourg. Il avait épousé Marie de 
Rays, fille du fameux Gilles de Rays-Montmorency (dit Barbe bhue) dont 
la succession très obérée lui causa beaucoup de procès. 

La publication de M. Louis de La Trémoïlle est un recueil de textes, 
épaves du chartrier de Taillebourg, dont plusieurs sont connus. On y trouve 
des documents très importants au point de vue militaire, par exemple : 
V « Inventaire de l'artillerie et autres choses trouvées à Paris et ailleurs... »; 
« Tordre de l'assault qui se donna le mardi xix e septembre » 1441 contre la 
ville de Pontoise; deux mémoires, l'un sur 1* « artillerye et appointement à 
faire de nouvel», l'autre « pour remonstrer au Roy.,, les reparacions néces- 
saires à faire en la ville de Granlville », enfin une « declaracion des vivres 
et artillerie ordonnez eslre menez en la place de Grantville... » 

On doit surtout signaler ici des inventaires d'orfèvrerie et une liste de 
manuscrits, parmi lesquels, comme M. de La Trémoïlle aurait pu l'indiquer, 
plusieurs se retrouvent à la Bibliothèque Nationale et à la Bibliothèque de 
l'Arsenal. A. Boînet, 




CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES 



ALLEMAGNE 



Périodiques. — On remarque, dans le Zentralblatt filr Bibliothekswcsen du 
D r Paul Schwenke, les articles suivants : 

N° de septembre : Heinrich Simon, La bibliothèque de VÈcole technique infé- 
rieure de Danzig ; — Paul TROMMSDORFF, Ernsl Moritz Arndt dam le* biblio- 
thèques allemandes (suite). — Comptes rendus des ouvrages suivants: Ver- 
seichnis der Handschriften - Sammlung des Hospitals su Cues bei Bemcastel a. 
Moscl, von Dr. J. Marx (Cues, 1906) fÊmil Jacobs] ; etc. 

N» d'octobre : A. HortzschaNSKY, Les bibliothèques de Berlin en 490$ ; 
— P. Schwbnkb, Nouvelles études sur les Donats (1. Les fragments berlinois 
d'un Donat de 27 lignes des caractères du calendrier ; (2. Un nouveau frag- 
ment de Donat du même type à Munich; (3. Un Donat manuscrit de 1433 
environ) ; — Kl. Lôfflbr, Deux publications inconnues d'humanistes weslpha- 
liens (1. Commentaire sur l'hymne Salve fesla dies de Hermannus Buschius, 
s. 1. n. d., sans doute imprimé à Cologne, vers 1510, par Johanues Gymnicus 
auquel est dédié l'ouvrage ; 2. Compendium anis dialectice de Tilman Kemner, 
éditions de Cologne, 1513 et 1520).— Acquisitions de papyrus gréco-égyptiens 
par le Musée de Berlin [0. R.]. 

N° de novembre : H. Schnorr von Carolsfbld, Sur le service intérieur 
des bibliothèques ; — C. Van db Vorst, Catalogue des manuscrits grecs de la 
Bibliotheca Rossiana, au collège des Jésuites de Vienne, Laiuzerstrasse, 
n» 136 (fin dans le n° de décembre). — Notes sur diverses publications 
relatives à des collections de livres imprimés au xvi e siècle fJohannes 
LuthbrJ; etc. 

N° de décembre : P. Schwbnkb, Le nouveau bâtiment de la Bibliothèque de 
VUniversité à Munster ; — P. TROlf 11 SDORFF, Pour la Bibliographie d?Emst 
Morits Arndt (appendice) ; — Hans Paalzow, Ernsl Fôrstemann (nécrologie) ; etc. 



Périodiques. — On remarque dans le Bulletin du Bibliophile les articles 
suivants : 

N° des 15 août et 15 septembre : V^ Savigny db Moncorps, Petitsmétiers 
et cris de Paris (supplément); — Abbé Eugène Grisbllb, Le R. P. Henri 



FRANGE 




CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



373 



Chèrot y de la Compagnie de Jésus (1856-1906) ; essai bibliographique ; — 
A. Lbfranc, Défense de Pascal. Pascal est-il un faussaire ? — Abbé A. TOU- 
GARD, UAlmanach de Milan ; — L.-G. PÊLISSIBR, Lettres de divers écrivains 
français (lettres de Benjamin Constant aux citoyens Fontanes, à Madame 
de Staël, à l'imprimeur Laguionie ; — Billets de Madame de Staël à M. d'An- 
gennes, à Sismondi, à la comtesse du Perron, à Mrs. W. Spencer ; — lettres 
de Carrion-Nisas à Talma et & M™ Talma ; — billets de M m * de Genlis ; du 
philosophe Saint-Simon au comte de Rœdern ; de Chateaubriand, dont une 
au baron Decazes ; d'Honoré de Balzac). — Annonce de la nomination de 
M. Paul Chkvrbux comme inspecteur général des bibliothèques et des 
archives et de celle de M. Charles Kohlbr comme administrateur de la 
Bibliothèque Sainte-Geneviève ; observations sur la nomination de M. G. de 
Porto-Riche comme administrateur de la Bibliothèque Mazarine ; — Note 
sur les Additions et rectifications à la bibliographie de quelques écrivains agenais 
(Florimond de Raymond, Biaise de Montluc, Antoine de La Pujade et Cortete de 
Prades), par Ernest Labadib (extr. de la Revue de V Agenais); etc. 

N» du 15 octobre : A. Lbfranc, Pascal et Dalibray ; — Baron Jérôme Pichon, 
Bibliophiles et relieurs (notes, dont quelques-unes sont très curieuses) ; — 
L.-G. Pélissibr, Lettres de divers écrivains français (lettres d'Êmile Deschamps, 
de M» e A. Tastu, de Sainte-Beuve, de Victor Cousin, de Duvergier de 
Hauranne). — Note sur la mort subite et prématurée de M. Henri Bouchot, 
conservateur du département des estampes à la Bibliothèque nationale 
(10 octobre 1906) ; etc. 

N # du 15 novembre : Baron Jérôme Pichon, Bibliophiles et relieurs (fin) ; à 
signaler les notes sur Antoine Bauzonnet, Boyet, Jean Cusson, Nicolas Ève, 
Claude de Picques ; — Eugène Grisbllb, Le R. P. Henri Chérot, de la Com- 
pagnie de Jésus (1S56-1906); essai bibliographique {Rn dans le n°de décembre) ; etc. 

N° du 15 décembre : Ernest Courbbt, Les derniers éditeurs de Montaigne ; — 
V le Spoblbbrch db Lovbnjoul, A propos de lettres de H. de Balzac. — Annonce 
des nominations suivantes : M. François Courboin, conservateur-adjoint au 
département des estampes de la Bibliothèque nationale ; M. Georges 
Lamouroux, conservateur-adjoint à la Bibliothèque Sainte-Geneviève ; 
M. Paul Cottin, bibliothécaire à la Bibliothèque de l'Arsenal, etc. 

— A signaler, dans le Bibliographe moderne (n°« de mai-août 1906), les études 
suivantes : Joseph BBRTHBLÉ, Un prétendu moulin à papier sur VRérault en 
1189;— E. BLOCHBT, Les manuscrits arabes de la collection Decour démanche à 
la Bibliothèque nationale ; — Emile Duvbrnoy et Henry Jadart, Pierre- 
Camille Le Moine et son fils t archivistes au xviii* siècle ; notes complémentaires. 
— Notes nécrologiques sur Anatole Claudin et Giuseppe Mazzatinti 
(H. S.); etc. 

— Le savant auteur de la Bibliographie Rabelaisienne, M. Pierre -Paul Plan, 
a récemment eu la joie de trouver et d'acquérir chez un libraire de Rome 
un volume provenant de la petite bibliothèque de Rabelais. C'est un bel 




374 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



exemplaire des Œuvres morales de Plularque publiées chez Aide Manuce 
en 1509 ; il porte au bas de la page de titre, au-dessous de Pancre aldine, 
la signature Francisci Rabelsesi Chinonensis % et, en haut de la même page, 
une autre signature, Rasarius, qui doit être celle de Giambattista Rasario, 
le célèbre médecin et humaniste. On y voit, en outre, dans les marges, 
un certain nombre de notes dont les unes paraissent presque indubita- 
blement de la main de Rabelais et dont les autres pourraient difficilement 
lui être attribuées. D'ailleurs M. Plan, avec un scrupule digne de tous les 
éloges, a tenu à donner le facsimilé de ces notes, qui sont ainsi soumises 
au jugement de tous les rabelaisants. Dans la seconde partie de son tra- 
vail, il a relevé les « passages où Rabelais nomme Piutarque ». Ce relevé, 
fait avec le plus grand soin, est d'une réelle importance ; car, avant la 
découverte de M. Plan, on connaissait déjà, comme ayant appartenu à 
Rabelais, un exemplaire des mêmes Moralia, de l'édition de Bâle de 1542, 
et deux opuscules du même auteur, imprimés à Paris, en 1509 et 1512, chez 
Gilles de Gourmont. D'autre part, la liste dressée par M. Plan parait, en 
plus d'un de ses articles, apporter un singulier appui à ses hypothèses 
d 'autographie, au moins pour un certain nombre des notes inscrites aux 
marges de l'exemplaire aldin. Le travail du savant bibliographe est in- 
titulé : Rabelais et les € Moraulx de Plutarche » (Rome, 1906, in-8, 59 pages ; 
extr. des Mélanges d'archéologie et d'histoire publiés par l'École française de 
Rome, t. XXVI, pages 195-249); il est orné d'une belle planche (la page de 
titre) et de nombreux facsimiiés dans le texte. 

Reproductions de manuscrits. — Dans le format de l'original, MM. 
Bbrthaud frères viennent de publier YAlbum de Villard de Honnecourt % ar- 
chitecte du xin» siècle; reproduction des 66 pages et dessins du manuscrit 
français 19 093 de la Bibliothèque nationale (Paris, s. d., imprimerie Ber- 
thaud frères, 31, rue de Beliefond, gr. in-8 allongé). Dans la notice due à 
M. Henri Omont et qui précède les planches, l'histoire de ce petit volume 
est résumée d'une façon claire et précise. Signalé en 1849 par Jules Qui- 
cherat, reproduit en lithographie en 1858 par J.-B. Lassus et Alfred Darcel, 
étudié par Ernest Renan en 1862, l'album de Villard de Honnecourt est un 
des manuscrits les plus célèbres de la Bibliothèque de la rue de Richelieu. 
Mais ce qu'il y a de curieux, c'est que l'on ne sait rien de son sort avant 
son entrée à Saint-Germain-des-Prés, si ce n'est qu'en 1420 il était entre 
les mains d'un membre de la famille Félibieu des Avaux, qui y a inscrit 
cette note : « En cest livre poés vos trover des engiens de li bons damoisel 
Alessis Fcllibiens, mon aiel Une autre note du xv c siècle, signée « J. 
Mancel », constate que le volume avait à ce moment 41 feuillets. Aujour- 
d'hui, il n'en a plus que 33. Reste dès lors à savoir si les huit feuillets 
disparus (anciennement cotés i-v, v, x et xi) contenaient les « engiens du 
bon damoisel Alessis Fellibiens », ou bien des dessin 3 de Villard de Hon- 
necourt. Il semble qu'il faille opter pour la première hypothèse. 




CHRONIQUE PES BIBLIOTHÈQUES. 



375 



Sur Villard de Honnecourt lui-môme, on ne sait que peu de chose : pro- 
bablement né vers 1200 en Picardie, à Honnecourt, près de Cambrai, il 
semble avoir beaucoup voyagé, môme hors de France; car une des notes 
qui accompagnent ses curieux dessins prouve qu'il avait séjourné en Hon- 
grie, où il avait été en effet appelé vers le milieu du xin« siècle : « J'estoie 
une fols en Hongrie, la u je més maint jor... ». 

Il est inutile de signaler longuement l'intérêt que présentent les architec- 
tures, les décorations sculpturales, les « engins » de métier représentés dans 
le recueil sur lequel ces dessius ont attiré l'attention depuis une soixantaine 
d'années. Mais il est peut-être bon de rappeler deux petits groupes fort 
intéressants : 1° celui des monuments plus ou moins anciens qui ont piqué 
la curiosité de l'architecte : monument gallo-romain (pl. XI) ; Crucifixion 
avec inscriptions grecques (pl. XV); figures et draperies d'après l'antique 
(pl. XXII); études d'homme nu (pl. XLIII et LVIII); etc. — 2° celui des 
animaux dessinés d'après nature, comme l'auteur l'a expressément fait 
observer pour deux des figures de lion : hibou et pie (pl. I); escargot (pl. 
III); ours et cygne (pl. VII); tourterelle, chat, mouche, libellule, écrevisse 
(pl. XIV); sanglier et lièvre (pl. XVII); lions, porc-épic (pl. XLVIII, LU, LUI, 
XLVIII) ; perroquets et chiens (pl. LI) ; etc. Les dessins de figures antiques 
montrent, une fois de plus, l'incapacité presque absolue des artistes du 
xin* siècle, comme ceux du siècle suivant, de reproduire exactement des 
modèles longtemps oubliés; dès qu'ils s'y attaquent, ils perdent leurs plus 
sûres qualités, ils s'égarent dans ce monde inconnu. Quant aux animaux, 
ils se « stylisent », pour parler le jargon moderne, sous la plume, le crayon 
ou le ciseau, et si Villard de Honnecourt ne nous avertissait pas expres- 
sément que ses lions des planches XLVU et XLVIII ont été « contrefais al 
vif », la pensée ne nous en viendrait guère. 

Ces quelques observations sufllront sans doute à rappeler l'attention sur 
ce recueil qui a conservé sa reliure originale, reproiuite avec soin, en deux 
planches séparées, dans la belle publication de MM. Berthaud. — L. D. 

— M. Léon Dorbz a fait exécuter chez MM. Berthaud frères une repro- 
duction complète du manuscrit latin 5784 de la Bibliothèque nationale, 
contenant la mise au net autographe de la Vita Cesaris de Pélrarque. Les 
97 planches grand in-quarto sont précédées d'une introduction où l'on a 
établi que ce ms. est le volume môme auquel Pétrarque travaillait dans la 
soiiée du 18 juillet 1374, au moment où il fut pris d'une dernière attaque 
d'épilepsie sénile, à laquelle il succomba dans la nuit. — On est prié 
d'adresser les souscriptions (50 francs l'exemplaire) à M. Dorez, 10, rue 
Littré, Paris, 6* arr. 

— La librairie Ernest Leroux mettra en vente, vers le mois de mai, un 
choix de facsimilés de reliures et de miniatures, du xi° à la fin du xv" siècle» 
empruntées aux manuscrits de la riche bibliolhèque de Lord Leicester, à 
Ilolkham Hall (Norfolk, Angleterre). Ce recueil, publié par M. Léon Dorbz sous 




376 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



les auspices de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres et de la Société 
des Bibliophiles français, comprendra 60 planches in-folio contenant 80 repro- 
ductions environ (18 héliogravures, 42 phototypies et un texte descriptif). 



Périodiques. — On remarque, dans la Bibliofilia de M. Léo S. Olschki, 
les articles suivants : 

N° de septembre : D. Ciampoli, Gli Statuti di Galeotto cTOria per Cartel 
Genovese ne' frammenti di un codice sardo del secolo XIV, avec huit facsim. 
hors texte (suite et fin dans les n°« d'octobre-novembre et de décembre).— 
Note sur les imprimeurs et libraires juifs dans le royaume de Naples vers 
la lin du xv e siècle. — Note sur la vente, à Vienne, de la bibliothèque 
Gustav R. vom Emich, où il y avait quelques bons livres : un ms. du 
De rectoribus christianis de Sedulius Scottus, des xi-xii e s.; un ms. du 
Roman de la Rose, du xiv« siècle, avec peintures; un psautier du xv # siècle, 
avec décoration de l'école bohémienne ; deux fragments du Donat de 
Gutenberg; etc. (15 facsimilés) ; etc. 

N° d'octobre-novembre : Léo S. Olschki, Contribution à la bibliographie de 
la musique vocale italienne du genre profane des xvi» et xvil» siècles (avec 5 fac- 
sim.) ; — G. Castbllani, Jacopo del Cassero e il codice dantesco délia Biblioteca 
di Bimini (avec 5 facsim.); A. Ansblmi, La pianta panoramica di Boccacon- 
trada, oggi Arcevia, disegnata da Ercole Bamassani nel 1594 ; sludi e ricerche 
bibliogra fiche, avec un fascim. (suite). — Annonce de la publication de la 
reproduction du t manuscrit des petites prières* de Renée de France, con- 
servé à l'Estense de Modène (avec 3 facsim.) ; etc. 

N° de décembre : Arnaldo Bon aventura, Di un codice musicale del secolo xvn 
(avec 8 facsim. ; un certain nombre de compositions inédites, dont 
quelques-unes d'Alessandro Scarlatti) ; — Enrico Filippini, Le edisioni del 
« Quadriregio » ; — F. TOCCO, Un nuovo autngrafo di Giordano Bruno (avec 
3 facsim.). — Note nécrologique sur l'abbé Niccolô Anziani, ancien directeur 
de la Bibliothèque Laurentienne de Florence, décédé le 13 novembre 1906. 

— A signaler, dans la Bivista délie Bibliotechc e degli Archivi du D r Guido 
Biagi, les articles suivants : 

Vol. XVII, num. 8-10 (août-octobre 1906) : Francesco Paolo Luiso, Fram- 
mento délie chiose di Dante in un codice Parigino (Arsenal 8530) ; — Guido 
Biagi, Per la cronaca di Firenze nel secolo XVI (suite) ; — Emilio Calvi, Biblio- 
teca di Bibliografia storica ilaliana ; / Supplemento : 4903-1906 ; — Enrico 
Filippini, Alcuni frammenti inediti di l'ettere del Muratori e di Apostolo Zeno ; — 
Belasione a S. E. il Ministro délia P. I. sul resullato délia prova finale nel concorso 
per Vediftcio délia Biblioteca nazionale centrale di Firenze (avec deux facsim.); 
— Gesare Lbvi, Saggio sulla bibliografia ilaliana di Molière; Giorgio 



ITALIE 




CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



377 



ROSSI, Appunti sulla composition* e pubblicasione del 4 Cicérone », da lettere 
médite di G. C. Passeront (suite) ; etc. 

Vol. XVII, num. li-12 (novembre-décembre) : VII. Riunione delta Socielà 
Bibliografica ilatiana, Milano, 31 maggio-3 giugno 1906; verbali délie sedute 
pubbliche. 

Publications diverses. — M. Georges Bourgin vient de publier une 
intéressante étude sur un fonds peu connu des Archives nationales : Fonti 
per la storia dei Dipartimenti Romani negli Archivi nazionali di Parigi (Roma, 
1906, in-8°, 52 p. ; extr. de VArchivio délia /?. Società Romana di storia patria, 
VOl. XXIX). 

— Le second volume de la Riblioteca SioHca del Rinascimento, dirigée par 
M. F. P. Luiso, est aussi important pour l'histoire des bibliothèques que pour 
celle de la philologie. Dû à M. Remigio Sabbadini, qui y a condensé avec 
talent ses patientes recherches et ses nombreuses découvertes, il tient plus 
que les promesses du titre : Le scoperte dei codici latini e greci ne' secoli XIV 
e XV (m Firenze, G. G. Sansoni, 1905, in-8°). C'est un des livres les plus 
nourris et les plus précis qui aient paru depuis longtemps sur les origines 
et les progrès de l'humanisme. 

Catalogues. — La librairie ancienne T. de Marinis et C, de Florence, 
publie son quatrième catalogue de Livres rares , autographes et manuscrits, 
qui ne le cède en rien à ses aînés. Il est précédé d'un essai sur Les débuts de 
Cimprimerie arménienne à Venise, donnant la description de cinq ouvrages 
en caractères arméniens publiés à Venise en 1512 et 1513 (3 facsimiîés). — 
Parmi les mss. et autographes (13 n° a ), il convient de signaler deux feuillets 
d'un ms. de la Divina Commedia remontant au xiv* siècle ; une « Vita di 
Virbio detto altrimente Hippolito flglio di Theseo », avec 16 dessins de 
Pirro Ligorio destinés à une tapisserie du cardinal d'Esté l'ancien (1569) ; 
96 lettres autographes de l'impératrice Marie-Louise à son oncle Ferdinand 
d'Autriche, grand-duc de Toscane, avec un facsimilé (1810-1824) ; une lettre 
autographe du Tasse à Curzio Arditi, avec un sonnet, « di Sant'Anna di 
Ferrara, il 19 di giugno del 1582 j> ; etc. — Les livres anciens, très soigneu- 
sement décrits, sont au nombre de 424 (90 facsimiîés, dont 3 hors texte), et 
comprennent de nombreux livres à figures, surtout vénitiens et parisiens, 
du xvi e siècle. On peut citer, entre autres : la Confessio generalis d'Escobar, 
Paris, E. Jehannot, vers 1495 (n° 37) ; l'Apollonius de Rhodes de la maison, 
aldine, vers 1521 (u° 42) ; deux éditions vénitiennes de l'Appien de Pier 
Candido Decembrio, 1477 et 1500 (n 0i 43, 44 et 43) ; l'Apulée de Vicence, 
1488, avec des notes marginales que M. de Marinis croit dues à Gioviano 
Pontano (n° 46) ; l'Artémidore aldin, 1518 (n* 51) ; le De civitate Dei de S. 
Augustin, Rome, 1468 (n° 52) ; les Opuscula de Filippo de* Barbieri, Rome, 
1481 (n« 59) ; la Grammaire grecque d'Urbano Bolzani, Aide, 1497 (n° 64) ; le 
Boccace aldin, 1522 (n G 80) ; le Breviary of health, d'Andrew Bord, Londres, 
1587 (n» 87) ; le Sermon sur la Passion, de Matteo Bossi, première impres- 




378 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES. 



sion de Caligula de 1 Bazalieri, Bologne, 1495 (n° 89) ; l'arbre généalogique 
de la famille Calergi, placard probablement imprimé à Venise vers 1488 
(n* 116 ; le Lexique de Jean Craston, éd. de Vicence, 1483, et éd. de 
Modène, 1499 (129 et 130) ; les Lettres de S. Cyprien de Vindelin de Spire, 
1471 (n° 131) ; le Commentaire sur Dante de Cristoforo Landino, Venise, 
1484, avec décoration française (n« 133) ; le Dante aldin de 1502 (n° 136) ; le 
Dante de Marcolini, commentaire de Vellutello, Venise, 1544, avec les 
corrections manuscrites du Saint-Office (n* 146); la première édition du 
Convivio de Dante, Florence, 1490 (u° 159) ; les Synonyma de Stefano Fieschi 
de Soncino (Fliscus), Vicence, vers 1475 (n° 196) ; la première édition d j Liber 
conformitatum de saint François d'Assise, Milan, 1510 (199) ; la Ccrva bianea 
d'Antonio Phileremo Fregoso, Tusculanum, 1516 (201); le De harmonia 
musicorum it\8trumentorum % de Franchino Gaflfuri, Milan, 1518 (n* 205); la 
première édition du Dictionnaire de Guarino Favorino, Rome, 1523 (n° 222); 
Tllérodote de Valla, Venise, 1494 (n* 226) ; l'Homère de Valla, Brescia, 1497 
(n» 234); l'Horace de Cristoforo Landini, Florence, 1 i82 (n* 239) ; la bulle 
Consueverunt d'Innocent VIII, 13 kal. mai. 1 '«92, Rome, même année (n°2'i5) ; 
uu petit Confessionai de Paris, Guyot Marchand, vers 1494, édition diffé- 
rente, selon M. de Marinis, de celle qui a été décrite par M 1,e Pellechet 
sous le n° 708 (n° 246) ; le Formulario di Icttere vxdgare rte Landino, Florence, 
1516 (n« 256) ; VOf/icium B. M. V. de Thielman Kerver, Paris, 1511 (n° 291); 
celui de Marcolini, Venise, 1545 (n° 292) ; YOrlulus rosarum de valle lacryma- 
rum, Paris, E. Jehannot, vers 1497, différent, parait-il, de l'édition décrite 
par Copinger sous le n° 3176 (n° 295); les Hudimenta grammatices de Niccolô 
Perotti, Vicence, 1486 (n»307) ; le Commentaire de Bernardo Illicino sur les 
Triomphes de Pétrarque, Venise, 1488, éd. princeps (n« 310) ; le Pindare de 
Calergi, Rome, 1515 (n° 320) ; le livre de Leonardo Porzio, Rome, 1524, rendu 
si célèbre par la controverse de l'auteur avec G. Budé (n° 330); le Proceuo 
di frà Hieronymo Savonarola, Rome, 1499 (n» 333) ; les Scholies sur Sophocle, 
édition donnée à Rome par J. Lascaris, 1518 (n° 374) ; éditions romaines de 
plusieurs opuscules grammaticaux de Sulpizio de Veroli (n #B 385-387) ; les 
Sonnets et chansons d'Antonio Tebaldeo, Modène, 1498 (n° 391) ; les Medi- 
taliones du cardinal Torquemada, Rome, lï84 (n° 406) ; la Corona délie nobili 
et virtuose donne de Cesare Vecellio, Venise, 1595 (n° 413) ; la traduction 
italienne de Vitruve, Côme, 1521 (n° 423); etc. 




TABLE DES MATIÈRES 



PAGES 

Bônnerot (Jean). — De la situation des amamienses dans 

les bibliothèques suédoises 345 

Bourg in (Georges). — Inventaire analytique et extraits des 
manuscrits du « Fondo Gesuitico » de la « Biblioteca 
nazionale Vittorio Emanuele » de Rome, concernant 
l'histoire de France (xvi°-xix° Jsiècle) 5 

Chabot (abbé J.-B.). — Inventaire sommaire des manus- 
crits coptes de la Bibliothèque nationale .... 351 

Châtelain (Emile). — Les secrets des vieilles reliures. . 261 

Deville (Étienne). — Les manuscrits de l'ancienne biblio- 
thèque de l'abbaye de Bonport 319 

Dorbz (Léon). — Notes sur les libraires, relieurs, enlu- 
mineurs, papetiers et parcheminiers jurés de FUni- 
versité de Paris, extraites des Mémoriaux de la 
Faculté de Décret (1504-1524) . 145 

Lo Parco (Francesco). — Dei maestri canonisti attribuiti 

al Petrarca 301 

Mercati (Mgr Giovanni). — Un lessico tironiauo di Saint- 

Amand 349 

Meyer (Paul). — Observations présentées à la Commission 
des Bibliothèques et Archives par le Directeur de 
l'École des Chartes 173 

Nolhac (Pierre de). — Le catalogue de la première biblio- 
thèque de Pétrarque h Vaucluse 341 

Serruys (Daniel). — Un nouveau texte de Y « ïlistoria 

polilica Constantinopoleos » 193 



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380 



TABLE DES MATIÈRES. 



Thuasne (Louis). '— François Villon et Jean de Meun . . 93, 204 
— Supplément. I. Les sources du « Diomédès » de 



Villon 230 

— Supplément. IL Notes sur la Ballade des Dames du 

temps jadis 238 



CHRONIQUE DES BIBLIOTHÈQUES 

Ouvrages annoncés sommairement. — Dépouillement des 
périodiques français et étrangers. — Nouvelles 
diverses. 

Allemagne 86, 185, 253, 294, 372 

France 87, 186, 254, 295, 372 

Italie 91, 192, 257, 299, 376 

Océan ie 300 

Pays-Bas 91,258 



PÉRIODIQUES 

Archivio Muratoriano 91 

Bibliofilia 91, 257, 299, 376 

Bibliographe moderne 187, 254, 373 

Bibliothèque de l'École des Chartes ... 87, 295 

Bulletin du Bibliophile 87, 186, 254, 295, 372 

Bulletin des Bibliothèques populaires. . . 88 
Bulletin de la Société de l'histoire de Paris 

et de rile-de-France 255, 295 

Bulletin de la Société historique du VI e 

arrondissement de Paris 255 

Rivista délie Biblioteche e degli Archivi. . 192, 257, 299, 376 

Sûddeutsche Monatshefte 254 

Tijdschrift von Boek-enBibliotheekwezen. 192, 258 

Zentralblatt fur Bibliothekswesen. . . . 86,185,253,294, 372 



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TABLE DE8 MATIÈRES. 



381 



NOUVELLES 

PAGES 

Antiquités des Juifs de Josèphe, illustrées par Jean Fou- 
quet. Don du tome II par le roi d'Angleterre à la 
France. (Communication de M. L. Delisle à l'Aca- 
démie des Inscriptions et Belles-Lettres). ... 89 

Association des Bibliothécaires français 1 89, 297 

Catalogues de libraires italiens 377 

Catalogues de libraires néerlandais . 259 

Deprez (Michel). Note nécrologique (Émile Châtelain) 191 
Dorez (Léon). Voy. Manuscrits à peintures ; Pétrarque. 
Frati (Carlo). Sa nomination en qualité de directeur de la 

Bibliothèque Martienne de Venise 91 

Manuscrits à peintures et reliures de la bibliolhèque 
de Lord Leicester à Holkham Hall (Angleterre) ; 
choix publié par Léon Dorez (sous presse) ... 375 
Martin (Henry). Sa nomination en qualité d'adminis- 
trateur de la Bibliothèque de l'Arsenal .... 255 
Ordre du Mérite, conféré à M. Léopold Delisle par l'em- 
pereur d'Allemagne 90 

Pétrarque. Reproduction du manuscrit autographe de 
sa Vita Cesaris (ms. lat. 5784 de la Bibliothèque 

nationale) 375 

Société française de Bibliographie 196 



PRINCIPAUX LIVRES ANNONCÉS 

c Abdu'l Muqtadib. Voy. KamaluVdÎn Ahmad. 

Actes du Congrès international pour la reproduction des 



manuscrits, des monnaies et des sceaux, tenu 

à Liège en 1905 251 

Bayot (Alphonse). Gormond et Isembart. Reproduction 
photocollographique du manuscrit unique, II. 181, 
de la Bibliolhèque royale de Belgique 292 

Biblioteca Marciana (La) nella sua nuova sede (Léon 

Dorez) 368 

Revue des m ml., septembre-décembre 1906. xvi — 27 



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382 TABL« DBS MATIÈRES. 

PAGES 

Book-auction records (P Champion 186 

Calcutta. Impérial Library. Catalogue (Antoine Cabaton). 250 

Calvi (Emilio;. Bibliografia générale di Roma (Léon 

Dorez) • 292 

Clark (J. W.). Cantabrigia illustrata, by David Loggan 

(P. Champion] 184 

Clouzoi (Heuri). Nouvelles notes pour servir à l'histoire 
de l'imprimerie à Niort et dans les Deux-Sèvres 
(Léon Dorez) 8t 

Dout repont (Georges). Inventaire de la « Librairie » de 

Philippe le Bon, 1420 (Léon Dorez) 368 

Farrault (Alphonse). Bibliographie dos livres, revues et 

périodiques édités par Léon Clouzoi (Léon Dorez). 82 

Hohlwein (Nicolas). La papywlogie grecque. Bibliogra- 
phie raisonnée (Léon Dorer) 183 

Kamalu'd-dÎn Ahmad and 'Abou'l Muqtadir. Catalogue 
ofthe arabic and persian manuscripts in the library 
of the Calcutta Madrasah (J.-B. Chabot) .... 8b 

La Touche ARMsTRONG(Edmund). The Book ofthe Public 

Library, Muséums, and National Galleryof Victoria. 300 

La Trémoïll- (Louis de). Prigeut de Coëtivy, amiral el 

bibliophile (A. Boinet) 370 

Leblond (D r Victor). Inventaire sommaire de la collec- 
tion Bucquet-aux-Cousteaux, sur Beauvais et le 
Beauvaisis (A. Boinet) 369 

Loggan (David). Voy. Clark (J. W.). 

Nuhoff (Wouter). L'Art typographique dans les 

Pays-Bas 91 

Omont (Henri). Voy. Reproductions de manuscrits. 

Plan (Pierre- Paul). Rabelais et les a Moraulx de Plu- 

tarche » 373 

Reproductions de manuscrits de la Bibliothèque natio- 
nale par MM. Berthaud frères, avec notices de 
M. Heilri Omont : 

Album de Villard de Honnecourt . 374 

Antiquités et Guerre des Juifs de Josèphe .... 256 
Grandes Chroniques de Fiance . ....... 295 

Livre d'heures de Henri II ... . 188 

Miracles de Notre-Dame 255, 256 



x 



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TABLE DES MATIÈRES. 383 

PAOK8 

Psautier illustré du xin° siècle 256 

Vie et Histoire de saint Denys ........ 188 

Roux (Albert). Recherches sur l'imprimerie à Montbéliard 

depuis ses origines jusqu'à 1793 (Léon Dorez) . . 82 

Sabbadini (Remigio). Le scoperte dei codici latini e greci 

ne' secoli-XlV e XV 377 

Sol (Eugène). Les rapports de la France avec l'Italie, 
du xii° siècle à la fin du 1 er Empire, d'après la 
série K des Archives nationales (L. D.) .... 293 

Van Bever (Ad.). Essai de bibliographie d'Agrippa d'Au- 
bigné. — Théodore- Agrippa d'Aubigné. Œuvres 
poétiques choisies (Léon Dorez) 84 

Vieux Bibliophile (Un). Manuel de bibliographie bio- 
graphique et d'iconographie des femmes célèbres 
(L. D.) 293 



FACSIMILÉS 

En regard 
des pages 

1 . L'abbaye de Bonport, d'après un dessin de Garneray. 320 

2. L'abbaye de Bonport, d'après un dessin de Hyacinthe 

Langlois 321 

3. Bible latine (ms. latin 53 de la Bibliothèque natio- 

nale, fol. 133 v°) 326 

4. Bible latine (même ms., fol. 149 v°) 326 

5. Commentaire sur les Psaumes (ms. latin 420 de la 

même Bibliothèque, fol. 238 v°) 339 



Ije Gérant : Honoré Champion. 

\ 



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RENNES 

IMPRIMERIE POLYGLOTTE FRANCIS &MON 



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Bibliothèque Française du Moyen Age 

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE 

MM. Gaston PARIS et Paul MEYER, leukri» h l'iutiut. 

Format gr. in-16, impression sur papier vergé, ën caractères e lzéviriens . 
Tous ces volumes sont accompagnés d'introductions développées et de 
copieux glossaires. 

Vol. I et II. — Recueil de Motets français des xn* et xin° siècles, publiés 
d'après les manuscrits, avec introduction, notes, variantes et glossaire 
par Gaston Raynaud, suivis d'une étude sur la musique au siècle de saint 

Louis, par Henry Lavoix, fils, 2 vol 18 fr. 

Le t. I comprend la publication du célèbre chansonnier de Montpellier, qui ne ren- 
ferme pas moins de 345 pièces. M. Gaston Reynaud a fait précéder cette édition d'une 
importante étude du ms qui traite tour à tour du rythme, des auteurs de motets 
(déchanteurs, didacliciens et trouvères), de la langue des pièces ; le t. II est formé 



lusiqv 

naître le milieu dans lequel s'est développé l'art musical (écoles, abbayes, maîtrises, 
écoles de ménsstrandie, bibliothèques). 

Vol. III. — Le Psautier de Metz, texte du xive siècle, édition critique 
publiée d'après quatre manuscrits, par François Bonnabdot, t. I, texte 

intégral • fr. 

Publié d'après le texte intégral des mss. de Londres, de la Mazarioe et de la 
Bibliothèque nationale, les variantes d'Épinal et du ms. Harleien. Texte de première 
importance pour l'étude du dialecte lorrain. 

Vol. IV et V. — Alexandre le Grand, dans la littérature française du moyen 
âge, par Paul Mbybr, membre de l'Institut. T. I. 1» le fragment d'Albéric 
de Besançon ; 2» la version en vers de dix syllabes d'après les mss. de 
Paris et de Venise; 3° les enfances d'Alexandre, d'après le ms. 789 de la 
Bibliothèque nationale; 4° extraits de l'Alexandre de Thomas de Kent.— 
T. II. Histoire de la légende d'Alexandre en Occident. 2 vol. in-8. 18 fr. 

L'auteur étudie d'abord le Pseudo-Callisthènes, source grecque commune de la 
légende qui passa dans le monde oriental par la version latine de Julius Valerius et 
YHistoria de praeliis. Il passe ensuite en revue les poèmes romans d'Albéric, la 
rédaction décasyllabique et le long poème en vers alexandrins; enfin les rédactions 
en prose de la légende. 

Vol. VI et VII. — Œuvres de Gautier d'Arras, publiées par E. Lôsbth, 
docteur ês lettres de l'Université de Christiania. T. I. Eracle. — T. II. 

lile et Galeron 18 fr. 

Ces deux poèmes sont de la seconde moitié du xn* siècle. Celui d'iléraole nous 
donne le récit fabuleux des victoires d'Héraclius sur Chosroès et de la recherche de 
la vraie croix ; Ille et Galleron est un roman d'aventures, postérieur de quelques 
années, qui se attache au cycle de lu Table Ronde. 

Ou ne sait presque rien de l'auteur Gautier dont la langue et la versification sont 
intéressantes. 

Vol. VIII. — Le roman de Flamenca publié d'après le manuscrit unique de 
Carcassohne, traduit et accompagne d'un vocabulaire, deuxième édition 
entièrement refondue par Paul Mbybr, meiubre de l'Institut, avec une 
planche • fr. 

« Flamenca est un roman de mœurs auquel rien ne peut être comparé dans l'im- 
mense littérature romanesque du moyen âge. Cette excellente édition, accompagnée 
d'un glossaire très complet, nous donne un texte complet pour la première fois. Le 
tome II comprendra l'introduction et la traduction française. 

La Tbémoillb (duc de), membre de Clnstiiut. Prigent de Coetivy. amiral et 
bibliophile. Iu-4, portrait tO fr. 

Lb Blond (D r ). Inventaire sommaire de la collection Bucquet aux-Cous- 
teaux, comprenant yo volumes sur Beauvaiset le Beauvaisis. lu-8°. 8 fr. 

Nardin (Léon). Jacques Foillet, imprimeur, libraire et papetier (155^-1*519). 
Lt'S pérégrination* à Lyon, Genève, Constance, Bâle, Courceiles-les-Mom- 
beliard, Besançon et Montbéliard d'après des documents inédits. Avec 
l'